Un incendie parcourt 500 hectares dans l’Hérault

Un incendie dans une zone de vignobles et de végétation méditerranéenne à une vingtaine de kilomètres de Montpellier (Hérault) a parcouru 500 hectares dans un été marqué par une recrudescence des feux et une sécheresse aigüe en France.

Les autorités ont demandé aux habitants d’un village de quelque 500 habitants, Aumelas, d’évacuer préventivement. « Au total, près de 500 sapeurs-pompiers sont engagés. Deux Canadairs et un Dash (avions bombardiers d’eau) sont également déployés, ainsi que deux avions de la cellule départementale des pompiers de l’Hérault. Trois colonnes de
renforts zonaux sont attendues sur site
« , a indiqué la préfecture de l’Hérault.

Les avions jaunes et rouges de la sécurité civile survolaient les zones boisées entrecoupées de surfaces de vignes, a constaté un photographe de l’AFP sur place. Les pompiers intervenaient depuis la fin de matinée hier, sur deux départs de feu, séparés de 1,5 km, qui se sont déclenchés sur les communes de Saint-Bauzille-de-la-Sylve, Gignac et Aumelas, dans une zone peu peuplée. Les deux feux se sont ensuite réunis, a ajouté la préfecture. « L’incendie se dirige actuellement vers Aumelas« , un village de 531 habitants, selon la préfecture.

« Ordre du sous-préfet: évacuation totale du village, direction salle polyvalente de Vendemian« , une localité voisine, a pour sa part indiqué sur Facebook la mairie d’Aumelas. « Moi je ne suis pas dans le hameau mais sur le plateau donc pour l’instant on m’a dit de rester chez moi. Le vent nous est plutôt favorable mais il n’arrête pas de tourner« , a indiqué à l’AFP un habitant de la zone qui a préféré ne pas donner son nom.

Intensification de feux et sécheresses

« Il y a beaucoup de fumée, mais je ne suis pas trop inquiète pour le village car les environs ont été débroussaillés. En revanche, il y a de l’habitat diffus dans la campagne et c’est plus compliqué pour les pompiers« , a de son côté indiqué Marie-Eve Carette, qui loue un gîte dans le village.

Outre les mégafeux en Gironde qui ont détruit des milliers d’hectares de forêt, plusieurs incendies ont également touché le Sud-Est de la France cet été. La semaine dernière, 150 hectares avaient été détruits dans l’Hérault et
l’Aude. Dans le département voisin du Gard, quelque 650 hectares de forêt avaient également été ravagés début juillet tandis que 1.600 hectares ont brûlé au sud d’Avignon mi-juillet.

Le département de l’Hérault était mardi en risque incendie « élevé » à « très élevé » suivant les massifs. Si les étés sont secs dans le Sud, avec le réchauffement climatique, l’intensité de ces épisodes de sécheresse risque encore d’augmenter, selon les experts de l’ONU pour le climat.

En France, avec le réchauffement climatique « l’activité (des feux) va s’intensifier dans les zones où elle est déjà forte, dans le sud-est« , avait souligné Jean-Luc Dupuy, expert à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) fin juin.

Le risque d’incendie est maximal en France après une vague de canicule. Quatre-vingt-dix départements sur 96, un « record », font l’objet mardi de restrictions pour l’usage de l’eau. Les feux de forêt qui ont fait rage ces dernières semaines en Europe, notamment dans l’ouest du continent frappé par des vagues de chaleur, ont déjà touché plus de surface que pendant toute l’année 2021, selon le service de surveillance spécialisé européen.

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[Gigondas] Un chai face aux dentelles de Montmirail

Créateur du domaine de Piéblanc, Matthieu Ponson a fait construire une cave à la hauteur de ses ambitions. Visite guidée.


Né à Cornas, cet ancien ingénieur dans les Télécoms, a tout lâché pour devenir vigneron en 2014. Un changement de cap qui s’est concrétisé lors de son arrivée à Caromb. Au pied du Ventoux, au lieu-dit Piéblanc, il achète une maison entourée de 4 hectares de vignes. C’est ici que l’aventure a débuté.

Bien conseillé, le néo vigneron travaille en agriculture biologique, loue une cave et investi dans une cuverie. Petit à petit, il acquière de nouvelles parcelles et possède désormais 9 hectares en Ventoux, 15 à Suzette en appellation Beaumes-de-Venise rouge, 6 en Gigondas et 7 en Côtes du Rhône. Sans oublier 4 hectares dans le Mâconnais acheté avec un ami vigneron.

C’est donc à Gigondas, que sa nouvelle cave a vu le jour. Imaginé par l’architecte Marc Febvay du cabinet Dany et Febvay, basé dans le village vauclusien, le bâtiment de 1500m², tout en longueur, mêle béton et bardage de terre cuite. D’est en ouest, utilisant judicieusement la topologie du terrain, le chai semi-enterré et gravitaire, permet de suivre le process de la réception de la vendange à l’expédition.

Outre l’esthétique et la praticité, la construction a été pensée pour s’intégrer au paysage et pérenniser la biodiversité du site. Les 300 mètres² du toit terrasse ont été végétalisés d’essences méditerranéennes locales avec des points d’eau pour les oiseaux et les insectes.

Côté énergétique, 300m² de panneaux solaires rendent le bâtiment autonome, tout en garantissant une faible consommation énergétique. Par ailleurs, les 60 cm de substrat du toit servent aussi d’isolant naturel à la structure. Les murs réalisés en béton et la situation semi-enterrée apporte naturellement de la fraîcheur.

On accède au caveau par un escalier géométrique en bois, pour profiter de la vue offerte par les vastes baies vitrées donnant sur les vignes environnantes et le chai.

Piéblanc a désormais un très bel outil pour accueillir les amateurs et ciseler des vins que Terre de Vins a déjà apprécié.

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Tour de France Femmes : deux jours en Champagne

Quelques heures avant l’arrivée des coureurs du Tour de France cycliste 2022 à Paris, la première édition du Tour de France Femmes a pris son élan depuis la Tour Eiffel. Sur les 8 jours de courses à travers le quart nord-est de la France, le vignoble sera à l’honneur : deux jours en Champagne et deux jours entre Vosges et Alsace

Le Tour de France Femmes s’est élancé le dimanche 27 juillet depuis Paris, pour huit étapes et un total de 1033,6 kilomètres. On s’interroge sur ce tour au féminin resté sous silence. Est-ce vraiment une nouveauté ? En fait, depuis 1955, plusieurs versions de tours de France féminins se sont succédé, mais aucune n’a tenu la route, pour toutes sortes de raisons financières ou tout simplement sexistes. On retiendra un relatif regain d’intérêt pour le cyclisme féminin dans les années 80, avec les performances de l’italienne Maria Canins et le la française Jeannie Longo qui s’imposa trois fois.

Montagne de Reims et Côte des Blancs

La 3e étape du mardi 26 juillet est un parcours pour amateurs de Champagne. Depuis Reims le nom des communes traversées est comme la carte des vins d’un très bon restaurant : Rilly-La-Montagne, Chigny-les-Roses, Mailly-Champagne, Verzenay, Verzy, Villers-Marmery, Ambonnay, Bouzy pour les cépages rouges de la Montagne de Reims, Vertus, Le Mesnil-sur-Oger, Avize, Cramant, Chouilly entre autres pour les chardonnays de la Côte de Blancs avant l’arrivée à Epernay.

Tous les terroirs de la Champagne


©I. Bachelard

Mercredi 27 juillet, la 4e étape du Tour fera découvrir des terroirs moins connus de la Champagne, mais qui contribuent aussi largement à la réputation des grandes bulles et environ 20% de son approvisionnement. Depuis Troyes, le parcours fera de grandes boucles, d’abord autour du lac d’Orient, le 3e plus vaste lac artificiel de France, avant de visiter les vignes des vallées de la Seine et de ses affluents, l’Arce, l’Ource et l’Aube. L’entrée dans la Côte des Bars en Champagne se fera par la ville de Bar-sur-Seine et à partir de là, la route sera entourée de vignes en quasi-permanence. Plusieurs côtes sont au programme, la côte de Vitry (900 m à 6,9%) et la Côte du Val Perdu à l’arrivée à Bar-sur-Aube. Mais les plus raides à guetter sont la Côte de Celles-sur-Ource (1,1 km à 8,9%, km 68,1) et la Côte du Val des Clos (900 m à 8,8%, km77,3).

24 équipes

Tous les grands noms du cyclisme féminin sont attendus à Paris dont les 28 premières du classement UCI et notamment la numéro 1 mondiale Annemiek van Vleuten, fraîchement lauréate de son 3e Giro, et la championne du monde Elisa Balsamo. La championne de France Audrey Cordon-Ragot (Trek-Segafredo) et Juliette Labous (Team DSM), lauréate du Tour de Burgos et d’une étape sur le Giro, sont parmi les têtes d’affiche locales. Les Tricolores devraient composer le 2e plus gros contingent devant l’Italie (19) et la Belgique (9).

Grand Est partenaire

Le Tour traverse trois région, Ile de France, Bourgogne Franche-Comté et Grand Est, partenaire officiel qui a pour ambition de devenir la première région cyclable de France. « À l’occasion de la nouvelle édition du Tour de France Femmes avec Zwift, la Région Grand Est est fière d’être le partenaire officiel du Prix de la combativité qui récompense, lors de chaque étape, la concurrente qui anime le plus la course. S’associer à un tel évènement international traduit en premier lieu la volonté de la Région de soutenir le sport féminin et toutes ses valeurs mais aussi de promouvoir toute la richesse de notre territoire » a déclaré Jean Rottner président de la Région Grand Est. Prochains rendez-vous les 29 et 30 juillet en Alsace.

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Une nouvelle vitrine pour Saint-Péray et Cornas

Outre une belle vitrine pour les appellations de Cornas et Saint-Péray, la nouvelle Maison des Vins et du Tourisme à Saint-Péray en Ardèche propose de nombreuses animations.

L’idée était dans les cartons depuis plusieurs années. La nouvelle Maison des vins et du tourisme Rhône Crussol a enfin ouvert à l’entrée de Saint-Péray (07), au sud du Rhône septentrional, côté rive droite. Elle a été aménagée dans un endroit emblématique de la région, la Maison Badet, fondée en 1860, étape gastronomique renommée pendant plus d’un siècle. Elle a été invitée par la communauté de communes Rhône Crussol (13 communes). Un investissement réalisé avec la participation de l’Etat, de la Région, d’InterRhône et du syndicat de Cornas-Saint-Péray. « C’était la volonté des deux appellations, d’abord de mieux se faire connaître des touristes et, de les recevoir dans un bel endroit, de plus ouvert le dimanche matin tandis que la plupart des vignerons sont fermés ce jour-là, explique Laurent Courbis, co-président du syndicat. Mais nous ne sommes pas qu’une région de passage et l’idée est aussi d’en faire un lieu de vie pour la population locale et un dépôt vente à prix caveau ». 


©F. Hermine

Chaque producteur volontaire peut proposer trois références maximum pour une participation de 100€/an et par cuvée, pour financer le fonctionnement de l’espace et le poste de Clémentine Godin qui a été recrutée pour animer le pôle Vins par la directrice Élodie Louise. La Maison héberge une cinquantaine de références d’une trentaine de producteurs (caves indépendantes ou négociants) de cornas, saint-péray et de quelques saint-joseph des communes de Châteaubourg et Guilherand-Granges. Les bouteilles sont également proposées en rotation à la dégustation au verre dans les machines Enomatic. Huit becs pour huit références sont accessibles en 3, 6 ou 9 cl entre 2 et 6 € via une carte achetée à l’accueil de la Maison des Vins. Le grand espace de 280 m2 comporte un pôle d’accueil touristique, un espace de dégustation équipé d’un bar avec une salle de séminaires-réunions d’une capacité de 50 personnes et d’une cave de 120 m2 avec une grande terrasse extérieure.


©F. Hermine

Un programme estival bien rempli

Clémentine organise et anime des afterworks les mercredi soirs jusque fin août de 18 à 21 h proposant dégustation de 4 vins (ou 3 bières locales) accompagnés de tapas de terroir devant le chalet en bois installé sur une belle terrasse ombragée à l’arrière de la Maison. Cinq animations accords mets-vins sont aussi proposés  au château de Crussol les vendredis soirs d’été avec des restaurateurs (22 €) ainsi que des balades en vignes avec un vigneron les jeudis matins d’été.

https://www.rhone-crussol-tourisme.com/

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Champagne Alexandre Bonnet : prince des Riceys

Dans le groupe Lanson BCC, le Domaine « Alexandre Bonnet » constitué de 47 hectares aux Riceys est un peu à part avec une philosophie qui nous rappelle que les Ricetons, tout Champenois qu’ils sont, restent d’irréductibles bourguignons. Arnaud Fabre, son président, nous en dit plus.

Quelle est l’histoire d’Alexandre Bonnet ?

C’est l’histoire d’une famille d’agriculteurs qui sent, dans les années 1950, que quelque chose se passe autour du champagne et de la vigne dans l’Aube. Par son mariage avec la famille Noble, elle a acquis quelques parcelles et commence à investir jusqu’à posséder 35 hectares aux Riceys dans les années 1980. D’abord Récoltante-Manipulante, la demande est telle qu’elle prend une carte de négoce pour se retrouver, dans les années 1990, avec 200 hectares d’approvisionnement et un domaine de plus de 45 hectares ! La nouvelle génération ne veut cependant pas reprendre. Moët & Chandon est très intéressé mais c’est Bruno Paillard et Philippe Baijot qui remportent le morceau. La raison ? Ils ont promis de garder le personnel et de continuer à faire vivre la marque. Dans un premier temps, l’objectif reste cependant de récupérer les approvisionnements pour le développement des autres maisons du groupe. Pendant des années, la marque vivote sauf en Suède et en Norvège où, grâce à une agence qui l’a repérée, elle devient respectivement la quatrième et la deuxième marque la plus vendue. A mon arrivée en 2019, nous avons scindé les deux activités en recentrant Alexandre Bonnet sur ses origines, c’est-à-dire son vignoble propre des Riceys, tout en continuant l’activité de négoce mais sous la marque Ferdinand Bonnet.

Quel est le style de vos vins ?

Il s’agit d’un domaine. Nous tenons à ce terme. Il signifie que nous nous approvisionnons exclusivement sur les vignes que nous exploitons. Chez nous la star n’est pas le chef de caves mais le chef de culture, nous considérons que c’est d’abord lui qui fait le vin. La notion de domaine renvoie aussi à une surface plus grande que celle d’un RM, qui travaille habituellement plutôt sur trois ou quatre hectares. Or, un de nos avantages est de pouvoir intéresser des distributeurs qui recherchent à la fois de vrais vignerons mais avec en même temps une capacité volumique pour répondre aux besoins de leurs marchés. Enfin, le mot « Domaine », peu employé en Champagne, est un clin d’œil à la Bourgogne, toute proche aux Riceys. Le savoir-faire de cette région se métisse ici à celui des Champenois. En effet, à la différence des Maisons de Champagne où le vin se fait d’abord en cave, et davantage comme les Bourguignons, nous ne cherchons pas à obtenir un style propre, mais celui du terroir que nous travaillons, les Riceys, dont nous voulons simplement être la plus belle expression. D’où des vinifications peu interventionnistes qui sont même depuis deux ans sans sulfites. Notre gamme tourne aussi de ce fait beaucoup autour du pinot noir qui constitue 93 % des vignes. Nous avons une dizaine de variétés de ce cépage, champenois, bourguignon, en grappes compactes ou en grappes lâches, issu de sélections clonales et massales, dont une historique des Riceys commencée par les frères Bonnet que nous continuons à perpétuer. En 100 % pinot noir, nous élaborons six cuvées, trois champagnes (un blanc de noirs, un rosé d’assemblage, un rosé de saignée), et trois vins tranquilles (un rosé des Riceys, un coteau rouge et un coteau blanc de noirs). Je n’ai pas trouvé un seul endroit au monde où on pouvait, sur un seul et même lieu, élaborer autant de vins différents à partir d’un seul et même cépage. Il est vrai que nous sommes sur le cru le plus vaste de la Champagne (843ha) qui possède toutes les expositions.


Le pinot noir a ici un fruit généreux et en même temps une élégance, une dimension florale, que l’on retrouve rarement ailleurs. Il a converti plus d’une personne qui ne jurait que par le blanc de blancs. Nous recherchons un équilibre entre un fruit plutôt mûr et une fraîcheur qui n’est pas faite d’acidité mais de minéralité. C’est cette salinité qui va équilibrer la générosité.

Vous menez également un travail de recherche sur les cépages rares…

Nous avons planté une parcelle avec les sept cépages dont nous tirons une cuvée. Pour notre blanc de blancs, il aurait été absurde de partir du chardonnay, on en produit déjà de très bons sur la Côte des blancs ! Nous avons préféré mettre en avant le blanc vrai qui est le cépage blanc historique de la côte des Bar. A l’avenir nous l’assemblerons peut-être avec l’arbane, très complémentaire. Le blanc vrai part sur des arômes exotiques, il est plus large, alors que l’arbane, plus droit, est davantage citrique et floral. L’arbane répond bien par ailleurs aux problématiques du réchauffement, dans la mesure où il est plus tardif et plus acide. Son seul défaut, c’est son faible rendement mais pour nous ce n’est pas un problème !

www.alexandrebonnet.com

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[Pineau des Charentes] L’ancrage d’Ernest Gautriaud

Les établissements Ernest Gautriaud lancent une trilogie de pineau haut de gamme aux allures de porto mais plus que jamais ancrée dans son territoire saintongeais avec l’usage du patois comme des célèbres caricatures de Barthélémy Gautier.  

« Mistelles, liqueurs, pastis, apéritifs amers… la palette d’arômes est riche quand on fait appel aux souvenirs de campagnes et à ces traditions qui nous renvoient à la nostalgie des petits bistrots, des alambics ambulants, des bals populaires et des grands repas de famille… », explique Marie Nau, qui préside avec son frère aux destinées de la marque Ernest Gautriaud – du nom de son arrière-grand-père. Partant de ce constat, la nouvelle gamme de mistelle se veut un hommage à une personne, un territoire, une culture. Le pineau des Charentes est né en Saintonge, Marie et Julien Nau entendent l’assumer en usant du patois saintongeais comme du dessinateur humoristique Barthélémy Gautier. Natif de Pons en 1846, il se fit connaître pour son coup de crayon satirique dans les années 1870. Il « montera sur » la Capitale pour illustrer Le Gaulois ou encore La Vie Parisienne. 150 ans plus tard, ses dessins restent gravés dans l’imaginaire collectif saintongeais. « Alors, ce fut une évidence de mettre ses croquis sur notre gamme de pineaux, c’est un produit plus que jamais local, la forme de la bouteille qui est celle du porto pour valoriser le produit, montrer que le pineau peut être très qualitatif », confie Marie Nau. Le plus jeune assemblage est bio (Lot AB-15) et délivre une grande fraîcheur en bouche où la pêche de vigne et la croûte de pain constituent la palette aromatique. Les deux autres flacons (Lot 04-83 et Lot 82-01) nous emmènent dans l’univers des vieux pineaux de 10 à 15 ans d’âge où les arômes du cognac se révèlent davantage. Le rancio et le pruneau se disputent à la pâte d’amandes et aux notes torréfiées. C’est de très belle facture ! Ainsi, cette gamme rappelle que le pineau est un produit magnifique qui se consomme aussi bien à l’apéritif que sur des desserts, un cigare, un carré de chocolat. Sarviteur à teurtou et portet vous beune ! En d’autres termes, à très bientôt et portez-vous bien !

Lot AB-15 : 29,90€ les 70cl.

Lot 04-83 : 76,50€ les 70 cl.

Lot 82-01 : 92€ les 70 cl.

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Incendies en Gironde : y a-t-il un risque de « goût de fumée » ?

Suite aux terribles incendies qui ont frappé le département de la Gironde depuis 12 jours, les regards se portent désormais vers la région de Landiras et le vignoble des Graves, qui a été épargné par les flammes mais durablement exposé aux fumées. Peut-il y avoir une incidence sur la qualité du millésime 2022 ?

Près de 21 000 hectares de forêts de pins ont été détruits par les flammes depuis que les incendies se sont déclarés en Gironde le 12 juillet, répartis sur deux foyers distincts, à La Teste-de-Buch (Bassin d’Arcachon) et à Landiras dans le sud du département. 1200 sapeurs-pompiers mobilisés pendant douze jours, 36 000 personnes déplacées, et des paysages ravagés, voici le premier bilan de cet épisode catastrophique qui, de l’avis des autorités, est aujourd’hui « fixé » en espérant que les effets du réchauffement climatique ne provoqueront pas de reprise dans les semaines à venir. Du côté de Landiras, les dommages sont considérables avec près de 14 000 hectares consumés par les flammes. Fort heureusement, le vignoble des Graves, qui est tout proche, a été épargné, comme nous l’indiquait tout récemment Dominique Guignard, président de l’appellation.

Reste une question : les 12 jours d’incendies, dont les odeurs se sont fait sentir jusqu’au centre de Bordeaux et même jusqu’à la rive droite à la faveur des vents tournants, peuvent-ils avoir un impact sur la qualité du millésime 2022 ? On se souvient de la façon dont les terribles incendies qui ont frappé la Californie et l’Oregon en 2020 et 2021 ont pu engendrer un « goût de fumée » dans les vins, qui par endroits n’ont pu être commercialisés. L’Australie a pu elle aussi être confrontée à ce phénomène rédhibitoire. Plus près de nous géographiquement, l’an dernier dans le Var, certains s’interrogeaient sur la possibilité de vinifier correctement après une trop longue exposition aux fumées des incendies.

Des études menées en Australie et en Californie

Axel Marchal, œnologue et professeur à l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV), de l’Université de Bordeaux, nous apporte son regard technique sur le risque de « goût de fumée » dans la vendange 2022 dans les Graves : « n’ayant pas jusqu’ici été très exposés à ce problème, nous n’avons pas beaucoup de documentation scientifique à Bordeaux, mais en Australie, les travaux menés par l’œnologue Markus Herderich (qui était d’ailleurs venu en 2011 à Bordeaux faire une conférence sur le sujet) sont très complets, tout comme ceux d’Eric Hervé en Californie. Qu’est-ce que cela nous apprend ? Que ce que l’on appelle le ‘goût de fumée’ est en fait un ensemble de molécules volatiles libérées par le feu, notamment des phénols, transportés par les vents qui vont pénétrer la pellicule des raisins, se fixer aux sucres. Cela peut donc libérer des arômes de fumée pendant la vinification, mais aussi à d’autres stades, pendant l’élevage ou même une fois en bouteille. »

Quel est donc le risque que ce phénomène se produise sur les raisins de l’année 2022 ? « Ce que l’on sait, c’est que le plus gros risque de perméabilité des raisins à ce goût de fumée se situe après la véraison, et que cela affecte plus fortement les raisins rouges que les raisins blancs« , poursuit Axel Marchal. « Considérant que nous n’en sommes pas encore à mi-véraison, on peut penser que la pellicule des raisins, a fortiori sur les rouges plus sensibles, a moins de perméabilité que si l’on était fin août. Par ailleurs, les vents ont été généralement favorables et les vignes ont été plutôt tardivement exposées aux fumées. On peut espérer que la faible durée et la distance d’exposition n’auront pas trop d’incidence, si l’on compare par exemple en Californie où les vignes étaient vraiment au cœur des flammes. »

Prudence jusqu’aux vendanges

Axel Marchal fait donc preuve d’optimisme, mais la prudence reste de mise : « on ne peut rien affirmer avec certitude à ce stade mais les signaux sont assez encourageants. Il est du reste possible que, sur le plan analytique, ces fumées aient un impact, mais cela ne se retrouvera pas forcément sur le plan organoleptique. Maintenant que les feux semblent fixés, il faut espérer que les incendies ne reprendront pas d’ici la fin de la véraison, auquel cas il y aurait davantage matière à s’inquiéter« .

Loïc Pasquet, propriétaire du domaine Liber Pater à Landiras (qui produit le « vin le plus cher du monde »), était en première ligne ces derniers jours et a même dû temporairement évacuer son exploitation par mesure de sécurité. Si ses vignes ont été épargnées par les flammes, y compris ses précieux francs de pied (voir photo), il demeure lui aussi prudent sur l’issue du millésime : « j’ai fait faire des analyses la semaine dernière, a priori tout va bien, même si les odeurs de fumée restent très fortes. C’est un risque qu’il faudra contrôler régulièrement, d’autant que nous n’avons aucune expérience à Bordeaux sur le sujet. Et n’oublions pas que la forêt peut encore brûler en août ! Il y a aussi l’effet possible de la sécheresse sur la récolte… Bref, nous ne sommes pas au bout de nos peines« .

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Marie Copinet valorise son champagne en argile

La maison de champagne du Sézannais a expérimenté deux nouvelles cuvées de chardonnay, avec et sans bulles, élevées en œufs de grès.

Le petit village de Villenauxe-la-Grande (10) dans le Sézannais a longtemps été plus connu pour son argile à faïence et sa poterie que pour ses champagnes. Au milieu du XIXe siècle, elles étaient des plus réputées et très prisées de la manufacture de Sarreguemines. La maison Marie Copinet a donc opté pour un véritable retour aux sources en réutilisant cette matière locale pour la vinification et l’élevage de ses chardonnays. « Le village comptait de nombreuses carrières d’extraction au XXe et l’argile était renommée pour sa pureté, raconte Marie-Laure Kowal-Copinet qui s’est installée avec son mari Alexandre Kowal en tant que Vignerons Indépendants. La dernière carrière a fermé en 2015 et nous avons racheté les stocks ». Marie, issue du village, avait à cœur de valoriser le patrimoine et le terroir. Les Kowal ont donc fait appel à une start-up de poterie de Limoges qui a la capacité de chauffage nécessaire pour fabriquer cinq œufs en grès de 225 l. avec des cuissons différentes pour les premiers essais.

Naissance en grès

Ce sont finalement les œufs cuits à 1260° qui se révèlent les plus intéressants pour garder la tension du champagne tout en préservant les échanges contenant-contenu. Le pressurage et la vinification se font en cuves avant un élevage de 11 mois en œufs à zéro dosage. Un 100% chardonnay pur et précis, floral sur des notes de fruits blancs, de verveine citronnée, de tilleul et des bulles crémeuses se prolongeant sur une finale saline. La cuvée (49,90 €) pour ce premier millésime 2018 a été baptisée Argilla Villonissa de l’ancien nom du village. Elle a été assortie d’une carafe en grès émaillé d’une capacité de 1,5 l. qui favorise l’oxygénation. Au service, elle génère « moins d’effervescence mais préserve les arômes et apporte de la sagesse à la bulle » estime Marie. Le cinquième œuf a été réservé à un coteaux champenois blanc (55 €), à savoir le même chardonnay de base mais sans prise de mousse, sur la minéralité et la rondeur, fruité et aromatique où l’on retrouve la finale saline.


©F. Hermine

La Maison Marie Copinet (du nom de jeune fille de Marie-Laure) a été créé en 2016 avec quelques vignes familiales très éclatées et celles récupérées par Alexandre dont le grand père était également vigneron. Le couple dispose désormais de 9 ha (dont 7,5 en propre), repartis entre le Sézannais, la Côte des Bar, la vallée de la Marne et celle de l’Ardre. « Mes parents ont décidé de devenir vignerons quand le vignoble du Sézannais a commencé à se développer dans les années 70 », raconte Marie-Laure. Apres ses études viti-oeno, elle décide de créer sa propre maison avec Alexandre. Ils construisent une cave ultramoderne en 2016 et commercialisent environ 70000 cols par an. Le dernier défi a été le passage en bio, amorcé en 2017 avec une certification décrochée en 2021.

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Domaine de La Bouvaude: Immersion sensitive entre vignes et lumières

Original, surprenant, les réactions sont dithyrambiques. Voici un parcours dans les vignes qui produit bien des sensations. Alain Blachon-Eisenstein, propriétaire du  domaine de La Bouvaude, à Rousset les vignes (Drôme), a conçu un objet nocturne lumineux, éblouissant.

Il faut attendre le coucher du soleil pour débuter l’expérience. Petit à petit des loupiotes s’illuminent, un labyrinthe de lumières se dessinent au loin. Munis d’audioguides nous partons dans les vignes. Débute une marche dans le noir presque absolu, où seules des bouteilles aux filaments lumineux dirigent nos pas, sous la lune rousse. Le casque diffuse des chants de grillons, de buissons traversés d’animaux fuyant, de musique tintinnabulante. Tout cela crée une atmosphère apaisée où les sens se décuplent, l’attention est aiguisée. La chaleur diurne fait place à la fraîcheur végétale. Le voyage peut commencer.

Le parcours est jalonné de petites haltes où des projections vidéo et sonores installent le décor. Une voix sporadique conte le paysage, la vigne, la truffe, la lavande, mêlant géologie et légendes locales. La nature participe au scénario, illustre le propos. L’histoire et nos pas nous portent jusqu’aux plages du miocène où les lumières rouges et les nuages de vapeurs réveillent les anciens volcans. Derrière nous, d’autres groupes se distinguent. La parole se faite discrète, les voix sont basses comme pour profiter de l’instant, savourer le spectacle.


Aux nichoirs à chauve-souris, où la petite chapelle Notre-Dame-de-Beauvoir s’illumine d’un halo traçant, le domaine se dévoile : travail de la vigne en agriculture biologique, plantation du cépage floréal, biodiversité. La grandiloquence est remisée, place à l’essentiel. Et à la dégustation ! Alain Blachon-Eisenstein, le vigneron qui a acheté le domaine en 2020, (également inventeur du parcours, du scénario et de l’audioguide MP3), présente les cuvées avec son équipe dont l’œnologue Julie Gravelet. Déjà conquis par la cuvée Barriqua (coup de coeur du numéro de juillet), Fruiandise, Côtes du Rhône blanc 2021 (8,40 €), a joliment conclu, par ses arômes floraux et sa bouche mêlant fraîcheur et gras, la belle soirée drômoise.

www.bouvaude.com

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Incendie de Landiras : quel impact pour les Graves ?

Les incendies de Landiras ont détruit 13600 hectares de bois au 21 juillet. Si cette commune occupe l’actualité pour ses forêts de pins, il ne faut pas oublier pour autant ses vignobles et les installations situés soit au milieu de la forêt, soit en limite. Quel bilan peut-on tirer ?

Parmi les exemples connus, on citera les grands incendies similaires à l’étranger. Le premier exemple est celui de Kangaroo Island au large d’Adélaïde, en Australie, où Jacques Lurton avait perdu une grande partie de son vignoble en janvier 2020. Mais aussi l’exemple des incendies californiens en 2021 durant lesquels Gonzague et Claire Lurton avait vu une partie de leur vignoble Acaïbo et des installations d’irrigation détruits par les incendies de la région de Sonoma. Sans oublier ceux de 2017

Les Grands Chais de France qui ont un entrepôt situé sur Landiras ont du fermer depuis lundi 18 juillet car la commune a du être évacuée. Et cette entreprise doit probablement son salut à une coupe rase, faite en urgence, faisant office de pare feu pour contenir l’incendie qui la menaçait. Les 500 a 700 employés selon Thierry Carreyre ont du rentrer chez eux depuis lundi 18 juillet.

Thierry Carreyre a une triple casquette qui lui permet d’avoir une vision globale de la situation. Il est propriétaire du Château Clare, en appellation Graves, « un vignoble au cœur de la forêt » comme on peut lire sur le portail du site internet. Mais un vignoble qui a été préservé car « l’incendie s’est arrêté au ras des vignes, séparées du feu par la route, grâce à un travail des pompiers »  encore une fois (voir photo). Un travail auquel il a contribué puisqu’il fait partie du dispositif de DFCI, Défense des Forêts Contre les Incendies en Aquitaine et est même président de son groupe sur Landiras car s’il est viticulteur, Thierry Carreyre est aussi sylviculteur : il a perdu la presque totalité de sa forêt. Aujourd’hui, l’incendie semble ne plus progresser et paraît contenu « mais nous sommes encore dans la fumée comme tous les matins » depuis le 18 juillet précise-t-il. Le risque n’a pas totalement disparu et c’est pourquoi les agriculteurs et les viticulteurs du lieu « arrosent avec les citernes attelées aux tracteurs tous le endroits où le feu a été éteint et évitent ainsi que le feu ne reparte » commente-t-il.

Quant à l’impact à long terme sur la durée Dominique Guignard le Président du Syndicat Viticole des Graves fait un pronostic. « La forêt tempère les variations trop importantes de températures, elle est aussi un réservoir de fraîcheur important ». La disparition de la forêt peut altérer l’écosystème viticole  « mais la surface restante est bien supérieure à celle qui a brulé. La lisière de la forêt pour l’appellation Graves fait 50 km de long. Certes un gros morceau est parti mais ce ne sera pas la région qui sera impactée ». Et d’ajouter que « les Graves n’offrent pas un paysage désertique en lisière de forêt. Ces incendies sont catastrophiques pour la forêt, je ne minimise pas l’aléas, mais pour la viticulture je pense qu’il sera très mesuré. Mais il faut se garder d’avoir des certitudes et ce sera dans quelques années qu’on pourra avoir du recul et mesurer l’impact ».  Enfin, « les fumées n’ont pas de conséquences à ce stade de développement sur le vignoble ». Un discours rassurant.

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