[Beaujolais Nouveau] Profil du millésime et où le déguster

Au-delà de mettre du baume au cœur en ce milieu d’automne, le primeur permet de prendre une première mesure du millésime de l’année, ainsi que d’aller festoyer selon la forme de son choix et dans l’établissement qui correspond, pour célébrer son arrivée.

2023 : sur le fruit et l’équilibre
Le millésime a été accueilli ce jeudi dès minuit dans le Beaujolais ainsi qu’à Lyon (et ailleurs en France), avec la perce d’un tonneau de primeur, entourée de défilés aux flambeaux et de festivités pouvant durer plusieurs jours.

A Beaujeu, capitale historique du vignoble, où se déroule la fameuse fête des Sarmentelles (cette année du 15 au 19 novembre), le Nouveau version 2023 a conquis les palais.
Christine, guide oenotouristique à Beaujeu, l’a trouvé « très fruité » et à l’image de la saison, où « l’on a eu un été très sec, très ensoleillé et un printemps bien doux. Donc un excellent ».
Philippe Bardet, président d’Inter Beaujolais, partage ce constat, indiquant que « si certaines parcelles ont souffert des épisodes de chaleur en août et en septembre, les vins restent fruités et les chaleurs ont été bénéfiques d’un point de vue qualitatif ».
Et si on le compare aux précédents, « 2023 renoue avec un millésime plus mesuré dans ses caractéristiques climatiques, agronomiques et de précocité par rapport à 2021 et 2022, avec notamment un début de vendanges tout début septembre (contrairement à 2022 qui a démarré dès le 17 août, ndlr) », comme l’explique Bertrand Chatelet, directeur de la Sicarex Beaujolais, l’institut de recherche viticole et œnologique.

Où le déguster ?
Dès aujourd’hui, et selon vos envies, les professionnels se mobilisent pour vous faire déguster le nouveau millésime. Avec une nouveauté cette année : en plus des traditionnels bistrots beaujolais, bars, restaurants et domaines, les cavistes indépendants jouent le jeu, avec l’événement « Rendez-vous Beaujolais chez les cavistes », le premier événement mettant en lumière tous les vins du vignoble, du nouveau aux crus.
Le plateforme des Rendez-vous Beaujolais recense l’ensemble des événements et établissements participants et un nombre d’offres incroyables, toutes aussi qualitatives que festives.

A Paris, la Cave Chaillot vous attend pour une dégustation gratuite des domaines Foillard et Saint-Cyr. A Bordeaux, La Rémoulade crée un dîner de fête avec deux domaines et de cuvées de Nouveau, ainsi que d’autres Beaujolais. Les Lyonnais sont les plus gâtés avec plus de 150 événements dédiés aux Nouveaux, comme chez Barcandier qui en a prévu six cuvées de leurs vignerons chouchous, mais aussi deux autres cuvées primeurs originaires de la Loire et du Hérault, pour une intéressante mise en perspective du « nouveau », qui n’est pas le strict apanage du Beaujolais.

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[REPLAY] « Vino Veritas » : Bordeaux, prophète en son pays ?

« À Bordeaux, on boit du bordeaux » ! Derrière ce cri de ralliement poussé par de nombreux acteurs de la filière, se profile le particularisme de la capitale girondine, dont l’offre de cavistes, de restaurants et de bars à vins s’est radicalement ouverte aux vins des autres régions, voire des autres pays. Au point de se détourner des crus produits à ses portes ?

Dans un contexte difficile pour la filière vin bordelaise, on entend monter une grogne depuis plusieurs années : Bordeaux est-il trop « fair play » ? Restaurants, cavistes, bars à vins branchés, sans oublier bien sûr la Cité du Vin : on trouve désormais dans la capitale girondine une offre de vins très œcuménique, ouverte à toutes les régions et tous les pays, à tel point que les représentants de la filière girondine déplorent que le Bordelais ne soit pas assez chauvin et ne défende pas assez « ses » vins. « À Bordeaux, on doit boire du bordeaux ! » Tel est le nouveau credo. Qu’en est-il exactement ? Pour répondre à cette interrogation, Xavier Sota et Mathieu Doumenge reçoivent Jean-Baptiste Duquesne, vigneron au château Cazebonne (Graves) et fondateur de l’association « Bordeaux Pirate » qui milite pour un « bordeaux différent ».

Voir toutes les émissions « Vino Veritas »

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Chic voici les primeurs !

Le 3ème jeudi de novembre est le jour de la commercialisation officielle des vins primeurs. Côté sud, le Côtes du Rhône est sûrement le plus festif. Voici une petite sélection de cuvées joyeuses et gourmandes.

La Vinsobraise (4,35€)
Framboise, groseille, grenadine et une pincée amylique composent un cocktail explosif. Salivant et gorgé de pep’s, son équilibre est probant sous ses allures de joyeux luron. Cette cave coopérative drômoise mérite une visite.
www.cavecooperative-vinsobres.com

Cellier des Princes (5,95€)
Une brassée de fruits frais vivifiants où la cerise acidulée aiguise la langue. Vif et juteux, sur une finale chaleureuse et légèrement végétale. La seule cave coopérative produisant l’AOC Châteauneuf-du-pape démontre son savoir-faire dans cette cuvée bon enfant.
www.cellierdesprinces.fr

Domaine Les Escaravailles – Prémices (8€)
Habillé d’une étiquette que l’on croirait signée de Nicolas de Staël, voici le premier bébé de Madeline Ferran, plus habituée à vinifier des Rasteau. Il faut lui donner le temps de s’ouvrir pour découvrir sa gamme florale et de fruits rouges. Du pur jus de fruits, quelques épices, un côté séveux et appétant. 
www.domaine-escaravailles.com

Château de Manissy (7€)
Laissez-vous tenter par les petits anges de Florian André. Le vigneron nous régale d’un concentré de framboise et cerise juteuses. Entre rondeur et fruits acidulés, la pointe de réglisse finale ouvre l’appétit.
www.chateau-de-manissy.com

Domaine Boisson (9€)
Des raisins frais, des fruits rouges et des notes florales capiteuses pour cette cuvée signée Bruno Boisson. Mêmes impressions en bouche, avec une finale réglissée où s’épanouit la violette sur la longueur.
www.domaineboisson.com

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Bollinger : la botte secrète

À l’occasion de la sortie de sa cuvée PN AYC18, le champagne Bollinger nous a présenté son incroyable bibliothèque de vins de réserve. L’une des spécificités de la maison est en effet d’intégrer une part de magnums tirés en quart de mousse qui sont ensuite « remis en cercle », c’est-à-dire transvasés en cuve, pour rejoindre l’assemblage avant un nouveau tirage en bouteille et une nouvelle seconde fermentation. Un travail titanesque, mais pour quelle plus-value ?

L’utilisation dans les assemblages de la Maison Bollinger de vins de réserve conservés en bouteille remonte au XIXe siècle. À cette époque, l’inox n’existait pas, le sulfitage non plus. Les Champenois utilisaient exclusivement des foudres ou des fûts, si bien qu’on employait rarement des vins de réserve de plus de deux ou trois ans par peur d’une oxydation précoce. En choisissant de tirer les vins de réserve en quart de mousse dans des flacons, on limitait cette oxydation, d’une part parce que le verre est hermétique et d’autre part parce que les lies générées par la seconde fermentation ont un pouvoir antioxydant. L’option d’un tirage à 1,4 bars, plutôt qu’à 6 bars résultait de la fragilité des flacons de l’époque et du risque de casse. C’est ce qui explique aussi que l’on préférait souvent la bouteille au magnum. Ce dernier contenant n’est devenu systématique qu’à partir de 1945. La Maison possède ainsi une « galerie de vins de réserves » unique en Champagne, puisqu’on y trouve des millésimes s’échelonnant de 1893 à aujourd’hui sur une vingtaine de crus ! Elle offre ainsi la possibilité de comparer les capacités de vieillissement entre les terroirs sur plus d’un siècle, alors que la plupart des oenothèques ne conservent que des vieux champagnes dont la composition allie des dizaines de crus différents.

Pour autant, la maison ne recourt jamais dans ses assemblages à des magnums de plus de quinze ans. La raison ? Autant le bouchon à partir de cinq ans limite davantage que la capsule l’entrée d’oxygène, autant après vingt ans, les résultats sont plus variables. Bollinger travaille d’ailleurs avec les bouchonniers pour que soit mis en place un cahier des charges plus exigeant sur les bouchons de tirage. « Jusqu’à une époque récente, on utilisait les mêmes bouchons pour l’expédition que pour la conservation sur lie » confie Denis Bunner, le chef de caves. Ces magnums de réserve plus anciens permettent donc surtout aux œnologues de « refaire leurs gammes régulièrement et de mieux comprendre le vieillissement en magnum. Nous avons par exemple étudié des molécules dont on a découvert qu’elles étaient à l’origine des arômes de noisette fraîche. On s’aperçoit que leur nombre augmente avec le temps et ce d’autant plus dans un milieu aussi réducteur. En revanche, tous les millésimes n’en génèrent pas autant ». 


L’apparition de l’inox n’a pas remis en cause l’usage de ces magnums. En effet, même si les cuves sont plus hermétiques que les foudres, de l’oxygène rentre encore par le chapeau. « On est régulièrement obligé de les reremplir et de les resulfiter. C’est la raison pour laquelle si nous utilisons une part de vins de réserve en inox, nous ne les conservons jamais plus de quatre ans. » La Maison ne rejette toutefois pas l’intérêt d’une certaine oxygénation, mais elle préfère pour ses vieux vins la micro-oxygénation apportée par la vinification sous bois. Voilà pourquoi tous les vins de réserve tirés en magnum sont d’abord passés par les fûts pour équilibrer le caractère réducteur que tendra à leur donner le magnum. Cette micro-oxygénation est d’ailleurs très précisément dosée. C’est ce qui a conduit notamment à l’abandon du soutirage en fontaine des tonneaux au profit de la canne sous pression.

Avec près de 900.000 magnums stockés qui représentent dans la maison 30 à 40 % des vins de réserve, l’objectif est de constituer « des bombes aromatiques ». « Nous attendons d’avoir ces notes intenses de fruits secs, ce parfum de noisette fraîche, ainsi que l’apparition des épices. Cette évolution survient d’habitude à partir de sept ans. Les arômes de réduction arrivent plus tôt, au bout de trois ans, avec des premières notes parfois pétrolées, mais celles-ci vont s’estomper pour laisser place au toasté que nous recherchons. »

Si ces magnums constituent 5 % de la « Spécial cuvée » (le BSA de la Maison), dans la nouvelle gamme PN elles forment 25 % de l’assemblage. L’un des objectifs de ces blancs de pinot noir était en effet de mettre en lumière ce trésor tout en mettant en avant le cru qui s’est le mieux défendu sur l’année principale de l’assemblage. Le dernier né, PN AYC18, a ainsi pour base 2018, avec une majorité de vin d’Aÿ, complétée de vins de Tauxières et de Verzenay. Mais le millésime étant très solaire, on a pu l’équilibrer en ajoutant 25 % de vin d’Aÿ en magnum de 2009, une année qui avait davantage de fraîcheur. Le reste est constitué de vins de réserve conservés en inox de 2016 et 2017. Le résultat ? Un vin qui a à la fois du volume et de la tension, avec des notes de cèdre, de safran, de coing et de beaux amers de fin de bouche qui se fondent avec la touche boisée. Un très beau champagne de Noël à déguster avec une volaille à la crème de morilles.(125€)

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Shi Fu Mi : un exercice de style signé Anne Collard

Anne Collard a fait l’acquisition en 2019, de 5 hectares de vignes classées en Côtes du Rhône Villages sur la commune de Comps. Un encépagement de rouge et un terroir caillouteux (en conversion bio) qui produisent deux cuvées classique dont une « vieilles vignes ».

François et Anne Collard s’ingénient à faire perdurer la grâce d’un lieu familial insolite le château Mourgues du Grès. Un ancien domaine agricole des Ursulines de Beaucaire daté du XVIe siècle, qui doit son nom aux religieuses appelées « Mourgues » en provençal. Quant au Grès, ce sont les galets des Costières de Nîmes. Mais ce n’est pas sur cette appellation que nous nous arrêterons aujourd’hui.

Shi Fu Mi (9€) se situe à l’opposé. Composé de 90 % de grenache, 8 % de syrah et 2 % de mourvèdre, qui le classe en Vin de France, sa vocation est de séduire les jeunes générations. Celles qui connaissent le jeu où l’on mime avec sa main les symboles pierre, feuille, ciseau. Tiens, ce n’est pas sans rappeler les éléments de la vigne, la pierre – les sols caillouteux- casse les ciseaux, les ciseaux – le travail de la vigne – coupent la feuille – cépage Grenache – et la feuille enveloppe la pierre.

Donc jouons ! Dès l’ouverture il donne le ton, avec du fruit, de la friandise et un poil de réduction, une note végétale, qui disparaîtront à l’aération. L’amplitude de la bouche, teintée de réglisse et de jus de groseille, donne du plaisir mais aussi de la consistance. Il s’associera à un tian de légumes et des côtelettes d’agneau

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Incendie spectaculaire au champagne Chassenay d’Arce

C’est l’une des plus jolies coopératives de la Côte des Bar, dans l’Aube, connue pour l’élégance de ses pinots noirs, le champagne Chassenay d’Arce a été frappé ce matin par un violent incendie qui a détruit un bâtiment entier, sans affecter heureusement la partie du site consacrée à la vinification.

Un grave incendie s’est déclaré très tôt ce matin (4 heures) au champagne Chassenay d’Arce et a consumé un grand bâtiment affecté à l’accueil et au stockage des matières sèches. L’édifice abritait également une chaîne d’habillage toute neuve. Romain Aubriot, le chef de caves, confie : « Les deux plus grosses chaînes sont intactes. La chance dans notre malheur, c’est que les cuveries et les stocks de champagne n’ont pas été touchées ni par les flammes, ni par la fumée. Cela ne changera donc rien à la qualité future des vins, en revanche cela va gêner un peu la préparation de nos expéditions, même si le plus gros a déjà été traité pour la fin d’année. On devrait donc pouvoir s’en sortir quant au reste des bouteilles qu’il nous reste à préparer. » Pour l’instant, l’origine de l’incendie n’est pas connue. Il a fallu pas moins de quarante pompiers pour dompter les flammes, et ce soir à 18 heures ils étaient encore à pied d’œuvre, pour éviter tout nouveau départ de feu. « Ils sont arrivés rapidement, mais il a été compliqué d’avoir un débit d’eau suffisant. » 

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Wine In Block : le passeport digital innovant

Sylvie Busca et Jean-Rémi Quiriconi sont les co-fondateurs de Wine In Block, un petit bijou de technologie au service des vignerons et des consommateurs.

Réglementation, certification, traçabilité, information, sécurité, lien avec le consommateur, autant de problématiques qui doivent tenir dans une bouteille. Enfin plutôt sur l’étiquette et la contre-étiquette où la place est limitée et les mentions codifiées. La société Wine In Block a peut-être trouvé la solution grâce aux nouvelles technologies.

Le passeport digital que les deux entrepreneurs ont conçu, intègre une puce NFC « Near Field Communication » sous l’étiquette de chaque bouteille de vin et qui permet un échange d’informations entre deux appareils équipés. Le genre de gadget que l’on peut trouver dans notre carte bancaire. Dans ce cas de figure, un smartphone suffit pour lire les informations, sans avoir besoin de télécharger une application. Bref, rapide, accessible et sécurisé.

Les avantages pour le vigneron et le consommateur sont nombreux. Par exemple, face aux exigences de la nouvelle réglementation européenne obligatoire en matière d’étiquetage, qui entrera en vigueur le 8 décembre prochain. Les producteurs de vin sont désormais tenus d’inclure des informations telles que les calories, les glucides, les protéines et la teneur en alcool. Ces éléments doivent être présentés en caractères bien définis pour garantir leur lisibilité. De plus, doit apparaître le lieu d’origine du vin pour renforcer la transparence envers le consommateur. 

Concrètement, la puce est intégrée dans les rouleaux d’étiquettes ou contre-étiquettes. Cette technologie assure ne pas altérer les qualités du produit. L’identification est unique et non clonable, les données non modifiables et infalsifiables. Robuste, sa durée de vie est estimée à 30 ans et assurée anti-fraude grâce au tag scellé (sur la capsule) qui permet de protéger le contenu de la bouteille et de détecter son ouverture pour éviter le re-remplissage. 

Outre l’aspect réglementaire, ce passeport digital permet de personnaliser les informations en fonction du pays. Enfin, cette forme de transparence et d’expérience devrait plaire aux jeunes consommateurs greffés à leur portable…

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Ça distille pas mal à Paris…

Six distilleries de la capitale se sont regroupées pour la première fois afin de faire découvrir leur métier et leurs produits le week-end prochain (18-19 novembre) à l’occasion de l’événement ParisLocal.

« Paris est une zone de production de whiskies et une zone d’influence majeure ». C’est en partant de ce constat qu’une demi-douzaine de distilleries de Paname intra-muros ont initié un week-end de découvertes de leurs installations et de leurs productions prévu les 18-19 novembre. L’opération se déroulera pendant la 3e édition de ParisLocal destinée à promouvoir les produits de la capitale. « Nous voulons transmettre un héritage, un savoir-faire, avec ces portes ouvertes, précise Théo Boussion de la Distillerie du Viaduc (12e) à l’initiative de l’opération. On commence par un week-end mais nous poursuivrons peut-être la dynamique avec des événements plusieurs fois dans l’année sur d’autres thèmes et pour des publics différents, touristes, professionnels, ne serait-ce que pour fédérer les acteurs comme l’ont fait les brasseries et lancer une énergie créative. Et pourquoi pas un stand collectif dans des salons par exemple ». 

La joyeuse bande de distillateurs mise sur Paris comme signature, pour sa notoriété mais également pour profiter d’un écosystème riche en bars et CHR. Elle entend aussi instaurer une émulation avec les autres artisans comme les boulangers, les barmen, les métiers de bouche, et à travers ces rencontres avec le public, sensibiliser aux enjeux de sa profession, à ses contraintes. Si il n’y a pas eu pendant des lustres de distilleries légales dans Paris – l’activité avait été interdite en 1914, notamment à cause des risques d’incendies, on en retrouve néanmoins des traces dans les livres de Zola, notamment l’Assommoir. Elle a été réautorisée en 2014 à l’issu de plusieurs années de procédures lancées par le pionnier Nicolas Julhès. « Monter une distillerie à Paris est un vrai challenge, estime Julien Roques de Baccae Paris. Bien sûr, on n’a pas besoin de beaucoup d’espaces au vu des petites productions mais on est soumis quand-même à de fortes contraintes administratives ». 

©F. Hermine

Les journées du week-end prochain seront l’occasion de découvrir des gammes très différentes passant par les gins, whiskies, vodkas, amers, liqueurs de fruits ou de plantes, eaux-de-vie mais aussi bières et vins à travers masterclasses, ateliers cocktails, pairings ou assemblages, et bien sûr des visites guidées des fabriques. « Les visiteurs pourront voir les process de distillation en fonctionnement, initier leurs papilles aux distillats, tester des accords originaux comme avec les huîtres et échanger de façon ludique en jouant avec les ingrédients » ajoute Théo Boussion. Un passeport localisant les distilleries permettra de suivre un itinéraire, une box d’échantillons des différents établissements sera proposée également pendant le week-end.

Rendez-vous sur wecandoo.fr pour l’inscription aux ateliers ou auprès des différentes distilleries : 

L’arbre Sec 52 rue de l’Arbre Sec (1er) 

Distillerie de Paris 56 rue du faubourg Saint-Denis (10e)

L’Alambic Parisien  32 rue du Volga (20e) 06 78 93 49 75

Baccae 4 rue Crillon (4e) 

La Distillerie du Viaduc 55 avenue Daumesnil (12e) 

Maison Hamelle 1bis rue Carrière-Mainguet  (11e) 

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« Rendez-vous » avec Mathieu Roland-Billecart

Alors que le champagne Billecart-Salmon présente ses deux dernières cuvées « Rendez-vous », Mathieu Roland-Billecart, président de la Maison, a accepté de nous présenter cet étonnant concept.

D’où vient cette idée des « Rendez-vous » ?
Dans le cadre de notre recherche développement, nous tirons chaque année, depuis 2014, des cuvées expérimentales qui ne sont pas destinées à être commercialisées et qui sont normalement remises en cercle pour rejoindre le catalogue des vins de réserve. En 2019, alors que nous dégustions les cuvées que nous avions en stock, nous avons découvert que certaines étaient de véritables pépites et que nous pourrions les partager avec des fans de la Maison qui connaissent déjà très bien notre gamme. Un peu comme un chef qui vous fait déguster quelque chose qui n’est pas au menu, parce que vous venez très régulièrement et qu’il a trouvé un ingrédient original. 

Que devaient vous apprendre ces cuvées expérimentales ?
Le Rendez-vous N°1 était un meunier sur une base vendange 2014. Ce cépage d’habitude n’est utilisé chez nous qu’en assemblage, l’idée était donc de comprendre comment il évoluait lorsqu’on le champagnisait seul, et voir ainsi davantage ce qu’il apportait dans nos cuvées finales après une seconde fermentation et un vieillissement sur lie. C’est donc un meunier qui respecte tous les principes de notre process, le débourbage à froid, une vinification à basse température etc… Pour nos fans, cela a permis de découvrir ce que serait un meunier selon Billecart, avec une identité raffinée à laquelle ils ne s’attendaient peut-être pas sur ce cépage. Le succès de cette édition très limitée a été énorme avec une demande six fois supérieure à l’offre, un ratio comparable à celui du Clos Saint-Hilaire ! Nous avons donc prolongé l’expérience et nous voici aujourd’hui aux Rendez-vous quatre et cinq. 

Il est un peu surprenant de vous voir sortir en même temps ces deux numéros…
Chez Billecart, on fait toujours primer l’intérêt du vin sur celui du marketing. Il se trouve que ces deux cuvées ont atteint leur premier stade de plénitude, ce moment où les lies ne vont plus rien leur apporter.  Le vin peut commencer sa deuxième vie, celle du vieillissement sur liqueur. Le Rendez-vous numéro cinq est conçu sur le même principe que le numéro un. Nous n’avons pas de cuvée qui isole le pinot noir, hormis le Clos Saint-Hilaire, qui reste très atypique. Là aussi nous avons choisi d’avoir une part de vins de réserve, l’idée étant vraiment d’avoir l’expression la plus pure du cépage, sans que celle-ci soit gommée par l’influence du millésime. La base 2015 est ainsi complétée de 20 % de 2012. Quant aux crus, ils sont représentatifs de la maison (Verzy, Verzenay, Ambonnay, Aÿ, Mareuil-sur-Aÿ). Le N°4 en revanche est un chardonnay du Mesnil-sur-Oger millésimé 2015. Dans notre gamme, nous avons déjà deux blancs de blancs qui nous permettent de savoir comment le chardonnay évolue seul sur lie. Comme ces deux cuvées mêlent différents crus, il nous a semblé intéressant de voir ce que donnerait l’expression d’un cru isolé. On a là l’archétype d’un chardonnay du Mesnil, reconnaissable à cette belle structure que lui donne la craie. Avec le vieillissement, le côté zesté qui forme la colonne vertébrale de tension s’est un peu enrobé. Le vin a cependant encore une belle marge de vieillissement. En bons parents, nous laissons partir des adultes aboutis, capables de vivre leur propre vie, mais cela ne signifie pas qu’ils ont tout donné ! (Coffret N°4 et Cinq 198€)

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« L’esprit Bordeaux » de Pessac-Léognan

Il a fallu 18 mois de travail avec tous les coopérateurs de la plus jeune des appellations communales du Bordelais, pour faire naître une nouvelle image de marque, ancrer une identité et redéfinir un positionnement dans une dynamique de « L’esprit Bordeaux ».

La finesse, l’élégance et la pureté sont les adjectifs qui déterminent le mieux les vins de Pessac-Léognan. Seule appellation communale du Bordelais à produire à la fois des vins rouges et des vins blancs, parmi lesquels figurent les Crus Classés de 1953, Pessac-Léognan souhaite aujourd’hui s’affranchir de sa guide-line historique de « Berceau des Grands Vins de Bordeaux » en se séparant des parenthèses encadrant son nom, renforcer se positionnement sur le marché domestique, et trouver une voix pour partir vers l’étranger (seulement 20 % des ventes).

Nouveau logo, nouvelle ambition
Avec l’aide du sémiologue Pascal Beucler, qui s’est entretenu avec les 70 châteaux et domaines familiaux durant 1 an et demi, Jacques Lurton, président du syndicat viticole de Pessac-Léognan, souhaitait « centraliser l’intelligence collective et mettre en commun les valeurs de chacun« . « La montée en gamme, avec quelque de chose de plus élégant, de plus premium… » ajoute le sémiologue. Le dynamisme du mouvement, l’ambition des grandes lignes, ainsi que « se concentrer sur la perpétuation du style intemporel de nos vins, et sur leur progression constante, nourrie d’innovation maîtrisée » sont la base de la première étape : un nouveau logo lifté, plus dynamique, avec une continuité graphique entre le tiret de Pessac et l’accent aigu de Léognan.

Nous ne voulons pas changer, mais plutôt charger en sens

Pascal Beucler, sémiologue

Cinq valeurs du nouveau slogan « L’Esprit Bordeaux« 
Un terroir d’exception de par les sols, les reliefs, le climat, deux couleurs dont des blancs représentant 1/5 des volumes de l’appellation, des vignerons enracinés sur leur terre qui « ne flambe pas » avec des « prix qui restent abordables, sans risquer de décrocher du marché« , la fierté de Bordeaux et de ce qu’il incarne et des vignes aux portes de la capitale girondine. « Pour les Bordelais comme pour tous les visiteurs, les vignes de Pessac-Léognan offrent un poumon vert, une magnifique oasis de verdure accessible en une vingtaine de minutes depuis le centre-ville » décrit M. Lurton. « Nous sommes fière de soutenir la ville de Bordeaux« .

Œnotourisme urbain
Avec le vin comme fil conducteur, Pessac-Léognan propose un œnotourisme autour de multiples découvertes et visites : Crus Classés, propriétés familiales, châteaux historiques et forteresses médiévales, hébergements de prestige, séances de dégustation, le tout dans un environnement très gastronomique comme le château Malartic-Lagravière avec des « ateliers fromage, la Pause Gourmande, le Pique-nique Chic & British et l’« Atelier du Chef », un cours de cuisine original mettant en vedette des plats adaptés du livre de recettes familial « Les Quatre Saisons de Malartic » et les « Déjeuners à Malartic » ». Au château Léognan, un nouvel hôtel de 17 chambres à vu le jour cet été, ainsi que 26 chambres aménagées dans les anciennes écuries, et un lounge-bar avec grande terrasse sous les pins. Trois cabanes et un spa nature dans le parc viennent compléter la proposition. Tous les ans les vignerons de l’appellation accueillent les visiteurs pour des Estivales, avec des visites de propriétés, dégustations de vin, balades dans les parcs des châteaux, et des animations.

Enfin, le temps d’un week-end, les 2 et 3 décembre 2023, de 10h à 18h, les propriétaires des châteaux de l’appellation Pessac-Léognan ouvriront leurs portes pour faire découvrir aux visiteurs l’histoire de leur propriété et la saveur unique de leur vin.

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