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Hat trick à Cognac

Le hasard veut que trois flacons de haute facture déboulent sur le marché. Ils proviennent de trois maisons aussi prestigieuses par leur renommée que confidentielles par leur taille : Fanny Fougerat, Ragnaud-Sabourin et Pierre de Segonzac.

Fanny Fougerat d’abord dont la propriété est basée à Burie, dans le cru Borderies. Les 30 hectares de cette propriétaire et distillatrice sont aussi sur le cru Fins bois et c’est de ce terroir dont est issu le nouveau flacon : Marin. Ce dernier vient compléter la collection Hors-Série de Fanny qui aime aller chercher des eaux-de-vie racées. Ce petit dernier s’appelle Marin car il a connu un finish cask – une dernière phase de vieillissement – dans du merrain qui a séché dans les embruns de l’Île-de-Ré durant 1 an. C’est un cognac très fin, à la véritable palette aromatique sur la salinité. Ce beau projet s’est fait en partenariat avec la tonnellerie de Jarnac et l’incontournable chef triplement étoilé de La Rochelle Christopher Coutanceau. Dans l’ambiance, un crayonné sur la bouteille montre une jeune femme perdue dans ce qui pourrait être le rivage des Syrtes. Cette sélection limitée est de 1050 bouteilles… L’autre nouveauté est signée du bouillant propriétaire et distillateur Pablo Ferrand. Ses cognacs Pierre de Segonzac sont toujours d’une belle densité avec de la complexité aromatique et ce velours en bouche propre au terroir de la Grande Champagne et à la distillation sur lies. Avec sa distillation à l’ancienne, Pablo Ferrand délivre ici un tout jeune cognac pour proposer une entrée en matière sur la pureté. C’est réussi et si ce cognac taquine le monde du cocktail, il reste un bonheur simplement sur glaces. Ce Premium en bouteille de 50 cl est un très joli bébé. Non loin de Segonzac, toujours en Grande Champagne, on se retrouve chez Annie Ragnaud Sabourin qu’on ne présente plus. L’heureuse nouvelle ou divine surprise s’appelle XXO pour une eau-de-vie d’une bonne trentaine d’années. L’ineffable rancio est au rendez-vous passé la gelée de coings, les écorces d’orange, les notes torréfiées et la pointe de clou de girofle. C’est un cognac de très haut vol, fidèle à la maison sise à Lignières-Ambleville. Voici trois flacons que les amateurs de cognac ne manqueront pas et qui nous rappellent cette phrase que l’on prête à Einstein : Le hasard, c’est dieu qui se balade incognito.

« Marin » de Fanny Fougerat : les 70cl.
« Premium » de Pierre de Segonzac : 35€ les 50 cl.
« XXO » de Ragnaud-Sabourin : les 70 cl.

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Pique-nique en blancs pour la Périgord Attitude

Et si on se faisait un pique-nique ou un barbecue bergeracois en blanc pour amorcer la saison avec la Périgord Attitude? On dit qu’on garde quelques rosés pour la plage et on cherche dans la cave de ses souvenirs un blanc, sec ou moelleux, qui pourrait convenir à quelques grillades et planches de fromages, un vin d’été sans élevage en bois qui s’accommodera fort bien aux premières chaleurs estivales. Nous avons plutôt opter pour la minéralité et la fraîcheur avec cette sélection de cuvées dont les domaines sont à retrouver sur la Grande Dégustation des Vins de Bergerac & Duras le 9 juin à Paris.

Un nouveau côtes de Duras 2020 bio de la cave Berticot rend hommage à l’écrivaine Marguerite Duras (Marguerite Donnadieu avait pris ce pseudonyme en référence au domaine de son père qui s’était installé dans la région). Une cuvée collector avec juste sa signature sur fond blanc, à majorité sauvignon avec une pointe de sémillon, vif et aromatique, sec et minéral sur une note de fruits exotiques, à servir avec une brochette de poisson, une tartine de saumon fumé ou de chèvre (7,20€). Quand on dit Montravel, on pense plutôt au rouge mais le domaine des Templiers élabore un bel assemblage de sauvignon blanc et gris (à 80 %) complété de sémillon, minéral et floral sur le citron, le tilleul et les fleurs blanches avec une belle amertume et une pointe de menthol (6€)

En appellation Bergerac, partons à la découverte de nouveaux domaines pour des Saint-Jacques, des aiguillettes de poulet grillées, ou des fromages à pâte cuite. Un bergerac blanc du Clos le Joncal ou un blanc du Domaine de Combet. Le premier domaine a été repris depuis trois ans par Romaric Tatard (premier millésime date de 2019)  après 15 ans comme graphiste à Paris. La cuvée Nuit Blanche 2021 certifiée bio (depuis 2009), en sauvignon-sémillon avec une pointe de muscadelle pour une note florale, est particulièrement aérienne et saline sur les fruits blancs, la fleur d’acacia avec une belle tension d’agrumes (10 €). Le second est une reprise progressive du domaine par Matthieu Simon venant de l’informatique, David Notteghem de la finance venus épauler le vigneron Daniel Duperret. Le domaine certifié bio depuis 2021 élabore son Hespérides blanc très aromatique à partir d’une seule parcelle de sauvignon vinifié en levures indigènes. Un vin rond sur les fruits blancs et les zestes d’agrumes  avec un parfum exotique (10 €)

Mais pour accompagner des crevettes grillées sauce aigre douce ou une tartine de fromage persillée, mieux vaut miser sur un peu de douceur avec la cave de Monbazillac et sa cuvée de Côtes-de-Bergerac Marquis de Chamterac. Issue de trois parcelles de Monbazillac ramassées un peu plus tôt pour davantage de fraîcheur sur cet assemblage avec une majorité de sauvignon en pressurage direct. Un vin bio, floral sur des arômes de fruits exotiques, d’agrumes confits et d’ananas frais (8,50 €). Ou opter pour un rosette du château de Peyrel en sémillon-muscadelle-sémillon à seulement 35 g de sucres, frais et léger sur des notes de fleurs et de thym (13€).


Vous pouvez prendre vos entrée pour la Grande Dégustation des Vins de Bergerac & Duras du jeudi 9 juin 2022 à bord de la Péniche Louisiane Belle en cliquant ici.

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Le Blanc de Rosé de Pierre Gimonnet & Fils : un anti-rosé ?

Quand on est un vigneron de la Côte des Blancs et que l’on souhaite d’abord élaborer des vins qui mettent en valeur son terroir, proposer un champagne rosé représente un défi. Depuis 2010 Didier Gimonnet l’a relevé et nous sommes allés l’interviewer à l’occasion du lancement de la base 2019 de son fameux Rosé de Blancs (assemblage 222).

Comment est née cette cuvée ?

La cuvée Rosé de Blancs est atypique. Lorsque je suis arrivé sur le domaine il y a 35 ans, le rosé représentait 2 % des ventes de champagne. Aujourd’hui, on est entre 8 et 10 %, et il y a certains pays comme les Etats-Unis où cette catégorie représente plus de 15 %. Pour cette raison, en 2010, mes importateurs m’ont demandé d’en élaborer. Or, ma philosophie, c’est qu’une marque doit toujours être le reflet de l’origine de ses approvisionnements. Notre domaine est composé de 30 hectares sur la Côte des blancs, aussi notre expertise est-elle davantage sur les champagnes blancs de blancs qu’autre chose. Il fallait par conséquent que je produise un rosé qui, en bouche, reflète vraiment les caractéristiques de la Côte des Blancs. Cela m’a amené à produire un rosé dont on pourrait presque dire que c’est un blanc de blancs avec simplement de la couleur. D’où son nom, pour lequel j’ai dû batailler lorsque je l’ai déposé à l’INPI parce qu’évidemment un rosé de blancs, cela n’existe pas, même si j’ai pu le justifier par la proportion de chardonnays !

Avec un tel concept, vous êtes forcément allé vers un rosé d’assemblage…

On met aujourd’hui de plus en plus en avant en Champagne les rosés de macération. Mais il existe dans l’appellation ce droit que l’on ne retrouve dans aucun autre vignoble français d’assembler du vin rouge avec du vin blanc pour le rosé. Cette méthode me convient bien parce que j’estime que le champagne est justement d’abord un vin d’assemblage dont l’art est d’ajuster des vins d’origines différentes pour avoir le plus de complexité possible. Au contraire, dans le cas du rosé de saignée, on choisit d’emblée les raisins qui composeront la cuvée pour les faire macérer et obtenir la couleur rose. On ne pourra pas rectifier les caractéristiques par l’assemblage avant la mise en bouteille. De plus, dans leur style même, je trouve que les rosés de saignée donnent des choses plus tanniques et sont en opposition avec ce que l’on recherche en Champagne à savoir l’élégance et la finesse que l’on obtient grâce au climat septentrional et à la craie. C’est ce qui nous différencie des autres mousseux dans le monde !

Pouvez-vous nous décrire plus précisément cet assemblage ?

Mon but premier est d’obtenir un rosé qui ait une attaque franche et une finale saline, en ayant même un côté crayeux. Mais je veux aussi des nuances de fruits rouges qui rappellent qu’il s’agit bien d’un rosé. Le principe de cette conception est donc simple, les chardonnays doivent dominer le pinot noir, on privilégie par conséquent ceux des grands crus qui sont plus puissants même si sur cette nouvelle édition il y a davantage de premier cru de Cuis que d’habitude, parce que la base 2019 avait une belle matière.

Je veux aussi que mes vins restent digestes. Aujourd’hui, les rosés ont plutôt tendance à être très fruités, relativement puissants et généreux, et on les propose souvent pour accompagner un repas. Moi, je privilégie l’harmonie à l’intensité. Et surtout je vais travailler la texture, parce que c’est elle qui engendre la « buvabilité ». Un vin est fait pour être bu et pas seulement être dégusté ! Ainsi, pour la prise de mousse, je n’ajoute que 22 grammes de sucre et non 24, ce qui permet d’obtenir plus de crémosité. Celle-ci vient aussi de l’origine des raisins. J’ai la chance d’avoir beaucoup de vignes sur les terroirs de Chouilly et Cramant qui ont la particularité de donner naturellement une texture crémeuse, pas seulement d’ailleurs du point de vue tactile, mais aussi d’un point de vue aromatique, avec un côté presque lacté.

Une fois seulement cet assemblage de blanc de blancs opéré, on ajoute avec parcimonie le Bouzy rouge (entre 5 et 7%) en essayant de conserver une couleur très pâle. Ce pinot noir n’a pas été vinifié comme si on élaborait un coteau champenois, mais avec cette finalité d’assemblage pour un rosé. On a recherché la couleur et le fruit, surtout pas les tannins.

Prix : 42 €

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Un nouveau domaine gersois chez François Lurton

Le négociant-vinificateur a enrichi il y a quelques mois son portefeuille du domaine de Targuerie en Côtes-de-Gascogne, en bio depuis une quinzaine d’années.

C’est la dernière acquisition de François Lurton. Le domaine de Targuerie à Cazaubon (32), du nom du lieu-dit. A la limite entre le Gers et les Landes, il s’étire sur 55 hectares dont une quinzaine de vignes certifiées bio depuis 2008. « Je travaillais déjà avec ce vignoble comme partenaire pour le vin Les Fumées Blanches à 100 % sauvignon. Et nous avons eu l’opportunité avec ma femme Sabine d’acheter le domaine pour continuer d’étoffer avec des armagnacs notre gamme de spiritueux lancée en 2016  – le gin Sorgin à base de sauvignon puis le vermouth Léonce ». La propriété qui appartenait à un financier belge Pierre Dupont produisait déjà vins et armagnacs, à partir d’un encépagement en sauvignon, colombard, chardonnay, gros manseng, merlot, tannat mais également baco et folle blanche pour le spiritueux gascon. François Lurton envisage d’arracher le chardonnay et de replanter davantage de sauvignon et de folle blanche. Car le négociant-vinificateur n’a rien perdu de sa passion pour le sauvignon qu’il a vinifié dans le monde entier même si ces domaines de Nizas et Mas Janeil en Languedoc produisent également rouges et rosés. « Dans l’entre-deux-mers où était la propriété familiale de Château Bonnet, j’ai été quasiment nourri au sauvignon au biberon et j’ai exercé pendant les années mon activité de flying winemaker, en particulier pour les blancs ».

Une épopée gersoises de longue date

Le producteur-négociant rappelle qu’il est d’ailleurs venu dans le Gers il y a 25 ans pour ce cépage en créant les Fumées Blanches, un vin de France qui représente aujourd’hui un approvisionnement de 700 hectares pour la référence classique dont 200 pour le Côtes-de-Gascogne bio. « Toutes mes propriétés sont en bio aujourd’hui et même en biodynamie au Chili car j’ai appris avec mon père, André, à faire à la fois des volumes et de la qualité sans compromis. Mais en France, la certification coûte très cher quand on produit de gros volumes et la démarche est plus difficile dans une région humide comme le Sud-Ouest – nous avons d’ailleurs perdu une grosse partie de la récolte l’an dernier. Nous avons donc choisi de repasser Targuerie simplement en bio ».

Dans le Gers, François Lurton aime travailler avec 7 ou 8 œnologues de l’Hémisphère sud qui viennent l’assister pour la récolte et la vinification dans les coopératives et les domaines fournisseurs. « Je n’achète jamais de vins en vrac, je préfère tout maîtriser, récolter au bon moment des raisins propres vendangés dans des remorques inertées au gaz carbonique et vinifiés sur lies à l’abri de l’oxygène et a soufre minima. L’essentiel est de travailler sur l’acidité pour qu’un vin se conserve parfaitement dans la bouteille ». Ce sauvignonphile insiste également sur la vigilance nécessaire dans les vignes pour travailler en préventif et la précision que nécessite ce cépage, notamment au moment de la vendange. Avec l’hectare de tannat de Targuerie vinifié à part dans de vieilles barriques, François Lurton a sorti son premier millésime de rouge en levures indigènes, vinifié en amphores de grès. Il a également distillé cette année son premier armagnac et a déjà assemblé un VSOP bio de 2015 et 2009 à 75 % folle blanche associée au baco, et un brut de fût de folle blanche de 2009. Les spiritueux portent le nom de Récapet, du nom de l’arrière grand-père Léonce, distillateur à Branne (33) au début la fin du XIXe siècle et qui avait inventé la chauffe de l’alambic à la vapeur avant de se lancer dans la viticulture et de donner naissance à une grande lignée de vignerons.

Terre de Vins a aimé :

Domaine Les Fumées Blanches Côtes-de-Gascogne bio 2021 (15 €) : Des notes de citron, d’amande fraîche sur uyne note exotique et une nuance fumée. Frais et minéral sur une tension portée par les agrumes

Domaine de Targuerie rouge Côtes-de-Gascogne bio 2020 (22 €) : Des fruits noirs, des notes de kisch, de réglisse sur une pointe de violette et de prunes, des tanins soyeux et une finale légèrement cacaotée.

Bas-Armagnac VSOP Récapet bio (50 cl -55 €) : Dans un flacon-montre, une robe ambrée aux arômes d’abricots secs, de raisins de corinthe, d’épices sur une note cacao-vanille discrètement boisée.

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Viticulture et biodiversité: un débat foisonnant chez Hennessy à Cognac


Mardi 24 mai 2022, Terre de vins et la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes organisaient une conférence chez le leader mondial du cognac. Parmi les invités : Mathilde Boisseau, Marc-André Selosse et Gilles Boeuf.

Ce fut un débat HVE, à haute valeur éducative pour une centaine de viticulteurs présents. Thème abordé : « Biodiversité, de l’enjeu à l’opportunité  : Le vignoble en première ligne, pourquoi et comment agir ». La conférence était organisée par Terre de vins, la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes et le négociant leader mondial du cognac, la Maison Hennessy.

Sur scène, Mathilde Boisseau, Directrice Vigne et Vin de la Maison Hennessy et deux scientifiques de renom : les biologistes Marc-André Selosse et Gilles Boeuf. Le premier, professeur au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), est un spécialiste des sols. Le second, enseignant à la Sorbonne, ancien président du MNHM, est océanographe. Tous deux sont de fervents défenseurs du vivant, persuadés qu’il faut « arrêter de concevoir la nature comme une ressource exploitable à l’infini »

Nulle injonction

« La viticulture, c’est 3 % de la surface agricole utile de notre pays mais plus de 20 % des intrants utilisés en France », a souligné Marc-André Selosse, ajoutant que l’on pouvait encore « redresser la barre […] et ne plus abîmer la planète de nos enfants ».

« L’humain a oublié qu’il appartenait au vivant ; qu’en l’agressant, il s’agressait lui-même », a enchaîné Gilles Boeuf, précisant qu’il avait le plus grand respect pour le métier de viticulteur et « cette plante extraordinaire qu’est la vigne ».

Les scientifiques ont appelé à de nouvelles pratiques : abandon du labour, réduction drastique des pesticides, recours à l’agroécologie, expérimentation de cépages plus résistants aux maladies. Nulle injonction dans ces suggestions : « La science n’a pas de réponse toute faite » (Selosse), « elle n’est pas une opinion » (Boeuf). En d’autres termes : l’agriculture n’est pas un problème, elle constitue une partie de la solution.

L’agronome et œnologue Mathilde Boisseau, directrice Vigne et Vin de la Maison Hennessy, a expliqué comment le n°1 du cognac s’engageait. Elle a cité l’abandon progressif des herbicides, une expérience d’agroforesterie sur le domaine expérimental de La Bataille, en Charente, et le programme international « Forest Destination », avec la régénération de 50 000 hectares de forêts dans le monde à l’horizon 2030.

Le temps long

« Cela fait sept ans que je travaille en Charente. J’ai vu le vignoble du cognac changer, les interrangs s’enherber, les couverts végétaux se généraliser. Oui, les 1 600 viticulteurs partenaires d’Hennessy améliorent leurs pratiques et sont prêts à changer. Mais ils ont besoin d’accompagnement et sont en demande de solutions. Nous avons besoin de la mobilisation de toute la filière et de la communauté scientifique », a déclaré Mme Boisseau.

Rodolphe Wartel, directeur de Terre de vins, animait le débat, parfois ardu mais toujours accessible. Il a réussi à diriger et replacer les échanges dans leur réalité locale : le vignoble charentais, dont la production d’eaux-de-vie s’inscrit dans le temps long. Ici, on ne confond pas vitesse et précipitation. On travaille pour les générations futures. Face à l’urgence environnementale, c’est sans doute une chance.

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[Primeurs 2021] Sauternes, Pessac-Léognan et Graves

À l’occasion de la campagne des primeurs, Terre de Vins revient sur le millésime 2021 avec lagrandecave.fr Analyse, tendances du marché et coups de cœur de notre rédaction vous apporteront un éclairage pour vous permettre de faire vos achats. Aujourd’hui : Sylvie Tonnaire, Rédactrice en chef à Terre de Vins, nous donne son éclairage sur les Primeurs 2021 en Sauternes, Pessac-Léognan et Graves.

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[Pessac-Léognan] Château de Léognan : un développement ambitieux

Cette propriété, en appellation Pessac-Léognan, va changer de braquet. Philippe Miecaze , propriétaire du domaine et homme d’affaire avisé, va, avec son épouse Chantal, faire passer la capacité hôtelière de 5 à 40 chambres et ouvrir un deuxième restaurant.

Acheté sur un coup de cœur en 2007, le potentiel du domaine n’a pas échappé au couple même si le château et tous les bâtiments d’exploitation étaient dans un grand état d’abandon. Trois années de travaux ont été nécessaires avant de pouvoir exploiter convenablement le lieu. Les 70 hectares se répartissent aujourd’hui en 50 hectares de pin, 6 hectares de prairie, 6 hectares de vignobles et un parc de 8 ha réalisé fin 19ème par les frères Denis et Eugène Bülher, les grands architectes-paysagistes qui comptent une trentaine de réalisations à leur actif, dont celle du parc bordelais notamment. Parmi les multiples activités, on trouve le gardiennage de chevaux, l’organisation de séminaires et de visites, l’accueil dans une boutique et la vente de vin, l’hébergement dans les cinq chambres d’hôtes 5 étoiles et la restauration au « Manège » « le restaurant bistronomique chic et champêtre ». C’est un restaurant qui assure 25 000 couverts par an.  24 personnes y travaillent à temps plein pour faire tourner l’ensemble.

Léognan 2

Tout cela ne suffisait pas à Philippe Miécaze. « Nous ne sommes pas loin de Bordeaux et de son aéroport et nous offrons un calme et un cadre campagnard que les clients recherchentLes taux de fréquentation actuels sont bons et le business plan a été établi par Millésime », une société spécialisée dans le secteur d’activité des hôtels et hébergement qui a conclu qu’un développement était possible. « On peut parler de Léognan 2. Une deuxième phase de ma vie » se satisfait Philippe, qui considère sans doute que la première phase était l’achat du domaine en 2007, oubliant de dire qu’il a été auparavant un chef d’entreprise dans l’imagerie médicale avec deux sociétés, une à Paris et l’autre à Lyon avant de tout vendre pour se consacrer au château. 

Pour ce projet d’agrandissement, le couple Miécaze a dû acheter les granges et écuries du château et qui n’avaient pas été intégrées à la vente initiale de 2007 : 800 m2 d’un seul tenant qui vont conserver leur cachet et qui vont accueillir 22 chambres et un nouveau restaurant « plutôt tapas, axé sur la convivialité » précise Philippe. Une vaste piscine viendra agrémenter l’ensemble, accessible de cette ancienne écurie mais aussi du château qui va voir, pour sa part, sa capacité d’accueil passer de 5 à 18 chambres.

Qu’on se rassure, le caractère 19ème siècle sera préservé. Philippe Miécaze y tient. Pour preuve son affection sans retenue pour la chapelle Saint Mathieu, adjacente au château. « Une chapelle consacrée en 1897 et qui l’est étonnamment toujours ». Philippe vous dira pourquoi. Et laissez lui vous raconter l’état dans lequel il a découvert cette chapelle : « la faune nichait dans la chapelle, il pleuvait sur les voutes, les vitraux étaient cassés à 80 %, les pinacles tombés au sol ». Et interrogez-le sur l’histoire incroyable, presque miraculeuse, de la rénovation des vitraux pour lesquels le couple n’a pas hésité à engager plus de moyens que prévu. Mais il n’a aucun regret : le résultat en valait la peine. Et regardez le carrelage au pied de l’autel. N’évoque-t-il rien pour vous lorsque vous regardez l’étiquette sur les bouteilles du château ? Faites-vous raconter la symbolique qui est représentée… Philippe est convaincu « qu’il n’ y a pas de hasard dans la vie ». Son coup de cœur pour ce patrimoine immobilier était écrit.

Le développement qui s’annonce, était sans doute écrit lui aussi. Les destinées du château de Léognan et celle de Philippe et Chantal Miécaze sont faites pour se rejoindre, pour le plus grand plaisir des visiteurs.  

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Christine Sevillano, nouvelle présidente de la Fédération des vignerons indépendants de Champagne

Christine Sevillano prend la succession d’Yves Couvreur à la tête de la Fédération des vignerons indépendants de Champagne. Vigneronne à Vincelles et ancienne journaliste diplômée de Science-po Lille, elle est la première femme à prendre la présidence du Syndicat. Terre de vins est allé l’interviewer pour en savoir plus sur sa feuille de route.

Que représente aujourd’hui la Fédération ?

400 adhérents, soit environ 50 % des manipulants qui correspondent aux critères stricts des vignerons indépendants.

Quels sont les grands chantiers qui vous attendent ?

Nous devons être force de proposition sur les questions environnementales et techniques, même si nous ne sommes pas dans les instances officielles champenoise. Aujourd’hui beaucoup de choses qui avaient été promues par Yves Couvreur sont reprises comme la réserve qualitative à 10.000 kilos par exemple qu’il avait mise sur la table dans un groupe de travail consacré au rendement pendant la crise du covid. Sur les vignes semi-larges, nous avons fait partie des gens qui ont participé à l’ouverture d’une réflexion, en se demandant si ce sujet constitue vraiment une priorité alors que les Champenois sont très divisés sur cette question. Il faut continuer à aller dans ce sens en participant à l’émergence de nouvelles idées. C’est la raison pour laquelle nous avons créé une commission consacrée à ces questions dirigée par Alexis Leconte, un vigneron œnologue de formation, qui connaît le cahier des charges de l’appellation comme sa poche.  Et nous allons déterminer ensemble les thématiques sur lesquelles elle va travailler. Pour moi, c’est vraiment un axe fort, parce que je reste convaincu que notre spécificité de vignerons indépendants qui nous amène à être la fois dans les vignes, à mettre les mains dans le vin et à faire le lien avec le consommateur, peut nous permettre d’être plus créatifs et innovants.

Le deuxième aspect à développer qui bénéficie aussi d’une commission, c’est la communication. Avec le covid, nous avions mis beaucoup de choses sous silence. Nous avons réussi à mettre en place un partenariat avec les Toques françaises. L’idée est d’aller encore plus loin et de recréer des événements. Il faut aussi redéfinir une stratégie claire pour s’adresser plus directement aux clients de nos adhérents, à leurs réseaux de distribution.

Enfin, une troisième commission, dirigée par Romain Colin, s’occupe des partenaires. Ce sont des entreprises qui interviennent dans tous les métiers du vigneron. L’idée est d’en chercher encore davantage et de leur demander de mieux répondre aux attentes de nos adhérents. En ce moment, il y a par exemple le problème des approvisionnements en matières premières, avec des délais très longs. Il faut trouver des vraies solutions pour nos vignerons qui s’entendent dire « si tu veux des coiffes, c’est janvier 2023 », alors même que c’est maintenant qu’ils sont en train de vendre. Je veux que l’on pousse nos partenaires qui sont nos fournisseurs dans leurs retranchements, parce qu’en général, c’est dans les crises que l’on devient encore plus créatifs et que l’on essaie de nouvelles choses. Ainsi, la vocation de la Fédération, c’est aussi de faciliter le métier de nos adhérents dont la spécificité est qu’ils doivent être toujours sur tous les fronts à la fois, tout connaître, là où dans les maisons, il y a plusieurs personnes salariées dédiées à chaque spécialité.

C’est d’autant plus important que de plus en plus, les gens cherchent dans un syndicat, non pas seulement un engagement, mais aussi des services…

En effet. Notre rôle consiste à enlever un maximum de petits cailloux de leurs chaussures. Parmi les dossiers importants, il y a ainsi celui des ressources humaines. Aujourd’hui, on peine à trouver des saisonniers. On va mettre en place un groupe de travail sur les formations pour que celles-ci répondent aux besoins des vignerons indépendants. On prend ainsi le problème par la base, en partant chercher les gens directement dans les écoles, en créant des partenariats plus nets. Un autre gros sujet est celui des successions. C’est une véritable épée de Damoclès qui pèse au-dessus de la tête de beaucoup de vignerons indépendants, surtout ceux qui ont investi.

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Alsace : deux grands crus enfin reconnus en rouge

Depuis le 13 mai, l’appellation Grand Cru fait une première en rouge pour deux terroirs d’Alsace, le Kirchberg à Barr et le Hengst à Wintzenheim. Une reconnaissance historique attendue depuis des années par les Alsaciens.

Cela faisait des années qu’on en parlait. Depuis la dernière commission de l’INAO, Institut national des appellations et de la qualité, il y a quelques mois, on savait que deux grands crus allaient s’ouvrir au cépage pinot noir. Mais il a fallu attendre le vendredi 13 mai pour que la bonne nouvelle soit confirmée par une publication au Journal Officiel. L’extension de l’appellation grand cru est désormais acquise sur le Hengst de Wintzenheim (Haut-Rhin) et sur le Kirchberg de Barr (Bas-Rhin), mais pas encore pour le Vorbourg de Westhalten, pourtant apprécié depuis longtemps grâce aux cuvées de la famille Muré. Jusqu’à présent, seuls les cépages blancs riesling, gewurztraminer, pinot gris et muscat avaient droit de produire en grand cru, avec une seule exception, le sylvaner du Zotzenberg à Mittelbergheim (Bas-Rhin)

Croire à la qualité du pinot noir

« J’ai planté du pinot noir dès le début des années 90 parce que je croyais à sa qualité » explique Vincent Stoeffler, vigneron à Barr et responsable de la gestion locale du grand cru de sa ville, le Kirchberg . A cette époque, on n’était absolument pas dans l’objectif de cru puisque la reconnaissance même des grands crus blancs en Alsace était récente – les premiers 25 étaient reconnus depuis 1983 et les suivants en 1992. Cela fait seulement une dizaine d’années que le travail officiel en vue de la reconnaissance du pinot noir s’est amorcée, d’abord avec le domaine Hering de Barr. Aujourd’hui, il y a 7 vignerons sur 10 qui vont vouloir revendiquer leur pinot noir en grand cru. Sur les 40 hectares du Kirchberg qui trônent en coteaux aux portes de la ville de Barr, 10% sont consacrés au pinot noir.

Conditions de production rigoureuses

« On a commencé à séparer nos pinots noirs par terroir dès 2000, comme François Barmès » déclare Jacky Barthelmé, du domaine Albert Mann de Wintzenheim, évoquant le regretté vigneron du domaine Barmès-Buecher. « Pour faire du grand cru Hengst, il faut travailler sérieusement, rendements réduits, densité élevée – on est à 8 000 pieds à l’hectare – des conditions plus strictes que la Bourgogne avec la chaptalisation interdite, des vignes enracinées par les années, un élevage long » poursuit-il en suggérant déjà d’autres terroirs qui pourraient faire honneur au pinot noir, comme les grands crus Eichberg (Eguisheim) et Pfersigberg (Eguisheim et Wintzenheim). Son fils plante au méconnu Steingrubler de Wettolsheim.

La récolte qui pousse actuellement dans le vignoble devrait être le premier millésime à associer le pinot noir aux étiquettes Hengst et Kirchberg. C’était impossible jusqu’à présent, mais les consommateurs avertis étaient si sensibles aux « grand H », « XXC » ou « Chat Noir »  qu’ils risquent de leur rester fidèles, avec ou sans mention de grand cru.

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Primeurs : Palmer et Pontet-Canet, la biodynamie de sortie

Nouvelle salve de sorties en primeurs ce mardi 24 mai, avec deux très belles références médocaines conduites en biodynamie : Château Palmer (3ème Grand Cru Classé de Margaux) et Château Pontet-Canet (5ème Grand Cru Classé de Pauillac).

Ce sont deux grands crus classés 1855 qui ont en commun de faire partie des pionniers de la biodynamie. Château Palmer (3ème Grand Cru Classé de Margaux) et Château Pontet-Canet (5ème Grand Cru Classé de Pauillac) sortent de concert en primeurs aujourd’hui : Château Palmer (noté 95-96 par Terre de Vins) reste stable par rapport au 2020, avec un prix de 280 € HT ; Château Pontet-Canet (noté 97) suit la même stratégie avec un tarif de 86,80 € HT, le même que pour le millésime précédent. Le second vin de Palmer, Alter Ego, sort au prix de 64 € HT, en hausse de +10,17%

Les autres sorties du jour :

Château Sociando-Mallet (Haut-Médoc) : 25,90 € HT (-2,63%)
Château Grand-Corbin Despagne, Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 24,80 € HT (-)
Château Dassault, Grand Cru Classé (Saint-Émilion) : 37,50 € HT (-)

Le n°77 de Terre de Vins « spécial Primeurs » est depuis le 18 mai 2022 dans les kiosques.

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