Dégustation Collection Pays d’Oc automne/hiver dévoile ses ateliers

Organisée ce 19 octobre à Lattes, la traditionnelle soirée de présentation de la Collection Automne/Hiver des vins en IGP Pays d’Oc vous offre encore quelques surprises, pour préparer vos fêtes de fin d’année.

C’est la soirée de la fin d’année à ne pas manquer. L’instant vin idéal pour rencontrer des vigneronnes et vignerons et déguster leurs merveilleux vins. La nouvelle Collection Automne/Hiver vous permettra de découvrir une trentaine de producteurs qui seront à l’honneur. 18 caves particulières, 7 négociants et 6 caves coopératives présenteront leurs flacons « Ambassadeurs Pays d’Oc IGP Collection Automne / Hiver 2023 » ainsi que leurs derniers millésimes en blanc et rouge. Comme chaque année, une bonne poignée d’experts en vins ont analysé, décortiqué et sélectionné les meilleures cuvées. Le 13 et 14 septembre dernier à l’Espace Vinalia, ce ne sont pas moins de 272 échantillons qui sont passés au crible pour un résultat de 40 cuvées (22 rouges / 18 blancs) triées sur le volet. Ces cuvées ambassadrices seront donc proposées au grand public lors de La Grande Dégustation le 19 octobre à partir de 18 h à l’Espace Vinalia à Lattes (34). Un événement dont Terre de Vins est partenaire.
Deux ateliers de 45 minutes autour du vin et de la fête, entre accord mets et vins et dégustation de vins blancs 100% Pays d’Oc sont prévues !

18h30 : « Accords parfaits pour repas de fêtes »

Un dîner en amoureux ? Une soirée entre amis ? Un repas de famille ? Surprenez vos convives avec de parfaits accords mets/vins !

20h : Pays d’Oc IGP revêt son blanc manteau

Bien emmitouflés, partez à la découverte des cépages blancs de cette collection Automne-Hiver 2023. Osez les plus belles robes de Gewurztraminer, Rolle, Sauvignon et Chardonnay !

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Champagne Bruno Paillard: quand NPU prend des couleurs

Il faut le marteler : les plus grands rosés millésimés que la Champagne n’ait jamais produits sont les 2008. Une année d’une sobriété et d’une élégance toute champenoise à laquelle on ajoute ainsi la petite pointe de fruit dont elle avait justement besoin pour atteindre la perfection. Le vin rouge, c’est un peu le rayon de soleil qui vient illuminer et réchauffer à travers un vitrail coloré l’atmosphère dépouillée d’une église cistercienne. La Maison Bruno Paillard pour le tout premier rosé de sa cuvée NPU ne pouvait donc choisir meilleur vintage comme galop d’essai.

Lors d’un dîner donné au sein même de la résidence privée de Bruno Paillard, l’ancien président, légende vivante de la Champagne, en compagnie de sa fille Alice qui lui a succédé à la présidence, a rappelé les principes fondateurs de la cuvée NPU, née sur un bout de papier de la provocation de journalistes anglais. « « Nec Plus Ultra », ce n’est pas un terme marketing, c’est un engagement, celui de ne proposer à chaque étape que le meilleur. Il existe des cuvées de prestige multi vintages, pour notre part, nous aimons l’idée que chaque millésime puisse aussi avoir sa vie. En revanche, nous ne prenons que les très grandes années, ici 2008. Pour les raisins, nous nous cantonnons aux grands crus. Certains endroits en premiers crus sont tout aussi qualitatifs, mais si on prend une règle on ne transige pas ! Troisièmement, que la première presse. Les amers en Champagne, ce sont les tailles, n’en déplaise à cette nouvelle mode journalistique qui en chante les louanges… Ajoutez une vinification en fût, une maturation d’au moins dix ans et enfin un dosage en extra brut, parce qu’avec un tel vieillissement, tout est tellement fondu que le sucre est presqu’inutile. » 

©Phil Art Studio

La version en blanc était déjà un régal. Même si on retrouve la même droiture, le rosé (350€), avec ses notes d’orange sanguine, son supplément d’épices, ouvre de nouvelles perspectives d’accords, comme ce magnifique dos de chevreuil rôti préparé par Philippe Mille pour l’occasion avec son jus de cuisson lié de groseilles et son ruban de betterave cuite dans le jus, lui-même infusé d’hibiscus. « J’ai trouvé le choix de l’hibiscus génial, parce que j’ai toujours pensé que ce parfum était la sève de NPU. Le chef a eu cette idée spontanément, sans nous consulter » confie Alice. Bien-sûr, il faut laisser le vin s’ouvrir sans quoi il est un peu écrasé par la minéralité, mais comme le souligne Bruno Paillard : « Il a bien attendu quinze ans, nous pouvons l’attendre dix minutes… »

© Phil Art Studio

https://champagnebrunopaillard.com

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Le nouveau souffle du Château Escot

Vendredi 13 octobre, la première pierre d’un chantier d’envergure était posée au château Escot à Lesparre, en appellation Médoc. Les nouveaux propriétaires, tchèques, ne manquent pas d’ambition. Les travaux concernent l’agrandissement du château du XVIIIe et la construction d’un nouvel outil technique. 

Les deux propriétaires, Richard Moravek le fondateur de Readstone Real Estate, une société de développement et d’investissement tchèque, ainsi que Vit Bartosek, importateur de vins par le biais de Good Wine Lover, avaient fait le déplacement pour l’occasion. Le nouvel ensemble conçu par le cabinet A40 architectes, aura vocation à développer l’œnotourisme et permettre la production d’une gamme de vins prémiums.  

Le château d’Escot
Bien qu’il ne soit plus habité depuis les années 90 le château possède indéniablement du charme et des atouts. Le projet est d’augmenter sensiblement sa surface habitable tout en lui donnant une symétrie qu’il n’a actuellement pas. Une tour ronde sera déplacée et une nouvelle aile sera construite, pour un résultat avoisinant les 1200 m2 avec une douzaine de chambres et une boutique.

Un terroir varié
Bruno Eynard, l’ancien directeur général du château Lagrange à Saint julien, ingénieur des travaux agricoles et consultant, suit l’ensemble des travaux. Il insiste tout particulièrement sur le terroir de Saint-Christoly-Médoc : « ce sont de très belles croupes de graves sur calcaire qui vont donner des vins plus structurés et concentrés » .

Le vignoble de Lesparre aura, quant à lui, une vocation revue. Antoine Medeville, œnologue du laboratoire Oeno conseil, a rejoint le château pour le millésime 2023  « le vignoble de Lesparre fournira des vins plus sur le fruit, avec une bonne buvabilité ». Il y aura donc deux vins sous la marque du château Escot, de quoi étoffer une gamme qui s’est déjà élargie avec le rosé et surtout un blanc sec de très belle facture, comme le Médoc sait en produire. La surface plantée passera de 26 à 30 hectares. 40 % du vignoble ont déjà été replantés suite à une étude parcellaire. Les nouveaux chais permettront de mieux différencier les lots et de mieux réussir les assemblages. 

©Claude Clin

Une vision
Vit Bartosek ne s’effraie pas lorsqu’on évoque la situation difficile des vins du Médoc. « Au moment de l’acquisition, en décembre 2018, avant le covid donc, il n’y avait pas de crise. Nous savons que la situation en Médoc n’est actuellement pas facile mais nos plans n’ont pas changé pour autant. Nous croyons que les investissements que nous faisons vont redynamiser le château et contribuer à l’animation de ce nord Médoc qui a des atouts ». 

Sonia Ozanne, la directrice générale du château, parfaitement bilingue, fait le lien avec la Tchéquie et se montre particulièrement enthousiaste sur ce projet au point que le « château Escot candidatera pour le futur classement des crus bourgeois du Médoc en 2025 et demandera la mention Cru Bourgeois Supérieur ».

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Trois pépites à découvrir lors de la Foire aux seconds vins

Des différentes parties du vignoble bordelais, en trois couleurs, pour tous les budgets, les beaux rapports prix-plaisir seront légion lors de l’événement organisé par Terre de Vins et Cash Vin le samedi 21 octobre (10h-19h) au Hangar 14 (Bordeaux). En rouge, blanc sec et blanc liquoreux, découvrez trois ambassadeurs de talent, avec les explications avisées de Jérémie Daugy, responsable achats et développement digital de Cash Vin.

L’entrée à 10€, remboursée dès l’achat d’une caisse de 6 bouteilles, permet à chacun de venir apprécier ces grands crus.

En rouge

Fiefs de Lagrange 2015, Saint-Julien (second vin du Château Lagrange, 3e grand cru classé de Saint-Julien)34€ la bouteille ou 28,33€ par six
« Un rapport qualité/prix jamais démenti, un succès qui ne faiblit pas chaque année, bref, une valeur sûre indéniable ! Ce 2015 est un millésime exceptionnel, avec une richesse veloutée et un fruit éclatant conjugués à de petites notes épicées. Un vin qui distille parfaitement toute l’âme de cette magnifique appellation qu’est Saint-Julien. Un vin prêt à boire, à juste maturité, et un bel exemple que les seconds vins vieillissent aussi très bien ! »

En blanc sec

Coquillas Blanc 2022, Pessac-Léognan (second vin du château de France)16,50€ la bouteille ou 13,75€ par six
« Avec ce millésime 2022, Arnaud Thomassin nous démontre une nouvelle fois que les blancs produits sur les terroirs de château de France sont de grande qualité ! Un Coquillas que l’on adore boire en toutes occasions. Un vin gourmand, frais, aux délicates notes d’agrumes, et à cette vivacité qui viendra par exemple rehausser un ceviche de dorade, ou plus simplement une tranche de saumon fumé. Un incontournable d’une efficacité redoutable pour tous les amateurs de blancs secs sans fioritures ! » 

En liquoreux

Charmilles de La Tour Blanche 2017, Sauternes (second vin du château La Tour Blanche – 1er grand cru classé de Sauternes)21€ la bouteille ou 20,83€ par six
« Proche voisin du Château d’Yquem, on adore la suavité et le caractère exotique si marqué de ce vin. Un grand liquoreux qui n’a pas oublié son acidité et nous livre une matière dense et volumineuse, à l’équilibre parfait. Une bouteille à ouvrir sur des fromages à pâte persillée, une viande blanche en sauce comme par exemple une blanquette de veau, ou même quelques Saint-Jacques snackées au beurre. »

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[Agroécologie dans le Languedoc] Le domaine de Mortiès

Ce mois-ci, en parallèle du magazine Terre de vins consacré au développement durable, nous vous proposons des focus sur cinq domaines du Languedoc engagés dans une viticulture durable et en pleine transition agroécologique. Aujourd’hui, zoom sur le domaine de Mortiès, un écrin de douceur au pied du majestueux Pic Saint-Loup.

Situé dans le hameau du même nom, une combe entre Saint-Jean-de-Cuculles et Cazevieille, le domaine est abrité dans un vieux mas du XVIIIème siècle entouré de son vignoble de 14 hectares. La monoculture de la vigne a remplacé cette ancienne ferme où la polyculture a longtemps régné (bergerie, céréale, potager). Un ancien fonctionnement agricole rare dans le paysage viticole français, un idéal à atteindre pour Pascale et Richard Moustiès, les actuels propriétaires de Mortiès.

Arrivés en 2008, le couple a immédiatement entrepris une conversion à l’agriculture biologique, “On souhaitait s’installer dans ce lieu entouré de nature alors cela avait du sens de cultiver sans produits dangereux pour l’environnement” nous a confié Pascal Moustiès. Certifié bio en 2011, le domaine continue sa transformation vers des pratiques toujours plus durables, notamment sur la gestion du sol. Moins de labours, moins d’horizons retournés et moins de griffages, les travaux du sol sont aujourd’hui réfléchis et pensés pour préserver la vie qui s’y trouve. Que ce soit dans les parcelles en plaine où celles nichées dans les hauteurs en pleine garrigue, la couverture végétale s’accentue au fil des années.

©Willy Kiezer

La biodynamie et la biodiversité
Dans le prolongement de l’agriculture biologique et sous l’impulsion de Blandine Chauchat et Pierre Jequier du Mas Foulaquier, Mortiès s’est lancé au milieu des années 2010 dans la biodynamie. Certifié par Demeter en 2019, il rejoint donc Foulaquier, La Roque, Inebriati, Lascaux et d’autres domaines certifiés dans le secteur du Pic Saint-Loup.

Une démarche pratique mais également philosophique, qui amène Pascale Moustiès a plus d’observation et de réflexion sur son environnement. Pour la vigneronne, la biodynamie c’est pousser un domaine vers le global, la ferme étant un idéal. C’est dans cette démarche que deux ânes et quelques vaches arrivent sur les terres de Mortiès. Loin d’être totalement une ferme, ces animaux amènent du vivant, en plus d’un fumier intéressant pour amender les sols. N’oublions pas que dans les valeurs de la biodynamie, la fertilité du sol est une priorité, inscrite dans le cahier des charges de Demeter.

Émerveillée par son environnement immédiat, Pascale Moustiès est constamment abreuvée par de nouvelles connaissances sur les plantes et la faune et flore. Des informations qui lui permettent depuis quelques années de pouvoir inscrire son domaine dans la protection des écosystèmes méditerranéens. “Avec mon équipe, on remodèle nos forêts, notamment en arrachant des pins qui pullulent afin d’y laisser se développer des essences locales comme l’arbousier, le ciste ou le chêne vert”. Une gestion qui a pour but d’apporter toujours plus de biodiversité à Mortiès.

Après plus d’une décennie de travail acharné, Pascale et Richard Moustiès ont monté en gamme dans la production de leurs vins. Des vinifications devenues moins interventionnistes, “nos fermentations sont réalisées sans adjonction de levures exogènes”, et plus douces pour l’élaboration de vins de plus en plus reconnus par la profession. “Cette montée en gamme s’accompagne d’un travail sur le développement des ventes aux cavistes indépendants, des personnes capables de comprendre nos vins et de les vendre à leurs clientèles”. Une démarche complémentaire à la belle part de ventes réalisées au domaine, notamment pendant la période estivale. La vente locale et au domaine, une pratique agroécologique à fort impact et peu développée encore de nos jours…

Terre de Vins a aimé
Cuvée Pic Saint Loup 2021 – AOC Pic Saint-Loup (21,50€)
Frais et digeste, ce Pic Saint-Loup est une bombe de fruits et de garrigue. Le millésime 2021 est ancré dans le jus, visible par la fraîcheur et la qualité du fruit, certainement mieux dessiné que les autres années.

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Dating timés entre sommeliers et propriétés

49 propriétés venues de la France entière se sont déplacées hier au Cercle National des Armées à Paris, rencontrer le temps de dating, une trentaine de sommeliers représentant les plus grands établissements hexagonaux.

Dringggg « vous avez 20 minutes d’échanges« . Top départ de plus de 300 rendez-vous sur la journée. Le format « speed dating » version sommeliers/propriétés à de quoi séduire.

Participant pour la première fois à l’événement, Théo Gribling, Chef sommelier au Domaine de la Klauss à Montenach (57), explique « Je suis venue ici pour avoir de véritables échanges humains avec des vignerons ainsi que d’autres sommeliers. Je suis basé en Moselle, donc aller à l’autre bout de la France ce n’est pas toujours évident pour moi. C’est un beau vivier pour voir différents points de vue de travail que ce soit avec les domaines, restaurants, et même entre régions. C’est un lieu de partage que Sommeliers Dating offre. Et je suis ravi, j’ai trouvé le contact humain que je cherchais notamment au travers de grandes Maisons de champagne qui m’ont tapé dans l’œil et du coup dans le verre !« 

©A. Viller

©A. Viller

©A. Viller

©A. Viller

©A. Viller

©A. Viller

©A. Viller

©A. Viller

©A. Viller


Côté propriété, Juliette Allègre, commerciale au Château Rauzan-Ségla en appellation Margaux cherchait à savoir « si Bordeaux est toujours d’actualité dans les cartes des sommeliers. Nous souhaitions aussi, rencontrer des sommeliers avec qui nous n’avons pas encore de relation, pour potentiellement rentrer dans leur carte. C’est bien de savoir si dans la grande sommellerie parisienne et française dans son ensemble, le profil de vins que nous produisons est dans leur radar. C’était aussi l’occasion de mettre nos seconds vins en lumière avec le 2015 et le 2016 en particulier. « 

Julie Hoeffler (France Boissons) ©A. Viller

France Boissons, le partenaire historique des cafés, hôtels et restaurants, représenté par Julie Hoeffler, installée sur l’espace Free Tasting que les sommeliers pouvaient arpenter dès qu’une pause leur permettait, explique « nous mettons une attention particulière à notre sélection de vins, à aller rencontrer les vignerons et aller dénicher des pépites et cuvée de prestiges. »

©A. Viller

Serges Dubs, Meilleur sommelier du monde en 1989 et présent depuis le début de Sommeliers Dating, vient « d’abord parce qu’on découvre à chaque fois des producteurs qu’on ne connaît pas et surtout des originalités, des vins avec une évolution de vinifications, ou des caractères différents. Et puis ensuite par curiosité, souvent, cela déclenche une visite. Rien de mieux, ensuite d’aller sur place pour bien comprendre le travail du vigneron. »

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Nouveau nom et nouvelles ambitions pour le groupe Delaunay

Il devenait une évidence pour le groupe de Laurent Delaunay de retrouver son patronyme d’origine après avoir construit pas à pas avec sa femme œnologue, Catherine, et désormais avec leur fille Jeanne, un petit groupe familial entre Languedoc-Roussillon et Bourgogne. Celui-ci porte désormais la marque ombrelle « Delaunay, Vins & Domaines »

Le renoncement à son patronyme datait de 1993 lorsque Laurent Delaunay avait dû vendre la maison familiale au groupe Boisset alors qu’elle était en grande difficulté, dans le chaos de la guerre du Golfe. Laurent et sa femme Catherine avaient donc fini par partir à la conquête d’autres vignobles et créent la maison de négoce Badet-Clément pour élaborer des vins de marque dans le Sud, avant de reprendre en 2005 le négociant du Languedoc-Roussillon Abbots devenu Abbots & Delaunay. Forts d’un joli succès, le couple était alors revenu dans le Nord, d’abord en commercialisant des domaines bourguignons puis par la porte rêvée, le rachat en 2017 de la maison historique fondée en 1893 par l’arrière-grand-père, producteur-négociant-éleveur à Nuits Saint-Georges. Le groupe comprend également une filiale de distribution Domaines et Vins de Propriété (DVP) qui compte environ 250 domaines en portefeuille. Il ne manquait plus qu’une harmonisation générale. C’est chose faire depuis l’annonce hier de la nouvelle marque ombrelle du groupe qui devient Delaunay, Vins & Domaines. Elle correspond également à l’arrivée dans l’entreprise de Jeanne, la fille du couple. Nous avons donc saisi cette double occasion pour questionner Laurent Delaunay sur ce nouveau tournant.

Le nouveau nom est-il destiné à n’être qu’une marque-ombrelle ou il aura vocation à être sur toutes les étiquettes ?
Nos activités vont être placées sous cette nouvelle marque ombrelle qui sera utilisée dans les salons, pour la communication, et peut-être un jour, à la Miguel Torres, sur l’étiquette. En attendant, nos marques principales vont être signées par un membre de la famille, Catherine pour les Jamelles, Jeanne pour les vins d’Abbots & Delaunay et moi, j’incarne Edouard Delaunay. Avec l’arrivée de Jeanne, nous redevenons réellement familial et multigénérationnel, ce qui fait souvent l’image d’une grande maison. J’avais jusqu’à présent un sentiment d’illégitimité, pas tout à fait languedocien, plus tout à fait bourguignon, à cheval entre les deux mais avec le rachat d’Edouard Delaunay, nous nous sommes rappropriés notre nom et aujourd’hui, nous bouclons la boucle. 

Catherine, Jeanne et Laurent Delaunay

Quel va être le rôle de Jeanne dans l’entreprise. ?
Avant de se lancer dans ses études de commerces, Jeanne nous avait demandés si ça nous ferait plaisir qu’elle vienne travailler un jour avec nous car elle aimait ce métier, ses valeurs. On lui a répondu que rien ne nous ferait plus plaisir mais on ne voulait pas mettre la pression et il fallait que ça vienne d’elle. Après ses études de commerce, il lui fallait un bagage technique ; elle a donc suivi un BTS viti-oeno à Beaune avec une alternance chez Thibault Liger-Belair puis une vinification à la Romanée Conti, de stages en Australie, en Californie… pour avoir un bagage complet technique, commercial, marketing… Louis-Fabrice Latour m’avait dit : ‘ce métier, il faut 10 ans pour l’apprendre et mieux vaut commencer tôt’ ; Jeanne était de cet avis et elle a voulu rapidement nous rejoindre. Plutôt que de passer par tous les services les uns après les autres, elle préférait avoir une expérience de direction générale. Nous lui avons donc confié en juin un petit périmètre mais généraliste et transversal chez Abbots & Delaunay, notre plus petite maison. Elle était d’ailleurs les mains dans le marc de raisins jusqu’à la semaine dernière.

Y a-t-il déjà des changements de stratégie prévus par la « nouvelle direction » ? 
Jeanne va revisiter la gamme de ce négoce qualitatif adossé en partie à nos 35 ha de vignes. Ça va forcément bouger. La maison avait d’abord besoin d’être réincarnée car j’étais davantage en Bourgogne ces dernières années et en Languedoc, si l’on arrête de pédaler, on peut vite être distancé. J’ai d’ailleurs ma théorie sur le sujet : le Languedoc est une grosse région de production tirée par un petit nombre de locomotives tandis que la Bourgogne est finalement une petite région de production tirée par un nombre important de producteurs, ce qui explique que le Languedoc doit être poussé en permanence avec toujours plus d’offres. Jeanne a pour objectif d’en faire une maison de négoce à la bourguignonne en illustrant les terroirs avec une approche parcellaire, à développer à partir de nos vignes mais également avec nos partenaires.

Pour les autres pôles, avez-vous défini de nouvelles orientations et axes de développement ?
Nous allons lancer une véritable stratégie RSE. Jeanne qui a cette sensibilité et qui a particulièrement suivi ce sujet pendant ses études va être en charge de ce thème. On vise le label EcoVadis en 2024 et B-Corp en 2026, l’un plus pour le monde agricole, le second plus global et international. Nous sommes déjà en bio dans le vignoble d’Abbots & Delaunay, HVE pour les Jamelles. En Bourgogne, nous allons continuer sur la lancée d’Edouard Delaunay avec le projet d’acheter des vignes en Hautes-Côtes-de-Nuits qui sont en train d’émerger avec une qualité des vins qui a énormément progressé notamment en bénéficiant du réchauffement climatique; nous avons même l’ambition de devenir l’une des locomotives de cette appellation, même si ça prendra sans doute quelques années. Nous aimerions aussi à terme récupérer quelques belles parcelles en Côtes-de-Nuits et Côtes de Beaune et nous allons peut-être agrandir notre groupe au premier trimestre 2024 en Languedoc si le dossier en cours est finalisé. Nous misons sur un recentrage en Languedoc, un approfondissement en Bourgogne – nous avions un temps pensé nous étendre en vallée du Rhône avec l’achat de quelques vignes à Bollène et Suze-la-Rousse qu’on est finalement en train de revendre car il est compliqué de reprendre une autre région ; les généralistes à l’ancienne n’ont plus cours, aujourd’hui mieux vaut être spécialistes pour tout comprendre et maîtriser.

Vous allez prendre la présidence des Vins de Bourgogne lors du prochain bureau. Est-ce que cela va changer votre organisation ?
J’étais déjà président délégué depuis 2021, représentant des négociants, et nous fonctionnons en binôme avec François Labet pour la production. Je suis au service du collectif depuis de nombreuses années mais pendant deux ans, je voyagerai sans doute un peu moins car je serai un peu plus en représentations pour les vins de Bourgogne.

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Anjou-Saumur 2023 : les vendanges éprouvantes se terminent

Au terme de très longues vendanges, les Angevins font le point sur une récolte 2023 difficile mais finalement réussie, grâce à la patience attentionnée des équipes de vendangeurs qui ont su trier le chenin blanc comme les cabernets.

« Ouf » s’exclame Evelyne de Pontbriand en terminant la récolte qui a commencé par une semaine de tri pour éliminer ce qui n’était pas bon et s’est terminée par les rouges de cabernet le 5 octobre. « Le plus gros problème cette année, c’est la pourriture arrivée en septembre, bien que l’été n’ait pas été très chaud ». Dans son domaine du Closel à Savennières, il a fallu faire quatre passages au moins et c’était compliqué car « le doré n’était pas toujours mûr, le vert l’était parfois ». Elle rend hommage à ses vendangeurs compétents qui ont très bien travaillé. Le résultat lui convient, il n’y a aucun faux goût et un peu plus de volume que l’an dernier. 

Vendanges compliquées
Pour Alexis Soulas, du domaine Fief Noir à Saint-Lambert-du-Lattay il ne reste plus qu’une trie de Coteaux-du-Layon à faire la semaine du 16 octobre. Blancs secs et rouges sont rentrés, mais les vendanges ont été compliquées : « A la fin de la canicule début septembre, il y a eu un gros orage, 60 mm et ensuite l’humidité est restée, avec des nuits chaudes. Cette pourriture acide, c’est du jamais vu. » Lui aussi souligne l’importance de la vendange à la main. Il fallait une équipe conséquente et aller vite pour ne pas tout perdre, et en même temps être patient pour attendre que les chenins blancs et les cabernets francs aient le temps de mûrir. Il a fait trois passages pour les Anjou blancs, les grolleaux et pineaux d’aunis feront des vins agréables et légers. Grâce à la sortie généreuse du printemps, les tries n’affectent pas le volume final de récolte. Mais le domaine ne sortira pas toutes ses cuvées et ses différents parcellaires. 

Peu de moelleux en Anjou
Au Château La Varière, le directeur d’exploitation David Grellier est content : « Globalement c’est un chouette millésime, juste compliqué pour les moelleux ». L’année a commencé très sec, et ensuite humide, avec beaucoup de mildiou, mais qui a été maîtrisé. « Avec un été ni trop chaud ni trop froid, on pensait faire un millésime très précoce, puis les dernières semaines d’août ont été moins chaudes, ce qui a retardé la maturation. Le problème est venu avec les orages de septembre, certaines parcelles ont pris 30 mm d’eau, d’autres beaucoup moins », explique-t-il. Mais le pire a été le dernier orage avec à nouveau 30 mm le 21 septembre. « On a eu très peur car le raisin arrivait à maturité. Mais ensuite il a fait très beau et ce qui était pourri a séché. On fait des rouges superbes », précise-t-il. Pour les rosés, dont les demi-secs rosé d’Anjou et cabernets d’Anjou, l’année est réussie et généreuse en volume. C’est la part la plus importante du domaine de 150 ha. Il se réjouit d’avoir réussi des blancs vifs mais de belle densité, « le style que je recherche », grâce à un tri négatif avant la récolte.

©I. Bachelard

Côté moelleux, il apprécie d’avoir du beau botrytis pour faire des Coteaux du Layon. Mais il n’y aura pas de Quart-de-Chaume ou de Bonnezeaux cette année, car le tri serait trop compliqué pour les vendangeurs. Chez Patrick Baudouin à Chaudefonds-sur-Layon, pas question de faire des liquoreux cette année, car la récolte a été éprouvante et le besoin de vin sec est plus important. Il est satisfait d’en avoir produit en 2022. « Six semaines à trier pour faire des vins secs, c’est une première » déclare le vigneron qui en est pourtant à sa 33e vendange. « Avec le coup de chaud de début septembre et le lundi de pluie au début des vendanges, la vigne a cessé de fonctionner mais a pompé l’eau qui était tombée ». Ensuite, les vendangeurs ont dû éliminer la pourriture aigre (acide) et choisir grappe à grappe, car même les raisins jaunes n’étaient pas forcément mûrs. Le résultat est bon, entre 12 et 14 degrés, sans faux goût. 

Stocks reconstitués
Pour Pierre-Antoine Pinet, président de la Fédération viticole d’Anjou-Saumur, il y a un motif de satisfaction pour cette récolte plus compliquée que les années récentes, c’est que les volumes sont au rendez-vous, en particulier pour les vins effervescents dont les stocks avaient besoin d’être reconstitués. C’est pour l’ensemble des 26 appellations une récolte normale en quantité, la première depuis 2018. Les vendanges ont commencé le 28 août et très vite les pluies brèves mais intenses ont accéléré la maturité mais amené une dégradation sanitaire. Partout il a fallu trier, « heureusement que le volume était là au départ » conclut-il.  

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Maison Coutanseaux Aîné : Objectif luxe

La famille Frèrejean Taittinger a relancé la marque Coutanseaux pour l’inscrire dans l’univers du luxe. L’attestent la gamme qui commence au XO et les codes du parfum à l’endroit du packaging. 

1767 est la date sur laquelle s’appuient les nouveaux propriétaires, rappelant la fondation de la structure par Louis Coutanseaux, tonnelier travaillant pour les grandes maisons de cognac d’alors. Le fiston, Joachim, est devenu maître de chai et ses descendants feront traverser les fuseaux horaires à la marque Coutanseaux, et ce jusqu’à la Cour royale de Suède. C’est au XXème siècle que la famille Taittinger croise par le jeu des alliances la marque de cognac. Aujourd’hui, les frères Frèrejean Taittinger ne cachent pas leurs ambitions en ne délivrant que des eaux-de-vie de Grande Champagne, le premier cru de l’AOC. Par ailleurs, les cognacs ont au minimum 15 ans d’âge, la gamme débutant par le XO jusqu’à des eaux-de-vie centenaires en passant par un XXO. Ainsi la maison Coutanseaux Aîné cible les « HNWI dans le monde », à savoir des personnes à valeur nette élevée, notamment aux Etats-Unis et en Chine. Les flacons sont inspirés des codes du parfum avec des formes épurées et élégantes. Le XXO délivre une intense complexité aromatique avec un toucher suave. Le cognac est d’un grand équilibre avec des notes de rancio, de vanille et d’abricot sec. 

230€ TTC pour le XO
510€ TTC pour le XXO

www.coutanseaux.com

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La filière Champagne lance les Assises de l’hébergement des vendangeurs

À la suite d’un bureau exécutif ce lundi, le Comité Champagne dévoile ses premières décisions concrètes, en quatre chantiers prioritaires, pour améliorer les conditions de travail et les capacités d’hébergement durant la vendange, sécuriser la prestation de services et faciliter le recrutement de main d’œuvre.

Après l’émotion, le temps de la réflexion. La vendange 2023, en Champagne, a bouleversé à la fois les professionnels et les observateurs de la filière, en raison du décès de cinq vendangeurs et de la révélation d’affaires de logements insalubres. Quatre « ont fait l’objet de fermetures administratives », détaille le communiqué de presse diffusé ce lundi soir par l’interprofession, qui dénonce à nouveau des « pratiques inqualifiables », « en totale opposition avec l’engagement et l’investissement de l’immense majorité des Champenois ». Et « portant gravement atteinte à son image. »

Des mesures étaient attendues. Le Comité Champagne vient de communiquer sur un ensemble de quatre « chantiers prioritaires », dessinés à la suite d’un bureau exécutif ce lundi 16 octobre, en présence de la préfère de la région Grand Est, Josiane Chevalier. Ces dossiers seront conduits par « un groupe restreint de professionnels » pour préparer « des mesures concrètes ».

Premier chantier : la création des « Assises de l’hébergement des vendangeurs en Champagne » dont l’objectif ambitieux est de « mobiliser le plus largement possible tous les partenaires et étudier toutes les solutions qui permettraient d’accroître les capacités d’hébergement et d’assurer à tous les vendangeurs un accueil dans les meilleures conditions ». 

Deuxième chantier : « les conditions de santé et de sécurité au travail des vendangeurs », en vue de « renforcer la diffusion des mesures de prévention et de sécurité auprès des professionnels ». Entre autres éléments à prendre en compte, le réchauffement climatique.

Troisième dossier : « une offre de prestation de services sécurisée » sur le plan social et la création d’une « charte de prestataires de services en Champagne », établie en partenariat notamment avec la DREETS et les MSA. En clair, la mise en place « d’un annuaire des prestataires engagés ». À noter qu’une charte de bonnes pratiques était déjà en cours d’écriture en 2018.

Enfin, dernier chantier prioritaire : trouver des solutions et développer « des outils pour faciliter le recrutement » face à la rareté de la main-d’œuvre locale. Le Comité Champagne « demande également que la viticulture champenoise soit reconnue comme métier en tension ».

Le communiqué insiste par ailleurs sur la demande de « l’appui des services de l’Etat ». Autre élément fort : l’association des organisations syndicales aux réflexions et la tenue, prochainement, d’une première rencontre. « Tous les moyens nécessaires » seront engagés par le Comité champagne « pour garantir la mise en œuvre de ces mesures concrètes dès la prochaine vendange ».

Quelques chiffres
– 120 000 saisonniers participent chaque année à la vendange
– La filière regroupe 17 000 employeurs

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