Succès mérité pour les Bordeaux blancs secs du Sauternais

Le terroir de Sauternes et Barsac voit depuis quelques années se créer, à côté des liquoreux, des vins blancs secs haut de gamme, en appellation Bordeaux. Souvent adossés à la marque des châteaux classés en 1855, leur qualité ne fait plus aucun doute et leurs prix tutoient ceux des liquoreux.

Nous sommes à 40 km au sud-est de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne. Les meilleurs sols sont sur un plateau incliné vers le fleuve dont le substrat est composé de calcaires à astéries fissurés (qui participent beaucoup à la fraicheur des vins), de marnes ou de sables argileux. À l’époque des grandes glaciations quaternaires, ce substrat a été recouvert par d’énormes nappes de graves apportées par la Garonne. Un sol idéal pour les blancs que le sauternais a toujours légitimement valorisé, avec succès, tant en liquoreux qu’en sec. C’est ainsi que, par exemple, le château Doisy-Daëne produit du blanc sec depuis 1948, à une époque ou le Sauternes (liquoreux) se portait très bien. Une production très qualitative mais qui reste minoritaire.

Etat des lieux
Jean-Jacques Dubourdieu, le co-président de l’appellation Sauternes-Barsac, indique que « la production des Bordeaux secs du sauternais représente à peu près 10 % de la production totale. Seuls 80 % sont produits par les crus classés. Le sec est donc devenu une marque forte ». Et d’insister : « mais même adossés à la marque du château, si les vins n’étaient pas bons, ils ne se vendraient pas ».

La méthode
Les liquoreux sont faits avec deux cépages essentiellement : le sauvignon et le sémillon. Les blancs secs utilisent les mêmes, ce qui facilite la production. Soit on dédie des parcelles à cette production. Soit on fait du picking, c’est-à-dire qu’on prélève une partie des raisins sur le pied et le restant, de préférence botrytisé, sera récolté plus tard pour la production de liquoreux. Les châteaux peuvent combiner les deux.

Les profils des vins
Si le sauvignon est connu planétairement pour apporter sa vivacité en bouche et son aromatique sur des notes végétales, de fruits verts et d’agrumes, le sémillon, lui, est plus énigmatique. « C’est un cépage de bouche ! » nous dit Jacques Lurton le président de l’appellation Pessac Léognan. Mais pas que, car en effet, il apportera le coté texturé, sur un grain fin, mais aussi le gras et quelques aromes frais d’agrumes (pamplemousse, mandarine, citron), de pomme et de miel. C’est cet assemblage rare qui, avec le terroir, participe fortement à l’identité des blancs secs du sauternais.

Les derniers sortis
Rayne Vigneau, « Grand vin blanc sec » Bordeaux 2022 (45€)
10 années que Vincent Labergère travaille sur ce projet. Un vin à l’aromatique particulièrement réussie (tisanerie, romarin, thym citronné) et une bouche balancée entre fraicheur et fruité, enrobée juste ce qu’il faut, avec un très beau toucher de bouche et un coté salin.

Château Guiraud, « Grand vin blanc sec » Bordeaux 2022 (50€)
Ce récent vin, très identitaire, est davantage dans la pureté et l’éclat que le très connu G de Guiraud. Notes de citron jaune, verveine, un rien camphré, et touche de silex. L’attaque se fait sur beaucoup de douceur fruitée, sur l’ananas et sur la bergamote de Nancy qui apporte sa discrète touche amère. Plus élégant et dynamique que le G.

Château Suduiraut, « Vieilles vignes. Grand vin blanc sec », Bordeaux 2022
L’aromatique est subtile : bonbon au citron, chèvrefeuille, soupçon de fraicheur sur la citronnelle et verveine citronnée. Iodé. Beau toucher de bouche, du gras (beurre frais) et belle expression du sémillon. Subtilement tendu, long et équilibré. Vocation gastronomique.

Sigalas Rabaud, « Grand vin blanc sec » (45 €)
Notes de tilleul, verveine, anis, fleurs blanches et silex chaud. Un léger grain (5 % de sémillon) et des saveurs étirées de bergamote et de pamplemousse rose. Pur, délicat et raffiné.

Château de Rolland, « le Clos des Moines » 2022, bio (18€)
Sur la commune de Barsac, Romain Garcia produit un 100% sauvignon très original car le coté variétal est atténué au profit d’une expression plus douce et d’un joli toucher de bouche (barrique). Nez fumé, toasté, touche de chèvrefeuille. La ligne fumée est suivie en bouche par une tension mesurée qui évolue sur des saveurs de pamplemousse. Belle identité.

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[REPLAY] « Vino Veritas » : vendanges 2023, l’année des montagnes russes

Ce mois-ci, l’émission « Vino Veritas » sur TV7 se penche sur les vendanges 2023 qui touchent à leur fin et sur le scénario mouvementé du millésime 2023. Revoyez l’émission en replay.

Le scénario du millésime 2023 a une nouvelle fois été mouvementé pour les vignerons, à l’image de véritables montagnes russes. Le mildiou, notamment, a fait subir une pression quasi inédite sur les vignes, qui aura forcément une incidence sur les rendements et sur le style du millésime. Alors que les vendanges touchent bientôt à leur fin, « Vino Veritas » fait le point. Xavier Sota et Mathieu Doumenge reçoive Pauline Lapierre, vigneronne au château Haut-Rian, et Simon Blanchard, vigneron et œnologue-consultant au sein de l’équipe Derenoncourt Consultants.

Voir toute les émissions « Vino Veritas ».

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Des IGP Pays D’Oc de garde

Pourquoi faudrait-il qu’un vin de garde soit forcément issu d’une appellation d’origine contrôlée ? Sur les 272 échantillons dégustés à l’aveugle par la vingtaine d’experts en vins (sommeliers, restaurateurs, blogueurs, acheteurs, œnologues et journalistes) lors de la dégustation Collection Pays d’Oc, 40 cuvées représentatives de la diversité du territoire ont été sélectionnées ! Présentée le 19 octobre prochain à l’espace Vinalia (à Lattes), la sélection automne/hiver montrera tout le potentiel de garde de l’IGP.

Par définition, un vin de garde, quelle que soit sa couleur ou ses origines, est un vin qui peut se conserver et se bonifier avec les années. Sa puissance, son acidité et ses tanins (pour le vin rouge) doivent être au beau fixe pour permettre un vieillissement. Le temps, ou plutôt les années, viennent prendre ce capital pour le transformer, le minéraliser et le bonifier. Les arômes primaires se transforment en notes tertiaires, celles qui annoncent le vieillissement du vin.

Bordeaux, Loire ou Languedoc, toutes les régions ont leurs lots de vins de garde. Dans l’Hérault, certains des plus grands vins de garde sont estampillés en IGP. Granges des Pères ou Peyre Rose ont longtemps montré que la garde n’était guère réservée aux AOC. Que dire des grandes cuvées de Gérard Bertrand en IGP Aude Hauterive du domaine de Cigalus, des somptueux blancs de garde.

Une bonne poignée de vins de garde
En septembre dernier, nos experts ont sélectionné une bonne poignée de cuvées de garde qui prouvent de l’excellent potentiel de vieillissement des vins de l’IGP Pays d’Oc. Monocépage ou assemblage, tous ont montré ce potentiel. Le magnifique 100% rolle 2019 du domaine d’Aigues Belles en avait conquis plus d’un au sein du comité de dégustation. De belles odeurs légèrement confites, fruits blancs secs en tête, ont ravi les dégustatrices et dégustateurs. Les millésimes les plus récents ont également révélé un sacré potentiel de garde. On se donne RDV dans 10 ans !

Voici quelques cuvées, de garde, sélectionnées lors de la dégustation :

Domaine d’Aigues Belles – Premier Rolle – 100% Rolle – 2019

Domaine de Bachellery – Ballade pour Mistral – 2016

Alma Cersius – Terra Patres – 2019

Le Clos des Centenaires – Luxe, Calme, et Volupté – 2019

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Costières de Nîmes : Le syndicat voit l’avenir en rose

Malgré un marché tendu, le Syndicat des Costières de Nîmes garde le sourire à l’heure de faire un point sur l’année 2023. Le nouveau bureau veut s’appuyer sur la dynamique collective, la performance environnementale et la montée en gamme des vins via une hiérarchisation de l’appellation pour faire rayonner le vignoble. Compte-rendu.

Appart’City de Nîmes. A deux pas du célèbre amphithéâtre romain, la nouvelle équipe du Syndicat des Costières de Nîmes fait son entrée dans l’arène devant un parterre de journalistes. Cyril Marès, le nouveau président élu en mai dernier, a pour l’occasion revêtu son habit de lumière aux couleurs de la CrocoTeam. Un rose flashy qui donne le ton du positivisme. « Oui, le marché économique est compliqué et hyperconcurrentiel et ce n’est pas évident avec toutes les crises traversées mais on ne verse pas dans le catastrophisme, les Costières ont bien des atouts à mettre en avant et on tire déjà notre épingle du jeu », explique le vigneron du Mas des Bressades et du Mas Carlot. En freinant la production pour atteindre un palier d’environ 130 000 hl (dont 50% de rosé, 40 de rouge et 10 de blanc), les vignerons ont fait le choix de la qualité, quitte à perdre quelques marchés instables comme la Chine à la valorisation assez faible. « On est en pleine transition et on suit la tendance de fond du “boire moins mais mieux”, ajoute Aurélie Pujol, la directrice. Et puis, on a gagné en valeur avec environ 18% de plus qu’en 2021 et 3% de mieux qu’en 2022. »

Une future dénomination Costières de Nîmes Villages
Les marchés belges et canadiens, à plus forte valeur ajoutée, ont ouvert leurs portes et sont demandeurs de petits volumes qualitatifs. « On a un potentiel pour l’avenir avec un renouvellement de générations et une vision moderne de la viticulture », poursuit Jérôme Castillon, le vice-président. Avec 76% du vignoble engagé dans des pratiques environnementales, les Costières font figure d’exemple sur la planète vertueuse. « On compte bien continuer collectivement avec un projet agro-environnemental qui implique l’appellation dans une stratégie au long cours, prolonge Aurélie Pujol. Celle-ci intègre également la lutte contre l’artificialisation des sols, l’implantation de structures d’accueil de la faune auxiliaire (voir notre papier sur l’installation de nichoirs), la mise en place d’un réseau de parcelles sentinelles permettant de surveiller l’état hydrique du vignoble et l’expérimentation de cépages résistants (VIFA). » Le projet de création d’une dénomination Costières de Nîmes Villages, avec un cahier des charges aux clauses environnementales renforcées, est également dans les perspectives.

Franck Putelat aux manettes des Vignes Toquées
« La commission d’enquête de l’INAO est venue le 15 juin dernier et a été impressionnée par la qualité des vins et la motivation des vignerons », ajoute Cyril Marès dont le syndicat doit proposer un nouveau cahier des charges en mars 2024. Objectif temporel : 3 ans. « Un vœu pieu diront certains mais la base de travail sur l’identification des terroirs et des cépages a été entamée il y a 13 ans, on est donc plutôt optimiste », prolonge Jérôme Castillon, également vigneron au Château l’Ermite d’Auzan. Côté œnotourisme, l’appellation n’est pas en reste avec une pléiade d’événements locaux tout au long de l’année (La Bodega en mai, les JeudiDivin en août et les Costières Sonores dans le vignoble tout l’été). En 2024, les Vignes Toquées, point d’orgue “oenogastronomique” de l’appellation, auront lieu les 1er et 2 juin avec Franck Putelat, chef doublement étoilé, aux manettes. Et un nouvel espace baptisé le Pavillon des Costières de Nîmes verra le jour en mai sur l’esplanade Charles de Gaulle, entre les Arènes et la gare de Nîmes. Ce lieu convivial, où auront lieu afterwork, ateliers œnologiques et événements privés, permettra d’affirmer le statut de l’appellation, d’accroitre sa visibilité en local et de développer de nouvelles opérations de communication autour de ses vins. Un nouveau rendez-vous de choix pour les amoureux des Costières.

Plus d’informations sur www.costieresnimes.org

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[Agroécologie dans le Languedoc] Le domaine de Malaïgue

Ce mois-ci, en parallèle du magazine Terre de vins consacré au développement durable, nous vous proposons des focus sur cinq domaines du Languedoc engagés dans une viticulture durable et en pleine transition agroécologique. Rencontre de François Reboul, vigneron du domaine de Malaïgue à Blauzac dans le Gard.

Hameau de la commune de Blauzac, Malaïgue est situé à quelques kilomètres d’Uzès. Acteur incontournable sur son secteur, le domaine est connu pour ses vins au rapport prix/plaisir imbattable et pour la culture de céréales anciennes et d’oliviers, une polyculture prônée par les spécialistes de l’agroécologie comme Alain Canet. François Reboul, l’actuel propriétaire, représente la 8ème génération d’agriculteurs au domaine. Lui et son équipe cultivent près de 50 hectares de terre dont 30 dédiés à la vigne, le tout cultivés en agriculture biologique.

De l’éthique et de la transparence
Passionné d’agriculture, le vigneron aime l’échange et le partage. En plus d’être certifié bio par Ecocert depuis 1998, il obtient le label Nature & Progrès en 2017,  “Un label plus exigeant dans le respect de son cahier des charges” nous confie le cultivateur. Nature & Progrès étant plus stricte, notamment dans le nombre d’intrants autorisés à la vigne comme au chai. Créée en 1964, l’association est également la première à promouvoir et certifier l’agriculture biologique en France, celle qui a influencé les institutions dans les années 80 à la création d’un label à dimension nationale.

Je dois faire et organiser des réunions d’informations et de partages avec les autres membres dans mon territoire”. Marque associative, Nature & Progrès est autogérée avec transparence par ses membres et pour les consommateurs. Elle entre dans le cadre d’un Système Participatif de Garantie, ce qui veut dire que Malaïgue est dans l’obligation d’échanger avec les autres domaines certifiés N&P. Des actions qui permettent de se partager les bonnes pratiques entre agriculteurs et agricultrices, notamment sur la gestion du sol.

Entre champs de céréales et vignes à raisins de table, François Reboul nous a montré la texture de ses sols, qu’il juge en bon état. Des sols grumeleux, recouverts de plantes et d’herbes indigènes comestibles, qui prouve leur bonne santé. “Les champignons s’éclatent à décomposer la matière”, le vigneron était fier de nous montrer leurs spores sur son sol. Peu voire pas travaillés et bien que le couvert en été soit sec, le sol est protégé et garde encore de l’humidité. Preuve en est avec l’activité débordante des taupes, qui adorent les sols en bonne santé.

Souvent résumé à la plantation d’arbres et/ou de haies, ce que François Reboul fait également, l’agroécologie est avant tout une philosophie, celle de diminuer les risques et d’avoir le moins d’impact sur son environnement. C’est pourquoi la polyculture entre dans la pratique de l’agroécologie par la compréhension de la ferme agricole, une diversification de l’activité qui éloigne le domaine de la simple monoculture.

Enraciné sur son territoire, François Reboul a également créé un magasin de vente à Uzès où l’on y trouve ses vins, ses farines, des pâtes, les huiles d’olive ou son vinaigre mais aussi des produits locaux. Aimant l’échange et le partage, le vigneron de Malaïgue accueille chaque année des expositions culturelles dans son chai, une nouvelle pratique de l’agroécologie ?

Terre de Vins a aimé
Producteur en IGP Cévennes et AOP Duché d’Uzès, le domaine cultive les cépages sudistes et d’autres venus d’ailleurs. Merlot, Syrah, Grenache, Cabernet sauvignon, Cabernet franc, Nielluccio, Viognier, Chardonnay, Roussane, Pinot gris ou encore Muscat petit grain entrent dans l’élaboration de ses cuvées.

Bélugue 2022 – Vin de France : Un gourmand rosé gardois 100% grenache. Un nez complexe sur les fruits écrasés, encore frais et bien dessinés. Une bouche ronde et sapide qui permet au vin de se marier avec les grillades de l’été. Prix : 8,80 € TTC

Article rédigé par Ni bu ni connu pour Terre de vins

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Prix doux chez les cavistes indépendants

Du 10 au 20 octobre 2023, au cœur de la période des foires aux vins, la Fédération des Cavistes Indépendants (FCI) organise pour la deuxième année consécutive son l’opération « Les Dénicheurs ». Dix jours pour découvrir la sélection de dix vins à moins de 10€ chez plus de 250 cavistes membres de la FCI. Belles trouvailles en vue !

« Poussez la porte d’un caviste indépendant, et vous vous rendrez compte que nous ne sommes pas plus chers que la grande distribution, avec une qualité bien supérieure ! » rappelle Cyril Coniglio, le président de la FCI, Meilleur Caviste de France 2018, à la tête avec son épouse Laëtitia  de deux boutiques à Pont de l’Isère et Bourg-Lès-Valence. C’est pour combattre ce préjugé de cherté qui a encore la dent dure, que la Fédération des Cavistes Indépendants (FCI) a instauré l’an dernier son opération annuelle « Les Dénicheurs ». Son ambition ? « Faire découvrir pendant dix jours aux consommateurs dix vins divins de vignerons artisans à moins de dix euros, pour contrer les Foires aux Vins en mettant en avant la qualité/prix/plaisir et les conseils disponibles chez les cavistes indépendants », détaille un communiqué de la FCI.

Pépites qualitatives et accessibles
A travers cette opération, la FCI entend valoriser la capacité de ces commerçants de proximité à dénicher directement sur le terrain une large gamme de jolies pépites. « Notre métier, c’est de révéler et faire émerger les talents d’aujourd’hui et de demain, souligne Cyril Coniglio. Ce sont les Cavistes Indépendants qui lancent les vins. Ce qui n’enlève bien sûr rien à la qualité du travail des vignerons connus. » Véritables ambassadeurs des vignerons auprès des consommateurs, passeurs de  l’histoire et des secrets de confection derrière la bouteille, les cavistes indépendants déploient un conseil personnalisé, pour proposer à chaque client la bouteille de belle facture en adéquation avec ses attentes. Et ce, pour tous les budgets, même les plus modestes, avec une préoccupation d’accessibilité tarifaire essentielle, à une époque où les Français sont particulièrement attentifs à leurs dépenses.

 

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Le Brun de Neuville, sexagénaire dynamique

La coopérative Le Brun de Neuville fête ses 60 ans cette année. Pas de cuvée anniversaire pour l’occasion mais la sortie de deux nouvelles références.

Pour fêter six décennies, la coopérative du Sézannais Le Brun de Neuville, a lancé cette année deux nouveaux vins, un champagne blanc de blancs et un coteaux champenois rosé. Le premier, Le Chant des fûts 2019 est une édition limitée en long vieillissement sur lies 36 mois minimum. Ce 100% chardonnay issu de parcelles sans herbicide, vinifié en levures indigènes, élevé en fûts et demi-muids avec 18 mois supplémentaire de vieillissement sous liège, tirage sans filtration, a été dégorgé en avril sans dosage (2000 bouteilles – 85€); le second, un coteaux champenois (r)Ôsé a été élaboré à partir de deux parcelles de pinot noir sur une base 2020 macérée 18h avant un élevage de 18 mois en fûts de 400 l de chêne à douelles d’acacia, mis en bouteilles en novembre 2022. (500 bouteilles – 55€) « L’idée d’origine était de faire un champagne de macération à partir de la vendange 2020, millésime idéal pour pousser plus loin les maturités, explique Cyril Delannoy qui a succédé comme chef de caves à Gilles Balthazar, à ce poste pendant 36 ans. Mais la prise de couleur a été rapide, le jus mis en fût s’est révélé trop puissant pour du champagne et nous avons choisi d’en faire un coteaux champenois tranquille entre rosé et rouge »

Un véritable terroir
La coopérative de La Crayère a été fondée avec une vingtaine de vignerons en 1963 après l’extension de l’appellation Champagne aux vignes du Sézannais cinq ans plus tôt. La marque Le Brun de Neuville n’est apparue que dix ans plus tard avec la commercialisation des premières bouteilles. Elle a pris le nom de deux des aïeux des deux des fondateurs la comtesse de Reviers et André Vandier. « La prospérité n’est arrivée que dans les années 80-90, raconte Agathe Bellanger qui vient de prendre le poste de directrice commerciale. Dès le début, la coopérative a été à majorité chardonnay, idéal sur ces terres calcaires, avec une dizaine de pour-cent de pinot noir, le meunier ayant été progressivement arraché ».

Le Brun de Neuville est une coopérative locale affirmant sa forte identité terroir sur 12 villages au sud-ouest de la Marne, aux confins de l’Aube et 160 hectares. « Nous sommes à 95% dans le Sézannais qui a une expression propre et même si nous sommes à près de 90% en chardonnay, nous ne sommes pas un prolongement de la Côte des Blancs mais un véritable petit terroir à part entière qui commence à être reconnu par les amateurs » souligne le président depuis 2008 Damien Champy.

La coopérative de Bethon s’appuie aujourd’hui sur 250 adhérents -ils étaient à peine 200 il a cinq ans, le nombre de vignerons augmentant avec le morcellement des terres des premiers adhérents avec les 2e et 3e génération. Une majorité des coopérateurs sont encore en polyculture dans un secteur principalement agricole (céréales) mais près de la moitié ont fait désormais de la vigne leur activité principale). Ces dernières années, Le Brun de Neuville a relooké ses gammes, hiérarchisé et rebaptisé les cuvées. Elle vend environ 250 000 bouteilles par an à marque et a considérablement développer ses ventes à l’export, en particulier au Japon, aux Etats-Unis, en Australie, en Corée, en Espagne, en Italie… « Nous avons atteint 40% d’expéditions au l’international alors qu’il y a vingt ans, notre export se limitait à la Belgique » ironise Damien Champy.

©F. Hermine

Terre de Vins a goûté :
Le Chant des Fûts (85€) : Frais et minéral sur des bulles fines, ample rehaussé d’une note boisée-vanillée en finale

Coteaux champagne (r )Ôsé (55€) : Derrière une belle couleur cerise, un nez de fruits noirs et rouges bien mûrs, griottes, kirsch, ample sur un beau volume et d’une grande finesse.

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Fleur Cardinale, réalité virtuose

Le Grand Cru Classé de Saint-Émilion, propriété de la famille Decoster depuis 2001, n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. L’arrivée d’une nouvelle génération incarnée par Caroline et Ludovic Decoster l’a fait entrer dans une autre dimension. Une « évolution sans révolution » qui n’a pas fini de créer la surprise – réelle comme virtuelle.

À l’échelle du temps du vin, vingt ans, ce n’est rien, ou presque. À peine un claquement de doigts, un coup de sécateurs qui résonne entre les vignes, tout au plus l’écho d’un bouchon que l’on tire. Et pourtant, il peut s’en passer, des choses, en vingt ans. Lorsque Dominique et Florence Decoster décident, après avoir cédé leur affaire de porcelaine à Limoges, d’investir à Saint-Émilion en 2001, ils reprennent une propriété appartenant à la famille Asseo, le château Fleur Cardinale : tombés amoureux de ce site splendide du secteur de Saint-Étienne-de-Lisse dont tout le potentiel n’a pas encore, à l’époque, été révélé, ils s’appliquent à hisser la qualité des vins du domaine ; cet effort rapide et spectaculaire se voit consacré dès 2006 par une entrée au classement de Saint-Émilion – une distinction confirmée en 2012 puis en 2022.

Des travaux, du beau, du bon, du bio
Fleur Cardinale continue d’afficher, durant les dix années suivantes, une irrésistible trajectoire ascensionnelle. Cette décennie est celle qui voit l’arrivée de Ludovic, l’un des trois enfants de Dominique et Florence, à la direction de la propriété, au côté de son épouse Caroline, qui orchestre avec maestria une communication « disruptive » qui vient dépoussiérer l’image conventionnelle d’un cru classé. En 2021, l’inauguration de nouvelles installations techniques doublées d’une offre œnotouristique repensée, ainsi que l’amorce d’une conversion en agriculture biologique (certification en 2023), sont venues conclure ce premier cycle de vingt ans.

Aujourd’hui, Fleur Cardinale s’apprête à ouvrir un nouvel acte de sa jeune et bouillonnante histoire. Une réflexion stratégique de fond a amené Ludovic et Caroline à recentrer leur message, en communiquant « moins mais mieux », ou du moins de façon plus ciblée. Le côté disruptif est toujours là, qui s’illustre par le lancement, à la veille de la Coupe du Monde de rugby, d’une bouteille « édition collector Rugby Spirit » qui vient suivre les précédentes « Hard Rock », « Surf Session » et « Intergalactique » ou encore par l’inauguration récente d’une nouvelle offre de visite incluant un casque de réalité virtuelle, pour permettre aux amateurs de se plonger dans le moment des vendanges et des vinifications à tout moment de l’année (voir détail ici, prix de la visite 69 €).

À la veille des vendanges 2023, Ludovic et Caroline Decoster ont annoncé l’arrivée d’une nouvelle directrice technique en la personne de Ludivine Chagnon (photo ci-dessus), talentueuse œnologue qui s’est précédemment illustrée pendant huit ans au château Laroque, autre grand cru classé de Saint-Émilion. Cette arrivée, faisant suite à un millésime fortement marqué par la pression du mildiou, doit permettre aux vins de Fleur Cardinale de conquérir les indispensables points de détail qui permettront à la propriété de viser, qui sait dans neuf ans, la catégorie des Premiers Grands Crus Classés. En attendant, il y a du pain sur la planche : une redéfinition totale de la cuvée Croix Cardinale, consécutive à l’acquisition d’un nouveau foncier de 4 hectares exposés sud, sur terroirs calcaires et à dominante de cabernet (30% franc, 30% sauvignon, le solde en merlot). Alors que Fleur Cardinale se concentrera plus que jamais sur des terroirs exposés nord synonymes de fraîcheur et d’élégance, ce « nouveau Croix Cardinale » assumera une identité très différente et très affirmée dès le millésime 2023, assortie d’un nouveau packaging.

Premier millésime de Fleur Cardinale blanc
Ce millésime 2023 sera aussi le tout premier de Fleur Cardinale blanc, la « grande cuvée » issue des 2,40 hectares de sauvignon blanc, sauvignon gris et sémillon qui ont depuis 2021 donné naissance à la cuvée « Intuition » en blanc, laquelle a déjà fait une très bonne impression aux dégustateurs de Terre de Vins. Après deux millésimes pour apprendre et comprendre, sous les conseils avisés de l’œnologue-consultant Axel Marchal, le temps est venu de « monter en gamme » et de sortir le grand jeu : on suivra donc de près la sortie de ce Fleur Cardinale blanc 2023. Ce sera pour dans quelques mois, et d’ici-là, on peut vous l’annoncer, la famille Decoster aura dévoilé d’autres belles nouveautés. Il sera temps de vous en reparler.

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« La biodynamie n’est pas de la sorcellerie »

Michel Théron compte parmi les meilleurs vignerons de Bordeaux. De son Clos du Jaugueyron qui délivre des vins margalais d’une immense élégance, il profite de cette fin de vendanges pour nous dire ce qu’il pense du millésime et de la biodynamie.  

On raconte beaucoup de choses sur les vignobles en bio et biodynamie en rapport au ravage du mildiou, qu’en est-il dans la réalité, êtes-vous davantage impactés que les conventionnels ?
Lorsque que la virulence du mildiou est aussi forte qu’en 2023, oui de façon générale les productions en bio/biodynamie sont nettement plus atteintes.

Précisément cette année, comment jugez-vous la récolte ?
Faible en quantité, chez nous surtout sur la commune de Macau avec l’énorme pression du mildiou (conséquence de 2 épisodes de grêle) puis le flétrissement en fin de cycle (conséquence de la canicule fin août et début septembre). Nos parcelles sur Arsac en margaux ont été très peu impactées par ces aléas. Sur les deux secteurs la qualité est très belle.

Qu’allez-vous chercher dans la biodynamie en termes de pratique ?
La raison de ce choix au départ : on a fait le constat que beaucoup de vins produits en biodynamie nous faisaient « vibrer », sans savoir pourquoi ni connaitre cette pratique. Nous sommes allés chercher dans la biodynamie des outils pour augmenter la vie de nos sols plus vite. C’est la partie cartésienne et de bonne agronomie que je vise. La vision globale de l’agronomie qui fait qu’une production humaine peut être au plus près d’équilibres naturels : sols vivants, matériel végétal varié, cultivé pas « sous perfusion » mais nourri en explorant un sol donnant un fruit riche. Ce n’est pas de la sorcellerie mais du bon sens.

Quels sont les effets concrets sur l’architecture et les arômes du vin ?
Les labels de biodynamie exigent la même recherche de processus naturel au chai qu’à la vigne. C’est là qu’à mon avis la différence de profil, de structure et d’aromatique se fait : l’homme ne domine pas les choix mais encadre ceux de la nature : pas de SO2 ou très peu, flore naturelle et spontanée (dans mon cas) pour profiter de sa diversité, sans pied de cuve qui sélectionnerait le départ direct par des levures saccharomyces… Là, les familles de familles diverses telles que kloechera apiculata, candida, pichia et bien d’autres s’expriment dans des proportions influencées par les conditions du millésime (d’où une « signature » marquée des millésimes). La fermentation finira par sélectionner des saccharomyces cerevisiae souvent identiques à celles du commerce. La diversité, mais aussi la singularité du lieu du millésime et des choix humains tiennent à ça. Au résultat, des vins souvent aériens, digestes, au profil aromatique « évident », des arômes compris par nos papilles et notre cerveau avec souvent de l’émotion à recevoir de ce « message ».

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[Publi-info] Diam bouchage donne  « le pouvoir de choisir » à ses clients.

« Maîtrisez l’oxygène et le temps » : les bouchons Diam permettent au vigneron de choisir l’évolution du vin dans la bouteille en fonction du niveau d’oxygène apporté par l’obturateur.

Inventeur du bouchon en liège garantit sans gout de bouchon au début des années 2000, Diam Bouchage est tournée depuis sa création vers l’innovation. Les deux axes prioritaires sur lesquels travaillent ses équipes de recherche sont aujourd’hui les transferts d’oxygène et la naturalité des bouchons. Leurs travaux permettent notamment de continuer à développer différentes perméabilités, différenciées et maitrisées, afin de répondre aux multiples besoins de ses clients. Diam Bouchage considère en effet que la maîtrise de l’O2 est au cœur de l’œnologie moderne.

Le bouchonnier y concentre ses efforts depuis de nombreuses années en collaborant avec des universités du monde entier, en investissant massivement dans la R&D, en créant un pôle œnologique intégré et en développant de nouvelles capacités industrielles adaptées.

La marque, basée à Céret dans le sud de la France, propose d’ores et déjà à ses clients de sélectionner ses bouchons selon différents niveaux de perméabilité et différentes durées de garantie mécanique. Selon que le vin soit bu dans les 6 mois ou après 30 ans, selon qu’il soit rouge, rosé ou blanc, selon qu’il soit plus ou moins sensible à l’oxydation, elle met à disposition de ses clients de nombreuses données pour leur permettre de faire leur choix.

Rendue possible par l’homogénéité du liège technologique Diam et la précision du process de fabrication, cette offre unique sur le marché du bouchage donne aux clients le pouvoir de choisir pour leurs vins :

Une durée optimale de vieillissement, avec une garantie de résistance mécanique du bouchon à 2, 3, 5, 10 ou 30 ans pour éviter toute oxydation prématurée.

Un apport idéal en oxygène en deux temps (relargage après bouchage de l’O2 contenu dans le liège, puis transfert d’O2 à travers le bouchon dans le temps) pour un développement contrôlé des arômes du bouquet de vieillissement.

Le bouchage est ainsi appelé à devenir un choix œnologique décisif pour l’évolution du vin dans la bouteille.

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