[Lyon Tasting] La Champagne ? Un blanc deux noirs

Dans l’écrasante majorité des cas, le champagne que vous vous voyez servir est un assemblage de trois cépages, le chardonnay, le pinot noir et le meunier : un blanc, deux noirs (que l’on vinifie en blanc). Mais quels arômes et quelles qualités apportent-ils chacun ? Venez le découvrir à Lyon Tasting ce week-end au Palais de la Bourse où vignerons et maisons vous proposent des cuvées gastronomiques qui ont fait le choix du monocépage. Nous sommes allés rencontrer les champagnes Palmer, Lejeune-Dirvang, Drémont-Marroy et Boever A & S.

Afin de mieux appréhender les propriétés d’un cépage, le mieux est encore de le déguster en vin tranquille. Pour ceux qui n’ont pas l’habitude, la bulle et les arômes de levure de la seconde fermentation ont tendance à masquer les caractères gustatifs propres à la variété. Le champagne Lejeune-Dirvang propose ainsi la cuvée « Vide Bourse » (24€), un coteau champenois blanc issu du pinot noir. Le nom interpelle évidemment. Guillaume Lejeune raconte: « Cette vigne se situe à Avenay Val d’Or, sur l’ancienne route qui reliait jadis le village à Aÿ, à la lisière des bois, dans une petite vallée. C’était là où les bandits de grand chemin se mettaient pour détrousser les voyageurs. D’où le nom Vide Bourse. On peut aussi se dire que leur aventure s’achevait dans une autre de nos parcelles, le Clos des Fourches, qui tire son nom des fourches patibulaires où le seigneur local laissait les malandrins pendus à la vue de tous. » L’originalité de cette cuvée, c’est qu’elle a été élaborée sans recourir à l’énergie électrique. « C’était un défi que nous nous sommes posés, une sorte de jeu. Nous avons pressé manuellement avec un petit pressoir à cliquet, puis transféré le vin sans pompe avec des seaux vers les fûts … » On a là l’archétype du pinot noir champenois avec une belle structure, des petits fruits rouges biens acidulés, un côté fumé, et une fine salinité liée à la craie même si elle est ici à deux mètres de profondeur sous l’argile et l’humus.

© Adrien Viller

Si on veut maintenant goûter ce même cépage avec des bulles et toujours sur le même terroir du sud de la Montagne, il faut se rendre chez Boever A & S qui propose un blanc de pinots noirs baptisé « 1865 », en référence à l’année où l’aïeul d’Anne-Sophie, un menuisier luxembourgeois, a débarqué à Louvois. « Il s’agit d’un millésime 2015, vieilli en fût pendant dix mois et dosé à 5 g. Comme nous sommes sur un terroir très crayeux qui donne beaucoup d’acidité, nous avons préféré faire la fermentation malolactique. » Effectivement, en bouche, on est d’emblée frappé par la fraîcheur du vin et sa tenue malgré ses huit ans d’âge. On part sur des notes de cassis et de coing, tandis qu’une odeur de sous-bois et de feuilles humides achève de nous plonger dans une ambiance automnale.

© Adrien Viller

Deuxième grand cépage noir de la Champagne, le meunier. Jugé à tort plus rustique, il a la réputation d’être davantage fruité, rond, un peu charmeur même, mais moins tendu. La cuvée « Eclosion Meunier » du champagne Drémont-Marroy dans la vallée de la Marne, issue d’une parcelle de vignes vieilles de 75 ans, et vinifiée dans un œuf en béton, répond en partie à ces caractéristiques, avec des notes de poire cuite et de tarte tatin, tout à fait typiques. Ses arômes réglissés et caramélisés sont également très gourmands. Le vin conserve cependant une belle vivacité et ce malgré ses cinq ans d’âge (2018). Mélanie Drémont explique : « Nous avons fait un test comparatif de vinification de cette parcelle dans trois contenants différents, inox, fût, et œuf en béton. On s’attendait à trouver plus de gras dans l’œuf compte tenu du mouvement du vin et de la remise en suspension des lies. On s’est aperçu qu’il donnait au contraire au vin un profil beaucoup plus tendu. Cette droiture et cette fraîcheur sont sans doute liées à la micro-oxygénation qui se produit à travers les pores du béton. »

Pour le chardonnay, nous avons profité de la présence de l’une des cuvées iconiques de la Champagne dans cette catégorie, le Blanc de blancs de la Maison Palmer (59€). Robin Pauget, directeur régional de la marque, souligne : « Nous avons la chance d’avoir 80 hectares en premier cru sur la Montagne de Reims, essentiellement issus des villages de Trépail et Villers-Marmery. Ce terroir situé plus au Nord que la Côte des blancs, est plus froid, ce qui donne des chardonnays avec davantage de tension et de fraîcheur, mais moins d’opulence. L’attaque est vive, le gras du chardonnay n’arrive que dans un deuxième temps. Le vin s’exprime sur des notes très avenantes de petits fruits exotiques et de pêche blanche. Cette légèreté est d’autant plus remarquable que la base 2015 est réputée solaire. Quant au dosage à 7 grammes, il apporte juste ce qu’il faut de rondeur. En réalité, la liqueur composée d’une soléra sert surtout à ramener une touche de complexité. En Angleterre, cette cuvée a une réputation de dingue. En France, on l’amène progressivement… » Le Blanc de blancs de Palmer offre effectivement un très bel équilibre avec une réduction qui ne vient pas écraser le fruit, de jolies notes de noisette, de fleurs blanches et d’agrumes, une certaine salinité aussi. Il est suffisamment vif et minéral pour aller sur des poissons et en même temps assez complexe pour qu’on se permette de le servir sur un poulet à la crème.

© Adrien Viller

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Vignobles Auvergne-Rhône-Alpes : une découverte immersive

Pour cette 6ème édition de Lyon Tasting, les Vignobles d’Auvergne-Rhône-Alpes vous immergent dans les appellations régionales à travers tous vos sens, en ajoutant des balades en réalité virtuelle aux dégustations.

Richesse et représentativité
A la dégustation, les vignobles du nord, du sud, de l’est et de l’ouest de la région sont représentés. Du beaujolais avec les crus Régnié et Saint-Amour, à la Vallée du Rhône avec Condrieu, Côte-Rôtie et l’IGP Ardèche, en passant par la Savoie et le Bugey à l’est et l’Auvergne à l’ouest, toute la diversité d’appellations est mise en avant, pour un aperçu à 360° et pour tous les goûts.
Si le plaisir des sens fait partie intégrante du monde du vin, le Comité Vin et Terre de Vins vont plus loin cette année en proposant une immersion dans les vignobles grâce à la réalité virtuelle.

Trois destinations emblématiques
En Auvergne-Rhône-Alpes, beauté et diversité des paysages riment avec diversité des profils de vin. Afin d’en illustrer toute la richesse, trois destinations sont mises en avant : les douces collines du Beaujolais, les reliefs montagneux de la Savoie et la majestueuse Vallée du Rhône.
Encépagement, carte du vignoble, atouts oenotouristiques : chaque balade vous fait voyager au cœur des vignes, des lieux emblématiques, au sein des domaines, pour une découverte complète, sans oublier les points de vues saisissant, comme sur les hauteurs du Lac du Bourget ou depuis les Terrasses de Chiroubles en Beaujolais.

Un levier de découverte polyvalent
La réalité virtuelle dans le monde du vin permet au visiteur de mieux comprendre ce qu’il déguste, comme au commercial par exemple de mieux comprendre la réalité du terroir et de la vinification.
Pour le Comité Vin, l’usage grand public sera développé avec l’avènement de nouvelles destinations, comme l’Auvergne ou encore le Bugey et le Diois, mais aussi sur d’autres événements comme le Mondial des Métiers, afin de présenter la pluralité des métiers du secteur viti-vinicole aux futurs étudiants.

Cette initiative rencontre son public et séduit aussi bien les amateurs que les professionnels, donnant du relief à la dégustation et aux explications apportées par les vignerons sur leurs terroirs et leur environnement.

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Lyon Tasting, deux jours pour découvrir des grands vins

Les portes du Palais de la Bourse de Lyon s’ouvrent tout juste sur un programme qui va enflammer la capitale des Gaules. Ateliers, masterclass, plus de 200 exposants venus d’Alsace, du Beaujolais, de Bourgogne, du Bordelais, de la Champagne, de la Provence, de la Vallée du Rhône, et un bistrot. Voici le programme.

Côté masterclass, cette année Lyon Tasting frappe fort avec pas moins de cinq rencontres. Dès 11h30 aujourd’hui, partez à la découverte d’un outil indissociable d’une dégustation de qualité et pourtant trop souvent mise de côté, le verre à vin. Il possède une multitude de secrets que la célèbre verrerie Riedel vous propose de percer. A 13h30, rendez-vous avec les vins de la mythique côte de Nuits grâce à la maison Jean-Claude Boisset, fleuron de la Bourgogne et de l’appellation. Ce sera l’occasion de déguster quatre flacons dont trois bénéficiant de la classification en Premier Cru. Et enfin quelle meilleure façon de clôturer la journée (16h) que de se laisser emporter par la magie des vins du Domaine Guigal ? Véritable star de la Vallée du Rhône et superbe étendard de ce que la viticulture française fait de mieux. Le dimanche, deux rencontres à ne pas manquer, à 11h30 le caviar français De Neuvic associé aux vins de Chablis (masterclass complète) et un challenge de dégustation à l’aveugle de cinq cuvées différentes pour les plus audacieux avec le caviste Chateaunet.

8 ateliers Côtes-du-Rhône (gratuits)
À 11 h 45, aujourd’hui, on se lance dans une initiation à la dégustation avec les vins des Côtes-du-rhône, à 14h départ de la battle audacieuse rive droite Vs rive gauche avec les Côtes-du-Rhône-Villages nommés. À 15h30, on se rafraîchit avec les vins rosés et vins blancs des Côtes-du-rhône et à 17h, on approfondie avec les Villages, une histoire de terroirs, conjugaison de sols, sous-sols et savoir-faire vigneron. 

Dimanche, à 11 h 45 les Côtes-du-Rhône et Côtes-du-Rhône-Villages montrent leur engagement au quotidien dans des pratiques respectueuses de l’environnement, 14h, focus sur les blancs des Côtes-du-Rhône, moins connus que les rouges, 15 h 30, l’appellation vous aide à comprendre l’effet millésime avec un zoom sur deux millésimes-phares, 2019 et 2021, et leurs particularités. Et on termine le week-end avec la découverte de la hiérarchie et les subtilités des deux appellations Côtes-du-Rhône et Côtes-du-Rhône-Villages.

Le bistrot
Nous ne pouvions pas être à Lyon sans parler gastronomie, alors cette année, ce sont les élèves du Lycée Dardilly qui préparent le repas avec des services entre 12h00 à 13h00 et 13h30 à 14h30. Vous allez pouvoir déguster pour 20€ le menu, de la charcuterie type pâté en croûte, un assortiment de fromages d’Auvergne-Rhône-Alpes à la découpe et des mignardises. En plat principal le samedi, une volaille comme en Bresse à la crème et son riz crémeux ou/et légumes et dimanche un saucisson chaud à la beaujolaise et ses pommes de terre grenailles ou/et légumes.

Il ne vous reste plus qu’à savourer … #VivezLyonTasting

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La série Les Gouttes de Dieu reçoit un titre de sommellerie

Maître Sommelier de l’Union de la Sommellerie Française Honoris Causa, c’est le titre honorifique qu’a reçu la série télévisée à Tokyo hier des mains de Philippe Setton, Ambassadeur de France au Japon. C’est la première fois que ce titre est remis à des non-sommeliers.

Diffusée depuis le 21 avril sur Apple TV+, Les Gouttes de Dieu est une mini-série en huit épisodes, avec Fleur Geffrier dans le rôle de Camille Léger et Tomohisa Yamashita dans celui de Tomine Issei. La série est à l’origine un manga qui a pendant 10 ans et au long de 44 tomes, a contribué au développement de l’intérêt des Japonais envers le vin. Pour preuve les 15 millions d’exemplaires dans le monde depuis 2008. Extrêmement didactique, certains passages sont purement et simplement de véritables cours sur la vigne et les vins. A cela s’ajoute un engouement fort des japonais pour le vin français puisque 58% du vin consommé au Japon provient de l’Hexagone. 

Maître Sommelier de l’Union de la Sommellerie Française
L’auteur du mangas original Tadashi Agi et Tomohisa Yamashita l’acteur principal de la série ont donc reçu ce mercredi, à la Résidence de France à Tokyo le titre de Maître Sommelier de l’Union de la Sommellerie Française Honoris Causa destiné en principe aux uniques sommeliers.

Fabrice Sommier, Président de l’Union de la Sommellerie Française depuis le mois d’avril de cette année, explique ce choix pour « les remercier de la contribution à la diffusion de l’art de la dégustation auprès du grand public japonais et plus largement encore des amateurs de vins français dans le monde. » Quand Philippe Setton, souligne que « Les Gouttes de Dieu contribuent au rayonnement de la France et à son image de pays de référence du vin dans le monde. Elle confirme et renforce la place centrale
des vins français au Japon ainsi que l’intérêt pour nos vignobles
« 

Ce prix vient donc honorer une saga qui, selon Philippe Setton, a largement « contribuer au rayonnement de la France et à son image de pays de référence du vin dans le monde ». Pour Fabrice Sommier, président de l’UDSF, ce titre vient saluer « la contribution à la diffusion de l’art de la dégustation auprès du grand public japonais »,

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Les Domaines Picard s’aventurent en Terres Affranchies

Francine Picard à la tête des domaines éponymes bourguignons nous a présenté en avant-première une gamme de Vins de France inédits en « Terres affranchies » de l’AOP pour expérimenter d’autres cépages ou assemblages de Bourgogne.

Francine Picard, sans doute la plus rebelle de la famille selon ses propres dires, réfléchissait à ce concept depuis 4 à 5 ans : expérimenter de nouvelles cuvées à partir de raisins issus des terroirs bourguignons entre la Côte de Beaune et la Côte chalonnaise mais revendiquées en Vin de France « afin d’échapper au carcan administratif, avoue la vigneronne. Pour travailler en toute liberté sur les cépages et se concentrer sur la réflexion technique, il fallait s’affranchir des limites de l’AOP qui n’autorise pas le gamay en monocépage ni les assemblages de raisins blancs et rouges par exemple. Confrontés aux problèmes climatiques, je voulais travailler comme les ingénieurs romains de l’Antiquité qui savaient observer la vigne et tenter de comprendre comment produire encore des vins dans 20 ans en respectant l’environnement tout en pouvant en vivre ».

Sur les coteaux de Bourgogne, elle décide donc d’arracher une trentaine d’hectares de vignes fatiguées (sur les 140 au total de la famille), plantées il y a environ un demi-siècle et comportant beaucoup de manquants (40 %) pour replanter en vignes hautes pinot noir, chardonnay, gamay, aligoté mais également un demi hectare de savagnin, un demi de côt (malbec) et autant d’un cépage résistant, équivalent du pinot noir d’origine italienne, suivi par la Chambre d’Agriculture. Elles sont travaillées en bio comme les autres vignobles de la famille. « Je voulais me projeter en renouant avec l’art de l’assemblage que l’on a perdu depuis le début du XXe siècle ; il est pourtant primordial car il permet de jouer sur les pourcentages et obtenir le meilleur vin possible selon le millésime ». D’un bouquet de cuves est ressortie une première série de quatre vins rouges d’environ 600 bouteilles chacun (21-23 € en circuit cavistes et CHR). La gamme a été baptisée Les Terres Affranchies ; les vins, illustrés d’un des plus beaux ceps du vignoble redessiné pour l’occasion, portent des noms d’agronomes et érudits romains ayant écrit divers traités sur la vigne et la vinification (Palladius, Columelle, Magon, Pline). A terme, ils devraient être édités à 2-3000 bouteilles par cuvée.

Un travail de petit poucet pour l’environnement
Les quatre vins véhiculent aussi la démarche environnementale de la maison certifiée Iso 14001. Ils portent des étiquettes issues à 20% de forêts recyclables françaises (Vosges), à base de pigments naturels sans vernis (notamment à partir de terres végétales et de sarments de vignes broyés) et dont la taille a été optimisée pour limiter les déchets à l’impression. Les bouchons sont en fibre de canne, recyclables comme les cartons et les glassines (support des étiquettes). Les bouteilles ont été allégées de 570 g à 420 g. Les eaux de cave sont filtrées par des bassins de roseaux, la cuverie est isolée par des panneaux en fibre de bois, les eaux pluviales sont récupérées pour le lavage du matériel agricole. Autant de mesures destinées à limiter les émissions de CO2 et la consommation d’eau. « Elles ont généré un surcoût de l’ordre de 40 % mais pour un projet global qui avance avec toutes les équipes dans le but de polluer le moins possible l’environnement » souligne Francine Picard qui est également vice-président de l’Adelphe, organisme national de gestion du recyclage des emballages. Un travail de petit poucet mené par le triumvirat que forme la vigneronne avec l’œnologue Alice Evrard et le nouveau directeur des vignobles Ken Dauvice Kawaguchi.

Nous avons dégusté les quatre premières cuvées :

Palladius 100% gamay : Sanguin, animal sur les petits fruits rouges (myrtille, groseille), quelques tanins discrets

Columelle 85 % gamay, 15 % aligoté : Juteux et frais sur des arômes de groseille et framboise, une note de sous-bois et une finale dynamique

Magon 90 % gamay, 10 % aligoté : Acidulé sur des petits fruits rouges et noirs (cassis, cerise), une note poivrée

Pline 80 % gamay, 10% aligoté, 10% pinot noir : Fruité et vibrant sur les arômes de cerises et framboises, de ronces et sous-bois prolongés d’une note poivrée

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[J-1 Lyon Tasting] De Côte-Rôtie à Châteauneuf-du-Pape, la magie Guigal

Samedi 7 octobre à 16h, au Palais de la Bourse de Lyon, vous attend une dégustation d’anthologie en guise de voyage le long de la Vallée du Rhône : Guigal passe en mode masterclass

Quelle meilleure façon de terminer une journée de Lyon Tasting que de se laisser emporter par la magie des vins du Domaine Guigal ? La maison, habituée de l’événement qui se déroule pratiquement « à domicile » pour elle, sera encore plus dans la lumière cette année en étant protagoniste d’une masterclass à ne manquer sous aucun prétexte.

Guigal magistral
C’est une opportunité unique, un moment d’une rareté folle qui s’offre à vous samedi au Palais de la Bourse. Véritable star de la Vallée du Rhône et superbe étendard de ce que la viticulture française fait de mieux, Guigal a tracé sa route et écrit sa riche histoire qui fait d’elle le monument qu’elle est aujourd’hui. Avant qu’elle ne pose ses valises dans la capitale des Gaules et laisse s’exprimer la féérie de ses vins, rembobinons et arrêtons nous ensemble sur une histoire qui mérite d’être contée. C’est au sortir de la deuxième Guerre Mondiale, en 1946, qu’Étienne Guigal fonde le domaine éponyme, qui n’est alors qu’un négoce, à Ampuis, en plein cœur de la Côte-Rôtie. 15 ans plus tard, il est subitement atteint de cécité totale et Marcel, son fils alors âgé de seulement 18 ans le rejoint à la direction du domaine. Ensemble, ils pilote à merveille la maison vers les sommets et 1995 est l’étape qui fait basculer Guigal dans une autre dimension, avec l’acquisition du Château d’Ampuis. La maison produit alors son véritable vin de vignoble, à partir des raisins de la propriété issues des Côte Brune et Côte Blonde, et le commercialise sous le nom du château en appellation Côte-Rôtie. 

Une dégustation d’anthologie 
Château d’Ampuis a depuis conquis le monde et figure logiquement sur la liste des vins au programme de la dégustation d’anthologie qui vous attend. Caractérisé par un élevage de plus de 3 ans (38 mois !) en fûts de chêne neufs, il délivre sur son millésime 2018 un bouquet olfactif dense, entre fruits noirs et arômes du bois. En bouche, la trame tannique ne laisse aucun doute, le jus est racé, structuré et l’élevage prolongé fait la différence. Autre vin attendu, en blanc cette fois, dans une appellation voisine, La Doriane 2019, Condrieu, un véritable trésor alliant profondeur, intensité, longueur et onctuosité en bouche. Après un tour en Vallée du Rhône septentrionale où Guigal puise son histoire, direction la Vallée du Rhône méridionale et l’appellation Châteauneuf-du-Pape au sein de laquelle s’écrivent les pages les plus fraîches de l’aventure familiale. En effet, 2017 marque l’implantation de Guigal au Sud de la Vallée du Rhône avec l’acquisition du Château de Nalys produisant deux remarquables grands vins, en rouge et en blanc, qui complèteront le carré magique de la dégustation de rêve proposée par la maison.

Les dernières places restantes sont disponibles ici : Guigal : la magie Guigal, de Côte-Rôtie à Châteauneuf-du-Pape

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Sauternes 2023 : enfin l’embellie !

En 2020 ce fut la grêle, en 2021, le gel, et en 2022 la sècheresse : autant de facteurs qui ont affecté les volumes produits, plus que la qualité moyenne à Sauternes-Barsac. Les conditions idéales de cette année annoncent un millésime remarquable, avec des volumes qui reviennent à la normale. 

Les conditions climatiques observées jusqu’aux vendanges ont amené « un scénario idéal » pour Sandrine Garbay du château Guiraud. « Du 11 au 24 septembre, il est tombé 75 mm de pluie bien répartie. Cela a assuré une belle diffusion du botrytis. Les matinées sont très humides, avec de la rosée, ce qui entretient le botrytis. Les après-midi sont secs ce qui nous permet de récolter ». Des propos confirmés par Romain Garcia du château de Rolland à Barsac , qui mentionne « quelques beaux brouillards du matin, et des chaussures humides entre les rangs de vignes jusqu’à 11h00 ». « La vigne n’a pas eu de stress du à la sècheresse car elle a eu de l’eau » précise Jean-Jacques Dubourdieu, co-président de l’appellation Sauternes Barsac, ce qui a permis de conserver « des acidités et des PH qui sont dignes d’un très bon millésime (on est à 3,05 sur Barsac) ». Une météo « atypique » pour Vincent Labergère du château Rayne Vigneau « avec des pics de température qui ont conduit à effeuiller très tard afin de protéger le raisin  le plus longtemps possible».  Mais un effeuillage qui doit intervenir tout de même pour permettre au botrytis de se développer sur la grappe, ce qui fut fait. 

Un botrytis cinerea au rendez-vous
Pour Pierre Baptiste Fontaine, le directeur de l’appellation, « le botrytis était déjà là début septembre » et ne demandait qu’à se développer. Ce botrytis s’installe plus tôt qu’en 2022 donc, mais « sur un raisin encore frais qui a conservé de la fraicheur et de l’acidité » nous dit Sandrine Garbay du château Guiraud. Et comme à Rayne Vigneau,  « il y a un peu de nettoyage au moment de la coupe » et la 1ère tri permet de récolter le raisin passerillé. Il y aura vraisemblablement davantage de vin issu de raisins botrytisés que les années précédentes. Ce n’est que mieux car le botrytis « apporte d’abord l’élégance mais aussi de la complexité aromatique » nous dit Vincent Labergère : « on gagne en acidité, ainsi que des arômes de lavande, de litchi, d’agrumes, et de menthol », alors que le passerillé apporte plutôt des notes de caramel et d’abricot. « Les sauvignons botrytisés sont à tomber par terre cette année » s’enthousiasme Vincent Labergère. 

Quant au mildiou tant redouté cette année par les viticulteurs, celui-ci n’a que peu d’impact sur les cépages blancs. Qu’on se rassure donc.

« Les vendanges vont s’étaler en longueur » pour Jean-Jacques Dubourdieu. Et ce d’autant plus qu’aucune pluie n’est annoncée et qu’il suffira de suivre tranquillement l’évolution du botrytis et du raisin pour récolter au meilleur moment. Sandrine Garbay a la formule de conclusion qui convient : « on a tout en main pour faire un grand millésime. Acidité, concentration, tout est là » .

Les dernières tries vont se faire sous une météo qui s’annonce clémente. Rien ne semble venir compromettre la qualité des raisins qui finissent de se botrytiser doucement. On ne prend pas beaucoup de risques à dire que le millésime 2023 s’annonce grandiose.

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[Lyon Tasting] Nuits Saint-Georges, les trésors de Boisset

Lyon Tasting approche à grands pas ! Dans deux jours, la capitale de la gastronomie reçoit au Palais de la Bourse les propriétés les plus prestigieuses de l’Hexagone et parmi elles, la maison Jean-Claude Boisset, qui vous fera découvrir ses « trésors » à l’occasion d’une masterclass de prestige

Les vins de la mythique côte de Nuits s’offrent à vous samedi 7 octobre à 13h30 au Palais de la Bourse de Lyon grâce à la maison Jean-Claude Boisset, fleuron de la Bourgogne et de l’appellation, elle aussi mythique, Nuits-Saint-Georges. Cette appellation aux 41 Climats classés en Premier Cru est une terre renfermant de nombreuses perles que Terre de vins vous invite à découvrir, 1h15 durant, avec une dégustation de quatres flacons de la maison dans cette appellation, dont trois bénéficiant de la classification en Premier Cru. 

Une valse à quatre temps
C’est Mathieu Doumenge, grand reporter à Terre de vins qui animera cette valse à quatre temps. Son expertise sera appuyée par celle, et non des moindres, de Laurent Derhé, sacré Meilleur Ouvrier de France Sommelier en 2007, dont le nez et le palais aiguisés sauront vous raconter les subtilités délivrées par ces nectars et vous plonger dans un voyage sensoriel à la découverte des vins élaborés par Grégory Patriat, winemaker de la maison Boisset depuis 2002. Grégory Patriat qui, accompagné de Laure Guilloteau, réalise les cuvées « Made In Boisset », sera également présent pour cette masterclass, un moment rare en compagnie de celui qui connaît la maison sur le bout des doigts et ses vins sur le bout de la langue. S’il n’aura pas de secret à vous dévoiler quant à la conception d’un vin de qualité puisque selon lui, « pour faire un grand vin, il n’y a pas besoin d’artifice, il faut juste de la passion et de la raison », il saura apporter un éclairage sans commun sur son travail et apporter sa vision d’homme de terrain, qui voit ses vins évoluer jours après jours, années après années. 

2020 et 2021 à l’honneur
Les vins justement parlons-en. Ce sont quatre rouges que vous aurez l’honneur de déguster, et qui dit Bourgogne dit pinot noir pour ces cuvées qui mettront à l’honneur deux millésimes récents, 2020 et 2021. C’est le second qui ouvrira le bal avec le Nuits-Saint-Georges « Les Charbonnières », issu d’un millésime très complexe, « à la fois un millésime de vigneron et un millésime de « viniculteur », qui offre une très belle représentativité de l’expression des terroirs avec des vins sur le fruit, ici des fruits noirs mûrs, tout en fraîcheur et de grande finesse ». 2020 prendra le relais avec Nuits-Saint-Georges 1er Cru Clos des Argillières, dont le nez laisse deviner « des arômes de pivoines, de fruits noirs, agrémentés de notes épicées », avant qu’en bouche se déploie « une attaque puissante avec de la matière et une jolie acidité sous-jacente ». La plus confidentielle des quatre cuvées entrera ensuite en scène : Nuits-Saint-Georges Premier Cru Aux Chaignots 2021, qui avec 0,18 hectare de terrain de jeu se décline en 397 flacons sur le millésime en question. Si elle aussi offrira des arômes de fruits noirs, on pourra également y retrouver la violette, avec en bouche, « une intensité et des tanins fins ». Cette dégustation s’achèvera en beauté avec un Nuits-Saint-Georges Premier Cru Les Pruliers 2021 issu d’un Climat au sol brun limoneux. « Il délivre au nez des arômes de fruits rouges et noirs intenses, agrémentés de notes réglissées, avant de dévoiler en bouche son côté charnu, avec une légère sucrosité et une belle longueur ».

Il ne reste plus que quelques places alors pour réserver, cliquez ici : Boisset : Nuits-Saint-Georges, les trésors de Boisset samedi 7 octobre à 13h30.

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[Coup de cœur] Château Castera 2019 (Médoc)

La réputation du Médoc dans le monde revient bien sûr à ses grands crus classés 1855, des vedettes aux marques clignotantes qui portent cette presqu’île du vin. Mais il est des challengers dont il ne faut jamais cesser de parler, tant les vins sont profonds, denses et dotés d’un potentiel de garde immense. C’est le cas de ce Château Castera 2019, Cru Bourgeois du Médoc connu pour la qualité des vins et la constance de ladite qualité.

Ce 2019 est porté par 65 % de merlot, 25 % de cabernet sauvignon, 5 % de cabernet franc et 5 % de petit verdot. Assemblage médocain avec une forte proportion de merlot qui donne de la rondeur au vin et donc de l’accessibilité dans sa jeunesse. Millésime riche, le nez délivre déjà une sensation de puissance avec des notes de fruits noirs et d’épices douces. L’attaque est riche, dense, c’est encore un bébé à la mesure du potentiel de garde qu’il réserve. Il faut mettre des bouteilles de côté mais aussi se faire plaisir à en carafer pour profiter de cette jeunesse fougueuse. C’est une leçon d’équilibre et de complexité aromatique. Il mérite aujourd’hui une côte de veau à la braise avec des tagliatelles fraîches saupoudrées de copeaux de truffes.    

Château Castera (33) – Médoc 23 €
Se renseigner auprès du château : 05 56 73 20 60 ou www.chateau-castera.com

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Besserat de Bellefon : les 180 ans d’un champagne « à la française »

Fondée en 1843 par Edmond Besserat, la maison de champagne célèbre une histoire qui a traversé l’histoire de l’art de vivre à la française. À travers l’inspirante BB ou la mémoire de ses descendants, Besserat de Bellefon s’impose par l’élégance de ses vins. À l’image de sa cuvée anniversaire.

« Les enfants, les vins que nous buvons, même les rois n’en boivent pas ! » Dans un sourire et un regard complice, Laurent Demandre et Christophe Schmandt se remémorent cette maxime, audacieuse mais espiègle, de leur grand-père Victor Besserat. C’est qu’en 1930, leur aïeul créait la célèbre et onctueuse Cuvée des Moines, vin de champagne spécialement conçu pour la gastronomie, égayée de bulles « 30% plus fines » que dans un champagne traditionnel. Particulièrement heureux de se retrouver à l’occasion de la célébration des 180 ans de la maison Besserat de Bellefon, au musée archéologique des vins de Champagne d’Epernay, fin septembre, les deux cousins racontent. « J’ai travaillé huit ans durant dans la maison, en tant que commerciale, précise Laurence Demandre. J’ai adoré et j’ai appris à la connaître », autrement que par la voix de son « très gentil » grand-père. « Il nous emmenait, tous les enfants, dans sa 2CV des vignes, comme on l’appelait. Elle est devenue ma première voiture pour aller à la fac », sourit Laurence Demandre.

Quel héritage !
Christophe Schmandt, résidant américain, se rappelle aussi les dégustations. « On a eu de la chance d’avoir ce grand-père qui nous apprenait à déguster, sans regarder les étiquettes. Un été, on a préféré le Coca, c’était la crise », s’esclaffe-t-il. Fier de la maison, dont on trouve les cuvées « partout aux USA », le petit-fils apprécie également que Brigitte Bardot ait accepté d’associer ses initiales et son image à la maison de champagne depuis 2018. « C’est l’élégance et le naturel pour moi. »

La célèbre moue de l’égérie blonde de la Nouvelle Vague, justement, a fait son apparition durant la soirée. Une vidéo a fait apparaître les meilleurs clichés de l’actrice française, au son de sa voix désormais éraillée souhaitait un joyeux anniversaire à la maison de champagne. L’esprit BB, qui fêtait ses 89 ans deux jours plus tard, flottait dans l’air. Les invités avaient eu la possibilité de découvrir la suite dont elle est l’inspiration au sein du nouveau site oenotouristique et siège de la maison, quelques rues plus haut.

Une pépite
Choisi par les plus beaux cabarets du monde, Crazy horse et Moulin rouge en tête dans les années 1960, servi par Air France et à bord du mythique Concorde en 1978 ou dégusté à l’Élysée par François Mitterrand et le chancelier allemand Helmut Kohl en 1989, le champagne Besserat de Bellefon appartient à l’art de vivre à la française. Mais plus encore que l’héritage, familial d’une part et d’un esprit « frenchy » de l’autre, les 180 ans de la maison ont offert une parfaite occasion de rappeler le chemin parcouru en quelques années. « La maison s’est repositionnée en trois ans là où elle devait l’être, rappelle Nathalie Doucet, présidente depuis 2019. C’est-à-dire comme une véritable pépite. Les bons résultats le démontrent. Nous sommes moins dépendants du marché français en exportant à 35% (USA, Australie, Japon, Angleterre, Italie…). » Clouée au sol en 2020, Nathalie Doucet a pris le temps, avec ses équipes, d’aller à la rencontre des importateurs l’année suivante. « Nous avons expliqué le projet et rappelé nos piliers. » À savoir une élaboration de champagne à basse pression (à un bar et demi en moins), une part importante de premiers et de grands crus dans toutes les cuvées ainsi que l’absence de fermentation malolactique « afin de préserver la tension ». La cuvée des 180 ans (lire par ailleurs) en est la démonstration. Un champagne que Victor, petit-fils du fondateur Edmond, aurait sans doute approuvé.

Nathalie Doucet au centre ©guigs.art
Cédric Thiébault, chef de caves : « Une cuvée totalement BB »
« Audacieuse, équilibrée et totalement BB. » La définition de la cuvée des 180 ans, « L’éloge de la patience », par Cédric Thiébault. Le chef de caves de la maison depuis 2006 avait déjà élaboré la cuvée anniversaire des 170 ans. « C’est un vrai petit moment de liberté et de fantaisie. On imagine plus facilement ce nouveau vin, car on a travaillé sur le même concept : le multi-millésimes. » À savoir un assemblage de 2012, « une petite vendange avec des vins concentrés », et de 2015, fait « de puissance et de chaleur », vinifié et élevé sous bois. Une alliance entre le subtil et la complexité qui fonctionne très bien, apportant des arômes de fleurs blanches, de fruits secs, de coco et de brioché avant d’étendre la palette vers les fruits frais (nectarine, abricot), transportés par une effervescence crémeuse. La finale, « minérale et gourmande », parachève le plaisir de dégustation. À noter que si la dame présente un âge certain, elle est intronisée comme la première cuvée de la maison à afficher le QR aux nouvelles normes d’étiquetage. Vénérable, donc, mais dans le coup.

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