Tour de France 2023, dernières étapes dans les vignes

Pendant les 4 dernières étapes du Tour de France cycliste, les coureurs ne seront guère distraits par les vignobles au bord de la route, mais les suiveurs profiteront d’étapes gourmandes en Savoie. Ensuite ils n’auront qu’un petit pas de côté à faire pour découvrir les vignobles tout proches de Savoie, du Jura, d’Alsace et même d’Ile de France.

La 18è étape du Tour de France s’élancera de Moutiers, au cœur de la Savoie en direction de Bourg-en-Bresse (Ain) pour une étape relativement plate, passant du pied des montagnes et des vignes à la plaine pour une longue course de 184,9 km. Le village du Tour de France à Moutiers le 20 juillet mettra en avant et en dégustation deux savoyards situés tout à côté, à Porte-de-Savoie, qui méritent d’être découverts. Le domaine des Granges Longes et le domaine des Anges feront goûter surtout leurs blancs de jacquère ou d’altesse, les cépages spécifiques de la Savoie. Le même jour toujours à Moutiers mais sur la partie Marché Gourmand, le comité Vins de la région Auvergne-Rhône-Alpes fera déguster les vins de l’ensemble de sa vaste région. On y trouvera donc aussi les vins du Bugey, pays d’arrivée du jour à Bourg-en-Bresse.

Des villages de Savoie vers la Bresse
Pour les amateurs de vin, les premiers moments de la Course dans le parc naturel régional du massif des Bauges seront un régal visuel et une rare occasion de voir les pentes couvertes de vignes, orientées vers le sud de la Combe de Savoie. Au 50è kilomètre, on verra le vignoble de Chignin, un des terroirs les plus prisés de la Savoie grâce à ses Chignin-Bergeron, des blancs parfumés de longue garde. Et pour célébrer l’arrivée de Jonas Vingegaard, Tadej Pogacar, Adam Yates, Carlos Rodriguez Cano et de tous les autres, dont le Français David Gaudu, actuellement au 10è rang, les bulles de Cerdon s’imposent à Bourg-en-Bresse. Le demi-sec rosé, très parfumé, élaboré en méthode ancestrale (prise de mousse en bouteille) à partir de gamay avec une pointe de poulsard au domaine Boccard (9 €) est parfait en milieu d’après-midi.

Du Jura à l’Alsace
Vendredi 21 juillet, une longue étape accidentée de 173 km fera honneur au Jura. Depuis Moirans-en-Montagne elle traversera des paysages magnifiques et serpentera entre les nombreux lacs, sans chercher à s’aventurer sur les sommets du département, puisque la montagne est au rendez-vous du lendemain. La course traversera Arbois, la ville de Louis Pasteur déjà célébrée l’année dernière, pour finir à Poligny. La variété des vins de Franche-Comté sera au rendez-vous avec les vins typés issus de savagnin en blanc, de poulsard ou trousseau pour les rouges. On prendra des forces avec un fromage de comté et un rare verre de vin jaune avant la redoutable 20è étape : seulement 133,5 km, mais de la montagne alsacienne qui cumule 3 600 m d’escalade. Christian Prudhomme, le directeur du Tour le dit : « Si le match pour le Maillot Jaune est encore ouvert, tout est possible : après le Ballon d’Alsace, il y aura des options pour lancer des assauts au col de la Croix des Moinats, un peu plus loin au col de Grosse Pierre puis à la Schlucht avant d’attaquer le Petit Ballon et le Platzerwasel… Terrain miné ». A défaut de voir le vignoble alsacien, qui commence à quelques kilomètres à l’est du parcours, on fera honneur aux sportifs en dégustant une vendange tardive à la couleur intense et aux parfums envoutants de confits, un moelleux parfaitement équilibré, la cuvée Christine 2018 du domaine Schlumberger en gewurztraminer (43,40 €). Le domaine se trouve à Guebwiller, en aval dans la vallée de la Lauch qui mène à l’arrivée du Tour au Markstein.

Aux portes de Paris
Le dernier jour, dimanche 23 juillet, avant de terminer la course au Champs-Elysées, les coureurs du Tour de France ne traverseront pas de vignoble. Pourtant lorsqu’ils passeront par la ville de Plaisir, entre Elancourt et Les Clayes-sous-Bois, dans les Yvelines, au tout début de l’étape, ils seront à moins de huit kilomètres d’un nouveau vignoble.  Le domaine La Bouche du Roi, puisqu’il se nomme ainsi en référence au service des vins au château de Versailles tout proche, a planté 26 hectares de vignes d’un seul tenant à partir de 2015. Ses premiers vins sont sortis en 2021. Gageons qu’une prochaine édition de la Grande Boucle passera le long de ses jeunes plants de chenin blanc, pinots noirs et autres cépages français.

Cet article Tour de France 2023, dernières étapes dans les vignes est apparu en premier sur Terre de Vins.

[Nos circuits œnotourisme #7] Médoc Nord, l’école de la noblesse

Vous êtes en vacances au mois d’août et ne savez pas où partir ? Terre de vins est là pour vous ! Durant tout le mois, découvrez chaque jour un nouveau circuit œnotouristique de 5 adresses au cœur d’un vignoble français. Aujourd’hui direction le Nord Médoc !

Château Phélan Ségur
Phélan Ségur fait du bien aux yeux et au palais, en somme aux personnes soucieuses du beau et du bon. Ce cru a toujours mis un point d’honneur à recevoir avec un catalogue de visites énorme. On peut vivement conseiller la cuisine de terroir du chef Jean-Luc Beaufils avec la « Parenthèse gourmande » et déguster le très beau 2017 (44 €) du château. Le second vin, le Frank Phélan 2018 (28 €), mérite aussi le charmant détour.

Menu à partir de 35 €.

33180 Saint-Estèphe – 05 56 59 74 00 – phelansegur.com

Château Cos d’Estournel
Entre le château où sont produits les vins et la maison d’Estournel, avec son restaurant et son hôtel, il n’y a pas de choix à faire. Les deux s’accordent, s’épousent. Le raffinement de la cuisine et le confort des chambres ne sont jamais très loin de la puissance contenue des nectars de Cos d’Estournel. Les amoureux de vins dans leur jeunesse tomberont pour le 2020 (245 €) et les amateurs de vins assagis seront assis par le 2012 (150 €), oui assis.

Autour de 60 € le menu.

33180 Saint-Estèphe – 05 56 73 15 50 – estournel.com

Château Pédesclaux
Avec le château Marquis de Terme à Margaux, c’est le Grand Cru Classé 1855 qui a connu ces dernières années la plus belle renaissance, et à tous les étages. L’architecture se confond dans le paysage et les vins sont sublimes, notamment l’imposant 2015 (50 €) comme Fleur de Pédesclaux 2017 (20 €), un vin – comme on dit – plaisir. Ce sont les vins dégustés en ce moment lors des visites et c’est une raison de plus pour prendre rendez-vous dans ce temple de verre et de vin.

33250 Pauillac – 05 57 73 64 64 – chateau-pedesclaux.com

Château Hourtin-Ducasse
Son nom tient de la réunion de deux anciens propriétaires, Hourtin et Ducasse. Aujourd’hui, la famille Marengo préside aux destinées de ce très beau domaine en Haut-Médoc. En ce lieu, on prend soin des vins, d’un gin et des hôtes, avec des apéros, des jeux de piste, des ateliers ludiques ou encore un pique-nique festif dans le jardin. Le concept est de repartir avec des quilles dans le coffre – mention spéciale pour les 2019 et 2020, précis de tension et de complexité. À partir de 14 €.

33250 Saint-Sauveur – 05 56 59 56 92 – hourtin-ducasse.com

Château Lagrange
Véritable institution de l’appellation Saint-Julien, ce Grand Cru Classé 1855 est remarquable par la qualité des vins et par cette capacité à accueillir ses hôtes. Havre de paix, d’architectures et d’arômes, le château Lagrange joue la carte des visites privées avec la possibilité de déjeuner et/ou de dîner. C’est grand et délicat, à l’image des millésimes exceptionnels que sont le 2010 (95 €) et le 2018 (55 €) – pour ne citer qu’eux… L’expérience Lagrange !

À partir de 29 €.

33250 Saint-Julien-Beychevelle – 05 56 73 38 38 – chateau-lagrange.com

Cet article [Nos circuits œnotourisme #7] Médoc Nord, l’école de la noblesse est apparu en premier sur Terre de Vins.

[Coup de cœur] Whisky normand de la Maison Busnel

La Maison Busnel fait de plus en plus parler d’elle. Et en bien. Cette maison de Normandie fut fondée en 1820 par Ernest Busnel.

Avec la famille Quétel, la distillerie va d’abord et logiquement se spécialiser dans l’élaboration de calvados. C’est avec ce produit qu’elle acquiert ses lettres de noblesse et déménage à Cormeilles dans les années 1970. C’est à n’en pas douter par ses calvados que Busnel doit être découverte. Mais ces dernières années, la maison s’est diversifiée avec l’élaboration de gin et précisément pour ce coup de cœur de whisky. Le whisky normand single malt est une vraie réussite en termes de rapport qualité-prix. L’histoire de ce produit a commencé il y a 20 ans par la rencontre de Gaëtan Delamare, maître de chai au sein de la maison Busnel, et son voisin anglais, un passionné de whisky. Initié au rugby comme au single malt, Gaëtan pense un single malt 100 % normand. Le nez est très prometteur avec des notes florales et épicées. L’attaque est vive mais soyeuse sur des notes de frangipane et de notes torréfiées. L’orge normande, la distillation et le vieillissement de trois ans délivrent de la tension et de la minéralité.

C’est une belle découverte à l’apéritif et il peut être servi après un repas accompagné d’un carré de chocolat noir.

Maison Busnel (27) – Whisky normand/24,90 €

Cet article [Coup de cœur] Whisky normand de la Maison Busnel est apparu en premier sur Terre de Vins.

À vos cartes – des vins !

La 8ème édition du Tour des Cartes est lancée : le concours des cartes des vins et spiritueux du magazine Terre de Vins invite les professionnels à candidater, jusqu’au 15 septembre, pour le trophée 2024.

Un engagement
Environ 36 000 cartes reçues depuis sa création, soit une moyenne de 4 500 cartes par an, définitivement, le palmarès des 100 meilleures cartes de vins et spiritueux a pris sa place dans le paysage de la restauration française. Il met en valeur l’intérêt de l’établissement pour la cave et le vin, salue le travail du sommelier, et signale aux œnophiles une adresse remarquable pour sa carte des vins et/ou spiritueux. 

5 catégories
Le Tour des Cartes distingue les établissements remarquables dans six catégories : bar à vin, bistrot, restaurants traditionnels, restaurants gastronomiques, gastronomiques de prestige, restaurants de chaîne. Des prix spéciaux sont également décernés : le prix spécial “Meilleure Offre de spiritueux”, le prix spécial “Offre vin au verre” et le prix spécial “Carte engagée”. 

Le jury de professionnels et anciens lauréats veille à la richesse de l’offre sur la carte, mais aussi à sa précision et son professionnalisme ; le respect de l’orthographe, l’exactitude des classements, de la législation…

Inscription
L’inscription est gratuite, il suffit d’envoyer, avant le 15 septembre sa carte des vins et spiritueux à : letourdescartes@terredevins.com, en présentant son établissement (adresse, coordonnées sur les réseaux, responsable vin, catégorie choisie.)

Depuis la première édition, les grands gagnants ont reçu une médaille et les prix spéciaux ainsi que des cadeaux offerts par les partenaires autour de l’art du vin, des bouteilles de vin, des invitations dans les vignobles bordelais et languedocien et sur Terre de Vins, un reportage cuisine dans le magazine papier et une mise en avant sur le site web.

Le concours est ouvert et clôture le 15 septembre, pour une remise de prix le 22 janvier 2024.
Alors, vite à vos dossiers… Sortez vos cartes ! 

Cet article À vos cartes – des vins ! est apparu en premier sur Terre de Vins.

Fumée blanche au Comité Champagne : le rendement est tombé !

Le président du Syndicat général des vignerons et le président de l’Union des maisons de Champagne se sont accordés sur un rendement commercialisable de 11.400 kilos pour les prochaines vendanges qui s’annoncent très belles en Champagne. Un rendement en léger retrait par rapport à l’année dernière (12.000 kilos), faisant suite à un ralentissement des ventes. Explications…

La fixation du rendement commercialisable en Champagne est le fruit chaque année d’un accord entre vignerons et maisons. David Châtillon, président de l’UMC, explique : « Nous nous basons sur les prévisions de ventes pour l’année en cours et pour les trois suivantes. C’est un travail auquel se livre la Commission avale du comité, marché par marché. Et cela donne en l’occurrence 314 millions de bouteilles pour 2023 et 315 pour les trois années suivantes. Nous nous fondons aussi sur le niveau de stock au 31 juillet 2023 pour viser un ratio de stock cible de 3,8 années. Nous sommes donc partis de ces chiffres, mais nous avons souhaité mettre quelques centaines de kilos de plus afin de ne pas entraîner la surchauffe des marchés d’approvisionnement internes (le marché du raisin). C’est donc une décision raisonnable, prudente, mais aussi confiante dans l’avenir de l’appellation. Les prévisions de vente des trois prochaines années peuvent paraître modestes mais se justifient par un contexte d’inflation et une conjoncture économique assez incertaine.« 

Alors que les vendanges s’annoncent très belles cette année avec un rendement agronomique qui devrait se situer entre 15.000 et 17.000 kilos, la Champagne a obtenu de l’INAO un relèvement du plafond de la réserve qualitative qui passe de 8000 à 10.000 kilos. Rappelons que la réserve qualitative peut être utilisée par le vigneron lorsqu’il n’a pas assez de raisin pour atteindre le rendement commercialisable. Cet aménagement ne répond pas seulement à la conjoncture mais aussi à une réflexion engagée par l’interprofession sur les moyens de renforcer la résilience de l’appellation suite aux difficultés qu’avaient rencontré vignerons et maisons en 2020 et 2021. En 2020, malgré une très belle récolte, face à l’incertitude du contexte économique lié au covid, le plafond du rendement commercialisable avait été fixé très bas, tandis que le plafond de la réserve qualitative avait été maintenu au même niveau. En 2021, la récolte avait été très faible en volume et la réserve qualitative n’avait pas permis à certains vignerons de compenser complètement cette perte, alors même qu’ils auraient pu capitaliser davantage sur la récolte 2020 et que le marché était en pleine expansion.

Si on analyse les ventes du premier semestre 2023, un constat s’impose. Celui d’une baisse des ventes par rapport à la même période l’année dernière. « En 2023, fin juin, nous étions à 336 millions de bouteilles sur douze mois, un rythme insoutenable. Nous sommes en baisse de 4,7 %. Mais lorsque l’on regarde les premiers semestres des années précédentes, nous restons à un niveau élevé en valeur absolu. Le marché intérieur baisse de façon plus significative que l’export (-6,3%), une partie importante de ce recul est absorbé par la Grande distribution, que ce soit d’ailleurs en France comme au Royaume-Uni. » Si l’export baisse un peu moins (-3,7%), il existe des nuances selon les marchés. Alors que les Etats-Unis et le Royaume-Unis connaissent un léger retrait, l’Asie du Sud-Est performe bien, avec certains pays qui sont même en pleine croissance comme le Japon dont on sait cependant qu’il a subi les effets du covid de manière décalée. On notera que ce recul n’est pas seulement lié à une baisse de la demande, mais aussi au contingement opéré dans les ventes par les maisons depuis 2022. Enfin, la baisse des volumes ne devrait a priori pas suffire à provoquer une baisse du chiffre d’affaires alors que le champagne continue à augmenter ses prix et à se premiumiser.

Notons enfin que les vendanges devraient avoir lieu autour du sept septembre. « Lorsqu’il y a une belle quantité sur les vignes, il faut en général du temps pour que cela mûrisse » confie Maxime Toubart, le président du Syndicat Général des Vignerons. Il faut dire que par rapport à certaines autres régions viticoles françaises, la Champagne a eu des conditions météorologiques jusqu’ici très favorables, avec très peu de dégâts de gel (à peine 1,5 % du vignoble), et de grêle (0,3%), tandis que mildiou et oïdium sont demeurés contenus. Seules les réserves hydriques suscitent quelques inquiétudes. 

Cet article Fumée blanche au Comité Champagne : le rendement est tombé ! est apparu en premier sur Terre de Vins.

Les Vignes du Vent soufflent jusqu’à l’Élysée !

Guillaume Gomez, ambassadeur thématique pour l’alimentation et la gastronomie, représentant personnel du président de la République, est venu à Perpignan à la rencontre des Vignes du Vent, portées par 7 caves coopératives des Pyrénées-Orientales :  il a dégusté et fera remonter ce vent des vignes jusqu’à l’Élysée…

Cette nouvelle dynamique coopérative des Vignerons Catalans réunit les savoir-faire de 7 caves coopératives du Roussillon, 1000 vignerons, 10 000 hectares de vignes. La gamme Les Vignes du Vent est née d’une démarche pour porter au plus loin le meilleur de la personnalité viticole des Pyrénées-Orientales, une nouvelle façon de travailler en coopération, mutualisant productions, intelligences, et force commerciale pour la France comme à l’international.

Une étude commerciale et marketing a fait émerger l’outil « grille de complexité », affichée sur l’étiquette. Les notes sur cinq critères (différents par couleur) s’additionnent en une note globale qui informes consommateurs, cavistes et sommeliers sur la complexité promise. Dans le flacon, le vin résulte de l’assemblage de jus choisis de façon anonyme, parmi les propositions des caves, le résultat est validé, encore une fois, de façon anonyme : « pour chaque cuvée, nous avons passé une trentaine d’heures de travail, allant parfois à contresens des tendances, comme ce vibrant rosé revendiquant l’indice 78, coloré, gourmand et sapide », explique l’œnologue des Vignerons Catalans.

Dans un volontaire parti pris de liberté, les cuvées de vins secs sont en Vin de France. Les Vins Doux Naturels restent en appellations : Muscat de Rivesaltes, Rivesaltes Ambré Hors d’Age, Rivesaltes Ambré. Les tarifs se déclinent sur trois niveaux, du premier très abordable (entre 10-12 €) jusqu’à la cuvée de grand rouge et de grand vin doux naturel à 100 € et plus. Le packaging est sobre et éco conçu.

Les Vignes du Vent ont été présentées à Wine Paris, en millésime 2022 pour les vins secs. Le marché les a très bien accueillies ; commercialisées depuis avril, certaines cuvées sont déjà en rupture et l’export va jusqu’en Chine. La gamme des Vins Doux Naturels commence maintenant sa commercialisation.

Ancien chef de l’Élysée, Guillaume Gomez, salut « une belle idée marketing, qui permet de se différencier avec des vins qui ne ressemblent pas à ce qu’on déguste ailleurs, j’ai été très agréablement surpris…. Des vignerons se mobilisent pour sauver leur patrimoine viticole et garder leurs spécificités : cela permet aux sommeliers de faire un travail de plus en plus complexe… Je vais proposer ces vins à Virginie Routis, sommelière de l’Élysée : il faut le faire savoir, car le savoir-faire, vous l’avez ! ».

Cet article Les Vignes du Vent soufflent jusqu’à l’Élysée ! est apparu en premier sur Terre de Vins.

Les vins de Provence rassurent et gardent le cap

L’interprofession des vins de Provence a tenu à rassurer les troupes dans un contexte difficile et à faire le point sur le déploiement du plan stratégique.

« Malgré notre succès ces dernières années, nous ne sommes pas épargnés par les problèmes. Nous devons donc porter un regard lucide sur cette situation. Il est primordial d’y réfléchir et d’œuvrer à la pérennisation de notre vignoble ». Lors de l’Assemblée Générale de l’interprofession des vins de Provence, le président Eric Pastorino a souhaité prendre les problèmes à bras-le-corps tout en les restituant dans un contexte général et dans la stratégie globale amorcée il y a deux ans. La conjoncture économique a été difficile au premier semestre 2023 avec des ventes en Grande Distribution en recul de 18 % pour les rosés de Provence (- 6% pour l’ensemble des rosés). Les sorties de chais étaient également en recul de 5 % entre janvier et juin. « Nous avons surtout pâti d’une météo particulièrement pluvieuse en mai, du contexte inflationniste et de la déconsommation de vin qui s’accroît en France, reconnaît le directeur Brice Eymard. Dans ce cadre de baisse du pouvoir d’achat, notre positionnement prix élevé n’aide pas, mais nous sommes dans une stratégie à long terme et nous bénéficions d’un fort potentiel de développement à l’export ».

Chouchouter le public anglo-saxon
Les ventes à l’international, même si elles tendent à marquer le pas en ce début d’année, ont profité depuis 2010 d’un effet ciseaux avec celles en GD, les premières ayant été multiplié par cinq en 12 ans pour atteindre 462 276 hl en 2022 alors que les secondes ont été divisées par deux pour chuter à 286 875 hl. « Le développement des Vins de Provence passera par une poursuite de la premiumisation et par l’accroissement des marchés internationaux » insiste Eric Pastorino. Selon l’Observatoire mondial du rosé, crée par le CIVP et France Agrimer, de nombreux marchés export sont encore sous-consommateurs de vins rosés. D’où le déploiement multi-média de mai à août à l’international (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, Pays-Bas) via une campagne d’affichage, des insertions presse et une activation digitale d’envergure. Le public anglo-saxon pourra suivre tout l’été le road trip de trois influenceurs américains dans le vignoble : @joannepalmaro ; @iamrenanpacheco et @pkd_19. « Il s’agit d’expliquer le rosé, sa culture, le savoir-faire avec une patte lifestyle en lien avec la gastronomie et de façon moderne », précise Brice Eymard.

Des formations plus pointues
Loi Evin empêche, le public français aura accès à d’autres contenus comme une série de films sur Konbini avec le chef Julien Sebbag (329 000 abonnés sur Instagram) sous forme d’interviews déconstruisant les idées reçues sur le rosé ou démontrant son potentiel gastronomique avec des recettes. Cette campagne accompagne les nouveaux affichages de début d’année qui ont fait beaucoup parlé lors du dernier Wine Paris. Ils vont être renforcés dans les 150 stations de métro parisien, sur un mur digital à Paris Gare de Lyon et dans les villes de Marseille, Aix-en-Provence, Toulon et Nice.

« Nous allons également accentuer à la rentrée les formations pour les écoles de sommellerie avec une vingtaine de personnes, sommeliers et vignerons, formés et agréés par nous pour expliquer que le rosé peut aussi être un grand vin ». Des formations sont prévues en parallèle dans les caveaux « pour sortir d’un discours trop vin ou pas assez qualitatif sur les petits rosés de vacances. Il faut que notre offre œnotouristique soit lisible et visible »

Un œnotourisme prioritaire
Une réflexion stratégique est en cours sur le sujet afin de renforcer la communication générale sur les vins de Provence, afin que les touristes repartent avec une belle image du ‘parcours client’ et de la qualité d’accueil. « L’œnotourisme ne doit pas servir qu’à vendre quelques bouteilles, il peut aussi générer un chiffre d’affaires complémentaire et participer à renforcer la marque » souligne Brice Eymard. Le CIVP va donc travailler par territoire et non par appellation pour sensibiliser aussi les visiteurs qui ne viennent pas pour le vin mais pour un ensemble d’activités. Dans les prochains mois, l’interprofession va s’attacher à coordonner l’ensemble des acteurs du tourisme autour de la marque « Vins de Provence » et à mettre en place un programme d’actions et des outils de communication à destination de deux cibles prioritaires : les wine curious et les wine lovers, à savoir les millénials hédonistes et plutôt urbains et les moins de 40 ans curieux, en quête de découvertes et d’expériences.

Cet article Les vins de Provence rassurent et gardent le cap est apparu en premier sur Terre de Vins.

[Concours des vins, les coups de cœur 4/12] Cave Cooperative Intercommunale d’Alba & Domaine Souleyrol]

La cinquième édition du concours des vins organisé par Terre de vins a de nouveau été l’occasion pour des milliers de professionnels du vin de soumettre leur nectar à l’exercice de la dégustation à l’aveugle. Ce sont 2283 flacons qui ont ainsi été présentés pour un total de 444 médailles d’or. Parmi ces médaillés, la rédaction de Terre de vins a élu 24 « superchampions », des vins « coups de cœur » que nous vous présentons durant tout l’été. Aujourd’hui, cap sur la Vallée du Rhône !

CAVE COOPERATIVE INTERCOMMUNALE D’ALBA (07)
Qui a dit que les « coopés » ne pouvaient pas produire des vins séduisants ? Certainement pas la rédaction de Terre de vins qui a flashé sur ce vin blanc prooduit par cette cave qui comporte aujourd’hui une centaine d’adhérents. Désormais répartie sur 580 hectares et six communes ardéchoises (Alba la Romaine, Le Teil, Aubignas, Saint Jean le Centenier, Saint Thomé et Saint Pons), la surface viticole de la cave a considérablement grandi depuis 1949, date de la première cuvée vinifiée. La cuverie s’est accru elle aussi pour atteindre une capacité de vinification maximale de 40 000 hectolitres. Les cuves sont en grande majorité en béton (90 %) mais notre cuvée médaillée bénéficie elle des cuves en inox pour sa vinification. Et si nous devions vous conseiller un autre nectar de la cave, ce serait la petite dernière « Laubério », un 100 % grenache qui est la toute première cuvée bio produite par la « coopé » et qui elle aussi, a déjà commencé à collecter les récompenses avec une médaille d’or au Concours Général Agricole. Ces deux bouteilles, comme les autres vinifiées à la cave, sont disponibles en vente directe à la boutique créée en 1996 et entièrement rénovée en 2017.  

La cuvée médaillée : Ninon 2021, Blanc, Coteaux-de-l’Ardèche, 15,10 €
Quelle belle surprise que ce muscat à petits grains qu’on n’attendait pas ici, en Ardèche. Le passerillage se fait en caisse mais le résultat est probant. Le litchi est là, en fil conducteur, tant au nez qu’en bouche. La bouche est sans lourdeur, étirée, car la liqueur est bien dosée, fluide, sur des saveurs de coing et de miel d’acacia et s’équilibre avec une jolie acidité rafraîchissante.

Accord mets-vin
À l’apéritif avec des toasts au foie gras.

©Photo DR

DOMAINE SOULEYROL (84)
Si le parcours du Tour de France ne passe pas par le Mont Ventoux cette année, nous allons vous donner une raison d’aller tout de même rendre visite au géant de Provence. Cette raison s’appelle Souleyrol, comme le nom du domaine créé par Vanessa et Renaud Veyrier en 2018. S’ils incarnent la troisième génération vinifiant ce petit domaine polyculture dont 4 hectares de vignes, ils sont les premiers à partager le fruit de ce travail aux consommateurs car avant que le couple ne prenne les commandes, « les vinifications étaient destinées à une consommation personnelle, familiale et amicale. » 2020 voit les premières cuvées mises en bouteilles avec Agapè, déclinée en rouge, blanc et rosé ainsi que Strogê en rouge, « Strogê » signifiant « amour familial » en grec, comme un message unissant les générations qui se sont succédées sur ces terres nichées entre 200 et 300 mètres d’altitude. La dernière cuvée en date, Philia, assemblage de syrah (95 %) et grenache (5 %) est venu compléter le triptyque de la gamme proposée par ce domaine et ses propriétaires qui vous accueillent toute l’année (sauf les lundis) avec le sourire et le soleil ! 

La cuvée médaillée : Philia 2020, Rouge, Ventoux, 27 €
Un ventoux dans un style corsé, charpenté, concentré, avec une structure et une puissance extrêmes, mais qui réussit, en plus, un équilibre de rêve portant sa générosité vers une grande buvabilité. Palette cachou, réglisse, épices, architecture verticale et profondeur du duo syrah-grenache, voilà un grand potentiel, car la vivacité, la fraîcheur et le tonus vont s’arrondir.

Accord mets-vin
Filet de sanglier au poivre.

©Photo DR

Cet article [Concours des vins, les coups de cœur 4/12] Cave Cooperative Intercommunale d’Alba & Domaine Souleyrol] est apparu en premier sur Terre de Vins.

Champagne Mailly Grand Cru : la rose qui cache la forêt

D’habitude, la démarche fonctionne davantage dans le sens inverse. On compose les assemblages des cuvées pour obtenir telle ou telle fragrance de fleur. Mais on n’avait encore jamais vu de pépiniériste créer une espèce spécifique de rose pour correspondre au bouquet d’une cuvée ! C’est l’idée géniale qu’ont eue la famille Desprez, propriétaire du rosiériste Guillot, et le champagne Mailly Grand Cru… Une initiative qui entre par ailleurs en résonnance avec le projet Mailly Grandeur Nature, en lien avec la préservation de la biodiversité.

La présence de rosiers dans les vignes est ancienne et on a beaucoup glosé sur leur rôle. Xavier Millard, le directeur de Mailly Grand Cru, raconte : « On disait jadis que la présence d’un rosier en bout de rang servait de signal au cheval qui, en le voyant et par réflexe, se retournait pour s’engager dans le rang suivant. Cette explication folklorique est sans doute erronée. La véritable raison est bien-sûr de prévenir le vigneron de l’apparition de l’oïdium. » Vignes et roses ne manquent par ailleurs pas de points communs dans leur travail. « La création d’un rosier prend entre sept et dix ans, c’est une tâche exigeante et de long haleine avec une sélection drastique. Des milliers de premières roses au début, seuls quelques sujets sont conservés pour être ensuite multipliés par bouturage ou greffage. En Champagne, pour les cuvées millésimées, entre la vendange et la commercialisation de nos premières bouteilles, il s’écoule à peu près le même lapse de temps. » 

La ressemblance obtenue sur cette nouvelle rose baptisée « Mailly Grand Cru » avec la cuvée l’Intemporelle 2017, est tout simplement bluffante. Convergence de couleur d’abord entre la robe dorée du vin et la couleur d’un jaune clair et lumineux de la fleur. Convergence ensuite des arômes de zestes d’agrumes et de fruits exotiques. Enfin convergence de texture avec ce même touché soyeux et cette éclosion qui forme comme un buisson rond, dense et équilibré. « L’alliance entre la reine des fleurs et le roi des vins est une première pour notre maison. Nous serons toutefois en excellente compagnie aux côtés des roses Claudia Cardinale, Paul Bocuse, Jacques Cartier, Mozart, Cardinal de Richelieu… »

Cette rose qui viendra fleurir le vignoble de Mailly s’inscrit dans le cadre plus large du projet Mailly Grandeur Nature. L’objectif ? Alors que le vignoble champenois souffre de son morcellement pour recréer des corridors de biodiversité, profiter du regroupement des vignerons au sein de la coopérative pour mener une action cohérente sur le terroir du village et relier ainsi par un ensemble de haies la forêt de la Montagne de Reims à la Vesle, la rivière située en contrebas des coteaux dans la plaine céréalière. « Au stade actuel, nous avons cartographié les zones de plantation ensemble avec un objectif affiché de 100 arbres plantés et plus de 1500 mètres de haie et talus à aménager. Ce projet suit une tendance actuelle dans le vignoble qui consiste à favoriser les espaces écologiques, cependant il est novateur car il implique l’ensemble des vignerons de notre société qui possèdent tous des vignes dans un rayon de 1,5 km.« 

Terre de vins aime : 
La cuvée L’Intemporelle 2017 (60 % pinot noir 40 % chardonnay) et son nouveau coffret 100% recyclable, le premier en Champagne composé de cellulose thermoformée. « La cellulose, matière organique d’origine végétale, s’unit à une technique novatrice de thermo formation, encore non utilisée sur les coffrets de champagne. Employée jusqu’ici sur des petits contenants en parfumerie et cosmétique, la cale en pulpe moulée se développe sur un format supérieur, limitant l’usage de carton et son poids plus élevé. » (Prix recommandé : 79€)

https://www.champagne-mailly.com/fr/

Cet article Champagne Mailly Grand Cru : la rose qui cache la forêt est apparu en premier sur Terre de Vins.

[Nos circuits œnotourisme #6] Corse du Sud, vue mer

Vous êtes en vacances cet été et ne savez pas où partir ? Terre de vins est là pour vous ! Prenez le temps de découvrir nos idées de circuit œnotouristique avec 5 adresses au cœur d’un vignoble français. Aujourd’hui direction le sud de l’Île de Beauté !

Domaine de Torraccia
Marc Imbert, vigneron-philosophe, et sa femme Sarah sont toujours ravis d’accueillir les visiteurs pour raconter leurs vins et leurs huiles d’olive (visite guidée sur réservation). La famille Imbert est l’une des pionnières de la viticulture bio en Corse. Lors des concerts-apéros d’été, chants ou musique, on peut les déguster (et les acheter) en admirant les flots de la mer Tyrrhénienne et en savourant fromages et charcuteries des environs. Sur les parcelles en haut du domaine, on aperçoit l’anse de Pinarello et les aiguilles de Bavella…

20137 Lecci – 04 95 71 43 50 – domaine-de-torraccia.com

Buzzo Bunifazziu
Thierry Buzzo a récemment créé, avec son père Vincent, ce vignoble à l’extrême sud de l’île, en replantant des cépages corses originaux comme le minustellu, le bianco gentile ou le barbarossa. Il fait volontiers goûter ses vins et visiter l’exploitation en racontant l’histoire de la tour pisane en ruines et des pressoirs antiques taillés dans le calcaire et retrouvés sur les hauteurs du domaine, preuve de la présence d’une colonie génoise et de la culture de la vigne sur ce plateau depuis des lustres.

20169 Bonifacio – 06 79 05 41 70

Clos Colonna
Il faut descendre toute la vallée de Tizziano, du village pittoresque de Sartène vers la mer, pour arriver au bout d’un chemin de terre au domaine de la famille Leccia. Sur la route, marquer un arrêt pour admirer l’étonnant site mégalithique de Paddaghju avec son chaos de menhirs. Le Clos Colonna ne produit qu’une cuvée dans les trois couleurs, reconnaissable à son mouflon ailé sur l’étiquette, à découvrir lors d’une dégustation dans les vignes, accompagné d’un plateau de charcuteries et fromages de La Cave Sartenaise (45 € avec une bouteille à partager pour 2-3 personnes).

20100 Sartène – 06 07 95 17 56

©F. Hermine

Sant Armettu
Au bout du sentier en terre qui sillonne entre les vignes et le maquis, la grande terrasse derrière la belle cave en pierres de granit offre un magnifique panorama sur le golfe de Propriano. Gilles Serouin, grand vinificateur, désormais rejoint par ses enfants Guillaume et Jeanne, ne cesse d’élargir sa gamme certifiée en bio avec des microparcellaires à base de vieux cépages, genovese, rimenese, aleaticu, minustellu… Le domaine produit également d’excellentes huiles d’olive à partir d’oliviers centenaires.

20110 Propriano – 04 95 76 24 47 – santarmettu.com

Domaine de Vaccelli
Le domaine familial des Courrèges (certifié bio depuis 2019) s’est transmis de père en fils, tous amoureux des cépages insulaires. Le talent aussi. Gérard, passionné par le sciacarellu, le sublime sur plusieurs cuvées en rosé et rouge, tout comme le vermentinu en blanc, en particulier sur cette microcuvée Aja Donica (75 €) – du nom d’une aire de battage sur le cadastre napoléonien et du lieu-dit où se sont installés les Courrèges,– qu’il sera difficile de trouver en dehors du domaine. Il est indispensable de réserver pour la visite de la cave dont une partie est enterrée dans le granit, ce qui offre aux vins un beau potentiel de vieillissement.

20123 Cognocoli-Monticchi – 04 95 24 35 54

Cet article [Nos circuits œnotourisme #6] Corse du Sud, vue mer est apparu en premier sur Terre de Vins.