La route des châteaux : nouvelle offre oenotouristique en Beaujolais

Désormais, la vie de château en Beaujolais prend toute sa mesure, avec un nouveau parcours regroupant les châteaux les plus emblématiques de la région, tant au niveau patrimonial que viticole.

Œnotourisme prestige
Le prestige de cette offre réside non pas dans ses tarifs, accessibles à tous, mais dans sa richesse patrimoniale, esthétique et œnologique.
Dix châteaux se sont unis pour offrit aux visiteurs une nouvelle route des vins, parcourant l’ensemble du vignoble, du Mâconnais aux Pierres Dorées, en passant par la majorité des crus.

Partis du constat en 2021 que qu’aucune offre dédiée aux lieux à l’architecture remarquable n’existait, les Châteaux de Corcelles et de la Chaize ont initié ce projet, destiné à répondre à une demande explicite des visiteurs et mettre en valeur l’incroyable patrimoine du Beaujolais.

Visite de chais, dégustations de cuvées, découverte des bâtiments et jardins : chaque château vous plongera dans son histoire et ses merveilles, avec un bonus fidélité : après une première visite dans chaque lieu, votre deuxième passage vous permettra de bénéficier d’un avantage exclusif pour chacun : accès à un endroit habituellement fermé au public, dégustation d’un vieux millésime, bouteille offerte : la surprise se cache dans chaque domaine.

Les dix châteaux participants et leurs spécificités
Tous ont déjà des offres oenotouristiques séduisantes, et chacun en a choisi une en particulier pour intégrer le carnet de route. Tous proposent une visite commentée, avec présentation de l’histoire, découverte du patrimoine et/ou de l’architecture du lieu (bâtiments et/ou jardins) ainsi qu’une dégustation, que chacun décline selon ses spécificités.

Vous découvrirez au Château des Jacques aux sublimes cuvées les secrets de vinification de leurs sublimes cuvées ; le Château de la Chaize vous ouvrira les portes de ses merveilleux jardins dessinés par Hardouin-Mansard (l’un des architectes du château de Versailles) ainsi que de son chai historique rénové.

Côté panoramas et dégustations plaisirs, arrêtez-vous au Château de Juliénas, au Château de Bellevue, le bien-nommé, et au Château de Poncié. Ce dernier vous éclairera aussi sur l’agroforesterie et l’agriculture biologique, et tous vous initieront à leurs secrets de vinification.

Le Château des Ravatys complètera la dégustation de ses cuvées avec une perspective sur la diversité du vignoble Beaujolais, face au Mont Brouilly que vous pourrez admirer depuis le clos.

Le Château de Nervers met l’accent sur le côté arty et historique, au travers de trois présentations costumées et théâtralisées, qui vous permettront de découvrir les lieux et l’histoire de la famille, avec dégustation d’un vin à chaque étape.

Enfin le Château de Champ-Renard retracera l’histoire patrimoniale du Beaujolais, vous faisant traverser les époques par la visite des bâtiments médiévaux (cachot, salle de justice et salle des gardes), jusqu’aux salons rénovés du 19è siècle, ainsi que le Château de Corcelles et sa forteresse médiévale.

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La grêle sinistre le Var

Des orages de grêle ont sinistré plusieurs secteurs du Var ce week-end, Flassans, Gonfaron, Le Luc, La Roquebrussane vendredi 12, Bandol samedi 13 et Vidauban dimanche 14. Les secteurs et les vignerons sont très diversement impactés.

Les averses de grêlons ont transformé sur certains secteurs le paysage provençale de printemps en véritable photo hivernale avec un manteau blanc entre les pieds effeuillés. L’impact est très hétéroclite selon les communes mais souvent sur une même zone. « On aurait dit qu’il avait neigé en plein mois de mai tant le vignoble était blanc et certains vignerons, surtout à Flassans, ont été durement touchés, commente Eric Pastorino, président des Vins de Provence. C’est la conséquence de la masse froide qui descend de l’Europe du Nord et qui rencontre des sols chauds en Provence. Nous avons toujours eu des épisodes de grêle par ici, en particulier en mai et en août, mais nous avons l’impression que ces dernières années, leur intensité s’est accrue ». « Sur certaines parcelles, il n’y a plus rien, admet Nicolas Garcia, directeur du syndicat des Côtes-de-Provence. Et ce qui nous inquiète le plus, c’est que Météo France prévoit encore des risques d’orages pendant au moins une semaine ».

Plus d’une centaine d’hectares auraient été impactés sur Gonfaron, un peu plus sur Flassans mais l’estimation du syndicat est en cours. Eric Paul, président de l’IGP Var, estime que quelques dizaines de vignerons très disséminés dans le département ont été touchés, « C’est la pire période pour la vigne car en ce moment, les pampres sont plus fragiles et l’impact de la grêle peut nécroser les ceps. Ça peut se voir encore deux ans après mais il n’y a pas grand chose à faire. S’assurer est un moyen de se préserver mais ça ne résout pas tout au vu du prix, comme les filets anti-grêle qui se développent peu car ils coûtent très cher ».

De Gonfaron à Bandol
A la coopérative des Terres Ailées de Gonfaron, la technicienne du vignoble, Christelle Salomon, après avoir fait un tour des parcelles, estime qu’environ 70 hectares ont été très impactés « avec une perte des inflorescences, un feuillage marqué voire complètement disparu, des rameaux cassés à 30 cm du sol et un risque d’incidences sur le vignoble, même l’an prochain ». Une trentaine d’hectares ont subi un impact moindre, les dégâts concernent une quinzaine de vignerons. Eric Pastorino tente de se consoler en se satisfaisant de l’apport d’eau généré, « même si une telle intensité ne favorise pas la pénétration dans les sols. Bien sûr, l’idéal est de recevoir une fine pluie pendant 4 à 5 heures comme nous l’avons eu le premier mai tout en étant conscient que ça ne suffit pas à recharger les nappes phréatiques ». Et de relancer la question de révision de la moyenne olympique dans les contrats d’assurance qui n’incitent pas les vignerons à y souscrire.

Une quinzaine de structures sur Bandol ont également été touchées par un orage violent de grêle d’une quinzaine de minutes samedi qui s’est abattu surtout sur le nord de La Cadière d’Azur et sur le nord-ouest du Castellet, en particulier sur La Suffrène, Bastide Blanche, La Bégude, Baraveou… « Nous avons rarement eu un épisode sur autant de surfaces même si il n’a concerné qu’une petite partie de l’appellation, estime Cédric Gravier, président de l’appellation. Et ça ne nous a pas apporté beaucoup de pluies, au maximim 30-40 mm. Maintenant, il va falloir traiter la vigne aux engrais foliaires et aux cicatrisants pour éviter les risques de maladies car il y a beaucoup de plaies sur les bois ».

©La Suffrène

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Jacky Blot n’est plus

Il aimait à rire autant qu’il aimait sa Loire. Jacky blot, l’incontournable vigneron de Montlouis-sur-Loire, est décédé. Il marchait sur sa soixante-seizième année.

Figure emblématique des vins de Loire, Jacky Blot est mort, pour l’expression consacrée, des suites d’une longue maladie. Le monde du vin est en deuil, habitué à ses moustaches dissimulant une joie de vivre et à ses superbes quilles. Pour le simple amateur, Jacky Blot était une référence, une valeur sûre que l’on retrouvait sur tant de belles cartes de vins. L’ancien courtier en vins avait repris le Domaine de la Taille aux Loups au début des années 1990 pour délivrer de magnifiques millésimes de Montlouis-sur-Loire et de Vouvray. Il était de cette génération de vignerons qui a considérablement fait progresser la qualité des vins de Loire, dans une vision biologique et sans sucres résiduels. Cet artiste du chenin s’était aussi distingué sur les terroirs de la Butte à Bourgueil avec la reprise de ce domaine en 2002. La Loire vinicole luit doit beaucoup.
L’équipe de Terre de vins fait part de ses sincères condoléances à sa famille et plus largement à ses proches.

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Fermages du Domaine de Chevalier entre qualité et audace

Le domaine de Chevalier, cru classé de Pessac Léognan, est dirigé par Olivier Bernard depuis 40 ans. Le savoir-faire du château a été mis à profit dans des fermages proches du château, tous situés dans la même appellation. Conversation sur les raisons de ces baux qui ont bien souvent représenté des défis.

Racontez-nous comment fonctionne le fermage du Domaine de la Solitude qui appartient à la Congrégation de la Sainte Famille et pour lequel vous avez un attachement particulier.
Lorsque j’ai signé ce bail en 1993, j’avais 33 ans et ce bail était de 40 ans. Cela me paraissait une éternité. En 2023, il nous reste 10 ans. Or, nous avons des investissements lourds à faire sur cette propriété en replantation et en bâtiments. Fallait-il investir chez un bailleur alors que vous savez que vous allez perdre votre investissement dans 10 ans ? C’est cette discussion que nous avons eue avec les sœurs propriétaires et en 2016, nous avons signé un nouveau fermage pour 40 ans et qui va nous amener jusqu’en 2056. La Solitude, c’est tout un ensemble à respecter, y compris la communauté de vie des religieuses qui y sont. C’est un sujet majeur.

Il y a un saut qualitatif important à la Solitude depuis quelques années et notamment sur le 2022. Pourquoi ?
Cette propriété était tenue de façon économique et pas suffisamment de façon qualitative. Il a fallu tout reprendre petit à petit : chai, bâtiments agricoles et vignoble. Et puis les vignes du domaine de la solitude sont enclavées dans la forêt. C’est donc un terroir un peu frais et donc tardif. Le challenge pendant des dizaines d’années a été de faire murir le raisin. Nous sommes aidés ces dernières années par le réchauffement climatique et donc les vins sont montés en qualité car nous avons des optimums de maturité qui sont atteints. « Donnez-moi un grand fruit et je vous ferai un grand vin » (NDLR : une devise qu’Olivier Bernard a fait sienne) : nous l’avons maintenant. Parallèlement à cela nous sommes partis vers le bio. Le premier millésime certifié bio sera 2023. J’ai la certitude que les raisins bio vont plus loin dans l’expression du terroir. Cette démarche bio concerne toute la SC du domaine de Chevalier : la Solitude, Lespault Martillac, Soubian, Poumey, et Clos des Lunes.

Qu’est-ce qui vous a poussé, il y a 15 ans, de prendre en fermage Lespault Martillac ?
C’est une pépite : un dôme de graves sur Martillac, avec un sol très profond et chaud. Et puis il y a des vieilles vignes qui avaient été bien plantées. Sauf que maintenant, avec le réchauffement climatique je mettrai un peu plus de cabernet sauvignon, même si les merlots s’en sont très bien sortis en 2022. Quant au blanc de Lespault, historiquement, il y a une vieille vigne de sauvignon blanc sur un terroir chaud. Pourtant, bien conduit, le sauvignon peut faire des vins incroyables, qui s’ouvrent plus vite bien sûr, et qui perdent leur caractère variétal au profit de vins assez gras, sur les fruits exotiques. Le sémillon participe au charme, mais il lui faut du temps dans la bouteille. C’est lui qui va enrober. Il est très complémentaire du sauvignon et je vois un retour en force légitime du sémillon.

Et les autres fermages ?
Il y a Poumey que nous avons repris en 2020. Il appartient depuis 1988 à la ville de Gradignan qui a voulu sauver le dernier vignoble de la commune. Une dizaine d’hectares dont on sent qu’il y a un potentiel. Et puis Soubian, 10 hectares sur Léognan. L’arrière grand-père avait fait une piste d’atterrissage pour son avion, au milieu des vignes, dans les années 30. Son fils arrachera les vignes après les gelées de 1956. Nous replantons sur un terroir de graves profondes sur argiles graveleuses : très intéressant.

Avez-vous fini par convaincre avec Clos des Lunes, ce Bordeaux sec fait sur le terroir de Sauternes ?
Si je n’ai pas convaincu, on a fini par me suivre ! La surface dédiée au blanc sec s’étend. Je pense être en partie responsable de cela. Si j’ai pu apporter ma pierre à l’édifice, dans la reconnaissance de cette région et sur sa rentabilité, en montrant que des vins blancs secs de qualité se vendaient bien, je serai très content de ce résultat. Pour moi, le terroir de Sauternes fait partie des cinq plus grands terroirs de blanc au monde. Aujourd’hui toutes les appellations du monde qui font du liquoreux font du sec qui porte le nom de l’appellation, sauf à Sauternes. J’avais milité pour créer une appellation qui s’appelle vin blanc sec de sauternes. C’était sans doute trop tôt.

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Champagne Tasting : une 6ème édition étincelante

L’événement 100% Champagne vient de refermer ses portes après avoir vécu une journée effervescente, dans une ambiance solaire et majestueuse au cœur du Palais Brongniart ce samedi 13 mai. L’événement a accueilli près de 1600 visiteurs.

Un plaisir partagé par les exposants des 60 maisons de Champagne et champagnes de vignerons représentés qui se sont réjouis de retrouver un public plein d’entrain et avide de faire déguster leurs cuvées et échanger autour des divers terroirs et révéler leur savoir-faire dans une ambiance chaleureuse et communicatrice.


Cinq master class de prestige

Veuve Clicquot – L’art du Vieillissement
Comme l’a souligné Bruno Dagnée, œnologue de la Maison, lors de la master class, deux éléments sont fondamentaux dans le vieillissement, la structure et l’acidité, des qualités qui font la spécificité du pinot noir, cépage par excellence des champagnes de garde.
Henriot – Un demi siècle de transmission des terroirs fondateurs
Alice Tétienne, cheffe de caves de la Maison Henriot, nous a présenté la cuvée Héméra. Outre 2005, 2006 et 2008, nous avons eu le privilège de déguster un millésime très ancien : 1964.
Ruinart – Champagne & variations climatiques : l’exemple du chardonnay
La question du réchauffement climatique est décidément au cœur des préoccupations des Champenois, puisque dans la master class consacrée au champagne Ruinart et animée par Louise Bryden, œnologue de la Maison, on s’est intéressé à son impact sur le chardonnay, ce cépage au cœur de l’identité de la marque.
Moët et Chandon – Une histoire de lumière – Les Grands Vintage par Moët & Chandon
Avec Benoît Gouez, le chef de caves de la Maison Moët & Chandon, nous nous sommes interrogés sur l’impact du réchauffement climatique sur la qualité des champagnes, en examinant trois millésimes solaires, 2015, 2006 et 1999.
Lombard – Blanc de Blancs et Terroirs de Champagne : l’impact du sol sur le goût en accord avec Caviar Prunier
Le chef de caves de la Maison Lombard, Laurent Vaillant, nous a présenté trois chardonnays, tous issus des sols crayeux de la Côte des blancs, Le Brut Nature Cramant Grand Cru, le Brut Nature Cramant Grand Cu lieu-dit « Les Bauves », et le Brut Nature Le Mesnil-sur-Oger Grand Cru.


Deux ateliers découverte avec le Syndicat Général des Vignerons de la Champagne

Le premier atelier animé par Geoffrey Orban permettait de découvrir les nouveaux « Caractères » : Vif, fruité ou intense. Des petites pictogrammes qui permettent aux amateurs de mieux identifier les champagnes répondant à leurs goûts et à leurs besoins. Le second ateliers aidaient à comprendre les rosés et leurs Caractères. Deux ateliers pour démontrer l’aspect ludique de la dégustation, lorsque l’on confronte ces caractères à nos idées reçues.

Un concours de dégustation : Chateaunet Challenge


Le « Chateaunet Challenge » permettait aux visiteurs de tester leurs talents de dégustateurs à l’aveugle. Cinq cuvées étaient à identifier:
– Champagne Charles Heidsieck – Brut Réserve
– Champagne Moutard-D’Angin – « La Croix aux Curés » (monoparcellaire 100% pinot blanc)
– Champagne De Barfontarc – Blanc de Noirs Brut (100% pinot noir)
– Champagne Delavenne Père & Fils – Rose Marne
– Champagne Moutard – « Champ Persin » Blanc de Blancs (100% chardonnay)

Quant aux dégustateurs, à l’issue du dépouillement, ils se répartissent dans un Top 5 à découvrir en cliquant sur ce lien.

A vos agendas !

Vous avez manqué la 6ème édition ? Vous souhaitez vivre de nouveau un moment exceptionnel autour du champagne ? Restez connectés et découvrez la prochaine édition en mai 2024.

Photos ©A. Viller

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[Champagne Tasting] Ce que l’on retiendra des cinq master classes

Au-delà des champagnes d’exception qui ont été dégustés en master class à Champagne Tasting ce 13 mai, on appréciera la profondeur des échanges. Au cœur des préoccupations cette année : l’impact du réchauffement climatique sur l’évolution stylistique du champagne. A travers la dégustation des millésimes les plus chauds que l’appellation a connus, les participants ont pu se faire une idée de leur qualité et de leur capacité à vieillir. De quoi se rassurer sur le potentiel de la dernière vendange 2022 particulièrement solaire !

©A. Viller

Chez Veuve Clicquot, on cultive avec une rare virtuosité l’art du vieillissement, que ce soit dans les vins de réserve du Brut sans année qui ont, excusez du peu, cinq ans d’âge moyen, dans les millésimes, ou dans la Grande Dame. En 2014, la Maison a même expérimenté l’immersion de bouteilles dans la mer Baltique pour bénéficier d’une oxygénation encore plus ténue… Il est vrai aussi qu’avec le pinot noir, cépage iconique de la marque jaune qui constitue la majorité de l’assemblage de son millésime, elle bénéficie d’un atout de taille. Comme l’a souligné Bruno Dagnée, œnologue de la Maison, lors de la master class, deux éléments sont fondamentaux dans le vieillissement, la structure et l’acidité, des qualités qui font la spécificité du pinot noir, cépage par excellence des champagnes de garde. La dégustation de « Cave privée 1990 », nous en a donné la preuve éclatante. Dégorgé en 2008 et servi en magnum, on a pu apprécier la crémosité de sa bulle, ses savoureuses notes de rancio, et le caractère toasté qui signe toutes les cuvées de la Maison Veuve Clicquot. Pour Mathieu Doumenge, « on a la preuve, si on en doutait encore, que le champagne est un véritable vin. Cave privée 1990 est un champagne taillé pour la table ! Nous avons beaucoup parlé accords avec Bruno. Si cette cuvée peut se suffire à elle-même, elle serait également magnifique sur un vieux comté, idéal pour mettre en valeur cette salinité qui ponctue la fin de bouche. Le rosé 1989 a été mon coup de cœur, avec une robe légèrement tuilée et des notes de rose fanée et d’épices qui suggèrent eux aussi plein d’accords, on pense à la cuisine asiatique, au gibier, personnellement, j’imaginerais bien une bécasse ! Là-encore, l’effervescence, malgré le temps, est toujours présente et constitue un soutien discret qui énergise le vin tout au long de sa dégustation ».

©A. Viller

Alice Tétienne, cheffe de caves de la Maison Henriot, nous a présenté la cuvée Héméra. Outre 2005, 2006 et 2008, nous avons eu le privilège de déguster un millésime très ancien : 1964. La fraîcheur éblouissante, les doux accents d’orange confite mais aussi l’effervescence encore étonnamment vive alors qu’il ne s’agit pas d’un magnum, nous ont conquis. « Il y a une tradition quand on devient chef de caves, c’est de déguster tout ce qu’il y a en cave, de manière à connaître l’histoire, à appréhender le style de la maison. Lorsque je suis arrivée en 2020, j’ai eu la chance extraordinaire de faire cet exercice avec la famille Henriot et de pouvoir déguster toutes les années depuis 1921 à aujourd’hui. Il y a eu de grands moments d’émotion et certains vins que nous avons trouvé remarquables. La chance de la Maison Henriot est d’avoir conservé sa cave relativement intacte pendant tout ce temps, ce qui signifie que nous avons beaucoup de flacons sur certains millésimes. L’idée nous est donc venue de partager ces cuvées « Mémoire » avec le public en en commercialisant une part. Un autre atout était d’avoir des bouteilles qui n’avaient pas été dégorgées, les lies ralentissant le vieillissement pour le rendre plus noble. De plus, le fait de devoir les dégorger avant de les proposer à nos clients nous a donné l’opportunité de déguster et vérifier chaque flacon, ce qui constitue une vraie garantie pour l’acheteur. Nous avons voulu leur donner un habillage particulier pour marquer cette différence : une bouteille qui a vieilli dans nos caves pendant plusieurs décennies et qui a été validée par le chef de caves au moment du dégorgement, ce n’est pas la même expérience qu’une bouteille du même millésime qui a été mise sur le marché il y a quarante ans ! »

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Avec Benoît Gouez, le chef de caves de la Maison Moët & Chandon, nous nous sommes interrogés sur l’impact du réchauffement climatique sur la qualité des champagnes, en examinant trois millésimes solaires, 2015, 2006 et 1999. « Au XXe siècle, on a débuté les vendanges une seule fois au mois d’août en 1976. Depuis 2003, c’est arrivé huit fois ! » L’une des grandes questions qui se pose réside dans la diminution de l’acidité : celle-ci est-elle susceptible de diminuer la fraîcheur des vins ? « Je ne suis pas un obsédé de l’acidité. Je ne pense pas que l’on puisse résumer une personne à sa taille ou à son poids, de la même manière, on ne peut pas résumer un champagne à son acidité et à son dosage. Certes, on observe qu’en moyenne décennale, depuis 1988, il y a une inflexion, les vendanges sont plus mûres, ce qui signifie plus de sucre, d’arômes, de structure, moins d’acidité, mais tout en restant dans des équilibres analytiques confortables. Les vignerons du Sud de la France envient quand même nos PH ! Ce qui fait la fraîcheur, ce n’est pas seulement l’acidité. Lorsque vous dégustez par exemple ce 2015, prêtez attention aux beaux amers de la finale. L’intérêt de ces millésimes est de pouvoir jouer non seulement sur les acidités, mais aussi sur l’amertume qui résulte du surcroît de maturité phénolique. On a davantage d’extraction à la vendange même si on continue à presser de manière très délicate. Dans ces amers, certains sont grossiers, il faut les écarter, mais d’autres sont nobles, salivants et peuvent être combinés à l’acidité résiduelle pour donner cette impression de fraîcheur. »

©A. Viller

La question du réchauffement climatique est décidément au cœur des préoccupations des Champenois, puisque dans la master class consacrée au champagne Ruinart et animée par Louise Bryden, œnologue de la Maison, on s’est intéressé à son impact sur le chardonnay, ce cépage au cœur de l’identité de la marque. On a ainsi pu découvrir comment une maison innovait et prenait des risques, quitte à ne pas sortir la cuvée sur laquelle elle a travaillé avec la vendange 2017… Le commentaire de l’un des auditeurs, chef d’entreprise, résume le niveau : « un moment hors du temps grâce à l’intervention d’une jeune femme exceptionnelle et d’une dégustation cinq étoiles! »
Cette master class de prestige a été l’occasion, pour les amateurs de champagne, de découvrir en avant première l’une des nouvelles cuvées qui sortira en juin.

©A. Viller

Accorder caviar et blanc de blancs, cela peut sembler aller de soi. Mais c’est méconnaître la diversité des chardonnays champenois et celle des caviars. Le chardonnay peut prendre des accents pâtissiers, beurrés, avoir un caractère exubérant sur des notes de fruits exotiques, développer une certaine richesse… Ce sera délicieux, mais pas forcément en phase avec le caractère salin, iodé et fumé des précieux œufs d’esturgeon. Aussi, le chef de caves de la Maison Lombard, Laurent Vaillant, nous a présenté trois chardonnays, tous issus des sols crayeux de la Côte des blancs, Le Brut Nature Cramant Grand Cru, le Brut Nature Cramant Grand Cu lieu-dit « Les Bauves », et le Brut Nature Le Mesnil-sur-Oger Grand Cru. Chacun a une expression différente, mais avec en commun beaucoup de minéralité, de verticalité, de pureté, de salinité, une fraîcheur bien tranchée et de jolies notes d’agrumes. Pour les accompagner, Tigrane Pétrossian de la Maison Prunier, a choisi le Caviar Tradition issu d’esturgeons Baeri et un caviar Osciètre « plus crémeux, finement iodé, tout à fait en connivence que ce soit en texture et en goût ».

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[Champagne Tasting] Trois cuvées bios qu’ils ne fallait pas rater à Champagne Tasting !

Dans la gamme des maisons aujourd’hui présentes à Champagne Tasting, les cuvées bios ne cessent de gagner du terrain. Ce sont souvent des champagnes avec un style bien à eux et beaucoup de caractère. Ils viennent ainsi enrichir la diversité des expressions du terroir champenois et l’on ne peut que s’en réjouir. Terre de vins partage avec vous ses trois coups de cœur.

Le Triple B 2015 de Besserat de Bellefon 
Un champagne assemblant les trois cépages qui, comme « BB », n’a besoin de personne ! Quelle opulence en effet, quel fruit éclatant pour ce troisième opus qui suit 2013 et 2012, avec une fin de bouche très minérale, presque fumée. 2015 est une année solaire et le risque aurait pu être de manquer de fraîcheur. Sans qu’on sache très bien l’expliquer, la conduite en bio a cet avantage de ramener un surcroît de tension, bienvenu sur ce millésime. La maturité de l’année se prête aussi à merveille à l’absence de dosage. Le style est sans doute un peu plus oxydatif que le reste de la gamme, mais il trouvera sans peine ses amateurs. Le 2013, moins consensuel, n’avait pas suscité un enthousiasme immédiat sur les marchés. Le 2015 au contraire a déjà déclenché un engouement incroyable. « On est à plus de 120 % d’augmentation des ventes par rapport à l’année dernière » confie Nathalie Doucet, la présidente de la Maison. Quant au chef de caves Cédric Thiébaut, il explique. « L’appréhension d’un vignoble bio nécessite du temps. En 2015, on commençait à avoir quatre ou cinq années de recul, forcément cela joue. C’était aussi un millésime très facile pour faire du bio, la sécheresse a fait que l’on n’a eu aucune maladie sur les vignes. »

Esprit nature bio Blanc de noirs de H. Blin
La coopérative H. Blin à Vincelles est une véritable pionnière du bio. « Nos vignerons sont des fous furieux, des jardiniers derrière chaque pied ! » De la folie, il en faut en effet un peu pour se lancer dans pareille aventure, surtout dans la vallée de la Marne, là où l’humidité est la plus forte en Champagne déclenchant souvent de terribles épidémies de mildiou. Et pourtant, la dynamique est bel et bien engagée ! « Nous avons commencé il y a dix ans avec trois hectares, aujourd’hui nous en avons dix certifiés, et d’ici deux ou trois ans, nous en aurons 20 ! Nous lançons de plus en plus de choses atypiques, à côté de nos deux cuvées bios (un blanc de blancs et un blanc de noirs), nous aurons ainsi d’ici quelques mois des cépages oubliés. » explique Valérie Mazocky Aubry, responsable commerciale France. Nous avons pu déguster la cuvée Esprit Nature Blanc de noirs, un Extra Brut 50% meunier, 50 % pinot noir et nous n’avons pas été déçus du voyage. Le vin combine à merveille le charme et la rondeur du meunier à la puissance du pinot noir, avec de très séduisantes notes de poire, le tout sans lourdeur grâce à une acidité bien marquée (les malos sont bloquées). Nous avons aussi particulièrement apprécié la crémosité de la texture. (35€)

Origine de Chassenay d’Arce
Sur la Côte des Bar aussi le bio est de plus en plus à l’honneur. Nous sommes allés rencontrer la coopérative Chassenay d’Arce qui nous a présenté sa cuvée Origine, un 100 % pinot noir avec une majorité de 2015 auquel s’ajoutent un peu de 2014 et de 2013, le tout dosé à cinq grammes seulement. L’assemblage est astucieux. Sur une année solaire comme 2015, choisir de faire un 100 % pinot noir était périlleux, le risque sur un cépage aussi structuré que le pinot noir est d’obtenir un vin avec un peu trop d’épaule et de puissance, là où une pointe de chardonnay ramènerait un peu de légèreté et de fraîcheur. Mais si on le combine avec deux années un peu froides comme 2014 et 2013 pour ramener de l’acidité et de la minéralité tout en dosant très faiblement, on peut arriver à compenser, surtout sur la vallée de l’Arce, réputée la plus froide de la Côte des Bar du fait de son altitude. Le résultat est probant. Le vin s’exprime sur des notes de pierre à fusil, de citron vert, avec une salinité bien nette et l’amertume de l’écorce d’orange qui vient retendre la fin de bouche. Alors qu’on imagine d’habitude plutôt le chardonnay pour accompagner un plateau de fruits de mer, ce blanc de noirs sied parfaitement !

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« Chateaunet Challenge » : les visiteurs de Champagne Tasting se testent à l’aveugle

Parmi les animations de Champagne Tasting, qui se tient toute la journée au Palais Brongniart à Paris, le « Chateaunet Challenge » permettait aux visiteurs de tester leurs talents de dégustateurs à l’aveugle. Cinq cuvées étaient à identifier.

C’est un rendez-vous ludique et compétitif qui séduit de plus en plus d’amateurs dans le cadre des événements Terre de Vins : en partenariat avec Chateaunet, site de vente de vins en ligne appartenant à la maison de négoce Duclot (représenté par Sandrine Julia), le « Chateaunet Challenge » invite les visiteurs à tester leurs talents de dégustateurs dans le cadre d’une session à l’aveugle. Cinq champagnes étaient à identifier aujourd’hui en marge de Champagne Tasting, qui se déroule toute la journée au Palais Brongniart à Paris. Quatre champagnes blancs et un champagne rosé, pas si faciles à trouver – les dégustateurs disposaient de questionnaires à choix multiples pour orienter leurs réponses, qu’il s’agisse de la maison de Champagne, du dosage, du profil (assemblage, blanc de noirs, blanc de blancs), du cépage dominant, etc.

À l’issue de la dégustation, les cinq cuvées étaient dévoilées, en présence des représentants des différentes maisons :
– Champagne Charles Heidsieck – Brut Réserve
– Champagne Moutard-D’Angin – « La Croix aux Curés » (monoparcellaire 100% pinot blanc)
– Champagne De Barfontarc – Blanc de Noirs Brut (100% pinot noir)
– Champagne Delavenne Père & Fils – Rose Marne
– Champagne Moutard – « Champ Persin » Blanc de Blancs (100% chardonnay)

Quant aux dégustateurs, à l’issue du dépouillement, ils se répartissent dans le Top 5 suivant, avec des notes comprises entre 57/80 et, pour la gagnante, 70/80. Ils remportent des lots offerts par Chateaunet, entre bons d’achats et coffrets de champagne.
– N°5 : Damian Blanchon, étudiant et amateur de vin
– N°4 : Océane Duprat, éudiante en école de commerce, spécialisation dans la filière vin
– N°3 : Amaury Despas, professionnel de la communication dans le vin
– N°2 : Eric Lebrasseur, informaticien et grand passionné de vin
– N°1 : Sylvie Fourniat, architecte et dégustatrice amatrice.

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[Champagne Tasting] Le champagne Thiénot dévoile l’histoire d’un joyau du patrimoine rémois

Champagne Tasting, c’est l’occasion de découvrir de grands vins, mais aussi de belles histoires. La Maison Thiénot qui présente aujourd’hui ses vins au Palais Brongniart rénove en ce moment un hôtel particulier en plein cœur de la capitale des sacres, dont les caves nous racontent une partie de l’épopée champenoise. Celles-ci devraient bientôt constituer l’une des plus belles adresses oenotouristiques de la Champagne.

Le 3 de la rue du Marc a une histoire particulière. Il y a d’abord le nom de la rue qui prête à confusion. D’aucuns le relient au marc du raisin, mais il fait en réalité référence à l’ancien hôtel de la monnaie, tout proche et où le « marc » (qui a donné le marck en Allemand !) constituait une unité de mesure pour peser les métaux précieux. L’endroit a cependant bien hébergé par le passé des maisons de champagne et il a même constitué la matrice de plusieurs grandes marques historiques de l’appellation. 

Si la bâtisse a été reconstruite dans les années 1920 dans le plus pur style Art Déco, les caves en revanche ont miraculeusement résisté aux bombardements, sauvant au passage le million de bouteilles qui y était alors stocké. On y trouve des témoignages de toutes les époques. Ainsi, dès le premier caveau qui plonge en direction de l’hôtel des Comtes de Champagne, on découvre une voûte brisée, vestige du Moyen Âge. 

L’escalier qui descend ensuite est surmonté par des départs de voûtes inachevées. Le dégradé qu’elles forment permettait au visiteur qui palpait le plafond de se repérer et d’identifier la descente des marches dans l’obscurité. On retrouve ce système dans les anciennes caves de l’abbaye Saint-Nicaise, à l’intérieur des crayères de la Maison Taittinger. Jolie curiosité, la maçonnerie comprend un bout de chapiteau, placé à l’envers. « Il s’agit d’un réemploi. Dans la société médiévale, rien ne se perdait ! » explique l’historien Patrick Demouy. « Quant aux motifs de feuillage très simples, si on se base sur ce que nous connaissons de la cathédrale, ils sont caractéristiques du XIIIe siècle ».

Dans les caveaux suivants, on est frappé par la quantité d’évents. Ils devaient provoquer des variations de température trop importantes pour ne pas nuire à la bonne conservation du vin. On peut en déduire qu’il ne s’agissait pas de la première vocation de ces galeries. Rien de surprenant : le quartier a d’abord été tourné vers le commerce des draps. Aussi, pour éviter les moisissures, une bonne ventilation des caves était indispensable si on souhaitait y stocker ces marchandises. Il faut se souvenir que la première activité économique de Reims, depuis le Moyen-Âge jusqu’aux années 1950, était le textile, loin devant le vin de Champagne. L’organisation par les Comtes des fameuses foires de Champagne en ont assuré la prospérité, faisant de la région le point de rencontre entre les drapiers des Flandres et les marchands du Nord de l’Italie. 

Mais on rappellera que les premiers négociants à produire et vendre du champagne furent aussi les négociants du textile qui mirent à la disposition du vin du diable leur réseau commercial international déjà constitué. Les risques que représentaient en effet le commerce du champagne, compte tenu de la maîtrise empirique de la prise de mousse et du taux de casse, nécessitaient d’avoir d’autres activités parallèles. D’une certaine manière, ces caves qui ont d’abord servi au textile avant d’être employées pour le champagne, sont l’un des plus beaux symboles de cette union sacrée entre la laine et le vin qui fit la fortune des bulles champenoises. 

D’autres caveaux sont plus tardifs. L’une des galeries comporte ainsi deux niches qui servaient à poser les lampes, dont une reprenant la forme d’un coquillage, tout à fait dans le style du XVIe XVIIe siècle. Peut-être ce caveau a-t-il été le premier à recevoir du vin. Il est en effet connecté à l’hôtel Le Vergeur, ancienne propriété de Nicolas Le Vergeur. Or un « vergeur » est un courtier en vins qui trempait une verge en bois dans les tonneaux pour vérifier leur profondeur et donc leur volume.

La connexion avec le monde du vin semble cependant se préciser surtout au XIXe siècle. Les deux frères Irroy qui ont fondé en 1820 une maison de champagne (aujourd’hui propriété de Taittinger) à Mareuil sur Ay, ont déménagé en 1837 leur affaire à Reims pour l’installer dans cette demeure. Mais compte tenu du développement de la Maison qui connaît un grand succès en Angleterre, dans les colonies britanniques et aux Etats-Unis, ils ne tardent pas à s’y sentir à l’étroit. C’est probablement ce qui motive la revente en 1854, lui préférant le quartier proche de l’actuelle Maison Roederer. 

La famille Henriot a alors pris le relais. Ces négociants ont débuté dans le textile, mais sont aussi liés au Chanoine Godinot, oncle d’Apolline Henriot, fondatrice de la Maison. On doit à ce religieux janséniste le tout premier traité décrivant en détail la technique du pressurage champenois qui permet d’obtenir du vin blanc à partir de raisin noir. On sait qu’Ernest Henriot a fondé en 1851 avec son beau-frère Charles Heidsieck la Maison Charles Heidsieck, l’une des premières à avoir exploré le marché américain et à s’y être forgé un nom. Il n’est pas impossible qu’une partie des bouteilles aient été stockées ici avant que les deux familles choisissent de poursuivre leurs affaires séparément.

Enfin, dernier grand nom de la Champagne à partir de 1910 et jusqu’en 1928, Henri Alexandre Geoffroy, lequel était propriétaire à la fois de l’hôtel des Comtes de Champagne, du 3 de la rue du Marc et de l’hôtel Le Vergeur, l’ensemble de ces caves formant alors un vaste réseau relié. Il y exploitait deux marques célèbres, le champagne Couvert (créé en 1820) et le champagne Forest & Fourneaux (une marque rachetée depuis par Taittinger qui récupéra au passage l’hôtel des Comtes de Champagne). Cette deuxième maison est l’une des plus anciennes de l’appellation. Fondée en 1734 (Ruinart date de 1729), elle cultivait des vignes à Rilly-la-Montagne, et figurait aussi parmi les très grands noms du textile. Cette maison partage un bout de son histoire avec le champagne Veuve Clicquot. A la mort de François Clicquot, son épouse Barbe Nicole Ponsardin (la Veuve Clicquot), a choisi de s’associer avec Jérôme Alexandre Fourneaux. Cette collaboration a duré quatre ans de 1806 à 1810. Elle ne sera en effet pas aussi profitable qu’espérée. La société doit affronter alors l’instabilité géopolitique en Europe provoquée par les guerres napoléoniennes qui gêne beaucoup les exportations mais aussi les approvisionnements en sucre et en bouchons. Un choix malheureux pour Alexandre Fourneaux, lorsqu’on sait le succès qu’a connu ensuite la Veuve…

Le 3 de la rue du Marc, transformé par la suite en immeuble d’habitation, a donc retrouvé avec la famille Thiénot qui l’a racheté en 2011 sa vocation initiale, ouvrant une nouvelle page de sa grande histoire.

https://www.champagne-thienot.com

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Champagne Tasting saison 6 c’est parti !

Toute la journée, Champagne Tasting réunit au coeur de majestueux Palais Brongiart, une soixantaine d’exposants : Maison de Champagne, Coopératives de Champagne, Champagne de Vignerons pour vous raconter leurs terroirs et vous révéler leur savoir-faire. 

Cinq master class d’exception
11h15 – 12h00 Veuve Clicquot – L’art du Vieillissement
12h45 – 13h30 Henriot – Un demi siècle de transmission des terroirs fondateurs
14h30 – 15h15 Ruinart – Champagne & variations climatiques : l’exemple du chardonnay
16h00 – 16h45 Moët et Chandon – Une histoire de lumière – Les Grands Vintage par Moët & Chandon
17h45 – 18h30 Lombard – Blanc de Blancs et Terroirs de Champagne : l’impact du sol sur le goût en accord avec Caviar Prunier

Deux ateliers découverte avec le Syndicat Général des Vignerons de la Champagne
11h30 : Vif, fruité ou intense ? A l’instar de nos vignerons, tous les champagnes ont leurs caractères. 

Les cuvées dégustées :

Champagne Palg Devitry, Cuvée Blanc du Lys, Côte des Bar, Urville

Champagne Dom Caudron, Cuvée Epicurienne, Vallée de la Marne, Passy-Grigny

Champagne Lejeune Dirvang, Cuvée Le Clos des Fourches,  Montagne de Reims, Tauxieres-Mutry

14h30 : Nos rosés ont du caractère ! Vif, fruité ou intense, découvrez les champagnes rosés de nos vignerons.

Les cuvées dégustées :

Champagne Delavenne, Cuvée Rosé, Montagne de Reims, Bouzy

Champagne Veuve Olivier, Cuvée Brut Rosé, Vallée de la Marne, Trélou-sur-Marne

Champagne Marina D., Cuvée Rosé de Saignée, Vallée de la Marne, Vandières

Un concours de dégustation
12h45 – 13h30 : Chateaunet Challenge

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