Champagne : premier point avant les vendanges chez Charles Heidsieck

Alors que le premier dîner Bacchus Business Club se profile, Terre de vins est allé à la rencontre de l’un de ses principaux partenaires, la Maison Charles Heidsieck en Champagne, pour prendre le pouls de ce beau domaine à la veille des vendanges. Stephen Leroux, son directeur général et Cyril Brun, son chef de caves, nous livrent un tableau contrasté entre des ventes en pleine reprise et une vendange compromise par le gel printanier et les pluies estivales.

La Maison Charles Heidsieck accompagne le lancement des premiers dîners du Bacchus Business Club qui auront lieu chaque mois à Bordeaux, Lyon et Marseille. Des rendez-vous incontournables pour ceux qui veulent à la fois développer leurs relations professionnelles et approfondir leur culture du vin. Au programme, la découverte de trois cuvées de ce célèbre champagne rémois : le Brut réserve, le Blanc de blancs et le Rosé réserve. Celles-ci offrent déjà un bel aperçu du savoir-faire de la maison et de son style qui allie avec grâce fraîcheur et complexité. Le défi d’une maison de champagne réside dans sa capacité à le maintenir d’année en année, malgré les caprices que lui réservent la nature.

De fait, en Champagne, les prochaines vendanges s’annoncent difficiles et le domaine de la Maison Charles Heidsieck qui s’étend sur 80 hectares n’a pas été épargné. Certifié HVE depuis 2015, il est basé à 50% dans l’Aube sur la côte des Bar, le reste se divisant entre la côte des Blancs et la Montagne de Reims. La partie auboise est la plus affectée. « Dans l’Aube, le débourrement est toujours un peu plus précoce, les vignes ont donc davantage souffert des gelées printanières. Si la Côte des Bar concentre l’essentiel des dégâts, j’ai pu constater ces derniers jours qu’il y avait en réalité peu d’endroits en Champagne où le gel avait laissé des parcelles indemnes » confie Cyril Brun, le chef de caves de la Maison.

S’ajoutent les conséquences des pluies récurrentes qui se sont abattues pendant l’été : « Nous avons reçu six mois de pluie en un mois et demi, les vignes ont été envahies par l’herbe, mais surtout par le mildiou qui a barbouillé toutes les zones et plus particulièrement la vallée de la Marne sur sa façade Ouest, plus exposée aux pluies. Au domaine, on estime le rendement entre 6 et 7000 kilos/hectare. Ce serait déjà très bien vues les circonstances ! Mais je pense malheureusement que l’on a encore quelques épisodes de pluie à venir dans les quinze prochains jours qui nous séparent des vendanges. Or il y a des foyers de botrytis qui ne demandent qu’à exploser. »

Côté qualité, il est encore trop tôt pour se prononcer. On peut juste constater qu’après un été froid, on devrait avoir une belle acidité, une caractéristique de plus en plus recherchée avec le réchauffement climatique. Entre les différents cépages, il existe des contrastes. Les chardonnays de la Côte des blancs ont, semble-t-il, moins souffert du mildiou. Les vignes sont de ce fait plus chargées et en retard dans leur cycle de maturation d’un degré et demi sur les deux autres cépages. Si ces chardonnays peuvent s’avérer intéressants qualitativement et sortir un peu du lot, Cyril Brun n’envisage pas de les millésimer. « On va plutôt les utiliser pour travailler les assemblages des sans année, on ne fait des millésimes que lorsque l’on est sûr de ne pas dénaturer la gamme non vintage, ici on aura un déficit quantitatif et on aura besoin de ces raisins plus nobles. Je préfère conserver la stabilité de l’assemblage, c’est la voie de la sagesse. »

Une belle reprise des ventes

Côté ventes, en revanche, la reprise est là. « Un peu comme après la crise de 2008, les gens se sont réveillés d’un coup, constatant avec étonnement qu’ils étaient encore en vie et qu’ils pouvaient toujours consommer. Les produits de luxe et les grandes marques de champagne sont souvent les premiers à s’effondrer, mais aussi les premiers à repartir ». La Maison est heureuse de pouvoir honorer ses commandes, le résultat d’une politique courageuse qui a consisté même au moment du coup d’arrêt brutal du premier confinement à ne pas réduire significativement ses tirages. « En réalité, c’est la quatrième année où nos tirages sont plus importants que nos ventes de façon à pouvoir préparer le développement de Charles sur le long terme et devenir le premier des champagnes de niche. Comme tout le monde, nous avons connu une année difficile en 2020, mais notre redécollage est rapide, car nous sommes une petite maison, un peu comme un Hobie Cat, un bateau léger où dès qu’il y a un peu de vent, si on grée bien la voile, on redémarre immédiatement. Nous sommes fiers de nos fondamentaux que nous avons réinstallés et réécrits depuis 2012 grâce à notre nouvel actionnaire (EPI). Si le covid nous avait frappés trois ans plus tôt, il nous aurait été fatal. Mais le travail que nous avions réalisé pour Charles était suffisamment solide, notamment sur le plan de la distribution, pour que les consommateurs l’aient repéré et nous soient fidèles. Finalement, on s’aperçoit après le covid que nos points de distribution sont très précis et que la clientèle est au rendez-vous. »

https://charlesheidsieck.com

www.bacchusbusinessclub.com

Premier rendez-vous du Bacchus Business Club Bordeaux le mardi 7 septembre.
Premier rendez-vous du Bacchus Business Club Marseille le jeudi 9 septembre.
Premier rendez-vous du Bacchus Business Club Bordeaux le mardi 14 septembre.

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Champagne : la France combat les contrefaçons et le parasitisme

Préservatif, parfum ou sodas estampillés « champagne » : on trouve de tout parmi le millier de pièces saisies par les autorités françaises qui combattent les contrefaçons et traquent, partout dans le monde, les moindres utilisations abusives du nom.

« C’est la rançon de la gloire », estime Roxane de Varine-Bohan, l’une des cinq juristes du service « préservation de l’appellation » à Epernay, 140 km à l’est de Paris, aussi discret que stratégique, du puissant Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) qui défend 16.200 vignerons et 360 maisons de champagne.

Chaque année, en collaboration avec les autorités françaises et étrangères, il traite environ mille affaires, dans 80 pays.

L’un des derniers dossiers s’est ouvert en juin, lorsque la Russie a adopté une nouvelle loi prévoyant que seuls les vins effervescents russes pourront s’appeler « champagne », tandis que les champagnes français devront s’étiqueter en « vin pétillant ».

Depuis, trois ministres français « ont écrit à leurs homologues russes pour demander la suspension de cette loi », rappelle le directeur général du CIVC, Charles Goemaere, qui « espère une réponse en septembre ».

Les douaniers du Havre saisissaient le même mois 750 bouteilles d’un cola baptisé « Couronne Fruit Champagne » expédiées d’Haïti pour un restaurant en région parisienne. « L’objectif n’est pas d’obtenir des dommages et intérêts mais d’interdire l’utilisation du nom champagne sur ce produit vendu dans les Antilles françaises et en Amérique du Sud », ajoute Roxane de Varine-Bohan. Le comité va lancer une action civile contre l’expéditeur et essayer de retrouver le fabricant.

Environ 120 pays dans le monde ont reconnu l’appellation champagne, dont la Chine, « qui la protège très bien », selon M. Goemaere. « Certains résistent encore comme les États-Unis, la Russie, la Biélorussie, ou Haïti. Mais on va y arriver ».

« Détournements de notoriété »

La reconnaissance de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) Champagne remonte à 1936, aboutissement de la mobilisation des vignerons du terroir champenois, soit 34.000 hectares de vignes aujourd’hui, à 150 km à l’est de Paris.

« En 1843, quelques opérateurs champenois ont obtenu de la justice que des producteurs de Touraine n’appellent plus leurs vins blanc champagne », raconte M. Goemaere. Depuis, la traque n’a plus cessé, le plus souvent dans l’ombre, quelquefois en pleine lumière comme dans les années 1990 quand le CIVC impose au groupe Yves-Saint-Laurent de retirer du marché son parfum « Champagne ».

« Nous faisons un travail de fourmi contre les détournements de notoriété. Nous sommes intraitables », affirme Roxane de Varine-Bohan.

Dans le Valais suisse, la vieille commune viticole de Champagne en sait quelque chose. Lorsque, au début des années 1990, sa coopérative décide d’appeler ses vins blancs « champagne » pour mieux les vendre, elle s’attire les foudres du CIVC qui l’attaque en justice. Le comité obtient gain de cause en 1999 grâce à des accords bilatéraux entre l’Union européenne et la Suisse. Et en avril dernier, nouvelle victoire du comité, qui décroche l’annulation de la création d’une AOC baptisée « Commune de champagne ».

Renseignement mondial

Même si en France, la douane affirme ne traiter qu’un « très faible nombre d’affaires relatives aux contrefaçons de champagne », peu de produits qui utilisent indûment le mot champagne échappent à la vigilance du CIVC. Même les plus modestes comme, il y a quelques années, des bonbons vendus en Angleterre ou un cola distribué en Allemagne.

Cette vigilance s’appuie sur une toile tissée par le réseau des Maisons du Champagne dans dix pays, 70 cabinets d’avocats dans le monde et, surtout, les signalements envoyés par les amateurs de champagne. « Ces alertes représentent 80% de nos dossiers », explique Charles Goemaere.

« Quelquefois, la contrefaçon peut alimenter des réseaux criminels », signale Roxane de Varine-Bohan.

Au début des années 2010, les douaniers interceptent en Moselle un semi-remorque italien à destination de la Grande-Bretagne. Il contenait des milliers de bouteilles de mousseux bas de gamme estampillés « champagne » grâce à de fausses étiquettes. La piste devait remonter jusqu’à un réseau mafieux.

« Tant que, partout dans le monde, le mot champagne sera aussi connu, il y aura de l’argent à se faire. Notre travail est infini », juge Charles Goemaere.

Par Dominique CHARTON pour AFP

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[Nouveau numéro] La rentrée avec les Foires aux Vins, Brad Pitt et Chicandier

En cette période de rentrée, le magazine « Terre de Vins » fait lui aussi son retour dans les kiosques. Un nouveau numéro exceptionnellement dense (plus de 160 pages, plus trois cahiers spéciaux !) et riche en contenu : Foires aux Vins, reportage en Provence chez Brad Pitt, entretiens au long cours, gourmandises et escapades… Une reprise en pleine forme !

« Faut-il lire Terre de Vins ? » demande Rodolphe Wartel dans son éditorial intitulé « La rentrée en questions ». Une interrogation pour le moins provocatrice, à l’heure où sort le nouveau numéro du magazine. Bien sûr, la réponse est OUI. Non seulement parce que Terre de Vins se déploie sur le grand est de la France pour une diffusion plus appuyée grâce à un accord avec le groupe de presse EBRA, mais surtout parce que ce numéro de rentrée est plus riche que jamais. En termes de pagination, c’est un record, avec 164 pages au compteur et trois cahiers spéciaux (Côtes du Rhône Villages, Spécial Hérault, Concours des vins Terre de Vins et ses 830 médailles). En termes de contenu, les amoureux du vin y trouveront forcément leur bonheur. Jugez plutôt.

La jungle des Foires aux Vins

Rentrée oblige, les Foires aux Vins occupent une place de choix dans ce numéro. Dans les grandes enseignes, les chaînes de cavistes ou chez les opérateurs du web, les dégustateurs de Terre de Vins ont sélectionné quelque 130 bons plans pour aider les consommateurs à se repérer dans la « jungle des Foires aux Vins ». Ces consommateurs et l’évolution de leurs attentes sont d’ailleurs au cœur d’un article de fond sur les tendances observées par l’opérateur France Boissons.

Côté dégustation, le programme de rentrée est foisonnant : une sélection de seconds vins de Bordeaux (en amont de la Foire aux Seconds Vins qui sera organisée par Terre de Vins le 16 octobre), un passage en revue du millésime 2018 chez l’Association des Grands Crus Classés de Saint-Émilion, un coup de projecteur sur l’appellation Irouléguy, un quatuor de bio pioché du côté de Fitou, une verticale du Clos des Mouches de la maison Joseph Drouhin en Bourgogne…

De Brad Pitt à Chicandier

La Bourgogne est également à l’honneur dans la saga de ce n°73, qui s’intéresse à la famille Trapet. Si elle est bien connue des amateurs pour son ancrage de longue date à Gevrey-Chambertin, cette dernière s’est aussi déployée en Alsace, à Riquewihr, où elle perpétue son engagement en faveur de la biodynamie.
Alsace, avez-vous dit ? C’est parti pour une escapade sur les terres de l’appellation Crémant d’Alsace, entre Strasbourg et Colmar.

Enfin, ce numéro de rentrée est riche en rencontres et en reportage. En exclusivité, Brad Pitt a ouvert les portes de sa propriété Miraval en Provence, un domaine splendide où l’acteur écrit depuis 10 ans une fantastique success story. L’humoriste Jason Chicandier, qui avait lancé sa gamme de vins avant l’été (à lire sur Terredevins.com), se prête au jeu de l’interview. Tout comme l’autrice, poétesse et traductrice Ryoko Sekiguchi, qui fait voyager sa passion des mots et des saveurs entre son Japon natal et la France, sa terre d’adoption. Michel Veyrier, fondateur de Vinea Trnsction, pose son regard sur l’évolution du marché des transactions viticoles. Enfin, Florence Cathiard, co-propriétaire du château Smith Haut Laffitte, Cru Classé de Graves, s’est allongée « sur le divin » pour une interview en toute intimité.

Quoi d’autre ? Toute l’actualité du champagne, de la sommellerie, des cavistes ; une escale gastronomique à Lyon, au restaurant Prairial auréolé du Grand Prux du Jury lors du dernier Tour des Cartes ; la chronique de Pierre Arditi, et bien d’autres surprises. Bonne reprise à toutes et à tous !

« Terre de Vins » n°73, 164 pages, 6 euros.
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