Le monde entier voit la vie en rosé

Le monde semble toujours voir la vie en rose. En tout cas les consommateurs de vin. Une bouteille sur dix consommée sur la planète est désormais du rosé et la France reste leader toutes catégories.

Depuis dix ans, FranceAgriMer et le Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence ont mis en œuvre une démarche unique dans 45 pays, un observatoire économique des vins rosés à partir d’études, de panels et avec la collaboration d’une vingtaine d’experts, de l’OIV et des Douanes. « Le suivi a démarré en 2002 ce qui nous permet de dégager des tendances à long terme mais non sans difficulté car à l’international, rouges et rosés ne sont pas toujours différenciés dans les chiffres » reconnait Brice Amato, responsable études et analyses à l’interprofession des vins de Provence. Les chiffres qui mettent du temps à être décortiqués proposent ainsi un état des lieux en 2019.

Depuis 20 ans, la couleur a progressé de 10%, une tendance accrue en Europe occidentale, en Scandinavie et aux Etats-Unis. La part de la consommation de rosé est passée de 8,4% des vins tranquilles en 2002 à 10,5% pour atteindre 23,6 M d’hectolitres. La France et Les Etats-Unis concentrent à eux deux la moitié des consommateurs et en tête de la consommation par habitant, on retrouve l’Hexagone avec plus de 15 l. par an, à comparer avec la consommation américaine à seulement 1,3 l augurant d’une belle marge de progression. On constate, sur les principaux débouchés, une réorientation de la consommation vers des les rosés secs et clairs, type provençaux, en particulier sur le marché américain qui tend à délaisser les blushs plus sucrés. « La couleur dépend beaucoup des cépages utilisés et ils sont très variés dans la majorité des pays, d’où des profils divers, au global assez foncés, même si on ne peut pas nier un éclaircissement général », estime le directeur des vins de Provence Brice Eymard. Même constat pour le Languedoc qui exporte également beaucoup outre-Manche et outre-Atlantique « avec des rosés principalement à base de cinsault et grenache dans le sillage de la Provence et aujourd’hui, davantage en AOP qu’en IGP » reconnait Christophe Jammes responsable des études économiques pour les vins du Languedoc.

La France reste moteur des échanges

Côté production, on constate une relative stabilité entre 22 et 25 M hl par an pour avoisiner les 10% du global des vins tranquilles. Là aussi, la concentration est localisée en Europe et aux Etats-Unis avec une extension dans de nouveaux pays comme le Chili, l’Afrique du Sud, l’Europe de l’Est et plus récemment, la Nouvelle-Zélande. Avec l’Espagne, la France pèse 57% de la production mondiale ; si on rajoute les Etats-Unis, on atteint les trois quarts, la botte italienne qui a divisé sa production par 2 en 10 ans n’étant plus présente dans le trio de tête. « En France, la consommation est toujours largement supérieure à la production, avec un déficit accru en 2017 du à une faible récolte, mais depuis 2018, le déséquilibre tend à s’estomper, analyse Audrey Laurent chargée d’études Vins à FranceAgriMer. A l’inverse, l’Espagne a fait exploser sa production, aujourd’hui au 2e rang et qui dépasse largement sa consommation, seulement au 7e rang avec 2% du chiffre mondial ».

Plus de quatre bouteilles sur dix traversent une frontière, ce qui tend à démontrer un plus grand dynamisme des rosés par rapport aux vins tranquilles. Sur 10,4 M hl importés, la France garde le leadership devant l’Allemagne et le Royaume-Uni de plus en plus talonné par les USA. Un leader français en volume (29%) et également en valeur (23%). En revanche, les rosés entrée de gamme sont plus présents en Allemagne mais mieux valorisés aux Etats-Unis, en Suisse, au Canada et au Japon, les marchés belge et britannique favorisant les moyens de gamme. Les importations françaises proviennent principalement d’Espagne, en vrac (55% des rosés espagnols sont expédiés en France). L’Espagne domine d’ailleurs les exportations mondiales en parts de marché, celles-ci ayant doublé en 2019 à 41% comparé à la moyenne 2007-2011 à 24%, mais elles concernent surtout des vins en vrac. L’Italie est en revanche en net recul, en volume, mais valorise davantage tandis que la France reste plutôt stable, gagnant des parts de marché avec des bouteilles plus chères. Mais ce trio pèse encore 70% du total des exportations représentant un total de 10,6 m hl pour 2,22 Mrds €. Au global, on observe un gradient nord-sud, les importateurs nets se situant plutôt dans l’Hémisphère nord, les exportateurs net dans l’Hémisphère sud.

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[PRIMEURS] Thomas Duclos, Œnoteam : 2020, “sexy dès aujourd’hui”

Tout au long de la période des Primeurs et en avant-première du n°71 de Terre de Vins qui sortira en kiosques le 19 mai prochain, des figures du vignoble bordelais nous font partager leur regard sur le millésime 2020 et la campagne qui s’annonce.

Aujourd’hui : Thomas Duclos, œnologue, laboratoire Œnoteam
Quel est le millésime le plus réussi parmi le triptyque 2018-2019-2020 ?
« Je ne peux pas me positionner en disant que l’un est mieux que l’autre. Ce sont trois gros millésimes aux identités différentes. En 2018, les vins étaient très denses, pleins et élégants. 2019 est plus ciselé, acide, long, tubé. Ce qui est intéressant dans 2020, c’est son aspect abordable, avec un côté charmeur dès aujourd’hui. Ce millésime a un début de bouche éclatant tout en étant charnu, et une trame longue, précise, un peu moins brillante que 2019, mais plus crémeuse. Cette buvalité, c’est ce qui est attendu aujourd’hui. Les gens ne sont plus prêts à attendre vingt ans pour boire du bordeaux. Avec 2020, le consommateur pourra ouvrir une bouteille dans trois ans sans être déçu. »

Terre de Vins n°71, spécial Primeurs 2020 à Bordeaux, en kiosques le 19 mai.

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Passeport OenoVisa : 7 châteaux de Graves et Sauternes à découvrir

OenoVisa est né lors du premier déconfinement de mai 2020. Cette deuxième édition regroupe sept châteaux de Graves et de Sauternes qui se connaissent tous et propose un circuit de visites gratifiant.

Caroline Perromat, propriétaire du château de Cérons, explique bien que, lorsque des visiteurs avaient terminé leur visite, ils demandaient souvent « où est-ce qu’ils pouvaient aller maintenant ? ». « On a toujours envoyé nos clients vers des propriétés dans lesquelles on avait confiance ». Et Marie-Hélène Yung-Théron, la propriétaire du château de Portets confirme que « l’amitié lie les différents châteaux : il y a une offre variée mais une pensée collective ». Tout cela fortifie l’idée que l’intérêt commun anime cette communauté de châteaux et qu’on sera bien accueilli où que l’on aille. OenoVisa est un « sésame qui ne fait que formaliser ce que l’on constatait » nous confie Caroline Perromat. Il ouvre des portes et « rassemble ces propriétés qui s’entendent ». Vincent Labergère, Directeur Général du château Rayne Vigneau, indique que « les châteaux sont dans le même intérêt économique et que le passeport permet au touriste d’aller plus vite dans son choix ». En effet, les pictogrammes qui caractérisent chaque château sont très visibles et compréhensibles par le détenteur du passeport : point de vue, monument historique, 7/7, panier pique-nique, accès handicapé, Best of wine tourism, etc. L’offre est donc différente, mais complémentaire, dans un territoire de Graves et de Sauternes d’une grande richesse qui permet au visiteur de choisir parmi un large éventail de possibles.

Mais comment faire une sélection parmi ce large choix ? OenoVisa est une réponse et Marine Barreau, chargée d’oenotourisme au château de Portets et présidente de l’association OenoVisa, nous éclaire sur les objectifs de ce passeport : lorsque les gens veulent faire une visite dans les Graves ou le Sauternais, « ils ne savent pas quoi choisir. Avec ce passeport, l’offre est restreinte et les gens ne se noient pas ». Toutefois, s’il y a une offre variée, il y a « une communauté de pensée » nous dit Vincent Labergère. Les acteurs de ce passeport se connaissent tous et sont animés par le même objectif du bon accueil.

Les visiteurs pourront visiter des propriétés reconnues pour leur grande qualité d’accueil donc mais aussi reconnues pour leurs activités œnotouristiques telles que visites techniques, dégustations, lieux d’accueil artistique et culturel, activités familiales, lieux de gastronomie, monuments historiques… A noter que tous les domaines promeuvent une agriculture responsable (HVE ou bio) et sont tous certifiés « Vignobles et Découvertes ».
Un passeport plutôt bien perçu. La route des vins de graves et sauternes relaie le dispositif. L’objectif n’est pas de concurrencer. Marine Barreau indique que sur la précédente édition « il a eu des retours positifs de la part des visiteurs mais également de la communauté de communes de la route des vins. Deux châteaux aux moins sont visités avec ce passeport ».

Fonctionnement du passeport

On peut se procurer le passeport OenoVisa dans les sept châteaux participant, ou les offices de tourisme, hébergeurs, restaurateurs locaux ou bien directement en ligne. Celui-ci est gratuit. Dès la première activité œnotouristique achetée dans un des 7 châteaux, et dès 50 € d’achat, le passeport OenoVisa de l’œnovoyageur est tamponné. Dès le deuxième tampon, il reçoit une bouteille de vin d’une propriété qu’il n’a pas visitée, ainsi qu’à chaque tampon supplémentaire par la suite. L’objectif est de gratifier les visiteurs à chacune de leurs excursions dans le vignoble. Le passeport peut être individuel ou pour un groupe.

OenoVisa c’est l’occasion d’organiser en famille ou entre amis une sortie ludique ou culturelle, avec des étapes variées et, si vous le souhaitez, un moment repas dans un des châteaux. L’essayer c’est l’adopter !

www.oenovisa.com
Voir détail du passeport en pdf
Renseignements à oenotourisme@chateaudeportets.fr ou au +33 (0)5 56 67 12 30

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