Gel : face au changement climatique, un système d’assurance à refonder

Le récent épisode de gel l’a démontré de manière dramatique: le monde agricole reste peu assuré face aux risques climatiques, dont l’intensité et la fréquence vont continuer de croître, incitant les acteurs à réfléchir à un nouveau système.

La facture totale n’est pas encore connue, mais les pertes s’annoncent très importantes et vont nécessiter la mise en oeuvre d’un fonds exceptionnel d’indemnisation pour certains types de cultures. « Le problème n’est pas celui de l’assurance mais celui de la non-assurance. Aujourd’hui, environ 32% des surfaces viticoles sont couvertes par un contrat multirisques climatiques et 3% à 4% des surfaces arboricoles », pointe auprès de l’AFP Franck Le Vallois, directeur général de la Fédération française de l’assurance (FFA).

La France dispose bien d’un fonds dédié aux calamités agricoles. Sauf qu’il n’indemnise que les pertes causées par un événement climatique jugé non assurable. Cela exclut de facto les sinistres couverts par des assureurs privés.

« Il va falloir une réforme lourde car en l’état, ça ne tient pas », avec de nombreux agriculteurs non assurés et à la merci du moindre événement climatique, constate Olivier Moustacakis, cofondateur du comparateur en ligne Assurland.com. « Il y a une mauvaise articulation entre le régime assurantiel et le régime calamité »: tous les types d’exploitation ne sont pas logés à la même enseigne, ce qui conduit à « un système inachevé », abonde le député LREM Frédéric Descrozaille, chargé par le gouvernement d’un rapport sur le sujet.

Assurances peu rentables

À titre d’exemple, les viticulteurs ayant la possibilité de s’assurer de manière privée ne peuvent prétendre au fonds dédié aux calamités agricoles. Mais dans le cas des prairies et de l’élevage, « que vous soyez assurés ou pas, vous êtes éligibles au régime calamité », relève M. Descrozaille. « On peut se retrouver dans une situation où un agriculteur va être moins bien indemnisé que son voisin qui n’est pas assuré et qui va profiter du régime calamité! »

En outre, ce régime est historiquement très peu rentable pour les assureurs, voire même déficitaire dans un contexte d’accélération de la fréquence et de l’intensité des catastrophes climatiques. La nécessité de réformer le système est un serpent de mer. « Nous avons déjà connu d’importants épisodes de gel ces dernières années et à chaque fois nous semblons redécouvrir le problème », rappelle M. Le Vallois.

Les agriculteurs « surestiment l’impact des événements majeurs mais sous-estiment les événements d’ampleur moyenne mais qui sont récurrents » comme le gel, remarque aussi Delphine Letendart, directrice marché agricole pour Groupama.

Selon Groupama, leader du marché avec Crédit Agricole, il faudrait qu’au moins 60% des surfaces soient assurées afin d’aboutir à une meilleure répartition des risques. Augmenter le nombre d’assurés pourrait toutefois coûter plus cher à l’État, qui tente d’inciter financièrement les agriculteurs à se couvrir auprès du secteur privé. Les primes d’assurance multirisques climatique sont en effet subventionnées à 65%, via le budget de la politique agricole commune, et l’indemnisation se déclenche à partir de 30% de pertes. Une directive européenne permettrait d’abaisser le seuil de déclenchement à 20% et d’augmenter la subvention à 70% -« mais est-ce que ce sera suffisant ? », s’interroge M. Moustacakis.

Culture du risque insuffisante

« Il y a un montant (de subventions) pour l’assurance de 160 millions d’euros, nous souhaitons que ce montant soit doublé », a réclamé lundi Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. « Cette enveloppe là, on ne sait pas bien où on la prend », explique cependant M. Descrozaille. Pour le député, une réforme pourrait passer par un système à plusieurs étages, imitant peu ou prou celui qui prévaut pour les catastrophes naturelles.

Les risques les plus faibles (petit gel par exemple) ne seraient pas couverts, charge aux agriculteurs de prendre des mesures individuelles de prévention. Le marché de l’assurance prendrait en charge les risques moyens (gel plus important, sécheresse…), même si la piste d’une assurance multirisques climatique obligatoire semble écartée, les agriculteurs s’y opposant. Enfin, l’État se chargerait des risques forts, à savoir les catastrophes d’ampleur exceptionnelle. « Mais ça nécessitera un très gros effort de solidarité nationale », prévient M. Descrozailles.

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Rhône : Lirac dévoile son plan environnemental

Le cru de la rive droite a engagé une démarche de protection paysagère et environnementale. Ce vaste dossier, qui s’étalera sur trois années, se révèle indispensable pour développer sa notoriété.

En faisant appel aux cabinets Teloa et Envilys, l’ODG a deux objectifs. Le premier est de préserver ses territoires viticoles. Situé dans une région attractive, sur un grand axe de passage et dans un secteur au fort développement urbain et industriel, le vignoble est soumis à de multiples agressions. Autre constat concomitant, des vignerons arrivent à l’âge de la retraite et peuvent se laisser influencer par les sirènes des communes qui repensent leur aménagement et projettent la création de zones d’activités. Rodolphe de Pins, le président de l’ODG, reconnaît que : « il y a encore des endroits bien protégés, d’autres ont subi le développement intensif de l’industrialisation. L’impact sur le paysage est donc important. Pour cela, il faut réveiller la conscience des institutionnels. Le vignoble est une économie locale importante, qui participe à la vie économique des communes de l’aire d’appellation, soit Lirac, Saint-Géniès-de-Comolas, Saint-Laurent-des-Arbres et Roquemaure. Il est nécessaire de mettre du lien entre les mairies. » Des comités de pilotage avec les élus ont été créés avec, pour ligne directrice, la compréhension et le respect du terroir et sa réappropriation.

Le deuxième objectif est de réaliser un diagnostic paysager, afin de conserver ce patrimoine attractif qu’est le vignoble tout en préservant sa biodiversité et en développant l’œnotourisme. Grâce à l’obtention de subventions départementales, régionales et de l’Agence de l’eau, plusieurs études ont été réalisées, dont la finalité tend à des pratiques plus vertueuses, particulièrement en matière de gestion de l’eau. La soixantaine de vignerons et metteurs en marché du cru gardois, composent un collectif fort et moteur. Beaucoup sont en conversion vers l’agriculture biologique, certains déjà certifiés HVE ou Terra Vitis.
La première phase d’études est terminée. Le cabinet Teloa a proposé plusieurs actions et secteurs tests, qu’il faut désormais prioriser. Le projet, d’un montant de 80 000 €, s’échelonnera sur trois ans.

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Champagne Collery : l’histoire continue

Le champagne Collery, jusqu’aux années 1990, figurait parmi les maisons les plus importantes d’Aÿ. Des personnages hauts en couleurs comme Geneviève Herbillon-Collery ou son fils, le sénateur Jean Collery, ont marqué son histoire. La holding Guesquin a décidé d’écrire un nouveau chapitre de cette épopée.

La rumeur enflait depuis déjà quelques mois en Champagne. Désormais, c’est officiel : alors que la saga Collery semblait achevée depuis les années 2000, Nicolas Guesquin a décidé de ressusciter cette vieille maison de vins créée en 1893 par Jules Anatole Collery. L’histoire est étonnante. D’abord boulanger, Jules Anatole hérite par son épouse née Ivernel de 10 hectares de vignes. Il figure parmi les tout premiers vignerons à se lancer dans l’élaboration de son propre champagne, bien avant la grande vague des années 1930. Un choix judicieux : le champagne à la Belle Époque connaît son âge d’or, mais son succès profite davantage aux maisons qu’aux vignerons qui vendent très mal leur raisin. Partant de rien ou presque, et alors qu’il faut souvent plusieurs générations pour constituer un réseau commercial, ce self made man décroche dès les années 1900 deux médailles d’or à Paris.

La Première Guerre mondiale passe par là et la marque est mise de côté. Pierre, le fils de Jules Anatole, est mobilisé, ce qui lui laisse peu de temps pour s’en occuper, avant que la hausse du prix du raisin pendant les années folles rendent cette entreprise moins nécessaire. Il est vrai aussi que le vétéran a d’abord la mentalité d’un agriculteur et préfère le travail des vignes au commerce. La crise des années 1930 place cependant la famille dos au mur. Relancer la marque apparaît comme le seul moyen d’écouler les stocks qui s’amassent. C’est Geneviève, l’épouse de Pierre, qui va se charger des ventes. La jeune mère de famille se rend chaque semaine avec son automobile à Paris pour faire la tournée des brasseries. Elle développe une stratégie originale en pariant sur la renaissance des vins tranquilles de la région (l’équivalent des Coteaux champenois). Grâce aux premiers bénéfices, elle pourra ensuite financer l’achat du matériel nécessaire à l’élaboration de champagne. Ces « vins natures » lui servent également de porte d’entrée. Une fois qu’ils lui ont permis de mettre un pied chez un restaurateur, elle peut proposer le reste de la gamme.

Femme de terrain, Geneviève a un sens des affaires très sûr. Son franc parler séduit comme le montre les correspondances savoureuses conservées à la Villa Bissinger. Elle devient l’amie des rédacteurs en chefs de l’Intransigeant (l’ancêtre de Paris-Match) et du Petit parisien. Elle courtise aussi les patrons des grands magasins. De fil en aiguille, Geneviève parvient à placer son vin sur des tables prestigieuses : l’hôtel Lutetia, le Florian, l’Acropole ou encore chez des traiteurs de renom come Potel et Chabot. Elle envisage même de s’attaquer au marché américain au lendemain de l’abolition de la Prohibition. Voulant asseoir sa réputation au pays de l’Oncle Sam, elle ne lésine pas sur la qualité : « Pour l’Amérique, étant donné la longueur du trajet, le ballotement continu du vin, il faut des vins corsés, d’une tenue garantie, que produisent seules les bonnes années ». Mais son bon sens paysan lui fait garder la tête froide, hors de question de faire confiance là-bas à des agents qu’elle ne pourrait contrôler. Elle exige un paiement de 75 % à la commande.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, son fils Jean lui succède. Le jeune homme fait définitivement passer la maison du statut de récoltant-manipulant à celui de négociant. Collery devient une véritable Maison de champagne. Très investi politiquement, Jean est élu maire d’Aÿ, sénateur de la Marne et premier président du Parc naturel de la montagne de Reims, figurant parmi les pionniers de la défense de l’environnement. Son fils Alain reprend les rênes de la Maison dans les années 1970. Ancien élève d’HEC, il a voyagé aux Etats-Unis où il a découvert les vertus de l’œnotourisme. Inspiré par cette nouvelle approche, il crée à Aÿ en 1973 l’un des tout premiers musées du champagne.

Le renouveau de la Maison Collery

Aujourd’hui, après un vaste chantier de rénovation, la Maison Collery a installé son siège dans un magnifique hôtel particulier à Aÿ, autrefois propriété de la Maison Bollinger. Romain Lévêcque, son directeur général, a voulu conserver l’état d’esprit de la marque qui n’a « jamais été celui d’une maison secrète, enfermée derrière ses grands murs ». Un bar donnant sur le parc classé accueillera bientôt les Agéens et les touristes de passage pour leur servir les champagnes de la maison et la bière issue d’une brasserie artisanale voisine. L’endroit comprend également quatre chambres d’hôtes et des salles de séminaires.

Côté vins, la maison est pleinement indépendante, avec ses propres contrats d’approvisionnement, sa propre cuverie. Collery a notamment investi dans huit foudres dont deux achetés chez la prestigieuse tonnellerie autrichienne Stockinger. Ses assemblages sont constitués exclusivement à partir de grands crus : Ambonnay, Bouzy, Tours-sur-Marne, Verzenay pour les noirs, Avize et Cramant pour les blancs. Les noms des cuvées évoquent l’univers du whisky, avec la gamme « Blends » pour les BSA, celle des « Singles » pour les monocépages blanc de blancs et blanc de noirs, et les « Vintages » pour les millésimés. La référence n’est pas fortuite et se retrouve dans le verre : « les vins ont la puissance des spiritueux consommés dans les clubs anglais conjuguée à la finesse et l’élégance du champagne ». Le nom de la cuvée vintage EmpyreumatiC évoque quant à elle les arômes torréfiés et de tabac blond qui la caractérisent.

www.champagne-collery.com

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Gel dans le vignoble : quelles solutions pour lutter ?

L’urgence climatique, c’est aussi la lute contre le gel. L’épisode récent de ce début avril nous rappelle que les productions agricoles sont menacées mais que l’emploi dans les propriétés l’est aussi. Chacun de ses exploitants aura eu à cœur de mettre en œuvre, dans des conditions difficiles, des moyens de lutte contre ce fléau.

1. L’Aspersion. L’objectif est d’établir un équilibre eau-glace autour des organes végétaux afin de les maintenir à 0°C. C’est un procédé assez efficace quel que soit le type de gel. Parmi ses avantages, il est non polluant et automatisable. Mais il demande une ressource en eau conséquente et son déclenchement s’avère parfois délicat, avec une possibilité d’asphyxier les sols, et de lessiver les désherbants ou les fertilisants. En outre il peut accroître l’érosion des sols et il est assez couteux en entretien et en main d’œuvre. Coût entre 8000 et 14 000 €/ha.

2. Le Brassage de l’air. Le principe est de réchauffer l’air froid, plus dense, situé au niveau des bourgeons, en le mélangeant à de l’air plus chaud présent plus haut, à quelques mètres à peine, là où se trouvent les pâles de l’éolienne. Le gain thermique est généralement de 1°C, et de 3°C si ce brassage est combiné avec un chauffage d’appoint. Les avantages sont nombreux : peu de main d’œuvre et de surveillance, protection jusqu’à des températures de -4°C, déclenchement automatisé, non polluant (si l’on exclut la pollution sonore). Mais ce brassage est peu efficace, voire inefficace, contre le gel d’advection (une masse d’air froid, sous le point de congélation, envahit la région. Ce gel d’advection donne la gelée noire lorsque la végétation que le vent endommage prend un aspect noirci. C’est celle que la France a connue en ce début d’avril 2021). Il est inefficace contre les fortes gelées (-6 à -7°C). En outre le bruit est important, pouvant occasionner des plaintes de la part du voisinage. Le brassage n’est efficace que si le vent a une vitesse inférieure à 8 km/h. Enfin, il faut considérer l’impact sur le paysage. L’implantation d’éoliennes fixes dans un paysage classé semble impossible. Leur prix reste assez élevé : 40 000 € pour 5 ha avec une tour fixe et 47 000 € pour 5 ha avec une tour pliable. 30 000 € pour 4 ha avec une tour mobile et pliable.

C’est ainsi que Philippe Raoux du château d’Arsac (cru bourgeois exceptionnel à Margaux), veut protéger son vignoble en appellation Margaux. « On a gelé 3 fois en 5 ans : les hivers sont de plus en plus doux. Nous avons commencé à réfléchir pour nous équiper dès 2017, après le gel. Nous avons acheté cette année 2 deux tours fixes, pour qu’elles couvrent chacune 4 ou 5 ha. Notre projet, c’est un plan d’investissement pluri annuel, pour monter le parc jusqu’à 8 ». Et l’on devine l’investissement considérable que cela va demander à 50 000 € HT la tour installée. Des tours qui ont « déjà tourné 5 nuits cette année » pilotées par un déclenchement automatique relié à une station météo. Olivier Bonneau, le directeur-œnologue a des nuits difficiles, inquiet dès que la météo annonce du froid. Il est averti sur son portable via les stations météo disséminées sur le terroir : 5 stations météo dont 2 reliées aux 2 tours et à l’application smartphone. Et pour le moment « malgré le déclenchement automatique des éoliennes, je choisis de me lever et de surveiller le fonctionnement ». Et les ventes de matériel ont explosé. Brice Morandi de RN7 indique que « depuis deux trois ans il a vendu une centaine de machines par an. La croissance se situe entre 20 à 25% par an sur les tours et pour les chaufferettes cette année, c’est du 200% ».

3. La protection par chauffage. Elle peut se combiner avec les tours (éoliennes). Il s’agit de réchauffer l’air par divers moyens. Parmi ceux-ci on citera les méthodes qui fonctionnent aux énergies fossiles (fuel ou gaz) qui ont une très bonne efficacité (jusqu’à -9°C avec un temps sec) mais M. Morandi de RN7 précise que « l’on ne peut pas réchauffer l’air en énergie fossile si l’exploitation est certifiée HVE3 ». L’autre avantage est son automatisation (allumage électronique). Mais la veille nocturne est nécessaire, et le dispositif peut être polluant (fuel). Le coût se situe entre 8 000 à 14 000 €/ha. Les chaufferettes (aux granulés par exemple) quant à elles « couvrent tout ce que ne peut pas couvrir une tour, elle est adaptée au parcellaire » nous dit Brice Morandi de RN7. Enfin, les bougies, que l’on aura vues en quantité au milieu des vergers et des vignes : elle permettent un gain de 2,5°C mais il en faut de 350 à 400/ ha. « C’est ce que nous avons mis en œuvre » précise Frédéric Faye le General Manager du château Figeac. Quant aux bottes de paille, il s’agit de créer un voile opaque pour limiter le réchauffement trop rapide au lever du soleil (effet de loupe) et limiter le rayonnement du sol. Son avantage est son faible coût mais il faut de la veille. Frédéric Faye voit d’autres inconvénients : « il faut du vent qui soit dans le bon sens. S’il n’y a pas de vent la colonne de fumée monte verticalement et ne se répand pas au dessus de la vigne, comme un écran protecteur. De plus, il faut arroser la botte pour faire de la fumée épaisse. Et on ne trouve pas la paille comme cela, facilement. Une bougie dure 10 h, et vous pouvez l’éteindre quand vous voulez, une botte de paille qui brule c’est plus difficile de l’éteindre et de la réemployer ». Et il faut ajouter la pollution visuelle et olfactive, la manutention et la veille nocturne nécessaires.

4. Les autres moyens. Il en reste peu. La bactérie antigel. Il s’agit de combattre une bactérie qui serait en partie responsable du gel des végétaux par une autre bactérie. « Essais en cours, mais pas d’efficacité prouvée ». Et puis les fils chauffants. Frédéric Faye du château Figeac avoue éêtre en veille sur les moyens de lutte contre le gelé et ces fils chauffants l’intéressent, au même titre que les machines existantes ou la création de machines innovantes comme en propose Climakiwi, un spécialiste des alarmes de détection des gelées printanières qui, sous la pression des producteurs et eu égard à ses compétences, a mis au point une machine intelligente et mobile, qui entre d’elle-même dans la vigne, et qui fonctionne de manière autonome en déclenchant son mécanisme d’éolienne que si les capteurs judicieusement positionnés en périphérie (pas sous le vent des pâles) enregistrent des paramètres utiles : « il n’y a aucun intérêt à ce que la machine fonctionne si les valeurs sont inadéquates » nous dit son concepteur Denis Peridy, et qui ajoute que c’est « une machine qui fait beaucoup moins de bruit, et qui est entièrement de production française ». La merveille s’appelle DS Eole (en référence à la voiture DS dont Denis est amoureux). 15 machines qui tournent déjà.
C’est la mobilisation contre l’urgence. C’est ainsi qu’une initiative a été prise par 3 CUMA de Gironde (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) et la chambre d’agriculture de la Gironde pour créer un évènement. Il s’agit de rassembler les distributeurs de matériel de lutte contre le gel au lycée agricole de Montagne Saint-Emilion, ce 16 avril 2021 : une foire d’exposition, complétée par la venue de quelques experts sur la question du gel qui seront là pour répondre aux intéressés. Les CUMA, elles, achèteront un matériel qui sera partagé par les utilisateurs selon le capital qu’ils auront versé et la surface déclarée : un dispositif intéressant eu égard le coût des matériels. Et une règle d’utilisation qui semble ne pas poser problème, même lorsqu’il y a urgence (et dans des situations de gel, il y a urgence) : les CUMA ont de l’expérience et des règles d’utilisation bien établies.

L’avenir de la lutte contre le gel s’annonce ouvert, le chantier est immense et les investissements très importants. Il s’agit de la survie d’exploitations qui, sans production, vont connaître d’importantes difficultés économiques et risquent de mettre au chômage une partie de la main d’œuvre qu’elles emploient. Les inconvénients générés par cette lutte (fumée, nuisance sonore) demande une indulgence de la part des riverains que le climat social tendu actuel rend difficile. Espérons que les progrès de la technologie qui s’annoncent feront que cette lutte soit mieux perçue.

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