Quand Perrier-Jouët et le Musée du champagne nous invitent à passer à table

Il reste jusqu’au 11 décembre pour venir découvrir au Musée du vin de Champagne à Epernay l’exposition « Goûter le monde, le banquet des merveilles », co-conçue avec la Maison Perrier-Jouët. Mêlant collections privées et publiques, elle représente une occasion rare pour accéder à une partie du fonds caché du musée. On y découvrira que l’expression « art de la table » n’est pas un vain mot !

Le champagne Perrier-Jouët et le Musée du champagne ont une histoire commune. Le château qui héberge le Musée a été construit à l’initiative de Charles Perrier, président de la maison de 1848 à 1878. Les deux établissements partagent aussi une passion : celle des collections. Charles Perrier avait réuni une diversité incroyable d’orchidées dans ses serres. « L’Europe comptait seulement quatre collections de cette envergure au XIXe siècle, la première à Londres, la deuxième à Gand, la troisième à Paris et la quatrième à Épernay. La multitude de parfums que ces fleurs exhalaient étaient sans doute une source d’inspiration dans l’élaboration des cuvées de la Maison » confie Laure Mennetrier, la conservatrice du musée. Telle est justement la thématique de cette exposition : la manière dont l’art de la table célèbre et dialogue avec la nature. Une idée qui sert de fil conducteur aux œuvres d’Émile Gallé dont Perrier-Jouët possède de magnifiques pièces. Mais l’originalité de cette exposition est aussi d’avoir fait appel à des artistes plus contemporains, comme Tomas Libertiny. En laissant un vase dans une ruche que les abeilles ont habillé de leurs alvéoles, il présente une cocréation artistique entre l’homme et la nature à l’image du vin ! Rendre hommage à la nature, c’est également rendre hommage à son créateur. On relèvera parmi les curiosités un magnifique couteau liturgique, sur lequel sont gravés sur une face les bénédicités et sur l’autre les grâces ! On s’amusera enfin de cette mode qui au XVIIIe siècle consistait à créer des assiettes et des plats mimant ce qu’ils étaient supposés contenir, comme cette extraordinaire soupière en forme de chou-fleur. La mode étant un éternel retour, on n’est pas surpris de la retrouver au XXème siècle à travers ces étonnants couverts reprenant des formes végétales, et au XXIème siècle, où l’on ne se contente plus d’imiter la nature mais où on l’utilise directement comme matière, puisque fourchettes et couteaux sont cette fois constitués à partir de végétaux (couverts en bioplastique de Quiyun Deng)…


En réunissant des objets venus de collections privées et de collections publiques, cette exposition ouvre une réflexion sur le sens même de ce qu’est une collection. « Le parcours s’ouvre sur un livre ancien « Le tableau des merveilles de l’univers », un clin d’oeil au collectionneur qui dans sa quête d’objets et d’œuvres cherche à réenchanter le monde et finalement à le recréer au sein de sa collection. Pour autant, tous les collectionneurs n’ont pas la même démarche. L’objectif des collections publiques est de patrimonialiser, de figer les choses pour pouvoir les transmettre. Les collections privées par nature sont plus vivantes, puisque le collectionneur peut faire évoluer sa collection selon ses envies, son inspiration du moment, en se dessaisissant de certaines œuvres ou en en acquérant de nouvelles. Il existe toutefois des ponts entre les deux : beaucoup de collections privées sont un jour données à des musées et ces derniers ont de ce fait une dette envers ces collectionneurs privés que l’on ne soulignera jamais assez. » (Jusqu’au 11 décembre 13,50€)

Programmation événementielle autour de l’exposition :
JEUDI 19 OCTOBRE, 18H30
Conférence Le Château Perrier, des collections en héritage
Par Laure Ménétrier, conservatrice du musée du vin de Champagne et d’Archéologie régionale

JEUDI 9 NOVEMBRE, 18H30
Conférence-rencontre autour de l’Art nouveau
Avec Jean-Louis Gaillemin, designer, historien de l’art, et Priska Schmückle von Minckwitz, historienne de l’architecture. Conférence animée par Benjamin Loyauté, commissaire d’exposition

VENDREDI 27 OCTOBRE, 18H
Visite-dégustation dans le cadre du Champagne Day
Regards croisés sur l’exposition : promenade artistique et sensorielle
Le musée aura le plaisir d’accueillir Lucile Viaud, designer, ainsi que Axelle de Buffevent, directrice de la création chez Perrier-Jouët, pour vous offrir une immersion dans la création artistique autour des thèmes de la nature et de la biodiversité.

À la suite de cette visite à plusieurs voix, profitez d’une dégustation de vin de Champagne dans les salons du musée, menée par la Maison Perrier-Jouët.

SAMEDI 25 NOVEMBRE, 15H ET 17H
Concert « La Belle Époque », musique de chambre
Par l’École Intercommunale de Musique d’Epernay et sa région et le Conservatoire Jean Philippe Rameau de Châlons-en-Champagne

JEUDI 7 DÉCEMBRE, 18H30
Conférence Le bal des abeilles
Par Yves Elie, auteur et apiculteur

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[Foire aux Seconds Vins] Margaux, Haut-Médoc… le Sud Médoc à l’honneur !

Samedi 21 octobre, la 7e édition de la Foire aux Seconds Vins, organisée par Terre de vins en partenariat avec Cash Vin, vous attend à Bordeaux, au Hangar 14. L’occasion pour vous de découvrir des cuvées porteuses du style des plus grandes propriétés bordelaises, à des prix accessibles. Nous vous présentons aujourd’hui les vins issus des appellations du Sud Médoc.

Château Cantemerle
Les Allées de Cantemerle 2019
Haut-Médoc
Une note de rusticité sanguine vient fouetter le fruit noir camphré. Le cabernet sauvignon (71% de l’assemblage) se devine, avec une touche grillée. Serrée par des tanins un peu griffus, la matière s’étire en longueur et se conclut par une finale légèrement mentholée. C’est un enfant du Médoc qui demande à s’assagir un peu. Avec un camembert rôti aux herbes.
88/100
Prix TTC : 22 € la bouteille – 110 € la caisse de 6 bouteilles soit 18,33 € l’unité

Château d’Issan
Blason d’Issan 2018
Margaux
Une pointe sanguine, assortie d’une note de cajou, se distingue dès le nez, joliment floral. En bouche, on retrouve une certaine souplesse dans la matière, des tanins sans aspérité, et une agréable buvabilité. C’est un second vin aimable et résolument prêt à boire. Avec un saucisson chaud aux lentilles.
88/100
Prix TTC : 34 € la bouteille – 170 € la caisse de 6 bouteilles soit 28,33 € l’unité

Château Cantenac Brown
Brio de Cantenac Brown 2020
Margaux
Toujours une valeur sûre parmi les seconds vins, ce Brio mérite une nouvelle fois son nom. Surfant sur le profil flatteur du millésime 2020, il combine une bonne concentration aux notes de framboise avec une tonicité bienvenue, qui allonge le vin et lui confère une très agréable buvabilité. Sapide, précis et revigorant. Avec des aiguillettes de canard sauce soja.
91/100
Prix TTC : 35 € la bouteille – 175 € la caisse de 6 bouteilles soit 29,17 € l’unité

Château Brane-Cantenac
Baron de Brane 2018
Margaux
Le bouquet nous accroche sur la violette, la mûre, la viande lardée, le cachou et l’encaustique. Il est expressif et ne laisse pas indifférent. Le palais concentré et soyeux reste très droit, très construit, avec une architecture tannique bien présente, corsetée et élégante. Il est fidèle à la signature du château. De nombreuses possibilités d’accords, essayons un coq au vin, une cocotte de choux de Bruxelles au lard.
91/100
Prix TTC : 36 € la bouteille – 180 € la caisse de 6 bouteilles soit 30 € l’unité

Château Dauzac
Aurore de Dauzac 2019
Margaux
Un fruit noir légèrement grillé s’annonce, sur le tabac brun, agrémenté de notes d’humus et de romarin. Le cassis bien mûr est présent. La maturité, comme l’élevage, sont parfaitement maîtrisés. La bouche est droite, élancée, campée sur ses appuis, portée par une arête acidulée. Déjà prêt à boire. Avec ce vin vegan, partons sur une tourte aux épinards.
91/100
Prix TTC : 29 € la bouteille – 145 € la caisse de 6 bouteilles soit 24,17 € l’unité

Château Durfort-Vivens
Les Plantes de Durfort-Vivens 2019
Margaux
Quel joli parfum, aérien et floral, se manifeste au premier nez ! C’est un vin construit sur la droiture, grâce à une colonne vertébrale acide prononcée, qui irrigue la matière et la tend. Les tanins sont finement brossés, la silhouette est svelte et élancée, et s’avère très digeste. Avec une anguille à la japonaise.
90/100
Prix TTC : 32 € la bouteille – 160 € la caisse de 6 bouteilles soit 26,67 € l’unité

Château Rauzan-Ségla
Ségla 2016
Margaux
Au nez, fraise des bois et baies de sureau s’expriment. L’attaque est fine, le jus étiré et serré, corseté dans ses tanins fondus et nombreux. L’arête acide relance la dégustation en s’entourant d’épices. Avec un foie de veau à la vénitienne.
89/100
Prix TTC : 45 € la bouteille – 225 € la caisse de 6 bouteilles soit 37,50 € l’unité

Château Lascombes
Chevalier de Lascombes 2019
Margaux
Sur la finesse margalaise, ce Chevalier de Lascombes arbore un habit de soie sans couture : un fruité gourmand s’affiche sur une belle nappe de tanins légèrement granuleux. L’aromatique invite quelques notes florales et mentholées. La matière s’avère digeste et savoureuse, jusqu’à la finale agréablement croquante. Avec une tarte aux légumes d’hiver.
90/100
Prix TTC : 35 € la bouteille – 175 € la caisse de 6 bouteilles soit 29,17 € l’unité

Château Patache d’Aux
Le Relais de Patache d’Aux 2019
Médoc
Campé sur le versant délicat du millésime 2019, ce joli médoc déploie un fruit rouge croquant, une touche de réglisse, des amers légèrement végétaux en finale, et dans l’ensemble, une agréable buvabilité sertie de tanins fins. À savourer sur la volaille rôtie du dimanche.
89/100
Prix TTC : 10,90 € la bouteille – 54,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 9,08 € l’unité

Château Lalaudey
Rubis de Lalaudey 2020
Moulis-en-Médoc
Robe limpide et brillante, senteurs puissantes de cassis en fruits et en bourgeons. Derrière un joli fruité, des notes de végétal noble annoncent de puissants cabernets. Assez juteux en bouche, d’une trame tannique aérienne, le palais est fluide, sans manquer de caractère terroir. La bouteille des copains, avec un super rapport qualité prix. Le vin le moins cher de notre dégustation mais assurément pas le moins bon ! Avec des paupiettes en cocotte.
91/100 
Prix TTC : 9 € la bouteille – 45 € la caisse de 6 bouteilles soit 7,50 € l’unité

Les vins ont été dégustés par Sylvie Tonnaire et Mathieu Doumenge, respectivement rédacteur en chef et grand reporter à Terre de vins.

Infos pratiques
La Foire aux Seconds Vins
21 octobre 2023
10H-19H
Hangar 14, Bordeaux.

Liste des exposants et billetterie en suivant ce lien

À nos lecteurs : les vins présents à la Foire aux Seconds Vins dont le commentaire ne figure pas dans cette série d’articles n’ont pas présenté d’échantillon à temps à la rédaction, ou ont présenté un échantillon défectueux qui n’a pu être re-dégusté.

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François-Régis Gaudry par le menu

« On va déguster », « Très très bon », le journaliste et critique culinaire François-Régis Gaudry régale les gourmands de France Inter, de Paris Première et de la France entière, avec ses émissions et ses livres. Son style léché, sa plume friande de jeux de mots pimentés, ses entrées dans les bons restaurants, nourrissent les amateurs de bons produits et de producteurs et vignerons à la fibre responsable. Le retrouver à la direction éditoriale du tout nouveau festival Saveurs & Savoirs, créé à Uzès les 14 et 15 octobre, nous a ouvert l’appétit.

C’est une nouvelle corde à votre arc ce festival?
Souvent tout ce qui m’a plu de faire dans ma carrière, je l’ai fait avec des propositions. Les livres, c’est un éditeur qui est venu me chercher, la radio et la télé, on est venu me chercher, je n’ai jamais frappé aux portes. C’est vrai qu’il y a des rencontres comme cela qui s’opèrent. Il y a deux ans, j’ai été contacté par des amis d’Uzès qui gravitent autour de la librairie de la place aux Herbes. J’avais fait une dédicace et ils se sont dit, pourquoi pas aller plus loin avec des rencontres autour du livre de cuisine. Je leur ai dit oui, mais à condition de ne pas faire une foire aux livres dans le but de vendre du bouquin. Je voulais qu’il y ait une vraie approche éditoriale avec des rencontres, des conférences, en essayant de considérer la cuisine, de la regarder de la manière la plus panoramique possible, sur le plan artistique, scientifique, historique, géographique ; c’est ça qui m’intéresse. La cuisine et la gastronomie sont au carrefour de très nombreuses problématiques actuelles. On ne peut plus en parler sans parler d’écologie, il y a des impératifs avec lesquels on doit cohabiter. Cela m’intéresse d’approcher la cuisine de la façon la plus large possible et le livre de gastronomie permet de le faire. Avec des livres qui donnent à réfléchir.

Comment le festival est devenu ce qu’il est aujourd’hui ?
Cela s’est mis en place très naturellement. J’ai eu carte blanche, on a commencé avec quelques têtes d’affiche (Pierre Gagnaire, Anne-Sophie Pic, Jean-François Piège…) qui ont joué le rôle de locomotive, qui parrainent le festival et qui attirent un large public. On ne voulait surtout pas être le festival des Parisiens à Uzès, mais dans et avec Uzès, en mettant en avant, en termes de vin, des talents locaux. On a commencé timidement, avec une grande conférence sur le vin nature. Il n’y a pas de gastronomie sans vin. J’essaye de le prouver dans mon émission tous les dimanches en ayant un chroniqueur ou une chroniqueuse autour du vin, comme Antoine Gerbelle et Jérôme Gagnez. C’est une question qui m’intéresse beaucoup. Je suis un amateur curieux et éclairé, je ne me prends pas pour un journaliste vin. J’ai un regard très curieux, mais je ne prétends pas développer sur le vin la connaissance que j’ai sur la gastronomie. Le vin est un complément indispensable à mon travail, il m’intéresse de plus en plus parce que je rencontre des vignerons, je goûte des vins ; mon éducation est en grande partie faite aussi par les gens qui m’accompagnent. Chacun a des visions et des approches différentes et je me nourris beaucoup de leurs connaissances, de leurs découvertes. Ils font, en quelque sorte, mon éducation. 

Questionnaire de Bacchus & Demeter
Rouge, blanc, rosé ou orange ?
Incontestablement rouge. 

Pétillant ou pét-nat ?
J’ai un faible pour les pét-nat, j’aime bien quand c’est libre et que ça fait des bulles.

Cru ou nature ?
Sans être dans la caricature, je préfère dire nature. 

La région viticole où vous aimeriez vivre, à part la Corse ?
J’aurai répondu spontanément Patrimonio et la Corse que je connais bien. Je commence à avoir des attaches là-bas donc le Beaujolais. J’adore le gamay, je trouve que c’est un cépage extrêmement gourmand, gouleyant.

Gourmand ou gourmet ?
Gourmet.

Salé ou sucré ?
Sans hésiter salé.

Votre madeleine de Proust ?
Ah ! Le fiadone de ma grand-mère, un fromage au brocciu, une espèce de cheesecake corse, qu’elle faisait avec un petit peu d’eau de vie, des œufs, des zestes de citron.

Bistrot de pays ou restaurant étoilé ?
Il y a quelques années j’aurai répondu restaurant étoilé mais là c’est bistrot de pays, j’en ai un peu ma claque de la cuisine étoilée, sauf quand elle est bien faite.

Votre principal défaut en cuisine ?
Ma femme dit que je sale un peu trop mais je me calme.

Vous préférez peler, émincer, rôtir, pâtisser, inventer ?
J’adore émincer, le geste du couteau qui émince, c’est un beau geste fluide.

Qu’est ce qui vous fait pleurer à part les oignons ?
Certains plats m’ont mis la larme à l’œil, ceux de grands chefs particulièrement. Quelques plats m’ont rempli d’émotions au point de me mettre la chair de poule.

Votre commis de cuisine au paradis ?
Jean-Pierre Coffe, je l’aimais beaucoup, on a été amis à la fin de sa vie. 

Vos nourritures terrestres : André Gide, Le festin de Babette, le guide Michelin, le guide Hachette ?
Le festin de Babette incontestablement, c’est un de mes films préférés.

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Château Margaux : la nouvelle génération au pouvoir

Le château Margaux, Premier Grand Cru Classé 1855, annonce un changement de gouvernance : Corinne Mentzelopoulos, gérante depuis 43 ans, prend sa retraite et passe le flambeau à la génération suivante – la troisième de sa famille. Son fils Alexis Leven-Mentzelopoulos lui succède. Sa fille Alexandra Petit-Mentzelopoulos devient Présidente du Conseil de Surveillance.

Il y a tout juste un an, en amont d’une masterclass d’exception à Bordeaux Tasting, Terre de vins consacrait un article à Château Margaux, sans doute le plus discret des Premiers Grands Crus Classés 1855, en braquant le projecteur sur la troisième génération qui, tout en douceur, se préparait à reprendre le flambeau. Acquis par André Menzelopoulos en 1977, ce cru légendaire – dont le seul nom fait frémir de plaisir tous les amateurs de vin – avait été repris dès 1980 par sa fille Corinne, alors tout juste âgée de 27 ans. Pendant les 43 années qui ont suivi, Corinne Mentzelopoulos s’est attachée à poursuivre le rêve paternel en ramenant Château Margaux au firmament des grands vins, et en continuant de développer le groupe familial.

500 ans d’histoire… et bientôt 50 dans la famille
Dans l’entretien qu’elle nous avait consacré, Mme Mentzelopoulos mesurait le chemin parcouru et contemplait avec sérénité la perspective de transmettre le relais à la génération suivante : « Mon père serait très fier de voir ses petits-enfants reprendre progressivement le flambeau. C’est déjà la troisième génération, donc je peux avoir une vision calme de l’avenir. Quand je m’en irai, le château sera entre de bonnes mains. Et le fait de savoir qu’il restera dans la famille, c’est réconfortant. »

Pour leur part, ses enfants Alexis Leven-Mentzelopoulos et Alexandra Petit-Mentzelopoulos confiaient d’une même voix la « fierté », le « privilège » et la « responsabilité d’incarner cette troisième génération. « Nous avons grandi ici, nous venions à chaque période de vacances, nous avons couru entre les barriques, aidé aux vendanges depuis notre enfance… C’est une part importante de notre histoire familiale, mais surtout c’est quelque chose qui nous dépasse et nous oblige. […] Château Margaux, c’est 500 ans d’Histoire, c’est un lieu unique qui était là bien avant nous et notre devoir est de le transmettre aux générations futures. »

« Relever les défis de demain »
C’est en douceur que le frère et la sœur ont intégré l’équipe dirigeante, dès 2012 pour Alexandra, début 2020 pour Alexis, ce qui leur a laissé le temps d’assumer de plus en plus de responsabilités. Aujourd’hui, comme le laissait présager la montée en puissance entrevue il y a un an, l’heure est venue pour eux de passer pour de bon sur le devant de la scène. Corinne Menzelopoulos annonce prendre sa retraite après 43 ans à la tête de la holding qui détient Château Margaux, et en confie les rênes à Alexis Leven-Mentzelopoulos, tandis qu’Alexandra Petit-Mentzelopoulos devient Présidente du Conseil de Surveillance.

« C’est une évolution naturelle dans le cadre de cette belle aventure familiale » souligne Mme Mentzelopoulos dans un communiqué, relevant les « qualités humaines et opérationnelles » qui permettront à son fils, « avec Alexandra à ses côtés, de relever les défis de demain et à Château Margaux de conserver sa place. Je suis pleinement confiante dans l’avenir de Château Margaux car je sais qu’il saura perpétuer, dans une recherche constante de progrès et d’innovation, la tradition d’excellence de Château Margaux poursuivie depuis 5 siècles ». Alexis Leven-Mentzelopoulos, de son côté, déclare : « je mettrai toute mon énergie à développer le Domaine en restant attaché à l’esprit de long terme et d’excellence. Je m’inscris avec ma sœur résolument dans la continuité de l’engagement familial à faire de Château Margaux l’un des plus grands vins au monde ». Il pourra aussi, pour cela, compter sur l’expérience de Philippe Bascaule, Directeur Général depuis 2016.

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Dégustation Collection Pays d’Oc automne/hiver dévoile ses ateliers

Organisée ce 19 octobre à Lattes, la traditionnelle soirée de présentation de la Collection Automne/Hiver des vins en IGP Pays d’Oc vous offre encore quelques surprises, pour préparer vos fêtes de fin d’année.

C’est la soirée de la fin d’année à ne pas manquer. L’instant vin idéal pour rencontrer des vigneronnes et vignerons et déguster leurs merveilleux vins. La nouvelle Collection Automne/Hiver vous permettra de découvrir une trentaine de producteurs qui seront à l’honneur. 18 caves particulières, 7 négociants et 6 caves coopératives présenteront leurs flacons « Ambassadeurs Pays d’Oc IGP Collection Automne / Hiver 2023 » ainsi que leurs derniers millésimes en blanc et rouge. Comme chaque année, une bonne poignée d’experts en vins ont analysé, décortiqué et sélectionné les meilleures cuvées. Le 13 et 14 septembre dernier à l’Espace Vinalia, ce ne sont pas moins de 272 échantillons qui sont passés au crible pour un résultat de 40 cuvées (22 rouges / 18 blancs) triées sur le volet. Ces cuvées ambassadrices seront donc proposées au grand public lors de La Grande Dégustation le 19 octobre à partir de 18 h à l’Espace Vinalia à Lattes (34). Un événement dont Terre de Vins est partenaire.
Deux ateliers de 45 minutes autour du vin et de la fête, entre accord mets et vins et dégustation de vins blancs 100% Pays d’Oc sont prévues !

18h30 : « Accords parfaits pour repas de fêtes »

Un dîner en amoureux ? Une soirée entre amis ? Un repas de famille ? Surprenez vos convives avec de parfaits accords mets/vins !

20h : Pays d’Oc IGP revêt son blanc manteau

Bien emmitouflés, partez à la découverte des cépages blancs de cette collection Automne-Hiver 2023. Osez les plus belles robes de Gewurztraminer, Rolle, Sauvignon et Chardonnay !

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[Foire aux Seconds Vins] Sauternes, Pessac-Léognan et Graves, la magie des blancs !

Samedi 21 octobre, la 7e édition de la Foire aux Seconds Vins, organisée par Terre de vins en partenariat avec Cash Vin, vous attend à Bordeaux, au Hangar 14. L’occasion pour vous de découvrir des cuvées porteuses du style des plus grandes propriétés bordelaises, à des prix accessibles. Découvrez aujourd’hui les vins blanc (secs et liquoreux) qui seront présents ce week-end.

Château de Chantegrive
Les Oiseaux de Chantegrive – La Pureté 2020
Graves
Il a gardé un reflet vert anis sur sa robe en signe de jeunesse et nous surprend avec un nez tant explosif qu’exotique, avec des arômes de zestes d’agrumes. La bouche est plaisante, ronde, mûre, et la texture fluide. La finale revient sur les zestes d’agrumes et de fins amers caractéristiques du sauvignon. Avec des petits poissons en friture.
89/100
Prix TTC : 10,50 € la bouteille – 52,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 8,75 € l’unité

Château Carbonnieux
Château Tour Léognan 2021
Pessac-Léognan 
Une touche fraîche donnée par le sauvignon, un rien de silex à l’aération, puis une belle farandole d’agrumes, sans oublier la gourmandise : le nez nous séduit. La bouche est ample et acidulée. On peut en profiter dès maintenant mais aussi le garder un peu en cave. Des tagliatelles fraîches au pesto vont lui répondre agréablement.
88-89/100
Prix TTC : 16,95 € la bouteille – 84,75 € la caisse de 6 bouteilles soit 14,13 € l’unité

Château de France
Château Coquillas 2022 
Pessac-Léognan 
Sur un profil d’abord marqué par les agrumes, un sauvignon dominant (80%) décline un fruit blanc bien mûr, cintré par une bonne trame acide. C’est bien ajusté, campé sur une bonne matière, on sent le profil solaire de 2022, on a de la mâche et une couche de fraîcheur qui tient bien l’ensemble. Avec une poêlée de palourdes.
88-89/100
Prix TTC : 16,50 € la bouteille – 82,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 13,75 € l’unité 

Château Couhins
Couhins La Gravette 2021 
Pessac-Léognan
Sauvignon blanc et gris se combinent pour l’assemblage de ce blanc qui assume sa typicité très pessac-léognan. Fruit blanc, zeste d’agrumes, touche finement herbacée, menthe écrasée, tous les marqueurs aromatiques sont présents. La bouche confirme ce profil classique, sur une droiture élancée, construite sur une acidité affirmée sans être mordante. De fins amers concluent la finale. Sur une soupe de poissons à la rouille maison.
89/100
Prix TTC : 18,00 € la bouteille – 90,00 € la caisse de 6 bouteilles soit 15,00 € l’unité 

Château Olivier
Le Dauphin d’Olivier 2022 
Pessac-Léognan 
Voilà un second vin ambitieux ! Ce tout jeune assemblage sauvignon-sémillon élevé un an en barriques (un tiers de barriques neuves) offre un nez gourmand sur les fleurs jaunes, la bergamote, avec un soupçon pierre à fusil. Le palais est tendre, équilibré, facile à déguster, un vrai plaisir. Avec un pavé de cabillaud nacré et mayonnaise maison.
90/100
Prix TTC : 18,00 € la bouteille – 90,00 € la caisse de 6 bouteilles soit 15,00 € l’unité 

Château Luchey-Halde
Les Haldes de Luchey 2019 
Pessac-Léognan 
Le nez est sur la retenue, il ne dévoile pas immédiatement une large palette aromatique. Cette propriété tenue par Bordeaux Sciences Agro se signale par sa production de rouge et de blanc. On devine ici un léger fruit jaune cuit. La bouche est déliée, sur une matière mince, tendue par une arête acide prononcée. Avec des moules marinières.
86/100
Prix TTC : 14,90 € la bouteille – 74,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 12,42 € l’unité 

Château Bouscaut
Les Chênes de Bouscaut 2021
Pessac-Léognan 
La robe limpide, très brillante, nous prépare à un blanc plutôt sur la légéreté. Le nez citronné, avec une touche florale, des notes d’acacia. Le profil est expressif et bien dans une typicité bordelaise. La bouche est déliée, sur une chair souple, traversée par une acidité mordante qui la tonifie. Ce vin arbore une simplicité assumée, qui ira très bien sur une assiette d’huîtres ou un plateau de fruits de mer.
87/100
Prix TTC : 21 € la bouteille – 105 € la caisse de 6 bouteilles soit 17,50 € l’unité 

Château Haut Nouchet
Florilège 2021 
Pessac-Léognan 
Duo sauvignon et sémillon à parts égales, le vin est construit sur l’acidulé du fruit. Effluves discrets de bergamote, attaque très tonique sur le citrus, son profil léger et acidulé est dans le reflet de ce millésime tendu et frais. La sensation de mordre dans un agrume accompagne toute la dégustation. Avec un fish & chips.
87/100
Prix TTC : 13,50 € la bouteille – 67,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 11,25 € l’unité 

Château Pontac Monplaisir
Prémices 2020 
Pessac-Léognan 
Miel et cire d’abeille au premier nez, une légère note végétale de lichen, de tige de rhubarbe et de foin coupé. La palette est plutôt discrète. En bouche, de la droiture, une mâche de bonne facture portée par un joli soutien citronné. C’est un blanc plutôt consensuel qui joue bien sa partition, sans débordement. Avec des roulés au fromage ou une aile de raie aux câpres.
89/100
Prix TTC : 16,50 € la bouteille – 82,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 13,75 € l’unité 

Château Larrivet Haut-Brion
Les Demoiselles de Larrivet Haut-Brion 2021 
Pessac-Léognan 
Un nez d’emblée très sauvignon (80% de l’assemblage), signé par la typicité sans excès variétal. La pêche blanche affleure sous les notes citronnées et herbacées. En bouche il y a de l’équilibre, la matière est pleine et juteuse, irriguée par une jolie acidité qui tend le vin sans le mordre. Une légère note tropicale (goyave) vient apporter un sentiment de sensualité. Avec des crevettes à la citronnelle.
89/100
Prix TTC : 27 € la bouteille – 135 € la caisse de 6 bouteilles soit 22,50 € l’unité 

Château d’Arche
Soleil d’Arche 2020 
Sauternes
Le nez est muscaté et confit, sur de la rose cristallisée, litchi, gelée de raisin, note de fruit tropical, on retrouve la franche signature du sémillon qui compose 80% de l’assemblage. La sucrosité est là, équilibrée par une agréable fraîcheur. C’est un vin tendre et fédérateur. Avec un soufflet au fromage persillé.
89/100
Prix TTC : 22 € la bouteille – 110 € la caisse de 6 bouteilles soit 18,33 € l’unité 

Château La Tour Blanche
Les Charmilles de La Tour Blanche 2020 
Sauternes
Pour retrouver la version traditionnelle de l’appellation, on s’embarque avec cette cuvée 90% Sémillon qu’il faut bien aérer pour que s’exprime son bouquet muscaté sur la mangue bien mûre. La bouche est ronde, vanillée, assez savoureuse, avec une finale sur les fruits tropicaux. Avec une glace au pamplemousse rose.
89/100
Prix TTC : 21 € la bouteille – 105 € la caisse de 6 bouteilles soit 17,50 € l’unité 

Château de Rayne Vigneau
Madame de Rayne 2016 
Sauternes
Note de pierre à fusil sur la poire pochée accompagnée d’une floralité exubérante et capiteuse, voici un nez qui ne trompe pas son monde. On devine l’énergie sous la sucrosité, et la bouche le confirme, construite sur une trame salivante, zestée (écorce d’orange confite), qui donne un supplément de tonus à la matière gourmande. Digeste, il laisse la bouche nette et fraîche. Avec des accras de morue bien relevés.
92/100
Prix TTC : 22 € la bouteille – 110 € la caisse de 6 bouteilles soit 18,33 € l’unité 

Château Suduiraut
Castelnau de Suduiraut 2017
Sauternes
Robe brillante à souhait, nez frais, entre anis, cardamome et menthe séchée, il se révèle rôti à l’aération. L’attaque charnue, la bouche tapissante où l’on retrouve le fruité rôti, une fine acidité et de l’allonge. On retrouve la menthe séchée en finale, doublée d’épices fraîches comme un éclat de poivre blanc. À déguster dès aujourd’hui. Avec des crêpes Suzette.
91/100
Prix TTC : 25 € la bouteille – 125 € la caisse de 6 bouteilles soit 20,83 € l’unité 

Infos pratiques
La Foire aux Seconds Vins
21 octobre 2023
10H-19H
Hangar 14, Bordeaux.

Liste des exposants et billetterie en suivant ce lien

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Vieille Chapelle, nouvelle donne

En remettant à l’honneur des cépages anciens et en signant des vins au caractère digeste, fin et désaltérant, la famille Mallier contribue, depuis plus d’une quinzaine d’années, à bousculer les idées reçues sur le vignoble bordelais. Leur château de la Vieille Chapelle incarne une nouvelle donne.

Sur les bords de la Dordogne, à Lugon-et-l’Île-du-Carnay, la vie s’écoule paisiblement. Neuf hectares de vignes, cinq chambres d’hôtes, une guinguette ouverte à la belle saison, et une chapelle du XIème siècle réhabilitée en lieu d’accueil pour les visiteurs. Ici se trouve « l’autre Bordeaux », celui qui n’a rien à voir avec le lustre des grands crus ni avec la course des prix en primeurs, pas plus qu’il ne succombe à la crise qui frappe une partie de la filière. C’est un Bordeaux qui existe depuis des générations, et que certains avaient presque oublié – mais qui incarne aujourd’hui la nouvelle donne d’un vignoble girondin en pleine renaissance.

La famille Mallier fait plus que sa part dans cette « nouvelle donne ». C’est en 2006 que Frédéric et Fabienne ont repris ce domaine, eux qui ne venaient pas du tout d’un environnement viticole (Frédéric avait notamment travaillé pendant une dizaine d’années dans la logistique en Asie) mais caressaient depuis longtemps le désir de se reconvertir dans la production de vin. Ils penchaient pour la Loire, mais c’est finalement à Bordeaux qu’ils s’installent, tombant amoureux de ce lieu chargé d’âme et d’histoire – dans le prolongement de la vieille chapelle, des vestiges d’un clocher effondré nous rappellent qu’ici, il y a des siècles, les religieux faisaient déjà du vin. Ce qui contribue à faire basculer leur décision est la découverte d’une parcelle préphylloxérique où sont complantés de nombreux cépages anciens, pour certains presque disparus, comme le bouchalès – la cerise sur un gâteau composé de vieilles vignes au potentiel inestimable. Sur les conseils du consultant Olivier Dauga, Frédéric Mallier continue d’exercer une activité professionnelle en parallèle de sa nouvelle vie de néo-vigneron, et ce jusqu’en 2014. Ce qui permet de ne pas faire reposer tous les enjeux économiques de la famille sur cette aventureuse reconversion… La conduite en bio, puis en biodynamie, est rapidement décidée – actée par une certification Demeter en 2017.

Nouvelle génération
Au printemps 2020, au début de la pandémie de Covid-19, Raphaël et Gabriel, les deux fils de Frédéric et Fabienne, rejoignent l’exploitation. Raphaël a suivi une formation de management en hôtellerie, Gabriel un BTS viticulture-œnologie. Petit à petit, la nouvelle génération reprend la main, Gabriel plutôt à la technique, Raphaël à la communication et au commerce, avec quelques idées malignes en plus, comme l’ouverture d’une guinguette durant l’été 2021, qui propose de nombreux millésimes des vins du domaine. S’inscrivant dans la philosophie qui a été mise en place par leurs parents, Raphaël et Gabriel défendent des vins qui bousculent l’image du bordeaux sans renier l’identité de la région, qui misent sur la buvabilité, des acidités franches, le moins de soufre possible, « mais on fait d’abord des vins qu’on aime, qui sont fidèles à leur terroir – pas des vins pour faire plaisir aux Parisiens ». Non pas qu’ici, on ait quoi que ce soit contre les Parisiens, mais on se refuse à s’inscrire dans une quelconque mode : c’est plutôt d’avenir qu’il est question, d’avenir du goût et d’avenir du matériel végétal ; c’est pourquoi la famille Mallier travaille actuellement sur une « vigne du futur » qui va lui permettre de conserver des sélections massales de ses vieilles vignes, et notamment ses bouchalès. L’avenir est en route, et à Bordeaux, lorsqu’il arbore un visage comme celui des Mallier, il se montre souriant.

Dégustation
La gamme de la Vieille Chapelle se divise en trois catégories : les « vins des copains », (faciles à boire et aillés pour le plaisir), les « bien élevés » (des cuvées ayant bénéficié d’un élevage plus poussé, taillées pour la garde) et les « rebelles » (qui s’affranchissent des codes et de l’AOC, lorgnent vers le nature, magnifient les vieux cépages). Dans certains cas, comme le pet’ nat’ « Bubulles » en brut nature 100% sémillon (16 €), les raisins viennent d’une amie vigneronne.

Nous vous avons déjà parlé, dans le numéro 89 de Terre de Vins spécial Développement Durable, de la cuvé 100% Bouchalès, une rareté. La croquante version « C’est bon le vin » est un assemblage 2/3 Merlot – 1/3 Bouchalès plus facilement accessible.

À découvrir également : la cuvée « Bouchalès Merlots » 2019, un assemblage 65% Bouchalès / 25% Merlot / 10% « autres vignes de Bordeaux rares et historiques ». Une curiosité, sur une acidité tranchante qui vient faire saillir un jus tonique, à l’aromatique zestée et iodée (27 €). Nous apprécions aussi la cuvée « Merlots de Baudet » 2019, un 100% merlot issu d’une parcelle de plus de 80 ans, au nez parfumé et séducteur, à la bouche séveuse, ourlée de tannins fins et digestes (20 €). Enfin, la cuvée « Réserve » 2020 est un assemblage 80% merlot 20% cabernet franc, élevée 12 mois en barrique, plus classique mais juteuse, portée par un joli grip tannique (14,50 €).

www.chateau-de-la-vieille-chapelle.com

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Champagne Bruno Paillard: quand NPU prend des couleurs

Il faut le marteler : les plus grands rosés millésimés que la Champagne n’ait jamais produits sont les 2008. Une année d’une sobriété et d’une élégance toute champenoise à laquelle on ajoute ainsi la petite pointe de fruit dont elle avait justement besoin pour atteindre la perfection. Le vin rouge, c’est un peu le rayon de soleil qui vient illuminer et réchauffer à travers un vitrail coloré l’atmosphère dépouillée d’une église cistercienne. La Maison Bruno Paillard pour le tout premier rosé de sa cuvée NPU ne pouvait donc choisir meilleur vintage comme galop d’essai.

Lors d’un dîner donné au sein même de la résidence privée de Bruno Paillard, l’ancien président, légende vivante de la Champagne, en compagnie de sa fille Alice qui lui a succédé à la présidence, a rappelé les principes fondateurs de la cuvée NPU, née sur un bout de papier de la provocation de journalistes anglais. « « Nec Plus Ultra », ce n’est pas un terme marketing, c’est un engagement, celui de ne proposer à chaque étape que le meilleur. Il existe des cuvées de prestige multi vintages, pour notre part, nous aimons l’idée que chaque millésime puisse aussi avoir sa vie. En revanche, nous ne prenons que les très grandes années, ici 2008. Pour les raisins, nous nous cantonnons aux grands crus. Certains endroits en premiers crus sont tout aussi qualitatifs, mais si on prend une règle on ne transige pas ! Troisièmement, que la première presse. Les amers en Champagne, ce sont les tailles, n’en déplaise à cette nouvelle mode journalistique qui en chante les louanges… Ajoutez une vinification en fût, une maturation d’au moins dix ans et enfin un dosage en extra brut, parce qu’avec un tel vieillissement, tout est tellement fondu que le sucre est presqu’inutile. » 

©Phil Art Studio

La version en blanc était déjà un régal. Même si on retrouve la même droiture, le rosé (350€), avec ses notes d’orange sanguine, son supplément d’épices, ouvre de nouvelles perspectives d’accords, comme ce magnifique dos de chevreuil rôti préparé par Philippe Mille pour l’occasion avec son jus de cuisson lié de groseilles et son ruban de betterave cuite dans le jus, lui-même infusé d’hibiscus. « J’ai trouvé le choix de l’hibiscus génial, parce que j’ai toujours pensé que ce parfum était la sève de NPU. Le chef a eu cette idée spontanément, sans nous consulter » confie Alice. Bien-sûr, il faut laisser le vin s’ouvrir sans quoi il est un peu écrasé par la minéralité, mais comme le souligne Bruno Paillard : « Il a bien attendu quinze ans, nous pouvons l’attendre dix minutes… »

© Phil Art Studio

https://champagnebrunopaillard.com

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Le nouveau souffle du Château Escot

Vendredi 13 octobre, la première pierre d’un chantier d’envergure était posée au château Escot à Lesparre, en appellation Médoc. Les nouveaux propriétaires, tchèques, ne manquent pas d’ambition. Les travaux concernent l’agrandissement du château du XVIIIe et la construction d’un nouvel outil technique. 

Les deux propriétaires, Richard Moravek le fondateur de Readstone Real Estate, une société de développement et d’investissement tchèque, ainsi que Vit Bartosek, importateur de vins par le biais de Good Wine Lover, avaient fait le déplacement pour l’occasion. Le nouvel ensemble conçu par le cabinet A40 architectes, aura vocation à développer l’œnotourisme et permettre la production d’une gamme de vins prémiums.  

Le château d’Escot
Bien qu’il ne soit plus habité depuis les années 90 le château possède indéniablement du charme et des atouts. Le projet est d’augmenter sensiblement sa surface habitable tout en lui donnant une symétrie qu’il n’a actuellement pas. Une tour ronde sera déplacée et une nouvelle aile sera construite, pour un résultat avoisinant les 1200 m2 avec une douzaine de chambres et une boutique.

Un terroir varié
Bruno Eynard, l’ancien directeur général du château Lagrange à Saint julien, ingénieur des travaux agricoles et consultant, suit l’ensemble des travaux. Il insiste tout particulièrement sur le terroir de Saint-Christoly-Médoc : « ce sont de très belles croupes de graves sur calcaire qui vont donner des vins plus structurés et concentrés » .

Le vignoble de Lesparre aura, quant à lui, une vocation revue. Antoine Medeville, œnologue du laboratoire Oeno conseil, a rejoint le château pour le millésime 2023  « le vignoble de Lesparre fournira des vins plus sur le fruit, avec une bonne buvabilité ». Il y aura donc deux vins sous la marque du château Escot, de quoi étoffer une gamme qui s’est déjà élargie avec le rosé et surtout un blanc sec de très belle facture, comme le Médoc sait en produire. La surface plantée passera de 26 à 30 hectares. 40 % du vignoble ont déjà été replantés suite à une étude parcellaire. Les nouveaux chais permettront de mieux différencier les lots et de mieux réussir les assemblages. 

©Claude Clin

Une vision
Vit Bartosek ne s’effraie pas lorsqu’on évoque la situation difficile des vins du Médoc. « Au moment de l’acquisition, en décembre 2018, avant le covid donc, il n’y avait pas de crise. Nous savons que la situation en Médoc n’est actuellement pas facile mais nos plans n’ont pas changé pour autant. Nous croyons que les investissements que nous faisons vont redynamiser le château et contribuer à l’animation de ce nord Médoc qui a des atouts ». 

Sonia Ozanne, la directrice générale du château, parfaitement bilingue, fait le lien avec la Tchéquie et se montre particulièrement enthousiaste sur ce projet au point que le « château Escot candidatera pour le futur classement des crus bourgeois du Médoc en 2025 et demandera la mention Cru Bourgeois Supérieur ».

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[Agroécologie dans le Languedoc] Le domaine de Mortiès

Ce mois-ci, en parallèle du magazine Terre de vins consacré au développement durable, nous vous proposons des focus sur cinq domaines du Languedoc engagés dans une viticulture durable et en pleine transition agroécologique. Aujourd’hui, zoom sur le domaine de Mortiès, un écrin de douceur au pied du majestueux Pic Saint-Loup.

Situé dans le hameau du même nom, une combe entre Saint-Jean-de-Cuculles et Cazevieille, le domaine est abrité dans un vieux mas du XVIIIème siècle entouré de son vignoble de 14 hectares. La monoculture de la vigne a remplacé cette ancienne ferme où la polyculture a longtemps régné (bergerie, céréale, potager). Un ancien fonctionnement agricole rare dans le paysage viticole français, un idéal à atteindre pour Pascale et Richard Moustiès, les actuels propriétaires de Mortiès.

Arrivés en 2008, le couple a immédiatement entrepris une conversion à l’agriculture biologique, “On souhaitait s’installer dans ce lieu entouré de nature alors cela avait du sens de cultiver sans produits dangereux pour l’environnement” nous a confié Pascal Moustiès. Certifié bio en 2011, le domaine continue sa transformation vers des pratiques toujours plus durables, notamment sur la gestion du sol. Moins de labours, moins d’horizons retournés et moins de griffages, les travaux du sol sont aujourd’hui réfléchis et pensés pour préserver la vie qui s’y trouve. Que ce soit dans les parcelles en plaine où celles nichées dans les hauteurs en pleine garrigue, la couverture végétale s’accentue au fil des années.

©Willy Kiezer

La biodynamie et la biodiversité
Dans le prolongement de l’agriculture biologique et sous l’impulsion de Blandine Chauchat et Pierre Jequier du Mas Foulaquier, Mortiès s’est lancé au milieu des années 2010 dans la biodynamie. Certifié par Demeter en 2019, il rejoint donc Foulaquier, La Roque, Inebriati, Lascaux et d’autres domaines certifiés dans le secteur du Pic Saint-Loup.

Une démarche pratique mais également philosophique, qui amène Pascale Moustiès a plus d’observation et de réflexion sur son environnement. Pour la vigneronne, la biodynamie c’est pousser un domaine vers le global, la ferme étant un idéal. C’est dans cette démarche que deux ânes et quelques vaches arrivent sur les terres de Mortiès. Loin d’être totalement une ferme, ces animaux amènent du vivant, en plus d’un fumier intéressant pour amender les sols. N’oublions pas que dans les valeurs de la biodynamie, la fertilité du sol est une priorité, inscrite dans le cahier des charges de Demeter.

Émerveillée par son environnement immédiat, Pascale Moustiès est constamment abreuvée par de nouvelles connaissances sur les plantes et la faune et flore. Des informations qui lui permettent depuis quelques années de pouvoir inscrire son domaine dans la protection des écosystèmes méditerranéens. “Avec mon équipe, on remodèle nos forêts, notamment en arrachant des pins qui pullulent afin d’y laisser se développer des essences locales comme l’arbousier, le ciste ou le chêne vert”. Une gestion qui a pour but d’apporter toujours plus de biodiversité à Mortiès.

Après plus d’une décennie de travail acharné, Pascale et Richard Moustiès ont monté en gamme dans la production de leurs vins. Des vinifications devenues moins interventionnistes, “nos fermentations sont réalisées sans adjonction de levures exogènes”, et plus douces pour l’élaboration de vins de plus en plus reconnus par la profession. “Cette montée en gamme s’accompagne d’un travail sur le développement des ventes aux cavistes indépendants, des personnes capables de comprendre nos vins et de les vendre à leurs clientèles”. Une démarche complémentaire à la belle part de ventes réalisées au domaine, notamment pendant la période estivale. La vente locale et au domaine, une pratique agroécologique à fort impact et peu développée encore de nos jours…

Terre de Vins a aimé
Cuvée Pic Saint Loup 2021 – AOC Pic Saint-Loup (21,50€)
Frais et digeste, ce Pic Saint-Loup est une bombe de fruits et de garrigue. Le millésime 2021 est ancré dans le jus, visible par la fraîcheur et la qualité du fruit, certainement mieux dessiné que les autres années.

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