La plus belle vendange en Corse depuis longtemps

La vendange n’avait pas été aussi belle depuis longtemps en Corse. De quoi redonner sourire et optimisme aux vignerons dont les stocks étaient au plus bas. Nous avons récolté quelques témoignages de vignerons pour une photo du millésime 2023.

Éric Poli (Clos Alivu), président du Comite Interprofessionnel des. Insu de Corse)
« C’est une année généreuse comme on n’en avait pas eu depuis longtemps. On devrait avoisiner les 400 000 hl (on était à 357 000 en 2022) dont 200 et 250 000 hl pour les quatre coopératives de la côte orientale. Elles produisent essentiellement du rosé en IGP mais les AOP (environ 120 000 hl) vont aussi en profiter. C’est une bonne nouvelle qui nous permet de voir l’avenir avec un peu plus de sérénité car les stocks étaient au plus bas et la fin de saison a été compliquée par manque de vins, surtout en blancs et rosés. Les pluies de printemps ont aidé les vigne sà supporter la canicule de fin juillet-début août ; elles n’ont souffert ni de la chaleur ni de la sécheresse grâce à un beau manteau végétal qui a protégé les raisins. Finalement, il y a eu peu d’attaques de mildiou, surtout sur la côte orientale, mais bien maîtrisées. Les vendanges ont commencé avec une dizaine de jours de retard comparé à 2022, autour du 15-20 août avec les muscats et les bianco gentile, et se sont terminées pour certains début octobre ».

Christophe Ferrandis (Clos Signadore) Patrimonio
« Les vendanges étaient longues mais c’est vraiment un beau millésime. On a eu peur après quatre jours de chaleur intense en août mais heureusement, on a eu de l’eau fin août et à la fin des vendanges pour lier l’acidité comme une longue apnée avant de reprendre une bouffée d’air. La qualité devrait être homogène, quelle que soit la couleur, avec de jolis équilibres ».

Marc Andria Acquaviva (Domaine Alzipratu) Calvi
« L’une des plus belles récoltes au moins depuis 2018, à la fois en volume et en qualité, sans pression de maladies avec des pluies au printemps qui nous ont donné des jolies sorties de grappes et cet été, qui ont généré de beaux équilibres en général. Elles ont aussi permis une reprise sans souci des nouvelles plantations. Les vendanges ont été longues pour attendre les dernières maturités – on a vendangé encore début octobre en ayant commencé le 16 août ».

Sébastien Luigi (Clos Nicrosi) Cap Corse
« Au global, on a fait une belle vendange à part pour les muscats car certains avaient grillé avec le coup de sirocco fin juin, ce qui nous a fait perdre en quantité. Les vignes ont finalement bien résisté à la sécheresse avec davantage d’acidité pour les blancs si l’on compare aux millésimes précédents. Dans l’ensemble, on aura plus de jus, c’est une bonne nouvelle ».

Laetitia Tola (Clos Ornasca) Ajaccio
« On n’avait pas eu un millésime pareil depuis longtemps, sans souci avec des degrés à maturité, des beaux jus aomatiques. Quand on a commencé à rentrer les muscats fin août, on a compris qu’on aurait une belle récolte. On a vendangé jusqu’au 20 septembre et on a rempli les cuves et heureusement que l’on était nombreux en cave. Pour la nouvelle parcelle de vermentinu et sciaccarellu qui entrait en production cette année, c’était l’idéal. Les rouges vont être bien concentrés avec de beaux degrés ».

Charlotte Lemonnier (Domaine Comte Peraldi) Ajaccio
« Nous sommes contents du millésime même si il a été compliqué car les maturités étaient très hétéroclites avec quelques blocages, il a fallu trier fin septembre mais l’état sanitaire était bon malgré un peu de cicadelle sur la syrah. On a vendangé de fin août jusqu’au 4 octobre et en vendanges manuelles, il n’est pas facile de garder les équipes aussi longtemps. On aura des beaux rendements à plus de 35 hl/ha qui sont moins entamés par les sangliers depuis que nous avons clôturé une partie du vignoble ».

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La « grande Fanny » fait dans la Petite Champagne

Underground, à contre-courant de la logique des marques de qualité constante VS, VSOP, XO, Fanny Fougerat est la Lou Reed du cognac. L’atteste une fois de plus son nouvel opus qui s’inscrit dans sa collection Hors-Série : Sir Type 72.

Voici une Petite Champagne qui a tout d’une Grande. C’est un secret de Polichinelle, certains terroirs de Petite Champagne égalisent ou font la nique au premier cru de l’appellation Cognac. On le sait il faut des seconds pour battre les premiers. C’est très excitant, la loi du challenge. Depuis son retour à la propriété familiale Fanny Fougerat n’a de cesse de montrer qu’elle aime le challenge. L’expression du terroir, l’art de la distillation sur-mesure et le vieillissement sont autant de détails qui subliment ses eaux-de-vie. En quelques années, les cognacs d’auteur Fougerat se sont fait une place sur la Place. Par les temps qui moulinent, on pourrait se féliciter que ce soit une femme mais on se fout ici du genre, importe le goût, le goût du beau-bon. Dans sa collection Hors-Série, elle délivre à l’approche des fêtes Sir Type 72, quelques bouteilles issues d’un seul fût d’ugni-blanc et, nous l’avons dit, du cru Petite Champagne. Titrant 47,8%, c’est une bombe. Justesse de tir, puissance de frappe, si la guerre pouvait s’en tenir au cognac. Un demi-siècle de fûts et s’en va chez les amateurs une eau-de-vie non filtrée, sans sucre ni caramel. Aérien, tendu, d’une fraîcheur ineffable, ce Sir Type 72 est de toute première classe. Et puisque le goût du beau-bon l’emporte sur le reste, il y a ce personnage sur l’étiquette, ce Sir aux faux airs churchilliens, détendu mais à l’affût, tel un brochet à l’heure de la sieste.     

Hors-Série Fanny Fougerat Sir Type 72 Petite Champagne : 229 € Les 70 cl.  

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Dormir (littéralement) dans les vignes, c’est possible !

Une jeune société créée en 2020, Parcel, propose de réaliser des séjours oenotouristiques au plus près du vignoble en installant des tiny houses dans les domaines.

©Ghania Iratni

Alors que la France a longtemps été en retard par rapport à d’autres pays en matière d’œnotourisme, notamment les Etats-Unis, cette composante est désormais au cœur des préoccupations de nombreux domaines qui tentent tous d’attirer le chaland. Visite des installations, dégustations, restauration sur place, concerts, expositions voire des escape games, tout est fait pour faire vivre des expériences uniques aux visiteurs. Tout semblait donc avoir été imaginé. Mais c’était sans compter sur la société Parcel qui permet désormais de poser littéralement ses valises en plein cœur des vignobles. Mais pas n’importe comment. L’entreprise installe des hébergements mobiles dans les vignes. Ces « tiny houses » en bois sont éco-conçues en Europe. A l’intérieur, rien que le nécessaire pour garantir du confort mais une déconnexion totale. Ici, point de wifi ou de télévision. Place à l’observation de la nature alentour. A ce jour, 7 domaines participent à l’aventure. Il est donc possible de se rendre dans le Bordelais, en Champagne, dans les vignobles du Centre ou bien encore de Cahors. Cette activité permet aux vignerons de toucher une rémunération complémentaire et aux visiteurs de vivre pour un instant au plus près de la terre. D’ailleurs, Parcel installe également ses tiny houses dans d’autres exploitations agricoles (fermes maraîchères, chèvreries, élevage de chevaux…).

Une manière nouvelle et originale de découvrir le monde du vin.

Prix : à partir de 119€ par nuit avec extras sur demande (petits-déjeuners, paniers apéritif, etc.)
www.parceltinyhouse.com

©Ghania Iratni

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Ferrand du vin à l’art brut

Ancienne propriété du baron Marcel Bich devenue véritable domaine viticole et cru classé de Saint-Emilion, le château de Ferrand a offert une cure de jouvence à ses vins et développe l’œnotourisme autour de l’art.

Changement de style et d’orientation au château de Ferrand sur le plateau de Saint-Hippolyte, l’un des plus élevés de l’appellation Saint-Emilion surplombant la Dordogne. D’abord dans les vins. Le classement en grand cru en 2012 a certes récompensé les efforts, mais Philippe Chandon-Moët et sa femme Pauline qui ont repris en mains le domaine en 2005 voulaient aller plus loin avec une vision d’entrepreneurs. « Nous avons investi dans les terres, les chais, les installations et travaillé sur les vins, détaille le maître des lieux. Les cabernets sauvignons étaient souvent vendangés trop tôt et nous avons évolué vers davantage de cabernet franc qui est passé dans les assemblages de 20 à 27% selon les millésimes, à 35 % en 2021, associé au merlot majoritaire ». Le cabernet sauvignon a même été arraché en 2018 (il en reste 1 %). Avec le directeur général Gonzague de Lambert, ils ont fait de Ferrand un véritable domaine viticole bordelais, labellisé HVE, Terra Vitis et Iso 14001. L’œnologue conseil Axel Marchal a succédé à Hubert de Boüard et la conversion en bio a été amorcée en 2021 après une étude et une cartographie du vignoble (32 hectares) pour une certification prévue en 2024. « Nous voulions des vins plus frais avec de la minéralité, se démarquer davantage de nos voisins et nous sommes passés de 50-55 %  de bois neuf à 35-38 % avec une réduction de l’élevage de 16 à 12-14 mois ». La trilogie 2018-2019-2020 est déjà d’un excellent niveau, 2021 marquera le tournant avec des cabernets francs à parfaite maturité, récoltés plus tard que d’habitude entre le 18 et le 20 octobre. C’est également l’année des premiers essais de vinification en amphores et en globes. Ferrand produit 170-180 000 bouteilles par an (40 – 45 € pour la cuvée Château, 20-25€ pour le second vin Le Différent) qui portent la silhouette de la bâtisse stylisée et les armes de la famille Bich originaire du Val d’Aoste.

L’art à tous les étages
Autre changement de cap, une orientation œnotouristique plus marquée avec l’arrivée il y a un an et demi d’Alix Dufour, la nièce de Pauline. Car Ferrand est avant tout une histoire de famille. Ce château du début du XVIIIe avait été acheté en 1978 par Marcel Bich, inventeur du stylo bille, pour y accueillir proches et amis. C’était à l’époque l’un des rares domaines viticoles qui avaient été acquis par un industriel. Après la disparition du baron en 1994, il est racheté par les quatre filles. Philippe Chandon-Moët qui a épousé l’une des filles de la fratrie de 11 décide d’en faire un projet de vie et le couple préside désormais aux destinées de la propriété. « Pour un champenois comme moi, l’art de vivre et la réception au château sont fondamentaux » précise-t-il. Ils y installent une collection d’art permanente et confient aux designers Patrick Jouin et Sanjit Manku les intérieurs et la mobilier pour retranscrire l’ADN de la famille. Ils commanditent en 2022 une fresque géante pour la salle de dégustation réalisée au stylo bic par l’artiste Alexandre Doucin (7 mois de travail et 8 stylos cristal). « Il existait déjà une collection d’art installée dans les trois chambres d’hôtes, le salon et la salle à manger mais la famille a également acquis plus de 200 œuvres récupérées dans le monde entier » précise Alix. Certaines ont été exposées en 2018 au Centquatre, lieu de culture populaire à Paris, d’autres sont dans les bureaux du groupe à Clichy. Une exposition temporaire d’art brut a été organisée cet été dans le chai avec le Musée de la Création franche de Bègles qui a prêté une trentaine d’œuvres. « Nous voulons faire rayonner Ferrand d’une autre manière pour renouveler notre visitorat, explique la jeune femme. Nous accueillons déjà 3000 visiteurs par an ainsi que des scolaires et des associations. Notre collection et nos liens avec le musée de Bègles ont imposé l’art naturellement pour porter l’âme des lieux ». L’œnotourisme pourrait encore s’étendre à d’autres espaces du château comme les chais, le parc classé ou le bois de chênes centenaires, à découvrir lors des balades du vignoble ou d’un séjour au château avec cheffe privée et sommelier pour concocter des accords mets-vins (visite privée avec atelier assemblage à partir de 75€).

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Homo vini-vitis : Le vigneron est son maître

Jacques Maby, signe « Homo vini-vitis », un essai sur les valeurs humaines de la vigne et du vin. Un ouvrage érudit à la dimension holistique et philosophique.

Agrégé de géographie, puis docteur en géographie, professeur d’université et ancien doyen de la faculté des lettres et sciences humaines d’Avignon, Jacques Maby est aussi un spécialiste de l’intégration des paysages et du vignoble. Sa thèse portait sur le vignoble de la vallée du Rhône « Côtes-du-rhône et Costière gardoises, cohérence spatiale et humaine d’un vignoble d’appellation ». Trouvant dans ce terrain matière à de multiples réflexions, il aborde dans cet opus de nouveaux champs de réflexion, avec une dimension philosophique de la vigne. Décryptage.

Vous abordez la vigne et le vin sous tous les angles et avant tout, sous l’angle philosophique, pourquoi ce choix ?
La généalogie de cet ouvrage est liée à mon travail de recherches universitaires pendant une trentaine d’années. En tant que géographe sur l’espace viticole, éventuellement l’économie et les paysages mon sujet préféré. À chaque fois que l’on publie un article, en bout de course, on arrive toujours à poser les questions de valeur anthropologiques ou philosophiques, mais on n’a pas le loisir d’y répondre, car ce n’est pas trop le but de la géographie. Toute ma carrière, j’ai laissé en suspens une série d’interrogations. Arrivé à la retraite, j’ai décidé de traiter cette question-là, sous l’angle des valeurs à la fois sacrées, profanes, esthétiques, identitaires, tout ce qui dans le vin suppose qu’il y a une adhésion du dégustateur, du visiteur, adhésion symbolique en tout cas. Ce sujet n’est pas traité, en fait. C’est présomptueux, mais ce livre-là n’existait pas.

Il y a des allers-retours constant entre histoire, géographie, théologie, tout est imbriqué et indissociable ?
Le fait est lié à mon regard. En qualité que géographe, j’ai travaillé sur la systémique des espaces géographiques. Tout est en interaction, le climat, le sol, le commerce, le prix, la symbolique chrétienne, tout interagie. On est sans cesse dans les allers-retours, on passe du paysage à la peinture, de la peinture à l’art, de l’art à l’art sacré, du sacré à la symbolique, etc. C’est un travail d’interrelations qui demande un effort de clarification. J’espère y être parvenu.

Persévérance et humilité, sont pour vous les deux mamelles idéologiques du vignerons ?

C’est du vécu ! La viticulture est pleine de surprises, à chaque saison, à chaque récolte, face aux résultats, il faut rester humble. Je pense qu’il y a pas mal de vignerons qui se prétendent des créateurs ou des inventeurs et qui justement sont presque les jouets de la nature. Et en même temps rester humble, car on est sous le regard des autres sans cesse, ça, c’est très dur pour vivre. Être sous la critique gustative, sous le regard du marché, c’est un métier qui demande beaucoup de qualités humaines et morales. Je dirais même éthiques parce que la morale, c’est rigide, l’étique vise le résultat et regarde si ce que l’on fait vaut le coup d’être fait.

Vous écrivez : « le métier de vigneron ne consiste plus à pactiser avec la nature mais à la contraindre et produire du vin n’est pas l’aboutissement d’un partenariat harmonieux mais celui d’un plan de domination »…
C’est toute l’histoire de l’agriculture. Dans ce processus de domination, il y a des périodes de succès et d’échecs. Des périodes de grande stabilité, les vins antiques par exemple. L’époque moderne est un autre type d’équilibre. Puis le changement technique du XIXe siècle, la révolution agricole, ces victoires idéologiques, comme celle du mildiou ou de l’oïdium, du phylloxera. Chaque fois, la science agronomique remporte le match. Plus que d’autres, les viticulteurs sont soumis à la pression de l’environnement. Cette série de remises en cause, conduit à un désenchantement technique, qui a conduit à des vins contestables. Il faut bien admettre que les vins bio et naturels sont portés par le public, le marché et par de nouvelles valeurs idéologiques.

Le vin c’est de la contrainte mais c’est avant tout du plaisir. Vous dîtes : « Si, ne nous contentant pas de boire du vin, nous le pensions, ne serait-ce pas l’occasion de nous divertir plus encore ?».
He oui ! Le plaisir est autant dans le débat qui accompagne la dégustation ou le contexte festif. Donc le plaisir n’est pas que dans le goût, mais dans l’imaginaire qui est développé, dans la verbalisation, c’est là que le plaisir est multiplié. Comparer nos sensations, nos perceptions, partager des souvenirs de visite, dans les caves, les vignobles. Arriver à ce type de débat, comme : qu’est-ce que le bonheur sur terre ? N’est-ce pas tout simplement de boire un verre de vin entre amis, en famille, fêter un souvenir, une victoire ? Autrefois, on invitait à un vin d’honneur, le terme s’est perdu, c’est bien dommage. Penser le vin, c’est redoubler le plaisir et les perceptions sensorielles.

Homo Vini Vitis – Presses Universitaires de Vincennes – 39€

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Saint-Émilion : J-1 avant la Fête des Vendanges

Ce week-end, samedi 14 et dimanche 15 octobre, l’Association des Grands Crus Classés de Saint-Émilion inaugure sa première « Fête des Vendanges » à destination du grand public. Un rendez-vous qui a vocation à s’installer, grâce à la participation des 55 châteaux membres de l’association.

« Nous voulions donner envie aux amateurs français et européens de vivre avec nous ce temps fort du vignoble que sont les vendanges, de venir à notre rencontre dans un moment convivial et élégant, en installant un nouvel événement récurrent et pérenne. Saint-Émilion est une terre d’accueil, un territoire classé à l’UNESCO, un vignoble où beaucoup de propriétés sont encore familiales et pratiquent un œnotourisme authentique, ouvrent leurs portes, font découvrir leurs vins, leurs paysages, leur patrimoine… Cette Fête des Vendanges est l’occasion de renouer un lien fort avec les visiteurs à travers une série d’ateliers, de conférences, de balades, de concerts, de déjeuners et de dîners qui sont autant de micro-événements « cousus mains » pour des petits groupes d’amateurs. » C’est avec ces mots que François Despagne, président de l’Association des Grands Crus Classés de Saint-Émilion (AGCCSE) et propriétaire du château Grand Corbin-Despagne, nous présentait il y a quelques semaines la première édition de la Fête des Vendanges, qui se tient dans le vignoble ces 14 et 15 octobre.

Les 55 propriétés membres de l’AGCCSE se mobilisent pour l’occasion. Toutes n’ouvriront pas leurs portes au public au cours de ces deux jours, mais toutes seront à déguster durant le week-end au gré des quelque vingt-trois activités différentes qui sont organisées.

Le programme complet et les réservations sont disponibles sur le site du tourisme du Saint-Émilion en suivant ce lien.

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Nicolas Feuillatte lâche ses bulles à Bordeaux

Plus jeune des grandes maisons de Champagne, Nicolas Feuillatte a donné ce jeudi soir à Bordeaux le coup d’envoi de quatre jours de festivité. La maison vous invite à une dégustation puisant son originalité au sein d’un bar éphémère qui pose ses valises dans la capitale girondine jusqu’à dimanche. 

Après Chicago et Londres en juin dernier, les plages de Guadeloupe et Martinique cet été, c’est aux Halles de Bacalan, en face de la Cité du Vin de Bordeaux, qu’une scénographie intrigante et pétillante a débarqué pour quatre jours d’une dégustation inédite. « Suivez les Bulles », c’est le nom de l’opération séduction lancée par la coopérative champenoise, dans le but notamment de valoriser auprès du grand public sa cuvée « Grande Réserve Brut ». La particularité de cet événement ? Il s’articule autour d’un bar éphémère, et plus précisément d’une installation impressionnante ayant nécessité 240 heures de fabrication : un bar-bouchon. La structure, représentant un bouchon de champagne de la marque, mesure 4,5 mètres de haut pour 2,5 mètres de large, sans oublier le non moins imposant muselet qui l’accompagne (2,4 mètres de haut, 3,3 de large). 

Une dégustation festive
C’est donc dans ce décor quelque peu déroutant qu’avait lieu hier le lancement de l’étape bordelaise, au cours d’une soirée aux températures encore douces, durant laquelle la fraîcheur et la finesse des bulles champenoises ont su se faire apprécier. Lieu incontournable de la vie gastronomique bordelaise, les Halles de Bacalan étaient donc le théâtre d’une dégustation festive qui a pris une tournure spectaculaire aux environs de 20 heures. C’est au son d’un saxophone reprenant les Black Eyed Peas, et accompagnée d’un jeu de lumière coloré, que s’est ouverte la trappe centrale du bouchon géant, dévoilant ainsi le bar tant attendu. La remarquable mise en scène a permis à l’ensemble des regards de se diriger vers l’autre star de la soirée, la cuvée « Grande Réserve Brut » dont la présence était toute sauf anodine, comme l’explique Stéphanie Leclerc, directrice de l’événement. « C’est une cuvée que nous avons ressortie en début d’année, avec un nouvel assemblage, fruit du travail de notre chef de cave Guillaume Roffiaen. De plus, c’est la cuvée que nous commercialisons en grandes surfaces, c’est un produit que nous voulons mettre en avant pour nos consommateurs finaux et qui rentre évidemment dans notre politique visant à rendre le champagne plus accessible. »



Démocratiser le champagne

« Suivez les Bulles » s’inscrit donc dans une volonté de démocratiser le champagne, mission de longue date de la coopérative, et fait écho à « Libérons les Bulles », précédente opération de la maison qui avait notamment fait escale à Paris et New York. En attendant la prochaine campagne créative des équipes de Nicolas Feuillatte, il vous faudra être attentifs et surveiller les très probables futures dates de cette tournée mondiale. Car si la maison et Stéphanie Leclerc ont choisi de jouer la carte du mystère quant à la suite de l’opération, nul doute qu’eu égard au succès rencontré depuis juin, elle connaîtra de nouveaux épisodes. Feuillatte a d’ailleurs pris le parti d’une communication mystérieuse depuis le début de la campagne avec un jeu de piste, sous la forme d’indices sur les réseaux sociaux de la maison, qui avait permis de découvrir les cinq premières villes-étapes du périple. Alors pour ne pas manquer le prochain lieu dans lequel apparaîtra ce bouchon pas comme les autres, vous l’aurez compris, suivez les bulles !

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Cognac Giraud : « J’ai 10 ans »

Les grandes maisons se mesurent à la qualité des jeunes eaux-de-vie. Le 10 ans d’âge des cognacs Paul Giraud pourrait paraître un bébé dans ce coin de Grande Champagne. Et c’est un bijou.

Bouteville et son célèbre château relèvent de la carte postale. Et un nom trimballe ce village dans le monde entier : celui de Paul Giraud. Assis sur un terroir de Grande Champagne exceptionnel, la famille Giraud conjugue l’art du vigneron, du distillateur et du maître de chai. Il en ressort depuis des décennies des cognacs sublimes. De cette quarantaine d’hectares choyés naissent des eaux-de-vie fraîches et aériennes. C’est une marque de fabrique, une signature. Partisane du mono-millésime, la maison Paul Giraud délivre toujours une gamme d’une grande constance pour ce qui est de la qualité. Le VSOP, le XO jusqu’à l’Héritage sont des valeurs sûres. Par ailleurs, la maison s’adonne à des single cask. Le 12 ans d’âge sorti en 2022 a connu un vif succès. Dans l’élan, Paul Giraud sort cet automne un 10 ans d’âge brut. Titrant 42°9, ce cognac dès le nez présente une très grande fraîcheur et complexité aromatique. On croque le raisin à quoi s’ajoutent des notes florales notamment de menthe. En bouche, le cognac tapisse le palais, il est éclatant, pur. Filtré à froid, ce cognac a conservé toute sa fraîcheur. Ce petit bijou est limité à 500 exemplaires : the cadeau à faire aux amoureux du cognac.

10 ans d’âge brut de fût Cognac Paul Giraud : 84 euros les 50 cl.

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Les Hospices de Nuits très satisfaits du millésime 2023

L’hôpital-vigneron de Nuits-Saint-Georges, « cousin » des Hospices de Beaune, annonce une vendange aussi quantitative que qualitative, de bon augure pour sa vente aux enchères prévue le 10 mars 2024.

Les Hospices de Nuits-Saint-Georges sont sur un nuage. Alors que sa vente annuelle est plus plébiscitée que jamais, l’hôpital-vigneron, « cousin » des Hospices de Beaune, annonce avoir récolte du 13 au 22 septembre un millésime presque parfait. Pour son régisseur Jean-Marc Moron. «Tout ce qui est dans les cuves est magnifique. Les raisins sains, très beaux et bien mûrs, présentent un magnifique équilibre et une belle concentration en sucre », se félicite le vinificateur, en poste depuis plus de 30 ans. « Sur les premières dégustations, les robes sont très belles, très profondes. Les jus, très aromatiques, offrent une palette relativement large entre le fruit rouge frais et le fruit noir plus mûr. Les tanins sont très soyeux. C’est un millésime très prometteur, qui allie qualité et quantité ! » Une qualité obtenue, notamment, grâce à un tri sévère avant encuvage.

Ce millésime 2023 sera vendu lors d’une vente aux enchères, dimanche 10 mars 2024 au Château du Clos de Vougeot. À l’instar de la vente des Hospices de Beaune, celle de Nuits reverse l’intégralité de son résultat aux établissements de soin de Nuits-Saint-Georges, à l’exception notable d’une pièce (fût de 228L) de charité, vendue au profit d’une œuvre caritative. Les associations bénéficiaires ainsi que les personnalités parrainant l’événement seront révélées en début d’année prochaine.

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[Agroécologie dans le Languedoc] Le domaine Les 3 Mazets

Ce mois-ci, en parallèle du magazine Terre de vins consacré au développement durable, nous vous proposons des focus sur cinq domaines du Languedoc engagés dans une viticulture durable et en pleine transition agroécologique. Direction le domaine Les 3 Mazets et de son vigneron Luc Fonta, précurseur dans l’approche pratique du PH/Redox.

Néo-vigneron dans l’Hérault, Luc Fonta prend possession de quelques hectares de vignes en 2019, après une carrière dans la gestion de l’eau et de l’environnement, ainsi qu’une brève aventure maraîchère de 3 ans en bio. Passionné de vigne et de vins, l’homme à la fibre écologique et l’âme d’un chercheur, il s’est dirigé vers le développement d’un domaine en agroécologie à Villeveyrac, au nord de l’étang de Thau. Luc Fonta y reprend des vignes entourées de garrigues et ponctuées de vieux mazets, les 6 hectares sont actuellement en agriculture biologique et certaines parcelles sont en conversion.

Dans une région où la chaleur et les sécheresses sont toujours plus intenses, l’eau est un sujet qui a de l’importance pour Luc Fonta. “Je sais que l’eau va être un sujet compliqué à l’avenir”. C’est pourquoi le jeune vigneron a décidé de se lancer sur le terrain de la viticulture sur sol vivant, une pratique qui commence à trouver preneur dans le monde viticole. “Mon idée de départ était de relancer la vie microbienne des sols dans les parcelles, de maximiser la biodiversité, de préserver la ressource en eau, de séquestrer du carbone et de limiter l’érosion du sol”, un immense challenge en plus d’apprendre le métier de vigneron.

Sur les hauteurs de Villeveyrac, ses vignes offrent de jolis panoramas sur la plaine environnante. On y aperçoit l’étang de Thau et le sommet du Mont Saint-Clair de Sète au sud. Des parcelles auparavant en conventionnel ponctuées de quelques manquants y sont bichonnés au quotidien. “Mon principe est d’apporter le gîte et le couvert aux vivants, pour que le couple sol/plante soit en bonne santé”. Dès l’automne, pois fourrager, féveroles, vesce et autres engrais verts sont semés dans le rang et, au printemps, grandiront avant d’être fauchés. Un couvert végétal qui apportera de la matière organique et restituera de l’azote et du carbone au sol. “C’est également un moyen de garder l’humidité dans les parcelles et de diminuer les températures durant l’été lors des épisodes de sécheresse”. Des microorganismes (thé de compost) sont également répandus pour décompacter le sol.

L’approche PH/Redox
Luc Fonta a organisé les assises méditerranéennes de la viticulture à Villeveyrac en mai dernier. Des spécialistes de l’agroécologie reconnus à l’international, tels que Alain Canet, Marceau Bourdarias ou Konrad Schreiber, sont venus donner cette conférence de deux jours financés en partie par le CIVL, le syndicat du Pays d’Oc et à destination de la profession. Au menu, introduction aux pratiques durables, agroforesterie, taille physiologique de la vigne et l’approche PH/Redox, cette dernière étant utilisée par le vigneron du domaine Les 3 Mazets.

Émanant du CIRAD par les recherches du chercheur agronome Olivier Husson, le potentiel PH/Redox s’appuie sur la bioélectronique de Vincent. Chaque organisme qui contient de l’eau a donc un potentiel PH, acide et basique, et un Redox avec l’oxydation et la réduction. Pied de vigne, insecte, ver de terre, sol et être humain, tous ces êtres vivants ont un PH/Redox qui leur est propre. Et plus une vigne s’épanouit dans un sol vivant et fertile, plus son PH/Redox sera optimal, un gage de protection contre les insectes ravageurs et les maladies. A l’inverse, des sols nus, avec des taux de matières organiques bas  et accompagnés de carences modifieront le PH/Redox de la plante, ayant pour conséquence de potentielles agressions de la part de ravageurs (insectes, champignons). Le PH/Redox est fonc révélateur de l’équilibre d’un milieu.

En couvrant en permanence les sols de ses parcelles et en y apportant matière organique, on laisse la vigne dans une zone d’équilibre entre l’oxydation et la réduction, entre l’acide et l’alcalin, explique le vigneron. “Il faut être légèrement dans l’acide et le réduit”. Résultat ? Une plante plus résiliente, forte et aucun traitement au cuivre et au soufre depuis 3 ans, “ces résultats sont aussi à pondérer avec la météo” nous confie le cultivateur.

D’après lui, l’absence de traitement lui a également permis de vinifier avec des raisins sans résidus de cuivre et donc avec moins d’oxydation. Des raisins avec plus d’énergie qui lui ont apporté davantage de fruit dans ses cuvées. Luc Fonta élabore 3 vins, la cuvée 1.20.100 (se dit “un vin sans”) le Mas André et Ma Petite Reine.

Terre de Vins a aimé
Cuvée 1.20.100 2021 – Vin de France (20€)
Un vin sans sulfites ajoutés issu d’une grande majorité de syrah vendangée à la main. Une couleur profonde et intense pour un nez puissant sur le réglisse, la garrigue et le poivre. Un vin structuré, de garde et à sortir sur les viandes en sauce.

Article rédigé par Ni bu ni connu pour Terre de vins

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