La Bourgogne renoue avec les quantités

L’arrivée sur le marché du généreux millésime 2022 doublée d’une belle récolte 2023 annonce la fin imminente de la pénurie. Une bonne nouvelle dévoilée par l’interprofession, chiffres à l’appui.

« Désolé, on n’a plus de vin à vendre » : une phrase mainte fois entendue ces dernières années en Bourgogne appartient-elle bientôt au passé? C’est fort probable, d’après l’interprofession. Lors d’un point presse ce mardi 10 octobre 2022, le BIVB (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne) a annoncé un sortie progressive de pénurie. « Les petites récoltes de 2019, 2020 et surtout 2021 avaient durablement affecté notre capacité à répondre à la demande. Le millésime 2022, qui arrive sur le marché, va changer la donne. Et la tendance devrait se confirmer dans le temps grâce à une récolte 2023 également généreuse », se réjouit Laurent Delaunay, président délégué du BIVB.

Les stocks remontent enfin
Premier signe positif : les transactions en vrac (le vin pas encore mis en bouteille, vendu par la viticulture au négoce), ont explosé. « Entre la campagne 2021-2022 et la campagne 2022-2023, ce chiffre a bondi de 59% ». Une bonne nouvelle pour le négoce, qui connaissait des difficultés d’approvisionnement. Dans le même temps, les vignerons parviennent à reconstituer leurs stocks. « De juillet 2022 à juillet 2023 la Bourgogne est passée de 11 mois de récolte moyenne en stock à 14 mois. C’est encore peu, mais très encourageant ».

Ces indicateurs annoncent une fin prochaine de la pénurie sur les marchés. « Nos ventes en bouteille sont encore en baisse de 9% cette année, car les vignerons commercialisent toujours un millésime 2021 aux volumes restreints, mais cela devrait changer rapidement avec l’arrivée du millésime 2022 », assure Laurent Delaunay. De bon augure pour les importateurs, cavistes, restaurateurs et enseignes de grande distribution, qui ont vu ces dernières années leurs approvisionnements en vins de Bourgogne se réduire et les prix augmenter.

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Villevert en appelle à la générosité du monde du bar

Le négociant et producteur de spiritueux en Charente organise une collecte de fonds au profit de l’association Wine to Water, qui se bat pour l’accès à l’eau potable partout dans le monde

Non, les barmen et bartenders n’agitent pas que des shakers ! Ils peuvent aussi secouer aussi les consciences. La Maison Villevert à Merpins (Charente) les invite aujourd’hui à participer à une collecte de fonds au profit de l’association Wine to Water. Cette ONG américaine se bat pour l’accès à l’eau potable partout dans le monde. Elle a été créée en 2004 par Doc Hendley, alors barman en Caroline du Nord (USA).

L’opération caritative organisée par Villevert a débuté le 15 septembre 2023. Elle fait appel à la générosité du monde du bar et de la mixologie, dans les établissements d’une une vingtaine de pays dont la France. Le principe ? Demander aux bartenders d’offrir les pourboires d’une soirée à Wine to Water « mais aussi encourager les dons des clients et du grand public sur le site de l’association », détaille Jean-Sébastien Robicquet, le créateur et président de Villevert.

Un hommage à Gaz Regan
Le chef d’entreprise poursuit : « Cette collecte est aussi un hommage à notre ami Gary Regan, disparu en 2019. Gary, que tout le monde surnommait Gaz, était une légende dans l’univers des cocktails. Il avait travaillé dans les meilleurs bars de New York et rédigé une quinzaine de livres de référence sur les spiritueux et la mixologie. C’était un personnage généreux. En 2013, il fut de l’aventure Wine to Water. »

Jean-Sébastien Robicquet montre une photo amusante où Gaz Regan et d’autres barmen de renom posent à Cognac, derrière le zinc de l’hôtel Héritage. Tous brassent leur verre de Negroni (gin, vermouth et Campari) avec le doigt ! « Cela nous avait fait rire », se souvient le patron de Villevert. Ce cliché original est en vente sur interencheres.com, où deux flacons d’un gin en série limitée (recette 1495) sont également proposés.

La collecte de dons doit se terminer le 15 octobre 2023. Elle pourrait être prolongée.

Pour rappel, la société Villevert a été créée en 2001 sous le nom d’Eurowinegate (EWG). Elle compte désormais près de 200 collaborateurs, exploite un site industriel moderne à Salles-d’Angles et possède un manoir du XVIe siècle à Merpins. L’entreprise a réussi en créant Cîroc – une vodka premium à base de raisin – pour Diageo, le géant britannique des spiritueux. Villevert ne possède pas la marque mais demeure le fournisseur exclusif. Villevert revendique son amour de la vigne et fabrique d’autres spiritueux et liqueurs à base de raisin : le gin G’Vine, la tequila Excellia, la liqueur June et le vermouth La Quintinie. Villevert s’intéresse aussi au négoce du cognac et au commerce du whisky.

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Hennessy offre 36 chênes centenaires au chantier de Notre-Dame de Paris

Ces arbres ont été prélevés dans la forêt que le négociant en cognac possède dans l’Allier. Ils serviront à la reconstruction de la flèche et des charpentes disparues dans l’incendie de la cathédrale le 15 avril 2019

Dans un communiqué daté du 11 octobre 2023, la société Hennessy (le H du groupe LVMH) dit sa fierté de « participer à l’élan collectif de solidarité » pour la reconstruction de la toiture et de la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée par les flammes le 15 avril 2019. Le négociant en cognac annonce avoir offert 36 chênes centenaires à l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, maître d’ouvrage du chantier de restauration.

Ces arbres ont été prélevés dans la forêt de Celle, que l’entreprise possède et exploite dans l’Allier. Hennessy indique avoir sollicité bien des experts forestiers pour « identifier, récolter et préparer ces bois, qui ont intégré la sélection des 1200 chênes nécessaires à la restitution des charpentes de la flèche et des deux bras du transept de Notre-Dame ».

« S’engager pour la sauvegarde du patrimoine culturel universel en s’appuyant sur notre patrimoine naturel est un magnifique symbole », souligne Laurent Boillot, le président de la maison.

Hennessy – ©Alain Benoit

Ascension dans le ciel de Paris
Philippe Jost, président de l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, tient quant à lui à remercier les nombreux mécènes : « Grâce à l’engagement de tous – donateurs, mécènes, architectes, ingénieurs, forestiers, charpentiers, etc. – la flèche, symbole du relèvement de la cathédrale, poursuit son ascension dans le ciel de Paris en même temps que l’échafaudage nécessaire à sa construction. Elle devrait atteindre son sommet, à 96 mètres de hauteur, d’ici la fin de l’année. Pour tous, c’est une vraie joie et un signe très visible de l’avancement du chantier vers la réouverture de Notre-Dame, le 8 décembre 2024. »

Premier acteur économique du négoce en Charente, Hennessy entretient un rapport privilégié avec le monde forestier et la tonnellerie. Sans chêne de qualité, où vieillissent et s’affinent les eaux-de-vie, le cognac ne serait pas ce spiritueux d’exception, exporté dans plus de 150 pays. L’entreprise gère un peu plus de 500 hectares de chênaies en France, a noué un partenariat avec l’ONF et s’est engagée à planter et restaurer 50 000 hectares de forêts dans le monde avant 2030.

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[Foire aux seconds vins] Un rendez-vous à ne pas manquer

En marge des foires aux vins d’automne qui battent leur plein, Terre de Vins s’allie une nouvelle fois avec Cash Vin pour proposer le samedi 21 octobre (10h-19h), au Hangar 14 (Bordeaux), son incontournable rendez-vous aux belles affaires. Pourquoi vous ne pouvez pas rater cette journée ? Explications avec Jérémie Daugy, responsable achats et développement digital de l’enseigne Cash Vin.

Édition après édition, notez-vous un engouement de plus en plus grand pour cette Foire aux seconds vins ? 
Oui, et d’ailleurs nous sommes ravis de pouvoir proposer chaque année avec Terre de vins un éventail sans cesse plus grand de références bordelaises prestigieuses. Cash Vin a toujours été précurseur dans ce domaine, en permettant à notre clientèle de s’offrir de jolies bouteilles au prix juste. Les seconds vins sont pour nous très importants face à la montée en gamme des premiers, et sont aujourd’hui un rendez-vous incontournable, tant pour la dégustation que pour l’opération commerciale de la 6e bouteille offerte, que ce soit dans la boutique aménagée toute la journée sur place, comme dans une rubrique dédiée sur le site internet de Cash Vin. (ndlr: l’entrée à 10€ est remboursée dès l’achat d’une caisse de 6 bouteilles, et pour l’achat de 5 bouteilles identiques, la 6e est offerte)

Pourquoi ces seconds vins sont-ils de bonnes affaires ? 
Car ils sont en substance l’assurance d’une grande qualité, issue d’un grand terroir, au prix juste. Les gens savent pertinemment que ces seconds vins ne sont pas des ersatz des grands vins, et que le travail technique autour de ces bouteilles est le même que celui apporté aux premiers vins. Et puis, il y a cette buvabilité presque immédiate, là où les premiers vins doivent « mûrir » en cave durant de nombreuses années. L’opération « 6e offerte » vient encore renforcer cet aspect.

Si vous deviez faire des recommandations à nos lecteurs pour bien aborder cette Foire aux seconds vins ?
Ne pas hésiter à échanger avec les propriétaires, ne pas avoir non plus peur d’un millésime qui, sur le papier, pourrait paraître de moins bonne qualité. Goûter, prendre son temps, être curieux et surtout venir nous voir ! Ce salon est toujours un moment agréable et il met en lumière la qualité de Bordeaux et son patrimoine si précieux.

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Pessac Léognan 2023: des rouges bien orientés

Les conditions de production idéales pour un millésime sont rares, et cette année 2023 aura apporté son lot de difficultés, un peu plus sur les merlots que sur les cabernets sauvignons. Néanmoins ce que l’on goûte actuellement à la sortie des cuves laisse augurer un très beau millésime.

Evidemment, la lutte contre le mildiou, notamment sur le merlot plus fragile que le cabernet, aura mobilisé toutes les énergies. Des propriétés ont donc du trier dès la coupe, faire tomber des grappes au sol et perdre ainsi du volume. Et la qualité alors ? Qu’on se rassure, comme le dit Jacques Lurton, le président de l’appellation Pessac-Léognan, « le mildiou n’a aucun impact qualitatif mais affecte seulement les quantités ».

Laurent Lebrun, le Directeur Général du château Olivier, illustre à sa manière cette lutte contre le champignon pathogène Phytophtora infestans, l’autre nom du mildiou : « nous sommes en 2ème année de conversion bio. 2022 était une année facile avec des vignes non traitées. 2023 est une année de challenge mais nous avons une équipe réactive. Si nous avions été défaillants, avec une panne technique ou un personnel malade par exemple, cela aurait été compliqué. Cette année 2023 valide notre protocole de passage en bio ». Idem pour Remi Edange, le directeur général adjoint du Domaine de Chevalier, lui aussi en bio : « tout en bio, avec un climat comme cela ? Et bien, on a usé du pneu car on a traité tout le temps ». Dans ces châteaux bio, lorsque les maladies cryptogamiques fusent, il faut donc un personnel qui adhère au passage bio car, lors des week-end, il faut rester mobilisable : la lutte ne peut se permettre d’attendre 48h. Donc des pertes en volumes sur les merlots.

Cabernet sauvignon et petit verdot 
Philippe Dulong, de la Scm laboratoire œnologique Dulong Chaminade, vante la qualité de cabernets concentrés, qui ont du goût mais souligne « l’excellente qualité du petit verdot », ce cépage minoritaire semble « bien s’adapter au changement climatique » et fournit des lots remarquables cette année.

Plus de cabernet dans les assemblages
Remi Edange évoque l’hypothèse « qu’il est possible qu’on ait davantage de cabernet que les années précédentes », du fait de la perte en volume de merlot. Mais Philippe Dulong dessine un scénario nuancé. Les cabernets sont moins sensibles au mildiou. Mais comme ils se vendangent plus tard, certains lots n’ont pu échapper aux fortes chaleurs de fin septembre et début octobre. Ces dernières ont pu dessécher les grappes récoltées de-ci de-là début octobre notamment, et là aussi, faire perdre un peu de volume. Mais ce phénomène est « à la marge ». Donc une proportion de cabernet peut être au dessus des pourcentages habituels. Mais ce qui prévaudra, selon Remy Edange « c’est le respect de l’identité du château ». Et s’il doit y avoir un peu moins de premier vin pour maintenir les équilibres indispensables à la conservation de l’identité, et bien ce sera « tant pis ».

De la chair et de la profondeur
Les nuits fraiches, avec une forte amplitude, ont permis de conserver de très bons taux d’acidité, gage de fraîcheur et de bonne tenue du vin dans le temps. Mais dès maintenant, on constate « de la profondeur et de la chair » indique Philippe Dulong. Remi Edange, constate « de la concentration et du resserrement sur les fruits, notamment sur les cabernets. Il y a un liseré énergisant, mais on sent la richesse, l’opulence et la générosité ». Un paramètre qui fait dire à Philippe Dulong qu’il valait mieux  « être sage sur les extractions ».

« La messe n’est pas dite, mais ce qu’on a dans les cuves nous laisse espérer de belles choses » nous dit Jacques Lurton. Rendez-vous après les malo, pour les primeurs.

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Château Haut-Batailley, Pauillac

C’est le premier millésime sous l’ère de la famille Cazes et une nouvelle occasion de saluer Jean-Michel Cazes, ce monument qui nous a quittés récemment.

Millésime discret, dans l’ombre du 2016 comme du 2018, il fut pourtant très qualitatif, l’atteste ce Château Haut-Batailley. La densité de Pauillac est présente, son potentiel de garde, son équilibre et sa capacité à délivrer un fruit noir croquant. Cette proximité avec les terroirs de Saint-Julien se ressent dans son rapport sucrosité-acidité qui donne une grande accessibilité au vin et ce sur sa jeunesse. Marketing et storytelling obligent, pour l’occasion et à l’approche des fêtes, les équipes du Château Haut-Batailley ont conçu un très beau coffret célébrant la Tour de l’Aspic. Incontournable dans le paysage pauillacais, cette tour fut édifiée en 1875 dans les débuts de la Troisième République. Ainsi, le coffret fut inspiré de l’imaginaire de Gustave Doré comme des contes de Perrault. Cette belle bouteille méritait un coffret du même acabit. Le second vin du domaine, Verso, est également vendu dans son coffret. On devrait retrouver en cette fin d’année sous le sapin cette fameuse tour de l’Aspic… Pour accompagner ce vin, on peut suggérer des langoustes flambées ou encore un sauté de biche.   

Château Haut-Batailley (33) – Pauillac Grand Cru Classé 1855 2017 (85€)
Se renseigner auprès du château : 05 56 73 24 00 ou www.jmcazes.com

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[REPLAY] « Vino Veritas » : vendanges 2023, l’année des montagnes russes

Ce mois-ci, l’émission « Vino Veritas » sur TV7 se penche sur les vendanges 2023 qui touchent à leur fin et sur le scénario mouvementé du millésime 2023. Revoyez l’émission en replay.

Le scénario du millésime 2023 a une nouvelle fois été mouvementé pour les vignerons, à l’image de véritables montagnes russes. Le mildiou, notamment, a fait subir une pression quasi inédite sur les vignes, qui aura forcément une incidence sur les rendements et sur le style du millésime. Alors que les vendanges touchent bientôt à leur fin, « Vino Veritas » fait le point. Xavier Sota et Mathieu Doumenge reçoive Pauline Lapierre, vigneronne au château Haut-Rian, et Simon Blanchard, vigneron et œnologue-consultant au sein de l’équipe Derenoncourt Consultants.

Voir toute les émissions « Vino Veritas ».

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Succès mérité pour les Bordeaux blancs secs du Sauternais

Le terroir de Sauternes et Barsac voit depuis quelques années se créer, à côté des liquoreux, des vins blancs secs haut de gamme, en appellation Bordeaux. Souvent adossés à la marque des châteaux classés en 1855, leur qualité ne fait plus aucun doute et leurs prix tutoient ceux des liquoreux.

Nous sommes à 40 km au sud-est de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne. Les meilleurs sols sont sur un plateau incliné vers le fleuve dont le substrat est composé de calcaires à astéries fissurés (qui participent beaucoup à la fraicheur des vins), de marnes ou de sables argileux. À l’époque des grandes glaciations quaternaires, ce substrat a été recouvert par d’énormes nappes de graves apportées par la Garonne. Un sol idéal pour les blancs que le sauternais a toujours légitimement valorisé, avec succès, tant en liquoreux qu’en sec. C’est ainsi que, par exemple, le château Doisy-Daëne produit du blanc sec depuis 1948, à une époque ou le Sauternes (liquoreux) se portait très bien. Une production très qualitative mais qui reste minoritaire.

Etat des lieux
Jean-Jacques Dubourdieu, le co-président de l’appellation Sauternes-Barsac, indique que « la production des Bordeaux secs du sauternais représente à peu près 10 % de la production totale. Seuls 80 % sont produits par les crus classés. Le sec est donc devenu une marque forte ». Et d’insister : « mais même adossés à la marque du château, si les vins n’étaient pas bons, ils ne se vendraient pas ».

La méthode
Les liquoreux sont faits avec deux cépages essentiellement : le sauvignon et le sémillon. Les blancs secs utilisent les mêmes, ce qui facilite la production. Soit on dédie des parcelles à cette production. Soit on fait du picking, c’est-à-dire qu’on prélève une partie des raisins sur le pied et le restant, de préférence botrytisé, sera récolté plus tard pour la production de liquoreux. Les châteaux peuvent combiner les deux.

Les profils des vins
Si le sauvignon est connu planétairement pour apporter sa vivacité en bouche et son aromatique sur des notes végétales, de fruits verts et d’agrumes, le sémillon, lui, est plus énigmatique. « C’est un cépage de bouche ! » nous dit Jacques Lurton le président de l’appellation Pessac Léognan. Mais pas que, car en effet, il apportera le coté texturé, sur un grain fin, mais aussi le gras et quelques aromes frais d’agrumes (pamplemousse, mandarine, citron), de pomme et de miel. C’est cet assemblage rare qui, avec le terroir, participe fortement à l’identité des blancs secs du sauternais.

Les derniers sortis
Rayne Vigneau, « Grand vin blanc sec » Bordeaux 2022 (45€)
10 années que Vincent Labergère travaille sur ce projet. Un vin à l’aromatique particulièrement réussie (tisanerie, romarin, thym citronné) et une bouche balancée entre fraicheur et fruité, enrobée juste ce qu’il faut, avec un très beau toucher de bouche et un coté salin.

Château Guiraud, « Grand vin blanc sec » Bordeaux 2022 (50€)
Ce récent vin, très identitaire, est davantage dans la pureté et l’éclat que le très connu G de Guiraud. Notes de citron jaune, verveine, un rien camphré, et touche de silex. L’attaque se fait sur beaucoup de douceur fruitée, sur l’ananas et sur la bergamote de Nancy qui apporte sa discrète touche amère. Plus élégant et dynamique que le G.

Château Suduiraut, « Vieilles vignes. Grand vin blanc sec », Bordeaux 2022
L’aromatique est subtile : bonbon au citron, chèvrefeuille, soupçon de fraicheur sur la citronnelle et verveine citronnée. Iodé. Beau toucher de bouche, du gras (beurre frais) et belle expression du sémillon. Subtilement tendu, long et équilibré. Vocation gastronomique.

Sigalas Rabaud, « Grand vin blanc sec » (45 €)
Notes de tilleul, verveine, anis, fleurs blanches et silex chaud. Un léger grain (5 % de sémillon) et des saveurs étirées de bergamote et de pamplemousse rose. Pur, délicat et raffiné.

Château de Rolland, « le Clos des Moines » 2022, bio (18€)
Sur la commune de Barsac, Romain Garcia produit un 100% sauvignon très original car le coté variétal est atténué au profit d’une expression plus douce et d’un joli toucher de bouche (barrique). Nez fumé, toasté, touche de chèvrefeuille. La ligne fumée est suivie en bouche par une tension mesurée qui évolue sur des saveurs de pamplemousse. Belle identité.

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Des IGP Pays D’Oc de garde

Pourquoi faudrait-il qu’un vin de garde soit forcément issu d’une appellation d’origine contrôlée ? Sur les 272 échantillons dégustés à l’aveugle par la vingtaine d’experts en vins (sommeliers, restaurateurs, blogueurs, acheteurs, œnologues et journalistes) lors de la dégustation Collection Pays d’Oc, 40 cuvées représentatives de la diversité du territoire ont été sélectionnées ! Présentée le 19 octobre prochain à l’espace Vinalia (à Lattes), la sélection automne/hiver montrera tout le potentiel de garde de l’IGP.

Par définition, un vin de garde, quelle que soit sa couleur ou ses origines, est un vin qui peut se conserver et se bonifier avec les années. Sa puissance, son acidité et ses tanins (pour le vin rouge) doivent être au beau fixe pour permettre un vieillissement. Le temps, ou plutôt les années, viennent prendre ce capital pour le transformer, le minéraliser et le bonifier. Les arômes primaires se transforment en notes tertiaires, celles qui annoncent le vieillissement du vin.

Bordeaux, Loire ou Languedoc, toutes les régions ont leurs lots de vins de garde. Dans l’Hérault, certains des plus grands vins de garde sont estampillés en IGP. Granges des Pères ou Peyre Rose ont longtemps montré que la garde n’était guère réservée aux AOC. Que dire des grandes cuvées de Gérard Bertrand en IGP Aude Hauterive du domaine de Cigalus, des somptueux blancs de garde.

Une bonne poignée de vins de garde
En septembre dernier, nos experts ont sélectionné une bonne poignée de cuvées de garde qui prouvent de l’excellent potentiel de vieillissement des vins de l’IGP Pays d’Oc. Monocépage ou assemblage, tous ont montré ce potentiel. Le magnifique 100% rolle 2019 du domaine d’Aigues Belles en avait conquis plus d’un au sein du comité de dégustation. De belles odeurs légèrement confites, fruits blancs secs en tête, ont ravi les dégustatrices et dégustateurs. Les millésimes les plus récents ont également révélé un sacré potentiel de garde. On se donne RDV dans 10 ans !

Voici quelques cuvées, de garde, sélectionnées lors de la dégustation :

Domaine d’Aigues Belles – Premier Rolle – 100% Rolle – 2019

Domaine de Bachellery – Ballade pour Mistral – 2016

Alma Cersius – Terra Patres – 2019

Le Clos des Centenaires – Luxe, Calme, et Volupté – 2019

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Costières de Nîmes : Le syndicat voit l’avenir en rose

Malgré un marché tendu, le Syndicat des Costières de Nîmes garde le sourire à l’heure de faire un point sur l’année 2023. Le nouveau bureau veut s’appuyer sur la dynamique collective, la performance environnementale et la montée en gamme des vins via une hiérarchisation de l’appellation pour faire rayonner le vignoble. Compte-rendu.

Appart’City de Nîmes. A deux pas du célèbre amphithéâtre romain, la nouvelle équipe du Syndicat des Costières de Nîmes fait son entrée dans l’arène devant un parterre de journalistes. Cyril Marès, le nouveau président élu en mai dernier, a pour l’occasion revêtu son habit de lumière aux couleurs de la CrocoTeam. Un rose flashy qui donne le ton du positivisme. « Oui, le marché économique est compliqué et hyperconcurrentiel et ce n’est pas évident avec toutes les crises traversées mais on ne verse pas dans le catastrophisme, les Costières ont bien des atouts à mettre en avant et on tire déjà notre épingle du jeu », explique le vigneron du Mas des Bressades et du Mas Carlot. En freinant la production pour atteindre un palier d’environ 130 000 hl (dont 50% de rosé, 40 de rouge et 10 de blanc), les vignerons ont fait le choix de la qualité, quitte à perdre quelques marchés instables comme la Chine à la valorisation assez faible. « On est en pleine transition et on suit la tendance de fond du “boire moins mais mieux”, ajoute Aurélie Pujol, la directrice. Et puis, on a gagné en valeur avec environ 18% de plus qu’en 2021 et 3% de mieux qu’en 2022. »

Une future dénomination Costières de Nîmes Villages
Les marchés belges et canadiens, à plus forte valeur ajoutée, ont ouvert leurs portes et sont demandeurs de petits volumes qualitatifs. « On a un potentiel pour l’avenir avec un renouvellement de générations et une vision moderne de la viticulture », poursuit Jérôme Castillon, le vice-président. Avec 76% du vignoble engagé dans des pratiques environnementales, les Costières font figure d’exemple sur la planète vertueuse. « On compte bien continuer collectivement avec un projet agro-environnemental qui implique l’appellation dans une stratégie au long cours, prolonge Aurélie Pujol. Celle-ci intègre également la lutte contre l’artificialisation des sols, l’implantation de structures d’accueil de la faune auxiliaire (voir notre papier sur l’installation de nichoirs), la mise en place d’un réseau de parcelles sentinelles permettant de surveiller l’état hydrique du vignoble et l’expérimentation de cépages résistants (VIFA). » Le projet de création d’une dénomination Costières de Nîmes Villages, avec un cahier des charges aux clauses environnementales renforcées, est également dans les perspectives.

Franck Putelat aux manettes des Vignes Toquées
« La commission d’enquête de l’INAO est venue le 15 juin dernier et a été impressionnée par la qualité des vins et la motivation des vignerons », ajoute Cyril Marès dont le syndicat doit proposer un nouveau cahier des charges en mars 2024. Objectif temporel : 3 ans. « Un vœu pieu diront certains mais la base de travail sur l’identification des terroirs et des cépages a été entamée il y a 13 ans, on est donc plutôt optimiste », prolonge Jérôme Castillon, également vigneron au Château l’Ermite d’Auzan. Côté œnotourisme, l’appellation n’est pas en reste avec une pléiade d’événements locaux tout au long de l’année (La Bodega en mai, les JeudiDivin en août et les Costières Sonores dans le vignoble tout l’été). En 2024, les Vignes Toquées, point d’orgue “oenogastronomique” de l’appellation, auront lieu les 1er et 2 juin avec Franck Putelat, chef doublement étoilé, aux manettes. Et un nouvel espace baptisé le Pavillon des Costières de Nîmes verra le jour en mai sur l’esplanade Charles de Gaulle, entre les Arènes et la gare de Nîmes. Ce lieu convivial, où auront lieu afterwork, ateliers œnologiques et événements privés, permettra d’affirmer le statut de l’appellation, d’accroitre sa visibilité en local et de développer de nouvelles opérations de communication autour de ses vins. Un nouveau rendez-vous de choix pour les amoureux des Costières.

Plus d’informations sur www.costieresnimes.org

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