Des vendanges solidaires pour Myrko Tepus

La mobilisation de l’association Rouge Provence va permettre à Myrko Tepus qui a perdu plus de 80% de sa récolte dans les aléas climatiques du printemps de sortir quelques cuvées en Vin de France vinifiées dans son jeune domaine du Haut-Var.

En cette fin septembre, Myrko Tepus vient de démarrer à Esparron-de-Pallières dans le Haut-Var la vendange des quelques raisins rouges qui lui restent et d’un peu de blanc. « On avait échappé au gel de printemps mais un orage de grêle a ravagé nos vignes quatre fois entre le 12 et le 30 mai sans compter le mildiou qui a suivi en juin avec deux semaines de pluie et la coulure pour la floraison ». Les aléas météorologiques sont particulièrement extrêmes depuis 2017, date de l’installation de ce jeune vigneron qui a fait ses armes pendant dix ans comme saisonnier chez Peter Fischer (Château Revelette), Jean-Christophe Comor (Domaine les Terres promises) et Didier Daguenau. Cette année, il a donc perdu plus de 80% de sa récolte. Heureusement, Myrko a pu compter sur le soutien solidaire de l’association Rouge Provence, à laquelle il avait adhéré en 2018, parrainé par Peter Fischer et Pierre Michelland (La Réaltière). Le principe de ce groupement de vignerons issus de toute la Provence est certes de promouvoir en priorité les rouges et les blancs noyés dans un océan de rosés mais aussi d’aider un des leurs à produire au moins une cuvée les années de catastrophe climatiques afin de ne pas perdre tous ses clients et d’avoir assez de trésorerie pour payer les factures.

Mobilisation générale
Tout le monde s’est donc mobilisé pour lui fournir des raisins et lui permettre d’élaborer une cuvée spéciale qui sera revendiquée en Vin de France au regard de la provenance diverse des grappes. « J’ai formulé quelques vœux de cépages que Stéphane Bourret (La Bastide Blanche) qui coordonne l’association a envoyé à tous mes confrères [environ 35 domaines]. Chacun donne ce qu’il peut, certains 500 kg d’autres quelques milliers sachant que beaucoup ont aussi été impactés les années précédentes ». Myrko a récupéré surtout du cinsault et du grenache en rouge, du rolle en blanc. « Bien sûr, je vais élaborer des cuvées atypiques tout en essayant de garder mon style. J’ai juste demandé des raisins fraîchement pressés en grappes entières pour continuer à faire des infusions, notamment pour les rouges. Comme je gère les fermentations avec les levures indigènes de ma cave, même si les sols sont différents, je garde mon identité ». L’idée de Myrko est de vinifier les cépages « solidaires » séparément pour créer une gamme de 4 rouges, 2 blancs et 2 rosés qui porteront des étiquettes inédites signées d’un artiste bruxellois Anthony Willem. « D’habitude je peux faire jusqu’à 40 000 bouteilles selon les millésimes; je devrais quand même arriver à 30 000 cette année. C’est pas si mal car si on passe un an sans récolte, on ferme ». Myrko pense les commercialiser en cartons panachés. Par ailleurs, Rouge Provence a organisé dans l’urgence, cet été, une journée de dégustations des vins de l’association pour les prescripteurs. La manifestation a eu lieu au domaine de Myrko, la location des lieux lui apportant 10 000€ de trésorerie. « Cela permet déjà de payer les camions et l’essence pour aller récupérer les tonnes de raisin dans les domaines du Var et des Bouches du Rhône ».

©DR

Des terroirs d’altitude à haut potentiel
Issu d’une famille de marchands de vin du Centre Var, Myrko Tepus a toujours voulu créer son domaine. « Je rêvais de m’ancrer quelque part et ma famille avait eu des vignes ici. Je suis entré en contact avec un berger qui voulait vendre les siennes à l’abandon. Il fallait surtout les remettre en état pour garder le patrimoine génétique de ses 12 hectares, des grenaches de 50-70 ans, des carignans d’une soixantaine d’années, des vieux ugnis blancs, des cinsaults, des syrahs, et même des chardonnays en sélection massale car à l’époque, il n’y avait pas de pépinière. On greffait sur champs et on bouturait les plus beaux ceps » Le jeune vigneron connaissait le potentiel de ses terroirs en altitude avec des sols sableux argileux contenant beaucoup de calcaire et qui apportent fraîcheur et acidité. Il a trouvé à Esparron des hangars agricoles pour la cuverie et des caves voutées pour ses élevages. Il espère rapidement défricher quelques parcelles abandonnées pour planter clairette, rolle, grenache blanc, carignan blanc et gris en complantation si la météo lui accorde un peu de répit.

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Maison Langlois-Château devient Langlois

La Maison saumuroise qui appartient au groupe Bollinger vient d’annoncer une totale refonte de son identité et de sa gamme avec un recentrage de son activité autour de ses crémants de Loire.

50 ans, le bel âge. Cela fait en effet un demi-siècle que la Maison Langlois-Château est dans le giron du groupe Bollinger. Est-ce l’approche de cet anniversaire qui a poussé François-Régis de Fougeroux, Directeur Général, et ses équipes à lancer un grand chantier de refonte globale de la marque ? Sans aucun doute mais aussi parce que le temps était venu de mieux communiquer sur un savoir-faire maison insuffisamment bien perçu par les consommateurs. Ainsi était lancée en juillet 2022 une réflexion profonde sur la manière d’installer pleinement Langlois-Château dans son temps et d’affirmer son identité. Le rachat récent du domaine sancerrois Hubert Brochard par le Groupe va ainsi permettre de lui rattacher les vins de Sancerre qui étaient historiquement produits sous bannière Langlois-Chateau. Seuls quelques vins tranquilles resteront dans la gamme de la Maison saumuroise, notamment les vins issus de clos historiques. Plus généralement, c’est donc un vrai coup de projecteur sur la production de crémants de Loire qui a été souhaité. Et pour porter cette évolution, la marque change de nom et s’appellera désormais Langlois. Un changement qui s’accompagne d’une redéfinition de la gamme qui comptera à l’avenir trois cuvées en brut (Réserve, Rosé et vintage en l’occurrence 2018 initialement) ainsi que la cuvée haut-de-gamme anciennement Quadrille et rebaptisée Cadence. Le lien avec le célèbre Cadre Noir de Saumur est toujours là avec toutefois « davantage de liberté de ne pas nécessairement intégrer 4 cépages comme c’était le cas auparavant » précise François-Régis.

Un savoir-faire traditionnel et qualitatif
Le marché des crémants de Loire a littéralement explosé au cours des 15 dernières années avec une production passée de 5 millions à 23 millions de cols par an. Dans cet océan, Langlois exprime une voix relativement différente de la masse de la production. Un savoir-faire hérité directement de Bollinger, à l’instar d’une séparation des cuvées et des tailles lors des pressurages pour pouvoir isoler les jus les plus qualitatifs. Mais aussi une vinification par type de terroirs pour pousser au plus juste l’expression des différentes identités de sols ainsi que l’utilisation de vins de réserve. Ceux-ci représentent par exemple 20% de la nouvelle cuvée Brut réserve, d’où son nom. Les vins se patinent en outre bien plus longtemps sur lies que le minimum de 9 mois imposé par le cahier des charges de l’appellation Crémants de Loire. En l’occurrence, pas moins de 18 mois pour le Rosé et 24 mois pour le Brut Réserve. Il en ressort des vins d’une belle finesse, toujours marqués par le chenin qui leur donne leur caractère. Toutes ces cuvées bénéficieront en outre d’un nouvel habillage très réussi, sobre et élégant, parfaitement en phase avec la qualité des vins et leur positionnement prix (de 14,90€ pour le Brut réserve à 23,95€ pour le Cadence 2017 dont la sortie est prévue en février 2024). Avec, progressivement, toujours plus de bio. Langlois a en effet d’ores et déjà converti 30ha de ses 62ha en propre (le reste étant en conversion) et accompagne ses apporteurs de raisin dans cette même voie.

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Le champagne Besserat de Bellefon dévoile son nouveau siège et site œnotouristique 

Le champagne du « French art de vivre » continuera d’écrire son histoire au 5, rue Jean-Chandon-Moët à Epernay. La nouvelle adresse du siège, mais également d’un ensemble comprenant suites, bar et boutique ouverts au public.  

Carreaux rose vichy dans la salle de bain de la suite à son nom, damier noir et blanc dans l’entrée du siège, bandes bleu marine et blanc rappelant la marinière… Aucun doute, BB continue d’inspirer le champagne Besserat de Bellefon jusque dans la décoration intérieure de son nouveau siège et site œnotouristique.

Un emplacement idéal
Il faudra attendre le printemps 2024 pour découvrir, entre autres, la suite Bardot. Mais la célébration des 180 ans de la maison de champagne offre une belle occasion d’en dévoiler un peu plus sur le projet. L’édifice du XVIIIème siècle, qui abritait l’antenne sparnacienne de la CPAM de 1948 à 2022, s’articule en effet autour d’une partie privée, dans le bâtiment principal, et d’une autre, publique, sur la droite. La cour, quant à elle, sera transformée en un jardin à la française menant d’un côté à deux terrasses ouvertes au public toute l’année et de l’autre, à quelques places de parking. Improvisée chef de chantier, Nathalie Doucet se réjouit de l’aménagement de ce nouvel écrin. « Nous avons réellement eu un coup de cœur pour cette maison, parfaitement placée », en plein centre-ville d’Epernay, à proximité directe de l’avenue de Champagne et du futur hôtel Tribute Portfolio by Mariott annoncé pour 2025 sur l’esplanade Charles-de-Gaulle. La présidente de Besserat de Bellefon poursuit la visite. Évoque, ici, les 94 fenêtres d’époque qui retrouveront leurs volets en bois ; là, la marquise et la porte en fer forgée, bientôt siglée « BB », qui vivront une nouvelle jeunesse. Là encore, les parquets d’époque révélés par le curage du mois de mars. Classée, la bâtisse réclame des travaux en conformité avec les exigences de l’architecte des bâtiments de France, comme la façade à la chaux ou la toiture en ardoise. Mais l’idée est bien de rendre son lustre à la bâtisse, acquise pour 3 millions d’euros aux enchères en septembre 2021.

Inspiration BB
Une fois poussée, l’imposante porte de la partie siège dévoilera un sol à damier noir et blanc, inspiré d’une mythique photo de Brigitte Bardot, et des murs bleu marine rehaussés des bandes bleu et blanc de la marque avec une touche de rouge. « Nous avons conjugué le passé au futur, mélangé le moderne et l’ancien. Nous avons, par exemple, retrouvé des toiles que nous allons faire restaurer avant de les installer au-dessus des portes, là où était leur place. » Le rez-de-chaussée se partagera entre un salon d’accueil cosy aux tons bleu marine agrémenté de niches pour les cuvées, une salle de dégustation pour 20 personnes et un salon, salle à manger. L’étage accueillera les bureaux d’une quinzaine de collaborateurs ainsi que celui de la présidente, avec vue sur le ballon captif. De l’autre côté du futur jardin, la partie œnotouristique sera ouverte au public toute l’année. Les visiteurs profiteront, au rez-de-chaussée, d’un bar reprenant le code couleurs de la maison, ainsi qu’une boutique et un accès à l’œnothèque privé qui, elle, ne sera accessible qu’aux clients fidèles de la maison. À l’étage, trois suites de 20 à 30 m2 ont été imaginées : la suite Bardot, la BB French touch et la Classic chic, une junior suite en hommage à Yvonne de Méric de Bellefon et Edmond Besserat, les fondateurs. Trois styles, trois ambiances différentes, comptant chacune sa salle de bain. Pour l’anecdote, les descendants de la famille ont déjà réservé pour l’ouverture ! « Nous avons créé une société, BB Hospitality, spécifiquement pour la partie œnotouristique », précise Nathalie Doucet. À ce jour, l’équipe reste encore à constituer. « Nous avons réussi à repositionner la maison Besserat de Bellefon là où elle devait être. Elle est désormais reconnue comme une vraie pépite. » À laquelle il ne manquait plus qu’un écrin de choix pour partager le « French art de vivre ».

©C. HOHWEYER

Champagne Belleserat De Bellefont

Champagne Belleserat De Bellefont

Champagne Belleserat De Bellefont


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Les jolis atouts des seconds vins

Alors que les foires aux vins d’automne battent leur plein, l’événement organisé par Terre de Vins et Cash Vin est de retour au Hangar 14 à Bordeaux, le samedi 21 octobre (10 h – 19 h). Un rendez-vous à ne pas manquer pour dénicher des beaux flacons à prix doux !

Une belle diversité géographique
Graves, Pessac-Léognan, Saint-Émilion, Pomerol, Médoc, Sauternes… Près d’une soixantaine de domaines bordelais ont répondu présents pour venir à la rencontre des amateurs lors de cette Foire aux seconds vins. Ils sont les fiers représentants de la large palette de terroirs et styles que propose le vignoble bordelais en rouge, blanc sec et doux.

Une porte d’entrée vers le prestige
Petits frères des grands vins, ces « seconds » sont créés sur le même vignoble, par les mêmes équipes, avec le même savoir-faire et le même soin. Pensés dans un style tout en buvabilité, ces vins de plaisir peuvent être consommés plus jeunes que leurs aînés. Une excellente façon de découvrir le style d’un domaine et/ou d’attendre l’apogée du grand vin.

Des tarifs pour tous les budgets
La grande force des seconds vins, c’est leur rapport qualité-prix imbattable. Grâce au travail de sélection méticuleux de Cash Vin sur une belle palette de millésimes à prix négociés, un large panel tarifaire sera proposé en ce samedi, dès une dizaine d’euros et jusqu’à une cinquantaine.

Des coups de cœur à ramener à domicile
Grâce au partenariat avec Cash Vin, il sera possible d’acquérir ses coups de cœur du jour dans une boutique éphémère aménagée sur place. Toujours attentives, les équipes de Cash Vin seront là pour conseiller les amateurs et leur faire découvrir des pépites.

Des tarifs avantageux seront proposés pour l’achat de ces cuvées grâce aux deux offres suivantes :  l’entrée à 10 € remboursée dès l’achat d’une caisse de 6 bouteilles, et la 6e bouteille offerte pour l’achat de 5 bouteilles identiques.

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Margot Duffort : sommelière de l’année

Elle avait déjà remporté le 22 mai le trophée de meilleure sommelière d’Occitanie, elle vient d’être sacrée Sommelière de l’année à la 37e édition des Trophées Le Chef qui célèbre les personnalités qui ont marqué le milieu de la restauration en 2023. Rencontre avec Margot Duffort, cheffe sommelière au Gindreau, restaurant étoilé à Saint-Médard dans le Lot.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je suis native des Pyrénées, j’ai fait toute ma scolarité à Lourdes, ou j’avais déjà effectué mon stage de découverte en 3e chez un caviste, puis un BTS en relation client avec aussi un stage chez un autre caviste. Ensuite, j’ai passé un CAP en candidat libre, puis au Lycée hôtelier de Toulouse un BP sommellerie. Je me suis formée ensuite aux côtés de Benoit Castillon à l’Hôtel du Palais à Biarritz. Puis, pour valider ma mention, j’ai réalisé un stage au restaurant Le Gindreau, une étoile au guide Michelin.

Le Gindreau que vous n’avez plus quitté depuis ..
Je suis cheffe sommelière maintenant. Tout s’y est fait de manière très naturelle avec les propriétaires Sandrine et Pascal Bardet depuis 6 ans. Être sommelière n’est pas vraiment mon métier à proprement parler, c’est juste naturel, c’est en moi. Ça m’anime tous les jours et je suis ravie de l’officier au sein du même établissement depuis plusieurs années. J’ai envie de faire plaisir aux gens.

Vous avez reçu le prix de la sommelière de l’année hier, que ressentez-vous ?
Je faisais partie des 6 sélectionnés dans la France entière dans ma catégorie. Dix chefs référencés dans le Guide Michelin ont été appelés à voter pour les personnalités ayant le mieux représenté la restauration en 2023. Je suis très surprise et surtout honorée d’avoir reçu ce titre, je ne réalise pas encore.

Quelle est la suite pour vous ?
Pour le moment, je reste au Gindreau, j’y suis bien et je compte y rester le plus longtemps possible.

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Terra Nostrum reçoit au Meurice

Ce lundi, une rencontre improbable s’est déroulée au cœur du palace parisien. Quelques soixante professionnels, cavistes, sommeliers, restaurateurs, sont venus déguster les meilleurs flacons de quatorze coopératives réunies en association sous le nom de code Terra Nostrum. Un peu déconcertés par cette initiative, les acheteurs ont vite été conquis

©A. Viller


Il est loin le temps où coopés rimait avec manque de qualité, ceux qui sont restés sur cette image surannée n’ont pas pris la mesure de l’énorme révolution que la coopération viticole a effectué sur la dernière décennie. Les coopés innovent tant côté production que marketing, les coopés ont de l’ambition, des services recherche et développement, elles sont à la pointe de la démarche RSE, de l’œnotourisme…tout en s’appuyant sur des valeurs fortes de solidarité, de pédagogie, de durabilité, de proximité. C’est la démonstration, en rencontres et en dégustations qui a eu lieu hier. La Cave de Tain, le Cellier des Princes à Châteauneuf-du-Pape, Villa Sinnae à Laudun, Jaillance à Die, Estandon en Provence, Les Caves du Sieur d’Arques à Limoux, Terre de Vignerons et Tutiac pour le vignoble bordelais, Marrenon en Luberon, Vinovalie pour le Sud-Ouest, Chassenay d’Arce en Champagne, Vignobles Edonis et Loire Propriété pour le vignoble ligérien, Wolfberger pour l’Alsace ont proposé un festival de cuvées sur mesure pour les sélections des cavistes et les cartes de restaurants.
Après un premier tasting en matinée, le déjeuner en collaboration avec les équipes d’Alain Ducasse et Cédric Grollet a permis de tester des accords savoureux : carpaccio de poulpe avec le très floral Anjou Ronceray de Loire Propriété, le bel équilibre tendre de l’assemblage clairette-grenache de Villa Sinnae ou encore la cuvée Clocher de la Digne d’Amont en terroir océanique des caves limouxines du Sieur d’Arques. Un festival également avec une seconde entrée faite d’une déclinaison de betterave et haddock bluffant les convives avec le fameux Saumur Clos Cristal d’Alliance Loire (Vignobles Edonis), un profond Crozes-Hermitage de la cave de Tain puis La mauvaise réputation, un malbec détonnant signé Terre de Vignerons. En plat principal, le filet de canette et oignons de Roscoff caramélisés se sont distingués sur l’Intégrale de Tutiac, Gardarem en Luberon de Marrenon, Hérédita du Cellier des Princes, trois cuvées aux vinifications novatrices donnant des profils aptes à surprendre les papilles les plus contemporaines. Enfin un dessert autour de la pêche s’est accoquiné avec la fine bulle de la cuvée Icone en Clairette de Die de Jaillance, le subtil rosé Symbiose d’Estandon et l’original Astrolabe Loin de l’œil de Vinovalie.

Une journée parisienne que ni les coopérateurs ni les dégustateurs ne sont prêts d’oublier !

Photos ©A. Viller

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Morgan Freeman, nouvelle icône de la cuvée Grand Siècle de Laurent-Perrier

L’acteur américain Morgan Freeman (Invictus, Million Dollars Baby…) sera désormais l’égérie de la cuvée Grand Siècle, la cuvée iconique de la Maison Laurent-Perrier créée par Bernard de Nonancourt.

Lorsque l’on évoque Morgan Freeman, on pense évidemment au raffinement de l’acteur, toujours flegmatique et subtile. Le vin n’est d’ailleurs pas absent de sa filmographie. Dans Seven, il incarne un inspecteur toujours posé face à un Brad Pitt impulsif et mal dégrossi, qui ose lui servir un verre de vin dans une pinte de bière au grand scandale de notre héros.

La carrière même de Morgan Freeman évoque l’art de ce grand champagne de garde. N’a-t-il pas dû attendre un âge avancé pour jouer ses plus grands films après avoir été cantonné pendant plus de vingt ans dans des seconds rôles ? Il en va de même pour Grand Siècle dont la meilleure expression nécessite en général plus d’une décennie de vieillissement sur lies. Tout comme le héros d’Invictus et de Malcolm X, c’est aussi un champagne qui n’a pas eu peur de mettre en avant sa différence, en devenant la première cuvée spéciale construite sur le principe du multimillésimé, puisqu’elle entend grâce à un assemblage de plusieurs grandes années reconstituer sur chaque opus ce que serait un millésime idéal en Champagne.

Au-delà du vin, c’est enfin le cheminement extraordinaire et parallèle de la maison en 80 ans, depuis sa reprise en main par Bernard de Nonancourt auquel fait écho la carrière de Morgan Freeman. Stéphane Deylac, son président, confie : « Chez Laurent-Perrier, nous sommes différents de nos pairs, ou du moins perçus comme tel. Il nous a fallu beaucoup plus de temps, d’effort et de persévérance pour que notre savoir-faire soit reconnu, sans doute en raison de notre différence. ».
À partir du 26 septembre 2023, une campagne publicitaire sera lancée simultanément aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Japon, en Allemagne, en Suisse et en Italie à la fois en print et en digital. Au Nigeria, en digital uniquement.

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Economie : le cognac fait le dos rond

Affectée par la chute des expéditions en Amérique, la filière prépare la reprise. En attendant, elle ne plantera que 100 hectares de nouvelles vignes en 2024.

Le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) a annoncé le 22 septembre avoir « ajusté » sa demande de nouvelles plantations de vigne auprès de France Agrimer. Sa requête auprès de l’administration porte sur seulement 100 hectares, contre 3 129 ha en 2023 et une moyenne annuelle de 2 741 ha entre 2018 et 2022. Longtemps, le vignoble charentais s’est taillé la part du lion du contingent français de nouvelles vignes autorisées par l’Europe. Ce temps-là semble révolu.

Face aux vents contraires de l’économie mondiale, la filière cognac marque une pause et fait le dos rond. Les chiffres de la campagne viticole 2022-2023, arrêtés à la fin juillet, sont mauvais. Les expéditions chutent : moins 18,9 % en volume et moins 6,2 % en valeur. Elles s’établissent à 180,2 millions de bouteilles (pour un chiffre d’affaires de 3,6 milliards d’euros), soit moins qu’en 2019-2020 (187,5 millions de cols) au plus fort de la pandémie de Covid.

Moins 39,4% en Amérique du Nord
Les expéditions plongent notamment dans la zone de libre-échange nord-américaine (États-Unis, Canada et Mexique) : moins 39,4 % en volume et moins 28,6 % en valeur. Aux Etats-Unis, premier marché du cognac, les négociants sont confrontés à une « conjonction de difficultés » : inflation, fin des aides à la consommation après la crise sanitaire, surstokage chez les distributeurs et vive concurrence de la tequila. Toutefois, « la consommation retrouve une meilleure dynamique », tempère le BNIC.

Les bons résultats en Asie (+ 8,7 % en volume et + 16,3 % en valeur) limitent la casse mais restent fragiles. En Europe, « les signaux sont contrastés » (- 4,9 % en volume et + 2,2 % en valeur) tandis que les marchés émergents comme l’Afrique subsaharienne prennent toute leur importance et ne sont plus de simples relais de croissance.

Le rebond de 2021 trop vigoureux
Dans ce contexte délicat, où tous les spiritueux sont ballottés (notamment le whisky écossais, dont les volumes vendus au premier semestre 2023 ont baissé de 20 %), le cognac veut croire à une « reprise progressive et non linéaire au cours de l’année 2024 ».

Dans un communiqué diffusé la semaine dernière, le président du BNIC, Christophe Veral, déclare : « Produire et vendre du cognac, c’est encore et toujours se projeter à long terme. Nous avons confiance en la résilience et en la capacité de rebond de notre filière ainsi qu’en la force de notre appellation d’origine contrôlée. »

Il faut ici préciser que cette situation dégradée intervient après un rebond trop vigoureux en 2021, dès les premiers replis de l’épidémie de Covid. « Cette hausse en 2021 et de la baisse en 2022 sont les deux faces d’un même phénomène qui apparaît aujourd’hui comme atypique et anormal en termes d’intensité. De ce point de vue, la dynamique des derniers mois doit être vue comme une étape de normalisation », fait savoir le BNIC dans une note de conjoncture.

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Les 30 millésimes de Denis Lurton

En 1992, Lucien Lurton possède une dizaine de châteaux dans le bordelais, et pas des moindres. Des châteaux qu’il va léguer à ses 11 enfants. Desmirail, 3e cru classé en 1855 de Margaux, sera pour son fils Denis. Depuis, Denis Lurton aura vinifié 30 millésimes : l’occasion de faire un bilan, de marquer aussi le coup et de dessiner un futur.

Denis n’a pas toujours été au château Desmirail. Des études de droit l’ont d’abord amené à être avocat. Il gagnera même le concours d’éloquence du barreau de Bordeaux. Des talents qui le conduisent à abandonner cette carrière pour épouser celle d’acteur. Il le sera pendant trois années, de 1989 à 1992, se formant au cours Florent puis avec Maurice Sarrazin, professeur de théâtre et fondateur du Grenier de Toulouse et décédé en avril dernier.  “Il m’a beaucoup apporté” dit de lui Denis. Et lorsqu’on lui demande s’il y a des similitudes entre le métier d’acteur et celui de viticulteur, Denis réfléchit : “La rencontre avec le public m’a passionné. Comme un public au théâtre, les visiteurs au château attendent aussi quelque chose de nous. L’échange avec le viticulteur créé un lien personnel. Pour eux, on incarne le métier de viticulteur et c’est ce qu’il y a de beau. C’est un métier personnalisé. Ceux qui ont accès à cette clientèle ont un avantage ».

Que retenir de ces 30 vinifications ?
Sur cette question, Denis ne réfléchit pas longtemps : « Les millésimes ! Ils sont un peu comme une famille » comme si chacun était « un enfant avec sa propre personnalité, même si l’on peut dire que le phénomène millésime s’est un peu estompé avec le réchauffement climatique : il y en a moins de mauvais maintenant ». Et puis en contemplatif qu’il est certainement, et toujours apte à s’émerveiller il y a … « la durée ». Il s’explique : « On travaille dans la durée, mais celle-ci peut être parfois pesante. Et elle l’est au moment des vendanges, car il faut savoir ne pas ramasser et attendre la bonne maturité ». C’est un risque certain. Mais « La qualité de la matière première est essentielle. On est de plus en plus stressé surtout quand ça s’est bien passé l’année précédente ». Ce bilan ne signifie pas que le temps s’arrête et l’avenir se dessine.

Le futur
« Je le vois avec ma femme ». Laurence Bastide, son épouse, possède une galerie d’art à Bordeaux, Le Petit Atelier . « Je souhaite lier davantage Desmirail à l’art » explique Denis. C’est elle qui a proposé l’artiste-peintre, Anaïs Vindel pour une exposition au château et pour la réalisation de l’étiquette du 2022 célébrant ces 30 millésimes. « Seulement cette fois-ci. Il s’agissait de marquer un moment précis« . Une étiquette tout en douceur, sur des teintes ocres qui rappellent la terre à laquelle Denis est si attaché.

Blanc sec
« Je suis en pourparlers avec un propriétaire de Cantenac pour acheter 1 hectare. Ce sera vraisemblablement un Vin de France, pas en Bordeaux, ni dans le cadre de la future appellation Médoc blanc ». Le Médoc peut produire des vins blancs hauts de gamme, rattachés à la notoriété de la marque du château.

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Du cognac en images

Production de France 3 Nouvelle Aquitaine, le documentaire de Marie-France Brière revient sur l’histoire de la famille Delamain, entre cognac et littérature. Un voyage à podcaster…

Si une maison méritait une immersion au fond du cognac comme à la surface de la littérature, Delamain s’imposait. Ce documentaire de 52 minutes signé Marie-France Brière revient sur les origines de cette famille en Irlande jusqu’à la saga spiritueuse dans la ville de Jarnac-Charente en passant par l’aventure littéraire parisienne qu’une librairie rue Saint-Honoré témoigne encore aujourd’hui. Pour le cognac, les Delamain font partie de ces familles étrangères qui ont décidé de venir faire le négoce de cette eau-de-vie charentaise, aux côtés des Hennessy, Martell et autres Bache Gabrielsen. Le reste de cette histoire est au fond du verre, une marque indélébile d’eaux-de-vie de très haut rang, essentiellement du premier cru la Grande Champagne. …Des eaux-de-vie distillées sans les lies qui vieillissent sur les bords du fleuve Charente. Côté livre, les héritiers Delamain auront le goût des lettres, de l’histoire, des sciences naturelles, de l’archéologie, etc., etc. Ils laisseront quelques livres dont une Histoire du cognac dans laquelle on nous rappelle le cognac est un produit qui nécessite le temps long. Le beau-frère Chardonne participe aussi à cette histoire littéraire, ce père des Destinées sentimentales mis au ban de la postérité pour fait de collaboration. On ne refait pas l’histoire, on la découvre au fil de ce documentaire qui dévoile surtout le secret de fabrication des plus grands cognacs de la Place. Un podcast aux notes d’agrumes et de rancio. Le voyage proposé par Marie-France Brière mérite un fauteuil Chesterfield, un verre tulipe, quelques centilitres de Pale & Dry et 52 minutes de notre temps.

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