Grés de Montpellier : un millésime 2023 prometteur 

« Un millésime précoce marqué par un fort ensoleillement, de faibles volumes, mais de belles maturités et de la concentration. » résume Isabelle Vermorel, directrice de l’AOC Languedoc Grés de Montpellier, après sa tournée des vignerons de l’appellation, lorsque les vendanges touchent à leur fin.

Faire face à la sécheresse puis à la canicule
L’appellation a bénéficié d’une campagne viticole 2023 particulièrement sereine : « Très peu de mildiou, contenu, seule la recharge en eau des sols après un hiver et un printemps particulièrement secs paraissait préoccupante (entre 100 et 300 mm de pluie sur le secteur de Montagnac contre 600 mm habituellement). Mais les pluies du mois de juin ont impacté positivement le développement de la vigne avec une belle croissance sans stress hydrique. »

La disposition en amphithéâtre autour de Montpellier, sur des collines allant des garrigues jusqu’à surmonter la Méditerranée, a quelque peu modéré l’impact de la canicule estivale (point culminant le 24 août avec un record de plus de 44° à Moulès-et-Baucels, dans le nord de l’Hérault, département des Grès)  . « La météo (temps chaud, sec, et ensoleillé) couplée aux entrées maritimes grâce à la proximité de la mer, favorable durant la maturation, a permis de préserver un bon état sanitaire d’ensemble avec des raisins sains. La baisse des températures nocturnes début septembre a aussi été bénéfique à la vigne ralentissant la progression des sucres dans le raisin pour arriver plus sereinement à une maturité phénolique. » communique l’appellation.

Agilité face à la complexité
Il a fallu faire faire preuve d’adaptation à la vigne, suivant les parcelles et les cépages : syrah à petites baies et faible jus, cépages méditerranéens, tels que le grenache, le mourvèdre, le cinsault et le carignan, plus résilients et optimisant le plus petit apport d’eau. « Les maturités avaient tendance à se bloquer selon les secteurs, engendrant une vendange 2023 en accordéon pour certains domaines et précoces pour d’autres… Il fallait donc faire preuve d’agilité pour jongler avec les parcelles qui pouvaient arriver à maturité toutes en même temps et optimiser la gestion de la cuverie. Le rythme de la récolte s’est alors accéléré dès la troisième semaine d’août pour certains domaines et caves coopératives sur le pourtour montpelliérain, afin d’éviter des degrés trop élevés et de s’assurer d’une qualité optimum. Pour d’autres vignerons, l’hétérogénéité des maturités, rencontrée parfois au sein d’une même parcelle, forçait à la patience. »

Il a fallu être réactif à la cave : « Devant l’hétérogénéité de cette vendange 2023, les méthodes de vinification en cave nécessitent, elles aussi, d’être adaptées aux caractéristiques propres de chaque lot comme favoriser, par exemple, des extractions douces, avec moins de remontage ou de pigeage… afin d’obtenir du fruit sans trop de tanins astringents. »

Au final, faible quantité et qualité prometteuse
« Le bilan de ce millésime sur le terroir des Grès de Montpellier s’annonce globalement satisfaisant, mais avec de faibles rendements en jus (entre -10 et -40 % selon les secteurs comparés à la récolte 2022). » résume sa directrice et Olivier Durand, son président, conclut « la qualité de la récolte, d’après les premières dégustations, s’annonce prometteuse, avec des profils aromatiques flatteurs, une belle intensité colorante et des PH (3,5 en moyenne sur les rouges) qui augurent de bonnes acidités pour les Grés de Montpellier ».

Sur les réseaux sociaux, les vignerons de l’appellation ont raconté leur vendanges 2023 en direct et dans leur diversité :

Au Château de l’Engarran, à Lavérune, le 27 août : « On a pris un TSUNAMI de vendanges en 3 jours ! En blanc en rosé en rouge ! Tous les blancs sont faits, 90% des rosés sont faits. Et déjà 3 grandes et belles cuves en Syrah sur les Grés de Montpellier et Saint Georges d’Orques. Et tout est bon ! Mais tout est prêt tôt ! … on obéit aux vignes et go ! Nous sommes « aux ordres » des terroirs… et ils sont exigeants. »

Au Domaine de la Triballe, à Guzargues, le 7 septembre : « Les vendanges ont bien commencées ! Mais ici en Grés de Montpellier on attend encore pour avoir une maturité parfaite » 

Au Chai d’Emilien à Sussargues, le 8 septembre : « Presque la fin des vendanges, les rouges arrivent : fatigués, asséchés, concentrés, puissants et racés. Car un jour, un mec a planté ses racines ici. Et nous aujourd’hui et bien on récolte. »

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Saint-Émilion inaugure sa première « Fête des Vendanges »

À initiative de l’Association des Grands Crus Classés de Saint-Émilion, une grande Fête des Vendanges ouverte au grand public se déroulera les 14 et 15 octobre. Les 55 châteaux membres de l’association se mobilisent pour offrir aux amateurs une expérience immersive dans le vignoble.

Les premiers coups de sécateurs du millésime 2023 ayant déjà été donnés depuis quelques jours, il est fort probable que, les 14 et 15 octobre, la plupart des raisins auront été mis en cuves. Qu’importe. Saint-Émilion veut célébrer ses vendanges, et les célébrer avec le grand public : c’est toute l’ambition de cette première Fête des Vendanges née à l’initiative de l’Association des Grands Crus Classés de Saint-Émilion (AGCCSE) : « Nous voulions donner envie aux amateurs français et européens de vivre avec nous ce temps fort du vignoble que sont les vendanges, de venir à notre rencontre dans un moment convivial et élégant, en installant un nouvel événement récurrent et pérenne », explique Fançois Despagne, président de l’AGCCSE et propriétaire du château Grand Corbin Despagne. « Saint-Émilion est une terre d’accueil, un territoire classé à l’UNESCO, un vignoble où beaucoup de propriétés sont encore familiales et pratiquent un œnotourisme authentique, ouvrent leurs portes, font découvrir leurs vins, leurs paysages, leur patrimoine… Cette Fête des Vendanges est l’occasion de renouer un lien fort avec les visiteurs à travers une série d’ateliers, de conférences, de balades, de concerts, de déjeuners et de dîners qui sont autant de micro-événements « cousus mains«  pour des petits groupes d’amateurs. »

55 propriétés, 23 activités
L’objet de cette manifestation n’est pas de concurrencer les journées Portes Ouvertes de Saint-Émilion qui se tiennent généralement fin avril/début mai, mais d’installer une offre complémentaire à près de six mois d’intervalle, davantage ciblée sur des petits groupes et un nombre restreint de châteaux.

Les 55 propriétés membres de l’AGCCSE se mobilisent pour l’occasion. Toutes n’ouvriront pas leurs portes au public au cours de ces deux jours, mais toutes seront à déguster durant le week-end. Vingt-trois activités différentes sont organisées, dont le point d’orgue est une grande « Gerbaude », un dîner de fin de vendanges festif et décontracté (pot-au-feu au menu) qui sera « arrosé » de beaux magnums de grands crus classés et se tiendra au château de Ferrand (120 € par personne, places limitées). Parmi les autres temps forts du week-end, des visites souterraines (Château Franc Mayne, Couvent des Jacobins), une balade agroforesterie ou architecture, un concert lyrique (Château Faugères), des déjeuners (La Fleur Morange, Chauvin, Rol Valentin, La Tour Figeac, Montlabert, La Croizille) ou encore une conférence de la fondation Terroirs Paysages Culturels au château Bellefont-Belcier : chaque « micro-événement » est à la carte et payant, avec pré-réservation requise.

Le programme complet et les réservations sont disponibles sur le site du tourisme du Saint-Émilion en suivant ce lien.

Il est également possible de passer par l’office de tourisme du Libournais.

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Un observatoire SoWine/Dugas pour suivre le marché des spiritueux premiums

Alors que 46 % des consommateurs de spiritueux déclarent en consommer pur ou en cocktail au moins une fois par semaine, plus des deux tiers déclarent dépenser en moyenne 20 € et plus pour une bouteille. Ce sont ces amateurs de spiritueux premiums que la première édition de l’observatoire SoWine/Dugas a passé au crible.

L’étude commanditée à l’agence SoWine par le distributeur Dugas (qui vient d’être racheté par le groupe européen Stock Spirits) a été présentée lors du salon Dugas qui se déroulait au Carreau du Temple à Paris. Elle avait été menée en avril dernier auprès d’un millier de consommateurs de 18 à 65 ans.

Dans cette catégorie des consommateurs de spiritueux premiums, près d’une personne interrogée sur deux s’est déclarée experte (versus un tiers au global), 30% débutants vs 41% en général. Sans surprise, il apparaît que 55 % sont des hommes (vs 46 %). La consommation se fait de préférence à domicile (80%), en famille ou chez des amis (72%), au bar (pour 35%) ou au restaurant (27 %) mais les trois-quarts des jeunes de 26-35 ans consomment surtout en CHR. Les amateurs de spiritueux premiums achètent surtout chez les cavistes (60 % vs un sur deux pour les consommateurs de spiritueux en général). Ceux qui poussent la porte des boutiques sont majoritairement des hommes actifs (26-49 ans) qui disposent de revenus élevés, plutôt connaisseurs ou experts, et les plus gros consommateurs. Mais ils achètent aussi à 88% en grande distribution, à 34% sur Internet, à 20 % auprès des producteurs et seulement à 7% via les applis mobiles.

Des consommateurs plus explorateurs
Les consommateurs de premiums sont avant tout amateurs de whisky, mais également de rhum, et dans une moindre mesure de vodka, de liqueurs, d’anisés, puis de gin, tequila, cognac et armagnac. Plus on est âgé, plus on cite comme préférences whiskies et anisés, plus on est jeune, plus on apprécie rhum et vodka. Les personnes à revenus plus faibles boivent plutôt liqueurs et gins.

La catégorie comprend également des consommateurs plus explorateurs. « Ils sont plus attentifs à la marque, au storytelling, aux valeurs de savoir-faire », estime Harold Farnham, directeur adjoint de l’agence SoWine. Ils ont consommé au moins un spiritueux du monde (hors France, non écossais ni irlandais pour les whiskies, non cubains pour les rhums) : d’abord des whiskies et des rhums, mais également des tequilas, sakés, gins (hors UK) et amaretto. « Ils s’intéressent surtout à l’origine du produit, à la production craft-artisanale et sont dans une attente particulière d’authenticité, curieux de l’histoire de la marque ».

« L’ADN de Dugas est justement de travailler avec les propriétaires de marques pour valoriser leur savoir faire en apprenant à mieux les connaître, afin d’alimenter le contenu de notre catalogue, le discours des commerciaux mais également faire ressortir la notion de terroir, véritable axe de différenciation, en particulier pour les cavistes » explique Sébastien Lallour, responsable marketing

Les consommateurs de cocktails recherchent avant tout « une expérience de dégustation unique », surtout au restaurant, 52 % une nouveauté, 40 % attendent une façon de déguster un spiritueux de manière différente (surtout pour les amateurs de cognac et armagnac) et 8% s’intéressent à la patte du mixologue. Pour les cocktails, les préférences vont d’abord au rhum (63%) et au whisky (51%) devant la vodka (31%), le gin (24%) et les amers (10%), la vodka tendant à être sur-représentée chez les 18-25 ans. La consommation en cocktails à 58% est encore plus plébiscitée chez les jeunes (à 75%). Sur le podium des critères d’achat, le prix et le goût à part égales devant l’attachement à la marque.

Des attentes fortes sur les packagings et l’écoresponsabilité
Près de 40% des acheteurs déclarent être sensibles à une certification environnementale (56% chez les plus jeunes) et 58% se diraient prêts à les payer plus cher. En tête des freins à l’achat, la nécessite de goûter avant d’acheter et le manque de connaissance sur le mode de consommation. D’où la mise à disposition par Dugas « de bouteilles pour goûter, la mise en place d’animations, de formations dédiées pour être proactif en matière d’éducation » précise Sébastien Lallour.

Le packaging reste un élément déterminant « toujours ou souvent » pour une personne sur deux. Les acheteurs de premiums sont sensibles pour 79 % à une bouteille originale, 41 % à une édition limitée ou exclusive, mais également à des packagings personnalisés, éco-responsables ou dans des formats différents. Le packaging est encore plus décisif pour les experts.  « Le design participe à l’acte d’achat et l’aspect esthétique est d’autant plus important qu’il implique la dimension cadeau, reconnait Sebastien Lallour. On en a une belle illustration avec la gamme Maison du Rhum ; son aspect vintage collector et la transparence des origines a fait bondir les ventes ». Même succès pour des packagings originaux comme la flasque de la vodka Squadron, le bidon d’huile du gin Engine…

Les attentes portent avant tout sur les packagings écoresponsables pour une personne sur deux, la certification environnementale, des bouteilles plus petites, des engagements RSE et un degré d’alcool moins élevé. « Nous travaillons de plus en plus avec des propriétaires soucieux d’environnement comme les rhums Centenario et Canaima ; notre rôle est de mettre en avant cet aspect puisque nous sommes des constructeurs de marques ». Les principaux défis à l’avenir pour les personnes interrogées porteront donc sur la réduction de l’impact de la production sur la planète, le développement de spiritueux éco-responsables et sur le challenge prix face à la baisse du pouvoir d’achat. Sachant que plus des deux tiers des consommateurs de spiritueux premiums ne souhaitent pas changer leur consommation et 13 % pensent même l’augmenter, la catégorie semble avoir de beaux jours devant elle.

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Salon 1948 : le cadeau d’Emmanuel Macron à sa majesté Charles III

A l’occasion de sa venue en France, le roi d’Angleterre Charles III recevra en cadeau de la part du président de la république, à côté d’une édition originale des Racines du ciel de Romain Gary, une bouteille de champagne Salon millésimée 1948, année de la naissance du monarque.

On savait déjà que lors de cette visite royale de Charles III en France, le vin serait à l’honneur. Le circuit emprunté passera en effet par le vignoble bordelais. On sait désormais que le vin figure aussi en bonne place dans les cadeaux qui seront offerts au monarque. C’est ainsi que l’Elysée a sélectionné une bouteille de champagne Salon 1948, année de la naissance de sa majesté. Un choix qui a été validé par le président de la République en personne. Il est vrai que le champagne Salon figure depuis longtemps dans la cave de l’Elysée, où il n’est évidemment pas utilisé pour les grandes réceptions, compte tenu de de sa rareté et de son prix, mais davantage pour les événements en petit comité.

Le directeur général de la Maison, Didier Depond, explique : « Le choix de ces cadeaux repose sur un certain nombre de critères. Il faut que ce soit des choses rares, exclusives, et qui représentent vraiment la France et son savoir-faire en général. Il n’y a rien de plus français que le champagne à part peut-être la baguette de pain. Et encore, on peut en faire ailleurs, alors que le champagne ne peut être élaboré qu’en Champagne ! Le fait que nous ayons un millésime de l’année de naissance du monarque n’avait rien d’évident. En 125 ans, la Maison n’a en effet sorti que 125 millésimes, par chance 1948 y figure ! »

Didier Depond nous a confié n’avoir lui-même goûté ce millésime que deux fois dans sa vie, la dernière remontant à quelques mois à peine lorsque la bouteille a été dégorgée. « Il n’en reste plus aujourd’hui que sept flacons dans notre cave. Les conditions de conservation sont exceptionnelles puisque la bouteille offerte n’avait jamais quitté le Mesnil, c’est son premier voyage ! Au niveau du goût, le vin est d’une précision, d’une netteté incroyables. C’est loin d’être un vin mort, il est encore en pleine vie, en pleine activité. L’arômatique est très complexe. On est sur des notes de miel, de fleur blanche mûre mais pas fanées, de fruits un peu confits, de coing, des touches de cire. Ce sont des arômes d’évolution typiques du chardonnay. En ce qui concerne le dosage, nous avons choisi de laisser le vin nature et de ne pas doser. » Une autre particularité de cette cuvée, c’est qu’elle comprend dans son assemblage les 20 parcelles initiales sélectionnées au Mesnil par Aimé Eugène Salon, y compris le Clos Tarin devenu Clos du Mesnil, seule parcelle qui ne fait plus partie de l’assemblage, depuis qu’elle est devenue la propriété du champagne Krug.

Si on revient maintenant sur les conditions climatiques de la vendange 1948, le choix de la maison Salon par Emmanuel Macron s’avère des plus pertinents, puisqu’il s’agit d’une année compliquée pour la Champagne, sauf justement pour les chardonnays de la Côte des blancs. « En 1948, le vignoble champenois doit affronter des conditions climatiques difficiles ; la floraison est perturbée et la grêle prive même une partie de l’appellation de sa récolte. Entre deux millésimes encensés – 1947 et 1949 -, l’année 1948 sauve sa réputation grâce au terroir de la Côte des Blancs où les chardonnays font merveille. Récoltés à partir du 20 septembre, les raisins du Mesnil-sur-Oger sont sains et prometteurs. Le vin ne trahit pas ses origines : l’équilibre entre la richesse en sucres et le niveau d’acidité se montre remarquable, gage d’un potentiel d’évolution exceptionnel. »

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Dylan Freitas Dos Santos remporte la médaille d’or aux Worldskills

Après trois jours de compétition intense, les Worldskills ont pris fin ce dimanche 17 septembre l’Eurexpo de Lyon. La région Auvergne Rhône Alpes s’est clairement distinguée, notamment en sommellerie.

Un événement qui met l’expertise des jeunes professionnels de moins de 25 ans à l’honneur. Pour cette 46e édition, les quelque mille candidats se sont retrouvés à l’Eurexpo à Lyon pour trois jours d’épreuves. Dans la catégorie sommellerie, Dylan Dos Santos, qui représentait la région Auvergne Rhône Alpes, a remporté la finale nationale WorldSkills. Il s’est retrouvé sur la ligne finale aux côtés de : Aude Charrol (PACA) ; Julie Piqueras (Occitanie) ; Rémi Mackinlay (Nouvelle Aquitaine) ; Dorian Lomet (Île de France). De brillants jeunes sommeliers dont Dylan Freitas Dos Santos monte sur la plus haute marche, Aude Charrol, la seconde et Julie Piqueras la troisième.

Un jeune sommelier au profil prometteur qui vient d’obtenir son BP à Dardilly aux côtés du MOF Arnaud Chambost, et en apprentissage au Clos des Sens*** à Annecy Le Vieux, dont le chef sommelier est Thomas Lorival. Une victoire qu’il a travaillée : « Pour moi, le concours Worldskills est une aventure unique et inoubliable, il y a le concours en lui-même qui est déjà unique avec 3 jours de compétition et 32 épreuves pour nous départager, avec des candidats de très hauts niveaux, avec qui j’ai passé de beaux moments. »

Une victoire qu’il se doit à lui-même mais aussi à l’aide et au soutien de professionnels compétents. « J’ai eu la chance de vivre cette aventure avec les couleurs de l’Auvergne Rhône-Alpes, qui nous accompagne depuis les sélections régionales du mois de février dernier. Mais cette médaille ne serait pas autour de mon cou sans l’aide précieuse : d’Olivier Chereau, mon coach ; Maddy Porcher, assistante cheffe sommelière au Clos des Sens, qui m’a accompagné dans cette préparation hors du commun ; Thomas Lorival, directeur et chef sommelier dans ce même établissement, qui m’a donné les moyens d’arriver sur la plus haute marche du podium ; et également mes professeurs de sommellerie, Messieurs Arnaud Chambost et Ludovic Mandine. »

Une étoile de plus dans l’univers de la sommellerie, qui portera toujours les couleurs de la France, même s’il vient d’accepter un poste de sommelier aux États-Unis.

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[Concours des Vins 11/12] Villa Delmas & Les Vignobles du Rivesaltais

La cinquième édition du concours des vins organisé par Terre de vins a de nouveau été l’occasion pour des milliers de professionnels du vin de soumettre leur nectar à l’exercice de la dégustation à l’aveugle. Ce sont 2283 flacons qui ont ainsi été présentés pour un total de 444 médailles d’or. Parmi ces médaillés, la rédaction de Terre de vins a élu 24 « superchampions », des vins « coups de cœur » que nous vous présentons durant tout l’été. Aujourd’hui, direction le Languedoc et le Roussillon !

VILLA DELMAS (34)
Pour cette virée languedocienne, c’est une aventure fraternelle qui nous attend. Celle de Fabrice et Jocelyn Delmas qui ont donné leur nom à un domaine dont le début de l’histoire remonte en 1998. Si la Villa Delmas n’a pas encore pointé le bout de son nez, c’est cette année-là que Jocelyn fait l’acquisition de ses premières parcelles. En 2005, Fabrice, diplôme de viticulteur/œnologue en poche rejoint son frère et tous les deux s’associent après avoir acheté de nouvelles parcelles de quatre hectares. Si dans un premier temps la vinification s’opère en cave coopérative, 2010 marque le premier millésime offrant des cuvées vinifiées à la Villa Delmas qui sort tout juste de terre. Ce sont alors trois cuvées qui sortent des chais avant que deux nouvelles viennent compléter la gamme en 2012, puis deux autres encore en 2015. L’évolution constante du domaine se poursuit en 2020 avec le lancement d’une nouvelle cuvée, L’Embuscade, un 100% carignan qui marque une montée en gamme certaine du domaine et élève son positionnement sur le marché. Ce vin, fruit d’un travail préparatoire de sept ans, est un pari réussi puisqu’il a séduit notre rédaction et confirme ainsi les propos de Fabrice “c’était le vin qui [leur] manquait” avec son frère pour s’asseoir à la table des grands du Languedoc. 

La cuvée médaillée : L’Embuscade 2020, Rouge, Côtes-de-Thongue, 34 € (HVE) 
Un rouge élégant avec du caractère, parfait pour une dégustation tout en convivialité. Une palette aromatique riche en arômes fruités, avec des notes de fruits rouges (cerise, groseille, framboise, fraise) et de notes épicées (cannelle, vanille, caramel). Un vin bien structuré, entre minéralité et acidité. Très persistant et long en fin de bouche. Des notes délicates de figue confite se révèlent à la fin pour donner aussi de la gourmandise au vin.

Accord mets-vin
Cassoulet de saucisse et canard.

LES VIGNOBLES DU RIVESALTAIS (66)
La seconde cuvée médaillée du jour est un vin issu d’une des plus anciennes caves coopératives de France. C’est en 1909 que des vignerons roussillonnais, et plus précisément du rivesaltais décident d’unir leurs forces pour développer en commun le meilleur outil de vinification possible. Aujourd’hui, ce sont pas moins de 170 vignerons qui se portent comme les héritiers de cette union et qui, ensemble, portent haut les vins du rivesaltais. Leur meilleur atout, une riche diversité de sols permise par une folle mosaïque de terroirs répartis sur quelque 1300 hectares de la plaine du Roussillon à la Méditerranée en passant par les Corbières. Les vins produits sur ce vaste territoire sont tous certifiés “Vignerons Engagés” depuis 2012 et sont commercialisés sous le nom Arnaud de Villeneuve. Il s’agit d’un médecin catalan du XVIIIème siècle qui inventa une recette de vin se rapprochant des vins naturels d’aujourd’hui. Clin d’œil réussi.

La cuvée médaillée : Rivesaltes Ambré 1988, Blanc, Rivesaltes, 42 € 
La maison a un savoir-faire incomparable pour nous proposer des vins de méditation. 34 années et un nez pur, sur le brou de noix, la figue sèche, le zeste d’orange, le miel et la noix de muscade. La liqueur a du poids mais elle est incarnée par des saveurs de caramel, de pruneau cuit et de pain d’épices. Tout cela sur un rancio délicat. Un rivesaltes long, aérien et délié, ample et sans lourdeur.

Accord mets-vin
Toasts au Stilton.

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Vendanges familiales à Vinsobres

Dans la famille Jaume, vous avez Nicole et Claude, les grands-parents, Pascal et Richard, les fils, leurs épouses et la dernière génération avec Anthony, Vincent, Arthur, Audrey et Olivier. À l’exception d’Olivier expatrié en Angleterre, ils sont tous réunis pour cette fête des vendanges.

C’est un rituel inauguré, il y a une dizaine d’années. En septembre, alors que la récolte a bien débuté, là où un vigneron ne mettrait pas un touriste dans sa cave, la famille ouvre les portes de la sienne. Amis, clients, ils sont une centaine à suivre les explications de Pascal, Richard et leur maître de chai. Par petits groupes, ils goûtent ici des raisins fraîchement cueillis, là les premiers jus d’une cuve de syrah et au bout du parcours, quelques vieux millésimes débouchés pour l’occasion. Ambiance décontractée, curieuse aussi, on ose poser des questions de néophytes, mais pas recracher…

Après la technique, place au repas. L’occasion de rencontrer Nicole et Claude, 85 et 88 ans. L’œil pétillant et la mémoire intacte, Claude rappelle qu’il fut le premier vigneron de Vinsobres à faire de la bouteille, en 1958. En toute modestie, en s’inspirant d’un voyage en Bourgogne, il écoute son instinct. Inspiré et travailleur, il agrandit la propriété en acquérant un domaine voisin, le vignoble Courtois. Heureux de voir ses fils prendre la suite, puis ces petits enfants à qui il a offert une jolie parcelle. Avec une centaine d’hectares, chaque membre de la famille à sa place. Pour Claude, terminé le tracteur depuis deux ans, « je ne l’ai pas décidé » dit-il, mais il tient encore son poste à l’étiquetage…

« Il est bien », atteste le vieil homme, en dégustant le Vinsobres 2015 « Altitude 420 ». Effectivement, il est prêt à boire. Les vignes de cet assemblage grenache-syrah ont poussé à 420 mètres d’altitude, dans un sol sablo-limono-argileux, exposé Sud-est. Alliance de force et de délicatesse, ample de fruits très mûrs, prune, pruneau et cerise burlat mêlés, ses tanins sont soyeux. La finale épicée et réglissée, persistante, est à peine chaleureuse.

Dans le même tempérament, la cuvée « Clos des échalas » en 2001, 2012 et 2013 démontre le potentiel de vieillissement du cru drômois et son aptitude à conserver l’expressivité de son fruit. Des vieux millésimes qui ne sont plus à la vente, mais le plaisir d’un 2020 s’acquière à 9,90 € !

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Trophée Gosset : les Apprentis d’Auteuil et l’Osmothèque à l’honneur

Hier soir au Pavillon Gabriel, le jury du trophée Gosset a dévoilé le lauréat de la 28ème édition du trophée Gosset : Nicolas Truelle, président de la Fondation des Apprentis d’Auteuil, à l’initiative du projet d’insertion professionnelle SKOLA-les métiers de la vigne. Quant au prix d’honneur, il a été décerné à l’Osmothèque représentée par son directeur Thomas Fontaine.

Le nouveau lauréat du trophée Gosset, Nicolas Truelle, qui sortait d’une réunion à Matignon où il était consulté par le gouvernement dans le cadre de la mise en place d’un nouveau plan de lutte contre la pauvreté baptisé « pacte des solidarités » a souligné toute l’importance qu’il accordait à ce prix. « Vous représentez le très bon, le très beau, l’excellence. En consultant la liste de ceux qui ont reçu ce trophée, je n’ai vu que des noms qui faisaient briller les yeux. Nous accompagnons des jeunes éloignés de tout, qui vivent des situations familiales et personnelles souvent dramatiques. Pour eux, recevoir ce prix est juste impensable. Il y a un monde qui les sépare. Aujourd’hui, en le leur attribuant, vous faites un pas vers eux. Cela leur permet de penser qu’eux aussi sont beaux, bons et excellents. »

©Photoheart

Nicolas Truelle a ensuite rappelé la genèse du projet SKOLA-les métiers de la vigne.  « Il y a quelques années, alors que certaines filières étaient en tension pour recruter, des entrepreneurs sont venus nous trouver en nous disant : « nous savons former à nos métiers, nous pouvons vous proposer des contrats de professionnalisation, de votre côté, vous avez ce savoir-faire éducatif qui consiste à prendre des jeunes en difficulté et à leur permettre de rentrer dans des parcours exigeants. » Et nous avons commencé à travailler comme cela dans des secteurs variés. Une rencontre s’est ainsi faite dans le Médoc en 2018 avec une dizaine d’exploitants. Comme dans le champagne, ce projet repose sur un succès d’assemblage, où chacun doit jouer sa partie en respectant les justes proportions. » Un vrai défi  et un accompagnement de tous les instants :  « Ces jeunes sont ce que l’on appelle des décrocheurs. Ils ont tellement peur de ne pas réussir, qu’ils préfèrent rater, de cette façon, pensent-ils, ils ne décevront personne. Il faut presque les prendre par surprise. » Une initiative très fructueuse qui pourrait intéresser la filière champenoise, elle aussi touchée par une pénurie de personnel qualifié. Il semble d’ailleurs qu’un projet d’essaimage dans l’appellation soit déjà sur la table.

Quant au prix spécial attribué à l’Osmothèque, il ouvre une passerelle et un dialogue qui ne peuvent qu’être enrichissant entre le monde du champagne et celui de la parfumerie. L’objet de cette association est en effet de créer un conservatoire de tous les parfums afin de préserver ce patrimoine, oh combien volatile, à travers le temps et être à même de le transmettre aux générations suivantes. Les maisons de champagne, comme Gosset qui dévoilait ce soir-là sa cuvée Celebris 2012 (une merveille !), n’ont-elles pas, elles aussi, l’art de conserver le parfum de vendanges vieilles de dix ou vingt ans, pour nous les faire revivre aujourd’hui ? Thomas Fontaine explique : « Le parfum, c’est très important. On l’a vu en 2020 au moment du Covid, où on a découvert avec les symptômes d’anosmie, toute la place des odeurs dans nos vies. Elles déterminent à la fois notre relation aux autres tout en étant une façon de se sentir soi-même. On s’est alors rendu compte qu’il existait un patrimoine autour des parfums. Une idée que l’association l’Osmothèque avait devancé depuis longtemps. On parle souvent de ces parfums disparus parce qu’ils ne sont plus sur le marché et que l’on ne peut donc plus les sentir. Qui n’aimerait pas savoir à quoi ressemblait les parfums de nos arrières grands-parents ? Jen Kerléo et un groupe de parfumeurs ont créé cette association pour retrouver les formules des parfums d’antan et les repeser. Nous les conservons dans des conditions très particulières, au frais et dans l’obscurité comme les vins, tout en évitant tout contact avec l’oxygène. Nous savons aussi que les parfums d’aujourd’hui sont les parfums disparus de demain. Nous avons donc entrepris un travail de collecte auprès des maisons actuelles. Enfin, et on entre là davantage dans un travail de réinterprétation, nous avons tenté de recréer des parfums de l’Antiquité en travaillant sur l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien, avec un archéologue, un botaniste. »

©Photoheart

Une recherche qui n’a rien d’anecdotique pour l’appréhension de ces civilisations disparues. « Les parfums sont le reflet d’une société. Ils évoluent en même temps qu’elle. Reconstituer l’environnement olfactif d’une période permet ainsi de mieux la comprendre. » Enfin, le but de l’association est aussi de transmettre. « Nous organisons des conférences olfactives où l’on parle de thèmes très spécifiques illustrés olfactivement. Elles s’adressent aux professionnels, qui ne disposent pas de toutes les ressources que nous avons, mais aussi au grand public. Nous intervenons dans les EHPAD, les écoles, les prisons… »

Terre de vins aime : Celebris 2012 (234€ avec son coffret bois). Un champagne vif, aux notes éclatantes de mandarine et de poire, relevé d’une touche de vanille.

©LAtelier Nicolas Demoulin

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Vendanges à Gaillac : de beaux rouges en perspective

Sur l’appellation Gaillac, les grappes ont souffert de la canicule cependant, la pluie survenue fin août est venue aider la maturation des rouges.

Les vignerons de Gaillac ont débuté la vendange des rouges il y a un peu plus d’une semaine, autour du 10 septembre. Le gamay a ouvert le bal. Il va être suivi par le duras, le braucol ou encore le prunelart, trois cépages autochtones de l’appellation tarnaise. Malgré les aléas climatiques de cette année, Caroline Granado, directrice de la maison de la vigne et du vin de Gaillac, observe une belle qualité des raisins rouges. « Ils se sont mieux comportés que les blancs, car ils étaient moins avancés quand on a eu la période de canicule », explique-t-elle, avant d’ajouter : « Ils ont été aidés par la pluie qui a suivi les fortes chaleurs. »

Sylvain Raimondi, directeur du laboratoire départemental de Gaillac, qui conseille les vignerons produisant de l’AOC Gaillac et de l’IGP Côtes du Tarn, s’accorde avec les observations de Caroline Granado. « Toutes les conditions sont réunies pour avoir de super rouges, l’acidité et les tanins sont jolis, les pépins aussi. » Sur le duras, il observe de plus petits volumes que l’année dernière mais la qualité est là, avec une belle concentration aromatique.

Le feuillage en guise de parasol
Au domaine de Catalauze, « le duras, le braucol et le prunelart n’ont pas été touchés par le mildiou », indique enthousiaste Pauline Laurent, vigneronne du domaine avec son conjoint Pierre Olivier. Si la canicule a fait sécher certaines baies, Pauline Laurent et Pierre-Olivier Laurent ont su limiter les dégâts. Le domaine, labellisé Bio ainsi que Nature et Progrès, a pour tradition de laisser se développer les feuilles pour disposer d’une surface foliaire étendue. Cela a permis cette année de procurer une ombre bienvenue aux raisins lors des fortes chaleurs.

Les vendanges se font à la main sur le domaine de Cantalauze sur l’appellation Gaillac, à Cahuzac-sur-Vère. ©Domaine de Cantalauze

Pour connaître les volumes, il est encore nécessaire de patienter. La récolte devrait se poursuivre jusqu’à la fin du mois de septembre. On s’achemine, selon Caroline Granado, vers « une petite année de rendements ». Les vignerons ont dû lutter contre le mildiou qui s’est développé grâce à la combinaison de pluies et de chaleur au début de l’été. Mais c’est finalement la canicule du 17 au 24 août qui a fait le plus souffrir les grappes, notamment celles des cépages blancs.

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Château Haut-Bailly : avec la famille Wilmers, 25 ans d’excellence

La famille Wilmers vient de célébrer le 25ème anniversaire de l’acquisition du château Haut-Bailly par Robert G. Wilmers et son épouse Elisabeth, en 1998. En un quart de siècle, ces propriétaires américains ont su hisser ce Cru Classé de Graves au sommet de l’excellence. Entretien avec Chris Wilmers, Président du Conseil de Surveillance de la propriété, au côté de la directrice générale Véronique Sanders.

Que représente pour vous ce 25ème anniversaire de la famille Wilmers à la tête de Haut-Bailly ?
Chris Wilmers : Nous sommes heureux et enthousiastes à l’idée de cette célébration, pour laquelle nous avons organisé une belle soirée – avec notamment un concert exceptionnel de la violoncelliste Camille Thomas et du pianiste Julien Broca. En 25 ans nous avons accompli beaucoup de progrès, il y a eu un certain nombre d’accomplissements qui représentent une véritable réussite franco-américaine. Haut-Bailly est une aventure humaine avant tout, nous avons voulu construire ce succès autour d’une équipe, autour de femmes et hommes engagés, dont Véronique Sanders est la figure de proue. Nous sommes très fiers de ce qui a été accompli au long de toutes ces années mais ce n’est en aucun cas un aboutissement, nous voulons continuer d’aller de l’avant et maintenir Haut-Bailly au sommet.

Quel a été le challenge le plus difficile, ou le plus intimidant, lorsque vous avez succédé à votre père Bob Wilmers, suite à son décès en 2017 ?
Chris Wilmers : Pour mon père, Haut-Bailly était bien plus qu’un investissement, c’était une véritable passion, un projet qui lui tenait totalement à cœur, et je partage cela avec lui. Nous avons passé de nombreuses années ensemble ici, dans le vignoble, à déguster les vins, à parler de la façon de continuer de sublimer ce grand terroir, de mettre encore mieux les vins en avant… Mon rôle est de m’inscrire dans la continuité de ce qu’il a accompli et de maintenir cette belle dynamique, en pensant constamment à là où nous voulons amener Haut-Bailly dans le futur.
Véronique Sanders : Je me permets d’ajouter que Chris a les mêmes qualités que son père, leur meilleur atout est de savoir poser – et se poser – les bonnes questions. Il incarne aujourd’hui et demain, en apportant les interrogations propres à sa génération, notamment environnementales.

Quel est, pour vous, le plus bel accomplissement de ces 25 dernières années ?
Chris Wilmers : Le plus bel accomplissement reste le vin. Haut-Bailly bénéficie d’un terroir magnifique et a toujours produit de grands vins, mais ce que nous avons sans doute réussi de mieux a été de respecter l’identité du lieu en allant vers toujours plus de qualité, de régularité et de précision dans les vins. Nous sommes attentifs à chaque détail de la vigne au chai, ce qui nous permet d’élever sans cesse notre niveau. Pour y parvenir nous nous appuyons d’abord sur de l’humain, et ensuite sur des investissements, techniques, architecturaux. Il y a beaucoup de paramètres que nous ne pouvons contrôler, comme le changement climatique, mais notre force demain sera de savoir nous y adapter au mieux pour que Haut-Bailly reste Haut-Bailly.
Véronique Sanders : Nous avons réussi à conserver notre âme, notre style, tout en nous réinventant chaque année, et ce n’est pas le moindre des accomplissements de la famille Wilmers.

Vous êtes certainement conscient de la place particulière que Haut-Bailly occupe dans le cœur et dans l’imaginaire de tous les amateurs de grands vins. Comment fait-on pour maintenir cette aura, cette reconnaissance ?
Chris Wilmers : Il faut rester mobile, constamment observer notre terroir, les conditions extérieures, anticiper, maintenir des connexions aussi avec nos consommateurs, mieux les connaître, être attentif à leurs retours, pour mieux fédérer autour de nos vins. C’est aussi une relation de confiance avec la Place de Bordeaux et sa capacité à porter Haut-Bailly à travers le monde. On doit toujours se demander comment faire mieux, apprendre sans cesse, et toujours penser à celui ou celle qui ouvrira la bouteille au bout de la chaîne.
Véronique Sanders : tout part du terroir et du respect de ce dernier. Tout ce que l’on fait à Haut-Bailly est réfléchi, s’appuie sur une approche scientifique et environnementale pour sublimer ce lieu sans le dénaturer, s’adapter aux enjeux climatiques et environnementaux tout en apportant de l’innovation (nous avons récemment introduit notre premier robot dans les vignes). Nous sommes très attachés à la philosophie japonaise du Kaizen, qui repose sur le changement par l’amélioration : comment peut-on toujours s’améliorer, à toutes les strates ? Un grand chemin a été parcouru en 25 ans, à nous de nous projeter sur les 25 prochaines années, a minima. J’ajouterai que nous avons la chance, dans un contexte quelquefois difficile pour la filière vin, de toucher une communauté de grands amateurs qui n’a cessé de s’agrandir au fil des ans. Nous nous adressons aussi à tous les amateurs de demain, notamment via les clubs de dégustation des grandes écoles et universités. Voilà qui est rassurant pour l’avenir.

L’une des plus belles réalisations récentes est le nouveau chai que vous avez inauguré en 2021. Avez-vous d’autres projets de la même ambition pour les années à venir ?
Chris Wilmers : Nous sommes déjà sur de nouveaux travaux qui consistent à convertir l’ancien chai en lieu de réception pour des dégustations, des dîners à la propriété… Nous voulons proposer à nos acheteurs une expérience totale à Haut-Bailly, et nous espérons que ce sera aussi surprenant que le chai – d’ailleurs nous avons fait appel au même architecte. Nous pourrons en dire un peu plus dans quelques mois…

De gauche à droite : Guillaume de Wouters, Charlotte de Coupigny, Elisabeth Wilmers, Juliette Chevalier, Camille de Wouters, Chris Wilmers

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