Fumée blanche au Comité Champagne : le rendement est tombé !

Le président du Syndicat général des vignerons et le président de l’Union des maisons de Champagne se sont accordés sur un rendement commercialisable de 11.400 kilos pour les prochaines vendanges qui s’annoncent très belles en Champagne. Un rendement en léger retrait par rapport à l’année dernière (12.000 kilos), faisant suite à un ralentissement des ventes. Explications…

La fixation du rendement commercialisable en Champagne est le fruit chaque année d’un accord entre vignerons et maisons. David Châtillon, président de l’UMC, explique : « Nous nous basons sur les prévisions de ventes pour l’année en cours et pour les trois suivantes. C’est un travail auquel se livre la Commission avale du comité, marché par marché. Et cela donne en l’occurrence 314 millions de bouteilles pour 2023 et 315 pour les trois années suivantes. Nous nous fondons aussi sur le niveau de stock au 31 juillet 2023 pour viser un ratio de stock cible de 3,8 années. Nous sommes donc partis de ces chiffres, mais nous avons souhaité mettre quelques centaines de kilos de plus afin de ne pas entraîner la surchauffe des marchés d’approvisionnement internes (le marché du raisin). C’est donc une décision raisonnable, prudente, mais aussi confiante dans l’avenir de l’appellation. Les prévisions de vente des trois prochaines années peuvent paraître modestes mais se justifient par un contexte d’inflation et une conjoncture économique assez incertaine.« 

Alors que les vendanges s’annoncent très belles cette année avec un rendement agronomique qui devrait se situer entre 15.000 et 17.000 kilos, la Champagne a obtenu de l’INAO un relèvement du plafond de la réserve qualitative qui passe de 8000 à 10.000 kilos. Rappelons que la réserve qualitative peut être utilisée par le vigneron lorsqu’il n’a pas assez de raisin pour atteindre le rendement commercialisable. Cet aménagement ne répond pas seulement à la conjoncture mais aussi à une réflexion engagée par l’interprofession sur les moyens de renforcer la résilience de l’appellation suite aux difficultés qu’avaient rencontré vignerons et maisons en 2020 et 2021. En 2020, malgré une très belle récolte, face à l’incertitude du contexte économique lié au covid, le plafond du rendement commercialisable avait été fixé très bas, tandis que le plafond de la réserve qualitative avait été maintenu au même niveau. En 2021, la récolte avait été très faible en volume et la réserve qualitative n’avait pas permis à certains vignerons de compenser complètement cette perte, alors même qu’ils auraient pu capitaliser davantage sur la récolte 2020 et que le marché était en pleine expansion.

Si on analyse les ventes du premier semestre 2023, un constat s’impose. Celui d’une baisse des ventes par rapport à la même période l’année dernière. « En 2023, fin juin, nous étions à 336 millions de bouteilles sur douze mois, un rythme insoutenable. Nous sommes en baisse de 4,7 %. Mais lorsque l’on regarde les premiers semestres des années précédentes, nous restons à un niveau élevé en valeur absolu. Le marché intérieur baisse de façon plus significative que l’export (-6,3%), une partie importante de ce recul est absorbé par la Grande distribution, que ce soit d’ailleurs en France comme au Royaume-Uni. » Si l’export baisse un peu moins (-3,7%), il existe des nuances selon les marchés. Alors que les Etats-Unis et le Royaume-Unis connaissent un léger retrait, l’Asie du Sud-Est performe bien, avec certains pays qui sont même en pleine croissance comme le Japon dont on sait cependant qu’il a subi les effets du covid de manière décalée. On notera que ce recul n’est pas seulement lié à une baisse de la demande, mais aussi au contingement opéré dans les ventes par les maisons depuis 2022. Enfin, la baisse des volumes ne devrait a priori pas suffire à provoquer une baisse du chiffre d’affaires alors que le champagne continue à augmenter ses prix et à se premiumiser.

Notons enfin que les vendanges devraient avoir lieu autour du sept septembre. « Lorsqu’il y a une belle quantité sur les vignes, il faut en général du temps pour que cela mûrisse » confie Maxime Toubart, le président du Syndicat Général des Vignerons. Il faut dire que par rapport à certaines autres régions viticoles françaises, la Champagne a eu des conditions météorologiques jusqu’ici très favorables, avec très peu de dégâts de gel (à peine 1,5 % du vignoble), et de grêle (0,3%), tandis que mildiou et oïdium sont demeurés contenus. Seules les réserves hydriques suscitent quelques inquiétudes. 

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Les Vignes du Vent soufflent jusqu’à l’Élysée !

Guillaume Gomez, ambassadeur thématique pour l’alimentation et la gastronomie, représentant personnel du président de la République, est venu à Perpignan à la rencontre des Vignes du Vent, portées par 7 caves coopératives des Pyrénées-Orientales :  il a dégusté et fera remonter ce vent des vignes jusqu’à l’Élysée…

Cette nouvelle dynamique coopérative des Vignerons Catalans réunit les savoir-faire de 7 caves coopératives du Roussillon, 1000 vignerons, 10 000 hectares de vignes. La gamme Les Vignes du Vent est née d’une démarche pour porter au plus loin le meilleur de la personnalité viticole des Pyrénées-Orientales, une nouvelle façon de travailler en coopération, mutualisant productions, intelligences, et force commerciale pour la France comme à l’international.

Une étude commerciale et marketing a fait émerger l’outil « grille de complexité », affichée sur l’étiquette. Les notes sur cinq critères (différents par couleur) s’additionnent en une note globale qui informes consommateurs, cavistes et sommeliers sur la complexité promise. Dans le flacon, le vin résulte de l’assemblage de jus choisis de façon anonyme, parmi les propositions des caves, le résultat est validé, encore une fois, de façon anonyme : « pour chaque cuvée, nous avons passé une trentaine d’heures de travail, allant parfois à contresens des tendances, comme ce vibrant rosé revendiquant l’indice 78, coloré, gourmand et sapide », explique l’œnologue des Vignerons Catalans.

Dans un volontaire parti pris de liberté, les cuvées de vins secs sont en Vin de France. Les Vins Doux Naturels restent en appellations : Muscat de Rivesaltes, Rivesaltes Ambré Hors d’Age, Rivesaltes Ambré. Les tarifs se déclinent sur trois niveaux, du premier très abordable (entre 10-12 €) jusqu’à la cuvée de grand rouge et de grand vin doux naturel à 100 € et plus. Le packaging est sobre et éco conçu.

Les Vignes du Vent ont été présentées à Wine Paris, en millésime 2022 pour les vins secs. Le marché les a très bien accueillies ; commercialisées depuis avril, certaines cuvées sont déjà en rupture et l’export va jusqu’en Chine. La gamme des Vins Doux Naturels commence maintenant sa commercialisation.

Ancien chef de l’Élysée, Guillaume Gomez, salut « une belle idée marketing, qui permet de se différencier avec des vins qui ne ressemblent pas à ce qu’on déguste ailleurs, j’ai été très agréablement surpris…. Des vignerons se mobilisent pour sauver leur patrimoine viticole et garder leurs spécificités : cela permet aux sommeliers de faire un travail de plus en plus complexe… Je vais proposer ces vins à Virginie Routis, sommelière de l’Élysée : il faut le faire savoir, car le savoir-faire, vous l’avez ! ».

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Les vins de Provence rassurent et gardent le cap

L’interprofession des vins de Provence a tenu à rassurer les troupes dans un contexte difficile et à faire le point sur le déploiement du plan stratégique.

« Malgré notre succès ces dernières années, nous ne sommes pas épargnés par les problèmes. Nous devons donc porter un regard lucide sur cette situation. Il est primordial d’y réfléchir et d’œuvrer à la pérennisation de notre vignoble ». Lors de l’Assemblée Générale de l’interprofession des vins de Provence, le président Eric Pastorino a souhaité prendre les problèmes à bras-le-corps tout en les restituant dans un contexte général et dans la stratégie globale amorcée il y a deux ans. La conjoncture économique a été difficile au premier semestre 2023 avec des ventes en Grande Distribution en recul de 18 % pour les rosés de Provence (- 6% pour l’ensemble des rosés). Les sorties de chais étaient également en recul de 5 % entre janvier et juin. « Nous avons surtout pâti d’une météo particulièrement pluvieuse en mai, du contexte inflationniste et de la déconsommation de vin qui s’accroît en France, reconnaît le directeur Brice Eymard. Dans ce cadre de baisse du pouvoir d’achat, notre positionnement prix élevé n’aide pas, mais nous sommes dans une stratégie à long terme et nous bénéficions d’un fort potentiel de développement à l’export ».

Chouchouter le public anglo-saxon
Les ventes à l’international, même si elles tendent à marquer le pas en ce début d’année, ont profité depuis 2010 d’un effet ciseaux avec celles en GD, les premières ayant été multiplié par cinq en 12 ans pour atteindre 462 276 hl en 2022 alors que les secondes ont été divisées par deux pour chuter à 286 875 hl. « Le développement des Vins de Provence passera par une poursuite de la premiumisation et par l’accroissement des marchés internationaux » insiste Eric Pastorino. Selon l’Observatoire mondial du rosé, crée par le CIVP et France Agrimer, de nombreux marchés export sont encore sous-consommateurs de vins rosés. D’où le déploiement multi-média de mai à août à l’international (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, Pays-Bas) via une campagne d’affichage, des insertions presse et une activation digitale d’envergure. Le public anglo-saxon pourra suivre tout l’été le road trip de trois influenceurs américains dans le vignoble : @joannepalmaro ; @iamrenanpacheco et @pkd_19. « Il s’agit d’expliquer le rosé, sa culture, le savoir-faire avec une patte lifestyle en lien avec la gastronomie et de façon moderne », précise Brice Eymard.

Des formations plus pointues
Loi Evin empêche, le public français aura accès à d’autres contenus comme une série de films sur Konbini avec le chef Julien Sebbag (329 000 abonnés sur Instagram) sous forme d’interviews déconstruisant les idées reçues sur le rosé ou démontrant son potentiel gastronomique avec des recettes. Cette campagne accompagne les nouveaux affichages de début d’année qui ont fait beaucoup parlé lors du dernier Wine Paris. Ils vont être renforcés dans les 150 stations de métro parisien, sur un mur digital à Paris Gare de Lyon et dans les villes de Marseille, Aix-en-Provence, Toulon et Nice.

« Nous allons également accentuer à la rentrée les formations pour les écoles de sommellerie avec une vingtaine de personnes, sommeliers et vignerons, formés et agréés par nous pour expliquer que le rosé peut aussi être un grand vin ». Des formations sont prévues en parallèle dans les caveaux « pour sortir d’un discours trop vin ou pas assez qualitatif sur les petits rosés de vacances. Il faut que notre offre œnotouristique soit lisible et visible »

Un œnotourisme prioritaire
Une réflexion stratégique est en cours sur le sujet afin de renforcer la communication générale sur les vins de Provence, afin que les touristes repartent avec une belle image du ‘parcours client’ et de la qualité d’accueil. « L’œnotourisme ne doit pas servir qu’à vendre quelques bouteilles, il peut aussi générer un chiffre d’affaires complémentaire et participer à renforcer la marque » souligne Brice Eymard. Le CIVP va donc travailler par territoire et non par appellation pour sensibiliser aussi les visiteurs qui ne viennent pas pour le vin mais pour un ensemble d’activités. Dans les prochains mois, l’interprofession va s’attacher à coordonner l’ensemble des acteurs du tourisme autour de la marque « Vins de Provence » et à mettre en place un programme d’actions et des outils de communication à destination de deux cibles prioritaires : les wine curious et les wine lovers, à savoir les millénials hédonistes et plutôt urbains et les moins de 40 ans curieux, en quête de découvertes et d’expériences.

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[Concours des vins, les coups de cœur 4/12] Cave Cooperative Intercommunale d’Alba & Domaine Souleyrol]

La cinquième édition du concours des vins organisé par Terre de vins a de nouveau été l’occasion pour des milliers de professionnels du vin de soumettre leur nectar à l’exercice de la dégustation à l’aveugle. Ce sont 2283 flacons qui ont ainsi été présentés pour un total de 444 médailles d’or. Parmi ces médaillés, la rédaction de Terre de vins a élu 24 « superchampions », des vins « coups de cœur » que nous vous présentons durant tout l’été. Aujourd’hui, cap sur la Vallée du Rhône !

CAVE COOPERATIVE INTERCOMMUNALE D’ALBA (07)
Qui a dit que les « coopés » ne pouvaient pas produire des vins séduisants ? Certainement pas la rédaction de Terre de vins qui a flashé sur ce vin blanc prooduit par cette cave qui comporte aujourd’hui une centaine d’adhérents. Désormais répartie sur 580 hectares et six communes ardéchoises (Alba la Romaine, Le Teil, Aubignas, Saint Jean le Centenier, Saint Thomé et Saint Pons), la surface viticole de la cave a considérablement grandi depuis 1949, date de la première cuvée vinifiée. La cuverie s’est accru elle aussi pour atteindre une capacité de vinification maximale de 40 000 hectolitres. Les cuves sont en grande majorité en béton (90 %) mais notre cuvée médaillée bénéficie elle des cuves en inox pour sa vinification. Et si nous devions vous conseiller un autre nectar de la cave, ce serait la petite dernière « Laubério », un 100 % grenache qui est la toute première cuvée bio produite par la « coopé » et qui elle aussi, a déjà commencé à collecter les récompenses avec une médaille d’or au Concours Général Agricole. Ces deux bouteilles, comme les autres vinifiées à la cave, sont disponibles en vente directe à la boutique créée en 1996 et entièrement rénovée en 2017.  

La cuvée médaillée : Ninon 2021, Blanc, Coteaux-de-l’Ardèche, 15,10 €
Quelle belle surprise que ce muscat à petits grains qu’on n’attendait pas ici, en Ardèche. Le passerillage se fait en caisse mais le résultat est probant. Le litchi est là, en fil conducteur, tant au nez qu’en bouche. La bouche est sans lourdeur, étirée, car la liqueur est bien dosée, fluide, sur des saveurs de coing et de miel d’acacia et s’équilibre avec une jolie acidité rafraîchissante.

Accord mets-vin
À l’apéritif avec des toasts au foie gras.

©Photo DR

DOMAINE SOULEYROL (84)
Si le parcours du Tour de France ne passe pas par le Mont Ventoux cette année, nous allons vous donner une raison d’aller tout de même rendre visite au géant de Provence. Cette raison s’appelle Souleyrol, comme le nom du domaine créé par Vanessa et Renaud Veyrier en 2018. S’ils incarnent la troisième génération vinifiant ce petit domaine polyculture dont 4 hectares de vignes, ils sont les premiers à partager le fruit de ce travail aux consommateurs car avant que le couple ne prenne les commandes, « les vinifications étaient destinées à une consommation personnelle, familiale et amicale. » 2020 voit les premières cuvées mises en bouteilles avec Agapè, déclinée en rouge, blanc et rosé ainsi que Strogê en rouge, « Strogê » signifiant « amour familial » en grec, comme un message unissant les générations qui se sont succédées sur ces terres nichées entre 200 et 300 mètres d’altitude. La dernière cuvée en date, Philia, assemblage de syrah (95 %) et grenache (5 %) est venu compléter le triptyque de la gamme proposée par ce domaine et ses propriétaires qui vous accueillent toute l’année (sauf les lundis) avec le sourire et le soleil ! 

La cuvée médaillée : Philia 2020, Rouge, Ventoux, 27 €
Un ventoux dans un style corsé, charpenté, concentré, avec une structure et une puissance extrêmes, mais qui réussit, en plus, un équilibre de rêve portant sa générosité vers une grande buvabilité. Palette cachou, réglisse, épices, architecture verticale et profondeur du duo syrah-grenache, voilà un grand potentiel, car la vivacité, la fraîcheur et le tonus vont s’arrondir.

Accord mets-vin
Filet de sanglier au poivre.

©Photo DR

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[Nos circuits œnotourisme #6] Corse du Sud, vue mer

Vous êtes en vacances cet été et ne savez pas où partir ? Terre de vins est là pour vous ! Prenez le temps de découvrir nos idées de circuit œnotouristique avec 5 adresses au cœur d’un vignoble français. Aujourd’hui direction le sud de l’Île de Beauté !

Domaine de Torraccia
Marc Imbert, vigneron-philosophe, et sa femme Sarah sont toujours ravis d’accueillir les visiteurs pour raconter leurs vins et leurs huiles d’olive (visite guidée sur réservation). La famille Imbert est l’une des pionnières de la viticulture bio en Corse. Lors des concerts-apéros d’été, chants ou musique, on peut les déguster (et les acheter) en admirant les flots de la mer Tyrrhénienne et en savourant fromages et charcuteries des environs. Sur les parcelles en haut du domaine, on aperçoit l’anse de Pinarello et les aiguilles de Bavella…

20137 Lecci – 04 95 71 43 50 – domaine-de-torraccia.com

Buzzo Bunifazziu
Thierry Buzzo a récemment créé, avec son père Vincent, ce vignoble à l’extrême sud de l’île, en replantant des cépages corses originaux comme le minustellu, le bianco gentile ou le barbarossa. Il fait volontiers goûter ses vins et visiter l’exploitation en racontant l’histoire de la tour pisane en ruines et des pressoirs antiques taillés dans le calcaire et retrouvés sur les hauteurs du domaine, preuve de la présence d’une colonie génoise et de la culture de la vigne sur ce plateau depuis des lustres.

20169 Bonifacio – 06 79 05 41 70

Clos Colonna
Il faut descendre toute la vallée de Tizziano, du village pittoresque de Sartène vers la mer, pour arriver au bout d’un chemin de terre au domaine de la famille Leccia. Sur la route, marquer un arrêt pour admirer l’étonnant site mégalithique de Paddaghju avec son chaos de menhirs. Le Clos Colonna ne produit qu’une cuvée dans les trois couleurs, reconnaissable à son mouflon ailé sur l’étiquette, à découvrir lors d’une dégustation dans les vignes, accompagné d’un plateau de charcuteries et fromages de La Cave Sartenaise (45 € avec une bouteille à partager pour 2-3 personnes).

20100 Sartène – 06 07 95 17 56

©F. Hermine

Sant Armettu
Au bout du sentier en terre qui sillonne entre les vignes et le maquis, la grande terrasse derrière la belle cave en pierres de granit offre un magnifique panorama sur le golfe de Propriano. Gilles Serouin, grand vinificateur, désormais rejoint par ses enfants Guillaume et Jeanne, ne cesse d’élargir sa gamme certifiée en bio avec des microparcellaires à base de vieux cépages, genovese, rimenese, aleaticu, minustellu… Le domaine produit également d’excellentes huiles d’olive à partir d’oliviers centenaires.

20110 Propriano – 04 95 76 24 47 – santarmettu.com

Domaine de Vaccelli
Le domaine familial des Courrèges (certifié bio depuis 2019) s’est transmis de père en fils, tous amoureux des cépages insulaires. Le talent aussi. Gérard, passionné par le sciacarellu, le sublime sur plusieurs cuvées en rosé et rouge, tout comme le vermentinu en blanc, en particulier sur cette microcuvée Aja Donica (75 €) – du nom d’une aire de battage sur le cadastre napoléonien et du lieu-dit où se sont installés les Courrèges,– qu’il sera difficile de trouver en dehors du domaine. Il est indispensable de réserver pour la visite de la cave dont une partie est enterrée dans le granit, ce qui offre aux vins un beau potentiel de vieillissement.

20123 Cognocoli-Monticchi – 04 95 24 35 54

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Champagne Mailly Grand Cru : la rose qui cache la forêt

D’habitude, la démarche fonctionne davantage dans le sens inverse. On compose les assemblages des cuvées pour obtenir telle ou telle fragrance de fleur. Mais on n’avait encore jamais vu de pépiniériste créer une espèce spécifique de rose pour correspondre au bouquet d’une cuvée ! C’est l’idée géniale qu’ont eue la famille Desprez, propriétaire du rosiériste Guillot, et le champagne Mailly Grand Cru… Une initiative qui entre par ailleurs en résonnance avec le projet Mailly Grandeur Nature, en lien avec la préservation de la biodiversité.

La présence de rosiers dans les vignes est ancienne et on a beaucoup glosé sur leur rôle. Xavier Millard, le directeur de Mailly Grand Cru, raconte : « On disait jadis que la présence d’un rosier en bout de rang servait de signal au cheval qui, en le voyant et par réflexe, se retournait pour s’engager dans le rang suivant. Cette explication folklorique est sans doute erronée. La véritable raison est bien-sûr de prévenir le vigneron de l’apparition de l’oïdium. » Vignes et roses ne manquent par ailleurs pas de points communs dans leur travail. « La création d’un rosier prend entre sept et dix ans, c’est une tâche exigeante et de long haleine avec une sélection drastique. Des milliers de premières roses au début, seuls quelques sujets sont conservés pour être ensuite multipliés par bouturage ou greffage. En Champagne, pour les cuvées millésimées, entre la vendange et la commercialisation de nos premières bouteilles, il s’écoule à peu près le même lapse de temps. » 

La ressemblance obtenue sur cette nouvelle rose baptisée « Mailly Grand Cru » avec la cuvée l’Intemporelle 2017, est tout simplement bluffante. Convergence de couleur d’abord entre la robe dorée du vin et la couleur d’un jaune clair et lumineux de la fleur. Convergence ensuite des arômes de zestes d’agrumes et de fruits exotiques. Enfin convergence de texture avec ce même touché soyeux et cette éclosion qui forme comme un buisson rond, dense et équilibré. « L’alliance entre la reine des fleurs et le roi des vins est une première pour notre maison. Nous serons toutefois en excellente compagnie aux côtés des roses Claudia Cardinale, Paul Bocuse, Jacques Cartier, Mozart, Cardinal de Richelieu… »

Cette rose qui viendra fleurir le vignoble de Mailly s’inscrit dans le cadre plus large du projet Mailly Grandeur Nature. L’objectif ? Alors que le vignoble champenois souffre de son morcellement pour recréer des corridors de biodiversité, profiter du regroupement des vignerons au sein de la coopérative pour mener une action cohérente sur le terroir du village et relier ainsi par un ensemble de haies la forêt de la Montagne de Reims à la Vesle, la rivière située en contrebas des coteaux dans la plaine céréalière. « Au stade actuel, nous avons cartographié les zones de plantation ensemble avec un objectif affiché de 100 arbres plantés et plus de 1500 mètres de haie et talus à aménager. Ce projet suit une tendance actuelle dans le vignoble qui consiste à favoriser les espaces écologiques, cependant il est novateur car il implique l’ensemble des vignerons de notre société qui possèdent tous des vignes dans un rayon de 1,5 km.« 

Terre de vins aime : 
La cuvée L’Intemporelle 2017 (60 % pinot noir 40 % chardonnay) et son nouveau coffret 100% recyclable, le premier en Champagne composé de cellulose thermoformée. « La cellulose, matière organique d’origine végétale, s’unit à une technique novatrice de thermo formation, encore non utilisée sur les coffrets de champagne. Employée jusqu’ici sur des petits contenants en parfumerie et cosmétique, la cale en pulpe moulée se développe sur un format supérieur, limitant l’usage de carton et son poids plus élevé. » (Prix recommandé : 79€)

https://www.champagne-mailly.com/fr/

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Serge Trintané reprend la présidence des Vins de France

Serge Trintané succède à nouveau à Bruno Kessler à la présidence de l’Anivin, Association Nationale Interprofessionnelle des Vins de France.

Serge Trintané revient à la présidence de l’Anivin, fonction qu’il alterne régulièrement avec Bruno Kessler (Cordier By InVivo) qui redevient vice-président. Il avait déjà été nommé à ce poste lors de deux mandats de deux ans dans le cadre de la présidence tournante entre production et négoce. L’Anivin créée en 2009 compte actuellement 713 metteurs en marché et revendique 333 millions de cols commercialisés (dont un tiers en France).

Le vice-président de Vivadour et viticulteur à Parleboscq dans les Landes est à la tête d’une exploitation de 80 hectares dont une quarantaine est suivi selon le principe du VIE (Vignobles Innovant et Ecoresponsable). Il a accompagné l’installation de son fils en 2021 sur une viticulture basée sur ce système. Ce spécialiste du vin en vrac dans le cadre de l’Union CVG Cave et Vignoble du Gers est très engagé dans la coopération et dans l’organisation de l’Anivin créée en 2009.

Cocktails et mousseux
Pas de changement d’orientation prévu, « la feuille de route s’écrit au fil de l’eau avec liberté et créativité » estime ce pionnier des vignobles innovants. Les deux sites pilotes, l’un en Languedoc, l’autre dans le Sud-Ouest (celui de Serge Trintané) ont validé les process techniques et envisagent d’élargir la méthode à un réseau de vignerons afin de regrouper les expériences. « Il s’agit de les intégrer à un groupe de travail en collaboration avec l’IFV pour augmenter les connaissances sur le sujet. Grâce au simulateur de calcul en ligne, nous pouvons confirmer qu’un vignoble de 30 hectares dégage en moyenne à partir de la troisième année de production une marge de 4950 à 6700 €/ha. Outre la maîtrise de la qualité et des coûts, c’est un vignoble qui assure une rentabilité durable ».

Serge Trintané avec Valérie Pajotin comme directrice depuis la création de l’Anivin entend continuer à « pousser les cocktails et la mixologie pour une consommation différente du vin. Pour les mêmes raisons, on réfléchit à accompagner les opérateurs produisant des vins à bas degrés et des sans-alcools pour ouvrir la catégorie au sein de l’interprofession ». Autre accompagnement prévu sur la feuille de route, l’entrée des mousseux en appellation Vin de France.

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Champagne Castelnau : la fine bulle en équation

Le champagne Castelnau est aussi reconnu des professionnels qu’il est méconnu du grand public. Le groupe TEVC (Nicolas Feuillatte) s’était engagé auprès des adhérents lors de la fusion avec la CRVC de conserver cette jolie marque qui commercialise un peu moins de 500.000 bouteilles par an. Alors qu’une étude fondée sur son incroyable œnothèque menée par Gérard Liger-Belair vient de sortir sur la durée de vie de la bulle, la Maison a présenté sa nouvelle plateforme de marque lors d’une dégustation chez Thierry Marx.

La nouvelle étiquette où se profilent des colonnes de bulles en relief ne pouvait exprimer mieux l’identité des vins de ce champagne célèbre pour la finesse de ses bulles. Celle-ci résulte de vieillissements sur lie particulièrement longs. Ne serait-ce que pour le Brut sans année, la maturation est déjà de cinq ans minimum. La cuvée commercialisée actuellement est ainsi une base 2016 ! Pour arriver à tenir la longueur et à obtenir ces arômes tertiaires subtils de grillé, de praliné, de brioché, il faut à chaque étape de la vinification beaucoup de rigueur.

Carine Bailleul, la cheffe de caves, nous décrit tous ces détails, en apparence anodins, mais qui font au bout de plusieurs années toute la différence : « Le cuviste qui branche les tuyaux sera par exemple très attentif à ce que le branchement ne laisse place à aucune oxygénation. De même, lorsque l’on tire pour l’assemblage des cuves de vins de réserve, nous faisons en sorte qu’elles le soient intégralement, ce que leur petite taille facilite. Cela évite là aussi une oxydation des vins qui seraient sinon restés dans des cuves à moitié pleines. Nous conservons ces vins de réserve dans des cuves en acier inoxydable et nous n’utilisons les cuves en acier émaillé que pour les vins de l’année qui seront tirés rapidement. On s’aperçoit en effet que même si les cuves en acier émaillé sont parfaitement hermétiques, à la différence de l’inox dont la surface est lisse, l’émail constitue un foyer d’oxygène qui se délivrera progressivement dans le vin. D’où le caractère souvent plus ouvert des vins issus de cuves émaillées. » Pour traduire cette attention et ce travail presqu’artisanal, le chardonnet, emblème du général de Castelnau dont la devise était « qui s’y frotte, s’y pique ! » a été habilement redessiné, donnant l’impression de deux mains tenant délicatement une bouteille.

Un nouveau verre au service de la bulle…
Pour mieux apprécier les fines bulles produites par ce long travail de maturation, la Maison Castelnau a créé en partenariat avec Lehmann un nouveau verre. « Il a d’abord été conçu pour déguster les vins de notre œnothèque où l’effervescence est devenue plus discrète. On sait que 80 % du CO2 s’échappe par le disque, c’est-à-dire le point de contact entre la surface du verre et le vin. D’où notre décision de lui conférer une forme conique pour qu’au fil de la dégustation cette surface diminue et que l’on préserve ainsi un maximum de gaz dissout. Il est important également au moment de remplir le verre, de le pencher. Lors d’un service droit 30 % du gaz s’échappe contre 15 à 20 % en service incliné. On sait aussi que lorsqu’une bulle éclate, des petits jets de vins se fragmentent en micro goutelettes. Elles concentrent les arômes du vin. On a donc choisi un espace de tête rabattu vers l’intérieur qui permet de conserver au maximum ce brouillard aromatique dans le verre pour que les vins puissent vraiment exprimer tous les arômes qu’il contient. »

Une bulle étudiée sous toutes les coutures…
L’incroyable œnothèque de la Maison a permis aussi récemment à Gérard Liger-Belair, de l’Université de Reims, de fournir une première étude comparative sur le maintien de l’effervescence du champagne à travers le temps. L’observation s’est appuyée sur l’analyse de 13 vieux champagnes millésimés s’échelonnant de 1974 à 1996, non dégorgés, bouchés avec une capsule à joint en liège et tous conservés à la fois en magnum et en bouteille. Verdict ? On savait déjà que le magnum était le contenant idéal pour limiter l’oxygénation et maintenir la fraîcheur du vin, on sait désormais qu’il conserve aussi beaucoup plus longtemps la bulle. Pour qu’un champagne continue à buller dans le verre, il faut un minimum de 2,5 grammes de CO2 par litre, sachant qu’il en contient douze grammes à l’issue de la seconde fermentation. Ce seuil de 2,5 grammes est atteint au bout de quarante ans pour une bouteille, 80 ans pour un magnum et 130 ans pour un jéroboam ! En interrogeant Gérard Liger Belair, nous avons enfin découvert un dernier élément passionnant qui montre la supériorité de la méthode champenoise. «Les lies pendant les années de vieillissement se décomposent, elles apportent au vin leurs éléments, et notamment les macro molécules tensio actives. Or, lorsqu’on augmente leur concentration dans le vin, elles ont la capacité de venir tapisser les bulles qui sont à la surface et ce faisant, elles vont les protéger un peu de l’éclatement ». Moralité ? Le vieillissement sur lie favorise la stabilité de la collerette (le cordon) !

Notre coup de cœur dans la gamme ? 
Le blanc de blancs 2008 (47€)! « C’est un chardonnay de chair plus que de terre, avec une expression très beurrée » souligne Carine Bailleul. « La météo de 2008 a donné un équilibre sucre/acide particulièrement intéressant et la finale zestée est jolie. Les approvisionnements viennent pour l’essentiel de la Montagne : 45 % de Trépail et 35 % de Berru, un terroir situé juste en face. » Le brut millésimé 2006 (46€) est également magnifique. « On a quelque chose de très grillé qui se rapproche de l’allumette que l’on gratte. C’est un millésime que j’affectionne parce qu’aromatiquement parlant, il correspond exactement au style que nous visons. Et en même temps, au fil des années, je me suis aperçue que nous n’étions pas les seuls à avoir obtenu cette trame grillée dessus, mais qu’on la retrouvait quasiment dans toutes les maisons. Une vraie leçon d’humilité qui m’a fait relativiser la part des œnologues, le climat et la chimie des raisins jouent un rôle au moins aussi déterminant. »

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[Nos circuits œnotourisme #5] Beaujolais par Monts et par Vaux

Vous êtes en vacances cet été et ne savez pas où partir ? Terre de vins est là pour vous ! Prenez le temps de découvrir nos idées de circuit œnotouristique avec 5 adresses au cœur d’un vignoble français. Aujourd’hui direction le Beaujolais !

Château de Pizay
Le château de Pizay a plus d’une carte à jouer en matière d’œnotourisme. À l’hôtel 4 étoiles, au spa, à l’œnothèque, aux parcours sensoriels conçus pour découvrir le vin et les cuvées du Beaujolais, s’ajoutent les sublimes jardins du domaine, dessinés par Le Nôtre, célèbre pour sa conception des jardins du château de Versailles. Statues, plans d’eau, schémas géométriques et vastes perspectives composent cet ensemble, classé « d’intérêt historique ».

69220 Belleville-en-Beaujolais – 04 74 66 51 41 – chateau-pizay.com

Château de Bellevue
Lovée entre les doux reliefs des collines beaujolaises et le calme d’un parc arboré, le château de Bellevue prolonge cette sensation de sérénité dans son offre œnotouristique. Les cinq chambres d’hôtes et le gîte plongent les visiteurs dans une atmosphère de tranquillité raffinée, tandis que visite de chai, dégustations des vins du domaine et promenade en autonomie, munis d’un livret, le long du sentier découverte, rythment le séjour selon l’envie.

69910 Villié-Morgon – 04 74 66 98 88 – chateau-bellevue.fr

©Photo DR

Château du Moulin-à-Vent
Le domaine abrite une chapelle, témoin de l’histoire des vins de Bourgogne et du Beaujolais. Déclinée en trois formules, l’offre œnotouristique du château s’articule autour de cette chapelle qui constitue l’épicentre des visites, de la découverte du domaine à la dégustation en quatre vins, en passant par une verticale de la cuvée Château du Moulin-à-Vent de 2020 à 2005, ou encore la découverte du chai et la dégustation de parcellaires pour mieux comprendre les sols de cette appellation.

71570 Romanèche-Thorins – 03 85 35 50 68 – chateaudumoulinavent.com

Maison Jean Loron
La Maison Loron propose une formule originale pour mettre en avant de façon ludique son patrimoine, autant viticole que familiale. Un spectacle immersif vous plonge dans les caves centenaires de la maison, durant lequel cinq comédiens déambulent à vos côtés, vous comptant l’histoire de Jean Loron, rythmée par la dégustation des cuvées emblématiques de la maison, et notamment le saint-amour du domaine des Billards, ultra-charmant : à la fois souple et doté de tanins fondus, avec des notes de fruits rouges gourmands.

71570 La Chapelle-de-Guinchay – 03 85 36 82 66 – loron.fr

©Jules Travet

Château de Juliénas
Propriété viticole depuis le XIIIe siècle, le château s’inscrit dans la durabilité, autant patrimoniale qu’agricole. Thierry et son épouse Aurélie ont créé une nouvelle expérience de « story-living » afin de sensibiliser les consommateurs aux enjeux environnementaux et à l’importance de l’agriculture bio, en leur permettant d’adopter des ceps pour une année, d’en suivre le développement et de récupérer les bouteilles personnalisées qui en sont issues. Une immersion pédagogique aussi originale que nécessaire.

69480 Juliénas – 04 74 04 49 98 – chateaudejulienas.com

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Château Branaire-Ducru, le futur s’annonce radieux

Il y a 35 millésimes, la famille Maroteaux et le château Branaire-Ducru se disaient oui. L’occasion de donner la parole à François-Xavier, histoire de donner un coup d’œil dans le rétroviseur de ce Saint-Julien et ensuite d’appuyer sur l’accélérateur. 

François-Xavier, vous célébrez les 35 ans de la famille Maroteaux à la tête du château Branaire-Ducru, pouvez-vous nous raconter le premier pari de votre père ?
Mon père, en acquérant le château Branaire-Ducru avec notre famille il y a 35 ans, a très vite pressenti le potentiel inexploité de ce domaine prometteur. Son ambition était de préserver l’ADN des vins de Branaire-Ducru avec leurs terroirs, tout en insufflant une nouvelle énergie et une vision résolument tournée vers l’avenir. Il a voulu élever les vins de Branaire-Ducru au plus haut niveau, en mettant l’accent sur la qualité et en donnant un style précis à nos vins, bâtis sur le fruit, la fraîcheur et l’élégance. Ce pari audacieux, aujourd’hui, est largement gagné.

Cet anniversaire est accompagné d’un nouveau cuvier, comment avez-vous pensé ce projet ?
Ce nouveau cuvier suspendu et entièrement gravitaire est un projet passionnant. Depuis plus de 3 ans, nous travaillons en collaboration avec le cabinet d’architecture Bernard Mazières et une sélection d’artisans locaux pour le concevoir. Notre volonté était d’augmenter considérablement notre capacité de vinification, en passant de 38 à 75 cuves, afin de pouvoir accorder une attention minutieuse à chaque étape du processus (tout en gardant le même bâtiment !). Ce nouveau cuvier permet une vinification parcellaire précise, reflétant encore plus l’expression unique de nos terroirs. Le millésime 2022 est le premier à avoir bénéficié de cette nouvelle installation. Ce nouveau cuvier s’inscrit pleinement aussi dans notre engagement en faveur du respect de l’environnement, en adoptant des pratiques durables et responsables comme pour l’ensemble de nos pratiques dans la propriété. Nous prévoyons de l’inaugurer début 2024, lorsque nos installations œnotouristiques seront terminées.

Le vin enfin, la finalité de tout, pouvez-vous nous parler du millésime 2022 ?
Le millésime 2022 du château Branaire-Ducru est véritablement exceptionnel, il est déjà considéré comme l’un des plus grands millésimes de notre propriété, une année pleine de belles surprises. À la dégustation, il se distingue par une couleur profonde et intense qui annonce déjà sa complexité. Son nez est très expressif, complexe et riche en fruits noirs parfaitement mûrs, sans aucune lourdeur. L’élevage délicat apporte des notes épicées sublimes. En bouche, il se distingue par son attaque généreuse, sa texture souple et charnue, équilibrée par une acidité harmonieuse. Le vin se développe avec une complexité remarquable, dévoilant une belle profondeur, et sa finale persistante intensément aromatique laisse une empreinte mémorable. Son accessibilité à ce stade de vieillissement alors qu’il reste encore un an d’élevage est déroutante ! À travers ce millésime et grâce à l’aide de toute l’équipe du château Branaire-Ducru, nous poursuivons l’excellence et l’innovation initiées par mon père. J’ai à cœur de faire découvrir notre vin à tous les amateurs du monde entier, leur procurer du plaisir et de continuer à écrire ainsi notre histoire singulière et familiale.

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