La Chablisienne a 100 ans : « la notion de marque est apparue tôt dans notre histoire»

Après un siècle d’existence, l’emblématique coopérative de Chablis fait partie des plus réputées de France. Entretien avec Damien Leclerc, son directeur.

En se plongeant dans son siècle d’histoire, on s’aperçoit que La Chablisienne a survécu aux pires difficultés : guerres – comprenant un bombardement aérien de Chablis – crises économiques, accidents climatiques majeurs… Comment expliquez vous cette résilience ?
Damien Leclerc : Je crois que le tempérament des personnes qui se sont investies au sein de cette coopérative a beaucoup joué. Plus globalement, on trouve dans notre territoire chablisien un état d’esprit particulier. Quelque chose de l’ordre de la vivacité, un peu à l’image de nos vins! Dans le nord de la bourgogne, on peut avoir du caractère comme les gens du sud.

Aujourd’hui, la cave reste première productrice de vins de Chablis tout en bénéficiant d’une excellente réputation. Quel est le secret ?
Notre spécificité, c’est l’ADN commercial : la notion de marque est apparue très tôt dans notre histoire. Nous avons mis en commun le commerce, le marketing et la communication avant même la vinification. C’est le cheminement inverse de la plupart des coopératives. Ainsi la première affiche de La Chablisienne date de 1926, alors que la mutualisation des outils techniques commence en 1947 seulement. Nous en récoltons les fruits aujourd’hui.

Pour son anniversaire, la Chablisienne propose une « Cuvée Spéciale 1923 ». Ce chablis village millésime 2020, gourmand et équilibré, se distingue notamment par son élevage partiel en fût et son étiquette originale. Prix : 18€.

Peut-on dire que la cave atteint aujourd’hui un sommet ?
Certes le projet de la Chablisienne est mature. Mais construire une marque est un travail très longue haleine. Quant on a vécu et traversé autant de crises, il est important de rester prudent. Rien n’est jamais définitivement acquis. On continue d’avancer, de se projeter, de se poser des questions. Il y a encore du travail.

Justement, quels seront vos grands axes de développement ces prochaines années ?
Nous souhaitons intensifier notre présence aux États-Unis, ainsi qu’en Asie-Pacifique. En France aussi, avec notre marque de grande distribution Union des Viticulteurs de Chablis, qui a de bon résultats mais que nous comptons encore développer. De même nous poursuivons la montée en gamme, sur ce positionnement de « luxe accessible », amorcé il y a 15 ans. L’idée est de conserver notre modèle coopératif tout en présentant les spécificités d’une grande maison de vins.
La décarbonation va aussi représenter une gros travail dans les prochaines années. En tant qu’acteur majeur du vignoble, on se doit d’être à l’initiative. Cela passe par des prises de décision concernant le poids des bouteilles, la mise en place de circuits fermés dans l’utilisation de l’eau, de groupes de froid de nouvelle génération, ou encore l’installation de photovoltaïque.

Si vous deviez choisir une seule cuvée de la Chablisienne à mettre dans votre cave ?
Les Vénérables. C’est un vin vraiment complexe, gourmand, très qualitatif; un chablis village de gastronomie, qui peut rivaliser avec beaucoup de premiers crus1.

La Chablisienne en chiffres
Créée en 1923
23 % des surfaces viticoles dans le vignoble de Chablis, soit environ 1200 hectares
Plus de 5 millions de bouteilles vendues chaque année
1er metteur en marché de Chablis.
2e metteur en marché de Bourgogne
Distribuée dans 92 pays

Cet article La Chablisienne a 100 ans : « la notion de marque est apparue tôt dans notre histoire» est apparu en premier sur Terre de Vins.

Sibylle Scherer succède à Berta de Pablos Barbier à la présidence de Moët & Chandon

Berta de Pablos Barbier était arrivée à la présidence de Moët & Chandon en 2020 succédant à Stéphane Baschiera. Brillante ingénieure agronome passée par Mars, Boucheron et Lacoste, elle cède sa place à Sibylle Scherer qui dirigeait depuis 2019 la maison Chandon. Celle-ci regroupe les six domaines de sparklings que possède LVMH dans le monde (Argentine, Brésil, Californie, Australie, Chine, Inde). 

Le Président de Moët Hennessy Philippe Schaus nomme Sybille Sherer présidente de l’établissement Moët & Chandon-Ruinart, sous la bannière duquel est regroupé Moët & Chandon, Dom Pérignon, Ruinart et Mercier. On notera que Dom Pérignon accentue son positionnement de maison à part entière avec pour la première fois la nomination à sa tête d’un président, Thomas Moradpour. Ancien élève de l’Essec, il a déjà derrière lui une très belle carrière, d’abord dans le marketing chez PepsiCo, Carlsberg, Hennessy et enfin à partir de 2018 en tant que président de « The Glenmorangie Company », la branche whisky du groupe LVMH.

Cet article Sibylle Scherer succède à Berta de Pablos Barbier à la présidence de Moët & Chandon est apparu en premier sur Terre de Vins.

La Maison Courvoisier à l’Âge du Bois

La célèbre maison de cognac basée à Jarnac, propriété du groupe Suntory, engage un partenariat d’envergure avec l’Office National des Forêts. L’objectif premier est de préserver les chênaies du Val de Loire.

L’ombre de Colbert plane sur chaque projet touchant à la survie des forêts françaises, véritable richesse du patrimoine de l’Hexagone. Ce mois de juin 2023, l’événement provient de la maison de cognac Courvoisier avec un important partenariat scellé avec l’ONF. Le montant est de 425 000 euros sur 4 ans pour financer une étude qui permettre de décrire et de mieux comprendre les dommages portés aux massifs de chênes par plusieurs espèces d’insectes nuisibles. Le tout a fortiori dans un contexte de changement climatique. L’étude est plus précisément portée par les experts de l’ONF, l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement, l’Université d’Orléans et donc le fonds ONF-Agir pour la forêt. Rappelons que le chêne est une matière indispensable à l’élaboration du cognac via les fûts alignés dans les chais de la région. Ainsi la survie de la forêt est vitale. « Dans la poursuite de l’engagement de long terme de Courvoisier en faveur de la sylviculture durable, nous sommes fiers d’apporter notre soutien à l’ONF pour conduire cette étude cruciale face à l’impact du changement climatique sur les chênaies » a déclaré Richard Costa-Savelli, directeur général de la Maison Courvoisier avant d’ajouter : « Grâce à notre collaboration, nous espérons contribuer à la conservation et à la résilience de nos forêts pour transmettre un patrimoine forestier en bonne santé aux générations futures ». Les dépérissements forestiers sont actés dans de nombreuses régions notamment dans les neuf forêts domaniales de la vallée de la Loire. Une étude de terrain permettra de mieux approcher ce phénomène et d’y remédier comme l’explique Claire Quinones, Responsable des ventes bois, Direction territoriale Centre-Ouest-Aquitaine de l’ONF : « Les chênaies du Val de Loire constituent le principal bassin d’approvisionnement en chênes de qualité en Europe. Malheureusement, elles commencent à subir les effets du changement climatique. Pour préserver le fruit d’une gestion séculaire de ces forêts de chênes, et continuer à promouvoir le bois de chêne dans son usage le plus noble, il est essentiel de mieux décrire et comprendre aujourd’hui les phénomènes qui les affectent. Cette étude est essentielle pour garantir à l’avenir la ressource en bois de chêne. Elle ne pourrait être réalisée sans le soutien de la Maison Courvoisier, à travers le Fonds « ONF-Agir pour la Forêt » de l’Office National des Forêts. »

©Courvoisier

Cet article La Maison Courvoisier à l’Âge du Bois est apparu en premier sur Terre de Vins.

[Publi-Info] Champagne Collet, Le savoir-Faire Vigneron depuis 1921

Champagne Collet est une Maison de vignerons indépendante, créée en 1921 et située au cœur d’Aÿ, village Grand Cru et berceau du Champagne. Forte de la diversité et de la qualité exceptionnelle des terroirs dont elle dispose, la Maison Collet est reconnue pour l’élégance et la richesse de ses vins.

C’est en 1921, sous l’impulsion de Raoul Collet, que naît la Maison Champagne Collet. Pour la première fois dans l’histoire de la Champagne, une poignée de vignerons engagés dans la reconnaissance de leur savoir-faire décident d’unir leurs forces.

Chez Champagne Collet, le respect du terroir et du travail de chaque vigneron est primordial.

« Le soin apporté au travail de la vigne par chacun de nos vignerons propriétaires tout au long de l’année est la clé de la qualité de nos vins. » Emmanuel Littière, Directeur Général.

Chacun de nos terroirs est vinifié séparément afin d’en conserver la typicité. Aucun pré-assemblage n’est réalisé et l’ensemble de nos crus sont vinifiés séparément en fûts de chêne champenois ou en cuves inox de 20 à 100 hl.

« C’est en préservant l’essence de chaque terroir que nous avons rendu le style Collet de plus en plus équilibré, élégant, fin et puissant, c’est un véritable orgue à parfum de la Champagne qui se dresse devant nous année après année. » Sébastien Walasiak, Chef de caves.

C’est grâce à ses valeurs fondatrices et à un travail précis de la vigne et des vins que la Maison Collet a séduit les amateurs de vins et les plus grands Chefs étoilés de sa génération, en témoignent les participants du Prix Champagne Collet du Livre de Chef.

Champagne Collet
14 Boulevard Pierre Cheval
51160 AY-Champagne
03 26 55 15 88
info@champagne-collet.com

Cet article [Publi-Info] Champagne Collet, Le savoir-Faire Vigneron depuis 1921 est apparu en premier sur Terre de Vins.

Estandon ne viendra plus jamais seul

C’est une première en France, l’union coopérative varoise Estandon se transforme en Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) pour impliquer davantage viticulteurs et salariés.

Au delà du changement novateur de statut juridique, l’union coopérative du Var Estandon a souhaité changer complètement son management afin de « rapprocher les acteurs, viticulteurs et salariés des caves de l’outil de production où se créée la valeur de l’entreprise tout en renforçant les valeurs de la coopération » détaille le directeur général Philippe Brel. Pour fêter les 50 ans de la maison, les 9 coopératives adhérentes (29 en 2005), les 300 coopérateurs et les 120 salariés ont donc changé de gouvernance « pour une démocratie implicative » à l’initiative de son dirigeant en poste depuis 30 ans. « Nous avons voulu ainsi permettre aux salariés et viticulteurs d’être des sociétaires en direct, toujours sur le principe d’un homme-une voix, pour que tous les acteurs soient parties prenantes et c’est plus de 130 personnes supplémentaires qui nous ont rejoints » (dont 83 viticulteurs). Moyennant 100€ de contribution, « on parle plus de participation que d’augmentation de capital » ironise Philippe Brel.

Des Caves de Provence à Estandon
Le management inspiré de l’holocratie avait déjà été initié dans l’entreprise à partir de 2015 pour permettre aux salariés de travailler avec à la fois plus d’autonomie et plus de responsabilités et de construire ensemble la marque (intégrée en 2005 avec Les Caves de Provence et qui avait donné son nom au groupe en 2012).  En 2019 avait été déployée la bannière #Estandon c’est nous faisant office de cri de ralliement et en 2021, la démarche stratégique participative « Estandon 2030 » avait conduit tous les acteurs du groupe à s’impliquer dans les nouvelles perspectives. La SCIC faisait partie des projets à l’étude pour une plus grande transparence dans les orientations. Elle renforce également l’engagement et la contribution de tous au projet commun. La nouvelle entité permettra aux associés qui restent prioritaires, de bénéficier de contrats pluri-annuels mais elle pourra également développer l’activité avec des tiers en contrat classique si le marché le nécessite. Elle poursuivra le déploiement des actions de Développement Durable et de certification (Déjà Agriconfiance, Afaq 26 000, Ecovadis, Démarche Sols Vivants, HVE pour 90 % des volumes, AB pour 35 % en progression constante).

L’inconvénient de la nouvelle structure est de reposer sur une organisation plus lourde en cinq collèges « qui nécessitera sans doute des votes à bulletins secrets quand il s’agira de sujets sensibles ou de projets à lourds investissements comme celui des 20 M€ prévus à terme pour construire un nouveau site » reconnaît Philippe Brel.

Estandon communiquera sur cette nouvelle gouvernance d’abord auprès des acheteurs : « Nous allons pouvoir nous présenter différemment et mettre en avant l’aspect équitable et RSE, précise Gaëtan Hawadier, directeur adjoint. Nous sommes persuadés que cela va avoir une résonnance et que le fait d’enrichir tout un territoire va interpeller nos clients. Reste ensuite à le faire comprendre aux consommateurs et à leur montrer une image moderne de la coopération ». Ce sera chose faite dès cet été avec une campagne radio nationale, sympathique et conviviale, « avé l’accent » et trois visuels d’affiches, presse écrite et digitale reprenant le slogan « Un estandon ne vient jamais seul » (utilisé depuis 2014) mais également  « Nos vins bio et nous, on vient de la même terre ». Ce seront d’ailleurs des coopérateurs qui prêteront leurs voix et leurs visages à la campagne.

Estandon en quelques chiffres
27e entreprise du Var
10% de la production totale des vins de Provence (AOP et IGP)
20 % de la mise en marché vrac des vins de Provence
60 M € de CA (dont 50 % avec la marque Estandon)
120 salariés dans le groupe
20 millions de bouteilles eq/75 cl dont 56 % en AOP
92 % de rosés (4% de blancs, 4% de rouges)
2500 ha de vignoble
300 viticulteurs, 9 coopératives de vinification, 13 caves particulières

Cet article Estandon ne viendra plus jamais seul est apparu en premier sur Terre de Vins.

Belle Epoque Cocoon : quand Perrier-Jouët protège sa chrysalide

A l’occasion de la sortie du millésime 2014 de sa cuvée Belle Epoque, Perrier-Jouët lance un nouveau coffret baptisé Belle-Epoque Cocoon. Une création éco-conçue dont l’esthétique reflète la délicatesse et la floralité de la cuvée. Retour sur ce champagne et ce coffret d’exception.

Le champagne est le vin « cadeau » par excellence. Et qui dit cadeau, dit souvent coffret ce qui pose aux maisons de champagne une vraie problématique en termes de développement durable. Depuis quelques années, elles sont nombreuses à s’être penchées sur une nouvelle approche. Soit en supprimant totalement cet écrin, au risque de décevoir une part de leur clientèle en retirant au produit un peu de sa magie et de son apparat. Soit en réfléchissant à de nouveaux formats plus écoresponsables. La Maison Perrier-Jouët avec le coffret Cocoon imaginé pour sa cuvée Belle Époque, semble avoir trouvé sa voie. Conçu comme une enveloppe qui enserre au plus près le flacon, il est fabriqué à partir de pulpe de papier et de sarments de vignes récupérés au moment de la taille, ce qui le rend à la fois recyclable et extrêmement léger (49 grammes soit une baisse de 96 % par rapport au coffret précédent). L’anémone dessinée par Emile Gallé, emblème de la maison, est bien présente, délicatement embossée. Prolongeant cette analogie, la coiffe dorée de la bouteille jaillit du col évasé du nouvel étui, qui prend ainsi la forme d’un vase où l’on aurait placé une grande fleur : la cuvée Belle Époque.

Car telle est bien l’expression de ce champagne d’une délicatesse rare. Là où certains recherchent en premier lieu le fruit ou la minéralité, Perrier-Jouët travaille d’abord les mille et une nuances de la floralité. 2014, le tout nouveau millésime sorti, nous offre ainsi un bouquet chatoyant, aussi intéressant que celui que présentait 2013 mais très différent. Ecoutons Séverine Frerson, cheffe de caves de la Maison : « Le millésime 2013 avec sa vendange d’octobre était une année froide où le chardonnay se déployait de manière très verticale et très pure, exactement dans le style traditionnel de la cuvée Belle Epoque. La fleur qui dominait était l’orchidée blanche, avec sa tige élancée et en même temps cette double expression de ses pétales, ceux de l’intérieur exprimant la droiture, la tension, tandis que les pétales extérieurs donnaient une dimension plus complexe et raffinée. En 2014, même si la vendange a eu lieu plus tôt, la fraîcheur est également manifeste. On conserve le côté iodé et minéral propre à la cuvée. Toutefois, la texture est un peu plus dense et les fleurs plus proches de la pivoine blanche, soyeuse, suave et capiteuse, reflet du caractère plus doux du millésime. » Si la proportion des cépages qui composent la cuvée ne varie pas (50% de chardonnay, 45% de pinot noir, 5 % de meunier), celle des crus en revanche est légèrement différente. « Sur le 2014 comme sur le 2013, on a pour les chardonnays une majorité de Cramant dont nous apprécions la structure et la charpente. Elles donnent une ossature au champagne. Par contre, en seconde position, c’est Le Mesnil qui arrive en tête en 2014 alors que l’on avait accordé cette place à Avize en 2013. Sur une année plus chaude comme 2014, on avait besoin de cette minéralité du Mesnil. Côté pinots noirs, nous nous approvisionnons sur les crus de la face Nord de la Montagne de Reims (Mailly, Verzy, Verzenay), et un peu à Ambonnay sur la face Sud. En 2013, la proportion d’Ambonnay était logiquement légèrement supérieure. »

On l’aura compris, ceux qui affirment qu’en supprimant les coffrets on recentre les consommateurs sur le vin, font peut-être fausse route. Le coffret peut au contraire participer à la lecture de la cuvée et guider l’amateur dans son expérience. « Je suis très attachée au travail de la texture de mes vins. Quand j’ai touché ce nouveau coffret, j’ai trouvé que l’on retrouvait à la fois le relief de ce champagne, sa densité et sa douceur. »

Le meilleur endroit pour découvrir ce nouvel opus est évidemment la table de la Maison Belle Epoque à Epernay (Belle Epoque Society), le restaurant gastronomique du champagne Perrier-Jouët tenu par le chef Sébastien Morellon. Son turbot à la crème ivoire accompagné de pousses d’épinard, renvoie à la fois au côté charnu du millésime 2014 et à sa finesse.

Prix recommandé de Belle Epoque Brut 2014 : 197€

Réservations de la table de la Maison Belle Epoque. Ouvert le vendredi et le samedi. Contact: 06 74 27 05 88

https://www.perrier-jouet.com/en-ww/belle-epoque-society

Cet article Belle Epoque Cocoon : quand Perrier-Jouët protège sa chrysalide est apparu en premier sur Terre de Vins.

Symposie : la dégustation s’invite au théâtre (et inversement)

C’est un nouveau concept que propose Franck Dirles. Une dégustation de vin qui se prolonge par une pièce de théâtre immersive où le vin tient la vedette. Un moyen différent de parler de la dive bouteille. A découvrir prochainement au festival Off d’Avignon.

Rien ne prédisposait Franck Dirles à devenir auteur sur le vin. Parcours classique, en dehors du milieu viticole. Mais au cours de ses études qui le mèneront notamment à Perpignan, le sort en décidera autrement. « J’ai tout appris de la dégustation au sein du club de dégustation de Gérard Gauby » aime-t-il rappeler. Le virus du vin venait de le contaminer et n’allait plus jamais le lâcher. Au point d’intégrer des clubs de dégustation lorsqu’il commencera sa carrière à Paris, puis d’en créer un lui-même. De fil en aiguille, alors qu’il travaille comme manager dans de grandes entreprises avec des missions pour réduire drastiquement les coûts, sa passion le rattrape. Le voilà qui commence à écrire sur le vin. Les textes vont s’enchaîner, faisant in fine naître une pièce de théâtre. Après d’autres vies professionnelles, 2020 sonnera comme le début de la nouvelle vie de Franck. Une fois sa société vendue, il décide de monter Symposie, une société proposant d’amener directement le théâtre chez les gens et non l’inverse. Avec, évidemment, sa pièce de théâtre au cœur du projet. Celle-ci se nomme Anthocyane. L’histoire d’une femme dont Malbec est amoureux. Ce dernier l’a invité à dîner mais craint la rencontre et va donc faire appel à Marc pour l’aider…

Le festival d’Avignon comme vitrine
Habituellement, les représentations de Symposie se font auprès d’entreprises ou de clients privés qui souhaitent pouvoir profiter d’une expérience immersive. Les thématiques abordées dans la pièce de théâtre viennent en outre nourrir les débats et animer le reste de la soirée. Cette fois-ci, c’est du côté du festival off d’Avignon que la troupe se produira. Une première qui aura lieu du 7 au 29 juillet prochain au restaurant Flaveurs situé en dehors des remparts, à 10 minutes du centre bouillonnant du festival. Les représentations, qui auront lieu en extérieur, reprendront tous les codes habituels.

Mais pour les dégustations, Franck Dirles a eu l’excellente idée d’associer des vignerons de toute la vallées du Rhône. 20 représentations au total, 20 vignerons qui se relaieront soir après soir pour faire découvrir leurs cuvées. Et non des moindres puisque sont attendus le domaine Montirius, le château de la Gardine, mais aussi les domaines Scamandre, du Chêne Bleu ainsi que Michel Chapoutier entre autres. De quoi se laisser enivrer par la magie des mots et celle de la dive bouteille. Une expérience unique qui promet de grands moments. A réserver sur la billetterie du festival off (https://www.festivaloffavignon.com).

Lieu : Flaveurs, 10 av de la croix rouge 84000 Avignon

Photos ©P. Denis

Cet article Symposie : la dégustation s’invite au théâtre (et inversement) est apparu en premier sur Terre de Vins.

[Beaujolais] Toponymie des lieux-dits pour valoriser le vignoble

Le Beaujolais vient de réaliser un important travail de caractérisation et de dégustation afin de déterminer si un lieu-dit pouvait prétendre à une montée en gamme. En complément, le vignoble s’est lancé dans un important travail de toponymie des lieux-dits. Explications.

Exploration patrimoniale
Marie-Hélène Landrieu a été étudiante à Dijon en lettres classiques, et avait choisi comme thème de mémoire les lieux-dits dans le vignoble bourguignon. Après avoir travaillé avec Sylvain Pitiot, l’ancien régisseur du Clos de Tart, co-signant l’ouvrage « Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne », Marie-Hélène a accepté la demande de l’ODG des crus du Beaujolais pour se pencher sur ses lieux-dits. L’importance d’un tel travail de toponymie est multiple. Comme le souligne Marie-Hélène, « c’est toute l’histoire que l’on retrouve au travers des noms de lieux. Et cela permet de rétablir un lien entre le vigneron et les parcelles qu’il travaille », ainsi qu’une création de valeur certaine. De plus, la toponymie vient compléter l’énorme travail de cartographie réalisé dans le Beaujolais, avec des cartes géologiques extrêmement précises par appellation et par parcelle, donnant des éléments supplémentaires de compréhension d’un terroir, autant sur les aspects géologiques que patrimoniaux, culturels ou historiques (comme par exemple le lieu-dit l’Héronde à Odenas, qui nous apprend que son origine vient du gaulois « randa », signifiant frontière, et marquant celle entre deux peuples gaulois : les Eduens, alliés des Romains, et les Ségusiave).

Appropriation
L’objectif est double : que le vigneron comme le consommateur puisse s’approprier, chacun à sa manière, l’histoire du terroir qu’il travaille et qu’il déguste. 
Le résultat du travail de Marie-Hélène permettra donc de produire des fiches relatives à chaque lieu-dit qui seront utilisées par les vignerons, leur facilitant ainsi l’appropriation totale de leurs parcelles et nourrissant encore davantage leur capacité à en parler. Ce travail sera complété par des articles approfondis à disposition de l’ODG, et donc des vignerons. « Nous souhaitons fortement faire connaître cet échelon des lieux-dits et diffuser cette connaissance auprès du grand public, afin d’illustrer la richesse du territoire beaujolais et ainsi lui redonner sa juste place », confie Marie-Hélène.

Pour l’heure, cet important travail en est à ses débuts, avec un calendrier allant jusqu’à fin 2024 pour couvrir l’ensemble des crus, indépendamment des dossiers de montée en premiers crus.

L’Union des Crus du Beaujolais investit Les Belles Plantes le lundi 26 juin 2023 de 10h à 16h pour une Grande Dégustation dédiée aux professionnels, l’occasion de voir ensemble les 10 Crus du Beaujolais. Une sélection de 100 cuvées spécifiques réalisée pour l’évènement.

Événement réservé aux professionnels. Pour vous inscrire, merci de remplir ce formulaire ou de contacter psanchez@terredevins.com. 

Cet article [Beaujolais] Toponymie des lieux-dits pour valoriser le vignoble est apparu en premier sur Terre de Vins.

Champagne Salon : et le luxe s’est fait vin…

Entourée d’un halo de mystère, la Maison Salon est sans doute la plus secrète de toute la Champagne. Une marque d’ultra luxe dont l’histoire fascine et qui permet souvent aux connaisseurs de champagne de se reconnaître entre eux, tant sa notoriété est restée savamment limitée à un petit nombre d’initiés. À l’occasion de la sortie du millésime 2013, nous sommes allés rencontrer son directeur général Didier Depond, gardien du temple depuis presque 30 ans.

Eugène Aimé Salon est né à Pocancy, au fin fond de la Champagne pouilleuse, dans une famille nombreuse. Ses parents, très pauvres, sont des manouvriers qui louent leurs bras à la journée. À 12 ans, son père lui donne un billet de train pour qu’il quitte la maison. Le jeune garçon débarque à Paris. Il ramasse dans les rues la vieille ferraille et les peaux de lapins. « Il n’était ni plus ni moins qu’un chiffonnier. Il faut se remettre dans le contexte du Paris de la fin du XIXe siècle. La ville, par certains égards, ressemblait à une immense ferme où l’on élevait des animaux » raconte Didier Depond, directeur général de la maison.

Sans que l’on sache très bien comment, à vingt ans, on le retrouve jouissant déjà d’une bonne situation. Il collabore avec une tannerie dans l’Allier et achète et revend des fourrures à travers le monde entier, ce qui l’amène très jeune à voyager aux Etats-Unis, au Canada et en Russie. A la même époque, de nombreuses maisons de haute couture voient le jour, dont la prestigieuse marque Channel. Il noue avec ces nouveaux clients des relations d’amitié. À 30 ans, devenu très riche, il décide de créer sa propre maison de champagne. Mais uniquement pour sa consommation personnelle et celle de ses amis. Epaulé par l’un de ses beaux-frères qui travaillait chez Lanson, il se rend au Mesnil au tout début du XXe siècle où il achète un hectare de vignes et noue des partenariats avec des familles locales de vignerons.

Le concept sur lequel il bâtit sa maison a de quoi surprendre. Elle ne produira que des champagnes millésimés, seulement les très grandes années, uniquement à partir du terroir du Mesnil-sur-Oger, exclusivement à partir de chardonnay, tout en s’imposant un vieillissement minimum de dix ans. Autant dire qu’Eugène Aimé Salon prend à rebours tous les grands principes de la Champagne à l’époque, où l’assemblage était la règle. En choisissant qui plus est de mettre à l’honneur le chardonnay, il porte sur le devant de la scène un cépage qui faisait encore figure de parent pauvre, tant il est vrai que le pinot noir tenait alors le haut du pavé. Cette sous-estimation se lit dans le classement de 1919. Alors que la Montagne de Reims comptait huit grands crus, la Côte des blancs n’en possédait que deux (Avize et Cramant). Le Mesnil-sur-Oger dont la réputation est aujourd’hui planétaire n’a obtenu ce rang qu’en 1985 ! 

Salon, dont le premier opus est un millésime 1905, est ainsi l’un des tout premiers blancs de blancs de maison à voir le jour. L’autre grande marque pionnière est Charles Heidsieck, dont la première édition connue est un 1906. Les grands esprits se rencontrent, il s’agissait également d’un monocru du Mesnil-sur-Oger !

© Leif Carlsson

M. Salon va ainsi offrir à ses clients son propre champagne à l’occasion de ses voyages commerciaux, où il fréquente les élites et l’univers de la mode. Sa marque acquiert très vite une renommée internationale. Le paradoxe, c’est qu’elle reste pour autant introuvable. « Il côtoyait les acteurs, les présidents, les rois. Mais tout cela se faisait underground, dans la discrétion la plus absolue. Le seul endroit où le champagne Salon était commercialisé, c’était chez Maxim’s à Paris, où cet homme d’affaires épicurien aimait lui-même se détendre des après-midis entières dans les petits salons du premier étage… » Sa Maison intègre dès l’entre-deux-guerres le très sélect Syndicat de Grandes Marques qui ne comptait qu’une petite quinzaine de champagnes. « Lui-même ne se rendait jamais aux réunions. Mais à la fin de chacune des assemblées, c’était son vin qui était dégusté, parce qu’il mettait tout le monde d’accord ! ». Les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale ne s’y trompent pas. Ils occupent la Maison et vident les caves à raison de mille bouteilles par jour. L’intervention de Robert-Jean de Vogüé, coprésident de l’interprofession et du préfet de la Marne, mettront fin au pillage, mais le mal est fait.

Eugène Aimé Salon meurt en 1943, ne laissant derrière lui ni femme, ni enfant. Ce sont deux de ses neveux qui héritent de la maison, Marcel Guillaume et sa sœur Annie. « Marcel était extraordinaire de compétence dans la vinification. Autodidacte, il a inscrit ses vins exactement dans la lignée de ceux de son oncle. Commercialiser ses vins ne l’intéressait guère, si bien que dans les années 1960, 1970, la Maison avait accumulé une œnothèque incroyable. Le célèbre journaliste Michel Dovaz, qui était voisin de la résidence de vacances de Marcel Guillaume en Dordogne, me racontait qu’il gardait un souvenir ému de tous les millésimes 1928 dégustés ensemble. »

Annie a épousé Charles de Nonancourt, lui-même propriétaire de Delamotte, maison qui jouxte Salon au Mesnil et dont il avait hérité par sa mère née Lanson. Celle-ci avait doté chacun de ses fils d’une maison de champagne. C’est le premier rapprochement de la maison avec la famille propriétaire de Laurent-Perrier qui, elle, avait échu au frère de Charles, Bernard. C’est cependant à Besserat de Bellefon que la famille Guillaume cède d’abord Salon. Les deux marques se retrouvent ensuite dans le giron de Pernod-Ricard via Cinzano. Le groupe préfère revendre et cela au même moment où Charles cherche à se séparer de Delamotte. Bernard de Nonancourt saisit alors l’occasion pour racheter les deux maisons, auxquelles il redonnera tout leur lustre d’antan.

2013 : « un millésime insolent »

Goûter un flacon de Salon représente aujourd’hui pour un amateur de champagne le Graal, l’une de ces expériences inaccessibles que l’on se jure de parvenir à réaliser avant de quitter cette terre. Le vin résulte de l’assemblage de 19 des 20 parcelles historiques sélectionnées par Eugène Aimé Salon. La seule qui manque à l’appel est en effet le clos Tarin devenu Clos du Mesnil. L’œnothèque de la maison conserve encore quelques bouteilles du vigneron qui élaborait son propre champagne tout en cédant cinquante pourcents de ses raisins à la Maison. Le vignoble actuel de Salon représente ainsi une quinzaine d’hectares, plantés de vieilles vignes dont beaucoup ont plus de soixante ans. « Les parcelles sont toutes sur cette ligne exposée plein Est, c’est comme un coteau bourguignon, avec davantage d’ouverture qu’à Oger. » Bourguignon, le vin l’est aussi dans son expression si l’on en juge par le style du tout dernier millésime 2013. Au nez, le champagne a des accents de beurre incroyables tandis que se dessine juste derrière un petit fruit, sans doute la bergamote. On retrouve un joli gras en bouche, mais qui n’a rien de pesant. Le vin n’est d’ailleurs pas riche mais précis, avec des agrumes légèrement confits d’une rare finesse. Ils servent de ligne directrice avant d’arriver sur une finale de poivre blanc.

Prix public conseillé du millésime 2013 : 1400 € (Disponible à partir de septembre. Informations sur les points de vente au 03 26 57 51 65)

© Leif Carlsson

Cet article Champagne Salon : et le luxe s’est fait vin… est apparu en premier sur Terre de Vins.

3 questions à Jérôme Isnardi, CEO de ruedesvignerons.com

En huit ans, la plateforme ruedesvignerons.com est devenue la référence en matière de réservation d’offres oenotouristiques. Partenaire des Trophées de l’Œnotourisme de Terre de Vins, décernés le 7 juin dernier pour l’édition 2023, Jérôme Isnardi nous livre sa vision ce secteur et ses enjeux.

Comment est née Rue des vignerons ?
Les aventures entrepreneuriales partent quasiment toujours d’une expérience personnelle, en l’occurrence celle de mon associé. Il y a une dizaine d’années, il cherchait un domaine viticole en Provence pour visiter et acheter du vin, mais a eu du mal à en trouver un ouvert, disponible, ayant une offre oenotouristique, même simple. De mon côté, j’étais passionné de vin depuis déjà 20 ans, parcourant les vignobles de France pendant mon temps libre. Lorsqu’il m’a proposé de créer cette aventure, c’est-à-dire créer une plateforme rassemblant les offres oenotouristiques fiables et qualitatives, en partant des besoins des clients potentiels, c’était un peu une évidence.

Nous avons donc travaillé pendant un an sur le projet avant de le lancer en 2015. Aujourd’hui, nous sommes devenus la plateforme leader en la matière, passant de 5 000 clients en 2015 à 280 000 en 2023. Dès le début, nous avons opté pour un positionnement premium : offrir simplicité et qualité aux clients, que ce soit via notre plateforme ou le contenu des offres en elles-mêmes.

Être partenaire des Trophées de l’œnotourisme de Terre de Vins : une évidence ?
Oui ! Lorsque Rodolphe Wartel (directeur général de Terre de Vins, ndlr) m’a proposé que nous nous associons sur le sujet, je savais que nous partagions cette même vision de l’œnotourisme et la même volonté de le promouvoir. Donc unir nos forces avait du sens pour nos clients comme pour les lecteurs du magazine, qui sont potentiellement les mêmes.
Cette année marque notre deuxième collaboration, et nous sommes allés encore plus loin qu’en 2022 : dès la semaine prochaine, un encart dédié aux lauréats des trophées sera publié sur notre site, nous allons également muscler notre communication sur nos réseaux sociaux et d’autres supports pour mettre en avant les lauréats. Quant au lecteur de Terre de vins, il aura également la possibilité, depuis le site, de basculer directement sur ruedesvignerons.com grâce au moteur de recherche encapsulé.

Quels sont les enjeux majeurs de l’œnotourisme et son évolution dans les 5 prochaines années ?
Bonne question ! Je crois qu’aujourd’hui, et depuis la sortie de Covid, une réelle tendance se dégage sur la demande d’expériences oenotouristiques durables. Les clients attendant de la cohérence sur un critère environnemental et durable qui leur tient de plus en plus à cœur : ils ne se contentent plus d’une certification concernant uniquement le mode de culture ou la vinification, mais veulent retrouver cet engagement tout au long de leur expérience et sur tous les aspects. D’autant que si les offres « basiques » (c’est-à-dire dégustation des cuvées du domaine et explication du travail du/de la vigneron(ne) continuent à fonctionner, de plus en plus de demandes se portent sur une expérience complète, intégrant notamment restauration et hébergement.

En plus de ces tendances, d’autres éléments ont un impact sur les domaines que nous sélectionnons, notamment le critère des régions. Le nombre de domaines proposés sur notre site se fait au prorata du nombre de demandes pour tel ou tel vignoble. En 2023, où la croissance du trafic est la plus forte depuis nos débuts, le Beaujolais comptabilise deux fois plus de trafic qu’à l’origine et devient la première destination en termes de développement.
Nous sommes également vigilants à la représentativité : de grandes maisons côtoient de petites pépites que nous avons déniché.
Dans tous les cas, nous testons tout par nous-mêmes avant d’intégrer un domaine à notre offre : de la qualité des vins, à l’intégration des critères durables, en passant par la diversité et la complétude d’une offre, nous voulons être sûrs que le client aura une expérience pleinement satisfaisante.

Cet article 3 questions à Jérôme Isnardi, CEO de ruedesvignerons.com est apparu en premier sur Terre de Vins.