Château Palmer : « donner à vivre le lieu »

Le 3ème Grand Cru Classé de Margaux connaît, depuis 2021 et jusqu’à l’année prochaine, une longue séquence de travaux visant à totalement rénover l’outil réceptif. Avec l’ambition de proposer une totale « expérience Palmer » aux visiteurs de la propriété.

Lorsqu’on remonte la célèbre route des châteaux du Médoc, il est impossible de ne pas tomber sous le charme de la magnifique demeure érigée en 1854 par l’architecte Charles Burguet pour les propriétaires de l’époque, les frères Pereire. Cette bâtisse néo-classique est le « point culminant » d’un véritable petit hameau qui constitue « l’écosystème » de Château Palmer. Un écosystème qui n’a cessé de gagner en cohésion ces vingt dernières années, notamment depuis que le directeur général Thomas Duroux, arrivé en 2004, a impulsé avec la directrice technique Sabrina Pernet une conversion du vignoble à la biodynamie. Mais plus que ce choix cultural, c’est une approche holistique que défend l’équipe de Château Palmer, désireuse de faire de la propriété de 100 hectares (dont 70 hectares de vignes, 66 actuellement en production) un lieu de vie à part entière, pensé comme une ferme.

Depuis 2021, une nouvelle séquence de travaux – la première de cette importance depuis la rénovation des installations techniques en 2011-2013 – a été engagée pour repenser tout le dispositif réceptif à Château Palmer. « Tout ce que nous entreprenons à Palmer est une célébration du lieu », explique Thomas Duroux. « Il y a la partie viticole, qui est en constante évolution afin d’aller toujours au plus près de nos terroirs. Nous avons, sur la propriété, 18 types de graves différents, qui sont autant d’identité que nous devons respecter et sublimer dans nos choix culturaux, nos vinifications, nos élevages – qui depuis 2017 ont radicalement évolué avec une deuxième année passée exclusivement dans des foudres de 30 hl ».

L’étape suivante, pour Thomas Duroux, est de mettre encore plus l’humain au cœur de l’écosystème Palmer, qu’il s’agisse des équipes en place comme des visiteurs. C’est l’objet des travaux en cours : « 70 personnes travaillent actuellement à Palmer, et cela va encore augmenter. Tout ce monde cohabite, collabore, fait avancer le domaine au quotidien. C’est pour cela que nous avons déjà rénové nos bureaux sommes en train de mettre en place une cantine vigneronne, ouverte en permanence aux salariés, où notre chef Coriolan Pons valorisera les produits de notre potager et de nos élevages – 30 bovins de race bordelaise, une trentaine de brebis à l’année et une centaine en hiver, une dizaine de chèvres des Pyrénées, des cochons noirs, des oies, des poules… Mais cette cantine sera aussi ouverte quelques jours par semaine au grand public. Notre ambition est ainsi de proposer une ‘expérience Palmer’, de ‘donner à vivre le lieu’ par une immersion totale. À l’issue des travaux qui doivent se terminer à l’été 2024, nous pourrons proposer une offre sur mesure à nos visiteurs, qui pourront embrasser toutes les qualités du territoire, la proximité de l’estuaire, le terroir, les vignes, les chais, des ateliers biodynamie dans la tisanerie… Et la gastronomie va occuper une place centrale avec, en plus de la cantine vigneronne, une ‘table du chef’ au château qui sera pilotée par un chef de grand renom, qui s’apprête à nous rejoindre ».

En parallèle – et en complément – de ce grand projet « expérientiel », Château Palmer continue de s’engager sur le front des arts et de la culture, via un partenariat longue durée avec Leica pour une « résidence photographique INSTANTS » qui restitue pour cette première année le travail du photographe néerlandais Paul Cupido. L’exposition se tient jusqu’à fin juin à Paris, dans le nouveau store Leica du Village Royal. Et un livre est édité chez Filigranes en édition limitée (800 ex.) depuis quelques jours. Et le cru classé margalais confirme ses affinités avec le jazz : après avoir accueilli de nombreux concerts depuis plusieurs années, il lance un projet « hors les murs » baptisé « Palmer Series », une suite de dix enregistrements en dix ans. Le premier est un concert du pianiste Michael Wollny à Francfort, qui doit être dévoilé fin 2023. On n’a pas fini de « vivre Palmer ».

« Terre de Vins » aime :
Château Palmer 2020 :
on est d’emblée saisi par la profondeur, la dimension plongeante et ample de ce vin dont la concentration manifeste se teinte immédiatement d’une imparable fraîcheur. La définition aromatique est d’une totale pureté. En bouche, un juteux énergique, porté par un toucher tannique millimétré. On a de l’élan, de l’éclat, une finesse ciselée, une grande précision. C’est un vin racé et élancé, d’une grande persistance. [97-98] Env. 400 € TTC.

© Paul Cupido

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[PRIMEURS] Lynch-Moussas, Ferrière, Duhart-Milon… les dernières sorties

Suite des sorties en Primeurs pour le millésime 2022, avec quelques grands crus des deux rives qui ont annoncé leur prix. On fait le point.

La campagne des Primeurs 2022 continue, avec quelques sorties intéressantes cette semaine. Le château Lynch-Moussas (5ème Grand Cru Classé, Pauillac), noté 96-97 par « Terre de Vins », sort au prix de 39,70 € TTC. À titre de comparaison, il était sorti à 28 € HT en 2021, 28 € HT en 2020 et 26,25 € HT en 2019. L’augmentation de prix est donc très mesurée, comme l’avait laissé entrevoir Frédéric Castéja lors de son passage dans l’émission « Vino Veritas » il y a quelques semaines. La famille Castéja dévoile également La Croix du Casse à Pomerol, sorti au prix de 29,40 € TTC.

En attendant que le château Lafite Rothschild sorte du bois, son second vin Carruades de Lafite sort au prix de 259 € TTC. Dans le même groupe, le château Duhart-Milon, 4ème Grand Cru Classé de Pauillac, sort au prix de 86,40 € TTC. Le château Ducru-Beaucaillou, star de Saint-Julien, dévoile son « Petit Ducru » au prix de 31 € TTC et son haut-médoc « Madame de Beaucaillou » à 17,60 € TTC.

Toujours parmi les grands crus classés du Médoc, le château Ferrière, 3ème Grand Cru Classé de Margaux, sort à 46,20 € TTC. Château Boyd-Cantenac, autre 3ème Grand Cru Classé de Margaux, sort à 45,50 € TTC.

Château Lafaurie-Peyraguey, 1er Grand Cru Classé de Sauternes, sort à 82,80 € TTC, et son blanc sec sort à 39,60 € TTC.

Parmi les autres sorties notables : Château Laroque (Grand Cru Classé de Saint-Émilion) à 33,60 € TTC, Château Barde-Haut (Grand Cru Classé de Saint-Émilion) à 38 € TTC, Château Destieux (Grand Cru Classé de Saint-Émilion) à 46,20 € TTC, Château Montlisse (Grand Cru Classé de Saint-Émilion) à 22,20 € TTC. Château Peyrabon (Cru Bourgeois Supérieur, Haut-Médoc) à 11,20 € TTC, Château Branas Grand Poujeaux (Moulis) à 29,40 € TTC, Château Lanessan (Haut-Médoc) à 16,70 € TTC.

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Afterwork vinique en Médoc

C’est toujours un évènement qui sent le soleil, la terre battue et les balles jaunes, les parasols et les lampions multicolores. La saison 7 d’Afterwork en Médoc commence très prochainement pour des rendez-vous tous les 1ers et 3èmes jeudis de juin à septembre.

Le 1er juin se déroulera au Château du Taillan, magnifique Cru Bourgeois Exceptionnel aux portes de bordeaux et piloté de main de maître par Armelle Cruse. De 18h30 à 21 heures, les visiteurs fraîchement sortis du travail pourront déguster des vins des propriétés partenaires (Château du Taillan, Château Marquis de Terme, Château Lamothe-Bergeron, Château Paloumey, Château Maucaillou, Château Malescasse et Château Dauzac) avec des tapas, un groupe de musique (Lalyenscène), une ambiance up-cycling et un jeu concours avec un coffret de six bouteilles et un magnum à gagner. Chaque afterwork a son dress-code, celui du Château du Taillan est sous le signe de la couleur blanche… Le tarif est de 24 euros par personne (gratuit pour les enfants) comprenant trois verres de vin et une planche gourmande. Il faut réserver en cliquant ici.

Le programme de l’été 2023

Jeudi 1er juin au Château du Taillan en Blanc

Jeudi 15 juin au Château Marquis de Terme en Orange

Jeudi 6 juillet au Château Lamothe-Bergeron en Rouge

Jeudi 20 juillet au Château Paloumey en Vert

Jeudi 3 août au Château Maucaillou en Bleu ciel

Jeudi 17 août au Château Malescasse en Bleu marine

Jeudi 7 septembre au Château Dauzac en Jaune

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Le château La Tour Martillac inspire Katherine Pancol

L’auteure dont on ne compte plus les best-sellers était cette semaine, au château Sigalas Rabaud pour présenter son dernier roman « La mariée portait des bottes jaunes », dont l’intrigue se déroule dans le milieu viticole bordelais et largement inspirée par le château La Tour Martillac, cru classé de Pessac Léognan.

L’idée d’un roman ayant pour toile de fond un château viticole bordelais est né lors d’un repas au château Cheval Blanc, avec Pierre Lurton il y a quelques mois. Sans connaissances particulières de ce milieu, l’auteure Katherine Pancol cherche avant, à s’approprier les codes et les connaissances du monde du vin sans lesquelles « le lecteur sent qu’il y a un truc qui cloche et se débraye du roman » assure l’écrivaine.

Aussi, fallait-il trouver un château où elle pourrait vivre au rythme de la vigne et de la famille propriétaire, pour mieux comprendre la nature des travaux de la propriété ainsi que ses enjeux. Ce sera le château La Tour Martillac, cru classé de Pessac Léognan qui appartient à la famille Kressmann. Tristan Kressmann témoigne : « Katherine est venue trois fois au château ». C’est sans doute la meilleure manière de s’imprégner d’une atmosphère typique dont elle pourra s’inspirer, même si le roman « décrit des familles un peu perturbées et qu’à La Tour Martillac nous sommes plutôt des sages » précise Tristan.

« J’ai dormi là-bas, j’avais ma propre chambre parce que j’y suis allée chaque fois, entre 8 à 10 jours. J’ai assisté à beaucoup d’étapes de l’élaboration du vin » se souvient Katherine Pancol. « Je suis arrivée au moment des vendanges, j’ai même mis la hotte, et ramassé les raisins, puis je suis revenue pour l’assemblage, une chance inouïe car je n’aurais pas dû y assister. J’étais entourée d’œnologues ». L’un d’eux c’est Axel Marchal, professeur des universités en œnologie et œnologue-consultant. Katherine se met dans un coin et observe tout en prenant soin de prendre des notes. «Je suis fascinée par le fait que les gens ne font qu’un avec le raisin, comme un athlète avec son corps. C’était magnifique ».

Un tractoriste de La Tour Martillac lui tape dans l’œil. Un personnage possible ? Elle s’adresse à Tristan Kressmann : « Lui, je le mets dans le bouquin ». On fait descendre le tractoriste, on lui explique : « Tu ne te reconnaitras pas ».  À vous de deviner dans le roman… 

L’auteure sait qu’elle ne peut se permettre aucunes approximations. Tristan Kressmann l’aide : « j’avais peur qu’elle fasse des anachronismes. Je lui avais envoyé une planche du calendrier de la vigne ». Tout est juste ! « Elle est sérieuse et c’est une vraie professionnelle » confirme le propriétaire de La Tour Martillac.

Au château Sigalas Rabaud pour le lancement
Laure de Lambert Compeyrot, la propriétaire accueillante de Sigalas Rabaud pour le lancement du roman, confirme : « c’est d’une grande précision. J’ai été fasciné par la précision des décors, et j’ai adoré les personnages qui sont attachants nuancés et justes. On finit par les aimer malgré leur petitesse ».

Après avoir pensé le décor, « j’ai conçu les personnages. Je voulais que tout cela soit ancré dans la terre et ne soit pas un décor d’opérette ». Des personnages au cœur d’une intrigue dont il fallait qu’elle soit crédible. Alberic de Bideran, ancien libraire et artisan de la promotion du livre, indique que les enjeux de ces grands châteaux viticoles ont parfaitement été compris. S’ajoutent dans le roman, les secrets de famille, les rivalités, le goût du pouvoir et de l’argent, et les amours contrariées : tout ce que maîtrise Katherine Pancol et qui a fait jusqu’ici son succès. Une intrigue située au château Berléac, un château imaginé pour le roman, dans les Graves, « parce que j’aime beaucoup les Graves et que la Tour Martillac est situé dans les Graves, même s’il est classé en Pessac Léognan maintenant » avoue Katherine Pancol.  Et de préciser « Berléac ne ressemble pas à La Tour Martillac ».

Katherine Pancol « est une marque forte » conclut Tristan Kressmann. « D’ailleurs, pour ce tout nouveau roman, on en est au troisième tirage ».

La Mariée portait des bottes jaunes aux éditions Albin Michel – 24.90€

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Trois questions à Gaëtan Bouvier, parrain du challenge Château Gassier

Pour la 5ème fois, la finale de la compétition qui voit s’affronter de jeunes élèves en sommellerie se déroulera dans le cadre du château Gassier les 21 et 22 mai prochains. Les épreuves s’articuleront autour des rosés de Provence. Avec Gaëtan Bouvier comme parrain d’honneur. 

Il existe en France de nombreuses compétitions œnologiques qui visent à tester les compétences tant théoriques qu’en matière de dégustation des sommeliers. Depuis 2019, le château Gassier a mis en place un challenge permettant aux élèves en centres de formation avec mention complémentaire en sommellerie de pouvoir se confronter autour des rosés de Provence. Cette année, ce ne sont pas moins de 71 élèves issus de 15 écoles qui tenteront de remporter la victoire. Tous sont passés par les épreuves qualificatives préalables qui consistaient dans un premier temps à répondre à un questionnaire sur les rosés de Provence puis, ensuite, en une dégustation à l’aveugle d’un cru de Provence. Les 21 et 22 mai prochains (ouvert au public le 22), de nouvelles épreuves les attendent : dégustation, définition d’accords mets-vins. Tous leurs gestes, leur prestance seront observés par le jury, sous l’œil particulièrement attentif de Gaëtan Bouvier, parrain d’honneur du challenge pour la première fois. Jeune sommelier talentueux, Gaëtan a été élu Meilleur Sommelier de France 2016, Master of Port 2019 ainsi que Meilleur Ouvrier de France 2022. Il travaille actuellement comme chef sommelier au restaurant étoilé Saisons de l’Institut Lyfe (Paul Bocuse).

Qu’attendez-vous de ce challenge ? 
C’est un plaisir de venir rencontrer les jeunes générations qui s’engagent dans une quête d’excellence.  La Provence est une région attirante. J’attends de ce challenge que nos jeunes futurs professionnels se retrouvent et partagent une belle compétition. 

Cette compétition s’adresse à des élèves en mention complémentaire sommellerie. Quelles sont pour vous les qualités d’un bon sommelier ? 
Les compétences fondamentales de savoir- être sont l’empathie, l’humilité, la capacité d’écoute, et le dynamisme. En ce qui concerne le savoir-faire, les qualités essentielles sont la précision du geste, les connaissances et la faculté de les partager. 

Les rosés de gastronomie seront au centre de ce challenge. Comment définiriez-vous cette nouvelle tendance ?
C’est une tendance que tout bon professionnel se doit d’observer. La consommation de ce type de vin a augmenté de 20% et la France est leader sur ce marché. Plein de nouveaux accords sont en perspective. Il y a 10 ans, les clients en terrasse demandaient qu’on leur serve un verre de rosé. Aujourd’hui ils demandent « Qu’avez-vous comme rosés à la carte ? ». Personnellement, je travaille les rosés de gastronomie au quotidien, notamment dans le restaurant étoilé « Saisons » mais aussi dans notre établissement sur la place Bellecour. Là, nous proposons des rosés de gamay, de syrah et de pinot noir produits à moins de 100km de Lyon. Enfin, nous travaillons des rosés des pays méditerranéens ayant subi un vieillissement dans notre restaurant attenant à notre institut de recherche scientifique.

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La Maison Cordon rouge : à peine ouverte et déjà un succès !

Avec un taux de réservation déjà de 85 % pour les deux mois à venir, la Table des chefs de la Maison Cordon rouge ouverte au mois de Mai suscite un bel engouement. Nous sommes allés découvrir ce joli concept de « résidence de chefs » où tous les trois mois un nouveau cuisinier vient séjourner pour imaginer de nouveaux accords sur les vins de la maison. Pour cette première session, c’est Mallory Gabsi, ancien finaliste de Top chef, 26 ans à peine, qui s’est mis aux fourneaux.

Chez G.H. Mumm, on aime les projets qui ont du sens. Celui-ci n’en manque pas si on écoute François-Xavier Morizot, le vice-président du groupe Martell Mumm Perrier-Jouët. « Notre maison a été créée à Reims en 1827. La première installation était derrière la cathédrale, puis nous avons déménagé ici où il y avait des terrains libres dans les années 1850 à l’emplacement des anciens remparts. Nous occupons la même adresse depuis 1860. Les cuveries sont donc au même endroit qu’au XIXe siècle, les caves aussi. La Maison Cordon rouge où nous avons installé le restaurant a quant à elle été construite en 1899, c’était la demeure des présidents, cela a donc toujours été un lieu de réception pour les amis de la marque. En accueillant cette résidence de chefs, nous maintenons cette vocation initiale et prouvons une fois encore notre attachement à ce quartier auquel nous croyons énormément. C’est une partie de la ville en pleine renaissance depuis la restauration du Boulingrin. La situation est stratégique, puisque la gare de Reims est à trois quarts d’heure de TGV de la Gare de l’Est, vous rajoutez dix minutes de marche, cela fait une heure porte à porte ! Avec 40.000 visiteurs par an, nos caves remportent déjà un beau succès et ont été élues à plusieurs reprises meilleur circuit visite de caves de champagne. Grâce à cette nouvelle offre, nous pouvons proposer une expérience complète sur la journée. » 

Deuxième aspect, la dimension exploratoire, la table des chefs ayant pour objectif d’expérimenter toutes sortes d’accords autour des vins de la Maison. « G.H. Mumm a toujours eu le goût de l’exploration, y compris dans la gastronomie. Un certain nombre de chefs célèbres ont collaboré avec nous par le passé. Sur ces murs, vous pouvez voir des photos de Paul Bocuse dans les années 1980. Avec Alain Passard et l’aventurier et explorateur Mike Horn, nous avions réalisé un déjeuner dans le désert du Gobi. » Cette tradition unissant voyage, découverte et gastronomie remonte même encore plus loin : c’est autour de champagnes de la Maison Mumm que fut construit le menu proposé lors de l’inauguration du paquebot France en 1912 ! 

Le premier chef à inaugurer les fourneaux de la Maison, Mallory Gabsi, doit son goût pour la cuisine à sa grand-mère maternelle et à son grand-père paternel, deux inspirations totalement différentes, « celle de mon grand-père était tunisienne, très épicée, celle de ma grand-mère était belge, gourmande et familiale à partagerDès l’âge de 18 ans, j’ai commencé à travailler pour des chefs étoilés et il y a un an j’ai ouvert mon premier restaurant à Paris, gastronomique, mais pas guindé. Faire l’ouverture de ce projet représente une énorme responsabilité, je dis toujours en plaisantant, on envoie toujours en premier les petits jeunes à la guerre et après c’est la vieille garde qui prend le relais ». Un sacré défi également pour l’équipe de cuisiniers permanents de la Maison Mumm qui devront se mettre au service des chefs successifs, et s’adapter tous les trois mois à de nouvelles méthodes, mais en même temps quelle école incroyable !

Un bel exemple de plat proposé au menu ? L’anguille au vert « un plat de pauvre, très ancien, que j’ai voulu remettre au goût du jour. Dans les Flandres, les pécheurs d’anguilles lorsqu’ils revenaient chez eux cueillaient toutes les herbes qu’ils trouvaient sur leur passage. Des orties, des épinards, de l’oseille, du cerfeuil. A ces quatre herbes de base, vous pouvez ajouter toutes les herbes que vous souhaitez. Ici c’est un équilibre d’à peu près 15 herbes, à vous de les deviner ! Une fois à la maison, les pécheurs mettaient du riesling et une échalotte, on plaçait le plat au milieu de la table, cela rassemblait toutes les familles et tout le monde tapait un peu dedans. Personnellement, j’ai opté pour un laquage avec une réduction à la bière, vous avez aussi une huile d’aneth, du caviar séché râpé comme une poutargue, et du citron de caviar qui ramène du croquant et de l’acidité ». Une recette qui fait merveille avec la minéralité du blanc de noirs RSRV. Mais le clou restait le millésime 1988, sélectionné par le meilleur sommelier du monde Raimonds Tomsons, une année de lente maturation qui a de ce fait gardé beaucoup de fraîcheur et dont les notes fumées, les accents de truffe, de tabac blond, de pâte de coing et de réglisse accompagnent à merveille le pigeon préparé par Mallory. 

Trois menus (55€, 75€, 115€) https://www.mumm.com/fr-fr/reservation-la-table-des-chefs/

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Fédération des Cavistes Indépendants, soudés pour mieux avancer

Cette semaine, le vignoble d’Armagnac a accueilli à bras grands ouverts l’assemblée générale annuelle de la Fédération des Cavistes Indépendants (FCI), qui regroupe quelque 250 cavistes français. Terre de vins y était et a fait le point sur la FCI et ses projets avec son président Cyril Coniglio, caviste aux caves Rhône Magnum (26) et Meilleur caviste de France 2018.

En mai dernier, lors de l’assemblée générale à Sancerre, un nouveau bureau, dont vous avez pris la présidence, a été désigné. Quels ont été les accomplissements depuis cette transition ?
Avec un bureau quasi-intégralement renouvelé, il fallait que tout le monde prenne ses marques. Aujourd’hui, nous sommes plus que jamais soudés, le dynamisme est en route ! Parmi les projets enclenchés l’an dernier figurait la régionalisation, avec la nomination de nouveaux présidents de régions qui ont pris leur poste dès l’assemblée générale 2022. Avec cette démarche, le but est d’animer un peu plus en France, à travers des rencontres et réunions plus régulières entre cavistes locaux, pour ne pas se cantonner à une assemblée générale nationale une fois par an. Ce format permet d’échanger, d’inviter et parrainer des cavistes non-encore adhérents à la FCI, afin de leur présenter la FCI et les avantages de nous rejoindre.

Le label Maître caviste continue quant à lui son déploiement, avec 49 cavistes déjà titrés et six nouvelles nominations lors de l’AG. A l’avenir, les exigences seront plus pointues sur l’implication du caviste après avoir été nommé Maître caviste, par exemple avec une présence physique obligatoire à l’AG pour recevoir son titre. Le label sera désormais ouvert aux salariés avec une charte et une grille de notation adaptées. Nous travaillons actuellement pour en faire un titre national, avec une reconnaissance à l’échelle étatique.

Nous avons accentué cette année notre présence sur des salons, avec un stand à Wine Paris, et un partenariat pour la première année avec Millésimes Bio, lors duquel nous avons pu faire des masterclass. Ce contrat de partenariat sera reconduit l’an prochain.

En termes de communication, nous avons déjà un bel éventail d’outils, que ce soit à travers le magazine papier Saison Côté Cave, distribué trois fois par an aux clients dans les caves des membres de la FCI, ou sur la plan digital avec une newsletter et une présence sur les principaux réseaux sociaux. Nous avons aussi pour la première fois mis en place du 20 au 30 octobre 2022 l’opération « Les Dénicheurs ». Son principe : dix jours, pour mettre à l’honneur dix vins à moins de 10 €, afin de montrer à la fois l’expertise et l’accessibilité de l’offre des cavistes. Ce fut un succès, avec 102 cavistes participants et 92046 personnes touchées. Elle sera reconduite cette année à l’automne. La FCI est aussi partenaire de la Semaine Festive du 14 au 21 juin prochains, au cœur de laquelle aura lieu le 16 juin la Fête de l’Apéro, l’occasion de proposer des animations dans nos caves.

En interne, une évolution de notre centrale d’achats Vin C.I. est en cours. Nous voulons impliquer encore plus les cavistes dans la sélection, pour continuer à optimiser cet outil de sélection par des cavistes pour des cavistes. Des nouveautés vont faire leur apparition côté vins, mais aussi  spiritueux, notamment dans la gamme d’embouteillage exclusif à la FCI First Spirits.

Quels sont les chantiers actuellement en cours et ceux à venir ?
Le mouvement de régionalisation va encore s’accentuer, avec une redélimitation des territoires géographiques, et la nomination d’un nouveau responsable des présidents de régions pour chapeauter l’ensemble. 

Pour mieux cerner la conjoncture actuelle et sans cesse répondre au plus près aux besoins de ses adhérents, la FCI a donné la parole à ses cavistes dans une grande enquête réalisée par l’agence de marketing Brand Advocate, abordant des thèmes fondamentaux pour la profession. Ses résultats ont été dévoilés lors de l’AG. Une prochaine enquête sera centrée autour du business des cavistes de la FCI, pour leur permettre de se situer.

Un pôle concurrence existe déjà, mais il va être doublé d’une composante « tendances » pour nous aider à être encore mieux précurseurs de ce qui va sortir sur le marché. Grâce aux cavistes de la FCI localisés dans les grandes villes, les tendances pourront être cernées et diffusées de cette base vers les autres. Par exemple, le rayon sans alcool devra certainement être de plus en plus fourni et diversifié, allant au-delà des traditionnels jus de fruits et sodas, avec des cocktails, des spiritueux sans alcool…

Concernant les outils pratiques, le Syndicat des Cavistes Professionnels met déjà à disposition des boîtes à outils, notamment sur toute la partie législative et réglementaire, mais nous allons les  compléter pour faire le relai sur des points pratiques, des astuces.

Enfin, une cellule de formation des cavistes en vue du Concours du meilleur caviste de France est créée. Toutes les chaînes ont leur formateur, nous aussi nous aurons désormais le nôtre pour aider les candidats membres de la FCI dans cette préparation.

A titre personnel, quel a été votre ressenti sur cette première année de présidence ?
J’ai vraiment la chance d’être bien accompagné par un bureau extraordinaire, qui va être encore étoffé par de nouveaux cavistes. On regarde dans le même sens, on s’entraide et se soutient, c’est primordial pour avancer.

Si vous aviez un message à faire passer aux adhérents de la FCI et aux cavistes non-encore adhérents, ce serait…
J’invite les adhérents à continuer à parler de la FCI autour d’eux, notamment pour rappeler que même si nous sommes indépendants, nous ne sommes pas seuls pour autant. La FCI a un rôle d’autant plus précieux dans les moments de doute et de crise comme ceux que vivent actuellement les commerçants.

Pour faire venir les cavistes non-encore adhérents à la FCI, j’aimerais avant tout leur montrer que nous sommes dynamiques et que nous communiquons ensemble sur ce beau métier.

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« La vie en Rhône » : opération séduction des rosés de la Vallée du Rhône

Inter Rhône frappe fort : une journée de dégustations des rosés de la vallée du Rhône à Lyon, et des blancs à Montréal. Objectif : sortir du paradigme « vins de la vallée du Rhône = vins rouges ».

La feuille de route d’Inter Rhône s’est fixé trois objectifs prioritaires : stabiliser les volumes, développer l’export et diversifier les couleurs. Ce dernier cap résulte du changement des attentes des consommateurs, résidant notamment dans la recherche de vins moins puissants. Composée de 75% de vins rouges, sa production comporte également des vins blancs, ainsi que des vins rosés, à 14% aujourd’hui. L’objectif est clair : d’ici à 2031, Inter Rhône ambitionne de doubler sa production de rosés.

Les étapes
Inter Rhône cible d’abord les professionnels du secteur, avant de basculer à moyen terme sur le grand public.

Dix dates sont prévues en France, comprenant dégustations de cuvées appartenant à chaque famille (délicats ou généreux), et démonstration d’accords mets et vins destinés à démontrer la capacité des rosés du Rhône à jouer la carte de grands vins, ainsi que deux au Royaume-Uni.

Dans l’ombre de la Provence, grande productrice de rosés devant l’Éternel, la vallée du Rhône compte bien tirer son épingle du jeu en jouant sur sa double force : produire à la fois des rosés dans le même style que sa grande voisine, « fruités et délicats », mais également des rosés de terroir, « fruités et généreux » dans la lignée de ceux déjà connus comme les Lirac et Tavel, ayant le potentiel de rosés de gastronomie capables de tenir tête à un repas entier. Démonstration.

Accords mets et vins gastronomiques
Pour sa première démonstration, Inter Rhône a posé ses cuvées sur la table du restaurant Chez Pimousse à Lyon, deux toques Gault et Millau.

L’entrée (de chair d’araignée, socca de Nice et sorbet piquillos) est accompagnée des cuvées « Joséphine » du Château Val Joanis (AOP Luberon) et « Régulus » du domaine Clavel (AOP Côtes du Rhône). L’accord est réussi : le premier vin crée un ensemble frais dont les amers amplifient le tout, tandis que le second joue la carte de la douceur et de l’acidité, en écho à l’araignée et au sorbet piquillos.

L’agneau du plat principal, en trois façons (tartare, ribs et côte accompagnée d’une sauce à l’oseille) se marie parfaitement au domaine des Bosquets (AOP Gigondas) et au « Ciel étoilé » des Vignobles Peyron (AOP Côtes du Rhône Villages Visan) : le vin tient tête à la saveur prononcée de la viande et sublime la sauce.

Rosé et dessert forment également une heureuse paire : le flan de chèvre vanillé, petits pois, fraises voit sa sucrosité sublimée juste ce qu’il faut par la cuvée « La Rosée d’été » de Terres des Chardons (AOP Costières de Nîmes) et par le Château d’Aqueria (AOP Tavel).

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[Bouteille à moins de 10€] La Buvette de la Cave de Castelmaure

C’est quoi ?
On ne passe pas par hasard à Embres-et-Castelmaure, ce village tout au sud des Corbières. On y va et, accessoirement, on décide d’y rester tellement les paysages sont à couper le souffle. Et les vignerons de la cave coopérative produisent des vins de décision sur cette terre de schistes défiant les Pyrénées. Le mode opératoire se fait surtout avec des grenaches, du carignan et de la syrah pour des petits rendements par le volume et grande est la qualité des vins. Cette cave ou « cette réserve d’Indiens » peut se targuer de délivrer des rapports qualité-prix exceptionnels. 

Pourquoi ?
Pour se persuader de cet éloge, on peut citer les cinq ou six cuvées en dessous de 10 euros, à commencer par l’entrée de gamme bien-nommée La Buvette. C’est notre coup de cœur ! Tout est d’abord vendangé à la main. C’est un vin nouveau qui flirte avec un rosé très foncé, un vin de soif dans toute sa splendeur, du fruit et rien d’autre. C’est une formidable alternative au rosé. La Buvette est un assemblage de carignan et de grenache, en somme un jus de raisin fermenté, la définition la plus simple du vin…

Avec quoi ?
Digeste et soyeux, ce vin nous emmène sur des notes de mûres, de cerises fraîches et de fraises écrasées. Il faut le trinquer à la température du réfrigérateur et le servir sur des tapas par exemple. Pour se procurer ce vin et découvrir le reste de la gamme, l’idéal est encore de s’y rendre pour prendre la mesure des paysages. En période estivale et avec un peu de chance, un food truck peut être garé devant le comptoir de la cave. Et là…

SCV Castelmaure (11)La BuvetteAOC Vin de France (4,90€)

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La Cité des Climats de Bourgogne ouvre à Chablis

Ce site oenotouristique porté par l’interprofession ouvre au public ce mercredi 17 mai. Premier aperçu des lieux en images.

Enfin l’ouverture pour la Cité des Climats et vins de Bourgogne ! Après le site de Mâcon le 3 mai, le site de Chablis ouvre au public ce mercredi 17 mai. « Le résultat de 5 ans de travail », s’est félicité Benoît de Charette, président de la Cité.

Découvrez les premières images de ce lieux tourné vers les vins de Bourgogne en général, et ceux du nord de la Bourgogne en particulier, à travers un parcours pédagogique et plusieurs lieux de vie.

Photo 1 – Le Petit Pontigny, monument historique, ainsi qu’une extension moderne forment ce site de la Cité des Climats. Au centre, un jardin accessible au public.
Photo 2 – Benoît de Charette (président de la Cité) et Adeline Rispal (scénographe) lors de l’inauguration à destination des professionnels du vin.
Photo 3 – Un système de bracelet connecté vous permettra de participer en répondant à questions au fur et à mesure de la scénographie.
Photo 5 – Impressionnante entrée en matière de la scénographie avec cet écran divisé en strates, qui s’inspire des terroirs bourguignons.
Photo 6 – La partie la plus fascinante du parcours pédagogique est probablement cette carte 3D des terroirs du nord bourguignon, réalisée en partenariat avec l’université de Dijon.
Photo 8 – Au sein du parcours se trouvent des « cachettes » pédagogiques à destination des enfants.
Photo 9 – Une « cave aux arômes » pour commencer à mettre vos connaissances en pratique
Photo 10 – Ici se dégustent les vins compris avec le ticket d’entrée. Non loin se trouve le « Ponti’bar », lieu de consommation quant à lui accessible à tous.
Photo 11 – La boutique de la Cité et ses produits locaux permet de prolonger l’expérience à la maison.


Prochaine étape : l’ouverture du site principal, à Beaune. Rendez-vous le 17 juin 2023.
Photos ©C. L’hôte

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