1741 : le retour vers le futur du château Carbonnieux

Connu et reconnu pour son expertise sur les vins blancs, le cru classé de Graves de la famille Perrin dévoile une nouvelle cuvée en édition limitée : un 100% sémillon qui a vocation à s’inviter parmi les blancs emblématiques de Bordeaux.

Peu de domaines peuvent se vanter d’être des marques à part entière, dans l’acception la plus positive du terme : à savoir des repères et des valeurs refuges pour le consommateur. C’est le cas de Château Carbonnieux. Ce Cru Classé de Graves, dont l’histoire remonte à plus de 700 ans, est la plus vaste propriété de l’appellation Pessac-Léognan*, s’étendant sur 200 hectares dont la moitié à potentiel viticole. 90 sont en production actuellement, dont près de la moitié est dédiée à la production de vin blanc. Le blanc de Carbonnieux, c’est un « style » à part entière, et une « marque » très puissante.

Renouer avec la grandeur du sémillon
Ce style s’est d’autant plus affirmé depuis 1956 et le rachat de la famille propriété par la famille Perrin, qui en quatre générations a su faire de Château Carbonnieux un modèle de succès, notamment en veillant à garder à leurs vins un caractère distributif – et non, ceci n’est pas du tout péjoratif, n’oublions pas que le vin est d’abord fait pour être distribué, acheté et consommé. Eric, Christine et Philibert Perrin, qui ont pris la suite de leur père au carrefour des années 1990, ont parachevé un long travail de restructuration du vignoble dont la nouvelle génération, déjà incarnée par Andréa (à la technique) et Marc (au commercial), les fils aînés d’Eric Perrin, est déjà prête à écrire le prochain chapitre.

Et ce prochain chapitre pourrait bien commencer… par un retour vers le passé. Ou un retour vers le futur, si l’on considère que l’avenir de Bordeaux passe par la redécouverte de ses cépages qui sont constitutifs de son identité et ont parfois été négligés. C’est le cas du sémillon, cépage blanc certes valorisé dans le Sauternais mais souvent éclipsé par le sauvignon, depuis plusieurs décennies, dans l’assemblage des blancs secs. Conquis par les résultats donnés depuis plusieurs millésimes par quelques parcelles de vieux sémillons (nous parlons de vignes âgées d’au moins 70 à 80 ans) recouvrant une surface totale d’une dizaine d’hectares, les Perrin ont eu l’idée d’en exprimer la « substantifique moelle » en signant un blanc monocépage bénéficiant de toutes les attentions : « l’idée était de donner naissance à un grand blanc de gastronomie qui soit la définition même de l’identité du sémillon », expliquent de concert Philibert, Eric et Andréa Perrin. « Nous voulions retrouver le gras, la richesse, le profil flatteur et délicat de ce cépage qui a la capacité de rivaliser avec les grands chardonnays, tout en conservant l’ADN de Carbonnieux, l’élégance, la fraîcheur, le caractère tendu et digeste ».

Un hommage aux moines du XVIIIème siècle
Ce 100% sémillon issu de sols argilo-calcaires (en particulier une veine calcaire très spécifique de l’appellation) cultivé à une densité de 7200 pieds/hectare et vendangé à des rendements maîtrisés (32 hl/ha), est vinifié sous bois puis élevé pendant 10 mois en barriques de 225 et 400 litres, dont la moitié de fûts neufs, avec bâtonnage. C’est le millésime 2020, le premier de cette nouvelle cuvée, qui est aujourd’hui mis en marché à hauteur de 1500 bouteilles seulement, au prix de 145 € TTC : on se positionne donc sur le haut de gamme des blancs bordelais, en jouant aussi sur la rareté – il ne sera produit que sur les millésimes exceptionnels. Dans le verre, que trouve-t-on ? Laissons-lui d’abord un peu de temps pour se déployer. Son aromatique se dévoile pas à pas, ou plutôt par cercles concentriques, annonçant d’abord de légères notes pétrolées malgré sa jeunesse, pierre à fusil, un boisé encore présent mais intégré, puis des déclinaisons florales (jasmin) et iodées, de l’abricot sec, de la peau d’orange, de la bergamote, de la feuille de thé. En bouche, une texture très soignée, c’est un blanc tactile, souple, au milieu de bouche ample sans être envahissant, au fruit mûr et charnu mais toujours soutenu par une fraîcheur bienvenue. De fins arômes briochés s’invitent sur la persistance, avant de céder la place à de légers amers nobles en finale. C’est indubitablement un blanc de garde.

Son nom ? « 1741 », en référence aux moines bénédictins de l’abbaye de Sainte-Croix à Bordeaux qui habitèrent à Carbonnieux de 1740 jusqu’à la Révolution Française, et dont la petite chapelle sise sur la propriété est un des vestiges du passage. 1741 est l’année de leur première vendange, sous la supervision du moine cellérier du domaine, Dom Galéas, auquel cette cuvée rend hommage. Elle est donc, tout à la fois, une mise en perspective salutaire pour une propriété à l’histoire plusieurs fois centenaire, et une promesse d’avenir, pour Carbonnieux mais aussi pour tout Bordeaux : on n’a jamais fini de redécouvrir le potentiel d’un puissant patrimoine viticole.

carbonnieux.com

*Une « jeune » appellation puisqu’elle a vu le jour en 1987.

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Château Guiraud sort ses ailes

Il était dit qu’après l’entrée au capital de la financière château Guiraud de Matthieu Gufflet comme actionnaire majoritaire, ça bougerait…. Nous y sommes.

Les deux objectifs annoncés de Matthieu Gufflet étaient le maintien d’une viticulture bio et l’œnotourisme. C’est sur ce dernier volet que l’homme d’affaires pouvait impulser des nouveautés, fort de sa compétence acquise grâce à une chaîne d’hôtels et de restaurants haut de gamme, estampillée d’un label maison Terres de Natures formalisé en 2022 et dont le credo est : l’art-de-vivre vertueux. On n’oubliera pas aussi que Matthieu Gufflet possède 4 propriétés viticoles en France.

Trois projets initiés par le château Guiraud 1 er grand cru classé en 1855 en Sauternes, concernent le château lui-même et deux restaurants situés dans le village emblématique de Sauternes tout proche.

Le cercle Guiraud
Tout bordelais ou visiteur à Sauternes ne pouvait ignorer le réputé restaurant le Saprien à Sauternes. Matthieu Gufflet l’a donc repris pour repenser la décoration de la salle, refaire la terrasse (avec vue sur les vignes et le château Guiraud sur sa butte) mais aussi construire une nouvelle carte et faire de ce lieu un des incontournables du cru. Il fallait aussi un cuisinier de renom : Yoann Amado qui arrive de la Maison Claude Darroze (1 étoile Michelin) à Langon (à quelques kilomètres seulement) propose une carte resserrée qui fait la part belle aux produits locaux et de saison. Yoan Amado sera accompagné pour les desserts de la cheffe pâtissière Juliette Bonnard qui vient du même restaurant. La cave offre une sélection de vins établie par Denis Verneau, Meilleur Ouvrier de France Sommelier en 2015 et sommelier de la Mère Brazier à Lyon.

Restructuration du bar-chambres d’hôtes « les ormeaux »
Ce bar est sur la place centrale de Sauternes, à quelques mètres seulement de la maison du Sauternes et de l’ODG. Un lieu idéal pour faire une restauration rapide qui n’existait pas ici et estampillé de « l’épicerie-comptoir Mère Brazier » inspiré du restaurant mythique à Lyon (1 étoile Michelin) avec Mathieu Vianay, MOF 2004, aux fourneaux. Le projet reprendra également les 5 chambres d’hôtes existantes, qui seront totalement relookées. Un nouveau souffle qui animera le centre du village : c’est ce qui manquait justement. 

Un hôtel 26 chambres 4*au château Guiraud
Ce programme, de grande ampleur, verra le château XIXe et l’ancien chai attenant restructurés. Les suites seront dans le bâtiment alors que l’ancien chai abritera de nouvelles chambres distribuées par un couloir dont le sol en verre transparent permettra de voir les barriques en dessous.   

Derrière le château, et de l’autre coté du parc qui sera revu, un nouveau bâtiment « pôle bien-être » sera construit dans le style d’une orangerie ou inspiré de l’architecture thermale de la fin du 19ème. Il abritera une piscine traversante intérieur/extérieur, un salon de massage et divers équipements liés aux soins. 

A noter que les chambres obéiront au cahier des charges du label Terres de Natures  (pas de climatisation, ni de télévision par exemple). Un label qui « se prépare à voir le jour » comme l’indique le site internet.

Le projet porté par Matthieu Gufflet et suivi par Robert Peugeot (un des 4 actionnaires), est d’envergure. Guiraud participe à un œnotourisme qui a toute sa place dans ce terroir chargé d’histoire, riche d’un patrimoine culturel, et qui offrent des vins magnifiques. 

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Champagne Colin – La Croix Saint-Ladre 2017

Voici un domaine familial discret qui délivre année après année des cuvées identitaires, bien en phase avec leur terroir crayeux de la Côte des Blancs. Une gamme mise en musique par Romain et son frère Richard qui incarnent la 7ème génération aux commandes.

L’histoire de la famille Colin dans la Côte des Blancs remonte à près de 2 siècles, plus précisément en 1829. Une année qui aura aussi été marquée par la fondation de la Maison Bollinger. Mais contrairement à elle, c’est ici le chardonnay qui est le roi. On le cultive notamment sur Vertus, très beau village premier cru ainsi que sur Bergères-les-Vertus, Cuis et, côté grands crus, à Cramant et Oiry. Jusqu’en 1997, les raisins étaient apportés à la coopérative locale. Mais les 2 frères vont alors faire évoluer le modèle pour livrer eux-mêmes leur vision de ces terroirs splendides.

Ce Croix Saint-Ladre est une cuvée qui porte le nom d’une parcelle de Vertus, dans la partie sud du cru, là où l’on retrouve des veines de craies magnifiques. Les vignes de chardonnay de plus de 40 ans poussent sur un sol limono-crayeux et argileux sur craie blanche. Vinifié en cuve inox, le vin a subi sa fermentation malolactique avant de vieillir 4 ans sur lies. Ce 2017 est le second opus produit.

Au nez, ce champagne présente des notes très fraîches, profondes. C’est élégant. Droit, le vin s’articule autour d’une acidité sapide et laisse entrevoir presque une légère salinité. On est séduit par l’harmonie générale de l’ensemble qui évoque quelques notes d’agrumes et une pointe florale. La mâche, énergique, s’associe in fine à des amers délicatement présents. Le tout offre une belle personnalité et s’accorde parfaitement bien avec un tartare de bar aux herbes. 

Prix : 59,50€

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[Nouveau numéro] Terre de vins : Plaisirs d’hiver !

Le numéro 90 de « Terre de vins » débarque dans les kiosques avec, à l’approche des fêtes de fin d’année, une large sélection de flacons à (vous) offrir pour passer de bons moments entre amis ou en famille. Ce magazine « festif » vous emmène également à Saint-Émilion, mais aussi en Champagne, en Bourgogne et à Gigondas. 

Les fêtes de fin d’année sont généralement le théâtre de retrouvailles familiales ou amicales débouchant sur de grands repas, mais également l’occasion de déboucher de beaux flacons. Pour vous guider dans le choix toujours périlleux de la bouteille, notre équipe de dégustateurs a établi une sélection de vins, issus de tous les vignobles et à tous les prix, à travers un dossier spécial qui vous permettra de trouver la perle rare. 

Saint-Émilion fait coup double
La cité médiévale girondine est à l’honneur de ce numéro de fin d’année avec tout d’abord, un sujet cuisine à L’Huitrier Pie, lauréat du Tour des Cartes 2023 dans la catégorie « Restaurant Gastronomique », établissement tenu par Camille Brouillard et Soufiane Assarrar, couple de jeunes trentenaires à la cuisine aussi créative que généreuse, à l’image de l’équipe qui les entoure. Trois recettes vous sont proposées dans nos pages avec à chaque fois, deux suggestions d’accords mets-vins délivrées par les deux jeunes sommeliers du restaurant, Tifany Miot et Hugo Boyer. De Saint-Émilion, il est également question « Sur le divin », avec Stéphanie de Boüard-Rivoal. À la direction du château Angélus depuis 2012, elle incarne la huitième génération familiale aux commandes de la mythique propriété bordelaise. De nature discrète, Stéphanie de Boüard-Rivoal s’est confiée à notre grand reporter Mathieu Doumenge sur bien des sujets qui permettent d’en savoir un peu plus sur cette figure majeure de la filière viticole.

De la Bourgogne à la Champagne en passant par Gigondas
Après une virée saint-émilionnaise, direction l’Est et la Bourgogne avec une « Escapade » en Hautes Côtes, dans le département de la Côte-d’Or. À seulement quelques kilomètres de la route de grands crus, le vignoble des Hautes Côtes offre de superbes paysages couplés de vins remarquables à des prix très amicaux.
Qui dit fin fêtes de fin d’année dit forcément champagne ! La « Saga » est dédiée à la famille Fourmon, à la tête de la maison Joseph Perrier depuis près de deux cents ans. De quoi mieux connaître la riche histoire de cette grande maison champenoise fondée en 1825. La maison Drappier est également à retrouver dans nos colonnes avec un focus sur la cuisine de conservation, omniprésente à la table de famille qui accueille certains clients privilégiés. Enfin, direction la vallée du Rhône méridionale et Gigondas où depuis 1874, la famille Gras produit des vins encore trop méconnus en France. Benjamin Gras, représentant la sixième génération aux manettes du vignoble, raconte son parcours mais également l’histoire de cette propriété pas comme les autres qui regarde aussi vers l’avenir puisque l’AOC Gigondas se revendique désormais aussi en blanc. 

Terre de vins numéro 90, 146 p., 6.90 €, à retrouver dès aujourd’hui dans les kiosques ou en cliquant ici

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Quand Limoux s’invite à Montpellier

Lundi 6 novembre dernier, le temps d’une journée, Limoux et une poignée de domaines étaient présents sur les terres montpelliéraines. Objectif, faire connaître aux cavistes et restaurateurs de l’est Languedoc toute la richesse de son appellation.

Vignoble le plus occidentale du Languedoc, Limoux est longtemps resté dans l’ombre des grands terroirs voisins. Auparavant cantonnée aux bulles de sa légendaire Blanquette, l’appellation revendique aujourd’hui haut et fort ses atouts, qui ne manquent pas…

Une diversité unique
Situé au carrefour d’influences diverses, Limoux bénéficie d’un climat unique, méditerranéen certes mais largement tempéré par les effets atlantiques venant de l’ouest. Adossé aux premiers contreforts des Pyrénées, l’altitude de son vignoble est également l’un de ses marqueurs, certains coteaux dépassant largement les 400 mètres. Ses paysages plus verdoyants que dans le reste de la région le prouvent, ses terroirs également.

A peine 2000 hectares (en AOC, chiffres 2022) nichés sur 4 grands terroirs, distingués par des études climatiques à la fin des années 80. “Les experts avaient alors observé des différences notoires aux quatre coins du bassin limouxin” a confié Georges Gracia lors de la masterclass sur les vins de Limoux. Le terroir méditérranéen au nord-est, Autan autour de Limoux, Océanique à l’ouest et de la Haute-Vallée au sud abritent une soixantaine de producteurs, la plupart étant des vignerons indépendants.

Où que l’on soit dans l’appellation, coopératives, vigneronnes et vignerons ont la possibilité d’élaborer une large palette de vins. De la bulle légère et sucrée avec la Méthode Ancestrale, de la méthode traditionnelle avec le Crémant et la Blanquette de Limoux mais également des rouges et blancs tranquilles, digestes et raffinés.

Berceau de l’effervescence et du cépage mauzac, l’AOC devenue AOP, a autorisé à la fin des années 80, la plantation de cépages septentrionaux et bordelais avec le chardonnay et le chenin pour les vins blancs et le merlot, cabernet-sauvignon et malbec pour les vins rouges, en plus du grenache et de la syrah. A noter la présence du pinot noir pour l’élaboration de Crémant rosé. Une diversité unique dans le Languedoc.

Terre de Vins a aimé
Domaine du Grès Vaillant – Mauzac brut Nature AOC Blanquette de Limoux 2020 (15.90€)
En bio, le domaine élabore ici une bulle fraîche et punchy. Le mauzac y est bien représenté. Un vin effervescent taillé pour l’ouverture des papilles, apéro oblige !

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Le Domaine des Alpilles sur les rails

Un nouveau domaine viticole est né dans les Alpilles dont il a choisi de porter le nom. La jeune vigneronne Justine Duble et ses cinq partenaires viennent d’inaugurer leur cave à Aureille près de Saint-Rémy-de-Provence.

C’est une histoire de rencontre et d’amitiés, celle d’une jeune femme passionnée qui veut avant tout être vigneronne, et de cinq amis d’enfance qui aimeraient investir dans la vigne. Après des études au lycée viti-oeno d’Orange et à l’Institut du Vin de Marseille, quelques stages en alternance dans sa Provence natale, notamment au Vallon des Glauges, Justin Duble débarque au domaine de Trévallon où elle va rester quatre ans aux cotés d’Eloi Dürrbach et de sa fille Ostiane qui ne sont pas avares de conseils et d’encouragements. « Justine a toujours su ce qu’elle voulait, sans avoir peur, avec la passion de la terre où elle a grandi, se souvient Ostiane Dürrbach. Elle a aussi toujours su qu’elle voulait créer un domaine, l’aventure d’une vie, sur ses terres familiales près de Saint-Rémy de Provence ». Elle rencontre au détour d’une conversation et de quelques bons verres cinq compères, amis d’enfance, Franck, Philippe, Bruno, Pierre-Jérôme et Bertrand, amateurs de vin et par les facéties de la vie, tous experts comptables dans l’agglomération lyonnaise. « J’avais envie depuis longtemps d’acheter un domaine, mais il ne s’agissait pas juste de faire un chèque, raconte Franck Colin. Avec mes amis, nous voulions construire un projet et une œuvre commune avec Justine ». Elle sera basée à Aureille, sur les terres d’argilocalcaires et de galets roulés de l’ancien lit de la Durance, entre le canal de Carponne et celui de la vallée des Baux. 

Sur les terres familiales
La jeune vigneronne y plante carignan, mourvèdre, cinsault, syrah, cabernet-sauvignon pour le rouge, cinsault, chenin et clairette, un choix pour le moins original pour le rosé, et en blancs, marsanne, roussanne, clairette et carignan blanc qui complètent le chenin. Les plants sont issus de la pépinière de Lilian Bérillon, et privilège rare, Justine a même pu choisir ses sélections massales de syrah avant greffage directement dans les parcelles de Trévallon. « Je suis surtout fière d’avoir pu reprendre les terres de mes parents qui n’avaient jusqu’ici connu que du maraîchage », avoue Justine.  Les vignes plantées à partir de 2018 sur ce versant sud des Alpilles sont enherbées, en palissage haut pour protéger les raisins du fort ensoleillement de la région, « et tout le monde était d’accord pour passer d’emblée en bio – une évidence quand on a la chance d’avoir du soleil et 300 jours de vent par an », souligne Franck. Les vendanges se font à la main en caisses de 15 kg, les raisins éraflés arrivent en wagonnets à la cave pour tomber par gravité dans le pressoir. 

Le domaine à parts égales entre Justine et ses cinq partenaires, « pour décider ensemble » a été baptisé presque naturellement Domaine des Alpilles avec comme logo le plan des parcelles. Comme il s’agit d’un nom géographique déjà associé à une IGP, la petite troupe n’a eu l’accord de l’Inpi et de l’Inao qu’en s’engageant à produire uniquement du vin dans cette appellation. « Et ça n’était pas un problème puisqu’on ne compte faire qu’une cuvée dans les trois couleurs, peut-être un jour un parcellaire » précise Franck.

©F. Hermine

La propriété de 18 hectares au total (12 hectares de vignes dont 10,5 en production, 300 oliviers et 600 chênes truffiers) s’est donc dotée d’une cave digne de ce nom fondue dans le paysage. Justine travaille en collaboration avec l’œnologue conseil languedocien Marc Esclarmonde qui travaille également avec Trévallon et La Grange des Pères située à Aniane dans le Languedoc. Les premiers rosés, pas plus de la moitié de la production du domaine, sont sortis dans le millésime 2022, blancs et rouges sont encore en élevage en barriques et seront commercialisés au début de l’année prochaine.  

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L’Oenotour de l’Hérault , c’est l’émotion

Bonjour, vous connaissez l’Oenotour de l’Hérault ? C’est de l’œnotourisme en grand format ! des caveaux étapes,  des rencontres gourmandes, des artisans vignerons, des activités de loisir, une culture vivante, un patrimoine séculaire.  Et des aventures à la journée : à pied se sont les oenorandos, à vélo, les oenovélos…

Plutôt alléchant non ?

Côté décor, l’Hérault compte 7 destinations Vignoble & Découvertes …une assurance de qualité et d’accueil chaleureux sur tout le département !

Bienvenu dans ces podcasts où, nous allons à la rencontre de ceux qui en parlent le mieux

Minervois, Saint-Chinian, Faugères et Haut Languedoc : terroir aux mille facettes 

Des Grands espaces et le Parc Naturel régional du Haut Languedoc ; ici des vallées escarpées où serpentent ruisseaux et rivières, plus loin, des collines ponctuées de murets, des balcons de roches où l’on voit au loin la mer. Pays de roches et de pierres, dans les vignes et les villages, mais aussi pays d’eau, de bois et de forêts.

Côté vins, les rouges, souvent exubérants et puissants, mais toujours d’une grande fraîcheur et élégance. Les vins blancs secs offrent une sublime minéralité et les vins blancs doux sont de véritables nectars des dieux

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La Nauve, une cave 

Le nouvel hôtel-restaurant de la Place de Cognac, La Nauve, entend charmer par sa géographie, sa cuisine mais aussi par sa cave tenue de main d’un jeune maître sommelier. Quelques propos sur le bonheur au pays de l’eau-de-vie… 

L’établissement n’a que quelques mois et vient compléter l’offre du pays cognaçais. Relais & Châteaux, cette adresse lovée dans un parc de 4,5 hectares entend mettre la barre très haut. Elle s’inscrit parmi les autres propriétés de la collection Almae, à savoir Armancette au pied du mont Blanc et le Palazzo Garzoni à Venise. Du côté de Cognac, la Brasserie des Flâneurs et la table gastronomique sont tenus par des pointures au premier desquelles le jardinier-cuisinier Anthony Carballo – débarqué du Four Seasons de Megève -, du chef pâtissier Simon Souchaud et le sommelier Florentin Clément. Ce dernier, âgé de 23 ans, originaire de la Creuse, arrive de l’établissement de Lausanne d’Anne-Sophie Pic (Beau Rivage Palace). A la Nauve, Florentin dispose d’un terrain de jeu comptant 850 références pour la carte des vins et autour de 200 pour la carte des spiritueux. « Les cartes se sont construites sur les produits que j’aime, c’est simple et sur les vignerons qui travaillent bien, que ce soit en biodynamie ou pas, ce sont souvent des gens que j’ai rencontrés, enfin j’ai deux catégories de vins, ceux destinés à la brasserie, les vins de canaille, et ceux destinés au gastro, les références », souligne le sommelier.

Ainsi, du côté de la Brasserie des Flâneurs, on peut retrouver Arcane de Romain Claveille en Monbazillac, à la Tour des gendres, au Chablis de chez Moreau-Naudet ou encore Copain Comme Cochon sur Maury…  Pour la table gastronomique, les vins sont davantage attachés à la cuisine du chef avec par exemple les jurançons secs de La Virada Camin Larredya, le vin de Savoie Argile du Domaine des Ardoisières et bien sûr les grandes étiquettes comme des vieux Dagueneau, Lafite-Rothschild 1979 ou Château Margaux 2005. « On a la plupart des grands crus de Bordeaux avec trois millésimes différents », précise le sommelier. La Bourgogne n’est pas en reste avec les Louis Jadot ou les pépites du Domaine Prunier Bonheur. Parmi les spiritueux, quelque 90 références de cognac avec au menu les sœurs Guillon-Painturaud, la maison Pasquet et ses cognacs bio ou encore la maison Delamain. Avec le chef Anthony Carballo, le sommelier suggère quelques accords mets et vins qui ont déjà été proposés à la Nauve, et c’est du lourd, ou la classe : 

Foie gras/Verjus/Cerise : Fat wash de réduction de jus de cerise, graisse de canard et vermouth Charentais, dans le style d’un Banyuls

Langoustine/Cerfeuil/Condiment tomate Kramat : Bergerac sec Château Haut Bernasse 2021 Arcanes Blanc et infusion de thé sencha et citron lactofermenté

Maigre/Moule/Safran : Mâcon-Fuissé « les Tâches » domaine Robert Denogent 2013

Bœuf Maturé d’Aubrac/Pomme de terre/Jus Barrique : IGP Pays d’hérault les Creisses 2020

Tomme de safran/Coing : Clarification (petit lait) infusé aux différentes épices

Dessert des vendanges/Raisin/ Baba cognac/Glace Pineau : Pineau Bourgoin

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Lafaurie-Peyraguey : Lalique Group devient actionnaire majoritaire du domaine viticole.

Lalique Group, va acquérir 75 % du prestigieux domaine viticole Château Lafaurie-Peyraguey, 1er grand cru classé en 1855 de l’appellation Sauternes. 

« Le prix d’achat de 18,0 millions d’euros sera financé par une augmentation de capital dans la tranche de capital existante, par laquelle toutes les nouvelles actions seront émises à Silvio Denz en tant que vendeur. Le Groupe Lalique possède déjà l’hôtel et le restaurant cinq étoiles Château Lafaurie-Peyraguey » apprend-on dans un communiqué de presse publié ce jeudi. Vincent Cruège, le directeur d’exploitation des vignobles Silvio Denz, décrypte pour nous : « la part d’actions de la SARL Lafaurie Peyraguey qui appartenait à Silvio Denz est cédée à Lalique Group dont il est l’actionnaire majoritaire ». Pourquoi alors cette transaction ? Lalique appartient depuis 2008 à l’homme d’affaires Silvio Denz et Lalique Group est spécialisé dans la création, le développement, la commercialisation et la distribution mondiale de produits de luxe, allant des parfums et cosmétiques aux cristaux, bijoux, meubles haut de gamme et accessoires de style de vie. Le Groupe est également actif dans les domaines du whisky single malt, de l’art, ainsi que dans les domaines de la gastronomie et de l’hôtellerie. Des relais puissants pour Lafaurie-Peyraguey.

L’intégration à Lalique Group offre une structure porteuse 
Silvio Denz aura indiscutablement vu en Lafaurie Peyraguey un formidable potentiel. Il l’acquiert en 2014 (pas Lalique Group) et inaugure, en 2018, un hôtel-restaurant Lalique, membre de Relais & Châteaux et hôtel cinq étoiles. Le restaurant gagne, en 2022, grâce à son chef Jérôme Schilling, sa 2ème étoile Michelin. En 2022 toujours, Château Lafaurie-Peyraguey a réalisé un chiffre d’affaires de 1,4 million d’euros grâce à la vente de vin et a enregistré un résultat opérationnel proche du seuil de rentabilité. Le Groupe Lalique est déjà propriétaire de l’hôtel-restaurant cinq étoiles Château Lafaurie-Peyraguey. Un hôtel-restaurant qui est en fait dans les murs détenus par Silvio Denz. Cette acquisition par Lalique Group permettra d’envisager des liens plus étroits entre le domaine viticole et l’univers très porteur de Lalique. 

Silvio Denz : un amateur de vins expérimenté
Vieux de 400 ans, le château a gardé sa magnifique patine de style néo médiévale et est entouré d’un vignoble de 37 ha dont les vins liquoreux et secs ont une réputation planétaire. Silvio Denz n’a pas été insensible à la magie de ce château mais aussi de ses vins. L’homme d’affaires est un grand amateur de vins, possédant une des plus prestigieuses caves au monde. Mais il a complété depuis une vingtaines d’années son statut d’amateur de vins éclairé par celui de propriétaire avisé. Il a acquis notamment en 2005 les châteaux Faugères et Péby Faugères, deux crus classés de Saint-Émilion. En acquérant 75 % de Lafaurie Peyraguey en 2014, l’homme avait donc apporté une solide expérience acquise dans le domaine viticole. Les vignobles Silvio Denz possèdent actuellement pas moins de 5 crus prestigieux.

Le montage de l’acquisition
L’entrepreneur suisse Michael Pieper, qui a acquis une participation de 25% dans Château Lafaurie-Peyraguey de Silvio Denz en 2016, conservera sa participation après l’acquisition de la participation majoritaire par Lalique Group. Lalique Group procédera à « une (…) augmentation de capital, la participation de Silvio Denz dans le groupe Lalique devrait passer de 50,10% à 53,03%. La transaction devrait être conclue au plus tard à la mi-décembre 2023 » dit le communiqué de presse. Lafaurie Peyraguey appartient maintenant à Lalique Group. Il y sera mieux intégré et bénéficiera de synergies. Vincent Cruège parle « d’une alliance de marque ». Déjà un élan est donné puisqu’une nouvelle offre oenotouristique va naître entre le château Faugères, Lafaurie-Peyraguey et la boutique Lalique située à Bordeaux. Le projet général est en fait d’augmenter les ventes de vin grâce au réseau commercial de Lalique et le secteur de l’hôtellerie. 

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Plongée dans le secret des « bruts réserve » de Charles Heidsieck

La maison dévoile un coffret inédit de 18 bruts réserve, mis en cave depuis 1986 et jusqu’à 2018. Charles Heidsieck offre une expérience d’immersion dans le temps à travers les années de tirage et l’évolution de la proportion de vins de réserve. 

Voilà un voyage dans le temps exceptionnel que propose le champagne Charles Heidsieck. À travers un coffret de 18 flacons, édités à seulement 48 exemplaires, la maison fondée à Reims en 1851 présente une expérience inédite à des amateurs avisés : une dégustation comparative de 18 années de tirage de brut réserve de 1986 à 2018. La malle « collector » repose sur un concept inventé par Daniel Thibault, « grand chef de caves » de la maison disparu prématurément en 2002 : la mention de « mis en cave ». Le maître des vins est à l’époque « le premier à faire inscrire sur l’étiquette l’année de tirage », revendique Stephen Leroux, directeur général de Charles Heidsieck, de façon à mettre en avant « la capacité d’évolution aromatique du brut réserve multi-millésimé » (lire par ailleurs). Car chez Charles, « cette cuvée peut être composée de 150 vins différents », poursuit le dirigeant. « Nous utilisons jusqu’à 50% de vins de réserve. » Le coffret démontre en effet que cette proportion importante évolue dans le temps, de 23% à la mise en cave en 1986 à 51% à la mise en cave en 2018. « Daniel Thibault a fait monter les vins de réserve progressivement dans les années 1970, 1980. » Les chefs de caves successifs, Thierry Roset et Cyril Brun, ont suivi la tendance, passant à 30%, puis 40% et « jusqu’à 50% depuis 5, 6 ans ». « On oscillera entre 45 et 55% avec Elise Losfelt », cheffe de caves nommée en mars dernier

©Emmanuel Goulet

 « Les entrailles de la maison »
« L’idée était géniale, sourit Stephen Leroux, incollable sur l’histoire de la maison. Daniel Thibault avait ouvert là un monde de dégustations comparatives. » En 1994 et 1995, par exemple, la maison commercialise les « mis en cave » en 1991, 1990 et 1989, sur des bases de vendange 1990, 1989 et 1988. « Le caviste pouvait donc vendre des non vintages de différentes bases de vendange et des temps de vieillissements différents. » Car, c’est bien là l’intérêt : percevoir l’impact du temps. 

À la dégustation, le mis en cave en 1990 (23% de vins de réserve) semble « plus jeune » que le mis en cave en 1995 (27% de vins de réserve). Le mis en cave en 1990, encore très frais, profite d’une année 1989 ensoleillée, « très gastronomique », relève Stephen Leroux. Le nez présente des notes de truffe, de fruits confits, de mandarine. En bouche surgissent les arômes de moka, de cacao. La truffe persiste. Tandis que le mise en cave en 1995, sur la base de la vendange 1994, année difficile, stimulante, apporte plus de notes gourmandes autour de la pâte de coing, de la figue séchée et du tabac. « Avec ce coffret, nous vendons les entrailles de la maison, livre Stephen Leroux. Avec une seule de ces bouteilles, les amateurs peuvent accéder à presque 30 ans d’histoire. » Afin de sublimer l’expérience de dégustation, la malle « collector » s’accompagne d’un dîner au Royal, restaurant gastronomique auréolé d’une étoile au guide Michelin de l’hôtel et spa de Champillon. Un séjour de deux nuits, l’accès au spa ainsi que d’un ensemble dégustation, déjeuner et visite des crayères au domaine Charles Heidsieck complète cette offre limitée et exclusive. 

Malle « collector » et expérience : 15 000 euros. Le coffret sera exposé au Royal Champagne jusqu’au 18 décembre. 48 exemplaires.

« Mis en cave » un concept (trop) visionnaire ?
Sur chacune des bouteilles est apposé, au-dessus de l’étiquette, un médaillon coloré correspondant à une année de « mis en cave ». L’expression est d’ailleurs parfaitement visible afin de ne pas confondre avec une revendication en millésime. Car il s’agit bien de l’année de tirage et pas de l’année de vendange. C’est là toute la subtilité du concept inventé par le chef de caves Daniel Thibault. Seulement, dans les années 1990, ce principe de « mis en cave » est un peu complexe, admet Stephen Leroux. Les consommateurs ne sont peut-être pas encore assez fins connaisseurs. « Le Comité interprofessionnel des vins de Champagne nous a épinglés, en disant que nous vendions du millésime déguisé ». Bien entendu, les cuvées n’étaient pas revendiquées en millésimes, mais bien en bruts sans année. Démarrée au début des années 1990, l’aventure s’arrête dans les années 2000. Trop visionnaire, sûrement. Appréciée de consommateurs plus aiguisés, de « fines gueules », assure le directeur général, la maison Charles Heidsieck commercialisera finalement de nouveau quelques coffrets en éditions très limitées en 2019, 2020, puis cette année, la malle « Ultimate collection ».

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