[Agroécologie dans le Languedoc] Le Mas de Mon Père

En octobre et en parallèle du magazine Terre de vins consacré au développement durable, la rédaction vous propose cinq portraits de domaines languedociens engagés dans une viticulture durable. Quatrième mise en lumière avec le Mas de Mon Père dans la Malepère et son vigneron Frédéric Palacios, fervent défenseur du régionalisme.

Direction l’extrême ouest du Languedoc, entre Corbières, Montagne Noire et Limouxin, pour découvrir le Mas de Mon Père, un domaine implanté dans le méconnu terroir de la Malepère. Une discrète appellation languedocienne nichée sur le massif éponyme et au carrefour d’influences méditerranéennes et Atlantiques. Un terroir fièrement revendiqué par Frédéric Palacios, “la Malepère, c’est un climat unique dans le Languedoc où il y fait moins chaud que dans le reste des appellations”. Un terroir à l’accent sud-ouest clairement visible dans son cahier des charges où le merlot y est le cépage principal autorisé.

Comment ne pas comprendre l’agriculture biologique lorsque l’on observe notre terroir”. Certifié bio depuis plus de 17 ans, Frédéric Palacios revient sur ses terres natales en 2005 et reprend le domaine de son père. En quelques années, il est devenu un vigneron réputé pour ses cuvées soignées qui transpirent le terroir de la Malepère. “Je ne me lasserai jamais de la beauté de notre terroir et de nos paysages” nous confie le vigneron sur son domaine. Six hectares de vignes nichés ici et là sur le massif avec certaines parcelles offrant de splendides points de vue sur la vallée de l’Aude et, plus loin, le Minervois et la Montagne Noire. Un terroir au sol composé de dépôts sédimentaires détritiques rendu visible et accessible par la visite guidée proposée par le vigneron : “la Malepère c’est cette roche composé de grès et autres conglomérats, un sous-sol unique dans la région”.

©W. Kiezer

L’agroécologie c’est protéger et assumer son terroir
Vous vous rendez compte de la chance que l’on a ?” Constamment ébloui par son territoire, Frédéric Palacios ne dissocie pas son domaine du reste de la Malepère. Chaque client professionnel qui vient à sa rencontre a le droit à une visite guidée sur les hauteurs, comme un acte de sensibilisation à la préservation des écosystèmes. “Notre Malepère est une zone classée Natura 2000 et être en bio ne suffit pas à la protéger, il faut aller plus loin en la faisant découvrir”. Une certaine forme de régionalisme qui est une valeur de l’agroécologie proposé par plusieurs spécialistes comme Alain Olivier dans son ouvrage La révolution agroécologique – nourrir tous les humains sans détruire la planète (ed Ecosociété).

Que ce soit à la vigne comme au chai, Frédéric Palacios est également un militant de l’agriculture extensive, l’inverse de la production intensive. Le vigneron passe énormément de temps dans ses vignes, ce qui lui permet d’anticiper les prises de décisions et de ne jamais être débordé par les évènements.

Terre de Vins a aimé
Cuvée Red de Toi – Vin de France (18€TTC)
Pour beaucoup de personnes le merlot est le mal aimé ici, moi je trouve que notre terroir lui apporte une autre dimension et le sublime dans nos vins”. Frédéric Palacios propose une cuvée 100% merlot d’une élégance rare pour être soulignée.

Article rédigé par Ni bu ni connu pour Terre de vins

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Victoire Golden eagle avec le millésime 2005

Avec l’édition limitée de la cuvée Victoire Golden eagle 2005, Jean-Rémy et Paul-Alexandre Rapeneau souhaitent « relier le passé au présent » dans l’histoire du champagne G.H. Martel. La plongée dans la mémoire de la marque leur a même réservé des surprises.

Après quelques années de réflexion et de plongée dans les entrailles de la maison G. H. Martel, Jean-Rémy Rapeneau, directeur commercial hors France et marketing, se réjouit de dévoiler la sortie de la cuvée de champagne Victoire « Golden eagle », millésime 2005. Les recherches sur l’histoire de la maison ont permis de révéler que cette cuvée était « en 1953, la première du champagne G.H. Martel à être exportée aux USA ». Pour Jean-Rémy Rapeneau, devenu résident américain en 2022, tout en conservant un ancrage en Champagne, c’est un élément affectif fort. En 15 ans, le groupe familial* « est passé d’un marché 100% français à 70% d’export », se hissant « numéro 4 des ventes au Canada et numéro 7 aux USA », selon Jean-Rémy Rapeneau.

Une relance symbolique du virage vers l’export
Pour célébrer la sortie de Victoire « Golden eagle », Jean-Rémy et son frère Paul-Alexandre, directeur technique et œnologue, ont choisi le millésime 2005. Une année qui permit à la maison de reconstituer une partie des réserves et de mettre de côté une quantité limitée du millésime en vue d’une cuvée d’exception. « Il nous en restait 15 000 flacons », poursuit le Champenois.

L’allure de la bouteille respire « l’esprit de conquête » vers l’export. La symbolique a inspiré la famille. « Nous avons conservé l’aigle, emblème de la cuvée, ainsi que la bouteille originale, époque XVIIIème siècle, de Victoire, gamme prestige de la maison. » La première cuvée fut élaborée par les frères Christophe et Jean-François en 1989. Le nom « Victoire », « étonnamment libre », fut d’ailleurs déposé par la marque la même année. Désormais, champagne Victoire est une marque internationale à part entière dans le giron de G. H. Martel. Fondée en 1869, la maison tient particulièrement à la famille Rapeneau puisqu’il s’agit de sa toute première acquisition, en 1979, sous la direction de Bernard Rapeneau.

Un millésime puissant et gastronomique
Côté vin, ce « flacon de mémoire » valorise un assemblage 60% de premiers et grands crus de chardonnay et 40% de pinot noir issus de la montagne de Reims, dosé en extra-brut, « très automnal », symbolise Paul-Alexandre. « Le vin est en équilibre entre la fraîcheur et la puissance. L’acidité de l’époque nous permet de sortir de jolis millésimes comme celui-ci. » Effectivement, complexe et puissant, le champagne appelle un risotto, un foie gras ou encore un bar rôti. Systématiquement « déclarées en millésimé », les cuvées Victoire ne sont pourtant pas toujours revendiquées comme telles. « Mais cela nous permet de travailler sur le temps long, précise Paul-Alexandre, pourquoi pas sur 20 ans. »

Prix : 100 euros
*Champagne Martel, Château de Bligny, Charles de Cazanove.

Un collectionneur américain retrouve un millésime 1929 de G.H. Martel
Le lien américain et avec l’histoire ne s’arrête pas là. Au moment où Jean-Remy Rapeneau entamait avec la famille les réflexions et recherches autour de Golden Eagle, la maison reçut un appel. « En avril dernier, nous avons été contactés par un Américain, Mr Preston, disant détenir une bouteille de G.H. Martel 1929. » Un trésor insoupçonné, que ne possède pas la maison de champagne. L’anecdote est d’autant plus exceptionnelle que cet Américain domicilié dans l’Ohio, « visiblement fan de la maison », a poussé ses recherches et établi une chronologie de G.H. Martel et de ce millésime 1929, selon lui « le seul en circulation ».  Les documents envoyés par le collectionneur américain indiquent que, d’après l’ambassade de France à Washington DC, « les employés de la maison de champagne auraient sauvé cinq bouteilles de ce millésime des mains des nazis lors de la prise d’Epernay en 1940 ». D’ici la fin de l’année, Jean-Rémy Rapeneau envisage d’aller à la rencontre de cet Américain et de négocier l’acquisition de ce millésime historique de la maison.

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[Foire aux Seconds Vins] Pessac-Léognan et Graves en rouge… des pépites à dénicher !

Samedi 21 octobre, la 7e édition de la Foire aux Seconds Vins, organisée par Terre de vins en partenariat avec Cash Vin, vous attend à Bordeaux, au Hangar 14. L’occasion pour vous de découvrir des cuvées porteuses du style des plus grandes propriétés bordelaises, à des prix accessibles. Aujourd’hui, nous dégustons pour vous les rouges en appellations Pessac-Léognan et Graves.

Château de Chantegrive
Les Oiseaux de Chantegrive – L’Origine 2018 
Graves
Un bouquet explosif avec un concentré de cassis, grain de café torréfié et suc de fruits noirs. L’attaque est franche, le palais est frais et acidulé, juste ce qu’il faut. Encore du croquant, un ensemble désaltérant, concentré, poivré, qui comblera l’amateur de l’appellation dont il est un beau représentant. Rognons au madère et beaucoup d’autres possibilités pour l’accompagner.
90/100
Prix TTC : 10,50 € la bouteille – 52,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 8,75 € l’unité

Château de La Brède 
L’Esprit de La Brède 2018 
Graves
Le nez s’annonce sur la framboise avec une touche d’épices et de réglisse, c’est un peu canaille et cela appelle un service sur la fraîcheur. Assez facile sur des tanins ultra fondus, il déroule un fruité simple qui ira bien sur des casse-croûtes campagnards.
88/100
Prix TTC : 12,50 € la bouteille – 62,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 10,42 € l’unité

Château Carbonnieux
Château Tour Léognan 2020 
Pessac-Léognan 
La robe est d’un grenat limpide, le bouquet s’annonce sur l’iris et le cassis frais. Le ton est donné pour un vin convivial, juteux, et dès l’attaque il confirme par sa rondeur et son allant. Une année de garde lui a fait le plus grand bien. Il est sorti de l’adolescence et c’est une jeune homme bien sympathique. Avec un bon burger ! 
90/100
Prix TTC : 15,90 € la bouteille – 79,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 13,25 € l’unité

Château Smith Haut Lafitte
Le Petit Haut Lafitte 2016 
Pessac-Léognan 
Lorsque l’on dit que le second vin est une opportunité pour entrer dans l’univers d’un grand château, c’est pleinement le cas avec cette cuvée qui combine l’exigence et l’énergie de Smith. Un nez frais, subtil et capiteux, sur le cuir fin et le cassis écrasé. La bouche est belle, concentrée avec une texture juteuse et fine. Les tanins sont sveltes et dessinés, vraiment magnifiques, ils portent le palais avec élégance jusqu’à la finale rafraîchissante. Très réussi, très attirant, très classe. Avec une pluma de pata negra. 
93/100
Prix TTC : 39 € la bouteille – 195 € la caisse de 6 bouteilles soit 32,50 € l’unité 

Château Léognan
Le Calice de Léognan 2019 
Pessac-Léognan 
Un élevage bien présent au premier nez demande à aérer le vin pour qu’il libère la cerise noire et la feuille de tabac. Il a pour lui un équilibre frais, de la mâche et la bonne carrure pour partir en week-end à la campagne : son assemblage merlot 60% puis cabernet sauvignon. Élevé sur lies pendant 12 mois en fûts dont un tiers de barriques neuves, tiendra son rang sur une terrine généreuse et bien relevée. 
88/100
Prix TTC : 19,50 € la bouteille – 97,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 16,25 € l’unité

Château de France
Château Coquillas 2020 
Pessac-Léognan 
Le nez est sur la retenue, sur la petite baie acidulée avec une légère touche alcooleuse. On devine une fraîcheur végétale, le fruit à noyau cueilli sur la branche. En bouche, une trame acidulée se déroule, qui vient traverser la matière juteuse. Un peu de patience pour lui permettre de se patiner en bouteille lui fera du bien, mais le jus a des promesses de plaisir. Avec un hachis parmentier, confit d’oie et poivre rose.
88/100
Prix TTC : 15,95 € la bouteille – 79,75 € la caisse de 6 bouteilles soit 15,95 € l’unité 

Château Couhins
Couhins La Gravette 2018 
Pessac-Léognan
D’abord sur la réserve, le nez met un peu de temps à laisser s’exprimer sa palette de fruits noirs, finement épicée et encore teintée par un boisé discret. En bouche, la matière est droite, construite sur des tanins légèrement anguleux et portée par une bonne arête acide. La finale s’avère légèrement astringente mais laisse une bonne persistance fruitée. On le recommande sur des rognons au poivre.
88/100
Prix TTC : 18,00 € la bouteille – 90,00 € la caisse de 6 bouteilles soit 15,00 € l’unité 

Château Olivier
Le Dauphin d’Olivier 2020 
Pessac-Léognan 
Une robe bien dense, pourpre, avec un bouquet intense dès le premier nez sur des effluves de fleurs lourdes, de mûre et de genièvre. L’attaque fruitée annonce une bouche charnue, des tanins charpentés avec élégance, de la vigueur, de l’énergie et beaucoup d’épices. Le potentiel du millésime est optimisé pour mettre dans ce second une vraie signature du château. Avec des joues de bœuf confites aux épices.
91/100
Prix TTC : 18,00 € la bouteille – 90,00 € la caisse de 6 bouteilles soit 15,00 € l’unité 

Château Luchey-Halde
Les Haldes de Luchey 2019 
Pessac-Léognan 
Petites baies rouges et bleues au nez. En bouche, on retrouve une trame acidulée qui s’exprime sous le boisé, un discret menthol et le bourgeon de cassis, auréolé de notes fumées. Sans grande complexité, ce vin s’illustre par sa buvabilité ainsi que par le délié de sa matière juste vivifié par sa trame acide. Avec des chorizos frais à la plancha.
86/100
Prix TTC : 15,90 € la bouteille – 79,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 13,25 € l’unité 

Château Bouscaut
Les Chênes de Bouscaut 2018
Pessac-Léognan 
Une certaine austérité se profile, sur un boisé encore prégnant qui mériterait de s’atténuer un peu. En bouche, la chair est ferme et droite, le cabernet-sauvignon dominant (72%) fait sa loi. Elle garde une certaine jutosité malgré une trame tannique qui s’impose encore. Pour les amateurs de vins sérieux. Avec des légumes farcis.
88/100
Prix TTC : 20 € la bouteille – 100 € la caisse de 6 bouteilles soit 16,67 € l’unité 

Château Brown
La Pommeraie de Brown 2020 
Pessac-Léognan 
Avec 89% de merlot et 11% de cabernet sauvignon, une réglisse pimpante s’affiche au nez, soulignée par un léger grillé. On a la chair propre au millésime 2020, avec de la densité en bouche, du croquant, une certaine fermeté dans les tanins mais de jolis amers en finale qui lui confèrent un côté désaltérant. Il peut encore attendre en cave pour s’assouplir pleinement. Avec un cassoulet maison.
90/100
Prix TTC : 21 € la bouteille – 105 € la caisse de 6 bouteilles soit 17,50 € l’unité 

Château Haut Nouchet
Arpège 2019 
Pessac-Léognan 
Son bouquet sanguin, aux notes d’extrait de cassis et fumée est marqué par le caractère végétal et terreux du cabernet sauvignon et du merlot. Sa texture se révèle digeste et poivrée, elle appelle une assiette solide et parfumée, un burger ! 
87/100 
Prix TTC : 13,50 € la bouteille – 67,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 11,25 € l’unité 

Château Pontac Monplaisir
Prémices 2019 
Pessac-Léognan 
La robe nous indique une évolution certaine avec son disque acajou, puis le premier nez nous surprend par sa vigueur et son bouquet profond, sur les petits fruits noirs, le havane, le cuir ciré. L’attaque est ronde et le palais net, charnu, doté de tanins présents et bien dosés. Les saveurs d’épices, de cacao et d’eucalyptus complètent une palette déjà complexe. Avec un bœuf aux champignons noirs.
90/100
Prix TTC : 16,50 € la bouteille – 82,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 13,75 € l’unité 

Château Larrivet Haut-Brion
Les Demoiselles de Larrivet Haut-Brion 2019 
Pessac-Léognan 
On devine une certaine concentration entêtante, un fruité brun capiteux, ponctué de quelques notes d’herbe médicinale. La bouche est à l’avenant, assez intense et vibrante, marquée par une légère touche alcooleuse mais l’élégance des tanins et la bonne trame acide équilibrent l’ensemble pour lui conférer une agréable jutosité. Avec une queue de bœuf mijotée.
90/100
Prix TTC : 25 € la bouteille – 125 € la caisse de 6 bouteilles soit 20,83 € l’unité 

Les vins ont été dégustés par Sylvie Tonnaire et Mathieu Doumenge, respectivement rédacteur en chef et grand reporter à Terre de vins.

Infos pratiques
La Foire aux Seconds Vins
21 octobre 2023
10H-19H
Hangar 14, Bordeaux.

Liste des exposants et billetterie en suivant ce lien

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Romain Iltis, nouveau président de l’association des sommeliers d’Alsace

Meilleur sommelier de France en 2012, Meilleur ouvrier de France en 2015, il veille sur la cave du restaurant doublement étoile de la Villa René Lalique (67), Romain Iltis succède à Serge Dubs à la tête de la présidence de l’Association des sommeliers d’Alsace. Rencontre

Vous succédez à Serge Dubs à la tête de l’Association durant 50 ans, quelle est votre feuille de route ?
Serge a émis le souhait fin août de laisser sa place. J’ai déjà envie de faire fructifier son héritage, perpétuer l’élan et le dynamisme qu’il a impulsé. Nous avons une association, la 2e plus importante en France, avec 150 membres, et une aura qui est présente grâce à Serge notamment. J’aimerais également montrer que la sommellerie alsacienne est dans l’excellence, renforcer nos rencontres mensuelles, attirer des grands vignerons aussi dans la région. Il n’y a pas que Paris, réussir à délocaliser certains événements et donner un élan à la communication font partie de mes objectifs. Et puis, il faut aussi penser qu’une génération s’en va, il faut la renouveler et donc faire un pas vers la jeunesse et le recrutement afin de renforcer les troupes.

En quoi consistent vos rencontres mensuelles ?
On appelle ça des stammdesch. En alsacien, le stammdesch c’est la table qui est à côté du comptoir où les amis viennent se rencontrer, discuter au bistrot toutes les semaines. Nous avons repris cette année. Cela fait 35 ans que nous organisons tous les 1er lundis du mois, des rencontres. Chaque membre, chacun leur tour, accueille ses confrères sur des thèmes divers et variés. L’idée, c’est d’avoir des rencontres fortes et de partager nos expériences de dégustations.

Vous faites partie de l’Équipe de France de Sommellerie de l’Union de la Sommellerie Française qui a été révélée ce lundi en quoi cela va consister ?
Nous souhaitons mutualiser les forces parce que nous sommes tous très occupés, et nous voulons qu’il y ait un candidat français qui gagne les différents concours importants à venir. Nous allons être coachés tous ensemble sur de la théorie, mais aussi la technique, la dégustation, la préparation mentale, l’éloquence… Nous devons être prêts pour le concours du Meilleur Sommelier d’Europe à Belgrade en novembre 2024, puis le Meilleur Sommelier du Monde au Portugal en 2026.

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Quand Perrier-Jouët et le Musée du champagne nous invitent à passer à table

Il reste jusqu’au 11 décembre pour venir découvrir au Musée du vin de Champagne à Epernay l’exposition « Goûter le monde, le banquet des merveilles », co-conçue avec la Maison Perrier-Jouët. Mêlant collections privées et publiques, elle représente une occasion rare pour accéder à une partie du fonds caché du musée. On y découvrira que l’expression « art de la table » n’est pas un vain mot !

Le champagne Perrier-Jouët et le Musée du champagne ont une histoire commune. Le château qui héberge le Musée a été construit à l’initiative de Charles Perrier, président de la maison de 1848 à 1878. Les deux établissements partagent aussi une passion : celle des collections. Charles Perrier avait réuni une diversité incroyable d’orchidées dans ses serres. « L’Europe comptait seulement quatre collections de cette envergure au XIXe siècle, la première à Londres, la deuxième à Gand, la troisième à Paris et la quatrième à Épernay. La multitude de parfums que ces fleurs exhalaient étaient sans doute une source d’inspiration dans l’élaboration des cuvées de la Maison » confie Laure Mennetrier, la conservatrice du musée. Telle est justement la thématique de cette exposition : la manière dont l’art de la table célèbre et dialogue avec la nature. Une idée qui sert de fil conducteur aux œuvres d’Émile Gallé dont Perrier-Jouët possède de magnifiques pièces. Mais l’originalité de cette exposition est aussi d’avoir fait appel à des artistes plus contemporains, comme Tomas Libertiny. En laissant un vase dans une ruche que les abeilles ont habillé de leurs alvéoles, il présente une cocréation artistique entre l’homme et la nature à l’image du vin ! Rendre hommage à la nature, c’est également rendre hommage à son créateur. On relèvera parmi les curiosités un magnifique couteau liturgique, sur lequel sont gravés sur une face les bénédicités et sur l’autre les grâces ! On s’amusera enfin de cette mode qui au XVIIIe siècle consistait à créer des assiettes et des plats mimant ce qu’ils étaient supposés contenir, comme cette extraordinaire soupière en forme de chou-fleur. La mode étant un éternel retour, on n’est pas surpris de la retrouver au XXème siècle à travers ces étonnants couverts reprenant des formes végétales, et au XXIème siècle, où l’on ne se contente plus d’imiter la nature mais où on l’utilise directement comme matière, puisque fourchettes et couteaux sont cette fois constitués à partir de végétaux (couverts en bioplastique de Quiyun Deng)…


En réunissant des objets venus de collections privées et de collections publiques, cette exposition ouvre une réflexion sur le sens même de ce qu’est une collection. « Le parcours s’ouvre sur un livre ancien « Le tableau des merveilles de l’univers », un clin d’oeil au collectionneur qui dans sa quête d’objets et d’œuvres cherche à réenchanter le monde et finalement à le recréer au sein de sa collection. Pour autant, tous les collectionneurs n’ont pas la même démarche. L’objectif des collections publiques est de patrimonialiser, de figer les choses pour pouvoir les transmettre. Les collections privées par nature sont plus vivantes, puisque le collectionneur peut faire évoluer sa collection selon ses envies, son inspiration du moment, en se dessaisissant de certaines œuvres ou en en acquérant de nouvelles. Il existe toutefois des ponts entre les deux : beaucoup de collections privées sont un jour données à des musées et ces derniers ont de ce fait une dette envers ces collectionneurs privés que l’on ne soulignera jamais assez. » (Jusqu’au 11 décembre 13,50€)

Programmation événementielle autour de l’exposition :
JEUDI 19 OCTOBRE, 18H30
Conférence Le Château Perrier, des collections en héritage
Par Laure Ménétrier, conservatrice du musée du vin de Champagne et d’Archéologie régionale

JEUDI 9 NOVEMBRE, 18H30
Conférence-rencontre autour de l’Art nouveau
Avec Jean-Louis Gaillemin, designer, historien de l’art, et Priska Schmückle von Minckwitz, historienne de l’architecture. Conférence animée par Benjamin Loyauté, commissaire d’exposition

VENDREDI 27 OCTOBRE, 18H
Visite-dégustation dans le cadre du Champagne Day
Regards croisés sur l’exposition : promenade artistique et sensorielle
Le musée aura le plaisir d’accueillir Lucile Viaud, designer, ainsi que Axelle de Buffevent, directrice de la création chez Perrier-Jouët, pour vous offrir une immersion dans la création artistique autour des thèmes de la nature et de la biodiversité.

À la suite de cette visite à plusieurs voix, profitez d’une dégustation de vin de Champagne dans les salons du musée, menée par la Maison Perrier-Jouët.

SAMEDI 25 NOVEMBRE, 15H ET 17H
Concert « La Belle Époque », musique de chambre
Par l’École Intercommunale de Musique d’Epernay et sa région et le Conservatoire Jean Philippe Rameau de Châlons-en-Champagne

JEUDI 7 DÉCEMBRE, 18H30
Conférence Le bal des abeilles
Par Yves Elie, auteur et apiculteur

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[Foire aux Seconds Vins] Margaux, Haut-Médoc… le Sud Médoc à l’honneur !

Samedi 21 octobre, la 7e édition de la Foire aux Seconds Vins, organisée par Terre de vins en partenariat avec Cash Vin, vous attend à Bordeaux, au Hangar 14. L’occasion pour vous de découvrir des cuvées porteuses du style des plus grandes propriétés bordelaises, à des prix accessibles. Nous vous présentons aujourd’hui les vins issus des appellations du Sud Médoc.

Château Cantemerle
Les Allées de Cantemerle 2019
Haut-Médoc
Une note de rusticité sanguine vient fouetter le fruit noir camphré. Le cabernet sauvignon (71% de l’assemblage) se devine, avec une touche grillée. Serrée par des tanins un peu griffus, la matière s’étire en longueur et se conclut par une finale légèrement mentholée. C’est un enfant du Médoc qui demande à s’assagir un peu. Avec un camembert rôti aux herbes.
88/100
Prix TTC : 22 € la bouteille – 110 € la caisse de 6 bouteilles soit 18,33 € l’unité

Château d’Issan
Blason d’Issan 2018
Margaux
Une pointe sanguine, assortie d’une note de cajou, se distingue dès le nez, joliment floral. En bouche, on retrouve une certaine souplesse dans la matière, des tanins sans aspérité, et une agréable buvabilité. C’est un second vin aimable et résolument prêt à boire. Avec un saucisson chaud aux lentilles.
88/100
Prix TTC : 34 € la bouteille – 170 € la caisse de 6 bouteilles soit 28,33 € l’unité

Château Cantenac Brown
Brio de Cantenac Brown 2020
Margaux
Toujours une valeur sûre parmi les seconds vins, ce Brio mérite une nouvelle fois son nom. Surfant sur le profil flatteur du millésime 2020, il combine une bonne concentration aux notes de framboise avec une tonicité bienvenue, qui allonge le vin et lui confère une très agréable buvabilité. Sapide, précis et revigorant. Avec des aiguillettes de canard sauce soja.
91/100
Prix TTC : 35 € la bouteille – 175 € la caisse de 6 bouteilles soit 29,17 € l’unité

Château Brane-Cantenac
Baron de Brane 2018
Margaux
Le bouquet nous accroche sur la violette, la mûre, la viande lardée, le cachou et l’encaustique. Il est expressif et ne laisse pas indifférent. Le palais concentré et soyeux reste très droit, très construit, avec une architecture tannique bien présente, corsetée et élégante. Il est fidèle à la signature du château. De nombreuses possibilités d’accords, essayons un coq au vin, une cocotte de choux de Bruxelles au lard.
91/100
Prix TTC : 36 € la bouteille – 180 € la caisse de 6 bouteilles soit 30 € l’unité

Château Dauzac
Aurore de Dauzac 2019
Margaux
Un fruit noir légèrement grillé s’annonce, sur le tabac brun, agrémenté de notes d’humus et de romarin. Le cassis bien mûr est présent. La maturité, comme l’élevage, sont parfaitement maîtrisés. La bouche est droite, élancée, campée sur ses appuis, portée par une arête acidulée. Déjà prêt à boire. Avec ce vin vegan, partons sur une tourte aux épinards.
91/100
Prix TTC : 29 € la bouteille – 145 € la caisse de 6 bouteilles soit 24,17 € l’unité

Château Durfort-Vivens
Les Plantes de Durfort-Vivens 2019
Margaux
Quel joli parfum, aérien et floral, se manifeste au premier nez ! C’est un vin construit sur la droiture, grâce à une colonne vertébrale acide prononcée, qui irrigue la matière et la tend. Les tanins sont finement brossés, la silhouette est svelte et élancée, et s’avère très digeste. Avec une anguille à la japonaise.
90/100
Prix TTC : 32 € la bouteille – 160 € la caisse de 6 bouteilles soit 26,67 € l’unité

Château Rauzan-Ségla
Ségla 2016
Margaux
Au nez, fraise des bois et baies de sureau s’expriment. L’attaque est fine, le jus étiré et serré, corseté dans ses tanins fondus et nombreux. L’arête acide relance la dégustation en s’entourant d’épices. Avec un foie de veau à la vénitienne.
89/100
Prix TTC : 45 € la bouteille – 225 € la caisse de 6 bouteilles soit 37,50 € l’unité

Château Lascombes
Chevalier de Lascombes 2019
Margaux
Sur la finesse margalaise, ce Chevalier de Lascombes arbore un habit de soie sans couture : un fruité gourmand s’affiche sur une belle nappe de tanins légèrement granuleux. L’aromatique invite quelques notes florales et mentholées. La matière s’avère digeste et savoureuse, jusqu’à la finale agréablement croquante. Avec une tarte aux légumes d’hiver.
90/100
Prix TTC : 35 € la bouteille – 175 € la caisse de 6 bouteilles soit 29,17 € l’unité

Château Patache d’Aux
Le Relais de Patache d’Aux 2019
Médoc
Campé sur le versant délicat du millésime 2019, ce joli médoc déploie un fruit rouge croquant, une touche de réglisse, des amers légèrement végétaux en finale, et dans l’ensemble, une agréable buvabilité sertie de tanins fins. À savourer sur la volaille rôtie du dimanche.
89/100
Prix TTC : 10,90 € la bouteille – 54,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 9,08 € l’unité

Château Lalaudey
Rubis de Lalaudey 2020
Moulis-en-Médoc
Robe limpide et brillante, senteurs puissantes de cassis en fruits et en bourgeons. Derrière un joli fruité, des notes de végétal noble annoncent de puissants cabernets. Assez juteux en bouche, d’une trame tannique aérienne, le palais est fluide, sans manquer de caractère terroir. La bouteille des copains, avec un super rapport qualité prix. Le vin le moins cher de notre dégustation mais assurément pas le moins bon ! Avec des paupiettes en cocotte.
91/100 
Prix TTC : 9 € la bouteille – 45 € la caisse de 6 bouteilles soit 7,50 € l’unité

Les vins ont été dégustés par Sylvie Tonnaire et Mathieu Doumenge, respectivement rédacteur en chef et grand reporter à Terre de vins.

Infos pratiques
La Foire aux Seconds Vins
21 octobre 2023
10H-19H
Hangar 14, Bordeaux.

Liste des exposants et billetterie en suivant ce lien

À nos lecteurs : les vins présents à la Foire aux Seconds Vins dont le commentaire ne figure pas dans cette série d’articles n’ont pas présenté d’échantillon à temps à la rédaction, ou ont présenté un échantillon défectueux qui n’a pu être re-dégusté.

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François-Régis Gaudry par le menu

« On va déguster », « Très très bon », le journaliste et critique culinaire François-Régis Gaudry régale les gourmands de France Inter, de Paris Première et de la France entière, avec ses émissions et ses livres. Son style léché, sa plume friande de jeux de mots pimentés, ses entrées dans les bons restaurants, nourrissent les amateurs de bons produits et de producteurs et vignerons à la fibre responsable. Le retrouver à la direction éditoriale du tout nouveau festival Saveurs & Savoirs, créé à Uzès les 14 et 15 octobre, nous a ouvert l’appétit.

C’est une nouvelle corde à votre arc ce festival?
Souvent tout ce qui m’a plu de faire dans ma carrière, je l’ai fait avec des propositions. Les livres, c’est un éditeur qui est venu me chercher, la radio et la télé, on est venu me chercher, je n’ai jamais frappé aux portes. C’est vrai qu’il y a des rencontres comme cela qui s’opèrent. Il y a deux ans, j’ai été contacté par des amis d’Uzès qui gravitent autour de la librairie de la place aux Herbes. J’avais fait une dédicace et ils se sont dit, pourquoi pas aller plus loin avec des rencontres autour du livre de cuisine. Je leur ai dit oui, mais à condition de ne pas faire une foire aux livres dans le but de vendre du bouquin. Je voulais qu’il y ait une vraie approche éditoriale avec des rencontres, des conférences, en essayant de considérer la cuisine, de la regarder de la manière la plus panoramique possible, sur le plan artistique, scientifique, historique, géographique ; c’est ça qui m’intéresse. La cuisine et la gastronomie sont au carrefour de très nombreuses problématiques actuelles. On ne peut plus en parler sans parler d’écologie, il y a des impératifs avec lesquels on doit cohabiter. Cela m’intéresse d’approcher la cuisine de la façon la plus large possible et le livre de gastronomie permet de le faire. Avec des livres qui donnent à réfléchir.

Comment le festival est devenu ce qu’il est aujourd’hui ?
Cela s’est mis en place très naturellement. J’ai eu carte blanche, on a commencé avec quelques têtes d’affiche (Pierre Gagnaire, Anne-Sophie Pic, Jean-François Piège…) qui ont joué le rôle de locomotive, qui parrainent le festival et qui attirent un large public. On ne voulait surtout pas être le festival des Parisiens à Uzès, mais dans et avec Uzès, en mettant en avant, en termes de vin, des talents locaux. On a commencé timidement, avec une grande conférence sur le vin nature. Il n’y a pas de gastronomie sans vin. J’essaye de le prouver dans mon émission tous les dimanches en ayant un chroniqueur ou une chroniqueuse autour du vin, comme Antoine Gerbelle et Jérôme Gagnez. C’est une question qui m’intéresse beaucoup. Je suis un amateur curieux et éclairé, je ne me prends pas pour un journaliste vin. J’ai un regard très curieux, mais je ne prétends pas développer sur le vin la connaissance que j’ai sur la gastronomie. Le vin est un complément indispensable à mon travail, il m’intéresse de plus en plus parce que je rencontre des vignerons, je goûte des vins ; mon éducation est en grande partie faite aussi par les gens qui m’accompagnent. Chacun a des visions et des approches différentes et je me nourris beaucoup de leurs connaissances, de leurs découvertes. Ils font, en quelque sorte, mon éducation. 

Questionnaire de Bacchus & Demeter
Rouge, blanc, rosé ou orange ?
Incontestablement rouge. 

Pétillant ou pét-nat ?
J’ai un faible pour les pét-nat, j’aime bien quand c’est libre et que ça fait des bulles.

Cru ou nature ?
Sans être dans la caricature, je préfère dire nature. 

La région viticole où vous aimeriez vivre, à part la Corse ?
J’aurai répondu spontanément Patrimonio et la Corse que je connais bien. Je commence à avoir des attaches là-bas donc le Beaujolais. J’adore le gamay, je trouve que c’est un cépage extrêmement gourmand, gouleyant.

Gourmand ou gourmet ?
Gourmet.

Salé ou sucré ?
Sans hésiter salé.

Votre madeleine de Proust ?
Ah ! Le fiadone de ma grand-mère, un fromage au brocciu, une espèce de cheesecake corse, qu’elle faisait avec un petit peu d’eau de vie, des œufs, des zestes de citron.

Bistrot de pays ou restaurant étoilé ?
Il y a quelques années j’aurai répondu restaurant étoilé mais là c’est bistrot de pays, j’en ai un peu ma claque de la cuisine étoilée, sauf quand elle est bien faite.

Votre principal défaut en cuisine ?
Ma femme dit que je sale un peu trop mais je me calme.

Vous préférez peler, émincer, rôtir, pâtisser, inventer ?
J’adore émincer, le geste du couteau qui émince, c’est un beau geste fluide.

Qu’est ce qui vous fait pleurer à part les oignons ?
Certains plats m’ont mis la larme à l’œil, ceux de grands chefs particulièrement. Quelques plats m’ont rempli d’émotions au point de me mettre la chair de poule.

Votre commis de cuisine au paradis ?
Jean-Pierre Coffe, je l’aimais beaucoup, on a été amis à la fin de sa vie. 

Vos nourritures terrestres : André Gide, Le festin de Babette, le guide Michelin, le guide Hachette ?
Le festin de Babette incontestablement, c’est un de mes films préférés.

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Château Margaux : la nouvelle génération au pouvoir

Le château Margaux, Premier Grand Cru Classé 1855, annonce un changement de gouvernance : Corinne Mentzelopoulos, gérante depuis 43 ans, prend sa retraite et passe le flambeau à la génération suivante – la troisième de sa famille. Son fils Alexis Leven-Mentzelopoulos lui succède. Sa fille Alexandra Petit-Mentzelopoulos devient Présidente du Conseil de Surveillance.

Il y a tout juste un an, en amont d’une masterclass d’exception à Bordeaux Tasting, Terre de vins consacrait un article à Château Margaux, sans doute le plus discret des Premiers Grands Crus Classés 1855, en braquant le projecteur sur la troisième génération qui, tout en douceur, se préparait à reprendre le flambeau. Acquis par André Menzelopoulos en 1977, ce cru légendaire – dont le seul nom fait frémir de plaisir tous les amateurs de vin – avait été repris dès 1980 par sa fille Corinne, alors tout juste âgée de 27 ans. Pendant les 43 années qui ont suivi, Corinne Mentzelopoulos s’est attachée à poursuivre le rêve paternel en ramenant Château Margaux au firmament des grands vins, et en continuant de développer le groupe familial.

500 ans d’histoire… et bientôt 50 dans la famille
Dans l’entretien qu’elle nous avait consacré, Mme Mentzelopoulos mesurait le chemin parcouru et contemplait avec sérénité la perspective de transmettre le relais à la génération suivante : « Mon père serait très fier de voir ses petits-enfants reprendre progressivement le flambeau. C’est déjà la troisième génération, donc je peux avoir une vision calme de l’avenir. Quand je m’en irai, le château sera entre de bonnes mains. Et le fait de savoir qu’il restera dans la famille, c’est réconfortant. »

Pour leur part, ses enfants Alexis Leven-Mentzelopoulos et Alexandra Petit-Mentzelopoulos confiaient d’une même voix la « fierté », le « privilège » et la « responsabilité d’incarner cette troisième génération. « Nous avons grandi ici, nous venions à chaque période de vacances, nous avons couru entre les barriques, aidé aux vendanges depuis notre enfance… C’est une part importante de notre histoire familiale, mais surtout c’est quelque chose qui nous dépasse et nous oblige. […] Château Margaux, c’est 500 ans d’Histoire, c’est un lieu unique qui était là bien avant nous et notre devoir est de le transmettre aux générations futures. »

« Relever les défis de demain »
C’est en douceur que le frère et la sœur ont intégré l’équipe dirigeante, dès 2012 pour Alexandra, début 2020 pour Alexis, ce qui leur a laissé le temps d’assumer de plus en plus de responsabilités. Aujourd’hui, comme le laissait présager la montée en puissance entrevue il y a un an, l’heure est venue pour eux de passer pour de bon sur le devant de la scène. Corinne Menzelopoulos annonce prendre sa retraite après 43 ans à la tête de la holding qui détient Château Margaux, et en confie les rênes à Alexis Leven-Mentzelopoulos, tandis qu’Alexandra Petit-Mentzelopoulos devient Présidente du Conseil de Surveillance.

« C’est une évolution naturelle dans le cadre de cette belle aventure familiale » souligne Mme Mentzelopoulos dans un communiqué, relevant les « qualités humaines et opérationnelles » qui permettront à son fils, « avec Alexandra à ses côtés, de relever les défis de demain et à Château Margaux de conserver sa place. Je suis pleinement confiante dans l’avenir de Château Margaux car je sais qu’il saura perpétuer, dans une recherche constante de progrès et d’innovation, la tradition d’excellence de Château Margaux poursuivie depuis 5 siècles ». Alexis Leven-Mentzelopoulos, de son côté, déclare : « je mettrai toute mon énergie à développer le Domaine en restant attaché à l’esprit de long terme et d’excellence. Je m’inscris avec ma sœur résolument dans la continuité de l’engagement familial à faire de Château Margaux l’un des plus grands vins au monde ». Il pourra aussi, pour cela, compter sur l’expérience de Philippe Bascaule, Directeur Général depuis 2016.

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Vieille Chapelle, nouvelle donne

En remettant à l’honneur des cépages anciens et en signant des vins au caractère digeste, fin et désaltérant, la famille Mallier contribue, depuis plus d’une quinzaine d’années, à bousculer les idées reçues sur le vignoble bordelais. Leur château de la Vieille Chapelle incarne une nouvelle donne.

Sur les bords de la Dordogne, à Lugon-et-l’Île-du-Carnay, la vie s’écoule paisiblement. Neuf hectares de vignes, cinq chambres d’hôtes, une guinguette ouverte à la belle saison, et une chapelle du XIème siècle réhabilitée en lieu d’accueil pour les visiteurs. Ici se trouve « l’autre Bordeaux », celui qui n’a rien à voir avec le lustre des grands crus ni avec la course des prix en primeurs, pas plus qu’il ne succombe à la crise qui frappe une partie de la filière. C’est un Bordeaux qui existe depuis des générations, et que certains avaient presque oublié – mais qui incarne aujourd’hui la nouvelle donne d’un vignoble girondin en pleine renaissance.

La famille Mallier fait plus que sa part dans cette « nouvelle donne ». C’est en 2006 que Frédéric et Fabienne ont repris ce domaine, eux qui ne venaient pas du tout d’un environnement viticole (Frédéric avait notamment travaillé pendant une dizaine d’années dans la logistique en Asie) mais caressaient depuis longtemps le désir de se reconvertir dans la production de vin. Ils penchaient pour la Loire, mais c’est finalement à Bordeaux qu’ils s’installent, tombant amoureux de ce lieu chargé d’âme et d’histoire – dans le prolongement de la vieille chapelle, des vestiges d’un clocher effondré nous rappellent qu’ici, il y a des siècles, les religieux faisaient déjà du vin. Ce qui contribue à faire basculer leur décision est la découverte d’une parcelle préphylloxérique où sont complantés de nombreux cépages anciens, pour certains presque disparus, comme le bouchalès – la cerise sur un gâteau composé de vieilles vignes au potentiel inestimable. Sur les conseils du consultant Olivier Dauga, Frédéric Mallier continue d’exercer une activité professionnelle en parallèle de sa nouvelle vie de néo-vigneron, et ce jusqu’en 2014. Ce qui permet de ne pas faire reposer tous les enjeux économiques de la famille sur cette aventureuse reconversion… La conduite en bio, puis en biodynamie, est rapidement décidée – actée par une certification Demeter en 2017.

Nouvelle génération
Au printemps 2020, au début de la pandémie de Covid-19, Raphaël et Gabriel, les deux fils de Frédéric et Fabienne, rejoignent l’exploitation. Raphaël a suivi une formation de management en hôtellerie, Gabriel un BTS viticulture-œnologie. Petit à petit, la nouvelle génération reprend la main, Gabriel plutôt à la technique, Raphaël à la communication et au commerce, avec quelques idées malignes en plus, comme l’ouverture d’une guinguette durant l’été 2021, qui propose de nombreux millésimes des vins du domaine. S’inscrivant dans la philosophie qui a été mise en place par leurs parents, Raphaël et Gabriel défendent des vins qui bousculent l’image du bordeaux sans renier l’identité de la région, qui misent sur la buvabilité, des acidités franches, le moins de soufre possible, « mais on fait d’abord des vins qu’on aime, qui sont fidèles à leur terroir – pas des vins pour faire plaisir aux Parisiens ». Non pas qu’ici, on ait quoi que ce soit contre les Parisiens, mais on se refuse à s’inscrire dans une quelconque mode : c’est plutôt d’avenir qu’il est question, d’avenir du goût et d’avenir du matériel végétal ; c’est pourquoi la famille Mallier travaille actuellement sur une « vigne du futur » qui va lui permettre de conserver des sélections massales de ses vieilles vignes, et notamment ses bouchalès. L’avenir est en route, et à Bordeaux, lorsqu’il arbore un visage comme celui des Mallier, il se montre souriant.

Dégustation
La gamme de la Vieille Chapelle se divise en trois catégories : les « vins des copains », (faciles à boire et aillés pour le plaisir), les « bien élevés » (des cuvées ayant bénéficié d’un élevage plus poussé, taillées pour la garde) et les « rebelles » (qui s’affranchissent des codes et de l’AOC, lorgnent vers le nature, magnifient les vieux cépages). Dans certains cas, comme le pet’ nat’ « Bubulles » en brut nature 100% sémillon (16 €), les raisins viennent d’une amie vigneronne.

Nous vous avons déjà parlé, dans le numéro 89 de Terre de Vins spécial Développement Durable, de la cuvé 100% Bouchalès, une rareté. La croquante version « C’est bon le vin » est un assemblage 2/3 Merlot – 1/3 Bouchalès plus facilement accessible.

À découvrir également : la cuvée « Bouchalès Merlots » 2019, un assemblage 65% Bouchalès / 25% Merlot / 10% « autres vignes de Bordeaux rares et historiques ». Une curiosité, sur une acidité tranchante qui vient faire saillir un jus tonique, à l’aromatique zestée et iodée (27 €). Nous apprécions aussi la cuvée « Merlots de Baudet » 2019, un 100% merlot issu d’une parcelle de plus de 80 ans, au nez parfumé et séducteur, à la bouche séveuse, ourlée de tannins fins et digestes (20 €). Enfin, la cuvée « Réserve » 2020 est un assemblage 80% merlot 20% cabernet franc, élevée 12 mois en barrique, plus classique mais juteuse, portée par un joli grip tannique (14,50 €).

www.chateau-de-la-vieille-chapelle.com

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[Foire aux Seconds Vins] Sauternes, Pessac-Léognan et Graves, la magie des blancs !

Samedi 21 octobre, la 7e édition de la Foire aux Seconds Vins, organisée par Terre de vins en partenariat avec Cash Vin, vous attend à Bordeaux, au Hangar 14. L’occasion pour vous de découvrir des cuvées porteuses du style des plus grandes propriétés bordelaises, à des prix accessibles. Découvrez aujourd’hui les vins blanc (secs et liquoreux) qui seront présents ce week-end.

Château de Chantegrive
Les Oiseaux de Chantegrive – La Pureté 2020
Graves
Il a gardé un reflet vert anis sur sa robe en signe de jeunesse et nous surprend avec un nez tant explosif qu’exotique, avec des arômes de zestes d’agrumes. La bouche est plaisante, ronde, mûre, et la texture fluide. La finale revient sur les zestes d’agrumes et de fins amers caractéristiques du sauvignon. Avec des petits poissons en friture.
89/100
Prix TTC : 10,50 € la bouteille – 52,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 8,75 € l’unité

Château Carbonnieux
Château Tour Léognan 2021
Pessac-Léognan 
Une touche fraîche donnée par le sauvignon, un rien de silex à l’aération, puis une belle farandole d’agrumes, sans oublier la gourmandise : le nez nous séduit. La bouche est ample et acidulée. On peut en profiter dès maintenant mais aussi le garder un peu en cave. Des tagliatelles fraîches au pesto vont lui répondre agréablement.
88-89/100
Prix TTC : 16,95 € la bouteille – 84,75 € la caisse de 6 bouteilles soit 14,13 € l’unité

Château de France
Château Coquillas 2022 
Pessac-Léognan 
Sur un profil d’abord marqué par les agrumes, un sauvignon dominant (80%) décline un fruit blanc bien mûr, cintré par une bonne trame acide. C’est bien ajusté, campé sur une bonne matière, on sent le profil solaire de 2022, on a de la mâche et une couche de fraîcheur qui tient bien l’ensemble. Avec une poêlée de palourdes.
88-89/100
Prix TTC : 16,50 € la bouteille – 82,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 13,75 € l’unité 

Château Couhins
Couhins La Gravette 2021 
Pessac-Léognan
Sauvignon blanc et gris se combinent pour l’assemblage de ce blanc qui assume sa typicité très pessac-léognan. Fruit blanc, zeste d’agrumes, touche finement herbacée, menthe écrasée, tous les marqueurs aromatiques sont présents. La bouche confirme ce profil classique, sur une droiture élancée, construite sur une acidité affirmée sans être mordante. De fins amers concluent la finale. Sur une soupe de poissons à la rouille maison.
89/100
Prix TTC : 18,00 € la bouteille – 90,00 € la caisse de 6 bouteilles soit 15,00 € l’unité 

Château Olivier
Le Dauphin d’Olivier 2022 
Pessac-Léognan 
Voilà un second vin ambitieux ! Ce tout jeune assemblage sauvignon-sémillon élevé un an en barriques (un tiers de barriques neuves) offre un nez gourmand sur les fleurs jaunes, la bergamote, avec un soupçon pierre à fusil. Le palais est tendre, équilibré, facile à déguster, un vrai plaisir. Avec un pavé de cabillaud nacré et mayonnaise maison.
90/100
Prix TTC : 18,00 € la bouteille – 90,00 € la caisse de 6 bouteilles soit 15,00 € l’unité 

Château Luchey-Halde
Les Haldes de Luchey 2019 
Pessac-Léognan 
Le nez est sur la retenue, il ne dévoile pas immédiatement une large palette aromatique. Cette propriété tenue par Bordeaux Sciences Agro se signale par sa production de rouge et de blanc. On devine ici un léger fruit jaune cuit. La bouche est déliée, sur une matière mince, tendue par une arête acide prononcée. Avec des moules marinières.
86/100
Prix TTC : 14,90 € la bouteille – 74,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 12,42 € l’unité 

Château Bouscaut
Les Chênes de Bouscaut 2021
Pessac-Léognan 
La robe limpide, très brillante, nous prépare à un blanc plutôt sur la légéreté. Le nez citronné, avec une touche florale, des notes d’acacia. Le profil est expressif et bien dans une typicité bordelaise. La bouche est déliée, sur une chair souple, traversée par une acidité mordante qui la tonifie. Ce vin arbore une simplicité assumée, qui ira très bien sur une assiette d’huîtres ou un plateau de fruits de mer.
87/100
Prix TTC : 21 € la bouteille – 105 € la caisse de 6 bouteilles soit 17,50 € l’unité 

Château Haut Nouchet
Florilège 2021 
Pessac-Léognan 
Duo sauvignon et sémillon à parts égales, le vin est construit sur l’acidulé du fruit. Effluves discrets de bergamote, attaque très tonique sur le citrus, son profil léger et acidulé est dans le reflet de ce millésime tendu et frais. La sensation de mordre dans un agrume accompagne toute la dégustation. Avec un fish & chips.
87/100
Prix TTC : 13,50 € la bouteille – 67,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 11,25 € l’unité 

Château Pontac Monplaisir
Prémices 2020 
Pessac-Léognan 
Miel et cire d’abeille au premier nez, une légère note végétale de lichen, de tige de rhubarbe et de foin coupé. La palette est plutôt discrète. En bouche, de la droiture, une mâche de bonne facture portée par un joli soutien citronné. C’est un blanc plutôt consensuel qui joue bien sa partition, sans débordement. Avec des roulés au fromage ou une aile de raie aux câpres.
89/100
Prix TTC : 16,50 € la bouteille – 82,50 € la caisse de 6 bouteilles soit 13,75 € l’unité 

Château Larrivet Haut-Brion
Les Demoiselles de Larrivet Haut-Brion 2021 
Pessac-Léognan 
Un nez d’emblée très sauvignon (80% de l’assemblage), signé par la typicité sans excès variétal. La pêche blanche affleure sous les notes citronnées et herbacées. En bouche il y a de l’équilibre, la matière est pleine et juteuse, irriguée par une jolie acidité qui tend le vin sans le mordre. Une légère note tropicale (goyave) vient apporter un sentiment de sensualité. Avec des crevettes à la citronnelle.
89/100
Prix TTC : 27 € la bouteille – 135 € la caisse de 6 bouteilles soit 22,50 € l’unité 

Château d’Arche
Soleil d’Arche 2020 
Sauternes
Le nez est muscaté et confit, sur de la rose cristallisée, litchi, gelée de raisin, note de fruit tropical, on retrouve la franche signature du sémillon qui compose 80% de l’assemblage. La sucrosité est là, équilibrée par une agréable fraîcheur. C’est un vin tendre et fédérateur. Avec un soufflet au fromage persillé.
89/100
Prix TTC : 22 € la bouteille – 110 € la caisse de 6 bouteilles soit 18,33 € l’unité 

Château La Tour Blanche
Les Charmilles de La Tour Blanche 2020 
Sauternes
Pour retrouver la version traditionnelle de l’appellation, on s’embarque avec cette cuvée 90% Sémillon qu’il faut bien aérer pour que s’exprime son bouquet muscaté sur la mangue bien mûre. La bouche est ronde, vanillée, assez savoureuse, avec une finale sur les fruits tropicaux. Avec une glace au pamplemousse rose.
89/100
Prix TTC : 21 € la bouteille – 105 € la caisse de 6 bouteilles soit 17,50 € l’unité 

Château de Rayne Vigneau
Madame de Rayne 2016 
Sauternes
Note de pierre à fusil sur la poire pochée accompagnée d’une floralité exubérante et capiteuse, voici un nez qui ne trompe pas son monde. On devine l’énergie sous la sucrosité, et la bouche le confirme, construite sur une trame salivante, zestée (écorce d’orange confite), qui donne un supplément de tonus à la matière gourmande. Digeste, il laisse la bouche nette et fraîche. Avec des accras de morue bien relevés.
92/100
Prix TTC : 22 € la bouteille – 110 € la caisse de 6 bouteilles soit 18,33 € l’unité 

Château Suduiraut
Castelnau de Suduiraut 2017
Sauternes
Robe brillante à souhait, nez frais, entre anis, cardamome et menthe séchée, il se révèle rôti à l’aération. L’attaque charnue, la bouche tapissante où l’on retrouve le fruité rôti, une fine acidité et de l’allonge. On retrouve la menthe séchée en finale, doublée d’épices fraîches comme un éclat de poivre blanc. À déguster dès aujourd’hui. Avec des crêpes Suzette.
91/100
Prix TTC : 25 € la bouteille – 125 € la caisse de 6 bouteilles soit 20,83 € l’unité 

Infos pratiques
La Foire aux Seconds Vins
21 octobre 2023
10H-19H
Hangar 14, Bordeaux.

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