Terroirs & Vignobles de Champagne dans le trio de tête

Avec l’acquisition de champagne Henriot, le groupe Terroirs & Vignobles de Champagne (TEVC) se hisse sur le podium des opérateurs champenois et affiche ses ambitions.

« Le plan de développement était déjà écrit il y a dix ans, avoue d’emblée Véronique Blin, la présidente depuis 2012 de l’union coopérative CV-CNF qui à l’époque ne comprenait que Nicolas Feuillatte avec un chiffre d’affaires de 200 M€ pour environ 9 millions de bouteilles. Mais nous étions conscients qu’un plafond de verre pouvait contribuer à enrayer notre progression. Il fallait donc changer de dimension et se donner les moyens d’un nouvel essor avec de nombreux investissements – une nouvelle cuverie de réserve, l’espace Nicolas Feuillatte, un siège social, pour accompagner la marche irrésistible du champagne et recruter de nouveaux talents. L’audace finit toujours par payer et nou avons réussi, en moins de 50 ans, à implanter un nouvel opérateur au milieu des belles maisons ». En 2019, l’union coopérative se dote d’une nouvelle facette, plus élitiste et artisanale, avec Abelé 1757. « Nous étions précurseur de construction de caves hors sols et enracinés hors des villes; nous sommes alors devenus citadins, négociants et propriétaire de kilomètres de caves de craies ». L’étape suivante et non des moindres réside dans l’union des deux coopératives les plus importantes de la Champagne avec le CRVC (marque Castelnau) il y a deux ans. Ainsi nait Terroirs & Vignerons de Champagne (TEVC).

Des vignes et une belle image
Le nouvel opus avec l’acquisition de champagne Henriot s’inscrit dans une stratégie de conquête de marchés haut de gamme. Le groupe sparnassien s’offre une belle signature (la Maison a été créée en 1808), des vignes en propre de 3 hectares auxquels s’ajoutent 34 ha de baux ruraux et 107 en appros, soit un total de 144 ha en production provenant de 29 crus, principalement en Montagne de Reims et Côte des Blancs, et une vision internationale (64 % des ventes à l’export en progression constante, notamment au Japon, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Italie). Aux 10-12 millions de bouteilles de Nicolas Feuillatte, 1,5-2 millions de Castelnau et 300-500 000 pour Abelé vient donc s’ajouter les 960 000 cols d’Henriot (pour 32,6 M€ de CA et 4,6 M€ de résultat net, une création de valeur deux fois plus importante que l’union coopérative). Sans compter le siège social de Reims, la demeure du 17e siècle à Pierry et ses 1200 m2 entièrement rénovés dédiés au réceptif pour accueillir les prescripteurs, et un stock de 6,2 millions équivalent bouteilles d’une valeur de près de 60 M€.

Une réorganisation avec filiale autonome
La vente par le groupe Artémis de la famille Pinault a pu être réalisée grâce au soutien des banques qui ont même maintenu les crédits en cours aux mêmes taux d’intérêt (le montant de la vente n’a pas été dévoilé). La décision d’achat a été prise à l’unanimité des quelques 6000 adhérents « car les coopérateurs ont compris qu’on ne pouvait grandir qu’en créant de la valeur ajoutée et réussir qu’en ayant accès au marché et ne pas juste rester des apporteurs de matières premières, souligne Véronique Blin. Il faut que le vignoble conserve des parts de marché, surtout au regard des ventes directes qui semblent s’éroder et avec l’arrivée d’une nouvelle génération de vignerons qui ne veut plus sacrifier tous ces week-ends pour recevoir les clients ou faire des salons ».

La feuille de route du nouvel ensemble est déjà tracée. Il s’agit en priorité de premiumiser dans un monde du luxe qui poursuit son expansion et où le vin affiche une croissance insolente de 26% sur le marché mondial entre 2019 et 2022 (source Bain & Company). « Nous voulons donner une autre image de la coopération et un nouveau souffle en dépassant les traditionnels clivages négoce-vignoble, précise Christophe Juarez, directeur général depuis 2017. Notre ambition est de rester dans le trio de tête avec des marques fortes et complémentaires ». Avec l’acquisition d’Henriot, TEVC est passé de 284 M€ de CA à 329 se plaçant désormais derrière le groupe LVMH (2,85 Mds€ pour la branche champagne) en ayant doublé Laurent Perrier et Louis Roederer. 

« Nous allons également nous attacher à continuer d’apporter une rémunération équitable à nos adhérents en jouant un rôle d’amortisseur de crise et en développant les services aussi bien techniques que marketing, commerciaux… ». Réussir la transition environnementale fera aussi partie des challenges : l’objectif est d’arriver rapidement à 300 000 bouteilles bios, soit 60 à 90 hectares (à ce jour, 40 à 45 hectares sont certifiés). « L’organisation jusqu’à présent matricielle – tout le monde sous le même toit, va évoluer puisque Henriot va rester une filiale autonome sans fusion des équipes ». En revanche, TEVC s’est doté d’un comité exécutif qui va assurer la liaison entre les deux pôles. Il est piloté par Christophe Juarez avec, à ses côtés, des talents qui montent en puissance : la cheffe de caves Alice Tétienne nommée directrice générale adjointe, et le directeur administratif et financier Ludovic Machet qui prend le poste de secrétaire général.

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Un Grand blanc de blancs pour agrandir la gamme Jeeper

La maison Jeeper de Nicolas Dubois et Michel Reybier vient d’étoffer sa gamme « blanche » avec un Grand blanc de Blancs et continue à investir en chais et au vignoble.

« La maison n’a pas de stratégie millésime – nous sommes trop jeunes pour ça et nous ne voulons pas appauvrir nos autres cuvées: notre signature est avant tout sur le chardonnay (70% de notre encépagement) élevé en fût, estime Nicolas Dubois qui préside la maison Jeeper. Il existait déjà un blanc de blanc, voici donc la nouvelle cuvée que nous avons choisi de baptisée ‘Grand blanc de blancs’. Elle est issue d’une sélection de parcelles en Grands Crus et Premiers Crus vendangées par pied à raison d’un pied par caissette pour choisir ceux produisant 1,3 kg, ce qui s’est révélé le poids idéal pour obtenir un bel équilibre sur la finesse et la pureté que nous recherchions ». Ce 100% chardonnay sur une base 2016 à 95%, sans dosage ni sulfites au dégorgement, a été fermenté pour moitié en demi-muids, et élevé en demi-muids et barriques bourguignonnes pour 6 ans de vieillissement sur lattes. Il est prévu une édition de 15000 bouteilles (120€) enveloppes dans une feuille et dans un étui en carton ainsi qu’une centaine de jéroboams.

Partenariats et investissements
La maison de Faverolles-et-Coëmy au nord-ouest de la montagne de Reims a appartenu pendant 60 ans à la famille Gouthorbe avant d’être rachetée en 2009 par Nicolas Dubois avec 35 hectares de crus en propre, notamment dans le Vitryat et la Cézannais. L’ancien électricien, passionné de vins, avait commencé un parcours dans le champagne en rachetant un lot en coopérative qu’il avait revendu en bouteilles sur Paris, générant ainsi 3342 francs l’année de la création de son entreprise éponyme comme se plait à le rappeler le négociant autodidacte.

Avec Jeeper (qui fait référence la Jeep de l’armée américaine qu’avait récupéré après-guerre Armand Gouthorbe, il change de braquet et développe rapidement l’entreprise qui grimpe en cinq ans à 100 M€ de chiffre d’affaires pour 6 millions de bouteilles vendus, notamment en premiers prix et marques distributeurs. Une ascension sans doute trop brutale qui le met en difficultés en 2012 avant qu’il ne cède une prise de participation majoritaire à un certain Michel Reybier, propriétaire de Cos d’Estournel, La Mascaronne… et d’un groupe d’hôtellerie de luxe (La Réserve). Le champenois reste à la tête de la maison mais il avoue « qu’en dix ans à côtoyer Michel Reybier et ses équipes, j’ai l’impression d’avoir suivi la meilleure école de commerce du monde ». En 2014, Jeeper prend un nouveau départ avec une bouteille dédiée à épaules rondes, des levures maison, un travail plus pointu sur le vieillissement (la maison dispose aujourd’hui du troisième parc à fûts de Champagne après Krug et Bollinger), l’équipement du chai en lumière orange pour une protection contre les UV et à partir de 2016, un travail à la parcelle. L’entreprise marnaise est passée de 40 salariés en 2013 à une centaine dix ans plus tard, les appros de 69 hectares à 90 avec la récupération des dernières vignes Gouthorbe et un récent partenariat pour 9 hectares bios dans la vallée de la Marne, signé avec Françoise Bedel, figure de proue de la biodynamie champenoise. « L’objectif est d’arriver à 130-135 hectares d’appros en fonction des opportunités de rachats ou de fermages. Nous disposons aujourd’hui d’environ 20% des surfaces identifiées en bio [8% au total en Champagne],  qui vont dans la cuvée Nature ». La maison élabore également une cuvée éponyme pour la GD et depuis 2018, une cuvée Michel Reybier destinée à 95% pour les établissements du groupe hôtelier.

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Les Vignobles de Larose voient les choses en grand

Une importante séquence de travaux a été engagée en 2021 au sein des Vignobles de Larose, dont un premier volet se concrétise par l’inauguration d’un nouvel outil technique pour ces vendanges 2023. Le projet complet aboutira début 2025 avec un site œnotouristique flambant neuf.

À l’échelle du Médoc et de l’ensemble du vignoble bordelais, les Vignobles de Larose jouent dans la catégorie poids lourd. Cet ensemble figurant dans l’escarcelle du groupe d’assurance Allianz depuis 1986 a pour piliers historiques deux Crus Bourgeois Supérieurs, Château Larose-Trintaudon et Château Larose-Perganson, qui couvrent à eux deux plus de 200 hectares de superficie, auxquels s’ajoutent le Cru Bourgeois Exceptionnel Château Arnauld (acquis par le groupe en 2007) et le Cru Bourgeois Château Tour de Pez (acquis en 2019). Le tout s’élève à près de 260 hectares, pour 1,2 million de bouteilles produites à l’année. À la manœuvre de cet imposant paquebot, se trouve un homme d’expérience : Franck Bijon, qui a rejoint la maison il y a plus de trente ans, d’abord à la technique pour évoluer vers la direction générale.

2800 m2 de nouvelles cuveries, 151 nouvelles cuves installées
Celui qui est, depuis 2021, président des Crus Bourgeois du Médoc, donne le cap des Vignobles de Larose et orchestre une soixantaine de salariés permanents. Son ambition : « montrer que le plus gros producteur du Médoc peut être un artisan du vin, et se projeter sur les quarante prochaines années ». C’est à cet effet qu’il mène tambour battant, depuis 2018, un colossal projet de rénovation du site de production principal (celui de Larose-Trintaudon et Larose-Perganson) en collaboration avec le cabinet d’architecte bordelais BPM : la première pierre a été posée en 2021, pour une inauguration d’un nouvel outil de vinification à l’occasion des vendanges 2023. Deux nouveaux cuviers, un en inox pour Larose-Trintaudon et un en béton pour Larose-Perganson, sont opérationnels, apportant une plus grande précision et un plus grand confort de travail aux équipes, soit une surface de 6000 m2 créés et 5000m2 rénovés. Deux chais d’élevage vont être déployés dans la foulée. Ces unités se complètent d’un cuvier d’assemblage d’une capacité de plus de 15 000 hl alimenté par Vinoduc, et d’un vaste site de stockage.

L’ensemble, qui se veut économe en eau comme en énergie (plus de 1500 m2 de panneaux photovoltaïques assurent une autosuffisance 8 mois par an), a sollicité une vingtaine d’entreprises, pour la plupart issues de Nouvelle-Aquitaine : une démarche qui s’inscrit dans la philosophie RSE des Vignobles de Larose, un engagement de longue date – il remonte à 2008 – qui s’est encore concrétisé en juin dernier par l’obtention, pour la cinquième fois, du label Engagé RSE et Responsability Europe de l’AFNOR Certification à un niveau exemplaire – il est le seul vignoble européen à avoir accompli ce. Cet effort se manifeste sur le plan cultural (une conversion bio est lancée sur l’ensemble des vignobles du groupe) mais aussi sur le plan sociétal, avec une très grande attention portée aux conditions de travail des salariés qui s’illustre par un « pôle social » dans le nouveau bâtiment avec réfectoire, salle de repos, terrasse, coach sportif deux fois par semaine…

25 millions d’euros d’investissement
Les travaux continuent au moins jusqu’à début 2025, date de l’inauguration d’un nouveau site œnotouristique qui prévoit d’accueillir au moins 6000 visiteurs par an. Un « jardin des cépages » et un rooftop complèteront une offre de visites et dégustations qui mettra en avant les quatre propriétés du groupe. L’ensemble de l’investissement s’élève à 25 millions d’euros, dont 60% sont financés par Allianz, le reste s’appuyant sur les performances des propriétés : pour ce faire, toute l’équipe des Vignobles de Larose se retrousse les manches afin de maintenir les positions de ses quatre marques sur les différents marchés, d’une valeur sûre comme Larose-Trintaudon (très présente actuellement dans les Foires aux Vins) à une pépite plus confidentielle comme Château Arnauld, qui n’a rien à envier à certains crus classés et à encore des territoires à conquérir à l’export.

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[Cognac] Frapin régale

La maison Frapin nichée au cœur de la Grande Champagne délivre une petite folie à l’approche des fêtes. Millésimé 1990, c’est un trente ans d’âge de très haut vol.

Un très grand terroir calcaire additionné à une maîtrise parfaite de la distillation avec lies, le tout vieilli dans des chais durant de longues années forment un ensemble somptueux. Comme toujours, les eaux-de-vie de la maison Frapin tutoient les sommets. « Élégant, souple, brillant et gourmand, le Millésime 1990 est le fruit d’une alchimie complexe, alliance d’un terroir unique, d’un savoir-faire ancestral et d’une passion pour l’excellence, prévient Patrice Piveteau », maître de chai et directeur général, ajoutant : « Pleinement signé Frapin par sa voluptueuse richesse aromatique et son infinie longueur en bouche, il est doté d’une personnalité propre héritée des aléas climatiques de cette année-là sur le vignoble en coteaux de Chez Piet… Récolté, distillé sur lies et vieilli au Domaine, le Millésime 1990 – 30 ans d’âge contient l’expression sublime de notre terroir situé au cœur de la Grande Champagne ». Cette eau-de-vie propose un nez sur la marmelade et les écorces d’oranges. L’attaque est éclatante, les notes délicates de rancio tapissent le palais pour ne plus le quitter. C’est du grand art et les fêtes ne peuvent s’imaginer sans cette bouteille à la fin du repas.  

Millésime 1990 : 195 euros les 70 cl

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[Nouveau numéro] Terre de vins : L’avenir en vert

Sorti aujourd’hui en kiosques, le numéro 89 de Terre de vins consacre l’entièreté de ses pages au développement durable, à travers des portraits, entretiens et une sélection de bouteilles « vertes » mettant en lumière les pratiques vertueuses enclenchées dans les vignobles. 

Régulièrement cible d’attaques sur les questions environnementales, la filière viticole multiplie pourtant les démarches dans le bon sens. Aujourd’hui en moyenne, 10 à 30 % des vignobles sont convertis ou en conversion vers l’agriculture biologique. Si le chiffre diffère selon les régions, l’effort d’ensemble reste le même et mérite d’être salué, d’autant plus que nombre de vigneronnes et vignerons appliquent une vigilance de tous les instants quant à la non utilisation de produits de synthèse, sans pour autant franchir le pas de la certification. 

Qui a dit que la taille comptait ?
Ce sont toutes ces démarches que nous mettons en avant dans un numéro qui tend à démontrer que prendre le virage des pratiques vertueuses n’est pas réservé aux grandes propriétés, et que celles de taille plus modeste ont leur part du gâteau à prendre. C’est le cas de l’écrasante majorité des lauréats des derniers Trophées Bordeaux Vignoble Engagé, dont les portraits sont à découvrir dans nos colonnes qui mettent notamment en avant Noémie Tanneau, dont la cuvée sans soufre à été dégustée par le roi Charles III lors de sa récente visite à Bordeaux.  

Zoom sur l’agroforesterie
Et comme les pratiques vertueuses de ne limitent pas à une conversion en bio, coup de projecteur sur l’agroécologie, ensemble de pratiques agricoles qui s’appuient sur les ressources offertes par les écosystèmes. Arbres, haies, ruches… nombre de ces ressources naturelles permettent de construire un environnement sain pour les vignes et pour l’Homme. Cette pratique n’a pas de frontières comme le démontrent les sept propriétés qui composent la « Tribu » consacrée à l’agroforesterie, issues de tous les vignobles de l’Hexagone. Pour mieux comprendre cette pratique, retrouvez un entretien avec Alain Canet, agronome et agroforestier qui accompagne de nombreuses exploitations agricoles pour réintroduire des arbres en leur sein.

Sélection minutieuse
Après avoir étanché votre soif de savoir sur les sujets environnementaux, nous vous proposons une large sélection de bouteilles, toutes certifiées bio ou biodynamie, avec pas moins d’une centaine de flacons « verts », issus de l’intégralité des vignobles français. Une diversité assez folle avec des bouteilles à tous les prix, rejetant l’idée que le bio est inaccessible. 

Retrouvez ce numéro dès aujourd’hui dans les kiosques ou abonnez-vous en cliquant ici

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Vendanges 2023 : tout va bien en Touraine

L’exceptionnel beau temps des premiers jours de l’automne permet aux vignerons de Touraine de poursuivre tranquillement leurs vendanges. Les pressoirs sont bien remplis et la qualité est au rendez-vous. Coup d’œil réjoui sur les appellations Touraine, Coteaux-du-Vendomois et Jasnières.

Au pays d’Honoré de Balzac, les vendanges se terminent sous le soleil. Au sein de l’appellation Touraine, la majorité des vins sont issus du sauvignon. Ils sont rentrés, pressés et fermentent sans problème, en quantité. Les rouges de gamay sont bien avancés et se sont finalement bien sortis des vicissitudes climatiques de l’année 2023. Avec les belles journées du début d’automne, les cépages tardifs, chenin blanc, cabernet franc et pineau d’aunis finissent de mûrir sereinement. 

En Sologne chez les Marionnet
« Une année à volume sauvée par le coup de chaud de septembre » résume Jean-Sébastien Marionnet au domaine de la Charmoise (Soings-en-Sologne, Loir & Cher). La chaleur la semaine du 4 septembre a fait prendre deux degrés en quelques jours. Comme il y avait une grosse sortie, il avait fallu couper des raisins en juillet et en août pour aérer, car l’été était maussade, avec de la pluie en juillet et des pointes de pourriture au 15 août. Les blancs de sauvignon sont finis depuis la mi-septembre. Les rouges seront terminés autour du 4 octobre, grâce à une équipe de 50 coupeurs venus de Bulgarie : « Ça sent bon dans le chai, les gamays sont sains car quand il le faut, on trie. Mais le côté qui est exposé au soleil à partir de midi n’a pas aimé les 35 degrés. Heureusement, ça n’apporte pas de faux goût. On n’est pas comme en 2022, mais on est content ». Rendez-vous pour les premières bouteilles dès le 16 novembre pour la sortie du gamay primeur, vinifié chaque année sans aucun souffre. 

L’appellation Touraine 
Pour Thierry Michaud, président de l’appellation Touraine, tout se passe bien : « Belle récolte, la qualité est au rendez-vous, le degré d’enrichissement réduit – pas du tout chez moi – la maturité est là ». Mais sur les 5 000 hectares de l’appellation, il y a des variations, notamment plus de pluie en Indre & Loire que dans le Loir & Cher, plus continental. Il y a eu coup de mildiou fin juillet conséquent aux orages, qui a frappé certains plus que d’autres. Lui qui travaille en bio n’a pas vraiment souffert, grâce à 10 passages de cuivre. Quant à la pluie de septembre « 40 mm en 4 fois, c’est bu petit à petit » explique-t-il. Les sauvignons sont terminés depuis le 22 septembre sans problème, les gamays aussi. Il en est très content : « Ils sont magnifiques et sains. Pour ceux qui font du gamay primeur, il sera réussi. La mode est un peu passée, mais ceux qui le font le font très bien, ils le font à la main, ils trient. Le peu qui existe est très bon, bien meilleur qu’il y a vingt ans ». Il est optimiste sur l’avenir du millésime, même si la récolte sera importante sur tout le Val de Loire et que les marchés se tendent avec l’Ukraine, l’inflation et la déconsommation. « 2023 ressemble peut-être à 2018 pour le volume et le style très fruité, mûr et pas trop tannique. Les 19 et 20 étaient beaucoup plus riches. Pas trop d’alcool, le vrai style classique ligérien, avec une acidité normale. Cela me plait. » conclut le vigneron de Noyers-sur-Cher (Loir & Cher). 

Au bord du Loir
Dans le nord du Loir & Cher, au domaine Martellière de Montoire-sur-le-Loir, les cépages précoces, chardonnay, pinot noir et gamay sont rentrés avec succès, et le volume est généreux. Après le coup de chaud de la semaine du 4 septembre qui a bloqué la maturation, le gros problème de l’année, c’est la pluie du 21 septembre. Il a fallu attendre un peu pour ramasser les chenins blancs de Jasnières, après un passage à la main pour faire un tri négatif (retirer ce qui peut poser problème). Il y aura du sec et une cuvée de sec tendre. Pour les Coteaux-du-Vendomois dont la spécialité et le pineau d’aunis vinifié en gris, la vendange a commencé le 1er octobre. Ce cépage à grosses grappes est parfaitement mûr et a bien résisté, ce qui n’est pas forcément habituel. Jean-Vivien Martellière constate que les cépages tardifs, aunis et cabernet s’en sortent mieux depuis quelques années « à croire que le changement climatique leur convient ». 

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Clos d’Ora : le Languedoc en majesté

Au sein de l’univers des vins produits par Gérard Bertrand, le Clos d’Ora exprime toute le potentiel du Languedoc à produire de grands vins identitaires et d’émotion.

Le Languedoc, dans toute son immensité protéiforme, est une terre de contrastes où les possibles s’égrènent au fil de paysages superbes cachant des lieux véritablement hors du temps. C’est le cas ici où, nichés dans la garrigue, 5,5 hectares se lovent sur les hauteurs de l’appellation Minervois La Livinière à 220 mètres d’altitude. Au loin, les Pyrénées, la Méditerranée et la Montagne Noire dans un tableau où l’homme est bien peu de choses. Dans ces espaces puissants, Gérard Bertrand va identifier cette parcelle en s’y promenant en 1997. Un lieu à part où quelques ceps anciens lui donnèrent un indice précieux sur les temps passés. Là, il replantera dès 2000 des syrah, totalement en leur royaume sur cette appellation, et qui constituent toujours la colonne vertébrale de cette cuvée. Des mourvèdre seront aussi réintroduits aux côtés de carignan presque centenaires et de vieux grenache. Ce Clos d’Ora, c’est Gérard Bertrand qui va le baptiser ex nihilo. « Ora, c’est la prière en latin mais aussi le temps en grec, la projection dans le futur » explique celui qui a souhaité tout simplement créer ici « un grand vin du sud de la France ». Le sol, par sa complexité, rend cette volonté possible. Situé au niveau d’une faille géologique, des calcaires lacustres (où s’épanouissent les syrah) discutent avec des grès, des argiles et des marnes. De l’altitude, du soleil, une approche méticuleuse portée par la biodynamie et son attention globale au vivant.

Des vins de noble facture
On pourrait vite condamner le Languedoc et ses terres subissant évidemment en première ligne les effets d’un réchauffement climatique sans cesse plus prégnant. Pourtant, avec une vision lucide sur l’avenir et l’intelligence du geste, de grandes cuvées naissent des entrailles de ces terroirs méridionaux. Le Clos d’Ora, dont le premier millésime date de 2012, est assurément l’une d’elles. Une récente dégustation organisée à Paris nous a permis de déguster 4 millésimes différents, de 2017 à 2020. Chacun de ces vins s’est montré admirable dans sa capacité à exprimer une identité singulière dans une certaine cohérence de style. Des vins denses, profonds et complexes au nez imposant leur texture dentelée en bouche comme pour mieux surprendre le dégustateur. 2017, né dans la chaleur d’un millésime solaire, impose son énergie compacte oscillant entre fruits noirs, bois précieux et notes tubéreuses et de garrigue. 2018 pour sa part s’avère démonstratif mais dans un autre registre, celui d’une gourmandise assumée. La rondeur de sa chair le rend terriblement désirable et étonnamment accessible et prêt. Quant aux deux derniers opus, ils sont simplement impressionnants. 2019 est doté d’une force tranquille, imposant sans mal son équilibre souverain et réjouissant d’une tension finement acide admirable. De la concentration mesurée en somme et un potentiel de garde fort long. A l’image du 2020 qui, lui aussi, devrait contenter les amateurs les plus exigeants. Matière très élégante aux tannins soyeux et finement poudrés, fruits noirs infusés, évocation fugace de notes cacaotées et d’oranges confites. Une grande réussite qui saura défier le temps.

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[Concours du meilleur caviste de France 2024] Un lancement en fanfare

Hier, en partenariat avec le Syndicat des Cavistes Professionnels (SCP), Terre de Vins conviait les 40 cavistes retenus pour les qualifications (dernière marche avant la finale) en 2022 à un « Club Caviste » parisien, le temps d’un déjeuner à l’hôtel Le Meurice, en présence des partenaires et des anciens vainqueurs. L’occasion d’annoncer en avant-première les grandes dates et nouveautés de cette édition, et de dévoiler le nom du parrain : Laurent Gerra. 

C’est un point d’étape symbolique, à mi-chemin entre 2022 et 2024. Un an après le sacre de David Morin, Meilleur caviste de France 2022, et avant la grande finale qui dévoilera le nom du prochain vainqueur de la compétition biennale créée par le SCP et organisée par Terre de Vins, cette journée a délivré son lot de nouveautés concernant l’édition 2024, tant sur le calendrier que sur le fond des épreuves. 
Après une phase d’inscription en ligne ouverte sur meilleurcavistedefrance.fr du 1er janvier (9h) au 31 mars 2024 (0h), les pré-sélections digitales (prenant toujours la forme d’un questionnaire en ligne) se tiendront le lundi 13 mai 2024. Elles permettront de désigner les 40 meilleurs en se basant exclusivement sur leurs notes (et toujours à condition qu’ils aient obtenu la note médiane exigible), là où auparavant entrait en jeu un critère géographique de représentativité régionale. Autre nouveauté, les deux derniers rounds seront désormais condensés sur deux jours consécutifs. Les phases qualificatives à la finale se joueront le dimanche 20 octobre 2024 selon une formule repensée. En matinée, les deux épreuves écrites historiques seront conservées (connaissances et dégustation). Elles permettront de dégager quinze demi-finalistes qui s’affronteront l’après-midi lors de deux nouvelles épreuves (quiz et épreuve mystère de mise en situation). A l’issue de cette journée, les huit finalistes seront dévoilés, et se confronteront le lundi 21 octobre lors de quatre rounds en direct : « questions pour un caviste » (quiz de rapidité et de connaissances), « la grande épreuve à l’aveugle » (dégustation à l’aveugle commentée de différents produits), « le grand oral » (présentation orale d’un produit sélectionné par l’organisateur) et « en direct de la boutique » (simulation de vente/conseil sur un choix personnel). En amont, un client mystère aura aussi évalué les aptitudes de conseil des cavistes. 
A l’issue de cette journée, les noms du Meilleur caviste de France, ainsi que de ses dauphins caviste d’argent et de bronze seront connus, tout comme celui de Meilleur jeune caviste de France (meilleur candidat finaliste de moins de trente ans, soit natif de l’année 1994).

©A. Viller


Des partenaires fidèles au poste
La force de ce concours, relancé par le Syndicat des Cavistes Professionnels à partir de 2014 et organisé par Terre de Vins depuis 2020, c’est la fidélité des ses acteurs. Des cavistes très motivés d’abord, qui n’hésitent pas à se challenger en retentant leur chance lors de plusieurs éditions successives. Et des partenaires toujours au rendez-vous, supports infaillibles de cette profession avec qui ils tissent des liens sans cesse plus étroits. Parmi, Champagnes et Châteaux, complice historique depuis la première édition en 2014, mais aussi Calmel & Joseph, Inter Rhône ou encore le Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC). En dégustation lors d’un free-tasting matinal, les vins des partenaires ont également été les accompagnateurs de prestige du déjeuner imaginé par les talentueux Alain Ducasse et Cédric Grolet. 

Le Baron de Montfaucon Côtes du Rhône blanc 2021 et La Marquise Pays d’Oc blanc de chez Calmel & Joseph 2020 ont ainsi accompagné avec brio les tomates multicolores de Christophe Latour, tagète, caillé de chèvre de Monsieur Fabre. Un premier plat intitulé « céleri rave, bœuf et moelle, fin bouillon épicé » a été sublimé par La Magdeleine 2019 Val de Dagne de chez Calmel & Joseph, ainsi que par le Domaine Grande Romane Côtes du Rhône blanc 2022. Le second plat, une épaule d’agneau braisée au citron confit, coco de Paimpol et herbes, a quant à lui été l’occasion d’un challenge pour les cavistes, en forme de mise en jambes pour le concours 2024. Le défi consistait à déterminer le millésime de deux vins servis sur ce mets : La Madone Corbières rouge de Calmel & Joseph 2016, et Parallèle 45 Côtes du Rhône blanc de Paul Jaboulet Aîné 2022. Après tirage au sort parmi les bonnes réponses, ce sont Marc Pottier (Cave Henri IV, Argentan) et Franz Siaugues (Cavavin Nantes Saint-Joseph) qui sont les heureux vainqueurs de douze verres Riedel riesling. Le repas s’est clôturé en apothéose sur l’Orange sculptée, un dessert aussi visuel que délectable, accompagné par Pomone vin orange Amstramgram 2022 de Calmel & Joseph, et par Le Dit du Bastidon Saint-Maurice Côtes du Rhône Villages blanc Gigondas la Cave 2022. Enfin, le Cognac a fermé le bal avec quatre jolies références en dégustation.

Un parrain motivé
L’autre grande annonce de ce lundi, c’était la divulgation du nom du parrain de cette édition 2024. Après Pierre Arditi, François Berléand, François-Xavier Demaison, Thomas Dutronc et Julie Gayet, c’est au tour de l’imitateur, humoriste, acteur et scénariste Laurent Gerra d’endosser ce rôle. Acclamé par une standing ovation, l’artiste s’est prêté hier, toujours avec humour et esprit, au jeu des questions-réponses du directeur de Terre de Vins Rodolphe Wartel, racontant autant son amour, enfant, pour la musique et les chanteurs qui lui a donné l’envie de monter sur scène « avec toujours autant de plaisir depuis trente ans », que ses ses autres passions – Laurent Gerra est aussi restaurateur à Lyon et vigneron en Provence -. Son amour du vin lui a d’ailleurs inspiré les titres de ses derniers spectacles. Après son précédent show baptisé « Sans modération », joué avec une étiquette de vin collée sur le front, la tournée de son nouveau spectacle « Laurent Gerra se met à table » débutera en mai 2024. Un timing à l’unisson avec les pré-sélections du Concours du meilleur caviste de France. Ca ne s’invente pas.

Photos ©A. Viller

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Collection Impériale Création NO. 1 : Moët & Chandon lance une cuvée pour ses 280 ans

Moët & Chandon fête cette année ses 280 ans et dévoile à cette occasion le premier opus d’une nouvelle collection baptisée « Collection Impériale », qui se devra d’incarner la quintessence du « savoir-vin » accumulé depuis la création de la marque par Claude Moët en 1743 et les valeurs de ce que l’on pourrait appeler, en référence au monde de la Haute couture, la Haute œnologie.

Pour ses 280 ans, Moët & Chandon présente une cuvée qui célèbre les deux grands piliers de la Champagne que sont l’art de l’assemblage et l’art de l’élevage. En effet, pour cette cuvée de Haute œnologie, le chef de caves Benoît Gouez, profitant de la bibliothèque de vins de réserve extraordinaire dont il dispose, a combiné les vertus de sept millésimes différents, chacun ayant une expression particulière. Il a aussi composé avec les qualités des trois grands types de vinification et d’élevage pratiqués en Champagne, inox, foudre, et, plus original, en flacon sur lie, puisqu’une partie des vins assemblés ont connu au préalable une seconde fermentation en bouteille avant d’être « remis en cercle ». Cet assemblage singulier commence ainsi « par le frais Grand Vintage 2013, vinifié en cuves d’acier inoxydable, complété par le raffiné 2012, le puissant 2010, le tendu 2008, le corsé 2006, le vif 2000, élevés en foudres de chêne, et se termine par l’élégant 2004, longuement élevé sur lies en bouteilles après la seconde fermentation. »

© G Sgura

Benoît Gouez nous a raconté la genèse de cette nouvelle collection qui se veut d’abord un hommage au temps long. Elle s’inspire d’une précédente cuvée baptisée « Esprit du siècle » composée voici 25 ans par Dominique Foulon pour célébrer l’entrée dans le nouveau millénaire. Déclinée en 323 magnums, l’idée était alors de rendre hommage au XXe siècle en assemblant un millésime par décennie de 1900 à 1995. Si 1995 était en cuve, tous les autres millésimes étaient des champagnes en bouteilles qui furent remués, dégorgés, puis remis en cercle pour être réassemblés, avant d’être tirés à nouveau pour une nouvelle prise de mousse et un nouveau vieillissement sur lie. En présentant « Esprit du siècle », l’équipe œnologique de la Maison s’était rendue compte que cette utilisation de la remise en cercle avait un impact assez significatif sur le vin fini auquel elle donnait un profil nouveau, notamment à travers cet équilibre paradoxal entre jeunesse et maturité. « Il était difficile de lui donner un âge parce qu’il avait à la fois des attributs de fraîcheur et de maturité » explique Benoît Gouez.

De cette manière, alors que jusqu’ici les cuvées de la Maison étaient composées seulement en trois dimensions à travers l’assemblage des cépages, des villages et des vendanges (pour les non vintages), Collection Impériale, en ajoutant l’assemblage des différents types d’élevage, se dote d’une quatrième dimension. « Quelque part, nous avons poussé au maximum la diversité que l’on peut générer dans nos vins. C’est pour cela que nous affirmons aujourd’hui que Collection Impériale est la plus haute expression de Moët & Chandon. A l’image de l’univers de la mode, on peut dire que Moët Impérial représente notre classique intemporel, les millésimes sont davantage des créations libres et sur mesure du chef de caves. Enfin, Collection Impériale constitue notre haute couture. Plus j’y pense, plus je me dis que la force de Moët & Chandon est là : s’appuyer sur la diversité. C’est cette diversité qui crée à la fois la complétude et la complexité à l’assemblage puis sur le champagne fini. On a poussé le curseur un cran plus loin en introduisant ces trois types d’élevage qui permettent de jouer sur le primaire, le secondaire, le tertiaire, et donc d’offrir une nouvelle complexité. Nous estimons légitime de parler de  « haute œnologie » parce que nous avons mis dans Collection Impériale tout notre savoir vin. Tout ce que nous avons appris depuis 1743. Mais c’est notre plus haute expression à date, en s’imaginant que peut-être dans le futur nous allons encore inventer autre chose, avoir une autre idée pour aller encore plus loin ! »

Une chose est certaine, la description de cet ovni nous a mis l’eau à la bouche : « Son profil aromatique est d’abord réservé, sur des notes tertiaires, empyreumatiques et minérales, tel le bâton de réglisse, le moka et le pain grillé. A la respiration, des arômes secondaires sucrés de madeleine, de vanille et de noisette fraîche apparaissent, suivis de nuances fruitées de citron confit, de mirabelle et de figue sèche. En bouche, la complexité de Collection Impériale Création N°1 s’exprime entre maturité et fraîcheur : elle offre une expérience généreuse et sophistiquée. Sa douceur aromatique épouse son effervescence délicate. Le palais du champagne s’élargit progressivement et laisse place à un va-et-vient de vivacité et d’amertume. La finale est précise, sans sucre, et se prolonge sur des notes de fumé et de réglisse, laissant une impression de douceur. »

Soulignons enfin que Collection Impériale ouvre le décompte du tricentenaire qui sera célébré en 2043 puisque désormais une nouvelle création devrait être dévoilée tous les deux ans.

Oenothèque © Julien Claessens

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La grande aventure Pays d’Oc

Le 19 octobre prochain se tiendra la traditionnelle dégustation de la Collection Automne/Hiver du syndicat des vignerons de l’IGP Pays d’Oc au Domaine de Manse(34). L’occasion pour Terre de Vins de revenir sur les origines et l’identité de la plus grande IGP de France.

Signe d’identification européenne créée en 1992 et initialement attribuée aux produits alimentaires, l’IGP est étendue au secteur viticole en 2009 et vient remplacer l’ensemble des vins de pays reconnus par l’Union européenne. Comme pour les AOC, les IGP sont organisées en syndicat de vignerons et les règles sont dictées par l’INAO. Il existe aujourd’hui 75 IGP viticoles sur le territoire français, la plus célèbre de toutes étant le Pays d’Oc.

Né en 1987, les vins du Pays d’Oc prennent racine autour du concept de vins de cépages. Le territoire s’étend sur toute l’ancienne région administrative du Languedoc-Roussillon, terres des plus anciennes traces de culture de la vigne en France (grecs, romains). Depuis le 1er août 2009, ces vins jouissent donc d’une Indication Géographique Protégée (IGP), label de qualité européen assurant l’authenticité de leur origine. Cette attribution s’inscrit dans une réorganisation des dénominations viticoles en France, où les AOC deviennent AOP, les Vins de Pays se transforment en IGP et les Vins de Table cèdent la place aux vins sans indication géographique avec la mention Vin de France.

Comme pour l’AOC/AOP, la notion de terroir est forte pour un IGP à la différence d’un cahier des charges plus ouvert, notamment sur la quantité de cépages autorisés à la culture. Ainsi, dans le Pays d’Oc, et en plus des cépages méditerranéens, merlot, pinot noir et sauvignon peuvent rentrer dans l’élaboration des vins de l’IGP. Les cépages résistants ont également intégré le cahier des charges. Aujourd’hui, environ 120 000 hectares sont dédiés à la culture de l’IGP Pays d’Oc.

En chiffres *
L’Occitanie pèse environ 80 % des vins IGP produits sur le territoire français. La célèbre IGP a généré 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022 et comptabilise près de 20 000 viticulteurs/vignerons sur l’ensemble de son territoire.

 *source https://www.paysdoc-wines.com/

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