Champagne : ces Maisons qui rachètent des logements pour leurs vendangeurs

La vendange 2023 en Champagne a remis en lumière les conditions d’hébergement des saisonniers. Si certains, une minorité, abusent ; d’autres offrent des logements dignes et un confort dans l’intérêt de tous.

« Il y a plus de 20 ans, j’avais un vendangeoir pour loger les saisonniers. Mais je l’ai fermé car la réglementation était très restrictive. L’année dernière, j’ai finalement acheté des maisons d’habitation et cette année, j’ai de nouveau accueilli des vendangeurs. » La tendance, dans le vignoble champenois, était jusqu’alors à l’abandon progressif de l’hébergement des saisonniers ; Antoine Malassagne, du champagne AR Lenoble, fait le chemin inverse.

De très nombreux acteurs du monde du champagne ont d’ailleurs été choqués par la révélation de nouvelles enquêtes ouvertes pour traite d’êtres humains, pour l’hébergement de saisonniers dans des logements insalubres et indécents. Les coprésidents du Comité champagne, David Châtillon et Maxime Toubart, ont d’ailleurs pris la parole ensemble lundi 25 septembre dans les colonnes de L’union, condamnant « fermement ces comportements inqualifiables ».

Gagner en sérénité
« Cela fait 35 ans que nous accueillons des gens du voyage. Ils viennent en camping-car et nous leur mettons un terrain à disposition. Ce sont des êtres humains qui travaillent pour nous, il faut les considérer », affirme René Goutorbe, à la tête du champagne Henri Goutorbe à Aÿ. Au total, le négociant héberge entre 70 et 80 personnes dans l’Aube et dans la Marne. « Dans l’Aube, par exemple, nous avons logé 18 Bulgares dans une maison disposant de quatre douches, d’une machine à laver… » Le nécessaire pour être dans le meilleur confort possible durant la période de récolte. « Ils ont tout. S’ils ont besoin de quelque chose, ils me le demandent. » Idem dans un autre logement, à Aÿ, calibré pour neuf personnes. « Nous sommes passés de deux à trois salles de bain. Les normes, oui, il y en a. Mais nous avons les maisons, les terrains. On s’adapte. » Il n’y a que la nourriture que la famille Goutorbe ne fournit pas, « mais nous avons installé des frigidaires ».

Antoine Malassagne a également choisi de s’adapter, dans l’intérêt de la qualité de la récolte et de la convivialité. « Avant le covid, j’avais déjà des difficultés à recruter. Alors, pendant un an et demi, j’ai fait appel à un prestataire, mais je n’étais pas satisfait. Le timing n’était pas toujours respecté, les gens ne répondaient pas toujours à l’appel et, à la fin, la note était salée », raconte Antoine Malassagne. « Je ne dis pas que tous les prestataires ne font pas bien leur travail, mais j’en suis revenu. »

Rentabiliser en proposant de l’hébergement touristique
À l’hiver 2022, il acquiert des maisons du côté de Montmort-Lucy. Au printemps suivant, des travaux d’aménagement sont effectués, « pour le confort de tous », et à la vendange 2023, 32 saisonniers, « à 90% des étudiants polonais », sont accueillis. « J’ai aussi loué un gîte pour une dizaine de personnes. » Objectif 2024 : loger la totalité des vendangeurs dans des habitations appartenant à AR Lenoble. « Hormis les premiers jours très chauds, où nous avons arrêté de couper à 14h, je n’ai eu aucun souci. Je ne sais même pas si j’ai fait des économies, car je n’ai encore pas fait le bilan. Mais ce n’est pas l’essentiel pour moi. J’ai plutôt gagné en sérénité, car je sais comment les saisonniers sont nourris et logés. On a aussi gagné en qualité de travail, même si c’était la première fois pour beaucoup d’entre eux. »

Le Champenois reconnaît qu’il s’agit d’un investissement conséquent pour une dizaine de jours de récolte. Mais il envisage d’amortir le coût en proposant de l’hébergement oenotouristique le reste de l’année. Ce retour à l’hébergement des saisonniers offre un bilan satisfaisant pour le négociant de Damery. « Les années précédentes, la vendange était une corvée, remplie de stress. Là, c’était de nouveau un moment de fête. »

Maxime Toubart : « L’homme est au cœur du système »
Très prochainement, les coprésidents du Comité Champagne vont se réunir avec les services de l’Etat (préfet, Dreets…), la MSA, les employeurs et tous les acteurs concernés par les conditions de travail et d’hébergement durant les vendanges. « Nous allons tout remettre à plat, pour voir ce qui ne fonctionne pas. Il faut reprendre de la base », indique Maxime Toubart, coprésident du Comité Champagne, représentant le syndicat général des vignerons (SGV). « Il s’agit d’une première étape. Entre les conditions techniques et l’accueil des saisonniers, il faut trouver des solutions acceptables pour tout le monde. La profession est encadrée, le code du Travail est précis, et nous sommes un métier agricole qui travaille sur une denrée périssable. Tout cela doit être pris en compte. Nous sommes conscients qu’il s’agit d’un enjeu important parce que c’est l’homme qui est au cœur du système. Nous sommes également observés donc comptable de ce qui se passe. » Certaines voies s’élèvent déjà pour évoquer la mécanisation de la vendange en Champagne. « À date, cela ne fonctionne pas. Mais nous ne devons rien nous interdire. Mais, dans un premier temps, il s’agit de faire un bilan. Les propositions viendront ensuite. »

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Victime d’un malaise, Pierre Arditi va bien

Hospitalisé à la suite d’un malaise en pleine représentation au théâtre Edouard VII, à Paris hier soir, le comédien, chroniqueur de longue date pour Terre de vins, se porte mieux. 

Admis en urgence mercredi soir à l’Hôpital Lariboisière dans le Xème arrondissement de la capitale, celui qui donne la réplique à Muriel Robin dans la pièce « Lapin » a pu regagner son domicile ce matin. Ce « fou de vins », comme il aime à se décrire, est bien connu des lecteurs du magazine Terre de vins dans lequel il signe depuis douze ans maintenant sa chronique « En coulisses ». Il y retranscrit avec passion son amour pour le vin mais également pour les vignerons, auxquels il rend visite avec joie dès qu’il en a l’occasion lorsqu’il sillonne les routes de France en tournée. Le lien entre le comédien et Terre de vins est resté intact toutes ces années puisque Pierre Arditi, véritable gastronome, a également parrainé la 3ème édition du Tour des Cartes en 2019, événement organisé par Terre de vins et célébrant les plus belles cartes de vins des bars et restaurants.

Terre de vins souhaite un prompt rétablissement à Pierre Arditi ainsi qu’un rapide retour sur scène. Nous avons hâte de retrouver sa plume épicurienne dans nos colonnes.

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[Coup de cœur] Cuvée Hors série 2018 du Clos du Chêne (46)

Sur le Lot, nous pourrions épiloguer des heures, des grottes préhistoriques aux truffes, des causses dominant la rivière aux villages de Rocamadour et Saint-Cirq-Lapopie, des fraises de Cajarc au pont Valentré. N’en jetons plus sur ce département béni des dieux et arrêtons-nous sur une autre merveille du coin, le malbec.

Le coup de cœur est pour le Clos du Chêne caressé depuis des générations par la famille Roussille. C’est la classe à Duravel où les vins de ce domaine sont toujours racés et purs, en somme lotois. Précisément le Hors Série 2018, un 100% malbec qui a trouvé naissance sur des sols argilo-calcaires. Après une macération de trois semaines, le vin connaît un élevage de 6 mois en cuve ciment et 8 mois dans une cuve ovoïde d’où sans doute il tire son nom. Le nez nous ramène à la typicité d’un lieu, entre la réglisse et la violette, la cerise noire et la mûre. L’attaque est suave et pure, le vin est d’un équilibre parfait sinon stupéfiant. C’est bon, très bon à se resservir. C’est un havre de plaisir à l’apéritif et, pour passer aux choses sérieuses, les Roussille conseillent Hors Série sur des œufs brouillés à la truffe – on s’en doutait un peu – ou un canard aux figues ou encore un carré d’agneau aux herbes de Provence. C’est davantage qu’un programme, c’est un voyage.  

Clos du Chêne (46) – AOC Cahors/15€
Se renseigner auprès de la propriété : 05 65 36 50 09 ou www.clos-du-chene.fr

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[Lyon Tasting] Pour voir la vie en verre

Outil indissociable d’une dégustation de qualité mais pourtant trop souvent mésestimé, le verre possède une multitude de secrets que Terre de vins et Riedel vous proposent de percer à l’occasion d’une masterclass d’exception, samedi 7 octobre à 11h30 au Palais de la Bourse à Lyon.

« La forme d‘un verre influence-t-elle votre appréciation des vins ? ». Cette question, sur les lèvres de tous les amateurs de vins, sera le fil conducteur de la masterclass organisée avec la célèbre cristallerie autrichienne en ouverture de la 6ème édition de Lyon Tasting. Mieux, elle trouvera une, voire plusieurs réponses à travers une dégustation comparative permettant, même aux plus sceptiques, de mesurer l’impact des courbes du verre sur l’appréciation du vin.

Une expérience de dégustation transformée
Car si le verre ne va pas transformer un bon vin en vin d’exception, et inversement, la forme de ce contenant si précieux joue tout de même un rôle prépondérant dans la conservation et surtout, la libération des arômes contenus dans le breuvage sacré. Ainsi, la forme du verre modifie foncièrement l’expérience de dégustation et pour appliquer cette infaillible démonstration, Riedel vous proposera lors de cet atelier quatre verres issus de sa collection « Riedel Veloce ». Ces quatre verres, Cabernet, Pinot Noir, Sauvignon Blanc et Chardonnay, tous nommés d’après le cépage qui leur sied le mieux, offrent de part leurs architectures uniques ce que la cristallerie fait de mieux. Épaule plus ou moins large, buvant plus ou moins étroit, cheminée plus ou moins resserrée… chaque composante du verre est adaptée aux caractéristiques des cépages et non à la couleur des vins (rouge, blanc rosé…) témoignant d’une précision chirurgicale optimisant ainsi l’expression aromatique des vins qui y pénètrent.

Un voyage en trois temps
Après la théorie, la pratique ! Ce sont deux cuvées bourguignonnes et une cuvée bordelaise qui vont vous faire vivre pleinement cette nouvelle expérience de dégustation. Un Meursault 1er Cru “Charmes” 2018 ouvrira le bal en blanc suivi d’un Aloxe-Corton “Les Chaillots” en rouge, toujours sur le même millésime. Ces deux vins de la Maison Louis Latour seront donc suivis d’un vin de la rive droite bordelaise, Château Petit Val 2015 en appellation Saint-Émilion Grand Cru, lui aussi en rouge. 


« On se plaint toujours du vin mais jamais du verre »
Comme l’an dernier, Cécilia Buffenoir, Directrice Régionale Est chez Riedel, animera cette dégustation unique en son genre. « Nous avons vraiment une approche particulière de la dégustation avec des verres par cépage et nous sommes les seuls à le faire. Cela fait partie de notre philosophie pour faire comprendre au public et à nos clients que la différence d’un verre à l’autre est nette, que ce soit en bouche mais aussi au nez. C’est dommage de ne pas prendre le bon verre parce que l’on passe à côté de quelque chose. On se plaint toujours du vin mais jamais du verre et nous, nous voulons mettre le dégustateur dans les meilleures conditions. Les retours sont unanimes que ce soit les professionnels ou les particuliers, il n’y a pas besoin d’être sommelier pour percevoir et ressentir la différence apportée par le choix du verre, ça vient assez naturellement et c’est ce que nous vous proposons de vivre avec nous à Lyon Tasting ! »

La billetterie est ouverte pour cette masterclass à l’issue de laquelle, chaque participant repartira avec ses quatre verres utilisés lors de la dégustation.

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Des vendanges solidaires pour Myrko Tepus

La mobilisation de l’association Rouge Provence va permettre à Myrko Tepus qui a perdu plus de 80% de sa récolte dans les aléas climatiques du printemps de sortir quelques cuvées en Vin de France vinifiées dans son jeune domaine du Haut-Var.

En cette fin septembre, Myrko Tepus vient de démarrer à Esparron-de-Pallières dans le Haut-Var la vendange des quelques raisins rouges qui lui restent et d’un peu de blanc. « On avait échappé au gel de printemps mais un orage de grêle a ravagé nos vignes quatre fois entre le 12 et le 30 mai sans compter le mildiou qui a suivi en juin avec deux semaines de pluie et la coulure pour la floraison ». Les aléas météorologiques sont particulièrement extrêmes depuis 2017, date de l’installation de ce jeune vigneron qui a fait ses armes pendant dix ans comme saisonnier chez Peter Fischer (Château Revelette), Jean-Christophe Comor (Domaine les Terres promises) et Didier Daguenau. Cette année, il a donc perdu plus de 80% de sa récolte. Heureusement, Myrko a pu compter sur le soutien solidaire de l’association Rouge Provence, à laquelle il avait adhéré en 2018, parrainé par Peter Fischer et Pierre Michelland (La Réaltière). Le principe de ce groupement de vignerons issus de toute la Provence est certes de promouvoir en priorité les rouges et les blancs noyés dans un océan de rosés mais aussi d’aider un des leurs à produire au moins une cuvée les années de catastrophe climatiques afin de ne pas perdre tous ses clients et d’avoir assez de trésorerie pour payer les factures.

Mobilisation générale
Tout le monde s’est donc mobilisé pour lui fournir des raisins et lui permettre d’élaborer une cuvée spéciale qui sera revendiquée en Vin de France au regard de la provenance diverse des grappes. « J’ai formulé quelques vœux de cépages que Stéphane Bourret (La Bastide Blanche) qui coordonne l’association a envoyé à tous mes confrères [environ 35 domaines]. Chacun donne ce qu’il peut, certains 500 kg d’autres quelques milliers sachant que beaucoup ont aussi été impactés les années précédentes ». Myrko a récupéré surtout du cinsault et du grenache en rouge, du rolle en blanc. « Bien sûr, je vais élaborer des cuvées atypiques tout en essayant de garder mon style. J’ai juste demandé des raisins fraîchement pressés en grappes entières pour continuer à faire des infusions, notamment pour les rouges. Comme je gère les fermentations avec les levures indigènes de ma cave, même si les sols sont différents, je garde mon identité ». L’idée de Myrko est de vinifier les cépages « solidaires » séparément pour créer une gamme de 4 rouges, 2 blancs et 2 rosés qui porteront des étiquettes inédites signées d’un artiste bruxellois Anthony Willem. « D’habitude je peux faire jusqu’à 40 000 bouteilles selon les millésimes; je devrais quand même arriver à 30 000 cette année. C’est pas si mal car si on passe un an sans récolte, on ferme ». Myrko pense les commercialiser en cartons panachés. Par ailleurs, Rouge Provence a organisé dans l’urgence, cet été, une journée de dégustations des vins de l’association pour les prescripteurs. La manifestation a eu lieu au domaine de Myrko, la location des lieux lui apportant 10 000€ de trésorerie. « Cela permet déjà de payer les camions et l’essence pour aller récupérer les tonnes de raisin dans les domaines du Var et des Bouches du Rhône ».

©DR

Des terroirs d’altitude à haut potentiel
Issu d’une famille de marchands de vin du Centre Var, Myrko Tepus a toujours voulu créer son domaine. « Je rêvais de m’ancrer quelque part et ma famille avait eu des vignes ici. Je suis entré en contact avec un berger qui voulait vendre les siennes à l’abandon. Il fallait surtout les remettre en état pour garder le patrimoine génétique de ses 12 hectares, des grenaches de 50-70 ans, des carignans d’une soixantaine d’années, des vieux ugnis blancs, des cinsaults, des syrahs, et même des chardonnays en sélection massale car à l’époque, il n’y avait pas de pépinière. On greffait sur champs et on bouturait les plus beaux ceps » Le jeune vigneron connaissait le potentiel de ses terroirs en altitude avec des sols sableux argileux contenant beaucoup de calcaire et qui apportent fraîcheur et acidité. Il a trouvé à Esparron des hangars agricoles pour la cuverie et des caves voutées pour ses élevages. Il espère rapidement défricher quelques parcelles abandonnées pour planter clairette, rolle, grenache blanc, carignan blanc et gris en complantation si la météo lui accorde un peu de répit.

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Maison Langlois-Château devient Langlois

La Maison saumuroise qui appartient au groupe Bollinger vient d’annoncer une totale refonte de son identité et de sa gamme avec un recentrage de son activité autour de ses crémants de Loire.

50 ans, le bel âge. Cela fait en effet un demi-siècle que la Maison Langlois-Château est dans le giron du groupe Bollinger. Est-ce l’approche de cet anniversaire qui a poussé François-Régis de Fougeroux, Directeur Général, et ses équipes à lancer un grand chantier de refonte globale de la marque ? Sans aucun doute mais aussi parce que le temps était venu de mieux communiquer sur un savoir-faire maison insuffisamment bien perçu par les consommateurs. Ainsi était lancée en juillet 2022 une réflexion profonde sur la manière d’installer pleinement Langlois-Château dans son temps et d’affirmer son identité. Le rachat récent du domaine sancerrois Hubert Brochard par le Groupe va ainsi permettre de lui rattacher les vins de Sancerre qui étaient historiquement produits sous bannière Langlois-Chateau. Seuls quelques vins tranquilles resteront dans la gamme de la Maison saumuroise, notamment les vins issus de clos historiques. Plus généralement, c’est donc un vrai coup de projecteur sur la production de crémants de Loire qui a été souhaité. Et pour porter cette évolution, la marque change de nom et s’appellera désormais Langlois. Un changement qui s’accompagne d’une redéfinition de la gamme qui comptera à l’avenir trois cuvées en brut (Réserve, Rosé et vintage en l’occurrence 2018 initialement) ainsi que la cuvée haut-de-gamme anciennement Quadrille et rebaptisée Cadence. Le lien avec le célèbre Cadre Noir de Saumur est toujours là avec toutefois « davantage de liberté de ne pas nécessairement intégrer 4 cépages comme c’était le cas auparavant » précise François-Régis.

Un savoir-faire traditionnel et qualitatif
Le marché des crémants de Loire a littéralement explosé au cours des 15 dernières années avec une production passée de 5 millions à 23 millions de cols par an. Dans cet océan, Langlois exprime une voix relativement différente de la masse de la production. Un savoir-faire hérité directement de Bollinger, à l’instar d’une séparation des cuvées et des tailles lors des pressurages pour pouvoir isoler les jus les plus qualitatifs. Mais aussi une vinification par type de terroirs pour pousser au plus juste l’expression des différentes identités de sols ainsi que l’utilisation de vins de réserve. Ceux-ci représentent par exemple 20% de la nouvelle cuvée Brut réserve, d’où son nom. Les vins se patinent en outre bien plus longtemps sur lies que le minimum de 9 mois imposé par le cahier des charges de l’appellation Crémants de Loire. En l’occurrence, pas moins de 18 mois pour le Rosé et 24 mois pour le Brut Réserve. Il en ressort des vins d’une belle finesse, toujours marqués par le chenin qui leur donne leur caractère. Toutes ces cuvées bénéficieront en outre d’un nouvel habillage très réussi, sobre et élégant, parfaitement en phase avec la qualité des vins et leur positionnement prix (de 14,90€ pour le Brut réserve à 23,95€ pour le Cadence 2017 dont la sortie est prévue en février 2024). Avec, progressivement, toujours plus de bio. Langlois a en effet d’ores et déjà converti 30ha de ses 62ha en propre (le reste étant en conversion) et accompagne ses apporteurs de raisin dans cette même voie.

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Le champagne Besserat de Bellefon dévoile son nouveau siège et site œnotouristique 

Le champagne du « French art de vivre » continuera d’écrire son histoire au 5, rue Jean-Chandon-Moët à Epernay. La nouvelle adresse du siège, mais également d’un ensemble comprenant suites, bar et boutique ouverts au public.  

Carreaux rose vichy dans la salle de bain de la suite à son nom, damier noir et blanc dans l’entrée du siège, bandes bleu marine et blanc rappelant la marinière… Aucun doute, BB continue d’inspirer le champagne Besserat de Bellefon jusque dans la décoration intérieure de son nouveau siège et site œnotouristique.

Un emplacement idéal
Il faudra attendre le printemps 2024 pour découvrir, entre autres, la suite Bardot. Mais la célébration des 180 ans de la maison de champagne offre une belle occasion d’en dévoiler un peu plus sur le projet. L’édifice du XVIIIème siècle, qui abritait l’antenne sparnacienne de la CPAM de 1948 à 2022, s’articule en effet autour d’une partie privée, dans le bâtiment principal, et d’une autre, publique, sur la droite. La cour, quant à elle, sera transformée en un jardin à la française menant d’un côté à deux terrasses ouvertes au public toute l’année et de l’autre, à quelques places de parking. Improvisée chef de chantier, Nathalie Doucet se réjouit de l’aménagement de ce nouvel écrin. « Nous avons réellement eu un coup de cœur pour cette maison, parfaitement placée », en plein centre-ville d’Epernay, à proximité directe de l’avenue de Champagne et du futur hôtel Tribute Portfolio by Mariott annoncé pour 2025 sur l’esplanade Charles-de-Gaulle. La présidente de Besserat de Bellefon poursuit la visite. Évoque, ici, les 94 fenêtres d’époque qui retrouveront leurs volets en bois ; là, la marquise et la porte en fer forgée, bientôt siglée « BB », qui vivront une nouvelle jeunesse. Là encore, les parquets d’époque révélés par le curage du mois de mars. Classée, la bâtisse réclame des travaux en conformité avec les exigences de l’architecte des bâtiments de France, comme la façade à la chaux ou la toiture en ardoise. Mais l’idée est bien de rendre son lustre à la bâtisse, acquise pour 3 millions d’euros aux enchères en septembre 2021.

Inspiration BB
Une fois poussée, l’imposante porte de la partie siège dévoilera un sol à damier noir et blanc, inspiré d’une mythique photo de Brigitte Bardot, et des murs bleu marine rehaussés des bandes bleu et blanc de la marque avec une touche de rouge. « Nous avons conjugué le passé au futur, mélangé le moderne et l’ancien. Nous avons, par exemple, retrouvé des toiles que nous allons faire restaurer avant de les installer au-dessus des portes, là où était leur place. » Le rez-de-chaussée se partagera entre un salon d’accueil cosy aux tons bleu marine agrémenté de niches pour les cuvées, une salle de dégustation pour 20 personnes et un salon, salle à manger. L’étage accueillera les bureaux d’une quinzaine de collaborateurs ainsi que celui de la présidente, avec vue sur le ballon captif. De l’autre côté du futur jardin, la partie œnotouristique sera ouverte au public toute l’année. Les visiteurs profiteront, au rez-de-chaussée, d’un bar reprenant le code couleurs de la maison, ainsi qu’une boutique et un accès à l’œnothèque privé qui, elle, ne sera accessible qu’aux clients fidèles de la maison. À l’étage, trois suites de 20 à 30 m2 ont été imaginées : la suite Bardot, la BB French touch et la Classic chic, une junior suite en hommage à Yvonne de Méric de Bellefon et Edmond Besserat, les fondateurs. Trois styles, trois ambiances différentes, comptant chacune sa salle de bain. Pour l’anecdote, les descendants de la famille ont déjà réservé pour l’ouverture ! « Nous avons créé une société, BB Hospitality, spécifiquement pour la partie œnotouristique », précise Nathalie Doucet. À ce jour, l’équipe reste encore à constituer. « Nous avons réussi à repositionner la maison Besserat de Bellefon là où elle devait être. Elle est désormais reconnue comme une vraie pépite. » À laquelle il ne manquait plus qu’un écrin de choix pour partager le « French art de vivre ».

©C. HOHWEYER

Champagne Belleserat De Bellefont

Champagne Belleserat De Bellefont

Champagne Belleserat De Bellefont


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Les jolis atouts des seconds vins

Alors que les foires aux vins d’automne battent leur plein, l’événement organisé par Terre de Vins et Cash Vin est de retour au Hangar 14 à Bordeaux, le samedi 21 octobre (10 h – 19 h). Un rendez-vous à ne pas manquer pour dénicher des beaux flacons à prix doux !

Une belle diversité géographique
Graves, Pessac-Léognan, Saint-Émilion, Pomerol, Médoc, Sauternes… Près d’une soixantaine de domaines bordelais ont répondu présents pour venir à la rencontre des amateurs lors de cette Foire aux seconds vins. Ils sont les fiers représentants de la large palette de terroirs et styles que propose le vignoble bordelais en rouge, blanc sec et doux.

Une porte d’entrée vers le prestige
Petits frères des grands vins, ces « seconds » sont créés sur le même vignoble, par les mêmes équipes, avec le même savoir-faire et le même soin. Pensés dans un style tout en buvabilité, ces vins de plaisir peuvent être consommés plus jeunes que leurs aînés. Une excellente façon de découvrir le style d’un domaine et/ou d’attendre l’apogée du grand vin.

Des tarifs pour tous les budgets
La grande force des seconds vins, c’est leur rapport qualité-prix imbattable. Grâce au travail de sélection méticuleux de Cash Vin sur une belle palette de millésimes à prix négociés, un large panel tarifaire sera proposé en ce samedi, dès une dizaine d’euros et jusqu’à une cinquantaine.

Des coups de cœur à ramener à domicile
Grâce au partenariat avec Cash Vin, il sera possible d’acquérir ses coups de cœur du jour dans une boutique éphémère aménagée sur place. Toujours attentives, les équipes de Cash Vin seront là pour conseiller les amateurs et leur faire découvrir des pépites.

Des tarifs avantageux seront proposés pour l’achat de ces cuvées grâce aux deux offres suivantes :  l’entrée à 10 € remboursée dès l’achat d’une caisse de 6 bouteilles, et la 6e bouteille offerte pour l’achat de 5 bouteilles identiques.

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Margot Duffort : sommelière de l’année

Elle avait déjà remporté le 22 mai le trophée de meilleure sommelière d’Occitanie, elle vient d’être sacrée Sommelière de l’année à la 37e édition des Trophées Le Chef qui célèbre les personnalités qui ont marqué le milieu de la restauration en 2023. Rencontre avec Margot Duffort, cheffe sommelière au Gindreau, restaurant étoilé à Saint-Médard dans le Lot.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je suis native des Pyrénées, j’ai fait toute ma scolarité à Lourdes, ou j’avais déjà effectué mon stage de découverte en 3e chez un caviste, puis un BTS en relation client avec aussi un stage chez un autre caviste. Ensuite, j’ai passé un CAP en candidat libre, puis au Lycée hôtelier de Toulouse un BP sommellerie. Je me suis formée ensuite aux côtés de Benoit Castillon à l’Hôtel du Palais à Biarritz. Puis, pour valider ma mention, j’ai réalisé un stage au restaurant Le Gindreau, une étoile au guide Michelin.

Le Gindreau que vous n’avez plus quitté depuis ..
Je suis cheffe sommelière maintenant. Tout s’y est fait de manière très naturelle avec les propriétaires Sandrine et Pascal Bardet depuis 6 ans. Être sommelière n’est pas vraiment mon métier à proprement parler, c’est juste naturel, c’est en moi. Ça m’anime tous les jours et je suis ravie de l’officier au sein du même établissement depuis plusieurs années. J’ai envie de faire plaisir aux gens.

Vous avez reçu le prix de la sommelière de l’année hier, que ressentez-vous ?
Je faisais partie des 6 sélectionnés dans la France entière dans ma catégorie. Dix chefs référencés dans le Guide Michelin ont été appelés à voter pour les personnalités ayant le mieux représenté la restauration en 2023. Je suis très surprise et surtout honorée d’avoir reçu ce titre, je ne réalise pas encore.

Quelle est la suite pour vous ?
Pour le moment, je reste au Gindreau, j’y suis bien et je compte y rester le plus longtemps possible.

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Terra Nostrum reçoit au Meurice

Ce lundi, une rencontre improbable s’est déroulée au cœur du palace parisien. Quelques soixante professionnels, cavistes, sommeliers, restaurateurs, sont venus déguster les meilleurs flacons de quatorze coopératives réunies en association sous le nom de code Terra Nostrum. Un peu déconcertés par cette initiative, les acheteurs ont vite été conquis

©A. Viller


Il est loin le temps où coopés rimait avec manque de qualité, ceux qui sont restés sur cette image surannée n’ont pas pris la mesure de l’énorme révolution que la coopération viticole a effectué sur la dernière décennie. Les coopés innovent tant côté production que marketing, les coopés ont de l’ambition, des services recherche et développement, elles sont à la pointe de la démarche RSE, de l’œnotourisme…tout en s’appuyant sur des valeurs fortes de solidarité, de pédagogie, de durabilité, de proximité. C’est la démonstration, en rencontres et en dégustations qui a eu lieu hier. La Cave de Tain, le Cellier des Princes à Châteauneuf-du-Pape, Villa Sinnae à Laudun, Jaillance à Die, Estandon en Provence, Les Caves du Sieur d’Arques à Limoux, Terre de Vignerons et Tutiac pour le vignoble bordelais, Marrenon en Luberon, Vinovalie pour le Sud-Ouest, Chassenay d’Arce en Champagne, Vignobles Edonis et Loire Propriété pour le vignoble ligérien, Wolfberger pour l’Alsace ont proposé un festival de cuvées sur mesure pour les sélections des cavistes et les cartes de restaurants.
Après un premier tasting en matinée, le déjeuner en collaboration avec les équipes d’Alain Ducasse et Cédric Grollet a permis de tester des accords savoureux : carpaccio de poulpe avec le très floral Anjou Ronceray de Loire Propriété, le bel équilibre tendre de l’assemblage clairette-grenache de Villa Sinnae ou encore la cuvée Clocher de la Digne d’Amont en terroir océanique des caves limouxines du Sieur d’Arques. Un festival également avec une seconde entrée faite d’une déclinaison de betterave et haddock bluffant les convives avec le fameux Saumur Clos Cristal d’Alliance Loire (Vignobles Edonis), un profond Crozes-Hermitage de la cave de Tain puis La mauvaise réputation, un malbec détonnant signé Terre de Vignerons. En plat principal, le filet de canette et oignons de Roscoff caramélisés se sont distingués sur l’Intégrale de Tutiac, Gardarem en Luberon de Marrenon, Hérédita du Cellier des Princes, trois cuvées aux vinifications novatrices donnant des profils aptes à surprendre les papilles les plus contemporaines. Enfin un dessert autour de la pêche s’est accoquiné avec la fine bulle de la cuvée Icone en Clairette de Die de Jaillance, le subtil rosé Symbiose d’Estandon et l’original Astrolabe Loin de l’œil de Vinovalie.

Une journée parisienne que ni les coopérateurs ni les dégustateurs ne sont prêts d’oublier !

Photos ©A. Viller

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