Symposie : la dégustation s’invite au théâtre (et inversement)

C’est un nouveau concept que propose Franck Dirles. Une dégustation de vin qui se prolonge par une pièce de théâtre immersive où le vin tient la vedette. Un moyen différent de parler de la dive bouteille. A découvrir prochainement au festival Off d’Avignon.

Rien ne prédisposait Franck Dirles à devenir auteur sur le vin. Parcours classique, en dehors du milieu viticole. Mais au cours de ses études qui le mèneront notamment à Perpignan, le sort en décidera autrement. « J’ai tout appris de la dégustation au sein du club de dégustation de Gérard Gauby » aime-t-il rappeler. Le virus du vin venait de le contaminer et n’allait plus jamais le lâcher. Au point d’intégrer des clubs de dégustation lorsqu’il commencera sa carrière à Paris, puis d’en créer un lui-même. De fil en aiguille, alors qu’il travaille comme manager dans de grandes entreprises avec des missions pour réduire drastiquement les coûts, sa passion le rattrape. Le voilà qui commence à écrire sur le vin. Les textes vont s’enchaîner, faisant in fine naître une pièce de théâtre. Après d’autres vies professionnelles, 2020 sonnera comme le début de la nouvelle vie de Franck. Une fois sa société vendue, il décide de monter Symposie, une société proposant d’amener directement le théâtre chez les gens et non l’inverse. Avec, évidemment, sa pièce de théâtre au cœur du projet. Celle-ci se nomme Anthocyane. L’histoire d’une femme dont Malbec est amoureux. Ce dernier l’a invité à dîner mais craint la rencontre et va donc faire appel à Marc pour l’aider…

Le festival d’Avignon comme vitrine
Habituellement, les représentations de Symposie se font auprès d’entreprises ou de clients privés qui souhaitent pouvoir profiter d’une expérience immersive. Les thématiques abordées dans la pièce de théâtre viennent en outre nourrir les débats et animer le reste de la soirée. Cette fois-ci, c’est du côté du festival off d’Avignon que la troupe se produira. Une première qui aura lieu du 7 au 29 juillet prochain au restaurant Flaveurs situé en dehors des remparts, à 10 minutes du centre bouillonnant du festival. Les représentations, qui auront lieu en extérieur, reprendront tous les codes habituels.

Mais pour les dégustations, Franck Dirles a eu l’excellente idée d’associer des vignerons de toute la vallées du Rhône. 20 représentations au total, 20 vignerons qui se relaieront soir après soir pour faire découvrir leurs cuvées. Et non des moindres puisque sont attendus le domaine Montirius, le château de la Gardine, mais aussi les domaines Scamandre, du Chêne Bleu ainsi que Michel Chapoutier entre autres. De quoi se laisser enivrer par la magie des mots et celle de la dive bouteille. Une expérience unique qui promet de grands moments. A réserver sur la billetterie du festival off (https://www.festivaloffavignon.com).

Lieu : Flaveurs, 10 av de la croix rouge 84000 Avignon

Photos ©P. Denis

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[Beaujolais] Toponymie des lieux-dits pour valoriser le vignoble

Le Beaujolais vient de réaliser un important travail de caractérisation et de dégustation afin de déterminer si un lieu-dit pouvait prétendre à une montée en gamme. En complément, le vignoble s’est lancé dans un important travail de toponymie des lieux-dits. Explications.

Exploration patrimoniale
Marie-Hélène Landrieu a été étudiante à Dijon en lettres classiques, et avait choisi comme thème de mémoire les lieux-dits dans le vignoble bourguignon. Après avoir travaillé avec Sylvain Pitiot, l’ancien régisseur du Clos de Tart, co-signant l’ouvrage « Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne », Marie-Hélène a accepté la demande de l’ODG des crus du Beaujolais pour se pencher sur ses lieux-dits. L’importance d’un tel travail de toponymie est multiple. Comme le souligne Marie-Hélène, « c’est toute l’histoire que l’on retrouve au travers des noms de lieux. Et cela permet de rétablir un lien entre le vigneron et les parcelles qu’il travaille », ainsi qu’une création de valeur certaine. De plus, la toponymie vient compléter l’énorme travail de cartographie réalisé dans le Beaujolais, avec des cartes géologiques extrêmement précises par appellation et par parcelle, donnant des éléments supplémentaires de compréhension d’un terroir, autant sur les aspects géologiques que patrimoniaux, culturels ou historiques (comme par exemple le lieu-dit l’Héronde à Odenas, qui nous apprend que son origine vient du gaulois « randa », signifiant frontière, et marquant celle entre deux peuples gaulois : les Eduens, alliés des Romains, et les Ségusiave).

Appropriation
L’objectif est double : que le vigneron comme le consommateur puisse s’approprier, chacun à sa manière, l’histoire du terroir qu’il travaille et qu’il déguste. 
Le résultat du travail de Marie-Hélène permettra donc de produire des fiches relatives à chaque lieu-dit qui seront utilisées par les vignerons, leur facilitant ainsi l’appropriation totale de leurs parcelles et nourrissant encore davantage leur capacité à en parler. Ce travail sera complété par des articles approfondis à disposition de l’ODG, et donc des vignerons. « Nous souhaitons fortement faire connaître cet échelon des lieux-dits et diffuser cette connaissance auprès du grand public, afin d’illustrer la richesse du territoire beaujolais et ainsi lui redonner sa juste place », confie Marie-Hélène.

Pour l’heure, cet important travail en est à ses débuts, avec un calendrier allant jusqu’à fin 2024 pour couvrir l’ensemble des crus, indépendamment des dossiers de montée en premiers crus.

L’Union des Crus du Beaujolais investit Les Belles Plantes le lundi 26 juin 2023 de 10h à 16h pour une Grande Dégustation dédiée aux professionnels, l’occasion de voir ensemble les 10 Crus du Beaujolais. Une sélection de 100 cuvées spécifiques réalisée pour l’évènement.

Événement réservé aux professionnels. Pour vous inscrire, merci de remplir ce formulaire ou de contacter psanchez@terredevins.com. 

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Champagne Salon : et le luxe s’est fait vin…

Entourée d’un halo de mystère, la Maison Salon est sans doute la plus secrète de toute la Champagne. Une marque d’ultra luxe dont l’histoire fascine et qui permet souvent aux connaisseurs de champagne de se reconnaître entre eux, tant sa notoriété est restée savamment limitée à un petit nombre d’initiés. À l’occasion de la sortie du millésime 2013, nous sommes allés rencontrer son directeur général Didier Depond, gardien du temple depuis presque 30 ans.

Eugène Aimé Salon est né à Pocancy, au fin fond de la Champagne pouilleuse, dans une famille nombreuse. Ses parents, très pauvres, sont des manouvriers qui louent leurs bras à la journée. À 12 ans, son père lui donne un billet de train pour qu’il quitte la maison. Le jeune garçon débarque à Paris. Il ramasse dans les rues la vieille ferraille et les peaux de lapins. « Il n’était ni plus ni moins qu’un chiffonnier. Il faut se remettre dans le contexte du Paris de la fin du XIXe siècle. La ville, par certains égards, ressemblait à une immense ferme où l’on élevait des animaux » raconte Didier Depond, directeur général de la maison.

Sans que l’on sache très bien comment, à vingt ans, on le retrouve jouissant déjà d’une bonne situation. Il collabore avec une tannerie dans l’Allier et achète et revend des fourrures à travers le monde entier, ce qui l’amène très jeune à voyager aux Etats-Unis, au Canada et en Russie. A la même époque, de nombreuses maisons de haute couture voient le jour, dont la prestigieuse marque Channel. Il noue avec ces nouveaux clients des relations d’amitié. À 30 ans, devenu très riche, il décide de créer sa propre maison de champagne. Mais uniquement pour sa consommation personnelle et celle de ses amis. Epaulé par l’un de ses beaux-frères qui travaillait chez Lanson, il se rend au Mesnil au tout début du XXe siècle où il achète un hectare de vignes et noue des partenariats avec des familles locales de vignerons.

Le concept sur lequel il bâtit sa maison a de quoi surprendre. Elle ne produira que des champagnes millésimés, seulement les très grandes années, uniquement à partir du terroir du Mesnil-sur-Oger, exclusivement à partir de chardonnay, tout en s’imposant un vieillissement minimum de dix ans. Autant dire qu’Eugène Aimé Salon prend à rebours tous les grands principes de la Champagne à l’époque, où l’assemblage était la règle. En choisissant qui plus est de mettre à l’honneur le chardonnay, il porte sur le devant de la scène un cépage qui faisait encore figure de parent pauvre, tant il est vrai que le pinot noir tenait alors le haut du pavé. Cette sous-estimation se lit dans le classement de 1919. Alors que la Montagne de Reims comptait huit grands crus, la Côte des blancs n’en possédait que deux (Avize et Cramant). Le Mesnil-sur-Oger dont la réputation est aujourd’hui planétaire n’a obtenu ce rang qu’en 1985 ! 

Salon, dont le premier opus est un millésime 1905, est ainsi l’un des tout premiers blancs de blancs de maison à voir le jour. L’autre grande marque pionnière est Charles Heidsieck, dont la première édition connue est un 1906. Les grands esprits se rencontrent, il s’agissait également d’un monocru du Mesnil-sur-Oger !

© Leif Carlsson

M. Salon va ainsi offrir à ses clients son propre champagne à l’occasion de ses voyages commerciaux, où il fréquente les élites et l’univers de la mode. Sa marque acquiert très vite une renommée internationale. Le paradoxe, c’est qu’elle reste pour autant introuvable. « Il côtoyait les acteurs, les présidents, les rois. Mais tout cela se faisait underground, dans la discrétion la plus absolue. Le seul endroit où le champagne Salon était commercialisé, c’était chez Maxim’s à Paris, où cet homme d’affaires épicurien aimait lui-même se détendre des après-midis entières dans les petits salons du premier étage… » Sa Maison intègre dès l’entre-deux-guerres le très sélect Syndicat de Grandes Marques qui ne comptait qu’une petite quinzaine de champagnes. « Lui-même ne se rendait jamais aux réunions. Mais à la fin de chacune des assemblées, c’était son vin qui était dégusté, parce qu’il mettait tout le monde d’accord ! ». Les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale ne s’y trompent pas. Ils occupent la Maison et vident les caves à raison de mille bouteilles par jour. L’intervention de Robert-Jean de Vogüé, coprésident de l’interprofession et du préfet de la Marne, mettront fin au pillage, mais le mal est fait.

Eugène Aimé Salon meurt en 1943, ne laissant derrière lui ni femme, ni enfant. Ce sont deux de ses neveux qui héritent de la maison, Marcel Guillaume et sa sœur Annie. « Marcel était extraordinaire de compétence dans la vinification. Autodidacte, il a inscrit ses vins exactement dans la lignée de ceux de son oncle. Commercialiser ses vins ne l’intéressait guère, si bien que dans les années 1960, 1970, la Maison avait accumulé une œnothèque incroyable. Le célèbre journaliste Michel Dovaz, qui était voisin de la résidence de vacances de Marcel Guillaume en Dordogne, me racontait qu’il gardait un souvenir ému de tous les millésimes 1928 dégustés ensemble. »

Annie a épousé Charles de Nonancourt, lui-même propriétaire de Delamotte, maison qui jouxte Salon au Mesnil et dont il avait hérité par sa mère née Lanson. Celle-ci avait doté chacun de ses fils d’une maison de champagne. C’est le premier rapprochement de la maison avec la famille propriétaire de Laurent-Perrier qui, elle, avait échu au frère de Charles, Bernard. C’est cependant à Besserat de Bellefon que la famille Guillaume cède d’abord Salon. Les deux marques se retrouvent ensuite dans le giron de Pernod-Ricard via Cinzano. Le groupe préfère revendre et cela au même moment où Charles cherche à se séparer de Delamotte. Bernard de Nonancourt saisit alors l’occasion pour racheter les deux maisons, auxquelles il redonnera tout leur lustre d’antan.

2013 : « un millésime insolent »

Goûter un flacon de Salon représente aujourd’hui pour un amateur de champagne le Graal, l’une de ces expériences inaccessibles que l’on se jure de parvenir à réaliser avant de quitter cette terre. Le vin résulte de l’assemblage de 19 des 20 parcelles historiques sélectionnées par Eugène Aimé Salon. La seule qui manque à l’appel est en effet le clos Tarin devenu Clos du Mesnil. L’œnothèque de la maison conserve encore quelques bouteilles du vigneron qui élaborait son propre champagne tout en cédant cinquante pourcents de ses raisins à la Maison. Le vignoble actuel de Salon représente ainsi une quinzaine d’hectares, plantés de vieilles vignes dont beaucoup ont plus de soixante ans. « Les parcelles sont toutes sur cette ligne exposée plein Est, c’est comme un coteau bourguignon, avec davantage d’ouverture qu’à Oger. » Bourguignon, le vin l’est aussi dans son expression si l’on en juge par le style du tout dernier millésime 2013. Au nez, le champagne a des accents de beurre incroyables tandis que se dessine juste derrière un petit fruit, sans doute la bergamote. On retrouve un joli gras en bouche, mais qui n’a rien de pesant. Le vin n’est d’ailleurs pas riche mais précis, avec des agrumes légèrement confits d’une rare finesse. Ils servent de ligne directrice avant d’arriver sur une finale de poivre blanc.

Prix public conseillé du millésime 2013 : 1400 € (Disponible à partir de septembre. Informations sur les points de vente au 03 26 57 51 65)

© Leif Carlsson

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3 questions à Jérôme Isnardi, CEO de ruedesvignerons.com

En huit ans, la plateforme ruedesvignerons.com est devenue la référence en matière de réservation d’offres oenotouristiques. Partenaire des Trophées de l’Œnotourisme de Terre de Vins, décernés le 7 juin dernier pour l’édition 2023, Jérôme Isnardi nous livre sa vision ce secteur et ses enjeux.

Comment est née Rue des vignerons ?
Les aventures entrepreneuriales partent quasiment toujours d’une expérience personnelle, en l’occurrence celle de mon associé. Il y a une dizaine d’années, il cherchait un domaine viticole en Provence pour visiter et acheter du vin, mais a eu du mal à en trouver un ouvert, disponible, ayant une offre oenotouristique, même simple. De mon côté, j’étais passionné de vin depuis déjà 20 ans, parcourant les vignobles de France pendant mon temps libre. Lorsqu’il m’a proposé de créer cette aventure, c’est-à-dire créer une plateforme rassemblant les offres oenotouristiques fiables et qualitatives, en partant des besoins des clients potentiels, c’était un peu une évidence.

Nous avons donc travaillé pendant un an sur le projet avant de le lancer en 2015. Aujourd’hui, nous sommes devenus la plateforme leader en la matière, passant de 5 000 clients en 2015 à 280 000 en 2023. Dès le début, nous avons opté pour un positionnement premium : offrir simplicité et qualité aux clients, que ce soit via notre plateforme ou le contenu des offres en elles-mêmes.

Être partenaire des Trophées de l’œnotourisme de Terre de Vins : une évidence ?
Oui ! Lorsque Rodolphe Wartel (directeur général de Terre de Vins, ndlr) m’a proposé que nous nous associons sur le sujet, je savais que nous partagions cette même vision de l’œnotourisme et la même volonté de le promouvoir. Donc unir nos forces avait du sens pour nos clients comme pour les lecteurs du magazine, qui sont potentiellement les mêmes.
Cette année marque notre deuxième collaboration, et nous sommes allés encore plus loin qu’en 2022 : dès la semaine prochaine, un encart dédié aux lauréats des trophées sera publié sur notre site, nous allons également muscler notre communication sur nos réseaux sociaux et d’autres supports pour mettre en avant les lauréats. Quant au lecteur de Terre de vins, il aura également la possibilité, depuis le site, de basculer directement sur ruedesvignerons.com grâce au moteur de recherche encapsulé.

Quels sont les enjeux majeurs de l’œnotourisme et son évolution dans les 5 prochaines années ?
Bonne question ! Je crois qu’aujourd’hui, et depuis la sortie de Covid, une réelle tendance se dégage sur la demande d’expériences oenotouristiques durables. Les clients attendant de la cohérence sur un critère environnemental et durable qui leur tient de plus en plus à cœur : ils ne se contentent plus d’une certification concernant uniquement le mode de culture ou la vinification, mais veulent retrouver cet engagement tout au long de leur expérience et sur tous les aspects. D’autant que si les offres « basiques » (c’est-à-dire dégustation des cuvées du domaine et explication du travail du/de la vigneron(ne) continuent à fonctionner, de plus en plus de demandes se portent sur une expérience complète, intégrant notamment restauration et hébergement.

En plus de ces tendances, d’autres éléments ont un impact sur les domaines que nous sélectionnons, notamment le critère des régions. Le nombre de domaines proposés sur notre site se fait au prorata du nombre de demandes pour tel ou tel vignoble. En 2023, où la croissance du trafic est la plus forte depuis nos débuts, le Beaujolais comptabilise deux fois plus de trafic qu’à l’origine et devient la première destination en termes de développement.
Nous sommes également vigilants à la représentativité : de grandes maisons côtoient de petites pépites que nous avons déniché.
Dans tous les cas, nous testons tout par nous-mêmes avant d’intégrer un domaine à notre offre : de la qualité des vins, à l’intégration des critères durables, en passant par la diversité et la complétude d’une offre, nous voulons être sûrs que le client aura une expérience pleinement satisfaisante.

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Bilan hétéroclite pour les spiritueux en 2022

La Fédération des spiritueux (FFS) s’inquiète des hausses de coûts de production que n’ont pas pu répercuter les entreprises dans les enseignes de Grande Distribution mais se réjouit du formidable dynamisme du CHR (Cafés, Hotels, Restaurants), tendance cocktails oblige.

Alors que l’année 2022 s’annonçait sous de bons auspices pour les spiritueux qui renouait avec la croissance, la guerre ukrainienne a stoppé net cet élan, la faute à la flambée du prix des matières premières à commencer par le verre, le gaz, l’électricité, le sucre… Fin 2022, seules 67 % des entreprises de la filière déclaraient un résultat positif (-5 points vs 2021).

« Une année presque blanche »
Il y a donc de quoi s’inquiéter d’autant plus que ces hausses conjuguées à l’inflation n’ont « quasiment pas pu être répercutées auprès des distributeurs – ce qui engendre souvent, pour les consommateurs, des arbitrages dans une même catégorie en privilégiant des produits moins chers, ou le fait de renoncer à l’achat d’une bouteille, analyse Thomas Gauthier, directeur de la Fédération Française des Spiritueux. De plus, les promotions qui concernent aujourd’hui une bouteille sur quatre en grandes et moyennes surfaces ont encore fait un bond de 3 points en un an ». La situation s’est même encore dégradée lors de ce premier semestre 2023 et seuls 11 % des entreprises déclarent avoir pu la répercuter complètement auprès de leurs clients, 17 % pas du tout, selon une étude CPME-FFS réalisée en avril dernier. Les spiritueux ont ainsi chuté pour la deuxième année consécutive de 5 % en volume à 263 M l., de 4,4 % en valeur à 5 Mds €, d’où une année « presque blanche » selon la FFS. « Les entreprises de la filière [250 au sein de la FFS dont 90 % de PME] ont pourtant fait preuve de tempérance en limitant les demandes de hausses de leurs tarifs au plus fort de la crise de 2022 mais la séquence commerciale de ce début d’année a été calamiteuse pour notre secteur » regrette le président Jean-Pierre Cointreau qui demande au Gouvernement de faire entendre raison à la grande distribution. La bonne nouvelle dans l’histoire est que les entreprises vont accélérer ou doper leurs efforts en matière de transition écologique pour générer des économies d’énergie et de matières premières. Mais certaines risquent de rester sur le carreau.

Un CHR dynamique
Le CHR ne compense pas non plus la baisse des volumes en GMS. Ce circuit hors domicile, toujours synonyme de convivialité, retrouve néanmoins son niveau de pré-covid avec un bond phénoménal de plus de 50 % notamment grâce à la réouverture de tous les établissements et à une dynamisation de l’offre par les cocktails. Quant à l’export, toujours beau relais de croissance, il a progressé davantage en valeur qu’en volume (+ 11,7 % à 5,4 Mds vs + 2,3% à 468 M l.) avec toutefois l’archi leader cognac en repli de 3,7 % (en fort ralentissement outre Atlantique). Mais il plonge de 20 % en volume sur le premier trimestre 2023. Et ce n’est pas les 3,5 % des marchés russes et ukrainiens qui sont le plus impactant. Les Etats-Unis, la Chine et Singapour maintiennent leur leadership en accaparant 30 % des volumes et les trois quarts de la valeur des exportations mais semblent marquer le pas ou demeurer instables.

Tendance Cocktails
La situation apparaît très hétéroclite selon les familles de produits. Le roi whisky qui régnait en maître dans l’Hexagone depuis plusieurs décennies a marqué le pas en volume tout en maintenant une belle valorisation (43 % du CA des enseignes). Si il demeure le spiritueux le plus acheté par les Français, le recul de ses ventes (surtout des blends entrées de gamme) a fait perdre à la France pour la première fois sa position de premier consommateur historique au monde, doublé par l’Inde. Toutes les familles ont souffert en GD; il n’en est pas de même en CHR où liqueurs, crèmes de fruits, rhums et alcools blancs (63 % des ventes – chiffres CGA) bénéficient plus que les autres de l’engouement pour les cocktails. Mais la France s’inscrit dans une baisse structurelle de la consommation d’alcool, de plus en plus occasionnelle. Elle est passée de deuxième pays consommateur de l’Union Européenne à l’aube du XXIe siècle à 13e en 2022 et de 5 % de jeunes n’ayant jamais bu d’alcool en 2000 à 20% aujourd’hui.

©F. Hermine

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Le vignoble de Reuilly dévasté par un « phénomène tornadique »

Lundi 19 juin, grêle et vents ont détruit 20 % des surfaces viticoles de cette appellation du Centre-Loire, en quelques minutes seulement.

Un événement climatique d’une rare violence. Le village de Preuilly, non loin de Sancerre, a subi un orage aussi bref qu’intense lundi 19 juin dans l’après-midi. La grêle ainsi que des vents puissants ont détruit champs et toitures. Sur place le lendemain, le ministre de l’agriculture Marc Fesneau a évoqué un «phénomène tornadique ».

Le vignoble de la commune n’est pas épargné. « C’est impressionnant : il n’y a plus une feuille sur les ceps. Une soixantaine d’hectares sont concernés, soit 20 % de l’appellation Reuilly », déplore Emeline Piton, de la Sicavac (Service technique du vignoble du Centre-Loire).

« Nos 14 hectares sont par terre. Le vent et la grêle ont tout arraché : feuilles, grappes, et même écorce des ceps. »

Catherine Corbeau-Mellot

©domaine Joseph Mellot

Des surfaces parmi lesquelles on trouve les sauvignons, pinots noirs et pinots gris du domaine Jean-Michel Sorbe, propriété de Catherine Corbeau-Mellot (domaine Joseph Mellot). Une vigneronne encore sous le choc. « Nos 14 hectares sont par terre. Le vent et la grêle ont tout arraché : feuilles, grappes, et même écorce des ceps. » Un coup dur pour cette année, et les suivantes… « On peut faire une croix sur la récolte 2023 bien sûr. Mais les rendements seront affectés pour deux à trois ans au moins ». Sans parler des coûts supplémentaires. « Le travail effectué sur ces vignes cette saison n’aura servi à rien, et maintenant il faut le faire une seconde fois. Puis la taille cet hiver sera bien plus difficile. »

Les vignerons de Preuilly espèrent que l’état de catastrophe naturelle sera reconnu. Une étape indispensable pour prétendre à certaines indemnisations.

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Le Prix Clerc Milon de la Danse 2023 remis à Lucia Rios et Evandro Bossle

L’Opéra National de Bordeaux a accueilli le 20 juin 2023 la quatrième édition du Prix Clerc
Milon de la Danse. Cette récompense créée en 2016 sous l’égide de la Fondation d’Entreprise
Philippine de Rothschild, distingue, à chaque édition, deux danseurs du Corps de Ballet de
l’Opéra National de Bordeaux.

©Mathieu Anglada

A l’issue d’une représentation de Don Quichotte, chorégraphié par José Carlos Martínez,
actuel Directeur de la Danse à l’Opéra National de Paris et ancien membre du Jury du Prix
Clerc Milon de la Danse, Philippe Sereys de Rothschild et Brigitte Lefèvre ont remis le Prix Clerc
Milon de la Danse 2023 aux deux danseurs d’origine sud-américaine : Lucia Rios et Evandro
Bossle.

(Source: communiqué de presse)

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[PRIMEURS] Figeac et La Conseillante ferment le ban

La campagne primeurs touche à sa fin avec deux poids lourds de la rive droite, Château-Figeac (Premier Grand Cru Classé ‘A’ de Saint-Émilion) et Château La Conseillante.

La campagne des primeurs 2022 aura duré plus d’un mois et demi entre les premières sorties, début mai, et les dernières, ce jeudi 22 juin. Elle se clôture avec deux morceaux de choix, venus de la rive droite, à commencer par Château-Figeac. La propriété de la famille Manoncourt, qui a été consacrée Premier Grand Cru Classé ‘A’ en 2022 et a signé pour ce millésime un vin d’anthologie (noté 99-100/100 et « coup de cœur » par la rédaction de Terre de Vins), sort à 352,80 € TTC. Une augmentation de prix assez conséquente puisqu’il était sorti à 189 € HT en 2021 (aujourd’hui 230 € TTC en livrable), 182 € HT en 2020 (aujourd’hui 270 € TTC en livrable), et 140 € HT en 2019 (aujourd’hui 350 € TTC en livrable). On voit donc que le passage dans le club des ‘A’ s’accompagne d’un repositionnement tarifaire, ce dernier ayant d’autant plus de sens que Figeac s’est imposé, ces dernières années, comme une marque particulièrement attractive. La prise de valeur des millésimes récents indique que l’achat de Figeac en primeurs, même à un prix fortement relevé, a tout son sens pour les investisseurs. D’autant que le 2022, particulièrement réussi, ne devrait pas voir sa cote baisser, loin s’en faut.

À deux pas de Figeac et en appellation Pomerol, Château La Conseillante sort pour sa part au prix de 310,80 € TTC. La propriété de la famille Nicolas opère elle aussi une augmentation notable, mais conforme à l’attractivité du cru qui s’installe comme l’un des plus réguliers de Pomerol. Le 2022 est lui aussi une grande réussite, notée 98-99/100 par Terre de Vins. Le 2021 est actuellement disponible autour de 220 € TTC, le 2020 à un peu moins de 300 € TTC et le 2019 autour de 260 € TTC.

Les deux seconds vins de ces propriétés, Petit-Figeac et Duo de Conseillante, sortent aussi en primeurs, à 67,20 € TTC.

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Pluies et grêle ravagent le vignoble pyrénéen

Un orage de grêle sur Irouléguy, des pluies incessantes sur le Jurançon, le vignoble pyrénéen aux confins du Sud-Ouest souffre des intempéries.

Dans les pays basque et béarnais, la météo du mois de juin n’est guère clémente. L’orage de grêle qui est tombé sur le vignoble d’Irouléguy (64) mardi après-midi a touché pas moins de 7 communes sur les 15 de l’appellation et la moitié des producteurs sur la soixantaine. « On estime, pour un premier bilan, à environ 40-45 % les impacts en moyenne sur ce secteur, le long d’un couloir entre Irouléguy et Jaxu en passant par Anhaux, Ascarat, Ispoure, Saint Jean-Le-Vieux et Bustince-Iriberry » avoue Anne Betbeder chargée de mission au syndicat des vins d’Irouléguy. « Mais avec des parcelles touchées à 100%. Les anciens n’avaient pas connu une telle violence de grêle depuis des décennies ». Les grêlons ressemblaient à des balles de golf de 4-5 cm de diamètre et pire, certains en forme d’étoiles tranchantes ont accentué la force de l’impact et ont déchiqueté les feuilles et éclaté les baies.

Au Domaine Arretxea, on déplore également quelques dégâts mais aucune parcelle totalement ravagée. « C’est la deuxième grêle de la saison après celle plus légère en mai mais le pire est qu’il pleut tout le temps et que le mildiou est ‘inarrêtable’, déplore Téo Riouspeyrous. Il faudrait que l’on arrive à avoir deux jours de beau temps pour sécher un peu la vigne et traiter les plaies avec du sel, du cuivre, de la poudre d’argile. Décidément, cette année est compliquée : nous n’avons pas eu de gel mais on a le mildiou et beaucoup de millerandage et de coulure sur le tannat ».

Le syndicat va s’attacher dans les prochains jours à passer chez les sinistrés pour prodiguer quelques conseils techniques afin d’accélérer la cicatrisation des grappes. Il réfléchit également à la mise en place de chantiers d’entraides pour organiser une main d’œuvre partagée, surtout auprès des maraîchers et des arboriculteurs « car pour la vigne, il n’y a pas grand chose à faire, reconnait Anne Betbeder, à part quelques poudrages d’argile, et surtout le renforcement des pulvérisations contre le mildiou à la pression déjà très virulente ». Certains viticulteurs utilisent des décoctions d’orties ou de consoudes comme revitalisants. Une cagnotte d’entraide pourrait également être lancée dans les prochains jours.

Jurançon sous des trombes d’eau
Un peu plus loin à une centaine de kilomètres le long de la chaîne des Pyrénées, Jurançon n’a pas connu la grêle, passée au bord du vignoble, dans la région palloise, mais se bat contre les fortes pluies qui inondent le vignoble. « Depuis le 13 mai, il pleut encore et toujours, se désespère Emmanuel Jecker du Domaine de Souch. Nous avons mesuré environ 300 mm de précipitations, deux à trois plus que d’habitude, En général, à cette période ce sont plutôt des petites pluies et les orages arrivent en juillet-août ». Une année comparable à 1992 ou 2013, propice à un mildiou violent mais également à quelques attaques d’oïdium en général rare dans le secteur. « Il faudrait passer au moins deux fois par semaine dans la vigne pour traiter le mildiou mais en tracteur, on ne peut pas toujours rentrer dans la vigne; c’est là que l’on se rend compte que nous sommes sur un terroir argileux qui retient l’eau dans les sols ». Les vignerons espèrent profiter de l’accalmie et du beau temps annoncé la semaine prochaine pour soigner le vignoble.

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Carton plein pour Good Wines Only

Hier soir, un changement de lieu de dernière minute (à La Faïencerie) pour éviter les potentielles intempéries n’a pas entamé l’enthousiasme des 72 crus bourgeois et des 570 amateurs au rendez-vous de la 3e édition de l’événement Good Wines Only. Organisé par Terre de Vins avec Les Crus Bourgeois du Médoc, la soirée était une belle façon de célébrer à la fois le vin, la fête de la musique et le premier jour de l’été !


« L’an dernier, l’édition de Good Wines Only était remplie de sourires, de joie et de bonheur des viticulteurs comme des amateurs. Je n’ai aucun doute, ce sera pareil ce soir ! », prédisait en ouverture de cette soirée festive Franck Bijon, le président de l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc. Et il disait vrai. Il faut dire que tous les ingrédients étaient réunis pour le succès de l’événement : un lieu atypique et convivial, 72 Crus Bourgeois représentatifs de la diversité médocaine, et une ambiance musicale éclectique assurée par trois artistes aux univers différents, du DJ bordelais Noyha aka Nicolas Outin à la franco-américaine Lee-Ann Curren, en passant par le groupe bordelais Rix And Wonderland.

Des bourgeois modernes
« Des événements comme Good Wines Only, au contact direct des dégustateurs, nous permettent de montrer qu’il n’y a pas de Bordeaux bashing et que nous déployons un esprit jeune et innovant » rappelait Franck Bijon. Derrière ses bouteilles, Elise Uijttewaal, à la tête du Château Saint-Hilaire (Médoc) avec ses parents, cultive cette philosophie d’ouverture et d’accessibilité. « Cette dégustation nous permet de casser les codes et de rencontrer des dégustateurs qui ne viennent pas toujours jusque sur nos propriétés, notamment des jeunes, constatait-elle. C’est une excellente façon de décomplexer l’accès à nos vins, pour les démocratiser. »

Pour s’inscrire dans leur temps et poursuivre ce rapprochement avec les consommateurs, les Crus Bourgeois mettent en action un beau dynamisme, n’hésitant pas par exemple à jouer la carte de l’œnotourisme comme avec « Les Escapade Bourgeoise, une aventure en Médoc » en mêlant les univers, à l’image du Château Lafitte Carcasset (Saint-Estèphe). Inspiré par l’ambiance musicale de la soirée, son directeur Pierre Maussire nourrit, entre autres projets, l’envie de « ramener la musique à la propriété, par exemple en organisant des concerts qui parlent notamment aux amateurs de Crus Bourgeois dans la tranche d’âge 25-35 ans. »

©A. Viller

Opération séduction réussie
A l’issue de l’événement, les sourires illuminaient les visages des propriétaires ou représentants des propriétés, comme des participants. Parmi ces enthousiastes, figurait le sommelier et caviste à La Médocaine Benjamin Corenthin, déjà un ambassadeur convaincu de ces jolis rapports prix-plaisir bordelais, répertoriant au moins une dizaine de références de Crus Bourgeois dans ses rayons. « Être Cru Bourgeois est indéniablement un argument de vente» rapportait celui qui profitait de cette soirée pour saluer ses fournisseurs, mais aussi découvrir de nouvelles pépites, grâce à la variété des styles de terroirs représentés. « Good Wines Only est une belle mine de découvertes, saluait-il. Avec des millésimes jeunes prêts à boire, ces vins représentent le nouveau style de Bordeaux qui s’affirme, sur le fruit et la fraîcheur. » Séduit par la « bonne ambiance énergique » de cette soirée, le caviste a trouvé le dicton parfait pour la résumer : « good wines only, good vibes only ». On n’aurait pas dit mieux !

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