Monthly Archives décembre 2021

2021, en vallée du Rhône

Retour sur quelques faits marquants de l’année 2021 dans les vignobles de la Vallée du Rhône

Les anniversaires des derniers crus : les 5 ans de Cairanne et les 10 ans de Rasteau

Cairanne, dotée d’une nouvelle bouteille syndicale depuis l’année dernière, fêtait cinq ans en tant que 17ème cru des Côtes-du-Rhône. L’appellation en a profité pour signer sa charte paysage et environnement en s’engageant notamment sur un programme de plantation d’arbres et en lançant le chantier d’une nouvelle maison des vins. La famille Fabre-Abeille du Château Mont-Redon, basée historiquement à Châteauneuf-du-Pape, a racheté dans l’AOC le mythique Oratoire Saint-Martin des frères Alary.

Pour fêter une décennie de cru, Rasteau a édité, à la suite d’un concours de création, une étiquette anniversaire pour un rasteau rouge en édition limitée.

Gel d’avril au Nord et incendie estival au sud

Plusieurs nuit de gel début avril ont atteint des records de température dans les vignes du Jura et du Rhône Nord, en particulier en Côte Rôtie, Condrieu et Saint-Joseph où certaines parcelles ont entièrement gelé. La colline de l’Hermitage  s’est couverte pour l’occasion de grosses bougies et des hélicoptères ont même été appelés en renfort pour tenter de remonter de quelques degrés les températures dans le vignoble.

A la mi-août , 250 hectares dont une cinquantaine de vignes ont été ravagés par un incendie à Beaumes-de-Venise, touchant une quinzaine de vignerons.

Côtes-du-Rhône et Ventoux se mettent au vert

A l’occasion de leur nouvelle campagne internationale, les Côtes-du-Rhône ont mis en avant à travers des portrais de vignerons et négociants les engagement du vignoble : garantir la transparence des pratiques, protéger la biodiversité, respecter les terroirs et préserver les ressources, transmettre un héritage.

L’AOC Ventoux a également affiché son ambition d’être pionnière en matière de développement durable en protégeant les forêts de son territoire, en réduisant ses émissions de CO2 et en développant l’attractivité œnotouristique du territoire.

L’opération graffiti de Crozes-Hermitage

Une communication originale et solidaire à Lyon en janvier, à Paris en avril pour Crozes-Hermitage. L’appellation a fait repeindre par des graffeurs les vitrines d’une dizaine de restaurants parisiens en attendant la réouverture des établissements ou pour accompagner l’activité de vente à emporter.

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Etrennes du vin #5: Palmes d’Or 2008 de Nicolas Feuillatte : Roland Barthes à l’honneur

Une Palme d’or amplement méritée pour toutes nos idées cadeaux pour noël et pour les étrennes mais aussi pour cette cuvée qui créera certainement moins de polémique que celle attribuée cette année au film Titane de Julia Ducourneau !

La recette n’est pas très compliquée. Vous ne prenez que ce qu’il y a de meilleur… Le pinot noir tout en épices de la Montagne de Reims, le Chardonnay minéral de la Côte des Blancs, et, cerise sur le gâteau, le chardonnay de Montgueux, cet ilot de craie si convoité dans l’Aube, célèbre pour ses accents exotiques… Quant au choix du millésime 2008, année de lente maturation qui a conservé une très belle tension, on n’a guère fait mieux depuis, à part peut-être 2012 dans un tout autre style.

L’habillage magnifique légitime l’usage du terme flacon plutôt que celui de bouteille. Il existe deux coffrets avec au choix une paire de verres de Baccarat ou une paire de verres spécialement conçus pour la cuvée sur les pieds desquels court une citation de Roland Barthes : « Un peu de sagesse, un peu de savoir et le plus de saveur possible ». De quoi vous inciter à vous précipiter en librairie pour lire ou relire le fameux essai « Mythologies ». Le livre consacre tout un chapitre au vin et au lait. Vous y trouverez quelques pépites que nous ne résistons pas à vous faire partager. L’auteur faisant référence à Bachelard souligne par exemple que le « vin est suc de soleil et de terre, que son état de base est, non pas l’humide, mais le sec, et qu’à ce titre, la substance mythique qui lui est le plus contraire, c’est l’eau ». Il rappelle aussi cette anecdote amusante sur René Coty. Ce président de la IVème République avait oublié que dédaigner le sang de la terre en France pouvait être assimilé sinon à un acte de haute trahison, tout au moins à un manque flagrant de patriotisme : « M. Coty, au début de son septennat, s’étant laissé photographier devant une table intime où la bouteille Dumesnil semblait remplacer par extraordinaire le litron de rouge, la nation entière entra en émoi ; c’était aussi intolérable qu’un roi célibataire. Le vin fait ici partie de la raison d’Etat ». Un fâcheux incident qui n’est pas sans rappeler celui de la célébration de la réconciliation franco-allemande, où François Hollande avait refusé de boire du champagne, par peur de l’image de luxe et de richesse qu’il véhicule, provoquant la juste colère des Champenois insultés sur leur propre terre… Dis-moi ce que tu bois, je te dirais qui tu es !

Coffret Palmes d’or 2008 et deux verres Parlmes d’Or : 144€

Coffret Palmes d’Or 2008 et deux verres en cristal Baccarat 395 €

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2021 en Champagne : on refait le match

L’année 2021 en Champagne aura été celle de tous les extrêmes : ventes records, vendanges catastrophiques du point de vue quantitatif, offres œnotouristiques aussi inédites que spectaculaires, émergence d’un nouvel opérateur géant, créations artistiques tous azimuts… Terre de vins refait le match avec vous et vous raconte ce qu’il ne fallait surtout pas manquer !

Sur le plan commercial, l’année 2021 crée la surprise. Alors même que les restrictions sanitaires restent présentes même si elles sont moins sévères, la Champagne enregistre une augmentation des expéditions de 8,3 % de janvier à novembre par rapport à la même période en 2019 (année indemne de covid). Les ventes à la fin de l’année devraient atteindre 320 millions de cols, du jamais vu depuis 2010, tandis que le chiffre d’affaires pourrait battre tous les records. La tension est d’ailleurs telle sur le marché qu’un certain nombre de maisons se retrouvent dans l’obligation d’imposer des allocations. Une situation que personne n’avait anticipée. L’année dernière, les professionnels pensaient raisonnablement ne retrouver les niveaux de vente de 2019 qu’en 2024.

Ce prompt rétablissement a permis au mois de juillet de revoir à la hausse la limite du rendement d’appellation par rapport à 2020. Malheureusement, la nature de son côté n’a pas suivi. En effet, la Champagne a connu l’une des pires vendanges de son histoire avec une perte d’environ 50 % de la récolte liée aux intempéries : gel printanier, grêles, pluies incessantes du début de l’été qui ont généré une pression sanitaire inédite … De quoi provoquer l’amertume de certains opérateurs qui regrettent aujourd’hui que le rendement d’appellation ait été fixé à un seuil aussi bas l’année dernière alors que la récolte était abondante. Côté négoce, pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise, on milite pour une amélioration du dispositif de la réserve qualitative. Quelques maisons souhaitent même que celle-ci puisse être tirée en partie en bouteilles.

Les ravages du mildiou ont amené à s’interroger sur la viabilité des méthodes culturales « bios » en Champagne. Pour ne pas perdre intégralement leur récolte, plusieurs domaines qui venaient d’entamer leur conversion ont abandonné cette voie. Même chez les viticulteurs certifiés Haute valeur environnementale (HVE), des voix se sont élevées pour souligner que la vocation première d’un vigneron était de produire du raisin et non des Indices de fréquence de traitement.

Pour autant, la Champagne n’a pas renoncé à ses objectifs et de nombreux projets visant à réduire l’impact environnemental de la filière ont vu le jour en 2021. L’agroforesterie a sans doute été le maître mot de l’année, avec des campagnes de plantation de haies lancées par Ruinart sur son domaine de Taissy, ou par Moët & Chandon autour de Fort Chabrol (Natura Nostra). Le groupe Moët Hennessy a aussi ouvert son premier laboratoire de recherche collective à Oiry, dont une part des expérimentations doit justement aider les maisons à respecter leurs engagements en matière de développement durable.

Le redéploiement de la maison Telmont montre que face à l’urgence climatique et environnementale, certains professionnels n’ont pas peur de prendre la voie d’une certaine radicalité. Sa charte « au nom de la terre » engage la marque à ne plus utiliser de bouteilles spéciales, à mettre en place un programme de consignes vers la filière cidricole, à renoncer aux éléments de packaging, tout en affichant l’objectif de passer au 100 % bio en 2031. Le champagne Drappier, première maison à pouvoir revendiquer la neutralité carbone, a lancé un projet original d’expédition de bouteilles par bateaux à voile. Quant au champagne Veuve Clicquot, il a dévoilé au mois d’octobre un potager au Manoir de Verzy visant à créer des passerelles entre l’univers de la permaculture et le monde viticole.

Les coopératives ne sont pas restées inactives sur le sujet. Mailly Grand Cru est devenue la première coopérative dont le domaine est classé 100 % HVE. Devaux a sorti sa première cuvée bio. Enfin, au niveau de l’appellation, deux décisions majeures ont été prises en juillet : l’autorisation des vignes semi-larges qui facilitera l’enherbement et celle d’utiliser le cépage résistant voltis, qui doit réduire l’usage des produits phytosanitaires.

Le ralentissement des flux internationaux de voyageurs aurait dû porter un coup dur à l’essor de l’œnotourisme. Néanmoins, si on en juge par le nombre incroyable de nouveautés cette année en Champagne, l’activité semble plutôt bien résister. Fin mai et début juillet, deux musées ont ouvert pour la première fois leurs portes : le Musée du champagne et d’archéologie régionale installé au château Perrier à Epernay, qui a opté pour une approche très culturelle et Pressoria à Aÿ, davantage concentré sur l’élaboration du produit et son interprétation sensorielle. On a vu aussi plusieurs grandes maisons dont l’accès était jusqu’ici réservé à de rares invités partager avec le grand public leurs trésors patrimoniaux : le champagne Gosset a mis à la disposition des Sparnaciens son parc classé, la Maison Perrier-Jouët à travers « Belle Epoque Society » nous a éblouis en inaugurant le 16 juin son magnifique bar à champagnes installé au Cellier Avenue de Champagne et sa table gastronomique hébergée à la Maison Belle Epoque. D’autres domaines déjà très engagés dans cette voie ont simplement étoffé leur offre. Pommery a créé le restaurant « Le Refectoire » où le chef Pilippe Moret revisite les grands classiques de la cuisine traditionnelle française, Gaidoz-Forget a ouvert sa terrasse à des concerts de rock …

La mode est enfin aux tables éphémères et aux dégustations immersives à Paris : la création d’ADMO par Dom Pérignon au restaurant « Les Ombres » du musée du Quai Branly offre une expérience unique et toute en contrastes pour découvrir le rosé 2008, la cabine Tastes by Mumm s’amuse à faire jouer les sens entre eux pour mieux déjouer nos préjugés, les pairings musicaux du Studio Krug à la Samaritaine conduisent à explorer les mille et une analogies entre le champagne et la musique… Covid oblige, l’œnotourisme se fait aussi désormais en ligne : la Maison Taittinger a proposé pour la première fois une visite de ses crayères aux internautes !

Côté culture, on saluera quelques belles initiatives : le tournage d’un film de Nicolas Vanier en Champagne à la Villa des trois clochers de Leclerc Briant, la sortie d’un documentaire sur la biodynamie « Le champagne a rendez-vous avec la lune », les créations impertinentes de David Shrigley autour de la Maison Ruinart ressuscitant l’art du graffiti, l’exposition Blooming au Cellier Pompadour de la Maison Pommery, une apparition originale et décalée de la cuvée Amour de Deutz dans le biopic « Aline » de Valérie Lemercier, le rachat par le Palais du Tau grâce au financement de la Maison Taittinger d’un flacon de vin de Champagne du sacre de Louis XV et une enchère incroyable autour d’un millésime 1874 de Perrier-Jouët qui nous a permis de nous replonger dans l’histoire des premiers grands « vintages ». 2021 aura enfin été marquée par des recompositions géopolitiques majeures. La plus importante a été la naissance d’une nouvelle locomotive champenoise, forte d’un domaine de 3000 hectares cultivé par 6000 vignerons. Baptisé « Terroirs & Vignerons de Champagne », le groupe est issu de la fusion entre la CRVC et le Centre vinicole Nicolas Feuillatte. Côté maisons, peu de mouvements, si ce n’est quelques investissements à l’extérieur de l’appellation, comme le rachat de Ponzi Vineyards dans l’Oregon par la Société Jacques Bollinger. On notera aussi la renaissance de la Maison Collery, créée en 1893 par Jules-Anatole Collery, dont la saga familiale s’était achevée dans les années 2000. Grâce aux investissements du groupe Nicolas Gueusquin, elle est désormais installée dans un très bel hôtel particulier au cœur d’Aÿ. En Champagne, les diamants sont éternels 

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Etrennes du vin #4: champagne « Boizel by » Antik Batik

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La semaine se termine presque, c’est notre avant-dernière idée cadeau des étrennes avant noël 2022 ! Et si la maison Boizel voulait évoquer les origines du champagne, elle ne pouvait guère trouver mieux. Cette vénérable marque sparnacienne a l’habitude de confier pour Noël l’habillage de l’une de ses cuvées à une artiste de renom.

Cette année, elle a choisi Gabriella Cortese, créatrice de la marque de prêt à porter Antik Batik, qui a décoré l’étiquette et l’étui du flacon de la cuvée blanc de blancs en reprenant les arabesques des fameuses indiennes. Ces tissus imprimés ou peints, teints à l’aide de garance, étaient autrefois importés des Indes. L’engouement qu’ils suscitaient au XVIIe siècle était tel que le roi pour protéger son industrie avait interdit leur importation mais aussi les productions d’imitation. Cette prohibition ne fut levée qu’en 1759, permettant à Nantes de devenir la capitale de l’indiennage avec la création de plusieurs manufactures.

La Champagne n’était pas spécialisée dans ces étoffes, mais elle possédait au XVIIIe siècle et au XIXe siècle des filatures de premier plan. Leur activité jusqu’au milieu du XXe siècle y dépassait largement par son ampleur celle du champagne même si les deux étaient intimement liés. En effet, beaucoup de familles du champagne étaient issues de l’industrie et du commerce de la laine, les Heidsieck, les Clicquot-Ponsardin… Et cela pour une raison simple : au départ, le négoce du champagne était très risqué. On maîtrisait mal la seconde fermentation et on pouvait perdre l’ensemble des stocks sous l’effet d’une prise de mousse excessive. Si cette spéculation était très lucrative, personne n’osait y engager tout son capital et se spécialiser, c’est ainsi que les négociants du textile tout en maintenant leur activité initiale qui équilibrait leurs revenus furent parmi les premiers à se lancer dans le champagne, mettant à profit leur réseau commercial international déjà bien établi…

Le petit plus de ce joli cadeau de Noël ? Pour compléter l’habillage, Gabriella a osé couvrir d’un foulard le col de la bouteille, un voile de coton imprimé Annie, « son favori et signature de la marque qui, entre autre, tapisse entièrement le boudoir de sa boutique ».

Prix conseillé avec étui : 59 €

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Kaléidoscope 2021 dans le vignoble de Provence

L’année se termine, retour sur quelques faits marquants de 2021, en terre provençale.

Nouveau président, nouvelle stratégie

Le nouveau président des Vins de Provence, Eric Pastorino, a proposé une stratégie ambitieuse et collective pour que les rosés de Provence restent la référence mondiale de la couleur et deviennent « une marque iconique ». Au programme, capitaliser sur l’art de vivre provençal via l’œnotourisme, accélérer la prise en compte collective des enjeux de la transition agroécologique, coordonner les actions et diffuser les bonnes pratiques, professionnaliser et premiumiser.

L’incendie de la plaine des Maures

7000 hectares sont partis en fumée et un millier d’hectares de vignobles ont été touchés par le grand incendie de la mi-août qui a ravagé la réserve naturelle de la Plaine des Maures. Certains domaines ont même perdu tout ou partie de leur chai comme La Giscle, Théolier ou La Tourre. Des centaines d’hectares ont subi un gros choc de chaleur et certaines vignes n’ont même pas pu être vendangées pour éviter le goût de fumée dans les vins.

Terre de stars

Après Pitt-Jolie et George Lucas, le couple Clooney et la chanteuse Kylie Minogue ont été séduit par l’art de vivre provençal, les uns ont racheté le domaine de Canadel à Brignoles (83) avec quelques hectares de vignes, pour l’instant vinifiés par la coopérative de Correns, l’autre n’a pas racheté de propriété mais a demandé au Château Sainte-Roseline de lui élaborer une cuvée dédiée de côtes-de-provence rosé.

Un millésime éprouvant

Le gel n’a pas épargné la Provence en 2021 touchant quasiment tous les secteurs entre les 7 et 8 avril avec des températures plutôt rares descendant jusqu’à -7° à -9°C dans le Haut-Var et la région du Verdon mais il a aussi affecté les vignes du littoral. Coulures, épisodes de grêle, orages violents et été aride ont ainsi généré un millésime très hétérogène qui ont rogné les volumes déjà faibles de 2020.

Fusion de coopératives

L’union coopérative de Saint Roch-les-Vignes à Cuers et Saint Sidoine à Puget-Ville sur le terroir de Pierrefeu ont fusionné début 2021 sous le nom de Terra Provincia qui représente désormais 300 adhérents et 1200 hectares. Présidé par Frédéric Fabre et dirigé par Florian Lacroux, le nouvel ensemble qui commercialise environ 60000 hl par an, presque exclusivement en Côtes-de-Provence, est devenu un acteur majeur de la viticulture varoise.

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Etrennes du vin #3 : Les vignerons du ciel

Nous vous transportons dans les nuages avec cet ouvrage à ne pas rater « Les vignerons du ciel » de l’auteur Marc Paitier, paru le 9 décembre 2021 aux éditions Mareuil. C’est notre troisième idée cadeaux pour les étrennes.

En hommage aux moines, bâtis­seurs de la civilisation du vin, Marc Paitier dévoile dans ce livre des conte­nus inédits sur la symbo­lique du vin et de la vigne dans l’Ecriture Sainte et une his­toire de la viticulture monas­tique.

Le livre commence par une longue méditation sur la relation entre le vin et le sacré autour de textes des Saintes Écritures qui mettent en scène, la vigne, le vin et le vigneron. L’histoire de la viticulture monastique constitue le cœur de l’ouvrage. Elle couvre une période qui s’étend du Ve siècle à la Révolution française, avec en point d’orgue les XIe et XIIsiècles qui en constituent l’apogée avec l’influence des congrégations de Cluny et de Cîteaux. La dernière partie de l’ouvrage est consacrée aux quatre abbayes françaises qui ont renoué récemment avec la tradition viticole. Ils ont restauré l’âme de ces domaines monastiques qui créaient autour d’eux une immense poétique humaine contre laquelle rien ne pouvait prévaloir et auxquels les âmes du temps s’arrachaient mal. Ils ont ouvert une voie de la charité qui donne son caractère aux vins qu’ils produisent. Ils constituent un signe d’espérance et de paix dans un monde qui renoue avec la violence la plus imprévisible.

Agrémenté de très belles photos souvent inédites, ce beau livre permet de mieux comprendre combien le développement de la viticulture est lié au rayonnement monastique. Un ouvrage qui offre une véritable promenade au sein des plus grands vignobles de France et d’Europe.

Les Vignerons du Ciel, les moines et le vin, 29,90€ sur le site Mareuil Editions

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2021, la Bourgogne sous les feux des projecteurs

De la première pierre de la cité des Climats à la folie des Hospices, en passant par l’accueil d’un siège international, la Bourgogne a vécu un millésime 2021 faste en termes d’actualités. Rétrospective.

Janvier : De nouveaux Bourguignons en Californie

Les États-Unis et la Bourgogne : une histoire d’amour jamais démentie. Drouhin, Jadot, Méo-Camuet en Oregon, Aubert de Villaine dans la Napa Valley… et Faiveley dans la Sonoma.  Le domaine de Nuit Saint-Georges annonce en janvier 2021 l’acquisition d’une part « significative » du domaine Williams Selyem, référence du pinot noir californien. L’exploitation propose des vins presque uniquement sur allocation à un public de fins connaisseurs américains. Pour la famille Faiveley, un projet de longue date se concrétise. « En tant que Bourguignons, nous voulions cultiver les meilleurs pinot noir et chardonnay des États-Unis. La région de Sonoma et en particulier la Russian River Valley se sont imposées comme une évidence à nos yeux. » Objectif : Une transmission intégrale à moyen terme.

Mars : La cité des Climat sort de terre

2021 restera l’année de naissance de la cité des Climats et Vins de Bourgogne. À Beaune, la première pierre du site principal est posée vendredi 12 mars, en compagnie du maître d’œuvre, des architectes et des financeurs du projet. La future porte d’entrée oenotouristique de Bourgogne sera composée de trois sites : Mâcon, Chablis, et Beaune. Ce dernier devrait bénéficier d’une inauguration en novembre 2022, à l’occasion de l’emblématique vente des Hospices. « C’est le rêve de tous les Beaunois, mais aussi un projet international », s’émeut Christophe Rougeot, à la tête de l’entreprise du même nom, chargée du chantier. Une truelle à la main, le maire de Beaune Alain Suguenot savoure lui aussi le moment. « Ce chantier a pu être considéré par certains comme une arlésienne, mais nous y sommes. On peut être fiers »

Mars : La Bourgogne sur petit écran

Voilà un film qui a alimenté bien des discussions chez les vignerons de Bourgogne. Le 1er mars sur France 2, le long-métrage « Intraitable » replonge le vignoble dans l’affaire Emmanuel Giboulot : l’histoire de ce vigneron bourguignon, en biodynamie, inquiété par la justice car il avait refusé d’effectuer un traitement insecticide obligatoire sur ses vignes. Dans le rôle du viticulteur, Fred Testot. Le scénario, s’inspirant très librement des faits, a pu provoquer quelques grincements de dents au sein de la filière.

Octobre : L’ONU (du vin) déménage à Dijon

Une nouvelle fierté pour la Bourgogne, et pas des moindres. Lundi 25 octobre 2021, les 48 états membres de l’organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) choisissent Dijon comme nouveau siège, à l’unanimité. L’« ONU du vin » va définitivement quitter ses locaux parisiens. Une décision accueillie par des applaudissements nourris, et par le sourire des représentants français. François Rebsamen, maire de Dijon, savoure le moment. « I had a dream : que l’OIV s’installe à Dijon », lâche l’édile face à l’assemblée. Avec près de 1000 experts associés, l’OIV est la référence internationale dans les secteurs de la viticulture et de l’œnologie.

Novembre : Les Hospices de Beaune sans limites

Toujours plus loin…  Dimanche 21 novembre 2021, la vente aux enchères des Hospices de Beaune, 161e du nom, pulvérise ses propres records. Les volumes restreints ont fait exploser les prix. Symbole de ces enchères survoltées : la pièce de charité, un Corton Renardes grand cru, qui trouve preneur pour 800 000€. Le parrain de la vente, Pio Marmaï, n’y est pas pour rien. L’acteur de Ce qui nous lie a emporté le public, façon concert de rock. « Y a du monde dans cette salle ou pas ? », s’est fendu le comédien de 37 ans, prenant à partie, tour à tour, les officiels et les acheteurs, et faisant monter les enchères pendant près d’un quart d’heure. Tonnerre d’applaudissements et embrassades ont conclu la séquence.

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Etrennes du vin #2: le nez du Bourbon & American whisney

Pour prolonger la magie des fêtes, Terre de Vins vous propose cette semaine ses étrennes du vin, encore quatre idées cadeau pour faire plaisir, et c’est pour les amoureux du whiskies que se destine ce cadeau consacré au bourbon et autres whiskeys américains, le petit dernier des édition Jean Lenoir.

« Le nez du bourbon & American whisney » est un livre pédagogique écrit par des auteurs experts et célèbres dans l’univers des whiskies : Hans et Becky Offringa et préfacé par Chris Morris, maître distillateur de Woodford Reserve. Un véritable voyage olfactif au travers de douze flacons d’arômes pour décrire la boisson emblématique des États-Unis. Le but étant de faire découvrir les particularités des whiskeys américains, des spiritueux redécouverts ces dernières années grâce à l’émergence de nombreuses distilleries artisanales aux USA.

Douze flacons d’arômes décrivent l’univers aromatique de la boisson emblématique de l’Amérique : 1 miel, 2 rose, 3 feuille de tabac, 4 cerise, 5 orange, 6 chêne, 7 amande grillée, 8 caramel, 9 vanille, 10 cannelle, 11 menthe, 12 poivre noir.

Crée dans un coffret à la couverture effet cuir et aux accents bruns évoque un bon Chesterfield, elle rappelle surtout les reflets du bourbon. Fabriqué en France et assemblé à la main, « Le nez du bourbon & American whisney » va plaire aux amateurs de beaux objets.

Prix de vente public : 75 euros TTC
Sur le site lenez.com et dans les points de vente partenaires (liste sur le site)

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Buller au crémant de Bordeaux pour les fêtes

Pour faire connaître ces vins pétillants, alternatives à prix doux au champagne, le Syndicat des bordeaux et bordeaux supérieur a demandé à un jury de seize professionnels du vin et influenceurs de désigner leurs coups de cœur parmi douze crémants blancs et rosés. Ces flacons ont été sélectionnés parmi les médaillés d’or du Concours national des crémants et les Oscars des Bordeaux de l’été 2021. Palmarès des dégustateurs et coups de cœur de Terre de Vins.

« Y a pas que le champagne dans la vie, y a le crémant de Bordeaux aussi ! » Production historique reconnue AOC depuis 1990, les crémants de Bordeaux peuvent être créés sur l’ensemble du vignoble bordelais. Susceptibles d’être vinifiés à partir de tous les cépages bordelais blancs (principalement muscadelle, sémillon, sauvignon, sémillon ; accessoirement colombard, merlot blanc, ugni blanc) comme noirs (cabernet franc, cabernet-sauvignon, carmenère, malbec, merlot, petit verdot), les crémants blancs représentent 70 % de la production de bulles locales (566 hectares). En rosé (230 hectares), les crémants  sont issus des cépages noirs (cabernet franc, cabernet-sauvignon, carménère, malbec, merlot, petit verdot). Après une récolte exclusivement manuelle, ces vins naissent, comme leurs cousins champenois, d’une double fermentation en cuve puis en bouteille. Fins et aromatiques, jouant sur le registre des agrumes et fleurs blanches pour les crémants blancs, et sur les tonalités de fruits rouges pour les rosés, ils affichent une durée de garde moyenne d’un à deux ans. Ils se dégustent entre 7 et 11°C en toutes occasions, dont les moments festifs, de l’apéritif au dessert.

Quatre crémants blancs distingués par les seize dégustateurs

Crémant blanc Bulles de Lisennes8,50 €

Issu d’un assemblage de sémillon, cabernet franc et muscadelle cultivés sur sols argilo-calcaires, ce crémant blanc dévoile visuellement une jolie mousse aux bulles fines, présentes en nombre. Fin et équilibré, le nez se déploie sur des touches d’agrumes ponctuées d’une pointe florale. L’attaque sur d’expressives et plaisantes notes de chèvrefeuille laisse place à un milieu de bouche frais, qui se poursuit sur une belle persistance. Un crémant à apprécier en apéritif, avec des huîtres, du foie gras, ou des tartes aux fruits.

Crémant de Bordeaux blanc brut de Lateyron8,50 €

Venu du nord-est de l’Entre-deux-mers, cet assemblage à 70% sémillon et 30% cabernet franc est vieilli au moins seize mois en caves souterraines calcaires. Sa robe or pâle aux reflets verts est parée d’une mousse persistante et intense, mais sans agressivité en bouche. Frais et délicat, le nez s’offre sur des arômes floraux (aubépine), combinés à une fragrance de pomme. La bulle, persistante, se déploie sur le palais pour amener un équilibre entre fraîcheur aromatique et rondeur. Une rondeur appropriée pour accompagner aussi bien les apéritifs qu’une fin de repas.

Légende de Louis Vallon blanc brut (Bordeaux Families)12,50 €

Né du mariage du cabernet franc, du sémillon, du merlot et de la muscadelle, Légende de Louis Vallon Brut est élevé pendant au moins 36 mois sur lattes. Sa robe jaune paille aux très fines bulles est annonciatrice d’une bouche riche et vineuse, se déployant sur des arômes ensoleillés entre abricot et fruits secs. Un joli vin équilibré, à déguster avec un foie gras mi-cuit au torchon ou une tarte aux fruits.

Crémant blanc Bio Full (Bordeaux Vinéam) – 16€

Produit en agriculture biologique, cet assemblage de muscadelle (60%) et sémillon (40%) plantés sur des sols argilo-calcaires est élevé douze mois sur lattes. A la clé : « un crémant d’une grande finesse, aux notes d’agrumes et de fleurs blanches, compagnon idéal à l’apéritif comme au long du repas. »

Les coups de cœur de Terre de Vins

Premius blanc6,45 €

Un vin à l’effervescence subtile et à l’accent frais et tonique, entre zestes d’agrumes et touche iodée. La bouche poursuit sur cette lancée toute en fraîcheur, aérienne, avec ses fines bulles et ses notes d’agrumes et de pomme granny smith. La pointe saline finale vivifiante fait écho au premier nez,  et donne envie d’y revenir ! Idéal en apéritif, avec des huîtres ou fruits de mer, des plats aux tonalités exotiques, ou des desserts acidulés.

Légende de Louis Vallon12,50 €

Un crémant qui assume son style vineux de bout en bout. Après des arômes opulents aux accents ensoleillés, il joue à merveille la carte de l’équilibre. La matière riche, vineuse, sur des notes de coing, abricot et figue est justement contrebalancée par des bulles fines et de jolies notes florales tonifiantes. Un crémant de caractère qui assumera sa place à table, avec le jambon ibérique, le foie gras, des viandes blanches ou des desserts.

Bulles de Lisennes rosé8,50 €

Une belle robe saumon, pour un vin à l’alléchante aromatique expressive sur les petits fruits rouges juteux. La bouche est dans la même tonalité, justement équilibrée entre densité, bulles fines et virevoltantes en nombre, et petits fruits rouges acidulés (mara des bois). Gourmand à souhait pour les fêtes ! Parfait en apéritif ou apéritif dînatoire, avec un risotto, une pizza, des mets jouant le registre sucré-salé ou des desserts fruités.

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[Bordelais] 2021, une année plus figue que raisin

Au soir du 31 décembre 2020, parmi les bonnes résolutions et vœux pour la nouvelle année, le verre fièrement levé, chacun misait sur la sortie du COVID 19, sorte de lumière au bout du tunnel avec, en bonus, un millésime exceptionnel pour réchauffer les cœurs. Il en fut autrement.

Le marché des vins de Bordeaux a bien sorti la tête de l’eau avec la reprise des flux commerciaux mais la pandémie continue de planer au-dessus des têtes telle une épée de Damoclès. Pour autant, la Place du Port de la Lune, des instances aux propriétaires, s’est organisée pour maintenir coûte que coûte l’évènement des Primeurs du millésime 2020. « Il suscite de l’attention, et sans doute des attentes, confiait à Terre de Vins au mois de mars Ronan Laborde, l’enthousiaste président de l’Union des Grands crus. Cela nous tient à cœur de présenter ces vins savoureux jeunes, et offrant un grand potentiel de garde, à ceux qui sont là pour les commenter, les juger, les vendre. Alors que la pandémie est toujours présente, ce format nous permet de pérenniser nos actions de façon plus intimiste et encore plus professionnelle. »

Une nature capricieuse

Pendant ce temps, la vigne donnait des signes de précocité, conséquence d’un hiver doux et de belles journées printanières. Les vignerons de l’ensemble du bordelais retenaient alors leur souffle, craignant un épisode de gel tardif. C’est ainsi que le mois d’avril 2021 fut celui des hélicoptères bourdonnant dans la nuit et des bougies éclairant les parcelles donnant l’illusion de processions au flambeau. Sauve qui peut ! Pour enfoncer le clou, il s’en est suivi un été pluvieux sinon humide pour ne pas dire pourri, propice aux maladies. « On se souviendra de ce millésime éprouvant pour les nerfs », soulignait Anne Le Naour, directrice de Crédit Agricole Grands Crus (Château Grand Puy Ducasse, Château Meyney…). Un peu de baume est venu irriguer le cœur bordelais avec une toute fin d’arrière-saison radieuse offrant des conditions de vendanges idylliques. « Ce fut un millésime pour les patients, ceux qui ont attendu ont été récompensés par de belles maturités », reconnaît David Suire, le directeur du Château Laroque, Grand Cru Classé de Saint-Emilion.

10e édition de Bordeaux Tasting

L’évènement s’est déroulé les 11 et 12 décembre. Deux jours d’effervescence organisé par Terre de vins, où près de 6 000 visiteurs sont venus rencontrer plus de 200 exposants répartis dans les trois lieux du festival, dans l’Espace Saint-Rémi pour les champagnes, au Musée National des Douanes et sa Cour pour les Grands Invités, et bien sûr au Palais de la Bourse, entièrement consacré aux Grands Bordeaux. Au fil du temps, Bordeaux Tasting a su s’imposer et fait désormais partie des rendez-vous incontournables de fin d’année, pour les viticulteurs comme pour les visiteurs.

Le Monopoly bordelais

En attendant de juger plus précisément le millésime 2021, cette année fut aussi celle de transactions d’importance dans le vignoble bordelais. Pour le buzz, on retiendra notamment la reprise en mains du Château Beauséjour Duffau Lagarrosse par le groupe Clarins et Joséphine Duffau-Lagarrosse. Le déroulé de cette acquisition fut digne d’un polar avec des prix sans précédent, l’hectare avoisinant les 10 millions d’euros ! Rive gauche, c’est la famille Lorenzetti qui s’est offert un Grand Cru classé 1855 de Saint-Estèphe. Le président du Racing 92 Rugby est désormais propriétaire de Grand Cru Classé 1855 sur Margaux, avec le Château d’Issan (en copropriété avec Emmanuel Cruse), sur Pauillac avec le Château Pédesclaux et sur Saint-Estèphe avec le Château Lafon-Rochet. « Il entre dans le cercle très fermé des propriétaires de plus de 100 hectares en Grand Cru Classé 1855, ça commence à peser dans la balance », remarquait Emmanuel Cruse qui préside aux destinées des domaines. Dans la promesse de millésimes plus cléments pour les nerfs et libérés du COVID, l’année 2021 aura montré que les grands vignobles bordelais continuent de se démener et de séduire. À n’en pas douter que leurs fruits seront dégustés pour les fêtes avec pour seule arme un tir bouchon : Criii, criii, plop !

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