« Le malbec dans l’ADN des Côtes de Bourg » 

Les Côtes de Bourg entretiennent un lien singulier avec le malbec. Le directeur du syndicat Didier Gontier nous en dit davantage sur ce mariage entre un cépage et une appellation. L’entretien est suivi d’une sélection de cuvées à partir d’une dégustation à l’aveugle réalisée au syndicat sur une trentaine d’échantillons. Il en ressort de très beaux flacons également à découvrir au Bouchon de Bourg (lebouchondebourg.com), le magnifique restaurant d’appellation qui maîtrise son sujet et domine l’estuaire.

Existe-t-il un lien historique avec le cépage malbec ?
Oui et la personne qui a donné son nom à ce cépage, un certain Monsieur Malbec, est originaire du coin. Surtout, ce cépage est présent dans le bordelais au XIXème siècle, notamment dans les Côtes de Bourg. On le retrouve en force dans les années 1960 sans être majoritaire mais dans des proportions notables. Il a sûrement été replanté après le grand gel de 1956, c’est une hypothèse. Dans tous les cas, il a connu une traversée du désert les décennies suivantes avant de connaître un nouveau retour.  

Quand et pourquoi ?
Ce retour s’est opéré dans les années 1990 et à l’initiative du syndicat, du collectif. Ça s’est traduit par des essais sur des parcelles de l’appellation (adéquation avec les sols, matériel végétal…), en partenariat avec la Chambre d’Agriculture, et ces essais ont montré qu’avec une maîtrise des rendements, on arrivait à des résultats très intéressants. Au début des années 2010, nous avons signé une convention avec les pépinières Mercier pour réaliser une sélection massale à disposition des vignerons. Il s’agit de deux clones, un clone argentin et… un des Côtes de Bourg. Donc nous avons des vieux plants d’ici… Le malbec est dans l’ADN de notre appellation !

Qu’apporte ce cépage à la signature des vins des Côtes de Bourg ?
Ce clone autochtone donne de petites grappes, de très belles aromatiques comme une très belle trame tannique. On retrouve du malbec dans beaucoup d’assemblage, pour ce côté épicé, racé et, on le sait, avec le réchauffement climatique, ce cépage apporte de la fraîcheur. On a aujourd’hui de plus en plus de flacons avec des proportions majoritaires de malbec voire 100%. Le décret d’appellation des Côtes de Bourg le permet, c’est le seul de tout le bordelais. Ce cépage représente plus de 10% de l’appellation… La volonté n’est pas qu’il devienne majoritaire mais il complète la gamme. Après être une réalité scientifique et qualitative, c’est un outil de communication de différentiation. 

La sélection

Colline des Barrails 2015 du Château Relais de la Poste (15€)
C’est le millésime le plus ancien soumis à la dégustation. Ce 100% malbec montre une très belle évolution de ce cépage avec les années. C’est riche et suave, le fruit noir tapisse le palais, ce vin élevé en barriques de 400 litres a été pensé sur la fraîcheur et la finesse.

Cuvée VI 2016 du Château Lacouture (30€)
Cette vigne de 40 ans délivre un 100% malbec sur l’onctuosité et la race. Le nez comme la bouche sont dotés d’une très belle complexité aromatique, des épices à la grosse cerise noire qui éclate en bouche. Là aussi, les gros contenants ont été privilégiés pour l’élevage.

Cuvée Héritage 1757 du Château Gros Moulin 2018 (20€)
Porté par le très beau millésime 2018, ce 100% malbec annonce dès le nez beaucoup de profondeur, de matière et de noblesse. L’attaque est vive et charnue, l’élevage apporte des notes de cèdres et l’équilibre de ce vin lui confère une grande garde.

La Dame de La Tuilière 2020 du Château La Tuilière (39,90€)
Ce vin tutoie les sommets de cette dégustation pour un vin réalisé en vinification intégrale qui s’exprime dans l’intensité, la chair. Les épices et les fruits noirs se délivrent dans le velours. Il procure déjà beaucoup de plaisir et il promet une très belle garde.

Prestige 2020 du Château De Viens (19€)
C’est une cuvée à partir de 80% de malbec ajoutée de 20% de merlot. Dès le nez, on sent du volume avec des notes de chocolat au lait. L’attaque est très fraîche, c’est la valeur ajoutée de ce vin, pour une architecture équilibrée lui donnant un côté très digeste.

Cuvée Malbec du Château Lamothe (10,50€)
Attention, ce vin est très très bon ! Ce 85% de malbec (et 15% de merlot) offre un nez sur le cassis frais. L’attaque est ample, superbe, c’est un vin vivant, éclatant, le fruit noir tapisse le palais. Il conjugue plaisir immédiat et garde.

Cuvée Émeraude 2020 du Château Lagrange (25€)
Le nez est sombre, au sens noble du terme, et délivre des notes de réglisse et de violette. 50% de malbec, les deux cabernets et du merlot composent ce vin qui forme une boule de fraicheur en bouche. C’est délicat, riche et complexe.

Malbec 2020 du Château Belair-Coubet (10,50€)
C’est le plus décalé de la sélection pour ce vin légèrement gazéifié, un côté nature qu’il ne revendique pas. L’important est dans le plaisir qu’il procure avec ses notes d’eucalyptus et de mûres. Frais, digeste, du bonheur en somme.

Les choses qu’on aime du Château de la Grave (14€)
Tout est bon en ce domaine locomotive de l’appellation, précisément ici ce 90% de malbec (et 10% de merlot) sur le chocolat noir et le fruit de la même couleur. Tout est noir et lumineux, la bouche est ample, les tannins sont délicats, lisses, cette cuvée est une bombe !

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Le Clos des Goisses 2014 : directement à la source !

Vous en connaissez beaucoup des présidents de grandes maisons capables de dégorger eux-mêmes, manuellement, une bouteille de champagne ? A l’occasion d’une visite à Mareuil-sur-Aÿ, Charles Philipponnat a opéré sous nos yeux un flacon du Clos des Goisses 2014, que nous avons pu découvrir en avant-première, tout en profitant d’un petit cours sur l’intérêt des vinifications sous bois ou encore sur l’origine de cette sensation saline que l’on a parfois en dégustant le champagne…

On ne présente plus le Clos des Goisses, cet ensemble de parcelles de 5 hectares 83 sis sur les coteaux de Mareuil-sur-Aÿ. Regardant vers le sud et incliné à 45 degrés, la craie y est presque affleurante, d’où ses vins à double facette, très mûrs et pour autant dotés d’une belle fraîcheur. Le nouveau millésime 2014 de la plus bourguignonne des cuvées champenoises, s’inscrit dans la lignée du 2013. Lui aussi fait suite à une campagne viticole relativement froide. Il joue ainsi plutôt dans le registre de la finesse. Néanmoins, 2013 était un millésime de faible quantité donc assez intense, avec beaucoup de matière. 2014 a été au contraire une année abondante. Le vin y a gagné en élégance et en fluidité ce qui lui confère un côté facile. 

La très belle exposition du Clos des Goisses qui apporte jusqu’à deux degrés potentiels d’alcool de plus que la moyenne du vignoble, a permis malgré tout de conserver une dimension solaire. Elle s’exprime sur des notes de miel, de pain d’épices, de thym. La fraîcheur quant à elle s’affiche davantage sur la finale, qui, nous confie Charles Philipponnat, « rappelle un peu le pamplemousse, mais pas au sens aromatique, plutôt dans la composition de la structure avec cette combinaison acide/amer. C’est cette trame solide qui en fait un vin supérieur à 2004, un autre millésime abondant, lui aussi très élégant. »

Si la craie est à l’origine de cette belle fraîcheur, la vinification sous bois d’environ cinquante pourcents des vins n’est pas étrangère à son étonnante conservation après neuf ans de vieillissement sur lie. « Nos fûts ont en moyenne trois ou quatre ans, ils sont donc plutôt jeunes, au sens où en Champagne, l’ancienne tradition était de les utiliser jusqu’à leur belle mort. On avait ainsi un vieux bois avec un caractère oxydatif, mais plus aucun apport tannique. Dans notre cas, la micro-oxygénation n’est pas absente, mais comme on a encore des tanins qui sont des antioxydants, cela ne débouche pas sur une oxydation, pour ne favoriser que le déploiement aromatique. On a donc ce double effet un peu paradoxal qui permet à la fois d’ouvrir le vin tout en conservant sa fraîcheur. On n’oubliera pas enfin cet apport flatteur du bois que procurent les jeunes tanins. Ils ont dans la perception un pouvoir un peu sucrant, qui s’exprime sur des notes vanillées. »

On retiendra également le caractère très fruité de ce nouvel opus où dominent des arômes de coing, de mirabelle et de poire. Si on laisse le champagne évoluer dans le verre, des expressions plus florales commencent à se manifester, comme la primevère sauvage, ce fameux coucou dont on peut s’amuser à croquer le pistil au goût légèrement sucré. 

La minéralité est plus discrète mais néanmoins bien présente à travers une petite touche saline. « Le goût salin que l’on ressent dans le champagne n’a rien à voir avec la présence de sel. Il est essentiellement lié à l’acidité et à la présence d’éléments aromatiques qui évoquent le sel parce qu’ils ne sont pas lourds. Pour moi, il s’agit d’une association entre ce que les Japonais appelleraient umami, une sorte de texture qui ressemble au collagène, et l’aciditéPour être plus précis, c’est la matière sèche du vin, celle qui lui donne une certaine épaisseur, mariée à l’acidité, en l’occurrence ici l’acide malique que l’on conserve systématiquement dans cette cuvée en bloquant les fermentations malolactiques. Il existe ainsi un lien direct entre acidité et minéralité.»

La cuvée arrivera sur le marché à la fin de l’année.

www.philipponnat.com

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Le Château d’Estoublon intègre le domaine Villa Baulieu

Le groupe d’actionnaires du Château d’Estoublon en Baux-de-Provence vient d’intégrer le domaine Villa Baulieu en Coteaux-d ’Aix-en-Provence.

Le rapprochement avait été initié par le regretté Pierre Guénant, propriétaire du domaine depuis 2001 et disparu en septembre dernier. « Cet accord va laisser la possibilité à la famille Guénant de se désengager selon l’agenda qui lui conviendra, précise Jean-Guillaume Prats, l’un des actionnaires et président executif. Bérangère Guénant, la fille de Pierre, vit à Paris et a souhaité prendre du recul. Ce nouveau rachat va surtout permettre à Estoublon de sécuriser l’approvisionnement de la marque Roseblood créée en 2020 et qui va atteindre 1 million de cols en 2023. Nous voulons en faire une marque mondiale à l’instar des grandes marques du moment que sont Whispering Angels Miraval, Minuty, Ott… et devenir l’un des acteurs majeurs de Provence ».

Faire grandir les grands vins de Baulieu et Roseblood
Estoublon qui associe désormais les familles Courbit, Prats, Bruni-Sarkozy et Guénant représente près de 400 hectares de vignes, 200 pour Cantarelle racheté cet hiver au groupe Cap Wine, les 180 de Villa Baulieu, et les 19 d’Estoublon, au cœur de la Vallée des Baux-de-Provence. Pas d’autres extensions en vue à ce jour. « Pour l’instant, nous avons ce qu’il nous faut ,en nous appuyant aussi sur un approvisionnement en négoce grâce à un tissu de caves coopératives de grande qualité. Ces achats de vins viennent en complément des raisins de Baulieu et Cantarelle pour diversifier le sourcing, la vinification étant maintenue sur chaque site ». Le nouveau pôle entend garder et même faire monter en puissance les grands blancs et rouges de Villa Baulieu qui bénéficient d’un terroir exceptionnel adossé au seul volcan de Provence à 400 m d’altitude. Une partie du sourcing de la marque commerciale Baulieu Aix-en-Provence qui représente plus des trois quarts des volumes produits, pourrait être réorienté à terme vers Roseblood en fonction de son développement.

La belle villa toscane de Baulieu abrite également un magnifique complexe œnotouristique de luxe de 16 chambres dans une propriété de 300 hectares au total. Un projet hôtelier complémentaire de celui d’Estoublon bénéficiant des 10 chambres du château privatisable, d’un restaurant et d’une oliveraie de 120 hectares, est en réflexion. « Le rapprochement entre les deux maisons permettra de développer l’activité hospitalière du domaine et de donner un nouvel élan commercial aux cuvées Villa Baulieu tout en pérennisant les relations avec les partenaires historiques ».

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[Grande dégustation Primeurs] Master class exclusive La Mission Haut-Brion et Quintus

Hier soir, au Palais de la Bourse de Bordeaux, en marge de la dégustation du millésime 2022 et d’un millésime livrable d’une trentaine de propriétés bordelaises orchestrée par Terre de Vins et La Grande Cave, une poignée d’heureux participants ont pu déguster cinq vins de la galaxie Domaine Clarence Dillon, dont trois 2022 et deux millésimes livrables. Récit comme si vous y étiez.

Châteaux Quintus, La Mission Haut-Brion et La Chapelle de La Mission Haut-Brion 2022, Château Quintus 2016 et Château La Mission Haut-Brion 2006. « On a beaucoup de chance de découvrir les cinq crus qui vous sont servis ce soir », constatait hier en ouverture de cette master class de haut-vol son animateur, Rodolphe Wartel, le directeur de Terre de Vins. A ses côtés, le directeur commercial de Domaine Clarence Dillon, Guillaume-Alexandre Marx confirmait l’exceptionnel de ce moment, rappelant que la dégustation du Château La Mission Haut-Brion en Primeur à des clients particuliers était « une grande première ». Pour compléter ce plateau d’animation de haut-vol, étaient également présents le tout nouveau président de l’Union de la Sommellerie Française et Meilleur Ouvrier de France, Fabrice Sommier, et Frédéric Castéja, directeur général de la maison de négoce Borie Manoux et du site internet La Grande Cave dédié.

Dans la galaxie Domaine Clarence
Situé à Talence, La Mission Haut-Brion est l’un des rares domaines bordelais urbains. Faisant face à son illustre frère pessacais Haut-Brion (dans l’escarcelle de la famille Dillon depuis 1935), ce domaine a quant à lui été acquis par les Dillon en 1983 et compte depuis le départ une surface inchangée de 25 hectares. Bien que non-intégré dans le classement de 1855, ce cru classé de Graves n’en demeure pas moins très prestigieux, « doté du même niveau de qualité qu’Haut-Brion, mais avec une personnalité différente, explique Guillaume-Alexandre Marx. C’est d’ailleurs le seul vin avec Petrus à avoir obtenu la note de 100 par le Wine Advocate », rappelle-t-il. Rien que ça. Depuis 1988, les nectars de ces deux domaines sont créés sous la houlette d’un trio expert emmené par Jean-Philippe Delmas, dont le grand-père et le père avant lui veillaient déjà sur la destinée de Haut-Brion.

En 2011, la famille Dillon a également posé ses valises à Saint-Emilion, au Château Quintus, avec l’ambition d’exploiter « ce beau terroir sur le plateau calcaire et argilo-calcaire pour l’emmener au même niveau qu’Haut-Brion et La Mission Haut-Brion ». Et ce, « afin d’en faire l’un des plus grands vins de la Saint-Emilion et de la rive droite rivalisant avec Angélus, Petrus ou Ausone », explique le directeur commercial. Atypique pour l’appellation, ce vignoble situé sur une colline aux vignes à 360° affiche une surface de 45 ha, « là où la moyenne locale tourne autour de huit hectares », et est mené « dans une esprit bourguignon plus que bordelais. »


2022 en trio
« 2022 est hors normes, rappelle Frédéric Castéja. Sur l’ensemble de Bordeaux, pour l’instant, on n’a jamais vu ça, c’est un grand millésime à la buvablité rapide mais qui pourra aussi être conservé pendant 50-60 ans. »

Premier vin en dégustation pour débuter cette approche du millésime 2022 : La Chapelle de La Mission Haut-Brion, second vin du domaine né de l’approche parcellaire. « Chaque parcelle intègre une cuve, la dégustation déterminant ensuite quelle cuvée chacune constituera », détaille Guillaume-Alexandre Marx. La meilleure cuve sera ainsi affectée à La Mission Haut-Brion, suivie par La Chapelle, les 3e et 4e niveaux vendus à une structure de négoce possédée par le Domaine Clarence Dillon pour confectionner le vin de marque Clarendelle. Sur ce 2022, assemblage à  56 % de merlot, 35 % de cabernet sauvignon et 9 % de cabernet franc, « on cherche la même identité que pour le premier vin, mais sans le volume, la puissance et la longueur », décrit le directeur commercial. Et ce, « pour proposer un point d’entrée dans l’univers du grand vin. » Fabrice Sommier voit d’ores-et-déjà tout le potentiel de ce vin nouveau-né, doté d’un « nez sur un très beau fruit croquant, réglissé, presque sur l’amande, avec des tanins présents en bouche, mais dont la petite touche d’amers permettra beaux accords. La promesse d’une belle complexité », assure-t-il.

Après cette mise en bouche, cap sur le grand vin du domaine, Château La Mission Haut-Brion 2022, assemblage à 45 % de merlot, 45 % de cabernet sauvignon et 10 % de cabernet franc. « Pour réussir ce millésime chaud et sec, il ne fallait rien faire, ni effeuiller, ni rogner, pour conserver le maximum d’ombre », explique Guillaume-Alexandre Marx. Arrivées à maturité sans l’once d’un problème, les baies ont permis la création d’un « vin rond, chaleureux et ample, mais doté d’une belle fraîcheur en rétro-olfaction grâce à la petite chute des températures nocturne, avec une acidité garante de garde. » Pour Fabrice Sommier, impressionné par ce nectar, « ce 2022 est un monstre, dans le bon sens du terme bien sûr ! Frais, élégant, tendu et droit avec ses notes de cassis, menthol et camphre, c’est un vin taillé pour la garde. Il dévoile aussi une épaisseur avec des tanins présents, mais qui se laissent  oublier sous la rondeur et la suavité, confinant presque à la sucrosité. » Assurément « la marque d’un grand vin, bon jeune comme vieux. »

Pour clore cette découverte du millésime, cap enfin sur la rive droite avec Quintus 2022, un vin richement pourvu en cabernet franc (42%), qui lui confère « de la fraîcheur, des notes d’épices et de fleurs, mais aussi du volume et de la tension », selon Guillaume-Alexandre Marx. Une approche que corrobore Fabrice Sommier, décrivant des « notes florales sur la violette et un fruit éclatant en finale. Rond et enrobant, gourmand, ce vin est doté d’une longueur très agréable, avec une finale finement tannique et juste petite pointe amère, sur une touche herbacée noble, qui ne laisse pas indifférent et raconte quelque chose », détaille-t-il.

En deux millésimes livrables
Après ce trio de Primeurs, c’est au tour du millésime 2016 de château Quintus de se dévoiler. Fruit de « vendanges sereines par de bonnes températures, avec une chaleur présente mais non-excessive », ce millésime affiche « une très belle robe, avant un nez solaire nécessitant un apport d’air », selon Fabrice Sommier. En bouche, « le fruit se fait croquant, ouvrant un boulevard sur l’acidité, puis une finale sur la cerise noire, qui le placerait justement comme compagnon idéal d’une forêt noire, décrit-il. Ce vin se goûte déjà bien, mais l’acidité permet une projection pendant longtemps. La bouche est très élégante et présente, les tanins sont là et conduisent discrètement la discussion, sans monopoliser la dégustation. Avec sa belle salinité, ce vin serait également le complice idéal d’anguilles au vin rouge ou d’une entrecôte bordelaise », selon le sommelier.

Clou de cette dégustation, le millésime 2006 de La Mission Haut-Brion. « Je l’ai choisi parce que je l’aime », confie Guillaume-Alexandre Marx en souriant. Issu d’une climatologie contrastée, avec une forte dose de pluie « nécessitant l’intervention de cent personnes dans les vignes », ce 2006 se positionne finalement comme l’un des grands millésimes du domaine. « C’est le seul de La Mission Haut-Brion sorti au même prix qu’un premier cru classé, un vin à la capacité de garde extraordinaire », assure le directeur commercial. Pour Fabrice Sommier, ce château La Mission Haut-Brion 2006 a « la dimension des grands vins, ceux qui amènent une émotion visuelle, aromatique, avec un nez qui bouge à chaque instant, entre le fruit, la truffe et des notes florales. La bouche est en adéquation, droite, saline, fraîche, fine, elle commence son évolution. Sur ce vin, inutile de compliquer les accords gourmands, on optera pour des mets qui accompagnent et équilibrent les côtés salin et gourmand, par exemple une côte de veau à la cocotte avec un beurre clarifié et quelques champignons, ou de jolis plats de gibiers classiques. »

Quel prix en Primeur ?
Dans une invariable succession, après la messe des dégustations Primeurs attirant à Bordeaux les acteurs mondiaux du vin, vient l’heure des sorties des prix, guettées sur la planète entière. Saluant la puissance de frappe de ce système historique, « formidable moyen d’avoir une très forte visibilité sur une très courte période », Guillaume-Alexandre Marx a ensuite expliqué aux participants la politique de Domaine Clarence Dillon en la matière. « Nous ne faisons pas de rétention, nous mettons un maximum de nos vins en Primeurs, avec 98 % sur la Place de Bordeaux. Nous avons la volonté de proposer un produit de consommation, même si les prix sont élevés car la demande augmente », expose-t-il. Pour fixer ce tarif tant attendu, les équipes procèdent à une analyse du millésime, en le rapprochant d’autres millésimes comparables du domaine, en évaluant à combien s’échangent les vins sur les marchés et quels volumes sont encore présents sur différentes places. En fonction de ces critères, « on ajuste le prix pour qu’il soit le plus intéressant possible pour vous, consommateurs », assure Guillaume-Alexandre Marx.

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[Primeurs 2022] Antoine Médeville « Éviter le piège de la sur-maturité puis de la sur-extraction »

Au travers du rush des primeurs, Antoine Médeville, co-dirigeant du laboratoire Oenoconseil accompagnant près de 250 propriétés, nous donne le pouls de ce chaud millésime 2022.

Avant de parler des vins de 2022, pouvez-vous nous retracer l’histoire climatique de ce millésime singulier et son impact sur les vignes médocaines ?
2022 est un millésime historique et atypique. Après un débourrement précoce le gel est venu saisir le vignoble médocain le 1er avril avec une vague de froid homogène sur l’ensemble des terroirs. À partir de mai, les conditions climatiques ont été historiquement chaudes et sèches avec un épisode caniculaire dès le mois de juin ! 2022 était lancé sur les rails de la précocité et les dates de récoltes ont été inédites (dès le 29 août pour les merlots). Au vignoble, les symptômes de stress hydriques sont restés assez limité compte-tenu des conditions climatiques. Seuls les jeunes parcelles et les terroirs les plus filtrants ont marqué le pas. L’un des paramètres importants de ce millésime restera la petite taille des baies qui impactera significativement les rendements sur la plupart des terroirs. Des rendements historiquement bas en Médoc, du jamais vu depuis 30 ans. 

Dès les vendanges ce millésime caniculaire a laissé entrevoir de belles choses, doit-on parler de grand millésime, très grand millésime ou de millésime exceptionnel et pourquoi ?
Pour moi, 2022 est sans aucun doute l’un des très grands millésimes de ces vingt dernières années, l’élevage nous dira s’il est exceptionnel. Pour le révéler au plus juste il fallait maîtriser plusieurs points. D’abord éviter le piège de la sur-maturité. Des raisins récoltés trop tard donnent ensuite des vins déséquilibrés. Ensuite, être attentif au risque de sur-extraction pouvant durcir les vins avec des tanins plus astringents. Pour cela nous avons dégusté très régulièrement, comme à notre habitude, et nous avons travaillé à des températures plus basses, plutôt 24 que 28 degrés, comme à Clos Manou. Nous avons dû gérer les remontages au plus juste et les arrêter plus précocement mais aussi piloter les durées de macérations toujours dans un objectif d’élégance. Ce fut notamment le cas aux Château La Tour de By, Noaillac ou Poitevin. Afin de respecter le fruit, nous privilégions les barriques de 500 litres pour les élevages. Elles sont désormais présentes au Château Desmirail, le Crock, Fonréaud et Beauvillage.

Vous possédez le Château Fleur La Mothe, qu’en est-il du 2022, pouvez-vous nous le décrire ?
Nous avons commencé par appliquer les conseils donnés aux vignerons que nous accompagnons. La date de récolte fût historiquement précoce, le 8 septembre. Notre maître-mot fut la recherche de fraîcheur et d’équilibre, la concentration était acquise dans ce millésime chaleureux. 
La robe est profonde et les tanins racés, tout en élégance. Pour préserver le fruit, l’élevage en barriques de 500 litres est intégré chez nous depuis le millésime 2015. 2022 fait partie des grandes réussites de Fleur La Mothe. 

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Première édition de la Randonnée Bordeaux Vignoble Engagé : cap sur Saint-Émilion

À vos agendas ! Le 4 juin prochain, à l’occasion des Trophées Bordeaux Vignoble Engagé, la première Randonnée Bordeaux Vignoble Engagée voit le jour. Et pour ce baptême du feu, direction la rive droite bordelaise et le vignoble de Saint-Émilion. 

17 propriétés sur le parcours
Premier vignoble inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 1999 au titre de “paysage culturel”, ce terroir viticole majeur est apparu comme une évidence au moment de choisir le théâtre de la première édition de la Randonnée Bordeaux Vignoble Engagé. En partenariat avec le Conseil des Vins de Saint-Émilion et le CIVB, Terre de vins vous propose donc de sillonner les vignes saint-émillionnaises et bien plus encore, à travers 17 châteaux qui seront répartis le long des deux parcours ludiques et accessibles, de 5 et 9km. Cinq départs depuis le Parc Guadet seront échelonnés entre 9h et 10h pour le parcours de 9km, tandis que quatre départs étalés entre 10h15 et 11h sont prévus pour la boucle de 5km.

Venez découvrir en famille ou entre amis la faune, la flore et les somptueuses propriétés de cette appellation prestigieuse, tout en vous sensibilisant aux nombreuses démarches environnementales entreprises par le vignoble. Pour cela, plusieurs haltes seront proposées dans cinq des propriétés rencontrées avec à chaque fois une thématique (Faune & Flore, Nature & Respect, Empreinte et Vivre Ensemble). Ainsi, vous saurez tout sur les pratiques vertueuses mises en place par ces professionnels engagés. Vous contribuerez vous aussi à cet engagement en participant à cette randonnée, puisque les ventes des billets (5€ pour les adultes) seront reversées à Biotope Festival, association qui a pour objectif d’éveiller et d’accompagner une évolution des pratiques conscientes des enjeux environnementaux et sociétaux.

Un village découverte avec de nombreuses activités
Après l’effort, le réconfort ! À l’issue de la randonnée, retour au Parc Guadet pour profiter du village découverte et ses nombreuses activités qui enrichiront votre après-midi. Au programme, un espace ludique en partenariat avec Biotope Festival, des ateliers découverte autour des métiers du vin (tonneliers, bouchonniers…) mais aussi des ateliers pédagogiques avec l’École du Vin de Bordeaux au cours desquels vous pourrez déguster vins et produits locaux. Enfin, un espace bien-être vous permettra de (re)découvrir la sophrologie à travers un atelier de sophro-tasting qui vous fera lâcher prise et vous offrira une nouvelle approche de la dégustation de vin.

Un corner restauration sera évidemment à votre disposition avec un food truck (Casa Mama) et un coffee truck (Pablito Coffee), sans oublier le Saint-Émilion wine truck et d’autres producteurs de la Nouvelle-Aquitaine qui seront de la partie pour émerveiller vos papilles, le tout sur fond musical, avec la présence du groupe Landers dont les sonorités rock de sa chanteuse et guitariste Marie-Pierre Lacoste, elle aussi vigneronne, enchanteront le plus grand monde.

Billetterie Weezevent

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[Publi-info] Safer : mobiliser ses proches pour financer en partie son installation

En évitant d’immobiliser l’ensemble de ses ressources dans l’achat du foncier lors de son installation, Julien a préservé les moyens d’assurer le développement de la commercialisation de ses produits. A Villié-Morgon au cœur du Beaujolais dans le Rhône, Julien a un rêve : produire son propre vin. Ses moyens financiers sont limités : il contacte un conseiller spécialisé de la Safer pour qu’ensemble ils puissent trouver une solution lui permettant de ne pas immobiliser son apport financier dans l’achat des terres.

Un accompagnement sur mesure
Le conseiller lui propose plusieurs propriétés totalisant un peu plus de 8 ha, regroupant l’essentiel des divers crus du Beaujolais : Chiroubles, Brouilly, Morgon et Fleurie et Beaujolais. Il n’achète directement qu’une toute petite partie des vignes en AOP Morgon. Il loue le reste des terres à deux groupements fonciers viticoles dont il est aussi actionnaire. Il mobilise sa famille pour la création du premier groupement foncier et ses amis pour le deuxième. Le surplus est cédé à trois investisseurs qui achètent ces vignes dans le but de les lui louer

Un projet fondé sur des bases solides
L’apport financier de différents bailleurs permet l’installation du jeune viticulteur sans immobiliser une partie trop importante de ses ressources dans l’achat du foncier. Ces bailleurs et porteurs de parts sont autant d’ambassadeurs pour la notoriété du Beaujolais et la commercialisation de ses vins.

Un savoir-faire reconnu
Depuis 60 ans, nous nous engageons, élus et collaborateurs de la Safer, pour nos territoires, nos terroirs et nos producteurs. Chaque jour, nous conseillons, accompagnons et sécurisons les porteurs de projets dans leurs transactions foncières : vente, achat, investissement, … La viticulture contribue au dynamise économique, elle façonne nos paysages et participe à l’attractivité de notre région. Nous accompagnons 250 nouveaux viticulteurs par an à s’installer et réalisons 1300 transactions en faveur de la viticulture pour une superficie de 4500 ha.

www.safer-aura.fr

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[Grande dégustation Primeurs] Les Primeurs à portée de verre

Hier soir, au Palais de la Bourse de Bordeaux, Terre de Vins offrait, en partenariat avec La Grande Cave, l’occasion aux particuliers de vivre de l’intérieur ce temps forts du millésime généralement réservé aux professionnels. Une 2e édition qui a largement enthousiasmé, avec 471 participants au rendez-vous, amateurs comme professionnels du vin en activité ou en devenir.

A l’image des plus grands chocs de la Ligue 1, « nous jouons à guichet fermé depuis hier » exposait ce jeudi soir en préambule de cette grande dégustation Rodolphe Wartel, le directeur de Terre de Vins, à la trentaine de propriétés venues présenter leur 2022 et un autre millésime à leur convenance. Réjouissant, ce plébiscite du public constituait aussi une véritable responsabilité pour les propriétaires et représentants des propriétés participants. « Ce n’est pas un exercice de style aisé concède Frédéric Castéja, le directeur général de la maison de négoce Borie-Manoux et du site internet La Grande Cave, spécialisé sur Bordeaux et les Primeurs. Nous comptons sur vous pour faire œuvre pédagogique dans l’explication des primeurs, la découverte de ce 2022 hors-norme et son devenir. »

La diversité à l’honneur
La grande force de cette dégustation, c’était de réunir en un seul et même lieu, le temps d’un soir, une belle palette de terroirs bordelais des deux rives. Amateur de longue date et membre de jurys de dégustation, Christian profitait ainsi de cette soirée pour voyager d’une rive à l’autre. « J’essaie de déguster par secteur », expliquait-il, méthodique, notant au passage « la déjà grande accessibilité » de ce 2022 malgré son jeune âge, « notamment sur les terroirs de la rive droite de Pomerol et Saint-Emilion largement pourvus en merlot ». Quant à elle étudiante en Master Management des Vins & Spiritueux à l’école KEDGE Bordeaux, et officiant actuellement dans un domaine de Saint-Emilion, Léa venait vérifier les échos entendus au sujet de ce millésime. « On entend beaucoup dire que ce 2022 est formidable. Je voulais goûter la rive gauche et la rive droite pour voir si c’était le cas partout », explique-t-elle.

Projection facilitée
Parmi les amateurs, on pouvait aussi croiser des novices en matière de Primeurs, à l’image d’Aura, venue avec son mari Nicolas, quant à lui déjà connaisseur. « Je n’ai dégusté qu’une seule fois une bouteille achetée en Primeurs, racontait-elle. Cette dégustation est très instructive grâce à la présence d’une diversité de terroirs et d’un millésime livrable de chaque domaine pour se faire une idée de ce que deviendra le vin une fois achevé. » Pour favoriser la projection, les propriétaires avaient choisi avec soin des millésimes similaires en termes de profil, à l’image du grand cru classé de Saint-Emilion château Grand Corbin Despagne, qui proposait en parallèle de son 2022, un de ces millésime livrable « un autre vin puissant permettant d’avoir une idée de ce que donnera ce 2022 », expliquait Marie Loustalan Prevost.

Présents à domicile
Cette dégustation inédite était une occasion rêvée pour (re)placer Bordeaux dans le cœur et sous les radars des consommateurs locaux. « On montre nos vins aux distributeurs bordelais et du monde entier, mais ils sont très consommés en Gironde et en Nouvelle-Aquitaine, rappelait Marc Perrin, du château Carbonnieux, qui faisait hier découvrir le cru classé de Graves en rouge et blanc. C’est primordial de montrer un beau millésime comme 2022 en premier sur ses terres ». Et le plébiscite était bel et bien au rendez-vous.

Photos @Adrien Viller


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Cellar in the sea : Veuve Clicquot sous les mers

La Maison Veuve Clicquot organise un exceptionnel voyage en mer Baltique où elle a immergé des bouteilles en 2014 pour étudier le vieillissement dans des conditions atypiques, semblables à celles des bouteilles qui avaient été retrouvées non loin de là en 2010 après 170 ans !

Il n’y aura que quelques élus pour ce voyage très confidentiel qu’organise la Maison Veuve Clicquot du 22 au 25 juin prochain. Au total, ce sont 14 chambres doubles qui pourront accueillir a maxima 28 personnes au cours de ce périple qui s’annonce exceptionnel à bien des égards. En effet, l’histoire remonte en 2010. C’est à cette époque que 47 bouteilles de Veuve Clicquot sont retrouvées au fond de la mer Baltique. Elles font partie d’un lot de 168 bouteilles de champagne qui avaient coulé avec le navire qui les transportaient dans ces eaux glaciales du sud de l’archipel d’Åland, entre la Suède et la Finlande. Une découverte inespérée qui a bien entendu fait naître de grands espoirs sur la qualité de ces vins. Comment ceux-ci avaient pu évoluer dans ces conditions si particulières ? Eau faiblement saline, absence de lumière, température froide et constante, pression spécifique due aux profondeurs. Eh bien, le résultat fut particulièrement enthousiasmant pour les équipes de la Maison à commencer par le chef de caves de l’époque, Frédéric Demarville. Des vins émouvants, encore très vibrants qui ont donc conduit à mettre en œuvre une réflexion plus poussée sur cet élément encore mystérieux qu’est le vieillissement des vins.


Au plus près de l’expérimentation
En 2014, la Maison Veuve Clicquot a donc lancé « Cellar in the sea », un test in situ et sur le très long terme pour pouvoir régulièrement analyser le processus unique de vieillissement des champagnes sous la mer. Pour ce faire, 4 cuvées ont été sélectionnées : le brut carte jaune en bouteille, le brut solaire carte jaune en magnum, le rosé vintage 2004 et le demi-sec. Tous ces vins ont été immergés au large de l’archipel d’Åland, à 40 mètres de profondeur, dans une eau en permanence à 4° et dans l’obscurité totale. En parallèle, les mêmes bouteilles ont été stockées dans les crayères de la Maison à Reims. Les bouteilles de chaque lot vont ainsi pouvoir être comparées régulièrement dans le temps et des échantillons envoyés aux universités œnologiques de Reims et Bordeaux pour étudier scientifiquement l’impact du vieillissement sous-marin. A ce jour, l’expérimentation n’a eu lieu qu’une fois. Les participants à ce voyage exceptionnel pourront donc assister au second opus en compagnie du chef de caves, Didier Mariotti. Leur périple commencera à Reims avec notamment un dîner de gala autour de la Grande Dame à l’hôtel du Marc, demeure privée de la Maison Veuve Clicquot. Le voyage les conduira ensuite en avion puis sur un bateau historique (la goélette Albanus) sur l’île de Silverskår, lieu du séjour. Une dégustation comparative des bouteilles immergées avec celles conservées à Reims sera proposée, les bons plongeurs ayant même la possibilité d’aller sous l’eau observer le site actuel de stockage. Le tout ponctué d’animations autour du Midsummer et de repas conçus par de grands chefs locaux : Filip Gemzell (chef étoilé), Mathias Dahlgren​ (chef étoilé), Titti Qvarnström et Gustav Erickson. Une échappée rare et exclusive.

Prix sur demande et réservation sur : www.veuveclicquot.com/en-int/cellar-in-the-sea-experience

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Film hommage à Pierre Galet, maître de l’ampélographie

Pierre Galet, immense scientifique qui a été l’un des plus grands contributeurs aux connaissances actuelles sur les cépages du monde entier, est enfin honoré dans un film documentaire de Clotilde Verriès dont l’avant-première aura lieu à Montpellier le 10 mai prochain.

Le grand public ne connaît pas bien son nom. Et pourtant, quel grand homme ! Sans Pierre Galet, nous balbutierions encore dans l’étude des cépages du monde entier. La réalisatrice Clotilde Verriès a réalisé un admirable travail avec ce documentaire intitulé « De la liane sauvage à la vigne de l’avenir ». A travers des images de longs moments d’interview de Pierre Galet ponctués de nombreux témoignages de personnes l’ayant côtoyé (dont beaucoup d’élèves), il nous est donné à mieux comprendre la vie riche de cet homme truculent qui a consacré sa vie à la vigne. Le documentaire permet de comprendre le rôle que Pierre Galet va jouer dès ses études d’ingénieur agro en tant que contrôleur des vignes. Il observera déjà à cette époque « les fleurs, les poils sur la plante, la disposition des vrilles sur les rameaux ». Naîtra ainsi son premier livre dans lequel il va imaginer un système facilitant la reconnaissance des cépages avec le type de bourgeonnement et la forme des feuilles. Un pas de géant, notamment pour les pépiniéristes à qui il va envoyer cet outil, car à cette époque ceux-ci n’avaient aucun moyen réel d’identification.

Une vie de recherche et de transmission
Tout au long de sa vie, Pierre Galet n’aura eu de cesse de perfectionner et vulgariser la connaissance des cépages. Il mettra en place différents systèmes d’identification dont le plus abouti consistant à déterminer un cépage spécifique en fonction des écarts angulaires et de la longueur des nervures. Une technique encore utilisée aujourd’hui par les élèves de Pierre Galet qui expliquent le transmettre à leur tour à leurs élèves, en Italie ou en Allemagne. Car les enseignements de Pierre Galet se sont diffusés dans le monde entier, par ses cours évidemment mais aussi ses nombreux ouvrages publiés tout au long de sa vie et traduit dans de nombreuses langues. Cet infatigable travailleur n’a eu de cesse de sillonner la planète pour comprendre toute la magie du genre Vitis, de Chypre en Afghanistan en passant par l’Afrique. Le documentaire est souvent émouvant, notamment lorsque Pierre Galet consulte ses premiers herbiers ou quand il explique à 95 ans, au crépuscule de sa vie, travailler sur « un petit livre de 2000 pages sur les vitacées » qu’il s’amuse à écrire en trois langues, français, anglais et latin parce que dit-il « il aime cette langue » ! Disparu en décembre 2019 à presque 99 ans, Pierre Galet restera à jamais le plus grand ampélographe.

Avant-première mercredi 10 mai à l’institut Agro Montpellier (inscription gratuite mais obligatoire avant le 5 mai à midi)

https://eduter.sphinx.educagri.fr/SurveyServer/s/litan5

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