Un nouveau triumvirat chez Bollinger !

Après le départ officiel de Gilles Descotes, chef de caves de Bollinger depuis 2013, la nomination de Denis Bunner en tant que directeur vins et de Gaël Vuile en tant que directeur vignoble et approvisionnements, devrait assurer la continuité. Les deux ont en effet été recrutés par Gilles Descotes et ont travaillé à ses côtés pendant une dizaine d’années. Celle de Benoît Pernod en tant que directeur des opérations peut davantage surprendre. Charles Armand de Belenet, le directeur général de la Maison, s’en explique.

Suite au départ de votre chef de caves Gilles Descotes, vous avez décidé de remanier le comité de direction de manière originale…

C’est une organisation à trois têtes. Au lieu de mettre un chef de caves qui chapeaute tout, nous avons préféré imaginer une répartition un peu différente, qui a la particularité de faire monter les vignes au Comité de direction, en intégrant Gaël Vuile en tant que directeur du vignoble et des approvisionnements. Il travaillera main dans la main avec Denis Bunner. Ce dernier définira auprès de Gaël les types de raisins dont il a besoin. D’adjoint au chef de caves, Denis Bunner devient directeur vins. Cette fonction de « directeur vins » plutôt que « chef de caves » lui permet d’être 100 % dédié au vin, là où souvent les chefs de caves en Champagne sont de véritables couteaux suisses. Quant à Benoît Pernod, nous l’avons recruté en août 2022. Nous avions besoin d’un professionnel des opérations, dans un contexte où nous réalisons de gros travaux pour le bicentenaire (construction d’un nouveau chai, aménagement d’un hôtel…). C’est un ingénieur qui a piloté plusieurs sites industriels, dans la verrerie, mais aussi dans une coopérative agricole. Il a donc une véritable expertise dans le domaine de la production et occupera le poste de directeur des opérations.

Vous suivez désormais une logique de grande maison, où, à partir d’un certain volume, on voit apparaître à côté du chef de caves, un directeur de production, sinon cela devient ingérable…

Oui, sauf que chez nous, cela s’inscrit davantage dans une optique de grands chantiers, nos volumes demeurant stables. Nous nous engageons sur une période de cinq à dix ans de travaux, nous avons donc besoin d’une expertise pour ne pas diluer le travail sur le vin ou les approvisionnements. C’est important, surtout en ce moment où ce genre de réalisation peut être compliquée par le coût des matériaux et les problématiques de disponibilité. Grâce à Benoît Pernod, nous pouvons ainsi sécuriser les projets ambitieux que nous avons pour le bicentenaire.

Puisque l’on parle de volume, pouvez-vous nous communiquer les résultats de l’année 2022 ?

La particularité de Bollinger, c’est qu’en 2020, l’année du confinement, nous n’avions connu aucune baisse de volume, ce qui pour 2022 ne nous donnait pas la même marge de stocks que nos concurrents. Par conséquent, même si 2022 a été une bonne année, notre logique très précautionneuse de gestion des stocks et notre volonté de conserver de longs vieillissements, nous a amené plutôt à réduire nos volumes commercialisés. Nous avons cependant compensé ce recul par une augmentation de notre chiffre d’affaires, grâce à une belle croissance de valeur. Celle-ci vient principalement du succès remporté par la Grande Année 2014 et du Pinot noir de Tauxières. Nous vendons ainsi de plus en plus de cuvées premiums à côté de la Special cuvée dont les ventes restent assez stables. Pour le reste, nous avons eu des augmentations de prix modérées, de 5 à 7 %, ce qui n’est pas loin de l’inflation. Nous n’avons pas l’effet montagne russe que l’on peut observer dans d’autres maisons.

Doit-on, comme l’année dernière, s’attendre à quelques nouveautés en 2023 dans la gamme Bollinger ?

En mars, il y aura un événement pour présenter les nouveaux vins que nous allons lancer. Il n’y aura pas de création cette année, mais de nouveaux millésimes, pour la cuvée PN, la cuvée RD et la Côte aux enfants champagne… Je vous promets en revanche de belles surprises dans le choix des millésimes et des villages mis en avant. Nous sommes maintenant sur ce rythme où nous présentons chaque année soit une nouvelle Grande année soit un nouveau RD, et toujours une nouvelle série de pinots noirs, avec les cuvées PN, Côte aux enfants, et Vieilles vignes. Ces deux dernières cuvées, qui sont sur des quantités très réduites, sont surtout là pour démontrer le degré d’expertise et d’excellence œnologique de Bollinger.

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Abel Lorton : La Saintonge retrouvée

C’est dans le XVIIIe siècle que la famille Guiberteau est allée puiser pour produire aujourd’hui en Charente-Maritime de la counoise, du chauche gris, du baroque, du balzac ou encore du crouchen. Non seulement, ces vins chatouillent la curiosité des amateurs et, cerise sur le gâteau, ils tiennent la route.

Montendre est une petite ville paisible nichée dans le sud de la Charente-Maritime comptant 3 222 âmes précisément. D’aucuns la connaissent pour son festival Free Music mais pas vraiment pour ses pratiques viticoles. Jouxtant le département de la Gironde, nous sommes encore dans l’appellation Cognac et pourtant les Guiberteau ont choisi une autre voie pour leurs vignes. L’idée remonte à 2014, un soir d’été. Les deux frères Xavier et Fabrice décident de faire simplement du vin et non de l’eau-de-vie. Mieux, le domaine de l’ancêtre Abel Lorton va être le lit de cépages ancestraux, des variétés oubliés de la Saintonge et de l’Aunis. « L’ugni blanc représente à l’heure actuelle près de 98 % des surfaces du vignoble charentais, une standardisation qui en ferait oublier la diversité de cépages dont jouissaient l’Aunis et la Saintonge à la vielle de la Seconde Guerre mondiale », expliquent les deux frères.

Ainsi sont venus s’épanouir sur les terres argilo-limoneuses calcaires ou argilo- sableuses de Montendre des OVNI tels le chauche gris, le baroque, le crouchen blanc, la counoise noire ou encore le balzac noir. « Les Bordelais savent très bien vinifier le cabernet sauvignon, la Bourgogne est la reine du chardonnay, pourquoi la Charente-Maritime ne reviendrait pas à ce qui a fait son identité profonde ? », s’interroge Fabrice Guiberteau, ce diplômé d’œnologie et vinificateur au célèbre château libanais Kefraya.

Xavier est quant à lui à 100 % au domaine Abel Lorton. « De par mon expérience passée, je suis devenu sensible aux écueils de la standardisation, j’ai souhaité redonner du sens à mon quotidien en étant un fervent défenseur de la biodiversité », souligne-t-il. Ainsi, des années de recherche ont coulé sous les ponts pour que les deux hectares se transforment en autant de cuvées. Les premières vendanges effectives ont été réalisées sur le millésime 2020.

Allégories Ataviques Rouge (30 €) est un assemblage de balzac noir et de counoise, ajouté d’une pointe de cabernet sauvignon et de cabernet franc, qui a connu un élevage en barrique de 9 mois. Il requiert du temps à l’ouverture ou une carafe. Passé la réduction, il s’ouvre sur des notes de cassis, de cuir et de tabac. Il pourrait nous rappeler de la négrette ou certains mourvèdres. L’attaque est très douce, les tannins sont délicats, les frères Guiberteau l’imaginent notamment sur un bœuf bourguignon…

Allégories Ataviques Blanc (30 €) retient une vieille vigne d’ugni-blanc, du baroque blanc et du crouchen blanc. L’élevage s’est opéré en amphores. Nous sommes sur la même délicatesse mais le vin se libère très vite sur des notes légères d’ananas, de pierre à feu, l’ensemble est rocailleux et minéral. L’accord mets et vin est cette fois une poularde de Bresse sauce morilles.

Ces deux curiosités sont disponibles chez le négociant Barrère & Capdevielle : www.b-et-c.com

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Des rosés de Provence qui se distinguent de plus en plus

Les vins de Provence ont revu entièrement leur communication avec un grand salon professionnel à Marseille pour février et une ambitieuse et esthétique campagne d’affichage pour le printemps-été.

En préambule de l’organisation du premier salon des appellations provençales les 27 au 28 février prochain à Marseille, l’interprofession des vins de Provence (CIVP) affiche une santé presque insolente tant en terme de production que de commercialisation : une récolte à 1,77 M hl revenue à un niveau comparable à celui d’avant les cinq dernières petites récoltes (et même à + 6 %), des sorties de chais à + 2 % en un an et une commercialisation à 1,128 M hl générant à nouveau 10 à 15 % de stocks. Le président Éric Pastorino ne pouvait que se féliciter de ces indicateurs. « Le retour aux stocks est même bienvenu pour pallier les aléas climatiques d’autant plus qu’ils sont de qualité et que l’on sait maintenant garder les rosés un an ou deux. Un inventaire est d’ailleurs en cours pour mieux identifier les « rosés de garde ».

Le dernier millésime au vu du contexte a donc été une bonne surprise. « Contrairement à nos craintes, nous avons bien résisté à la sécheresse, surtout en Coteaux-D’Aix et Coteaux-Varois et les nouvelles surfaces entrées en production avec l’extension de l’aire d’appellation Côtes-de-Provence ont contrebalancé les incidences climatiques. Mais nous avons dû amorcer un changement de pratique car avec les aléas climatiques, le Covid, la guerre en Ukraine, la pénurie des matières premières, la hausse du prix de l’énergie, nous allons devoir renoncer à notre confort pour nous adapter chaque année dans un milieu résilient et nous nous devons d’accompagner cette évolution ».

Avec une pointe de blancs

Avec plus de 92 % de production en rosés, la Provence garde le cap couleur « mais c’est quand même la première fois que les blancs dépassent les rouges en Côtes-de-Provence et Coteaux-d’Aix », tient à souligner Éric Pastorino en précisant qu’un état des lieux de l’encépagement en blancs sera effectué dans le but de faire progresser doucement la couleur, notamment pour répondre à l’intérêt des jeunes, mais également pour mieux mesurer le potentiel d’utilisation dans les rosés (limités à 20 %). « Mais tant que nous vendons bien nos rosés, rien ne presse ». La demande reste néanmoins rosée. Les consommateurs, notamment étrangers, viennent chercher dans les rosés de Provence « la notoriété de l’appellation, son potentiel de développement qui nous aide à fournir et animer les marchés et le positionnement premium (avec un prix deux fois supérieur en moyenne aux autres rosés) ce qui nous permet aussi de mieux résister à la hausse des coûts des matières premières », précise le directeur Brice Eymard.

À l’affiche

L’objectif était donc de consolider la marque Vins de Provence. D’abord avec un événement professionnel, à dimension internationale, et fédérateur réunissant pour la première fois les trois appellations Côtes-de-Provence, Coteaux-Varois-en-Provence et Coteaux-d’Aix-en-Provence. « Nous voulons montrer une vision et une ambition en rassemblant 200 vignerons, maisons et coopératives pour attirer 600 prescripteurs dont environ 30 à 40 % internationaux » précise la directrice marketing Carole Guinchard. Marseille qui est une ville qui bouge tant au niveau national qu’international est un vrai choix stratégique dans un lieu neutre [encore hors appellations avant l’extension de l’aire d’appellation demandée à l’Inao] et de reconquête d’un bassin de consommation.

Les vins de Provence, en tant que leader des rosés, sont souvent copiés tant en termes de marketing que de communication. Il s’agissait donc pour l’interprofession de « se démarquer à nouveau avec une image premium et moderne pour cibler les millenails hédonistes, urbains, curieux bénéficiant d’un joli pouvoir d’achat ». Pour cela, elle lance une nouvelle campagne « Des rosés qui se distinguent », signée par la grande agence parisienne Jesus & Gabriel. Particulièrement esthétique, elle est déclinée en trois clichés de pastels roses mettant en scène trois bartenders marseillais sur fond de coucher de soleil sur la Méditerranée. Les vins de Provence se sont même offerts pour l’occasion l’objectif du grand photographe de mode Philippe Jarrigeon qui a collaboré avec des rappeurs comme Snoop Dogg, et Pharrell Williams, la chanteuse Katy Perry, les maisons Jean-Paul Gaultier, Chanel, Dior, Hermès, Kenzo… Des visuels que l’on retrouvera à partir du printemps essentiellement dans les zones touristiques de Paris. Provence et Côte d’Azur…et en affichages sauvages dans certains quartiers new-yorkais.

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Laurent Jayne, de Bandol à la vallée du Rhône

Après Cassis et Bandol, l’œnologue Laurent Jayne arrive à la direction technique des Vignobles Perrin du sud de la Vallée du Rhône et de Provence.

Laurent Jayne a quitté le domaine Souviou dans le Var pour rejoindre les vignobles de la famille Perrin dans le sud du Vaucluse. L’ancien vigneron de Cassis (une trentaine d’années au Domaine Saint-Louis) avait quitté il y a cinq ans le vignoble familial pour cause de succession compliquée [son père André, décédé l’été dernier, l’avait finalement confié en fermage pour 18 ans à la famille Genovesi du Bagnol]. Il avait alors pris le poste de directeur commercial des domaine de Souviou et Azur, rachetés par l’homme d’affaires Roger Jaar canado-haïtien. « J’étais retourné un peu à la production et dans les vignes pendant la crise du Covid mais la vinification me manquait trop » avoue le cassidéen qui, outre la commercialisation, était également en cuisine pour la table d’hôtes, des événementiels et des masterclasses. Cette deuxième passion l’avait d’ailleurs conduit à être candidat de l’émission Top Chef aux côtés de Philippe Etchebest en 2019. « Ce qui me plait, c’est surtout préparer des bons petits plats pour 5 à 6 personnes, pas forcément pour faire de l’œnotourisme à 30 ». D’autant plus que Souviou ces dernières années est sérieusement monté en puissance en développant les séminaires et le tourisme d’affaires autant que l’accueil grand public. Le domaine de Bandol vient d’ailleurs d’être confié au cabinet conseil de Laurence Berlemont du CAP (Cabinet d’Agronomie Provençale).

Retour en caves

En « symbiose » avec Pierre Perrin comme il le dit lui-même, Laurent Jayne a finalement rejoint il y a quelques jours le site de vinification des crus au Grand Prébois (84) comme directeur technique. Il chapeautera les appellations Vinsobres, Rasteau, Cairanne, Gigondas, Vacqueyras, Châteauneuf-du-Pape hors Beaucastel… et s’attachera également à developper les blancs, notamment à Miraval. « Ma mission est de faire évoluer la vinification au regard du réchauffement climatique et des problèmes d’approvisionnement en eau avec une approche plus écoresponsable. Je vais également travailler sur la gestion de la maturité, la macération à froid, le contrôle de la fermentation, l’acidité totale et l’élevage pour donner la priorité à la minéralité et faire des vins plus croquants, si possible pas à 15°. Nous allons également nous pencher sur l’encépagement en étudiant la replantation de cépages tardifs comme l’ugni blanc et le bourboulenc et diminuer la part des marsanne, roussanne et viognier et pour les rouges, augmenter la diversité des cépages aux côtés du grenache. Nous voulons obtenir des vins plus frais à boire aussi bien avec des plats gastronomiques qu’à l’apéritif  ». Une partie du nouveau chai cathédrale à barrique de la famille Perrin a d’ores et déjà été modifiée. Laurent Jayne gardera également un lien avec la cuisine puisqu’il sera chargé des relations avec les chefs et MOF pour expliquer les vins et les accords. Et comme on ne se refait pas, il continue à planter dans sa nouvelle maison de Carnoux près de Cassis un jardin botanique cultivé en restanques sans traitement avec une collection d’aciminiers (mangue du Canada), d’avocatiers, de goyaves, de basilics perpétuels… ce qui semble aussi avoir susciter l’intérêt de Pierre Perrin dans le cadre du développement du RSE.

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Pomerol revient à la capitale pendant Wine Paris

La Grande Dégustation Pomerol revient en « off » de l’événement Wine Paris & Vinexpo Paris, à destination du grand public comme des professionnels, le lundi 13 février en soirée. L’appellation de la rive droite confirme sa relation privilégiée avec les dégustateurs parisiens.

Quelques semaines après la dernière édition qui avait rassemblé 600 visiteurs, les vins de Pomerol reviennent à Paris pour une Grande Dégustation qui se déroule en « off » du salon professionnel Wine Paris & Vinexpo Paris (lequel se tient du 13 au 15 février à la Porte de Versailles). S’adressant aussi bien aux amateurs qu’aux professionnels, cette Grande Dégustation réunira une trentaine de belles propriétés pomerolaises (liste des exposants à venir prochainement), l’occasion pour les dégustateurs de renouer une nouvelle fois avec cette appellation de prestige de la rive droite bordelaise.

Il s’agit de la sixième édition de la Grande Dégustation Pomerol à Paris, un rendez-vous désormais récurrent qui nous prouve que les vins de Bordeaux ont encore, quoiqu’on en dise, un lien fort avec les dégustateurs parisiens. N’attendez pas pour réserver vos places via la billetterie ci-dessous !

La Grande Dégustation se déroule le lundi 13 février de 18h à 21h à l’Intercontinental Paris – Le Grand.
2 rue Scribe, 75009 Paris
Tarif 15 €.
En savoir plus sur l’événement

Billetterie Weezevent.

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[Cognac] Camus s’offre un manga

Tamashi est le nom de l’exposition concoctée par la maison de cognac Camus et la Human Academy. Elle sera forcément inaugurée dans cité charentaise d’Angoulême, ce 25 janvier 2023, à l’occasion de la 50ème édition du festival de la Bande Dessinée d’Angoulême.

Pas facile de convaincre un jury existant quand c’est la première fois que l’on représente son entreprise à un concours professionnel. Pourtant, tout n’est qu’une histoire d’émotions et même les plus récalcitrants peuvent se laisser transporter.Entre doute et remise en question, nous suivons Sasha, jeune bartender, lors de sa participation à la finale du concours Shanghai Shake. En plongeant au plus profond de son âme et de ses souvenirs, saura-t-elle montrer la passion qui l’anime ?Quand la danse et la mixologie se mêlent, nait un art nouveau, une expérience unique au monde. Le héros de notre histoire, bartender de talent, allie à la perfection les ingrédients et la grâce de ses gestes. L’esprit du cognac CAMUS sublime son œuvre. Au- delà d’offrir un cocktail d’exception, il propose une expérience unique et personnalisée à son public.

Il y a quelques années paraissait chez Delcourt un polar en bande dessinée dont la toile de fond était le cognac. C’est désormais la maison Camus qui rattrape le 8ème art par le prisme du manga. Le projet résulte d’un concours de la meilleure planche. Ainsi, la maison Camus et l’école nippone de Manga, Human Academy, ont lancé un concours au printemps 2022 ouvert aux jeunes mangakas du campus d’Angoulême. Les participants ont connu une immersion au sein de la maison de cognac pour en ressortir avec des histoires d’une quinzaine de planches mettant en avant l’esprit Camus. L’exposition Tamashi met en lumière les réalisations des 9 lauréats. Elle est inaugurée ce 25 janvier sur le campus de la Human Academy (121 rue de Bordeaux, 16 000 Angoulême) et sera accessible au grand public pendant toute la durée du festival, du 26 au 29 janvier.

A l’issue de cet événement, un recueil de mangas sera réalisé par la maison Camus ainsi qu’une pièce unique manufacturée par les artisans des Ateliers Camus.

Les lauréats de ce Spirit of Manga sont Dragan Zielinski, Regina Fahrger, Yuuna Maiko, Emma Blaise, Loïc Cassou, Pauline Dantin Antunes Mendes, Raphael Fernandes, Raquel da Silva de Resende et Romain Testino.    

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« Le chaudron », une nouvelle tradition champenoise est née !

L’association des ratafias champenois s’est réunie pour un événement qui pourrait bien devenir une tradition. Alors qu’Alexis Leconte distillait son premier marc de l’année à Troissy, il a convié ses collègues à un « chaudron », l’occasion de déguster les ratafias des uns et des autres, tout en savourant les saucisses de Morteau cuites dans les vapeurs de l’alambic… Un moment unique !

Il y a la Champagne des grands hôtels et des palaces, et la Champagne un peu canaille, celle qui aime bidouiller des alcools dans son garage, expérimenter avec les copains, et se retrouver dans la froidure de l’hiver, pour savourer autour d’un feu de bois, à Troissy, au cœur de la vallée de la Marne, des escargots de Bouzy, des andouillettes au chaource et des saucisses de Morteau cuites dans le marc de l’alambic, le tout arrosé de leurs derniers ratafias… Un produit qu’on n’a pas fini de redécouvrir ! Alors, c’est décidé, la Bourgogne a sa Paulée, la Champagne aura son Chaudron ! Un événement spécial pour les tontons flingueurs du champagne, les vignerons authentiques, sans chichi, qui vous ressortent leur dernière bouteille de derrière les fagots, parce que c’est vous et que votre bobine leur revient…

Le ratafia champenois a pendant des années fait figure de pépite oubliée, perdue dans les limbes. Longtemps, les grandes régions préféraient ne parler que de leurs appellations principales, pour ne pas créer de confusion et garder un maximum de lisibilité. En 2008, alors que la tradition des ratafias champenois était en train de s’éteindre, la Commission européenne a décidé de revisiter toutes les appellations pour les remettre à jour, en demandant à chacune leur cahier des charges. Le ratafia champenois faisait partie des annexes de l’appellation champagne. Des producteurs, Claude Giraud en tête, se sont alors mis à souffler sur les braises pour le ramener à la vie et obtenir pour lui une véritable appellation. Ils ont créé l’Association des ratafias champenois aujourd’hui présidée par Alexis Leconte et ont obtenu gain de cause en 2015.

L’argument ? La demande du consommateur a changé. Il ne veut plus seulement connaître le champagne, mais la Champagne. Il est aussi de plus en plus préoccupé par les questions de durabilité. Or, en Champagne, on sait tout recycler, les grains de raisin dont on fait de l’huile, la peau dont on fait des cosmétiques… De ce point de vue, le ratafia a toute sa place dans le cycle de production du champagne, puisque l’une des spécificités de l’appellation est de refuser d’utiliser la fin de presse. Or, c’est justement avec cette dernière que l’on élabore le ratafia et c’est même la raison pour laquelle le ratafia s’était autrefois davantage développé en Champagne que dans les autres régions où toute la presse se retrouve dans le vin. En faisant du ratafia, on boucle la filière et on emploie l’entièreté du fruit !

Un fruit que l’on approche aussi au travers du ratafia d’encore plus près que lorsque l’on déguste du champagne… En effet, en ajoutant l’alcool sur le moût qui n’a pas encore fermenté, on fige ses qualités initiales. C’est d’ailleurs de cette vocation de conservation qu’est né le ratafia. A l’époque des grandes découvertes, où le scorbut guettait les marins lors de leurs longs périples en mer, parvenir à empêcher les fruits de se corrompre à bord était vital. L’une des méthodes consistait à tremper les fruits dans de l’alcool, le « tafia » (du rhum en l’occurrence).

Quelques coups de cœur ? Le ratafia six cépages de la distillerie Moutard (un parfum d’abricot suave, égayé de notes d’agrumes), dans sa magnifique Dame Jeanne (160 €), la Soléra de Giraud, pour ceux qui aiment les ratafias un peu moins sur le fruit et plus évolués. Très pédagogique, on n’oubliera pas le coffret « Apeiron » de trois flacons proposé par Alexis Leconte qui vous permettra de comparer le fruit gourmand du meunier, à la puissance du pinot noir et au caractère exotique du chardonnay…

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[Costières de Nîme] Château Beaubois se lance dans le réemploi du verre

En pleine pénurie de verre et d’explosion des prix qui font craindre le pire pour la filière, certains domaines se lancent dans le réemploi de bouteilles pour contrer la crise et répondre au défi de l’impact environnemental de la viticulture. C’est le cas du Château Beaubois en Costières de Nîmes qui vient de lancer sa première cuvée en bouteille réutilisable avec le concours de Oc’Consigne, une Scop héraultaise.

L’inquiétude est palpable dans le discours des vignerons. La crise du verre qui entraîne pénurie et hausse des prix (+ 50 % en 18 mois) a le don de jouer avec les nerfs des producteurs de la France entière. « J’ai passé commande de 26 palettes il y a quelques semaines et on vient de m’annoncer que le camion était tout simplement annulé », s’inquiète Fanny Boyer, propriétaire du Château Beaubois (50 hectares en Costières de Nîmes) avec son frère François. 36 000 bouteilles qui n’arriveront pas à bon port. À l’heure où le surstockage est devenu un moyen de lutte, mais aussi un défi économique pour cause de hausse des coûts de production, la pilule a du mal à passer. D’autant que certains semblent profiter de la crise pour s’enrichir. « J’ai encore eu un appel d’un négociant en verre qui m’a proposé un devis à 30 % au-dessus du marché, c’est scandaleux », déplore la vigneronne. Il y a aussi les verriers qui, à flux tendus, font monter les tarifs pour faire jouer la concurrence. En pleine tempête, le réemploi peut être un des leviers mais il faut du temps pour l’actionner à l’heure où la filière de la consigne n’en est qu’à ses prémices (en France, seul 1 % des bouteilles sont réemployées). « Cela fait quand même un an que l’on travaille dessus et nous l’avons fait avant tout pour continuer notre chemin vertueux, réduire notre impact sur l’environnement et répondre à une forte demande des consommateurs », explique-t-elle.

700 magasins de collecte à travers la France

Le Château Beaubois est en bio depuis 2009 et en biodynamie depuis 4 ans. « On avait déjà lancé une démarche d’allègement des bouteilles sur la moitié de notre gamme (un peu moins de 400g contre 500 à 600g pour une bouteille classique) mais on s’est dit qu’on pouvait aller encore plus loin et le rapport de l’ADEME n’a fait que renforcer notre conviction », prolonge Fanny Boyer. Selon cette étude, par rapport au recyclage, le réemploi, utilisé à plein (il faut que la station de lavage se situe à moins de 200 km du domaine concerné), permet de réduire drastiquement la consommation d’eau (-51 %), d’énergie (-79 %) et d’émission de CO2 (-76 %). « En fin d’année dernière, on a donc conclu un contrat avec Oc’Consigne, une Scop héraultaise, qui abat un travail incroyable pour sensibiliser consommateurs et producteurs et accompagner les professionnels dans la transition », ajoute la vigneronne qui annonce un surcoût entre 5 et 10 centimes par flacon. La Scop, qui collecte les bouteilles sales via 700 magasins à travers la France (Pour trouver le plus proche de chez vous, cliquez ici), va d’ailleurs ouvrir une station de lavage à Lattes pour réduire son empreinte carbone et répondre aux attentes des clients en Occitanie, comme le Domaine de Sauzet, la Maison Jeanjean, le Mas des Auribelles ou encore les Vignerons du Sommiérois (liste non exhaustive). Oc’Consigne a l’ambition de laver 1,5 million de bouteilles par an à partir de 2025 (50 000 actuellement).

Cinso Bistro, une cuvée sur le fruit et la fraîcheur

C’est donc dans cet esprit que le Château Beaubois a sorti il y a peu sa première cuvée en bouteille réutilisable, le Cinso Bistro. Une cuvée 100 % Cinsault très désaltérante et élégante où la fraîcheur et la minéralité surprennent pour un millésime 2022 très chaleureux. « On ne s’attendait pas du tout à ça vu notre perception lors de la vinification, apprécie la vigneronne qui a produit 4 000 bouteilles de cette cuvée. C’est fou comme ce cépage est résilient par rapport à la sécheresse et au réchauffement climatique. On comprend toute l’expérience de nos parents et nos grands-parents qui avaient misé dessus. » Le Cinsault, qui avait été dans un premier temps replanté pour les rosés, entre aujourd’hui également dans les assemblages des rouges haut de gamme du domaine. Lors du prochain Millésime Bio, à Montpellier, le brut de cuve d’une future cuvée en bouteille réutilisable sera ouvert à la dégustation. « Un amour de Syrah » plongera le dégustateur dans la trame fluide et suave des rouges légers et fruités que le consommateur recherche en ce moment. La présentation officielle attendra Wine Paris, qui aura lieu du 14 au 16 février prochain dans la Capitale.

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Qanopée : La serre du futur pour unir Champagne, Bourgogne et Beaujolais

Les trois vignobles comptent sécuriser leur approvisionnement en pieds de vigne grâce à un lieu de « pré-multiplication », où des clones de porte-greffes et cépages seront conservés. Nom de code : Qanopée.

Touchés – comme d’autres secteurs – par des problématiques de dépérissement liées à des virus, les vignobles de Champagne, Bourgogne et Beaujolais mettent leurs forces en commun pour se fournir en pieds de vigne sains. Le nom de leur association : Qanopée, pour Quart Nord-Est Prémultiplication Collective. Leur projet : construire une serre bioclimatique de « pré-multiplication » du matériel végétal, la première étape pour produire des plants de vigne [lire encadré]. Elle prendra place d’ici fin 2024 dans la commune de Blancs-Coteaux, au sud d’Epernay.

Comme une chambre stérile

« Cette serre sera à la pointe de la technologie, et une première en France », dévoile Thiébault Huber, président de la viticulture bourguignonne et désormais de l’association Qanopée. « Il s’agira d’un espace confiné de 4 500m², avec surpression, ce qui empêchera les insectes de passer. La terre sera remplacée par un substrat en fibres de noix de coco. On peut presque comparer ça à une chambre stérile en hôpital. » Objectif : « assurer l’absence de virus responsables de la dégénérescence des pieds de vigne, devenue trop fréquente dans le vignoble ». Des virus bien connus des viticulteurs, comme le court-noué ou l’enroulement, et responsables de chutes de rendement ainsi que de mortalité des ceps.

Premiers plants en 2027

Ce bijou de technologie implique un budget de 8 millions d’euros, dont une grande partie prise en charge par des fonds européens et les collectivités locales. Les premiers plants issus de cette serre devraient être disponibles dès 2027. « C’est l’autre grand avantage du projet », décrypte Thiébault Huber, « ces conditions contrôlées permettent d’introduire de nouveau clones et porte-greffes sans attendre, pour fournir rapidement les pépiniéristes et en faire des plants en deux ans seulement. Cette réactivité n’existait pas avec la pré- multiplication en pleine terre ». Ainsi, de nouveaux cépages issus de la recherche, et résistants à la sécheresse ou aux maladies du feuillage, pourraient, si besoin, trouver leur place dans cette serre high-tech aux côtés du chardonnay, du pinot noir, du meunier et du gamay.


La longue gestation d’un plant de vigne

Les jeunes ceps plantés au printemps ou à l’automne par les viticulteurs naissent à l’issue d’un long parcours.

Étape 1 : la pré-multiplication. Soit la culture des meilleurs variétés de cépages (partie aérienne du cep, qui donne le raisin) et de porte-greffes (partie racinaire) dans une parcelle qui permettra de fournir des boutures.

Étape 2 : la multiplication. Dans ces vignes, on prélève de petits bouts de sarments, qu’on bouture dans d’autres parcelles : ce sont les vignes-mère, où la pousse va permettre de fournir un nombre exponentiel de boutures.

Étape 3 : greffe et reprise. Les pépiniéristes prélèvent des boutures de cépages et de porte-greffes dans les vignes-mères, puis les greffent. Reste à cultiver ces plants en pépinières, ou l’on fait tout pour obtenir leur « reprise », avant de les commercialiser.

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Pernod-Ricard aussi joue la carte du sans alcool

Pionnier parmi les grands groupes ayant lancé des marques sans alcool, Pernod-Ricard développe aujourd’hui une gamme plus large pour séduire de nouveaux publics ou s’inscrire dans des moments de dégustation différents.

Le lancement de Pacific, boisson sans alcool à base d’anis, remonte à 1982. Il y a 40 ans déjà, à l’occasion du demi-siècle d’existence de Ricard, le territoire alors presque inconnu des NoLo voyait apparaître cette marque originale, sans sucre et sans calorie. Parfaitement dans l’air du temps encore aujourd’hui où ce segment des boissons sans ou avec peu d’alcool n’en finissent plus de se développer. L’idée est simple. Il s’agit de s’adresser à des consommateurs qui ne boivent pas d’alcool ou souhaitent privilégier la modération tout en retrouvant des aromatiques propres aux spiritueux. C’est d’ailleurs cet esprit que souhaite privilégier Pernod-Ricard qui a créé à l’été dernier une catégorie spécifique pour pouvoir développer un ensemble cohérent de produit. Solène Marchand, qui en est la responsable, rappelle ainsi que parmi toutes les catégories auxquelles s’adresse le groupe (gin, tequila, whisky…), celle-ci est assurément la plus dynamique. Les volumes de ventes de boissons sans alcool ont ainsi connu une croissance de 60 %, s’expliquant en partie par leur arrivée relativement récente sur le marché. Cela n’en constitue pas moins une performance impressionnante qui commence à durer puisque cette insolente santé se confirme depuis 5 ans. Et ce marché devrait plus que doubler d’ici à 2026.

Beaucoup de Recherche et Développement

Créer une boisson sans alcool qui puisse permettre la réalisation de cocktails de qualité, cela ne s’improvise pas. Le processus est même plus complexe qu’il n’y paraît. « Le groupe Pernod-Ricard a déjà mis en place une gamme de 10 références de vins sans alcool, 9 vins tranquilles australiens et 1 vin effervescent espagnol. Pour ceux-ci, une désalcoolisation est mise en œuvre sans réelle contrainte technique. En revanche, cela n’est pas la solution qui s’applique pour des boissons rappelant des spiritueux. Il existe un procédé de désalcoolisation qui ne donne pas pleinement satisfaction actuellement. Le groupe Pernod-Ricard ne le met donc pas en œuvre pour concevoir ses produits » explique Solène. L’alcool étant un fixateur d’arômes et la distillation apportant concentration et complexité, l’équation n’est pas simple et les années de recherche nombreuses pour parvenir à un résultat satisfaisant. Très discret sur ses recettes de fabrication, tout juste sait-on que le Groupe utilise notamment des macérats de plante. Le sous-vide fait-il partie des techniques ? Mystère. Quoi qu’il en soit, Pernod-Ricard dispose actuellement d’une gamme d’une quinzaine de produits. Outre les vins sans alcool (disponibles à l’étranger), on trouve la marque Ceder’s à base de genièvre déclinée en 4 versions dont seuls les « crisp » et « wild » sont disponibles en France. Le premier s’articule autour du concombre et de la camomille, le second met en avant le clou de girofle. Ce dernier, dégusté en cocktail, s’avère très délicat, plus puissant au nez qu’en bouche. Il convient de le marier à des ingrédients plutôt fins pour ne pas l’écraser. Depuis janvier 2023, le Suze Tonic 0 est également disponible (6 € en 75cl ou 25cl). Ce prêt à boire joue sur l’amertume, sans compenser par du sucre. C’est d’ailleurs le fil rouge des produits sans alcool de Pernod-Ricard qui s’avèrent délicats et peu caloriques. Et pour les inconditionnels du spritz, pourquoi ne pas essayer le Cinzano Spritz aux extraits naturels d’agrumes couplé au vin effervescent sans alcool maison. Une alternative beaucoup plus légère et moins intense que la version alcoolisée mais dont la fraîcheur devrait faire des émules. À découvrir notamment parmi une quarantaine d’autres références de boissons NoLo chez Drinks&Co à Paris, lieu hybride et expérienciel entre bar et caviste appartenant à Pernod-Ricard.

Drinks&Co
106 Bis Rue Saint-Lazare, 75008 Paris
Ouvert tous les jours sauf dimanche, de 11h à 23h

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