Un 100% meunier de la Maison Moutardier

Lors de Bordeaux Tasting le weekend dernier, les visiteurs ont pu rencontrer des vignerons de talent, fiers de leurs terroirs et héritiers d’un précieux savoir-faire. Simon Saxby-Moutardier de la Maison Moutardier nous présente un 100% meunier de la vallée du Surmelin… Pour ceux qui douteraient encore de la noblesse de ce beau cépage !

Cet article Un 100% meunier de la Maison Moutardier est apparu en premier sur Terre de Vins.

Décès de Philippe Cambie, ambassadeur du grenache

Le roi du grenache, œnologue emblématique du Rhône sud et de Châteauneuf-du-Pape en particulier, est décédé.

Philippe Cambie nous a quittés. Celui que Robert Parker avait élu homme de l’année en 2010 (il l’avait gratifié quinze fois du tant espéré 100/100) et que le Wine Enthousiast avait classé en 2011 parmi les cinq meilleurs winemakers du monde, est décédé brutalement à bientôt 60 ans. Né à Pézenas (34) avant de grandir entre l’Hérault et Marseille, ce «  pur produit méditerranéen » comme il se définissait lui même, avouait une addiction au grenache. Après un parcours entre agronomie et œnologie, Il avait été embauché comme œnologue-conseil par le groupe rhodanien ICV (institut coopératif du vin) en 1998. Il devient le pape du grenache, à Châteauneuf-du-Pape, mais aussi dans toute la vallée du Rhône méridionale et bien au-delà notamment aux Etats-Unis. Il travaillait au château Ste Michelle dans la Columbia Valley (état de Washington), notamment avec son ami Michel Gassier (Château de Nages) et pour plusieurs projets en Californie, pour le vignoble de Macédoine…. En France, il suivait une soixantaine de domaines comme Gigognan, Giraud, Saint Préfert, Clos du Caillou, Grand Tinel, Maby, Longue Toque, Puech Haut…

Cet ancien rugbyman à l’imposante stature et à l’esprit collectif, fin gourmet au coup de fourchette rabelaisien qui adorait cuisiner, trônait souvent en bout de table. Discret et affable mais au parler vrai, il aimait travailler main dans la main avec les propriétaires pour mieux partager leur vision, cerner le potentiel d’un vignoble, créer leur identité. L’un des artisans du renouveau rhodanien depuis une vingtaine d’années avec des vins à boire aussi dans leur jeunesse et pas seulement à mettre en cave, était aussi depuis longtemps un fervent défenseur des vins bios. il avait créé avec Claude Fonquerle le domaine de l’Oustal blanc en Minervois, il était également co-propriétaire du domaine de Calendal en Côtes-du-Rhône Villages Plan de Dieu avec Gilles Ferran (domaine des Escaravailles), et des Halos de Jupiter, une activité de négoce déclinée en cinq appellations du Rhône sud  en grenache majeur avec Michel Gassier.

Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille et ses amis.

Cet article Décès de Philippe Cambie, ambassadeur du grenache est apparu en premier sur Terre de Vins.

Pic Saint-Loup : la Gravette de Corconne se dévoile dans un film

La cave coopérative de la Gravette de Corconne, dans le Gard, a présenté un court-métrage mettant en lumière l’incroyable richesse de son terroir. Réalisé par le vidéaste héraultais Régis Domergue, grand connaisseur du Pic Saint-Loup, il permet de suivre les saisons et les acteurs de la vigne, et de plonger dans les paysages grandioses du massif de Coutach.

C’est l’effervescence devant le caveau de vente de la cave coopérative de la Gravette à Corconne, dans le Gard. Près de 70 personnes attendent avec impatience l’arrivée de Régis Domergue. Ce photographe et vidéaste héraultais, bien connu des amoureux du Pic Saint-Loup (il a déjà réalisé des films pour Château Puech-Haut et Château Lancyre), a mis en images le fabuleux terroir de la Gravette via un film de 15 minutes. « La première fois que je suis passé à Corconne, je suis tombé amoureux de ces majestueuses falaises, de ces oliveraies et de cette plaine viticole, détaille le vidéaste. Alors quand on est venus me chercher pour réaliser ce film, je n’ai pas hésité une minute ! » Il a répondu à l’appel d’Olivier Masson, le président de la cave. « On a toujours voulu présenter notre terroir et donner envie aux gens de venir s’y attarder, explique celui qui est aussi viticulteur au domaine de l’Emme. Les mots ont du sens mais les images permettent de mettre en lumière et d’expliquer pourquoi nous sommes si fiers de notre territoire. » Projeté sur écran géant dans le chai à barriques face aux salariés, aux partenaires et à quelques élus locaux, le film délivre alors un festival de moments de vi(gn)e : de l’épisode cévenol de fin d’été qui fait trembler les viticulteurs aux vendanges matinales, en passant par la taille de vieux ceps de Carignan, les saisons défilent, les lumières contrastent, les visages parlent…

« Créer une vraie synergie entre les producteurs locaux »

Tantôt filmées à la caméra, tantôt par drone, les scènes défilent sur un paysage grandiose où l’érosion a sculpté le calcaire en formes parfois fantastiques : on serpente le long du ruisseau de Vère, on accompagne les chèvres sauvages sur les falaises du massif de Coutach, on survole la chapelle de Corconne et son château en ruine et on enjambe le pont du hasard. « Ce terroir s’appelle la Gravette et il est fait pour élaborer de grands vins« , conclut Olivier Masson en voix off. Les applaudissements nourris enlèvent un sourire à Régis Domergue. A deux pas, Jérôme Réguès, le directeur et œnologue de La Gravette, poursuit la mise en valeur du terroir en présentant la nouvelle cuvée : L’intégrale 2020 (AOP Pic Saint-Loup, 39€). Les raisins d’une exceptionnelle parcelle de Syrah (avec un peu de Grenache) ont été foulés et égrappés, puis entonnés dans cinq barriques, très peu chauffées, pour offrir une micro-production très qualitative (environ 2000 bouteilles). « On ne voulait surtout pas marquer le vin par le bois, confie Jérôme Réguès. L’idée, c’était de laisser ce terroir, connu pour sa fraîcheur, s’exprimer avec une vinification intégrale. » L’ensemble est somptueux, entre équilibre, complexité aromatique et volume en bouche. On voyage en pleine garrigue sur des notes de fruits noirs et d’épices douces, la finale mentholée est irrésistible. Un vin taillé pour la garde avec ces tanins d’une finesse rare et un nouvel ambassadeur de choix pour la Gravette de Corconne.

Plus d’infos sur le site : http://www.la-gravette.com/#

Pour en savoir plus sur le travail de Régis Domergue : https://www.facebook.com/PhotosPicSaintLoup

Cet article Pic Saint-Loup : la Gravette de Corconne se dévoile dans un film est apparu en premier sur Terre de Vins.

L’avent du vin #19: sous le signe de l’excellence avec Edmond de Rothschild Heritage

Noël se rapproche de plus en plus, avez-vous trouvé tous vos cadeaux? Terre de vins continu de se porter à votre secours avec son calendrier de l’Avent, plein de bonnes idées, de beaux livres, de fines bulle et de belles bouteilles, et c’est avec une table de fêtes gourmande et sous le signe de l’excellence avec Edmond de Rothschild Heritage que nous vous proposons de nous diriger aujourd’hui. Pour les fêtes de fin d’année, son e-shop d’exception propose une sélection de produits artisanaux et une sélection de ses plus beaux flacons.

Savoir-faire, respect de la nature et plaisirs de la table sont les maîtres-mots de l’Épicerie en ligne Edmond de Rothschild Heritage dont son fameux Brie de Meaux fermier AOP et de beaux flacons à partager en famille ou entre amis pour un réveillon réussi. Les puristes et amateurs (re)découvriront avec plaisir la quintessence de ce fromage en dégustant le Brie de Meaux Fermier AOP Edmond de Rothschild Heritage. Chaque étape de sa production, de la culture des céréales pour le troupeau, de l’élevage des vaches laitières à l’affinage, sont réalisées sur place à la Ferme des Trente Arpents à Favières (77).  Moulé à la main, ce grand fromage révèle une onctuosité en bouche avec de délicates saveurs de champignon frais, de noisette et de lait cru. 

En plein cœur de la Brie, la Ferme des Trente Arpents prend place au milieu de larges étendues de forêts où s’épanouissent cerfs et sangliers. Edmond de Rothschild Heritage cuisine la viande de ce gibier dans de délicieuses terrines artisanales. Pour les apéritifs de fin d’année, l’épicerie en ligne propose de découvrir une recette de caractère, avec sa terrine de sanglier à la truffe noire du Périgord.

Edmond de Rothschild Heritage révèle et sublime les terroirs méconnus à travers 8 domaines dans le monde entier. Une aventure viticole qui a commencé en 1973 avec l’incontournable, Château Clarke. 

 La cave de l’épicerie en ligne permet de dénicher en quelques clics de grands vins venus de France (Château Clarke, Château des Laurets, Château Malmaison et Château de Malengin), d’Espagne (Macán), d’Argentine (Flechas de los Andes), d’Afrique du Sud (Rupert & Rothschild Vignerons) et de Nouvelle-Zélande (Rimapere). Tous proviennent exclusivement de nos propres vignes.  

En cette fin d’année Epicerie en ligne Edmond de Rothschild Heritage met à l’honneur une sélection de ses plus beaux flacons.

Cet article L’avent du vin #19: sous le signe de l’excellence avec Edmond de Rothschild Heritage est apparu en premier sur Terre de Vins.

La cuvée Princes blanc de noirs de la maison de Venoge

Lors de Bordeaux Tasting le weekend dernier, les visiteurs ont pu découvrir quelques pépites venues des plus jolies maisons champenoises. Pour ceux qui n’ont pas pu venir, nous vous proposons une séance de rattrapage. Dans cette petite vidéo : la cuvée Princes blanc de noirs de la maison de Venoge présentée par Maxime Pons !

Cet article La cuvée Princes blanc de noirs de la maison de Venoge est apparu en premier sur Terre de Vins.

Château Capbern : un beau Saint-Estèphe à l’excellent rapport qualité-prix

Propriété trop peu connue de Saint-Estèphe, le château Capbern est un incontournable dans la cave d’un amateur de vins de Bordeaux. Vin précis, il bénéficie de toute l’expertise des équipes du prestigieux Château Calon Ségur qui appartient au même groupe.

Capbern est le voisin du prestigieux château Calon Ségur dont il partage une partie de l’histoire et surtout le propriétaire. Suravenir Assurance, filiale du groupe bancaire Arkéa, a en effet racheté les 2 châteaux en 2012. Jusque-là, la propriété s’appelait Capbern-Gasqueton du nom des 2 familles qui avaient marqué son histoire. En effet, jusqu’en 2011, c’était Mme Gasqueton, grande figure du vignoble de la rive gauche, qui en était la propriétaire. Un patrimoine resté dans la famille pendant près de 200 ans, tout comme Calon Ségur. Aujourd’hui, le château donne la pleine mesure de son très bon terroir composé de sols graveleux sableux, graveleux argileux et calcaire. 38 hectares au total dont 33 sont plantés et 32 en production répartis sur deux zones distinctes, l’une à proximité de Calon et l’autre plus proche de la Gironde et de Meyney. Ici, la part du merlot dans l’encépagement est sensiblement plus élevée qu’à Calon (46% des vignes), le cabernet-sauvignon restant toutefois dominant (52%), complété d’une faible part de petit verdot (2%). La vinification suit peu ou prou celle de Calon, avec une macération préfermentaire à froid pour une extraction douce puis une cuvaisons de 18 à 21 jours. L’élevage de 18 mois se fait avec une part non négligeable de barriques neuves (60%).

Des vins éclatants de sincérité

A la dégustation, on est frappé par la précision des vins et leur éclat en bouche. On retrouve ici une vraie belle élégance classique qui a fait toute la réputation des beaux vins de la rive gauche. La typicité de Saint-Estèphe s’affirme, entre densité et très beau soyeux de tannins. Le 2009 fait ainsi honneur à ce millésime flamboyant. Après 12 ans, le vin présente une très belle profondeur et des notes fines de fruits noirs teintées de quelques élans d’orange confite. L’impression d’ensemble est celle d’une grande suavité couplée à une véritable constance en bouche. Il est aussi intéressant de goûter des millésimes plus récents pour s’apercevoir que la propriété a produit une série récente de très beaux vins. A ce titre, le 2017 retient l’attention. D’une finesse juteuse avec un milieu de bouche plein, il évoque immédiatement les fruits noirs et le tabac. Le grain de tanin s’avère tendre et gracieux. La finale salivante est longue et fraîche. L’ensemble est d’un équilibre savoureux. La preuve, s’il en fallait encore une, que ce château fait partie des achats incontournables sur l’appellation. Son rapport qualité-prix (autour d’une vingtaine d’euros) est excellent et permet de se faire plaisir avec un très bon vin sans se ruiner.

Cet article Château Capbern : un beau Saint-Estèphe à l’excellent rapport qualité-prix est apparu en premier sur Terre de Vins.

Un parcours de « sophro-dégustation » dans le Mâconnais

Le domaine des Deux Roches, à Davayé (Bourgogne) propose désormais des séances de sophro-dégustation, chaque mois, dans ses caves. Une nouvelle manière de goûter le vin, en « pleine conscience ».

Pour elle, c’est « comme goûter du vin pour la première fois« . Isabelle Francès, sophrologue installée non loin de Mâcon, sait susciter l’intérêt pour les dégustations qu’elle anime. Des « sophro-dégustations » plus exactement, qui se déroulent dans les caves du domaine des Deux Roches, à Davayé. « Les participants commencent par une visite du chai, où je leur présente la séance. Je demande de prendre conscience de ce qu’il se passe, pour qu’ils commencent à amplifier leur vue, leur ouïe, leur odorat, leur toucher… Il ressentent, par exemple, l’aspect plus feutré de la cave à fût, par rapport à la cuverie et à ses cuves inox. Cela passe par des exercices de respiration profonde, où l’on peut fermer les yeux.« 

« Relâcher les pensées parasites« 

Une introduction qui prépare à la dégustation, au caveau. Ici, les participants découvrent trois vins choisis par le domaine, spécialiste de l’appellation Saint-Véran. Le nom des cuvées est dévoilé, pas plus. « Je ne suis pas œnologue, et mon rôle n’est pas de commenter le vin. Au contraire, j’invite les participants à se fier à leurs propres ressentis« , insiste Isabelle Francès. Ainsi, les dégustateurs passent par une « lecture du corps », exercice clé de la sophrologie, avant de goûter. « Cela permet de relâcher les pensées parasites, qui peuvent être génératrices de stress, de tensions, et ainsi de se reconnecter à ses sensations.« 

C’est le moment de prendre son verre en main. Encore une fois, inutile de se presser. « On s’arrête sur la robe, qu’on prend le temps d’observer, puis on sent les arômes, avant de mettre en bouche. L’important est de prendre le temps, entre chaque étape, de faire une pause afin de laisser venir ce qui se passe en soi, d’accueillir les pensées qui viennent. »

Du temps et du silence

Le temps, voilà la clé d’une sophro-dégustation. L’expérience dure 1h à 1h15, un « moment pour soi« , loin des séances cadencées. Autre point essentiel : le silence. « Ressentir pleinement implique que chacun goûte pour soi, sans discussion, pour ne pas être influencé. On échange entre participants seulement en fin de séance. » À ce moment, certains commentaires reviennent souvent. « C’est toujours une découverte. Les amateurs se rendent compte qu’ils ne prenaient pas assez de temps habituellement, ne prêtaient pas assez attention aux petits détails, ou qu’ils ne regardaient pas le vin« , relève Isabelle Francès, qui invite à tenter l’expérience. « C’est quelque chose de difficile à expliquer, il faut le vivre !« 

Photo : DR Étienne Ramousse

Sophro-dégustations au domaine des Deux Roches – 181 route de Mâcon à Davayé. De 11h à 12h, les samedis 11 décembre, 15 janvier, 5 février, 5 mars, 9 avril, 14 mai, 11 juin. Billetterie en ligne. Tarif 22 € par personne.  Informations au 03 85 35 86 51 ou info@collovrayterrier.com

Cet article Un parcours de « sophro-dégustation » dans le Mâconnais est apparu en premier sur Terre de Vins.

L’avent du vin #18 : Amour de Deutz : le clin d’œil de Valérie Lemercier

Noël se rapproche à grands pas. Vous manquez encore d’idées cadeaux? Terre de vins se porte à votre secours encore quelques jours, en allant trouver pour vous des pépites. Vous avez été voir « Mourir peut attendre » et « Aline »?

En septembre, tout le monde s’est concentré sur le dernier James Bond pour guetter l’instant aussi fugace que magique où apparaîtrait la cuvée Bollinger. Mais il ne fallait pas manquer l’autre événement champagne de cette rentrée du cinéma : le biopic sur Céline Dion réalisé et joué par Valérie Lemercier, plus vraie que nature… Alors que Céline ou plutôt Aline et Guy-Claude (René) prennent leur petit déjeuner après leur première nuit d’amour, Aline trempe son croissant dans une coupe de la cuvée Amour de Deutz… La passion fait perdre la raison et on lui pardonne ce crime de lèse champagne qui reste un clin d’œil sympathique. Pour cette cuvée blanc de blancs millésimée 2011 issue exclusivement de grands crus, aussi délicate qu’élégante, on privilégiera cependant un accord moins farfelu. Les notes de kumquat, d’amande et d’aubépine feraient ainsi merveille sur quelques sushis.

A boire évidemment avec l’élue de son cœur dans les deux flûtes cupidons qui accompagnent le flacon : de toute façon, l’amour ne tolère que la légèreté du champagne et tout autre breuvage est absolument exclu.

Prix du coffret environ 200 euros disponible sur ce lien.

Cet article L’avent du vin #18 : Amour de Deutz : le clin d’œil de Valérie Lemercier est apparu en premier sur Terre de Vins.

Terroirs & Vignerons de Champagne : la nouvelle locomotive champenoise

Circuit de Visite NF - photo M Jolyot (63)re

Circuit de Visite NF - photo M Jolyot (63)re

La fusion entre le Centre Vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte et la Coopérative Régionale des Vins de Champagne était attendue depuis deux ans. Elle a été votée le 15 décembre par deux assemblées générales extraordinaires pour donner naissance à un nouveau groupe « Terroirs & Vignerons de Champagne » qui figure désormais parmi les trois premiers opérateurs de la Champagne.

Ils se sont enfin dit « oui » ! C’est un événement majeur de la géopolitique du champagne dont le processus avait été lancé il y a deux ans : la naissance d’un nouveau groupe qui fusionne le Centre Vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte et la Coopérative Régionale des Vins de Champagne. La force de frappe de cette entité est considérable, puisqu’elle figure désormais parmi les trois plus importants groupes de la Champagne. Les deux assemblées générales extraordinaires des deux unions de coopératives ont validé la fusion le mercredi 15 décembre, et celle-ci sera effective le 31 décembre.

A lui seul, le nouveau groupe baptisé Terroirs & Vignerons de Champagne, représente 6000 vignerons et 3000 hectares soit 9 % de la surface de l’appellation ! Il représente un potentiel de production de 24,5 millions de bouteilles et ambitionne d’atteindre la barre des 300 millions d’euros de chiffre d’affaires et 5 % des parts de marché en volume dans les cinq ans. Pour parvenir à cet objectif, il peut compter sur un joli portefeuille de marques : Nicolas Feuillatte tout d’abord, troisième marque de champagne la plus vendue, avec un positionnement de « luxe accessible », la Maison Abelé 1757 récemment acquise, dont la vocation est de conserver son identité de négociant avec un réseau de vignerons partenaires indépendants et un positionnement ultra-premium, Castelnau enfin, un champagne très apprécié des connaisseurs, réputé pour ses longs vieillissements en cave, commercialisé exclusivement « on trade » et dont le positionnement sera affiné.

L’architecture de Terroirs & Vignerons de Champagne est construite autour de « centres de profit qui ont chacun la responsabilité directe de la génération de revenus commerciaux, de la performance économique et du développement : Champagne Nicolas Feuillatte, Champagne Castelnau, Abelé 1757, et un pôle de « Services » destiné aux prestations et aux collaborations avec des partenaires privilégiés ». Ce dernier axe devrait faire l’objet d’un développement particulier afin de tirer parti de l’« expertise vins » et de « l’excellence technique remarquable » réunies au sein du groupe. Le siège sera au domaine Plumecoq à Chouilly, la présidente sera l’ancienne présidente du Centre vinicole Nicolas Feuillatte, Véronique Blin, et le directeur général, Christophe Juarez.

Cet article Terroirs & Vignerons de Champagne : la nouvelle locomotive champenoise est apparu en premier sur Terre de Vins.

Blanc de noirs et charcuterie : l’art de la simplicité selon Mercier

Mercier est l’une des marques préférées des Français, un champagne populaire au sens noble du terme ! Ses cuvées d’un prix plus accessible que celles des autres Maisons du groupe LVMH, ont toute leur place dans cet univers parce qu’elles offrent justement une porte d’entrée à ceux qui veulent découvrir le champagne et parce que leur apparente simplicité dissimule un savoir-faire parfaitement maîtrisé. La preuve par cette dégustation du blanc de noirs chez le charcutier Arnaud Nicolas, meilleur ouvrier de France.

Parmi les maisons de LVMH, Mercier tranche par l’ambition que lui a fixé son fondateur : « proposer le champagne au plus grand nombre » ce qui pourrait paraître contradictoire avec l’univers du luxe dans lequel évolue le groupe. Mais cet aspect démocratique ne doit pas être mal interprété. Il ne s’agit pas de proposer des vins bas de gamme ou un quelconque produit d’appel, mais plutôt une porte d’entrée qui permette aux moins initiés de découvrir le monde du champagne. « C’est toujours une effervescence non agressive. On essaie de chercher le crémeux, le tactile, le gourmand, le tout sur un registre de fruit et d’intensité. Les champagnes évanescents, subtils et délicats, c’est très bien. Je ne pense pas que cela réponde à la clientèle que nous essayons de captiver et d’éduquer. Il faut que ce soit des vins compréhensibles, accessibles, pour lesquels il ne soit pas nécessaire d’avoir déjà une expertise œnologique. Ils doivent faire plaisir dès la première gorgée » explique Christophe Bonnefond, le chef de caves.

Pour mieux nous en convaincre, la Maison nous a proposé une dégustation de sa cuvée blanc de noirs (29€), lancée en 2013, qui témoigne à merveille de ce savoir-faire. L’initiative était à l’époque un peu décalée. La mode était davantage aux blancs de blancs, surtout pour le grand public, quant aux blancs de noirs existants, les rares maisons qui en proposaient privilégiaient plutôt des pinots noirs issus des grands crus, Aÿ et Bouzy notamment, jouant sur un registre très vineux et puissant. La maison qui dispose d’un domaine propre de 240 hectares a voulu au contraire tirer parti de sa palette étonnante de crus sur les terroirs plus périphériques (Aisne, Aube…) où Jacques Mercier, dans l’entre-deux guerres, fut l’un des premiers négociants à investir. Le chef de caves n’a pas hésité non plus à ajouter une part de meunier (20%).  « Le vin s’exprime sur des petits fruits noirs et rouges. De temps en temps, certaines notes vont presque jusqu’à la confiture de cerise. Il y a aussi des fruits jaunes, même un peu exotiques comme le pamplemousse, des arômes floraux comme la rose. Derrière cette première impression de bouche, on découvre un champagne frais, un peu épicé, avec des arômes de réglisse qui posent la structure. La finale est sur l’amertume, mais une amertume agréable. Le terroir de l’Aube fait des vins assez structurés et cette touche réglissée vient sans doute de ses pinots noirs. Si on sait doser cette structure, elle peut être intéressante pour garder un peu d’amertume, de nervosité et de tanins. C’est un champagne dans le registre schweppes tonic, c’est-à-dire qui vous réveille, vous tonifie, vous donne envie de continuer ».

La part de vins de réserve tourne autour de 20 %. « Sinon cela marque vite et on repart sur des notes toastées, briochées. On perd le fruit et le côté vivifiant ». A noter aussi une petite proportion de tailles (15-20%). « Nous avons la chance d’appartenir à un groupe où la recherche développement est très active. Nous avons des pratiques très particulières pour élaborer les tailles, nous les travaillons au moment du pressurage pour faire en sorte qu’elles soient fruitées et éviter le côté lourd, structuré ou tannique. Cela ne marche pas tous les ans. Certaines années sont plus vineuses et séveuses. 2021 avec ses petits rendements en fait partie. On risque d’avoir des tailles qui tracent et il faut en mettre un peu moins pour ne pas emmener trop loin le produit. Les tailles ne sont pas des éléments pour faire des millésimes, mais des vins fruités. »

Afin d’illustrer l’esprit du champagne Mercier, simple en apparence par la facilité avec laquelle on peut le déguster, mais complexe et très réfléchi dans son mode d’élaboration, la Maison nous a proposé d’accompagner sa cuvée avec de la charcuterie, un produit de plaisir et du quotidien, dont l’aspect rustique et bonhomme cache lui aussi beaucoup de créativité. Elle nous a emmené pour cela chez Arnaud Nicolas, Meilleur ouvrier de France à 24 ans, un talent précoce comme Eugène Mercier, qui partage avec la marque cet art de casser les codes. « Il n’y a pas de gelée dans mon pâté croûte, c’est un parti pris, certains trouvent cela scandaleux, mais d’autres se sont réconciliés grâce à cela avec le produit ». Sous la pâte feuilletée de ce grand classique, nous découvrons un assemblage terre mer audacieux composé de volaille, de ris de veau, de homard et de trompettes de la mort ! Même principe pour les rillettes de cochon à l’Espelette « Il s’agit d’une rillette assez maigre, nous ne voulons pas être trop sur le gras mais davantage sur la viande, l’aspect filandreux de la rillette ». Face à cette charcuterie de belle facture, la cuvée Mercier avec ses épices et sa matière répond bien, tandis que sa fraîcheur vient redynamiser l’ensemble.

https://www.clos19.com/fr-fr/mercier-blanc-de-noirs-1065394.html

Cet article Blanc de noirs et charcuterie : l’art de la simplicité selon Mercier est apparu en premier sur Terre de Vins.