L’Affaire 1855.com ressort de la nuit

vin-1855

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On croyait l’affaire 1855.com classée et enterrée avec des milliers de clients à tout jamais lésés. Elle ressurgit par une décision de justice qui ordonne la poursuite de l’information judiciaire à l’encontre des anciens dirigeants de ladite société, Emeric Sauty de Chalon et Fabien Hyon. Les créanciers seront-ils un jour indemnisés ? Pourquoi la justice a-t-elle pendant si longtemps botté en touche ?

Il se dégageait de toute cette histoire un sentiment d’impunité avant qu’une lueur n’apparaisse au bout du tunnel. Le 7 octobre dernier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a ordonné la poursuite de l’information judiciaire à l’encontre des dirigeants de 1855.com. Ainsi, cette décision ré-ouvre le dossier qui avait été classé par le procureur de la République de Paris en 2019 par un non-lieu à l’égard d’Emeric Sauty de Chalon et de Fabien Hyon, respectivement président et directeur général de 1855.com.

Des idées de génie

Pour comprendre ce dossier, il faut revenir au milieu des années 90 lorsque la société 1855.com voit le jour. La start-up se dit spécialisée dans la vente de vins en ligne, sorte de maison de négoce de la Place de Bordeaux à l’heure du e-commerce : la bonne idée doublée d’une marque, « 1855 », très vendeuse. « On a fait dans le vin ce qu’Amazon a fait en premier dans le livre », s’étalait partout Emeric Sauty de Chalon avec une étincelle de génie dans les yeux. Toutefois, l’entreprise n’a pas de stocks, encaisse les commandes mais ne réserve pas les vins. Pour résumer, 1855.com vend des vins qu’elle n’a pas, se persuadant qu’elle pourra toujours trouver les vins au moment voulu. Face au boom du marché des grands crus dans les années 2000, la société se retrouve très vite acculée. Pour exemple, des grands crus vendus en primeurs à 150 euros se retrouvent en livrable à 700 euros. Emeric Sauty de Chalon et Fabien Hyon ne peuvent pas acheter les vins, encore moins les livrer. Renfloués par d’importants actionnaires (dont la famille Bettencourt-Meyers), ils font illusion et résistent quelques années…

Mais les créanciers se manifestent. Ils sont onze mille clients à s’estimer volés pour un montant global de 45 millions – nonobstant les préjudices moraux et financiers dus à la valorisation. Au final plus de 100 millions d’euros se sont évaporés si l’on ajoute les 55 millions d’euros d’augmentation de capital des actionnaires. C’est l’heure des plaintes, des procès et des kilomètres d’articles, non sans entacher l’image des vins de Bordeaux, de sa Place et de son célèbre classement 1855. « Ils avaient déposé la marque dès 1995, ainsi que le nom du domaine pour le site internet, tous les articles qui parlaient d’escroquerie étaient associés à l’image du classement et surtout la société se défendait en disant qu’ils ne livraient pas les vins car les Grands Crus Classés refusaient de les livrer », explique Sylvain Boivert, directeur du Conseil des Grands Crus Classés 1855 depuis 2001. Le Conseil, qui a aussi acheté des vins pour faire constater le système frauduleux, porte également plainte en 2012.

Le début de la fin

En 2015, la société 1855.com – comme la maison mère Aphrodite et les filiales (Arès, ChâteauOnline, Cave Privée…) – est placée en liquidation. Le Conseil des Grands Crus Classés 1855 rachète la marque 1855 et tous les noms de domaines mais les clients floués, quant à eux, n’ont plus que leurs yeux pour pleurer d’autant que, comme noté plus haut, une décision de 2019 ordonne un non-lieu pour les dirigeants.

La bonne nouvelle pour les créanciers, telle une once d’espoir, est venue ce 7 octobre avec la réouverture du dossier. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris évoque certaines pratiques « s’apparentant à de la cavalerie matérialisant le délit d’escroquerie », relevant de la « publicité mensongère » ou encore « destinées à induire en erreur les clients ».

« Il faut que ces gens-là soient jugés ! Depuis qu’on racheté la marque, on reçoit toujours des courriers de personnes qui ont été volées », s’insurge Sylvain Boivert. L’appel de la décision du non-lieu de 2019 provient de l’avocate bordelaise, Maître Hélène Poulou, qui s’étonne toujours de la protection dont jouissent Emeric Sauty de Chalon et Fabien Hyon. « Beaucoup de chefs d’entreprises sont allés en prison pour moins que ça, c’est surprenant », confie l’avocate qui représente une grande partie des plaignants. Après de nombreux rejets de ses demandes, Maître Hélène Poulou semble enfin entendue. « L’affaire était quasi-classée, on peut à nouveau croire à ce que l’escroquerie soit reconnue et que les deux dirigeants soient poursuivis en correctionnelle et peut-être dans un deuxième temps leurs actionnaires… qui sont, il est vrai, puissants », ajoute l’avocate. La partie adverse, représentée par l’avocat Yann Le Bras, a déclaré avoir pris connaissance de cette nouvelle décision.

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Stéphanie Sinoquet prend la direction du Syndicat des Bordeaux-Bordeaux supérieur

Stéphanie-Sinoquet

Stéphanie-Sinoquet

Après avoir officié au sein du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), Stéphanie Sinoquet succède à Florian Reyne, délégué général de Planète Bordeaux depuis 2013. Nous faisons le point avec elle sur les défis, priorités et projets du syndicat

Après l’élection de Stéphane Gabard, président depuis fin 2020, le Syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur accueille sa nouvelle directrice, en la personne de Stéphanie Sinoquet. Loin d’être novice dans le monde du vin, elle a occupé le poste de Trade marketing manager puis Responsable des pôles France et Belgique, au sein du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB). Auparavant, elle a aussi exercé quinze ans en marketing et développement stratégique au sein d’entreprises internationales de grande consommation (Unilever en agroalimentaire et cosmétiques, SC Johnson dans les produits ménagers) et d’organismes collectifs (CCI, CIVB).

Aujourd’hui, elle arrive aux manettes de ce Syndicat qui œuvre pour la gestion, la défense et la promotion de sept Appellations d’Origine Contrôlée (bordeaux, bordeaux rouge, bordeaux supérieur rouge, bordeaux blanc, bordeaux supérieur blanc, bordeaux clairet, bordeaux rosé, crémant de Bordeaux) et de l’Indication Géographique Fine Bordeaux. Il fédère plus de 4000 adhérents (vignerons, caves coopératives, maisons de négoce), représentant plus de la moitié du vignoble bordelais.

Stéphanie Sinoquet, en prenant la direction du Syndicat dans un contexte complexe, quels défis se présentent à vous ?

Nous sortons d’un contexte difficile pour l’ensemble du vignoble français, lié à la pandémie. Des signaux sont positifs, mais les dernières années ont marqué économiquement nos AOC. En tant que premier Organisme de Défense et de Gestion de France en termes d’AOC, nous avons un rôle moteur à jouer. Sur du long terme, nous travaillons sur des sujets d’avenir nationaux et européens en lien avec différents organismes, que ce soit l’Europe, le gouvernement, la région, le département, l’INAO, ou la Fédération des Grands Vins. Comme dans tous les organismes collectifs, des élus portent les réflexions stratégiques. Le directeur est là pour les accompagner dans l’organisation de cette réflexion et la mise en œuvre des décisions stratégiques.

Aux plans national et européen, dans quels sujets le Syndicat est-il impliqué ?

Il s’agit de sujets de fond, comme la restructuration de notre vignoble pour être prêts face aux enjeux de demain. Un des très gros projets qui nous occupe actuellement est l’expérimentation sur les cépages à fin d’adaptation, intégrés dans le cahier des charges des AOC Bordeaux, afin de mieux préparer le changement climatique. Nous sommes les premiers à l’avoir mis en place, et à contribuer avec d’autres partenaires à cette expérimentation, pour en tirer les conclusions et optimiser au fur et à mesure. Dans les grands sujets de préparation-restructuration, la nouvelle Politique Agricole Commune 2023-2027 a donné la possibilité aux cahiers des charges d’appellations d’intégrer des variétés de cépages résistants, non Vitis vinifera. Nous allons contribuer à bien définir les modalités de déploiement de ces futurs cépages, et voir comment les intégrer à terme dans nos cahiers des charges. Nous prenons aussi part aux réflexions sur tout ce qui tourne autour des replantations et arrachages, qui peuvent parfois également dépendre de décisions européennes. Nous travaillons aussi sur toutes les difficultés que les viticulteurs peuvent connaître dans leur quotidien, comme par exemple des problèmes de faillite, de transmission, entraînant l’apparition de friches. Ces terrains doivent être gérés, car ils peuvent être vecteurs de maladies. Enfin, nous sommes très concernés par le sujet de la cohabitation entre viticulteurs et riverains, dans le cadre de la transition écologique. Nous travaillons en collaboration sur des guides de bonnes pratiques, des observatoires… Tous ces sujets sont appréhendés conjointement avec d’autres organismes.

Plus localement, quels sont les chantiers en cours qui concernent les sept AOC bordelaises ?

Le Syndicat porte un certain nombre de chantiers pour accompagner la transformation collective et aider à retrouver de la compétitivité, même si c’est avant tout un travail individuel de chacun. Au niveau de la production, nous menons actuellement un gros travail de pilotage de l’offre, pour s’assurer qu’en termes de rendements et surfaces, nous soyons dans les clous par rapport à la demande des marchés. Cela passe notamment par une régulation des rendements, ou de la restructuration différée en temporisant la replantation de certaines parcelles. Evidemment, les viticulteurs ont aussi la possibilité de ne pas être dans l’AOC s’ils le souhaitent. Il y a également une volonté de notre président Stéphane Gabard de renforcer le contrôle produit, pour mieux s’adapter à la demande des marchés, dans une perspective de qualité et de sécurité du consommateur. Nous devons nous assurer que le vin sous AOC respecte un certain ADN défini par les cahiers des charges. Il faut veiller à ce qu’un bordeaux reste un bordeaux, par exemple du point de vue des cépages, des rendements, du lieu d’embouteillage…

Vous avez une longue expérience dans le domaine du marketing et du développement stratégique. Allez-vous mettre ces compétences au service de l’image des AOC bordeaux et bordeaux supérieur ?

En termes d’image, nous avons tout un travail de fond à mener. C’est aussi pour accompagner cette réflexion autour de la segmentation, de la communication et de la promotion que j’ai été embauchée. Le Syndicat est associé à une réflexion en cours du CIVB sur la segmentation du vignoble. L’idée est de clarifier la segmentation pour faciliter la compréhension de notre offre de vins et de notre ADN en France et à l’étranger. Jusqu’à présent, nous proposions comme clé de lecture une carte avec 65 appellations. L’idée sera de créer différents niveaux de lecture en fonction des profils de consommateurs, néophytes ou amateurs. En parallèle, nous avons aussi une mission de promotion en France et à l’étranger. Mais surtout, nous portons un plan marketing fort au plan local de la Gironde, notamment avec la réhabilitation du siège du Syndicat « Planète Bordeaux ». Nous avons beaucoup d’ambitions sur ce projet. Nous avons défini les grands contours, réalisé des études de faisabilité, de prévisionnels d’activité pour le business plan. D’ici à la fin de l’année, le projet sera voté ou non, avec des premiers coups de pioche potentiels en 2022.

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[Champagne Tasting J-2] Chocolat/Champagne : impossible n’est pas champenois !

chocolat-champagne

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A l’occasion de l’événement Champagne Tasting organisé par Terre de vins ce weekend à l’hôtel Salomon de Rotschild, Geoffrey Orban, expert en dégustations géo-sensorielles animera une masterclass autour des accords champagne/chocolat. A travers une sélection de champagnes de vignerons que nous avons dégustés avec lui, Terre de vins vous offre un avant-goût de cette belle expérience.

Si le mariage du champagne et des desserts est déjà compliqué, l’alliance avec le chocolat représente le défi absolu. Raison de plus pour la tenter ! Deux écueils doivent être évités. D’une part celui de la texture. Si vous prenez des chocolats durs comme ceux proposés en plaquettes, les deux substances auront du mal à se mêler. Il faut donc privilégier des chocolats de type ganache, suffisamment crémeux à l’intérieur. L’autre obstacle réside dans l’amertume du chocolat. Certains chocolatiers peuvent la modérer en jouant notamment sur l’origine des crus de cacao qu’ils utilisent. Moins le chocolat sera amer, moins il sera nécessaire de recourir à un champagne très dosé. Le choix du chocolatier et du type de chocolat est donc tout aussi fondamental que celui du champagne.

Ganache au citron : l’accord de fraîcheur

Parmi les arômes récurrents du chardonnay, le citron figure en tête, raison pour laquelle, avec une ganache au citron on sélectionnera volontiers des blancs de blancs assez vifs, comme celui de Jacques Picard, à Berru (33€). On commencera par bien mâcher le chocolat puis on prendra un peu de champagne en le laissant se mêler en bouche à la crémosité de la ganache. Le résultat ? La tension citronnée du champagne anesthésie l’amertume du chocolat, alors que cette cuvée avait elle-même une petite amertume calcaire. Dans le même temps, les arômes d’agrume présents dans les deux substances se démultiplient : « citron x citron = citron au carré ». L’accord est d’une telle fraîcheur qu’on pourrait presque oser le prendre en apéritif en sortant de la piscine !

Passons maintenant à un champagne un peu plus enrobé comme la cuvée Eloge du chardonnay sur le millésime 2012 de JM. Gobillard & Fils à Hautvillers (37,50€). Elle n’est dosée qu’à 4 grammes, mais 2012 est une année très mûre. Le vin cette fois n’est pas seulement minéral et citronné, il est aussi un peu beurré, si bien que c’est toute la substance qui fusionne. Non seulement le champagne fait ressortir les arômes citronnés du chocolat, mais le gras du vin fait écho à l’aspect crémeux de la ganache. Le cacao s’exprime encore, mais sans rugosité, et sans nuire à l’expression très florale du vin. C’est un match tout en élégance digne des meilleurs accords gastronomiques.

Chocolat Basilic : ambiance cocktail

Pour les accords avec la ganache au basilic, les champagnes rosés font merveille parce qu’il faut du fruit pour réveiller l’herbe royale et un peu de vinosité pour aller chercher le cacao. Lorsqu’on y parvient, on touche au sublime… Le Grand Cru Brut Rosé de Delavenne Père & Fils appartient justement à cette catégorie des rosés vineux (28 €). Le vigneron a privilégié l’assemblage sur la saignée, mais il a utilisé pour cela un vrai vin rouge de Bouzy avec beaucoup de caractère et c’est ce qui donne tout son panache à cette cuvée. La portion de chardonnay (40%) procure une certaine tension mais le vieillissement a permis au pinot noir de bien s’affirmer. L’accord est d’une facilité déconcertante : on a l’impression d’avoir un concentré de fruits rouges avec une pointe de basilic qui donne un effet cocktail surprenant et très rafraîchissant.

Ganache mi-amère : l’épreuve ultime

Avec la ganache mi-amère, on pousse plus loin le curseur du cacao et on supprime les saveurs fruitées qui permettaient de se raccrocher aux branches. Il faut par conséquent chercher des champagnes un peu typés. Les vignerons de la vallée de la Marne en fournissent de beaux spécimens, comme la cuvée Cornalyne de Dom Caudron (35,70 €). Pour ce 100 % meunier élevé en fût de chêne, la question était de savoir si le bois volerait en éclat au contact de cette ganache un peu marquée. Force est de constater que le vin résiste bien et que ses arômes empyreumatiques se marient à merveille avec l’amertume du chocolat. L’accord est presque british. On n’attend plus que le cigare ! En même temps, le vin ramène de la gourmandise à ce chocolat austère grâce à son expression sur les fruits jaunes, la mangue et la pomme chaude.

Enfin, si vous avez aimez le sport, vous pouvez tenter un accord avec le Rosé de saignée futé de la maison Wirtz dans l’Aube (28€). Alors qu’on est surtout habitué aux rosés marqués par les fruits rouges, ici on tourne davantage autour du cassis et de la mûre. C’est un champagne viril avec une certaine dureté, on l’imaginerait facilement sur des viandes rouges ou un peu faisandées. Face au chocolat, on assiste à un véritable match de boxe où le cacao affronte les tanins et la puissance du vin avant de culminer en milieu de bouche par une franche poignée de main.

www.champagnedevignerons.fr

Terre de vins aime: Les chocolats d’Emmanuel Briet à Epernay www.lechocolatdemmanuelbriet.com

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