Hospices de Beaune : La maison Bichot réédite son coffret dégustation

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Après un premier essai en 2020, la maison Albert Bichot réédite son coffret de dégustation des vins des Hospices de Beaune. Il sera disponible dès novembre. Une manière de « démocratiser » des cuvées difficilement accessibles.

Un nom revient plus souvent que les autres dans les halles de Beaune, le troisième week-end de novembre, lors de la traditionnelle vente de charité des Hospices : Albert Bichot. Depuis plusieurs années, la maison bourguignonne est – de loin – n°1 des acheteurs lors de ces enchères. Et compte manifestement le rester. «Après le gel de cette année, qui a engendré une récolte historiquement basse, il est essentiel de continuer à affirmer notre soutien aux Hospices, à faire preuve de solidarité et générosité», déclarait Albéric Bichot, représentant de la 6e génération à la tête de la maison familiale, à un gros mois de la vente.

Des flacons de 10cl

Ces achats sont devenus la signature de la maison, et une partie non négligeable de son activité. Elle souhaite désormais « démocratiser » ces vins, réputés dans le monde entier, mais parfois inaccessibles. Pour ce faire, la maison Bichot édite pour la deuxième année consécutive un coffret de dégustation. En 2020, cinq fioles de 2cl étaient proposées. Cette année, le concept revient dans un format plus généreux : 3 flacons de dégustation de 10cl chacun, « pour se plonger dans les Hospices de Beaune seul ou à deux ». Les cuvées proposées :

– Un Saint-Romain Cuvée Joseph Menault Hospices de Beaune 2018 (Blanc)

– Un Pommard Cuvée Suzanne Chaudron Hospices de Beaune 2018 (Rouge)

– Un Beaune 1er Cru Cuvée Nicolas Rolin Hospices de Beaune 2017 (Rouge)


Dégustation guidée par vidéo

Seuls 161 coffrets seront disponibles – un clin d’œil à la 161e vente qui aura lieu le 21 novembre à Beaune. « Une fois le coffret reçu, les amateurs pourront suivre en ligne, pour chaque cuvée, une vidéo qui guidera leur dégustation », précise la maison. Des échantillons disponibles à la vente sur le site hospices-beaune.com dès la 1ère semaine de novembre, au tarif de 80€, livraison comprise.

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Sauternes : La Tour Blanche passe au bio

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Cet établissement emblématique, 1er grand cru classé en 1855 des vins liquoreux en Sauternes, mais aussi école de viticulture et d’œnologie réputée, s’était engagé il y dix ans dans une démarche environnementale. Le voilà qui entame cette année une démarche de conversion en bio. Miguel Aguirre, son Directeur d’exploitation, revient sur ce changement profond qui impacte la qualité du vin, l’environnement du domaine, mais aussi la formation des élèves.

Pourquoi vouloir passer au bio Miguel ?

J’ai une sensibilité particulière au bio car j’ai géré le lycée agricole d’orange en bio pendant 6 ans. Je suis arrivé à La Tour Blanche en 2016, et j’ai voulu partager cette sensibilité avec les équipes. A l’issue de l’année test en 2020, les équipes ont voulu y aller. Ils se sont prouvé qu’ils étaient capables de le faire. Et sur l’année 2021 ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli. Un salarié était là depuis 20 ans et il m’a dit : « Miguel, j’ai beaucoup appris ». Une autre raison est qu’on développe beaucoup d’évènementiel au milieu des vignes. Ce serait incohérent d’amener le visiteur au milieu de vignes traitées.

Quel a été votre calendrier ?

Déjà en 2010 , nous avions décidé de travailler en bio les parties du vignoble qui étaient aux abords des habitations et plus particulièrement celles qui étaient proches du lycée. En 2011, nous nous sommes engagés dans le SME (Système de Management Environnemental). En 2014 nous étions certifié HVE 3. Puis en 2020, nous avons effectué des tests sur l’intégralité du vignoble. En 2021, nous avons fait la demande officielle de conversion. Le premier millésime certifié bio sortira en 2023.

Est-ce que cela va changer votre modèle économique ?

Les niveaux de rendement sont déjà bas. Mais avec le recul sur les 10 dernières années, sur les parties qui étaient en bio, on s’aperçoit qu’on n’a pas eu de perte de rendement. Si le modèle économique change ce n’est pas sur les rendements mais sur le travail de la vigne. Avant le passage en bio, nous étions partis dans le propre avec des produits qui étaient finalement moins efficaces que la bouillie bordelaise et que le souffre. En conventionnel on est dans le curatif, en bio on est dans le préventif. Le changement de modèle économique passe davantage vers une conduite du vignoble par le zéro herbicide et le travail du sol pour avoir des rendements viables. Lorsqu’on passe en bio, c’est un peu plus de temps de travail et donc un peu plus de main d’œuvre : les charges sont plus importantes : il y a un peu plus de temps de travail (+ 20/25 % pour le travail du sol) , et vous consommez davantage de gasoil (+30 %). On a donc investi dans du matériel de désherbage et on devrait acquérir un enjambeur électrique. Le changement de modèle économique passe aussi par notre volonté de lutter contre les aléas climatiques. Ce qui mine la Tour Blanche c’est bien les aléas climatiques et pas le passage en bio.

Les élèves de l’école de viticulture de La Tour Blanche sont-ils sensibilisés au bio ?

On sensibilise les étudiants de BTS à l’approche globale de gestion du château. Tous les élèves de bac pro passent dans les vignes, 7 heures tous les dix jours pendant 30 semaines. Ils y passent presque 200 heures par an. C’est important de commencer à enseigner le zéro glyphosate. Ce sont des futurs ouvriers qualifiés qui sont sensibilisés au bio et à l’environnement. On a mis en place avec la ligue de protection des oiseaux une identification des chauve-souris qui vivent ici et sur leur action qui fait baisser la population du ver de la grappe.

D’autres projets Miguel pour La Tour Blanche ?

Oui, une boutique. Elle vient traduire cette volonté de développer l’oenotourisme. Elle fera 100 m2 avec un certain standing. Jusqu’à présent nous avions développé de l’oenotourisme sans pouvoir vendre car on n’avait pas d’outil de vente. Elle mettra en scène tout le savoir qu’on transmet pendant les visites. Les travaux seront achevés le 1er mai 2022. La Tour Blanche appartient au Conseil Régional de la Nouvelle Aquitaine, c’est lui qui finance le projet.

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[Champagne Tasting J-3] La quatrième génération au rendez-vous chez Laurent-Perrier

laurent-perrier

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Chez Laurent-Perrier qui participera à l’événement Champagne-Tasting ce weekend, le travail de transmission familial se poursuit avec l’arrivée de la quatrième génération. En effet, depuis 2019, Lucie Pereyre de Nonancourt, fille d’Alexandra, se forme auprès de Michel Fauconnet, le chef de caves et joue aussi un rôle d’ambassadrice de la Maison. A l’occasion d’un déjeuner organisé chez Pierre Gagnaire à Paris, pour le lancement de l’itération 23 de Grand Siècle, Terre de vins a pu faire plus ample connaissance.

Qu’est-ce qui vous a décidé à rejoindre Laurent-Perrier ?

Je n’étais pas partie dans l’esprit de rejoindre un jour la maison familiale. J’ai commencé par étudier la psychologie, puis le marketing, avec l’idée d’allier les deux pour devenir coach. J’ai fait un stage aux Etats-Unis chez un distributeur de vins et spiritueux et, c’est là-bas, à la suite de belles dégustations, qu’est née cette envie de me plonger davantage dans le monde du vin et d’en comprendre les aspects techniques. Je me suis alors lancée dans l’apprentissage des diplômes WSET, tout en commençant à travailler chez Marqués de Riscal, une cave de Rioja en Espagne où je suis restée plusieurs années. Quand j’ai obtenu le dernier niveau, je suis revenue en Champagne.

Vous avez bien connu votre grand-père Bernard de Nonancourt, une grande figure de la région…

J’ai eu certes le côté grand-père, mais il était toujours chef d’entreprise même en étant grand-père ! Je me souviens très bien lorsqu’il me demandait : « alors, quand est-ce que tu viens faire un stage chez Laurent-Perrier ? » Il a essayé avec tous ses petits enfants ! Laurent-Perrier, c’était son sujet de conversation principal, il lui a dédié sa vie. Le souvenir que j’ai d’abord de lui, c’est celui d’un bon vivant qui adorait faire des blagues, un grand cœur, très humble qui est resté un modèle pour moi. Il aimait créer du lien. Il nous défiait toujours au backgammon, tout le monde y passait, mon père, mes sœurs ! Lorsqu’aux vendanges, je vais rencontrer les vignerons, ils me parlent toujours de lui. C’est amusant parce qu’on se suit en générations, ma mère a connu les enfants, moi les petits enfants. Je trouve intéressant de voir l’évolution des mentalités chez les jeunes vignerons, en particulier sur les questions environnementales où on observe un mouvement de fond en faveur d’une meilleure protection du terroir.

Votre père est-il, lui aussi, issu du monde du vin ?

Mon père travaillait dans l’archéologie sous-marine. Un grand marin ! C’est une passion qu’il m’a transmise. Entre mon père et ma mère, j’ai vraiment hérité à la fois de l’amour de la mer et de celui de la terre. C’est un très beau mélange. Mais à travers les deux finalement, j’ai appris le respect de la nature.

Le siège de la Maison est installé dans un petit village, Tours-sur-Marne, éloigné de Reims et Epernay, c’est assez atypique pour une grande maison ?

On peut penser que nous sommes très isolés, mais en réalité c’était à l’époque une situation stratégique. Tours-sur-Marne est au carrefour des trois vignobles entre la Côte des blancs, la Montagne et la Vallée de la Marne. Toutes les grandes maisons étaient à Reims ou Epernay, mais elles n’étaient pas autant sur le terrain que nous. Grâce à cette situation géographique nous pouvions être partout. C’est comme ça que mon grand-père a pu créer des relations avec les vignerons : il allait à tous les événements, les mariages, les baptêmes de tout le monde, il adorait ! Cela permettait aussi d’être proche de l’approvisionnement. Chez Laurent-Perrier, cette dimension était importante parce nous ne possédions pas beaucoup de vignes. Aujourd’hui notre domaine représente 170 hectares, ce qui correspond à 10 % des raisins que nous utilisons. C’est un bon équilibre. Si les grandes maisons ne se reposaient que sur leurs propres vignes, elles ne feraient pas fonctionner l’économie de la Champagne. Les vignerons ont leur corps de métier qu’ils connaissent bien. En conservant un domaine relativement limité cela nous permet aussi d’être plus réactifs. On a vu l’importance que cela avait cette année face au mildiou !

Vous lancez en novembre l’itération 23 de Grand Siècle, pouvez-vous nous en dire deux mots ?

Cette itération qui sort exclusivement en magnum est un assemblage de trois années complémentaires. Les vins de 2006, majoritaires, qui sont plus sur la rondeur et donnent de l’amplitude, ceux de 2004 qui apportent fraîcheur et structure, et enfin ceux de 2002 pour la finesse. L’objectif est d’aboutir à ce qui serait une année idéale, c’est-à-dire un vin capable de développer à travers le temps long une complexité aromatique sans perdre sa fraîcheur. Pour réussir à conserver cette dernière, le choix des grands crus (11) et des terroirs crayeux n’est pas anodin, de même que le fait de privilégier le chardonnay (58%). Après, c’est la technicité du chef de caves qui entre en jeu, pour éviter toute oxydation depuis la cueillette jusqu’à la dégustation du consommateur. Laurent-Perrier a aussi effectué un travail sur ses levures afin qu’il n’y ait pas d’ajouts aromatiques non désirés qui viennent perturber cette fraîcheur et cette pureté. Le résultat, c’est un champagne voluptueux qui s’exprime à travers des notes de viennoiserie mais qui reste vivace avec des agrumes présentes sur des tonalité confites.

Photo Franck Hamel

Grand Siècle Itération 23 (Magnum) : 350 euros TTC.

Commercialisé à partir du 1er novembre.

www.laurent-perrier.com

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