Fascinant Week-end : une première dans le Bordelais

La huitième édition du « Fascinant Week-end » Vignobles & Découvertes se déroulera du 14 au 17 octobre dans six vignobles français. Pour la première fois, Bordeaux accueille l’événement, avec plus de 130 activités proposées au grand public dans le vignoble.

Du 14 au 17 octobre, c’est le retour du « Fascinant Week-end » Vignobles & Découvertes. Initié par la région Auvergne Rhône-Alpes en 2014, cet événement grand public s’est ensuite étendu à d’autres vignobles – Occitanie, Alsace, Champagne… En 2021, il est pour la première fois organisé dans toute la France, avec l’ambition de devenir le grand rendez-vous national de l’œnotourisme. Six régions viticoles et 50 destinations labellisées Vignobles & Découverte vont donc accueillir le grand public pendant 4 jours, et pour la première fois, Bordeaux se joint à la fête ! Les labellisés Vignobles & Découvertes en Gironde ont « mis les petits plats dans les grands » pour proposer aux visiteurs plus de 130 activités dont le programme complet est disponible sur www.bordeauxwinetrip.fr. D’une dégustation traditionnelle à des accords mets & vin en passant par des apéros concerts, du cinéma, ou des escape games, l’offre d’animations s’annonce très vaste, y compris pour les familles. Autres temps forts du week-end : les soirées tapas et film gratuites, organisées dans six lieux magiques du vignoble bordelais :

Vendredi 15 octobre à 20h :
Le sens de la fête d’Olivier Nakache et Eric Toledano à la Maison des vins de Bourg
Tu seras mon fils de Gilles Legrand au Château Roquefort
Samedi 16 octobre à 20h :
La Belle Époque de Nicolas Bedos au Château Hostens-Picant
Antoinette dans les Cévennes de Michael Dudok de Wit au Château Royal de Cazeneuve
Dimanche 17 octobre à 16h :
Donne moi des ailes de Nicolas Vanier au Château Citran
Adieu les cons d’Albert Dupontel au Château du Taillan

Plus de 600 animations dans 6 régions viticoles

Mis à part Bordeaux, ce sont plus de 600 animations différentes qui attendent le grand public, en Occitanie, en Provence, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Champagne et en Alsace. Parmi les plus attendues :

En Auvergne Rhône Alpes, La Dictée de Brillat-Savarin. Pour les amateurs de vins, d’histoire et de défis à relever, quoi de mieux qu’une dictée au milieu des vignes, inspirée par le célèbre gastronome et auteur culinaire. Avec apéritif en clôture !
En région Sud / PACA, La chasse au trésor à faire en famille dans le vignoble du Moulin de la Roque, au cœur du terroir de Bandol.
En Occitanie, L’enquête dans les vignes ! Un Cluedo grandeur nature au cœur des Côtes du Rhône Gardoises et de son célèbre cru de Lirac. Une murder party animée par une troupe de théâtre locale dans un cadre enchanteur. Un moment de convivialité et de bonne humeur.
En Champagne, un parcours scénographique sensoriel et immersif, mélangeant éléments architecturaux et technologie ludique. C’est parti pour un « voyage de la terre à la bulle » mettant en lumière la vigne, les travaux des hommes et le processus d’élaboration du Champagne.
En Alsace, Le Vélo Gourmand du Vignoble : une invitation à un voyage doux et gourmand sur la Véloroute du Vignoble d’Alsace. De quoi se laisser emporter dans un cadre enchanteur où châteaux, villages typiques et vignes se dévoilent… Goûter à l’art de vivre alsacien et profiter d’une pause au Belvédère de la Maison Cattin pour une dégustation de Vins d’Alsace accompagnée de planchettes.

Site Internet : https://www.fascinant-weekend.fr/

Facebook : https://www.facebook.com/fascinantweekend

Instagram : https://www.instagram.com/fascinantweekend/

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Tutiac, champion du « Zéro Résidu de Pesticides »

Le groupe coopératif Tutiac, fort d’une quinzaine d’appellations bordelaises, monte en puissance ses vins estampillés ZRP (Zéro Résidus Pesticides), notamment via un contrat avec Les Mousquetaires, et développe sa gamme de monocépages Origines.

« Notre force est d’être avec nos 520 vignerons et 15 appellations que nous suivons du vignoble à la commercialisation, rappelle Eric Hénaux, directeur du groupe coopératif. Sur les 70% de vins achetés en Grande Distribution, nous sommes présents à 85% sur les AOP bordelaises. Nous sommes les premiers producteurs de blancs (avec 32-33 000 hl/an sur un total de 300 000), le premier producteur de vins AOC en France et leader en Côtes de Bordeaux ». C’est sans doute cette force de frappe qu’est venue chercher la Fiée des Lois, filiale Vins du groupe Agromousquetaires (Intermarché) pour proposer deux marques de distributeur (Expert-Club) estampillées du nouveau logo ZRP (Zéro Résidu de Pesticides) créé en 2018. Tutiac travaille avec Fiée des Lois depuis une vingtaine d’années mais ce nouveau contrat sur cinq ans porte sur plusieurs centaines de milliers de cols (l’objectif est de 140 000 la première année) pour proposer un bordeaux rouge, un côtes-de-bourg rouge et un bordeaux rosé (entre 4 et 5,20€ soit environ un surcoût de 20 à 30%). « Nous croyons en ce nouveau label dont nous sommes l’un des pionniers parce qu’il est plus transversal que les autres – il vient des fruits et légumes et il est devenu multi-rayons. Sans doute la raison pour laquelle il a gagné 40% de notoriété en seulement trois ans. De plus, la dénomination est très parlante et n’a pas besoin d’être expliquée au consommateur. ». Eric Hénaux estime également que le principe d’une obligation de moyens mais surtout de résultats avec des analyses de résidus par lot se révèle un excellent « juge de paix » et qu’il « minimise les risques pour le viticulteur qui peut sauver une parcelle en cas de traitement sur une année particulièrement difficile, ce qui n’est pas le cas en bio où tout est remis en cause au premier traitement hors cahier des charges ». Actuellement le bio représente 12% des surfaces de Tutiac (620 ha sur les 5400 au total en 2022) et ZRP avoisine les 25%. Des vins estampillés ZRP pourraient également se faire une place chez d’autres enseignes (Auchan, Système U, Leclerc)… « L’objectif est de devenir le principal référent en vins ZRP » conclut le directeur de Tutiac.

Origines en monocépages

Par ailleurs, une nouvelle référence vient de rejoindre la gamme Origines de la cave de Tutiac, le petit verdot que l’on retrouve en général plutôt minoritaire dans les assemblages (18€). En tant que cépage secondaire, il n’est d’ailleurs pas autorisé en 100% en Blaye-Côtes de Bordeaux d’où proviennent les raisins et a donc du être déclaré en Bordeaux générique. La gamme vinifiée par l’œnologue de la maison, Paul Oui, compte désormais huit références, toutes en monocépages sauf l’Intégrale en Blaye Côtes-de-Bordeaux, assemblage des meilleurs rangs de vignes des meilleures parcelles de merlot, cabernet sauvignon et petit verdot, en vendanges manuelles et comme son nom l’indique en vinification intégrale en barriques de 400 l. (25€)

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Vignobles Mercadier : un exemple de réussite en Sauternais

L’appellation Sauternes est en pleine mutation, afin de proposer des vins plus accessibles et digestes sans que ceux-ci ne perdent rien de leur merveilleuse complexité aromatique. Une voie que bon nombre de vignerons ont pris avec succès. A l’heure où certains choisissent la voie de la diversification pour présenter une gamme, Paul et Émilie Mercadier, propriétaires de plusieurs châteaux, misent uniquement sur le Sauternes, par conviction. Restait à convaincre et à vendre : c’est ce qu’a fait le couple, non sans une certain réussite. Quelle est leur recette ?

L’aventure commence en Ariège avec l’arrière Grand Père de Paul, Léopold Fonquernie, industriel lainier et propriétaire d’une usine de production. L’affaire tourne bien et il souhaite investir dans un vignoble. On lui en propose plusieurs. Son intérêt se porte sur le château Suduiraut (1er cru classé en 1855) qu’il ne visite même pas et qui était pourtant en mauvais état. Il l’achète, puis dans la foulée on lui propose le château Margaux : trop tard. Léopold engage de gros moyens pour remonter la propriété. « C’était compliqué parce qu’il n’était pas du métier et qu’il était dans l’Ariège » raconte Paul. Puis le moment vient où Léopold fait appel à son petit fils Philippe Mercadier, qui, lui,  était du métier. Et pendant 25 ans Philippe s’occupe de Suduiraut. La succession (entendez par là la transmission aux enfants) s’avère compliquée et Philippe se voit contraint de vendre ce bijou, en 1992, la mort dans l’âme, après avoir investi considérablement et avoir amené le château à une jolie notoriété. AXA-Millésimes se porte acquéreur. 

La belle histoire ne meurt pas pour autant. Fort de cette expérience, et amoureux du Sauternais, Philippe décide d’acheter un château dans le lieu. « Dans les années 90, le Sauternes n’avait pas beaucoup à offrir » nous dit Paul. Il trouve pourtant, en 1993, le château Tuyttens sur la commune de Fargues (12 ha à l’époque, maintenant 24 ha) et l’achète. Puis en 1996, ce sera le château Haut Coustey à Barsac (8,5 ha, maintenant 14 ha) , et en 2001 le château de Veyres à Preignac (12 ha). L’ensemble fait à 50 ha : les vignobles Mercadier étaient nés. Philippe a aujourd’hui 70 ans et est toujours actif, bien qu’il ait lâché les rênes à Paul en 2011. Émilie, après ses études de sciences politiques et une expérience de 9 années aux Grands Chais de France, le rejoint en 2012 : il fallait donner de l’élan à la politique commerciale.

Déplacer les curseurs

Émilie se souvient : « il y avait très peu d’export (environ 10%) et beaucoup de vente négoce (90%) ».  L’avantage de la vente au négoce c’est qu’elle vous apporte très vite de la trésorerie en vous achetant des lots avant leur mise en bouteille et aussi de la diffusion. L’inconvénient, c’est le prix, « et le produit n’est pas suffisamment bien valorisé ». Paul et Émilie « isolent alors chaque année un peu de stock pour pouvoir lancer la partie bouteille en vente directe ». Et de se féliciter de la situation actuelle : « aujourd’hui, il y a encore un peu de négoce (20%) et la vente directe organisée par nous mêmes est à 80% ». Sur cette partie des ventes directes, on identifie « 20% sur l’export, 70% en GD (Grande Distribution) mais sur des opérations ciblées uniquement, telles que opérations de promotion très ponctuelles, ou les foires aux vins, ou les opérations de fin d’année. Il n’y a plus d’agent intermédiaire, je travaille en direct avec la GD, ou des clients. Je n’ai pas d’importateurs ».

Pour l’export, « ce sont surtout des acheteurs que je rencontre sur les salons. Ou alors qui nous contactent lors des parutions presse et de nos récompenses aux concours. On fait de petites ventes mais la marge de progression reste importante en ce qui concerne la prospection ».  Etats-Unis, Pays bas, Italie, Suisse sont les pays distribués désormais.

Mais Émilie ne s’arrête pas là et elle souhaite augmenter la visibilité des châteaux qu’elle distribue. « Les réseaux comme Instagram nous font connaître. On y explique le vin de Sauternes et la vie de la propriété, avec notre histoire. C’est beaucoup de travail mais c’est un outil de communication très puissant ». Il faut dire que Émilie a eu le nez creux car il semblerait qu’Instagram soit un outil puissant de diffusion et ait les faveurs des amateurs de vin.

Émilie surprend encore : « il y a aussi la partie digitale comme Le petit ballon avec lequel on travaille depuis un an, et 1 jour un vin. C’est moi qui les ai démarchés. Le coté internet est très puissant et nous apporte une visibilité.

On n’oubliera pas la partie clients particuliers. Avec la e-boutique sur le site internet des vignobles Mercadier.

Emilie regarde le travail accompli. « Beaucoup de choses ont été faites au feeling. Je n’ai pas toujours obéi aux codes. J’étais pleine de doutes parce que je ne faisais pas comme tout le monde ». Mais la sincérité l’aura emporté. Et ce n’est pas fini, l’enthousiasme est intact : « On a plein d’idées, on a des choses à faire ».

Des vins très aromatiques, plus digestes

Quant à Paul, il s’est employé à infléchir la définition des vins. « On a dévié du Sauternes classique, on construit nos vins avec un axe de travail beaucoup plus porté sur l’expression aromatique, la fraicheur, un vin plus digeste, avec une buvabilité plus grande. Mais la buvabilité ne baisse pas le produit . On était autrefois sur des choses très confites avec des vendanges où le grain était desséché. Maintenant on cueille un petit plus tôt tout en conservant un joli botrytis. Le Sauternes est un vin de vendange. La maturation est plus étirée dans le temps que pour les vins rouges ». Paul a une sensibilité qui se ressent dans son vin. Il a mis sa pâte. Il y a, chez Paul, une grande connaissance de son terroir. « Il faut être très souvent dans ses vignes. Je le suis dès le 15 août, pour pouvoir surveiller, réagir, anticiper ». 

Fallait-il identifier ce qu’attend le marché et faire le vin en conséquence pour mieux vendre ? « Je ne fais pas le vin en fonction de ce qu’attend le marché, il y a une identité vignoble Mercadier ». Une identité qui, manifestement, plait. La liqueur est toujours présente (avec en moyenne 130/140 gr de sucre résiduel par litre), mais celle-ci est équilibrée par la fraîcheur portée par une jolie acidité et les arômes sont très expressifs. Et avec un rapport qualité/prix surprenant : souvent en dessous de 20 €. Paul a répondu aux attentes du marché en vérité, par anticipation. C’est le marché qui a suivi. La conséquence d’une sincérité et d’un certain feeling.

Des solutions miracles ?

Alors, y a-t-il une recette miracle pour réussir dans ce territoire difficile qu’est le Sauternais, pas toujours compris ni apprécié à sa juste valeur, et qui a un avenir construit désormais sur d’autres bases ? Certainement pas. Rien d’extraordinaire si ce n’est qu’il fallait bien convoquer quelques ingrédients simples et indispensables à la réussite. Et c’est bien une addition vertueuse de divers composants, choisis avec discernement, qui favorise l’éclosion du succès : des savoir faire sur des secteurs bien ciblés, un peu d’audace, de l’engagement, de la sincérité, un positionnement marché assumé, du courage, et aussi, comme le dit Émilie « la complémentarité dans notre duo, et la confiance que l’on s’accorde ». Beaucoup de viticulteurs se reconnaitront dans ce portrait et c’est tant mieux.

Rien de démonstratif dans le duo Paul-Emilie mais plutôt un sens aigu du travail bien fait, du talent, et un certain esprit d’entreprise, tout cela sans ostentation.

Petit panorama des vins des vignobles Mercadier

Confidences de château Tuyttens 2018, à Fargues. Nez pudique sur la fraicheur et l’élégance. Le nez est sur une signature d’agrumes, avec un bonbon citron acidulé très agréable mais aussi l’ananas frais en milieu de bouche et des touches discrètes d’abricot frais. Un sauternes aérien. Un vin bâti sur une récolte des dernières tries très botrytisées. 16,50 €.

Château Pechon 2018, à Barsac. Nez de verveine citronnée, citron acidulé. Bouche déliée et fluide , distinguée : sucrosité équilibrée là aussi par la fraicheur et une belle acidité. Une jolie longueur, un vin qui s’étire jusqu’à une finale sur le citron acidulé qu’on aura eue en fil conducteur. 80% sémillon, 10% sauvignon, et 10% muscadelle qui participe à la fraîcheur. Un vin tout en cohérence et un modèle d’élégance. 17 €.

Haut Coustet 2018, à Barsac. Sur le territoire de Barsac : graves et sables sur un fond d’argile. Sa couleur pâle contraste avec le feu d’artifice qu’offre le nez : ananas frais, notes mentholée, litchi et rose discrète en arrière plan, expression puissante de fraîcheur. Un vin très aérien. Une bouche nette et bien définie sur un ananas dominant. Un vin précis et là encore, élégant. Et une sucrosité (142 gr sucre/l) qui enrobe le palais et qui est toujours équilibrée par cette fraîcheur si bien que le vin reste digeste. 17 €.

Partarrieu 2017, à Fargues. Nez de menthe poivrée, rose. Bouche pâte de coing et figue sèche. A ouvrir un peu avant pour libérer l’expression aromatique. Idéal pour une consommation au verre en restauration. Vendu à le petit ballon. 15,90 €.

Château de Veyres 2018, à Preignac. Une vigne centenaire qui plonge ses racines profondément pour un vin d’une facture un peu plus classique que ses camarades. Nez complexe sur la rhubarbe, la rose, confiture de coing et figue séchée. Bouche plutôt opulente, sur la poire confite, l’ananas rôti et une finale sur une notre discrète de litchi. Un vin  de repas : sur un homard à l’armoricaine ou huitres grâtinées au poireau et sabayon au Sauternes. 24 €.

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