Trois questions à Frédéric Beau, nouveau directeur de la Cave de Tain

En ce début de vendanges, le conseil d’administration de la cave de Tain (26) a nommé Ludovic Beau directeur général. Ce quinquagénaire, autodidacte du vin, de formation finances et comptabilité, était arrivé en janvier 2010 à la cave comme directeur administratif et financier. Il succède à Xavier Gomart, à ce poste depuis 2011 et qui partira à la retraite d’ici la fin de l’année. Nous avons interviewé Ludovic Beau sur ses premières impressions à ce nouveau poste et ses projets.

Vous arrivez en pleines vendanges. Comment s’annonce le millésime ?
Nous avons commencé les vendanges avant-hier avec une montée en puissance prévue la semaine prochaine. C’est la première fois à ma connaissance que nous allons vendanger raisins blancs et raisins rouges en même temps. Cela n’a pas d’incidence sur la qualité, c’est juste une question d’adaptation et d’optimisation de l’organisation des 90 personnes – équivalents temps plein – en cave à cette période et de la vingtaine en vignes. L’accompagnement technique mis en place depuis plusieurs années permet de rentrer une vendange avec un état sanitaire optimum et d’aider les viticulteurs à se concentrer sur leur production. Mais cette année, nous allons être sur des volumes confidentiels à cause des aléas météo subis.

Quels sont les dossiers qui vous tiennent particulièrement à cœur ?
Depuis dix ans, la cave s’est attachée à renforcer le lien avec les coopérateurs, notamment pour enrayer l’érosion des adhérents et leur redonner la fierté de la culture vigneronne. Nous avons surtout, avec les administrateurs sensibles à ce sujet, travaillé à maintenir et consolider le potentiel de foncier viticole. Il s’agit de limiter l’érosion des surfaces liée aux vignerons en fin d’activité qui n’avaient pas de repreneurs ou qu’il fallait accompagner dans la transmission ou la reprise de leur exploitation. Nous avons donc monté quatre GFV (Groupe Foncier Viticole), notamment le dernier avec le chef drômois Michel Chabran, pour installer de jeunes adhérents hors cadre familial. Nous sommes l’une des rares coopératives en France à avoir mis en place ce dispositif. L’ensemble de ces GFV représente actuellement 23 hectares qui ont été mis à disposition d’une vingtaine de vignerons. Un bon alignement des planètes a fait correspondre des départs en retraite avec l’arrivée d’investisseurs locaux passionnés qui voulaient acheter des vignes, la cave assurant le portage pour au départ un hectare pour un vigneron et le dispositif s’est développé dans le même état d’esprit. Il nous manquait des investisseurs particuliers qui nous ont contactés juste par le bouche à oreille pendant le confinement qui a suscité une envie de retour à la terre. En 18 mois, nous avons levé plus d’un million d’euros. Non seulement nous maintenons ainsi le potentiel, le nombre d’adhérents mais on rajeunit aussi la pyramide des âges.

Quels vont être les sujets à mettre en premier sur la table? Le Développement Durable, l’Œnotourisme?
La démarche RSE a été lancée chez nous dès 2007 dans le cadre des Vignerons Engagés et la démarche environnementale ne cesse de se développer surtout avec des jeunes pour lesquels elle est dans l’ADN. On s’inscrit dans la durée de ce qui a été fait et aussi pour projeter la cave dans le 21e siècle en se basant sur le triangle Terroirs-Hommes-Climat. Nous allons continuer à développer l’œnotourisme avec notre pôle dédié, Terres de Syrah, avec le bénéfice d’être au coeur de la Vallée de la Gastronomie et à travers le nouveau pôle de formation installée dans la villa Caroubes, en face de la cave et dont je revendique la paternité du nom, Terra Rhona. Il servira à développer l’œnotourisme mais pas que. Pour les orientations commerciales – nous sommes aujourd’hui à 80% sur le marché français, 20% à l’export que nous aimerions bien sûr augmenter, nous allons y réfléchir dans les prochains mois.

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[Escapade Alsace] Bestheim : à la rencontre des Chasseurs de lune

Les crémants d’Alsace séduisent toujours plus, aussi bien en France qu’à l’international grâce à leur étonnante diversité, celle des terroirs créée par le grand fossé d’effondrement alsacien, mais aussi de ses élaborateurs aux personnalités bien affirmées. Démonstration en 6 rencontres, pour une Escapade à retrouver en intégralité dans Terre de vins n°73, actuellement kiosque, ou sur notre kiosque digital.

Épisode 3 : Bestheim

À la rencontre des Chasseurs de lune
« Qui chasse la lune, récolte le soleil », telle est la devise de la coopérative Bestheim. Elle rend hommage au surnom des habitants du village de Bennwihr qui l’a vu naître, « les mondfangers », les « chasseurs de lune ». Des hommes effectivement hors du commun qui n’ont pas eu froid aux yeux en 1946, alors que leur village avait été rasé lors des violents combats contre les Allemands enfermés dans la poche de Colmar. Plutôt que de rebâtir chacun de leur côté, les vignerons ont préféré réunir leurs efforts, réussissant le tour de force de construire en 90 jours leur première cave coopérative !
Aujourd’hui, les installations témoignent de toutes les époques avec une première tranche de cuverie en béton habillé de carreaux de verre. « C’est un revêtement qui permet une certaine respiration par rapport à l’inox, il y a plus d’échange et les vins peuvent s’ouvrir plus facilement » confie Jérôme Keller, œnologue. Plus loin, on découvre une cuverie gigantesque en inox, « le plus grand chantier viticole en 2014, certaines ont une capacité de 1 200 hl ! » Une installation high tech qui garantit les meilleures conditions de vinification, notamment grâce à la circulation gravitaire des jus, depuis les pressoirs placés juste au-dessus. Elle évite les opérations de pompage qui génèrent de l’oxydation. L’accès est interdit aux visiteurs, mais un casque de réalité virtuelle permettra bientôt de les parcourir en toute liberté.
La Maison propose une jolie gamme de crémants que l’on peut découvrir dans le cadre d’ateliers de dégustation. Si on veut rester sur les terroirs alentours, le crémant rosé est issu des pinots noirs cultivés sur les sols argileux proches de Bennwhir… « Ce sont des terrains profonds qui gardent bien l’acidité. Les parcelles sont sélectionnées pour l’élaboration de crémant, avec un matériel végétal et une charge adaptés. » Si vous venez en famille, Bestheim propose aussi une course au trésor à travers le vignoble.

68630 Bennwihr
03 89 49 09 29 – Site internet

Épisode 1 : Fritz-Schmitt
Épisode 2 : Bernhard & Reibel

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[PODCAST] Cheval Blanc s’écoute

Le célèbre château Cheval Blanc lance aujourd’hui une série de podcasts en 8 épisodes, invitant les auditeurs à une plongée « en immersion » dans la vie d’un cru d’exception à Saint-Émilion.

« Un autre Cheval » est une série de podcasts en huit épisodes d’une dizaine de minutes chacun, dont la diffusion débute aujourd’hui avec la diffusion des quatre premiers volets. Écrite par la journaliste Camille Juzeau (Les Baladeurs, L’Insomniaque) et réalisée par Samuel Hirsch (Arte Radio), cette série nous plonge « en immersion » dans la vie de la propriété, au fil des saisons, au contact des femmes et des hommes qui font vivre le vignoble et donnent naissance à l’un des vins les plus mythiques de la planète. Un travail documentaire qui s’est étalé de juillet 2020 à juillet 2021, suivant chaque étape de fabrication du vin et abordant les questions relatives à l’évolution du monde viti-vinicole : dérèglement climatique, évolution des modes de culture et de greffe ou encore préservation de la biodiversité.

« Faire ressentir plutôt que montrer »

« On est tous fans de podcast dans l’équipe. L’audio nous semblait la meilleure façon de faire ressentir la réalité du domaine, avec le moins de filtre possible, de l’ambiance des vendanges à l’atmosphère si spécifique du Chai. Ça permettait aussi de raconter les choses sur le temps long, on a toujours essayé d’expliquer notre démarche en invitant les gens au domaine. Avec le podcast, on peut en inviter quelques-uns en plus ! », explique Pierre-Olivier Clouet, Directeur technique du château Cheval Blanc.

Cette série permet aussi de se frotter à la réalité quotidienne du vignoble derrière le mythe. « Il y a le Château Cheval Blanc qu’on croit connaître », précisent les auteurs. « Saint-Émilion, le Bordelais, son histoire prestigieuse, ses grandes Maisons, ses vins de collectionneurs. Et il y a le Château Cheval Blanc qu’on rencontre : un collectif enthousiaste et engagé qui sait que les choix d’aujourd’hui se joueront demain dans les verres et dans la terre ».

Une série pleine d’élégance, de douceur, de poésie, de données concrètes aussi, entre agriculture et haute-couture, envolées lyriques et considérations très terre-à-terre, le tout rythmé par les témoignages des actrices et des acteurs de ce vignoble unique. Immersif et passionnant.

A écouter sur https://shows.acast.com/un-autre-cheval
Mais aussi sur : Apple – Spotify – Deezer

Écouter le premier épisode :

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