Château Lafon-Rochet : les dessous d’une transaction

Ce fut la surprise de la rentrée, l’étrange surprise d’apprendre que la famille Tesseron – le propriétaire Michel et son fils Basile – se sépare du Grand Cru Classé 1855 de Saint-Estèphe. Retour sur les dessous d’une transaction de premier plan.

Le célèbre château jaune et sa quarantaine d’hectares, jadis acheté par Guy Tesseron au début des années 1960, est cédé à la famille Lorenzetti, déjà propriétaire des Châteaux Lilian Ladouys à Saint-Estèphe, du Grand Cru Classé 1855 à Pauillac Château Pédesclaux, et d’un autre Grand Cru Classé 1855 cette fois à Margaux, le Château d’Issan (en copropriété avec Emmanuel Cruse). « C’est ainsi, quand on n’a pas d’autres choix que de vendre, la problématique est simple, on a un actionnaire minoritaire qui souhaite vendre ses parts mais ses parts sont trop conséquentes pour que l’on puisse les racheter, on n’a pas les moyens de nos ambitions », explique Basile Tesseron qui n’a pas de parts mais qui est le gérant du domaine.

L’actionnaire minoritaire est la sœur de Michel Tesseron, Caroline Poniatowski. La succession entre Guy Tesseron s’était opérée en 1999 et, une vingtaine d’années plus tard, force est de constater que l’indivision est consommée. « Il était impossible de s’entendre, on ne peut empêcher quelqu’un de vendre », soupire Basile Tesseron avant d’ajouter : « Des bruits circulent sur une mésentente entre mon père et moi, je veux préciser qu’on s’entend très bien, ça se passe très bien, on a des projets ensemble ». Par ailleurs, Basile Tesseron entend se concentrer sur le Château Larrivaux, la propriété médocaine de son épouse Bérangère

3 millions d’euros l’hectare

Concernant le montant de la transaction, le prix qui circule avoisine autour de 3 millions d’euros l’hectare. « Il y a 42 hectares, précise Emmanuel Cruse, directeur général des propriétés de la famille Lorenzetti, nous ne sommes pas dans des prix qu’on a pu voir à Saint-Emilion, comme 7 ou 8 millions d’euros l’hectare, nous sommes tenus au secret, les choses énoncées dans la presse ici ou là approchent de la vérité, ce que je peux dire est que c’est un prix que Lorenzetti a trouvé convenable à mettre sur la table ». Pour le moment, Basile Tesseron et son père restent en place pour vendanger et vinifier le millésime 2021. La passation va se faire à partir du début du mois de novembre. « Toute l’équipe reste ici, elle est soudée, c’est Emmanuel Cruse qui reprendra les rênes », précise Basile. « Je connais bien la famille Tesseron, note Emmanuel Cruse, je comprends le déchirement, si on veut raisonner le plus froidement possible, on peut juste se féliciter que le Château Lafon Rochet reste au sein d’une famille, que ça ne parte pas dans un groupe étranger ou chez un institutionnel ».

Compte-tenu de sa présence affirmée dans le Médoc, Jacky Lorenzetti n’a pas été insensible à la vente de ce cru. Le dossier est passé par une banque d’affaires chargée de gérer cette vente par la famille Tesseron. De fait, la famille Lorenzetti a été approchée. « Car il est à l’écoute de tous les dossiers, souligne Emmanuel Cruse, pas seulement bordelais, il a envie de développer un vrai pôle viticole, il peut être amené à regarder des dossiers dans d’autres régions françaises et même à l’étranger. Jacky Lorenzetti entre dans le cercle très fermé des propriétaires de plus de 100 hectares en Grand Cru Classé 1855, ça commence à peser dans la balance ».

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Bordeaux ouvre les horizons des grands vins internationaux

Californie, Toscane, Argentine, Australie… De plus en plus de grands vins du monde ont recours à l’expertise de la Place de Bordeaux pour doper leur commercialisation mondiale. La campagne de nouvelles mises en marché, qui bat actuellement son plein, confirme cette tendance forte.

Chaque année au printemps, la campagne des Primeurs est le rendez-vous traditionnel durant lequel la « Place de Bordeaux » (réunissant l’ensemble des maisons de négoce et des courtiers qui ont façonné historiquement la force de frappe du commerce du vin bordelais) fait montre de son savoir-faire lorsqu’il s’agit de faire rayonner les grands crus girondins aux quatre coins de la planète. Depuis quelques années, un nouveau temps fort est en train de se dessiner, cette fois en septembre – et il est actuellement en train de battre son plein. Il s’agit de la campagne de mise en marché des grands vins étrangers qui dévoilent leur millésime « livrable » aux amateurs du monde entier en passant par le négoce bordelais. Une tendance de fond, qui a commencé il y a quelques années lorsque quelques marques de prestige (stars californiennes ou « super toscans ») ont mis le pied dans la porte, mais qui connaît un impressionnant coup d’accélérateur depuis deux ans. De plus en plus de grands domaines internationaux, des deux hémisphères, veulent bénéficier de cette extraordinaire rampe de lancement que constitue la Place de Bordeaux ; et de plus en plus de maisons de négoce veulent s’inviter à la fête.

« Un vrai rendez-vous »

Il y a quelques jours, le géant australien Penfolds annonçait le lancement sur la Place de Bordeaux du millésime 2018 de sa cuvée Bin 169 Coonawarra Cabernet Sauvignon, « rejoignant ainsi les icônes du vin français, italien et californien ». « En ayant recours à ce mode distribution, le Bin 169 aura accès à un plus grand nombre d’amateurs et de collectionneurs dans le monde », expliquait alors Tom King, directeur général de Penfolds, listant même les six maisons de négoce autorisées à distribuer son vin, parmi lesquelles les géants CVBG, Duclot et Joanne. Ces derniers ne découvrent pas l’exercice, à l’image de Duclot, qui a constitué une collection de « grands vins iconiques » du monde entier. Quant à la maison Joanne, elle est allée encore plus loin en créant, début 2021, une branche entièrement dédiée aux grands vins étrangers et « hors Bordeaux », Joanne Rare Wines. Son directeur général, Jean-Quentin Prats, détaille : « jusqu’à tout récemment, ces séquences de mises en marché des vins étrangers étaient ponctuelles, désormais elles constituent un vrai rendez-vous ; depuis deux ans, on peut réellement parler de campagne, qui ressemble de plus en plus à l’ambiance des primeurs, mais rodée et adaptée aux vins du monde ». Depuis le début du mois de septembre et pour environ trois semaines, c’est une vraie campagne commerciale qui se met en place chez les négociants bordelais et chez les distributeurs, avec un portefeuille qui ne cesse de s’étoffer. « Cette année seulement, une dizaine de nouvelles références ont fait leur entrée sur la Place », précise Jean-Quentin Prats.

Pour accompagner cette montée en puissance, Joanne Rare Wines a organisé deux événements professionnels : une dégustation au mois de juillet pour les journalistes (voir plus bas), et, à la fin du mois d’août, une autre session pour les clients de la maison, afin de leur faire découvrir le portefeuille de grands vins du monde avant les mises en marché.

Gagnant-gagnant

En s’appuyant sur l’expertise de la Place de Bordeaux, ces grands domaines internationaux, qu’ils soient italiens, californiens, australiens ou autre, s’ouvrent des horizons commerciaux inédits. « Ces domaines viennent d’abord trouver un réseau de distribution », poursuit Jean-Quentin Prats, « puisque le négoce bordelais a cette capacité de toucher l’ensemble des marchés de la planète, mais avec une multitude de distributeurs. Pour la maison Joanne, on recensait en 2020 un millier de clients actifs dans le monde, don 300 en Chine continentale. Si l’on met bout à bout l’ensemble des maisons de la Place de Bordeaux, cela ouvre à un cru qui arrive sur la Place un éventail de plus de 10 000 distributeurs professionnels dans le monde. Cela signifie plus de visibilité, plus de rareté, plus de désirabilité, une crédibilité renforcée en se plaçant parmi les plus grands vins du monde, et bien sûr une facilité logistique considérable, sans équipe commerciale en interne ».

Pour la Place de Bordeaux, le fait d’ouvrir grand ses portes à ces prestigieuses marques internationales est d’abord une façon de consolider son statut de « lieu de référence » pour les grands vins du monde entier (pas seulement de Gironde), en améliorant constamment sa qualité de service et sa relation à ses clients. C’est aussi une piste de diversification inestimable. Mais n’est-ce pas ouvrir la voie à une concurrence redoutable pour les grands crus bordelais, au sein de leur propre fief ? « C’est l’inverse qui se produit », modère Jean-Quentin Prats. « Auparavant, nos clients ‘regardaient ailleurs’ à certaines périodes, en raison de l’activité d’autres vignobles. Par exemple les sorties des vins de Brunello di Montalcino en janvier… Désormais les clients s’adressent à nous tout au long de l’année. Cela nous permet aussi d’avoir accès à des distributeurs spécialisés dans différentes régions du monde, et donc de toucher de nouveaux grands amateurs. Et ceux-ci deviennent potentiellement de nouveaux clients pour les vins de Bordeaux ». C’est un modèle gagnant-gagnant, en quelque sorte.

« The Place to Be »

À ce jour, Joanne Rare Wines compte une soixantaine d’étiquettes, faisant la part belle pour l’instant à la Napa Valley et à la Toscane. Mais d’autres régions montent en puissance : Chili, Argentine, Australie (voir plus haut), Piémont pour l’Italie… Cette année, un premier vin espagnol a fait son entrée : Yjar, grand rioja de Telmo Rodriguez. Tout comme un pinot noir de l’Oregon, le domaine Beaux-Frères, et un Brunello di Montalcino, Poggio Antico. D’autres grandes régions françaises sont également représentées, comme la Vallée du Rhône avec Beaucastel, et tout récemment la Champagne avec le célèbre Clos des Goisses 2012 de Philipponnat, premier champagne à faire sa mise en marché via la Place de Bordeaux. Au-delà des objectifs chiffrés, l’ambition de Joanne Rare Wines est de « devenir une société de référence, pour fournir à nos clients des domaines d’exception issus de toutes les régions du monde », souligne Jean-Quentin Prats. Avec la sortie en fanfare de marques historiques comme Opus One, Masseto, Almaviva ou Solaia, les derniers jours l’ont bien confirmé : la Place de Bordeaux est bien « The Place to Be » pour les grands vins du monde.

Dégustation

Les superbes réussites

Promontory 2015
Napa Valley, Californie, États-Unis
460 € HT

« L’autre » propriété de Bill Harlan, l’homme du légendaire Harlan Estate. Ce vignoble confidentiel de 12 hectares est conduit par son fils, Will Harlan. Un 100% cabernet sauvignon « d’altitude », déployant un nez insensé de fraîcheur et de finesse, mentholé, teinté de cèdre, de pierre chaude et d’herbes aromatiques. La minutie apportée dans la naissance de ce vin (54 passages pour les vendanges) se retrouve dans sa matière haute couture, suspendue, ciselée, dont le toucher de bouche ultra soyeux est énergisé par une superbe tension. La finale se déroule à l’infini. Grandiose.

Wynns Coonawara Estate – John Riddoch 2018
Coonawara, Australie
65 € HT (prix 2016)

Un 100% cabernet sauvignon sanguin, irrigué d’une sève réglissée, juteuse et tonique. Un vin qui s’étire en élégance et en finesse, sur la longueur, les épices et une pointe de salinité. Très racé.

Seña 2019
Valle de Aconcagua, Chili
80 € HT (prix 2018)

Pour son 25ème millésime, ce vignoble chilien initié comme une joint-venture par Eduardo Chadwick et Robert Mondavi, et désormais détenu intégralement par la famille Chadwick. Les 42 hectares sont conduits en biodynamie. Nez d’une grande fraîcheur et d’une grâce aérienne, marquée par l’eucalyptus, une vibration énergique et saignante. La bouche est sapide, tendue, magnifiquement articulée autour d’un fruit pulpeux et frais. Remarquable. Assemblage 60% Cabernet Sauvignon 21% Malbec 15% Carmenere 4% Petit Verdot.

Les grandes réussites

Inglenook Rubicon 2018
Napa Valley, Californie, Etats-Unis
110 € HT (prix 2017)

L’un des fleurons du vignoble de Francis Ford Coppola réussit à la fois d’être très californien dans son style opulent, sexy, presque show-off, et très européen dans sa distinction, sa maîtrise, sa précision. On note tout d’abord des arômes de chocolat noir et de menthe, presque « after eight ». a bouche est dense, épicée, finement cacaotée, toujours rehaussée par cette fraîcheur mentholée qui la propulse. L’élevage en barrique de chêne français (75% bois neuf) est très bien intégré. Beaucoup de subtilité et de plénitude. Assemblage 88% cabernet sauvignon 8% merlot 3% cabernet franc 1% petit verdot.

Siepi 2019 – Castello di Fonterutoli
Toscana IGT, Italie
52 € HT (prix 2018)

Un mariage 50% sangiovese 50% merlot pour ce vin de la famille Mazzei, au nez délicatement fumé, profond, doté d’une jolie patine et d’un élevage soigné, signé par un toasté discret. Bel équilibre entre fruit noir juteux et touche acidulée. La bouche est digeste, tonique, d’une belle allure sous la fermeté des tannins. Un vin authentique, subtil et plein, qui se déroule avec grâce, ponctué par une finale joliment lardée.

Cloudburst Cabernet Sauvignon 2018
Margaret River, Australie
Prix NC

Un vignoble de poche de 1,25 hectare, conduit avec amour – et en biodynamie – par Will Berliner. Ce Cabernet Sauvignon pimenté de 3% de Malbec est remarquable. Violette, cassis, réglisse, eucalyptus, c’est un festival aromatique qui se dévoile au nez, concrétisé par la bouche, explosive de saveur et de sensualité, veloutée, précise, élancée. C’est un bijou en quantité limitée (moins de 3000 bouteilles).

Les réussites

Joseph Phelps Vineyards – Insignia 2018
Napa Valley, Californie, Etats-Unis
144 € HT (prix 2017)

Bel équilibre entre une grande concentration et une certaine fraîcheur, des notes anisées qui viennent soutenir un fruit noir dense, intense, capiteux et fumé. L’élevage long, 24 mois, est parfaitement intégré. La bouche est pleine, riche, combinant le mentholé et le torréfié, des tannins finement granuleux, des touches de tabac brun, de noisette grillée et de viande séchée.

Jim Barry Wines – The Armagh Shiraz 2017
Clare Valley, Australie
145 € HT (peix 2016)

Issu d’une propriété de 3,3 hectares appartenant à la famille Barry, ce 100% Shiraz séduit par sa concentration empyreumatique où affleurent des notes d’herbes médicinales, mais aussi de thym, de tilleul, sous le cassis bien mûr. De la gourmandise, de la maturité, mais aussi de la finesse, de la délicatesse, de la race et de la complexité. La texture du vin est bien ciselée, sa trame tonique et sanguine.

Petrolo – Boggina C Riserva 2019
Val d’Arno di Sopra DOC
Prix NC

Ce 100% sangiovese, issu d’un vignoble de 5 hectares dans le Val d’Arno (Toscane) appartenant à Luca Sanjust et conseillé en partie par le célèbre œnologue Carlo Ferrini, présente beaucoup de distinction, une palette florale agrémentée d’une touche de cerise à l’eau de vie. C’est juteux, croquant, fin, très bon tout simplement ! Le vin s’étire jusqu’à une finale très rafraîchissante.

Yjar 2017
Divisa Nuestra Señora de Los Angeles de Toloño
Rioja Alavesa, Espagne
Prix NC

Fraîchement arrivé sur la Place de Bordeaux, Yjar est une pépite signée Telmo Rodriguez, l’une des stars de la viticulture espagnole. Ce dernier a isolé des parcelles dans la Rioja, sur terroirs calcaires, pour produire ce vin d’une grande profondeur et intensité, un vin sculpté, plein d’ampleur et de longueur. Grande complexité de la palette aromatique, texture enveloppante, tannins superbement brossés, beaucoup d’allonge. C’est un vin qui ne se donne pas mais qu’il faut aller chercher. Promis à une grande garde. Assemblage de tempranillo, graciano, grenache, mazuelo, granegro et grenache blanc.

Nous avons aussi aimé :
En Italie,
Caiarossa 2018, Ornellaia 2018, Solaia 2018, Poggio Antico 2016, « Concerto » 2019 de Castello di Fonterutoli, Orma 2019, « Colore » 2019 de Bibi Graetz, et le Brunello di Montalcino 2019 de Podere Giodo. Aux Etats-Unis, Maya 2018 de Dalle Valle Vineyards (Napa Valley). En Argentine, Nicolas Catena Zapata 2018 (Mendoza).

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Première saison œnotouristique au château de la Chaize

Après trois ans de restauration et de travaux pharaoniques, le château de la Chaize ouvre enfin ses portes au grand public. Avec une offre simple : une visite des lieux accompagnée d’une dégustation de cuvées du domaine, permettant de prendre la mesure de l’ampleur de la restauration et de la qualité des terroirs.

Château construit au XVIIème siècle selon les plans de Jules Hardouin-Mansart (l’un des architectes du château de Versailles), il fut un domaine viticole dès le début, disposant de 150 hectares de vignes. Devenu propriété de Christophe Gruy (PDG du groupe Maïa) qui s’est engagé à en faire le navire amiral du vignoble, il a été l’objet de nombreux travaux très ambitieux, à commencer par la restauration du chai classé monument historique, connu pour son extraordinaire longueur : 108 mètres.
En plus de la restauration patrimoniale, Christophe Gruy a mis le château sur les rails d’une transition écologique d’envergure, autour de plusieurs axes, comme la conversion de l’ensemble des vignes en agriculture biologique, l’autonomie en énergie électrique et thermique dans les bâtiments de production, l’utilisation d’engins viticoles et de véhicules électriques ou à hydrogène, la valorisation de chaque sous-produit de l’activité vini-viticole et enfin l’objectif de neutralité carbone.

Une découverte du chai et une dégustation commentée

Exigence, précision, qualité : voilà les maîtres-mots qui qualifient l’ensemble des actions entreprises. Christophe Gruy a acquis le château pour son potentiel mais surtout parce qu’à l’origine, il s’agit d’un domaine viticole aux terroirs de qualité. C’est cette identité profonde qui dicte l’offre œnotouristique mise en place : avant de venir voir le château, on visite un domaine. Pas question donc, selon Nicolas Mielly, directeur commercial du château, de transformer le domaine en « Disneyland du vin », mais l’ambition simple d’ouvrir les portes aux visiteurs venus de toute part, à commencer par les locaux, qu’ils soient connaisseurs de vin ou non, qui souhaitent découvrir autant les cuvées que l’histoire viticole du château.

L’offre consiste donc en une visite du chai historique datant de 1771, entièrement restauré mais dont l’origine a été conservée et magnifiée, et une dégustation commentée par Charles-Aymeric Palard (ancien caviste chez Antic Wine à Lyon) des cuvées emblématiques du domaine, ainsi qu’un éclairage sur les engagements environnementaux. Les hôtes auront la possibilité de profiter librement des extérieurs du château, avant de pouvoir apprécier l’intérieur dès 2026, lorsque sa restauration sera achevée. L’offre s’étoffera au fil du temps, avec la possibilité de visites et dégustations travaillées sur mesure en fonction des attentes et des envies des visiteurs.

Château de La Chaize
Route de La Chaize, 69460 Odenas
06 13 07 92 76

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Winespace déploie son conseiller digital en grandes surfaces

Depuis l’an dernier, plusieurs enseignes Intermarché de la région bordelaise utilisent dans leur rayon vin monconseillervin.com. Cette web-application développée par la start-up Winespace entend guider les consommateurs dans leurs achats, et aider les vendeurs à mieux piloter leur offre

Qui ne s’est jamais retrouvé songeur devant un rayon vin de grande surface, un peu perdu face à l’immensité de l’offre se déployant sous ses yeux ? C’est à la fois pour aiguiller le client et soutenir le vendeur que la start-up bordelaise Winespace, créée en 2018 par les deux ingénieurs agronomes Sylvain Thibaud et Julien Laithier, a développé un conseiller digital. Gratuite, sans téléchargement préalable, ni renseignement d’e-mail ou inscription, cette web-application est accessible directement en ligne depuis un smartphone sur monconseillervin.com ou en flashant un QR code en magasin. Basée sur la technologie d’algorithmes WIA, elle permet au client de trouver son flacon idéal grâce à une série de questions successives, puis d’aller l’acheter dans l’une des enseignes équipées de ce dispositif. Déjà testée fin 2020 dans les magasins Intermarché de Talence et Yvrac (33), cette solution a été adoptée par ces deux enseignes. Depuis le printemps 2021, ces pionniers ont été rejoints par les Intermarché Lanton et La Teste de Buch Cap Océan (Bassin d’Arcachon), avec qui un travail spécifique a aussi été mené pour décliner la web-application lors des foires aux vins, du 7 au 26 septembre.

Un assistant dans l’achat

Après avoir dans un premier temps travaillé sur la création d’un site de vente en ligne direct producteur, Sylvain Thibaud et Julien Laithier ont peu à peu réorienté leur projet initial, toujours guidés par l’envie de « rendre l’univers du vin plus accessible, pour aider le consommateur à s’émanciper. » Rejoints il y a un an par l’ingénieur Antoine Gérard, docteur en mathématiques appliquées, ils développent une technologie d’algorithmes vouée à reproduire au plus près les conseils prodigués par un caviste ou un sommelier. « Avec du contenu marketing, des algorithmes traditionnels ou de l’intelligence artificielle, nous avons essayé de reproduire les questions que le caviste pose pour cerner le client et ses attentes, avant de chercher les vins en boutique, puis de conter l’histoire de chaque cuvée », détaille Sylvain Thibaud. Pour la partie accords mets-vin, c’est de l’expertise d’un sommelier que se sont inspirés les associés, « l’intelligence artificielle comprenant, à partir d’un intitulé de plat, les ingrédients, le mode de préparation et proposant le style de vin à y associer. »
Après cette analyse, le client se voit proposer une sélection idéale de vins parmi la gamme disponible en magasin. Chaque cuvée est accompagnée de contenus sur le vin et le producteur (photos, histoire du domaine et de la cuvée, cépages…), ainsi que de conseils de dégustation (température de service, suggestions d’accords mets-vins…). Lorsque le client a fait son choix, le conseiller digital lui fournit également les informations nécessaires pour trouver la bouteille en rayon. Une technologie à utiliser aussi bien en amont pour préparer au mieux sa visite, que pour la prolonger en aval, en se lançant par exemple en quête d’autres vins apparentés à celui découvert.

Outil d’aide à la vente

Grâce à la digitalisation, cette application est une précieuse alliée de gestion de gamme et de vente pour les professionnels de grande surface. Chaque magasin dispose de son QR code dédié, renvoyant vers son rayon vin entièrement numérisé par les équipes de Winespace. « La solution se pilote simplement depuis un ordinateur ou un smartphone, assure Sylvain Thibaud. Il est ainsi possible en quelques clics d’ajouter ou retirer un vin, donner plus de visibilité à une référence, par exemple les champagnes pour les Fêtes, les rosés pour l’été, de communiquer sur les soirées et événements, et même de permettre aux clients de s’y inscrire directement via l’application ». Le chef de rayon dispose par ailleurs de collerettes pour donner de la visibilité en rayon aux sélections qu’il souhaite mettre en avant et faire le lien avec l’application. En collaboration avec chaque magasin, des supports (PLV, flyers, stickers…) sont aussi imaginés pour matérialiser l’utilisation de ce service par le point de vente.
Autre avantage, monconseillervin.com enregistre anonymement l’ensemble des recherches des clients de chaque magasin, permettant ainsi au vendeur d’adapter au plus près sa gamme et de minimiser les invendus.

Et aussi, en incubation

Outre monconseillervin.com, l’équipe Recherche et Développement de Winespace travaille depuis un an à la création d’une intelligence artificielle capable d’exploiter les commentaires de dégustation rédigés par les critiques vin. « Cette très riche matière première est encore mal utilisée, alors que c’est pourtant une fabuleuse mine d’informations pour connaître le goût d’un maximum de vins », constate Sylvain Thibaud. Pour parvenir à un traducteur digital apte à lire les commentaires, en extraire des concepts qualificatifs afin de créer des profils aromatiques du goût du vin, puis les numériser, Winespace a travaillé en collaboration avec l’équipe de recherche Almanach de l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (INRIA) de Paris, spécialisée dans le Traitement Automatique de la langue. « Cette technologie permettra de digitaliser un grand nombre de commentaires pour procéder à des analyses, moyennes, statistiques et tendances au niveau régional, des appellations, entre les millésimes, les cépages, explique l’ingénieur. A travers l’analyse de l’évolution des arômes, il sera par exemple possible de comparer les durées de garde et connaître le bon moment dégustation, pour toujours mieux conseiller le consommateur. »

L’arrivée des premières fonctionnalités issues de cette technologie est planifiée pour fin 2021, avec une intégration dans l’application au fur et à mesure de son développement. De nouvelles possibilités seront ainsi ouvertes aux consommateurs (informations précise sur le goût du vin, encyclopédie du goût moyen d’une appellation, d’un cépage, recherche de vin par « goût similaire ») et aux vendeurs (aide au sourcing produit, analyse de gamme d’un point de vue gustatif…). Une déclinaison de cet outil est également prévue pour la bière et les spiritueux, deux créneaux en plein boom en grandes surfaces.

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