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[Escapade Alsace] Fritz-Schmitt : la double vocation du Pinot noir d’Ottrott

Les crémants d’Alsace séduisent toujours plus, aussi bien en France qu’à l’international grâce à leur étonnante diversité, celle des terroirs créée par le grand fossé d’effondrement alsacien, mais aussi de ses élaborateurs aux personnalités bien affirmées. Démonstration en 6 rencontres, pour une Escapade à retrouver en intégralité dans Terre de vins n°73, actuellement kiosque, ou sur notre kiosque digital.
Épisode 1 : Fritz-Schmitt
La double vocation du Pinot noir d’Ottrott
Dans le petit village d’Ottrott, à l’ombre du mont Sainte-Odile, on produit un vin rouge qui bénéficie depuis 2011 d’une dénomination géographique au sein de l’appellation. Le pinot noir cultivé ici depuis le XIIe siècle sur des sols riches en fer donne au vin des caractéristiques particulières avec des arômes de fraise et de cerise griotte relevés de notes poivrées très séduisantes. Ils ont fait la réputation du domaine Fritz-Schmitt. La famille est vigneronne depuis cinq générations. Au lendemain de la guerre, l’exploitation ne comptait que cinq hectares et servait surtout à approvisionner le restaurant tenu par la mère de Catherine Schmitt, l’Ami Fritz, une table qui fait toujours partie des incontournables à Ottrott.
Avec son mari Bernard, Catherine a développé le domaine qui compte aujourd’hui 18 hectares et devrait bientôt bénéficier de la certification bio. La diversité des cuvées (27 au total !) est incroyable. On retiendra le muscat sec, « l’allier ultime de l’asperge blanche », ou le sylvaner issu de vieilles vignes. Bien travaillé en évitant la surcharge, il donne une expression florale éloignée de l’image de vin de café dilué qu’il avait jadis. Une large partie des sylvaners a cependant été remplacée dans la plaine par du chardonnay destiné à être assemblé avec le pinot noir pour élaborer du crémant. La fille de Bernard et Catherine, Justine, sommelière de formation, a rejoint l’exploitation avec son frère Antoine. Elle nous en donne une belle description : « Au nez, le pinot noir ressort de manière discrète sur les fruits rouges, en bouche on a le gras du chardonnay qui va apporter un peu de mâche, mais en finale on a vraiment une fluidité et une fraîcheur qui confère à ce crémant beaucoup d’élégance. » Outre les ateliers dégustation, la maison a développé une offre « Vigneron d’un jour » qui propose aux visiteurs l’espace d’une journée de participer aux tâches viticoles de la saison.
67530 Ottrott
03 88 95 98 06 – Site internet
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Le premier logiciel cr?? par un vigneron pour les vignerons
« Mon fils a mal tourn?, s’amuse Philippe Carretero, proprit?taire du ch?teau Rioublanc, dans le bordela
2012 ou le tiercé gagnant de la Maison Joseph Perrier

« Année en un, année de rien » dit-on en Champagne. Les vendanges 2021 qui s’annoncent compliquées semblent le confirmer. Les années en deux, au contraire, sont souvent de belles réussites : 1982, 2002 et surtout 2012 figurent parmi les vins les plus recherchés. La qualité des trois cuvées millésimées 2012 que présente la Maison Joseph Perrier en témoigne et nous redonne espoir : peut-être sommes-nous à la veille d’un très grand 2022 !
Joseph Perrier fait sa rentrée en fanfare avec la sortie de trois cuvées millésimées 2012 : la Côte à Bras, la Cuvée Royale, et la Cuvée Joséphine. Un joli trio qui donne autant d’interprétations différentes de ce millésime de légende en Champagne (le meilleur de ces trente dernières années avec 2008).
Rappelez-vous : l’année n’avait pas très bien commencé. Le mois de mars avait été doux, favorisant un débourrement précoce, ce qui avait rendu les gelées survenues en avril particulièrement meurtrières. La floraison elle-même s’était déroulée avec des températures très fraîches et une faible insolation. D’avril à Juillet des pluies diluviennes s’étaient abattues sur la Champagne favorisant le développement des maladies cryptogamiques. Comme cette année, on avait atteint des records avec près de 60% d’excédent pluviométrique par rapport à la normale. Elles s’étaient heureusement interrompues plus tôt qu’en 2021, laissant place à un été chaud et très sec (le plus faible bilan hydrique depuis 1994 !) Les vendanges qui ont eu lieu dans la deuxième quinzaine de septembre ont vu le retour de la pluie, gonflant un peu une récolte qui restera cependant faible en volume (9000 k/ha). Cette charge limitée et ce bel été ont donné aux raisins une très belle maturité.
Le millésime 2012 sur la Côte à Bras (70€) a quelque chose de flamboyant. Le lieu-dit se situe dans la vallée de la Marne, au-dessus de Cumières. Un village qui tient une place particulière dans l’histoire de la Maison. L’arrière-arrière-grand-père de Benjamin Fourmon, son directeur général, était vigneron sur ce cru avant de racheter le champagne Joseph Perrier. Depuis, il y a toujours au moins une goutte de Cumières dans chacune des cuvées de la marque.
La parcelle plantée en pinots noirs qui se trouve à mi-coteau, avec un sol d’à peine 30 centimètres d’épaisseur, bénéficie d’une exposition plein sud. Le court noué très présent il y a dix ans sur les vignes (elles ont depuis été pour partie replantées), en réduisant la charge, a favorisé la maturation et la concentration, rendant le dosage tout à fait inutile. Cultivée comme un jardin, avec des méthodes qui se rapprochent de la viticulture biologique, le chef de vignes a enherbé un rang sur deux et labouré dans les interceps contraignant les racines à descendre dans les profondeurs de la craie. « L’équilibre est parfait, c’est franc, droit mais cela reste gourmand, fruité. L’expression des pinots noirs est différente de celle que l’on retrouve sur la montagne de Reims. Ils ont ici moins de corpulence, moins de puissance. Le vin a en revanche une grande minéralité, il est un peu iodé, ce qui est typique de la parcelle, avec cette finale un peu saline et sur les agrumes » commente Nathalie Laplaige, la cheffe de caves.
Ces pinots noirs qui chardonnisent un peu sont en effet surprenants. On n’a pas l’habitude sur ce versant d’en trouver avec une telle minéralité, sans doute parce que les dosages en sucre habituels ont tendance à pousser le fruit. « C’est une cuvée sur laquelle il n’y a pas trop d’entre deux, soit on adore, soit on déteste. On s’éloigne en effet du champagne tel qu’il est dans l’imaginaire des gens, surtout lorsqu’on parle d’un 100% pinot noir » confie Benjamin Fourmon. Les amers tout en délicatesse posent une jolie structure, le nez et la bouche sont un peu miellés, les notes de fruit rouge typiques du cépage sont présentes sans être trop appuyées.
La Cuvée Royale 2012 (58€) succède au millésime 2008. Exceptionnellement, elle exclut le meunier et se compose uniquement de pinot noir et de chardonnay. Cet assemblage lui donne peut-être moins de charme mais davantage de finesse et d’élégance. Si le dosage est supérieur à celui de la Côte à Bras (3g), le vin semble curieusement plus léger. Le champagne est aussi plus vif avec une fraîcheur citronnée extraordinaire. En accord, le poisson sonne comme une évidence. On ne retrouve pas les amers et malgré l’âge on observe très peu d’évolution vers les notes tertiaires, seulement quelques arômes de pain d’épice et d’abricots secs, mais rien d’exubérant. C’est le début prometteur d’une longue carrière.
La cuvée Joséphine (135€) (photo d’ouverture) se distingue quant à elle par sa complexité. Elle repose sur trois jolis crus : Ambonnay au sud de la Montagne, Bergères-les-Vertus au sud de la Côte des blancs et comme toujours, une pointe de Cumières. Il faut la laisser s’aérer et la déguster lentement, pour profiter pleinement des différences très nettes que l’on peut trouver entre la première, la deuxième et même la troisième bouche. On part sur l’amande, les fleurs blanches, avant de déboucher sur des arômes plus puissants et épicés comme la cannelle, le pruneau… « Je pense qu’on a opéré un choix particulier des parcelles de pinots, avec une maturité plus avancée, ce sont vraiment des pinots qui pinotent ! » explique Nathalie Laplaige. Côté flacon, comment ne pas succomber au charme un peu suranné de la bouteille sérigraphiée et décorée à l’or fin ? Il renvoie au raffinement d’un XIXe siècle souvent plus créatif en termes d’habillage que les maisons contemporaines qui veulent faire du luxe un lieu tristement épuré.
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“Un singe en hiver” : quand Belmondo célébrait le vin

Légende du cinéma français, Jean-Paul Belmondo vient de s’éteindre à 88 ans. C’est un acteur hors normes qui disparaît, dont la popularité touchait toutes les générations et dépassait les frontières. « Bebel » laisse derrière lui l’image d’un certain panache à la française.
Icône de la Nouvelle Vague, héros d’action, séducteur, clown, enfant gâté, Magnifique, Professionnel, Guignolo, As des as, Flic ou voyou… Pendant près de sept décennies, Jean-Paul Belmondo a incarné une certaine idée du cinéma français. Une star, une vraie, un « monstre sacré » dont le seul nom suffisait à attirer les foules, dans les salles de cinéma ou devant leur petit écran, pour le film du dimanche soir. Celui qui a été révélé par Godard et a tourné avec les plus grands (Verneuil, Melville, Sautet, De Broca, Truffaut, Chabrol, Resnais, Lelouch, Oury…) vient de tirer sa révérence à l’âge de 88 ans. Frappé par un accident cérébral en août 2001, il s’était presque intégralement retiré des plateaux de tournage, et ses apparitions publiques se faisaient de plus en plus rares ces derniers temps.
Il laisse derrière lui une filmographie foisonnante, des rôles emblématiques, et des souvenirs nostalgiques en pagaille à tous les amoureux de cinéma qui ont vibré devant ses personnages, des plus graves aux plus cabotins. D’origine italienne par son père, Belmondo incarnait une certaine France, pleine de panache, de charme, de désinvolture et d’humour. Cette France qui le pleure aujourd’hui, elle était merveilleusement encapsulée dans « Un singe en hiver », réalisé par Henri Verneuil en 1982. Tirée d’un roman d’Antoine Blondin, elle mettait en scène Belmondo et Gabin dans un duo d’anthologie, deux compères sévèrement portés sur la bouteille, qui « n’avaient pas le vin petit » ni « la cuisine mesquine » (merci à Michel Audiard pour les dialogues…) Autant de scènes inoubliables que tous les amateurs de bons flacons ont forcément gardé en mémoire.
Adieu, Bebel, et merci pour le cinéma.
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Hors-Série 1971 : la cuvée très pop de Piper-Heidsieck

La Maison Piper-Heidsieck inaugure en beauté sa nouvelle gamme baptisée Hors-Série, en nous projetant cinquante ans en arrière, à l’âge d’or de la pop, avec un millésime 1971… Un champagne qui a le charme d’un vieux vinyle et la fraîcheur des chansons de John Lennon et Serge Gainsbourg. C’est aussi une création à quatre mains à quelques décennies de distance pour son jeune chef de caves, Emilien Boutillat, à qui la Maison a laissé carte blanche.
C’est dans un magasin de vieux vinyles fleurant bon les années 1970 que nous accueille le jeune chef de caves du champagne Piper-Heidsieck pour nous dévoiler une surprise : la première cuvée d’une nouvelle gamme baptisée « Hors-Série ». Le millésime nous ramène 50 ans en arrière, en 1971. Emilien Boutillat a découvert cette pépite avec son comité de dégustation en arrivant dans la maison : « j’ai passé de longs mois à balayer l’ensemble de l’œnothèque pour bien comprendre le style de la marque. Cette cuvée m’a interpellée, nous avons été scotchés par sa fraîcheur et son élégance malgré son âge ». Avec 2021 flacons, tous numérotés, la commercialisation dans le monde entier d’un champagne aussi ancien sur un tel volume est un événement rarissime !
La cuvée forme un trait d’union entre les différentes générations d’œnologues qui ont élaboré les vins de la Maison. Elle est en effet d’abord le fruit du travail de Claude Demiere. Constituée de pinot noir et de chardonnay issus de 12 crus différents, l’objectif de celui qui portait alors le titre de chef de cercle, était de rendre hommage à l’assemblage réalisé par Florens-Louis Heidsieck pour Marie Antoinette en 1785. Les bouteilles ont ensuite été précieusement conservées par ses deux successeurs : Daniel Thibault puis Régis Camus.
Aurélien, lui, a finalisé l’œuvre qui constitue de ce fait une sorte de quatre mains à un demi-siècle de distance, en se chargeant du dégorgement et du dosage. « Il a fallu déguster toutes les bouteilles et nous avons dû en écarter plus d’une centaine, un sacré travail ! Quant au dosage, j’ai choisi d’ajouter un chardonnay vinifié sans malolactique. Il s’agissait pour moi de rester cohérent par rapport aux vinifications réalisées dans les années 1970 où le blocage des malos était la norme chez Piper-Heidsieck, alors qu’aujourd’hui notre philosophie est plutôt de nous adapter au cas par cas. En choisissant 2019, un millésime récent, j’ai voulu apporter une touche de modernité. Nous avons aussi opté pour un dosage en sucre à 10 grammes, ce qui peut paraître conséquent. Mais, encore une fois, cela fait écho à ce qui était d’usage à l’époque (on allait même au-delà !) et cela nous paraissait indispensable pour équilibrer la fraîcheur incroyable du vin ».
On est frappé d’abord par la profondeur de la robe tirant sur l’ambre. Au nez, c’est un cocktail de figues, de fruits noirs, de cassis, de pruneaux mais aussi de noix, de chocolat, de truffe et de cuir, avec ce côté un peu tourbé que peuvent avoir les whiskys. En bouche, on retrouve les mêmes arômes étoffés par des notes d’agrume très vives qui marquent la finale. Le vin est gourmand mais reste frais, dynamique, tout en ayant un touché de bulles très délicat. En bref, un champagne d’automne, à boire au coin du feu, en faisant griller les premières châtaignes.
Évidemment, chaque bouteille en traversant les décennies a suivi son itinéraire propre et présente des caractéristiques singulières. C’est ce qu’a voulu exprimer la maison dans le choix du coffret, élaboré par un artisan breton, et creusé dans des morceaux de chêne brut, ce qui les rend tous différents, la nature ayant dessiné sur chacun des nervures spécifiques. La frise qui orne le piédestal avec son joli monogramme évoque l’univers de la pop, de même que la typographie choisie sur l’étiquette qui renvoie aux pistes des vieux vinyles. Il est vrai que l’année 1971 avait été riche en sorties musicales. 1968 avait libéré les espoirs les plus fous et les artistes croyaient à la paix universelle. John Lennon chantait « Imagine », Gainsbourg dévoilait son album licencieux « Histoire de Melody Nelson »… Les deux sont évidemment recommandés pour accompagner la dégustation, tout en ressortant son vieux pantalon patte d’éléphant.
Que l’on ne s’y trompe pas, la nouvelle gamme « Hors-Série » n’a pas pour vocation de constituer une simple collection œnothèque. Il s’agit plutôt d’offrir au chef de caves à qui on a laissé carte blanche, un nouvel espace de créativité : « Ce sera un mélange de réinterprétations de millésimes anciens, mais aussi l’occasion d’imaginer ce que pourrait être le champagne dans le futur, à travers des assemblages particuliers, un peu singuliers… »
Prix 590 € (disponible notamment à la Cave Legrand et chez Julhès)
www.piper-heidsieck.com
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Protéger les vignobles californiens des feux, coûte que coûte

Citernes, camions de pompiers, hélicoptères : les vignerons de la riche Napa Valley, en Californie, investissent substantiellement pour se protéger des feux de forêt qui menacent leurs propriétés et transforment leurs grands crus en piquette.
« Les pompiers ne peuvent pas être partout au même moment. On le voit bien ici et partout en Californie. Je crois fermement que si on a ses propres équipements et qu’on reste sur place, alors on a une chance. Si on part, cette chance devient minime », raconte Randy Dunn, qui a fondé son vignoble en 1979. L’agriculteur avait déjà un camion de pompiers de 1946 – vintage, mais fonctionnel – et il vient d’en acquérir un autre, plus récent. La sirène a rendu l’âme mais le jet d’eau marche très bien, et il assure qu’il saurait parfaitement s’en servir si jamais le feu prenait sur sa propriété.
Il n’est pas passé loin il y a un an, quand le brasier nommé « Glass Fire » a brûlé plus de 27.000 hectares dans les comtés de Napa et de Sonoma, au nord de San Francisco. Plusieurs vignobles ont été réduits à néant. « Il était à un peu plus d’un kilomètre d’ici », se souvient Randy Dunn, en désignant les montagnes à l’ouest, au-delà des vignes, où des pins déplumés tentent de survivre à la sécheresse. « Vous ressentez… tout à la fois », continue-t-il, visiblement ému. « Mais vous êtes dans l’adrénaline, vous vous démenez. J’ai passé beaucoup de temps à aider les pompiers. »
Tanins fumés
Les incendies sont devenus tellement récurrents en Californie que dans tout l’État américain, des zones rurales aux banlieues en bordure des forêts, la population retient son souffle à l’approche de la « saison des feux », en se demandant où le vent va porter les inévitables braises. Les vignerons de Napa, traumatisés, ont décidé de prendre les choses en main, à coups de bulldozers pour créer des pare-feux, de pompes et de réservoirs toujours plus conséquents.
Certains grands établissements ont même payé des formations à leurs employés pour qu’ils acquièrent les réflexes de base de la lutte anti-incendie. Randy Dunn a dépensé plusieurs dizaines de milliers de dollars pour faire débroussailler la forêt autour de son domaine et acheter son deuxième camion de pompiers. Une goutte d’eau par rapport au coût de l’assurance : 500.000 dollars cette année, cinq fois plus que l’année dernière.
Ces équipements rendent le domaine « défendable », selon Mike Dunn, son fils, qui gère l’exploitation. « Cela nous rassure un peu. Si des braises tombent par ici, on peut les éteindre. Mais va-t-on aller éteindre des feux un peu partout ? Certainement pas ! »
La famille Dunn dispose de 17 hectares de vignes et produit chaque année plusieurs dizaines de milliers de bouteilles de Cabernet-Sauvignon, commercialisées entre 85 et 140 dollars à l’unité. L’année dernière, le vin au goût de fumée a été écoulé pour l’équivalent de 6 dollars la bouteille. En tout, les dommages se sont élevés à 2 milliards de dollars pour la Napa Valley, d’après une association de vignerons.
Hélicoptères
« Les deux évacuations en 2020, la proximité du feu et notre millésime complètement ruiné… C’est vraiment terrifiant. C’est notre mode de vie qui est menacé », continue Mike Dunn, conscient que le changement climatique et les sécheresses répétées ne présagent pas d’un futur radieux.
Comme d’autres, il a été choqué par le temps nécessaire pour envoyer des renforts aériens, quand les pompiers se battaient sur plusieurs fronts. Son père a bien tenté de lever des fonds pour avoir des avions bombardiers d’eau à disposition dans le comté. Et son voisin Michael Rogerson, patron d’une entreprise d’électronique pour avions, a proposé deux hélicoptères militaires réaménagés pour la lutte anti-incendie.
Mais le comté a refusé la proposition de Randy Dunn, jugée non adaptée aux besoins. Il vient en revanche de passer un accord avec les pompiers pour qu’un hélicoptère soit stationné sur place, prêt à intervenir rapidement.
« Les gens veulent en faire plus pour protéger leur patrimoine. C’est bien, mais nous devons nous assurer que tous ces efforts soient coordonnés », souligne Alfredo Pedroza, le président du comté. Son conseil a aussi approuvé trois caméras high-tech de détection des feux, alors que plus de 7.000 km2 de végétation ont déjà brûlé dans l’ouest des Etats-Unis cette année – le double de la moyenne à cette période.
A deux semaines du début des récoltes, Randy Dunn espère qu’il n’aura pas à se servir de ses beaux camions rouges autrement que pour les fêtes d’anniversaire de ses petits-enfants.
Par Julie JAMMOT pour AFP – Photos Nick Otto
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