Les Domaines Picard s’aventurent en Terres Affranchies

Francine Picard à la tête des domaines éponymes bourguignons nous a présenté en avant-première une gamme de Vins de France inédits en « Terres affranchies » de l’AOP pour expérimenter d’autres cépages ou assemblages de Bourgogne.

Francine Picard, sans doute la plus rebelle de la famille selon ses propres dires, réfléchissait à ce concept depuis 4 à 5 ans : expérimenter de nouvelles cuvées à partir de raisins issus des terroirs bourguignons entre la Côte de Beaune et la Côte chalonnaise mais revendiquées en Vin de France « afin d’échapper au carcan administratif, avoue la vigneronne. Pour travailler en toute liberté sur les cépages et se concentrer sur la réflexion technique, il fallait s’affranchir des limites de l’AOP qui n’autorise pas le gamay en monocépage ni les assemblages de raisins blancs et rouges par exemple. Confrontés aux problèmes climatiques, je voulais travailler comme les ingénieurs romains de l’Antiquité qui savaient observer la vigne et tenter de comprendre comment produire encore des vins dans 20 ans en respectant l’environnement tout en pouvant en vivre ».

Sur les coteaux de Bourgogne, elle décide donc d’arracher une trentaine d’hectares de vignes fatiguées (sur les 140 au total de la famille), plantées il y a environ un demi-siècle et comportant beaucoup de manquants (40 %) pour replanter en vignes hautes pinot noir, chardonnay, gamay, aligoté mais également un demi hectare de savagnin, un demi de côt (malbec) et autant d’un cépage résistant, équivalent du pinot noir d’origine italienne, suivi par la Chambre d’Agriculture. Elles sont travaillées en bio comme les autres vignobles de la famille. « Je voulais me projeter en renouant avec l’art de l’assemblage que l’on a perdu depuis le début du XXe siècle ; il est pourtant primordial car il permet de jouer sur les pourcentages et obtenir le meilleur vin possible selon le millésime ». D’un bouquet de cuves est ressortie une première série de quatre vins rouges d’environ 600 bouteilles chacun (21-23 € en circuit cavistes et CHR). La gamme a été baptisée Les Terres Affranchies ; les vins, illustrés d’un des plus beaux ceps du vignoble redessiné pour l’occasion, portent des noms d’agronomes et érudits romains ayant écrit divers traités sur la vigne et la vinification (Palladius, Columelle, Magon, Pline). A terme, ils devraient être édités à 2-3000 bouteilles par cuvée.

Un travail de petit poucet pour l’environnement
Les quatre vins véhiculent aussi la démarche environnementale de la maison certifiée Iso 14001. Ils portent des étiquettes issues à 20% de forêts recyclables françaises (Vosges), à base de pigments naturels sans vernis (notamment à partir de terres végétales et de sarments de vignes broyés) et dont la taille a été optimisée pour limiter les déchets à l’impression. Les bouchons sont en fibre de canne, recyclables comme les cartons et les glassines (support des étiquettes). Les bouteilles ont été allégées de 570 g à 420 g. Les eaux de cave sont filtrées par des bassins de roseaux, la cuverie est isolée par des panneaux en fibre de bois, les eaux pluviales sont récupérées pour le lavage du matériel agricole. Autant de mesures destinées à limiter les émissions de CO2 et la consommation d’eau. « Elles ont généré un surcoût de l’ordre de 40 % mais pour un projet global qui avance avec toutes les équipes dans le but de polluer le moins possible l’environnement » souligne Francine Picard qui est également vice-président de l’Adelphe, organisme national de gestion du recyclage des emballages. Un travail de petit poucet mené par le triumvirat que forme la vigneronne avec l’œnologue Alice Evrard et le nouveau directeur des vignobles Ken Dauvice Kawaguchi.

Nous avons dégusté les quatre premières cuvées :

Palladius 100% gamay : Sanguin, animal sur les petits fruits rouges (myrtille, groseille), quelques tanins discrets

Columelle 85 % gamay, 15 % aligoté : Juteux et frais sur des arômes de groseille et framboise, une note de sous-bois et une finale dynamique

Magon 90 % gamay, 10 % aligoté : Acidulé sur des petits fruits rouges et noirs (cassis, cerise), une note poivrée

Pline 80 % gamay, 10% aligoté, 10% pinot noir : Fruité et vibrant sur les arômes de cerises et framboises, de ronces et sous-bois prolongés d’une note poivrée

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[J-1 Lyon Tasting] De Côte-Rôtie à Châteauneuf-du-Pape, la magie Guigal

Samedi 7 octobre à 16h, au Palais de la Bourse de Lyon, vous attend une dégustation d’anthologie en guise de voyage le long de la Vallée du Rhône : Guigal passe en mode masterclass

Quelle meilleure façon de terminer une journée de Lyon Tasting que de se laisser emporter par la magie des vins du Domaine Guigal ? La maison, habituée de l’événement qui se déroule pratiquement « à domicile » pour elle, sera encore plus dans la lumière cette année en étant protagoniste d’une masterclass à ne manquer sous aucun prétexte.

Guigal magistral
C’est une opportunité unique, un moment d’une rareté folle qui s’offre à vous samedi au Palais de la Bourse. Véritable star de la Vallée du Rhône et superbe étendard de ce que la viticulture française fait de mieux, Guigal a tracé sa route et écrit sa riche histoire qui fait d’elle le monument qu’elle est aujourd’hui. Avant qu’elle ne pose ses valises dans la capitale des Gaules et laisse s’exprimer la féérie de ses vins, rembobinons et arrêtons nous ensemble sur une histoire qui mérite d’être contée. C’est au sortir de la deuxième Guerre Mondiale, en 1946, qu’Étienne Guigal fonde le domaine éponyme, qui n’est alors qu’un négoce, à Ampuis, en plein cœur de la Côte-Rôtie. 15 ans plus tard, il est subitement atteint de cécité totale et Marcel, son fils alors âgé de seulement 18 ans le rejoint à la direction du domaine. Ensemble, ils pilote à merveille la maison vers les sommets et 1995 est l’étape qui fait basculer Guigal dans une autre dimension, avec l’acquisition du Château d’Ampuis. La maison produit alors son véritable vin de vignoble, à partir des raisins de la propriété issues des Côte Brune et Côte Blonde, et le commercialise sous le nom du château en appellation Côte-Rôtie. 

Une dégustation d’anthologie 
Château d’Ampuis a depuis conquis le monde et figure logiquement sur la liste des vins au programme de la dégustation d’anthologie qui vous attend. Caractérisé par un élevage de plus de 3 ans (38 mois !) en fûts de chêne neufs, il délivre sur son millésime 2018 un bouquet olfactif dense, entre fruits noirs et arômes du bois. En bouche, la trame tannique ne laisse aucun doute, le jus est racé, structuré et l’élevage prolongé fait la différence. Autre vin attendu, en blanc cette fois, dans une appellation voisine, La Doriane 2019, Condrieu, un véritable trésor alliant profondeur, intensité, longueur et onctuosité en bouche. Après un tour en Vallée du Rhône septentrionale où Guigal puise son histoire, direction la Vallée du Rhône méridionale et l’appellation Châteauneuf-du-Pape au sein de laquelle s’écrivent les pages les plus fraîches de l’aventure familiale. En effet, 2017 marque l’implantation de Guigal au Sud de la Vallée du Rhône avec l’acquisition du Château de Nalys produisant deux remarquables grands vins, en rouge et en blanc, qui complèteront le carré magique de la dégustation de rêve proposée par la maison.

Les dernières places restantes sont disponibles ici : Guigal : la magie Guigal, de Côte-Rôtie à Châteauneuf-du-Pape

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Sauternes 2023 : enfin l’embellie !

En 2020 ce fut la grêle, en 2021, le gel, et en 2022 la sècheresse : autant de facteurs qui ont affecté les volumes produits, plus que la qualité moyenne à Sauternes-Barsac. Les conditions idéales de cette année annoncent un millésime remarquable, avec des volumes qui reviennent à la normale. 

Les conditions climatiques observées jusqu’aux vendanges ont amené « un scénario idéal » pour Sandrine Garbay du château Guiraud. « Du 11 au 24 septembre, il est tombé 75 mm de pluie bien répartie. Cela a assuré une belle diffusion du botrytis. Les matinées sont très humides, avec de la rosée, ce qui entretient le botrytis. Les après-midi sont secs ce qui nous permet de récolter ». Des propos confirmés par Romain Garcia du château de Rolland à Barsac , qui mentionne « quelques beaux brouillards du matin, et des chaussures humides entre les rangs de vignes jusqu’à 11h00 ». « La vigne n’a pas eu de stress du à la sècheresse car elle a eu de l’eau » précise Jean-Jacques Dubourdieu, co-président de l’appellation Sauternes Barsac, ce qui a permis de conserver « des acidités et des PH qui sont dignes d’un très bon millésime (on est à 3,05 sur Barsac) ». Une météo « atypique » pour Vincent Labergère du château Rayne Vigneau « avec des pics de température qui ont conduit à effeuiller très tard afin de protéger le raisin  le plus longtemps possible».  Mais un effeuillage qui doit intervenir tout de même pour permettre au botrytis de se développer sur la grappe, ce qui fut fait. 

Un botrytis cinerea au rendez-vous
Pour Pierre Baptiste Fontaine, le directeur de l’appellation, « le botrytis était déjà là début septembre » et ne demandait qu’à se développer. Ce botrytis s’installe plus tôt qu’en 2022 donc, mais « sur un raisin encore frais qui a conservé de la fraicheur et de l’acidité » nous dit Sandrine Garbay du château Guiraud. Et comme à Rayne Vigneau,  « il y a un peu de nettoyage au moment de la coupe » et la 1ère tri permet de récolter le raisin passerillé. Il y aura vraisemblablement davantage de vin issu de raisins botrytisés que les années précédentes. Ce n’est que mieux car le botrytis « apporte d’abord l’élégance mais aussi de la complexité aromatique » nous dit Vincent Labergère : « on gagne en acidité, ainsi que des arômes de lavande, de litchi, d’agrumes, et de menthol », alors que le passerillé apporte plutôt des notes de caramel et d’abricot. « Les sauvignons botrytisés sont à tomber par terre cette année » s’enthousiasme Vincent Labergère. 

Quant au mildiou tant redouté cette année par les viticulteurs, celui-ci n’a que peu d’impact sur les cépages blancs. Qu’on se rassure donc.

« Les vendanges vont s’étaler en longueur » pour Jean-Jacques Dubourdieu. Et ce d’autant plus qu’aucune pluie n’est annoncée et qu’il suffira de suivre tranquillement l’évolution du botrytis et du raisin pour récolter au meilleur moment. Sandrine Garbay a la formule de conclusion qui convient : « on a tout en main pour faire un grand millésime. Acidité, concentration, tout est là » .

Les dernières tries vont se faire sous une météo qui s’annonce clémente. Rien ne semble venir compromettre la qualité des raisins qui finissent de se botrytiser doucement. On ne prend pas beaucoup de risques à dire que le millésime 2023 s’annonce grandiose.

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[Lyon Tasting] Nuits Saint-Georges, les trésors de Boisset

Lyon Tasting approche à grands pas ! Dans deux jours, la capitale de la gastronomie reçoit au Palais de la Bourse les propriétés les plus prestigieuses de l’Hexagone et parmi elles, la maison Jean-Claude Boisset, qui vous fera découvrir ses « trésors » à l’occasion d’une masterclass de prestige

Les vins de la mythique côte de Nuits s’offrent à vous samedi 7 octobre à 13h30 au Palais de la Bourse de Lyon grâce à la maison Jean-Claude Boisset, fleuron de la Bourgogne et de l’appellation, elle aussi mythique, Nuits-Saint-Georges. Cette appellation aux 41 Climats classés en Premier Cru est une terre renfermant de nombreuses perles que Terre de vins vous invite à découvrir, 1h15 durant, avec une dégustation de quatres flacons de la maison dans cette appellation, dont trois bénéficiant de la classification en Premier Cru. 

Une valse à quatre temps
C’est Mathieu Doumenge, grand reporter à Terre de vins qui animera cette valse à quatre temps. Son expertise sera appuyée par celle, et non des moindres, de Laurent Derhé, sacré Meilleur Ouvrier de France Sommelier en 2007, dont le nez et le palais aiguisés sauront vous raconter les subtilités délivrées par ces nectars et vous plonger dans un voyage sensoriel à la découverte des vins élaborés par Grégory Patriat, winemaker de la maison Boisset depuis 2002. Grégory Patriat qui, accompagné de Laure Guilloteau, réalise les cuvées « Made In Boisset », sera également présent pour cette masterclass, un moment rare en compagnie de celui qui connaît la maison sur le bout des doigts et ses vins sur le bout de la langue. S’il n’aura pas de secret à vous dévoiler quant à la conception d’un vin de qualité puisque selon lui, « pour faire un grand vin, il n’y a pas besoin d’artifice, il faut juste de la passion et de la raison », il saura apporter un éclairage sans commun sur son travail et apporter sa vision d’homme de terrain, qui voit ses vins évoluer jours après jours, années après années. 

2020 et 2021 à l’honneur
Les vins justement parlons-en. Ce sont quatre rouges que vous aurez l’honneur de déguster, et qui dit Bourgogne dit pinot noir pour ces cuvées qui mettront à l’honneur deux millésimes récents, 2020 et 2021. C’est le second qui ouvrira le bal avec le Nuits-Saint-Georges « Les Charbonnières », issu d’un millésime très complexe, « à la fois un millésime de vigneron et un millésime de « viniculteur », qui offre une très belle représentativité de l’expression des terroirs avec des vins sur le fruit, ici des fruits noirs mûrs, tout en fraîcheur et de grande finesse ». 2020 prendra le relais avec Nuits-Saint-Georges 1er Cru Clos des Argillières, dont le nez laisse deviner « des arômes de pivoines, de fruits noirs, agrémentés de notes épicées », avant qu’en bouche se déploie « une attaque puissante avec de la matière et une jolie acidité sous-jacente ». La plus confidentielle des quatre cuvées entrera ensuite en scène : Nuits-Saint-Georges Premier Cru Aux Chaignots 2021, qui avec 0,18 hectare de terrain de jeu se décline en 397 flacons sur le millésime en question. Si elle aussi offrira des arômes de fruits noirs, on pourra également y retrouver la violette, avec en bouche, « une intensité et des tanins fins ». Cette dégustation s’achèvera en beauté avec un Nuits-Saint-Georges Premier Cru Les Pruliers 2021 issu d’un Climat au sol brun limoneux. « Il délivre au nez des arômes de fruits rouges et noirs intenses, agrémentés de notes réglissées, avant de dévoiler en bouche son côté charnu, avec une légère sucrosité et une belle longueur ».

Il ne reste plus que quelques places alors pour réserver, cliquez ici : Boisset : Nuits-Saint-Georges, les trésors de Boisset samedi 7 octobre à 13h30.

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[Coup de cœur] Château Castera 2019 (Médoc)

La réputation du Médoc dans le monde revient bien sûr à ses grands crus classés 1855, des vedettes aux marques clignotantes qui portent cette presqu’île du vin. Mais il est des challengers dont il ne faut jamais cesser de parler, tant les vins sont profonds, denses et dotés d’un potentiel de garde immense. C’est le cas de ce Château Castera 2019, Cru Bourgeois du Médoc connu pour la qualité des vins et la constance de ladite qualité.

Ce 2019 est porté par 65 % de merlot, 25 % de cabernet sauvignon, 5 % de cabernet franc et 5 % de petit verdot. Assemblage médocain avec une forte proportion de merlot qui donne de la rondeur au vin et donc de l’accessibilité dans sa jeunesse. Millésime riche, le nez délivre déjà une sensation de puissance avec des notes de fruits noirs et d’épices douces. L’attaque est riche, dense, c’est encore un bébé à la mesure du potentiel de garde qu’il réserve. Il faut mettre des bouteilles de côté mais aussi se faire plaisir à en carafer pour profiter de cette jeunesse fougueuse. C’est une leçon d’équilibre et de complexité aromatique. Il mérite aujourd’hui une côte de veau à la braise avec des tagliatelles fraîches saupoudrées de copeaux de truffes.    

Château Castera (33) – Médoc 23 €
Se renseigner auprès du château : 05 56 73 20 60 ou www.chateau-castera.com

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Besserat de Bellefon : les 180 ans d’un champagne « à la française »

Fondée en 1843 par Edmond Besserat, la maison de champagne célèbre une histoire qui a traversé l’histoire de l’art de vivre à la française. À travers l’inspirante BB ou la mémoire de ses descendants, Besserat de Bellefon s’impose par l’élégance de ses vins. À l’image de sa cuvée anniversaire.

« Les enfants, les vins que nous buvons, même les rois n’en boivent pas ! » Dans un sourire et un regard complice, Laurent Demandre et Christophe Schmandt se remémorent cette maxime, audacieuse mais espiègle, de leur grand-père Victor Besserat. C’est qu’en 1930, leur aïeul créait la célèbre et onctueuse Cuvée des Moines, vin de champagne spécialement conçu pour la gastronomie, égayée de bulles « 30% plus fines » que dans un champagne traditionnel. Particulièrement heureux de se retrouver à l’occasion de la célébration des 180 ans de la maison Besserat de Bellefon, au musée archéologique des vins de Champagne d’Epernay, fin septembre, les deux cousins racontent. « J’ai travaillé huit ans durant dans la maison, en tant que commerciale, précise Laurence Demandre. J’ai adoré et j’ai appris à la connaître », autrement que par la voix de son « très gentil » grand-père. « Il nous emmenait, tous les enfants, dans sa 2CV des vignes, comme on l’appelait. Elle est devenue ma première voiture pour aller à la fac », sourit Laurence Demandre.

Quel héritage !
Christophe Schmandt, résidant américain, se rappelle aussi les dégustations. « On a eu de la chance d’avoir ce grand-père qui nous apprenait à déguster, sans regarder les étiquettes. Un été, on a préféré le Coca, c’était la crise », s’esclaffe-t-il. Fier de la maison, dont on trouve les cuvées « partout aux USA », le petit-fils apprécie également que Brigitte Bardot ait accepté d’associer ses initiales et son image à la maison de champagne depuis 2018. « C’est l’élégance et le naturel pour moi. »

La célèbre moue de l’égérie blonde de la Nouvelle Vague, justement, a fait son apparition durant la soirée. Une vidéo a fait apparaître les meilleurs clichés de l’actrice française, au son de sa voix désormais éraillée souhaitait un joyeux anniversaire à la maison de champagne. L’esprit BB, qui fêtait ses 89 ans deux jours plus tard, flottait dans l’air. Les invités avaient eu la possibilité de découvrir la suite dont elle est l’inspiration au sein du nouveau site oenotouristique et siège de la maison, quelques rues plus haut.

Une pépite
Choisi par les plus beaux cabarets du monde, Crazy horse et Moulin rouge en tête dans les années 1960, servi par Air France et à bord du mythique Concorde en 1978 ou dégusté à l’Élysée par François Mitterrand et le chancelier allemand Helmut Kohl en 1989, le champagne Besserat de Bellefon appartient à l’art de vivre à la française. Mais plus encore que l’héritage, familial d’une part et d’un esprit « frenchy » de l’autre, les 180 ans de la maison ont offert une parfaite occasion de rappeler le chemin parcouru en quelques années. « La maison s’est repositionnée en trois ans là où elle devait l’être, rappelle Nathalie Doucet, présidente depuis 2019. C’est-à-dire comme une véritable pépite. Les bons résultats le démontrent. Nous sommes moins dépendants du marché français en exportant à 35% (USA, Australie, Japon, Angleterre, Italie…). » Clouée au sol en 2020, Nathalie Doucet a pris le temps, avec ses équipes, d’aller à la rencontre des importateurs l’année suivante. « Nous avons expliqué le projet et rappelé nos piliers. » À savoir une élaboration de champagne à basse pression (à un bar et demi en moins), une part importante de premiers et de grands crus dans toutes les cuvées ainsi que l’absence de fermentation malolactique « afin de préserver la tension ». La cuvée des 180 ans (lire par ailleurs) en est la démonstration. Un champagne que Victor, petit-fils du fondateur Edmond, aurait sans doute approuvé.

Nathalie Doucet au centre ©guigs.art
Cédric Thiébault, chef de caves : « Une cuvée totalement BB »
« Audacieuse, équilibrée et totalement BB. » La définition de la cuvée des 180 ans, « L’éloge de la patience », par Cédric Thiébault. Le chef de caves de la maison depuis 2006 avait déjà élaboré la cuvée anniversaire des 170 ans. « C’est un vrai petit moment de liberté et de fantaisie. On imagine plus facilement ce nouveau vin, car on a travaillé sur le même concept : le multi-millésimes. » À savoir un assemblage de 2012, « une petite vendange avec des vins concentrés », et de 2015, fait « de puissance et de chaleur », vinifié et élevé sous bois. Une alliance entre le subtil et la complexité qui fonctionne très bien, apportant des arômes de fleurs blanches, de fruits secs, de coco et de brioché avant d’étendre la palette vers les fruits frais (nectarine, abricot), transportés par une effervescence crémeuse. La finale, « minérale et gourmande », parachève le plaisir de dégustation. À noter que si la dame présente un âge certain, elle est intronisée comme la première cuvée de la maison à afficher le QR aux nouvelles normes d’étiquetage. Vénérable, donc, mais dans le coup.

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Terroirs & Vignobles de Champagne dans le trio de tête

Avec l’acquisition de champagne Henriot, le groupe Terroirs & Vignobles de Champagne (TEVC) se hisse sur le podium des opérateurs champenois et affiche ses ambitions.

« Le plan de développement était déjà écrit il y a dix ans, avoue d’emblée Véronique Blin, la présidente depuis 2012 de l’union coopérative CV-CNF qui à l’époque ne comprenait que Nicolas Feuillatte avec un chiffre d’affaires de 200 M€ pour environ 9 millions de bouteilles. Mais nous étions conscients qu’un plafond de verre pouvait contribuer à enrayer notre progression. Il fallait donc changer de dimension et se donner les moyens d’un nouvel essor avec de nombreux investissements – une nouvelle cuverie de réserve, l’espace Nicolas Feuillatte, un siège social, pour accompagner la marche irrésistible du champagne et recruter de nouveaux talents. L’audace finit toujours par payer et nou avons réussi, en moins de 50 ans, à implanter un nouvel opérateur au milieu des belles maisons ». En 2019, l’union coopérative se dote d’une nouvelle facette, plus élitiste et artisanale, avec Abelé 1757. « Nous étions précurseur de construction de caves hors sols et enracinés hors des villes; nous sommes alors devenus citadins, négociants et propriétaire de kilomètres de caves de craies ». L’étape suivante et non des moindres réside dans l’union des deux coopératives les plus importantes de la Champagne avec le CRVC (marque Castelnau) il y a deux ans. Ainsi nait Terroirs & Vignerons de Champagne (TEVC).

Des vignes et une belle image
Le nouvel opus avec l’acquisition de champagne Henriot s’inscrit dans une stratégie de conquête de marchés haut de gamme. Le groupe sparnassien s’offre une belle signature (la Maison a été créée en 1808), des vignes en propre de 3 hectares auxquels s’ajoutent 34 ha de baux ruraux et 107 en appros, soit un total de 144 ha en production provenant de 29 crus, principalement en Montagne de Reims et Côte des Blancs, et une vision internationale (64 % des ventes à l’export en progression constante, notamment au Japon, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Italie). Aux 10-12 millions de bouteilles de Nicolas Feuillatte, 1,5-2 millions de Castelnau et 300-500 000 pour Abelé vient donc s’ajouter les 960 000 cols d’Henriot (pour 32,6 M€ de CA et 4,6 M€ de résultat net, une création de valeur deux fois plus importante que l’union coopérative). Sans compter le siège social de Reims, la demeure du 17e siècle à Pierry et ses 1200 m2 entièrement rénovés dédiés au réceptif pour accueillir les prescripteurs, et un stock de 6,2 millions équivalent bouteilles d’une valeur de près de 60 M€.

Une réorganisation avec filiale autonome
La vente par le groupe Artémis de la famille Pinault a pu être réalisée grâce au soutien des banques qui ont même maintenu les crédits en cours aux mêmes taux d’intérêt (le montant de la vente n’a pas été dévoilé). La décision d’achat a été prise à l’unanimité des quelques 6000 adhérents « car les coopérateurs ont compris qu’on ne pouvait grandir qu’en créant de la valeur ajoutée et réussir qu’en ayant accès au marché et ne pas juste rester des apporteurs de matières premières, souligne Véronique Blin. Il faut que le vignoble conserve des parts de marché, surtout au regard des ventes directes qui semblent s’éroder et avec l’arrivée d’une nouvelle génération de vignerons qui ne veut plus sacrifier tous ces week-ends pour recevoir les clients ou faire des salons ».

La feuille de route du nouvel ensemble est déjà tracée. Il s’agit en priorité de premiumiser dans un monde du luxe qui poursuit son expansion et où le vin affiche une croissance insolente de 26% sur le marché mondial entre 2019 et 2022 (source Bain & Company). « Nous voulons donner une autre image de la coopération et un nouveau souffle en dépassant les traditionnels clivages négoce-vignoble, précise Christophe Juarez, directeur général depuis 2017. Notre ambition est de rester dans le trio de tête avec des marques fortes et complémentaires ». Avec l’acquisition d’Henriot, TEVC est passé de 284 M€ de CA à 329 se plaçant désormais derrière le groupe LVMH (2,85 Mds€ pour la branche champagne) en ayant doublé Laurent Perrier et Louis Roederer. 

« Nous allons également nous attacher à continuer d’apporter une rémunération équitable à nos adhérents en jouant un rôle d’amortisseur de crise et en développant les services aussi bien techniques que marketing, commerciaux… ». Réussir la transition environnementale fera aussi partie des challenges : l’objectif est d’arriver rapidement à 300 000 bouteilles bios, soit 60 à 90 hectares (à ce jour, 40 à 45 hectares sont certifiés). « L’organisation jusqu’à présent matricielle – tout le monde sous le même toit, va évoluer puisque Henriot va rester une filiale autonome sans fusion des équipes ». En revanche, TEVC s’est doté d’un comité exécutif qui va assurer la liaison entre les deux pôles. Il est piloté par Christophe Juarez avec, à ses côtés, des talents qui montent en puissance : la cheffe de caves Alice Tétienne nommée directrice générale adjointe, et le directeur administratif et financier Ludovic Machet qui prend le poste de secrétaire général.

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Les Vignobles de Larose voient les choses en grand

Une importante séquence de travaux a été engagée en 2021 au sein des Vignobles de Larose, dont un premier volet se concrétise par l’inauguration d’un nouvel outil technique pour ces vendanges 2023. Le projet complet aboutira début 2025 avec un site œnotouristique flambant neuf.

À l’échelle du Médoc et de l’ensemble du vignoble bordelais, les Vignobles de Larose jouent dans la catégorie poids lourd. Cet ensemble figurant dans l’escarcelle du groupe d’assurance Allianz depuis 1986 a pour piliers historiques deux Crus Bourgeois Supérieurs, Château Larose-Trintaudon et Château Larose-Perganson, qui couvrent à eux deux plus de 200 hectares de superficie, auxquels s’ajoutent le Cru Bourgeois Exceptionnel Château Arnauld (acquis par le groupe en 2007) et le Cru Bourgeois Château Tour de Pez (acquis en 2019). Le tout s’élève à près de 260 hectares, pour 1,2 million de bouteilles produites à l’année. À la manœuvre de cet imposant paquebot, se trouve un homme d’expérience : Franck Bijon, qui a rejoint la maison il y a plus de trente ans, d’abord à la technique pour évoluer vers la direction générale.

2800 m2 de nouvelles cuveries, 151 nouvelles cuves installées
Celui qui est, depuis 2021, président des Crus Bourgeois du Médoc, donne le cap des Vignobles de Larose et orchestre une soixantaine de salariés permanents. Son ambition : « montrer que le plus gros producteur du Médoc peut être un artisan du vin, et se projeter sur les quarante prochaines années ». C’est à cet effet qu’il mène tambour battant, depuis 2018, un colossal projet de rénovation du site de production principal (celui de Larose-Trintaudon et Larose-Perganson) en collaboration avec le cabinet d’architecte bordelais BPM : la première pierre a été posée en 2021, pour une inauguration d’un nouvel outil de vinification à l’occasion des vendanges 2023. Deux nouveaux cuviers, un en inox pour Larose-Trintaudon et un en béton pour Larose-Perganson, sont opérationnels, apportant une plus grande précision et un plus grand confort de travail aux équipes, soit une surface de 6000 m2 créés et 5000m2 rénovés. Deux chais d’élevage vont être déployés dans la foulée. Ces unités se complètent d’un cuvier d’assemblage d’une capacité de plus de 15 000 hl alimenté par Vinoduc, et d’un vaste site de stockage.

L’ensemble, qui se veut économe en eau comme en énergie (plus de 1500 m2 de panneaux photovoltaïques assurent une autosuffisance 8 mois par an), a sollicité une vingtaine d’entreprises, pour la plupart issues de Nouvelle-Aquitaine : une démarche qui s’inscrit dans la philosophie RSE des Vignobles de Larose, un engagement de longue date – il remonte à 2008 – qui s’est encore concrétisé en juin dernier par l’obtention, pour la cinquième fois, du label Engagé RSE et Responsability Europe de l’AFNOR Certification à un niveau exemplaire – il est le seul vignoble européen à avoir accompli ce. Cet effort se manifeste sur le plan cultural (une conversion bio est lancée sur l’ensemble des vignobles du groupe) mais aussi sur le plan sociétal, avec une très grande attention portée aux conditions de travail des salariés qui s’illustre par un « pôle social » dans le nouveau bâtiment avec réfectoire, salle de repos, terrasse, coach sportif deux fois par semaine…

25 millions d’euros d’investissement
Les travaux continuent au moins jusqu’à début 2025, date de l’inauguration d’un nouveau site œnotouristique qui prévoit d’accueillir au moins 6000 visiteurs par an. Un « jardin des cépages » et un rooftop complèteront une offre de visites et dégustations qui mettra en avant les quatre propriétés du groupe. L’ensemble de l’investissement s’élève à 25 millions d’euros, dont 60% sont financés par Allianz, le reste s’appuyant sur les performances des propriétés : pour ce faire, toute l’équipe des Vignobles de Larose se retrousse les manches afin de maintenir les positions de ses quatre marques sur les différents marchés, d’une valeur sûre comme Larose-Trintaudon (très présente actuellement dans les Foires aux Vins) à une pépite plus confidentielle comme Château Arnauld, qui n’a rien à envier à certains crus classés et à encore des territoires à conquérir à l’export.

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Un Grand blanc de blancs pour agrandir la gamme Jeeper

La maison Jeeper de Nicolas Dubois et Michel Reybier vient d’étoffer sa gamme « blanche » avec un Grand blanc de Blancs et continue à investir en chais et au vignoble.

« La maison n’a pas de stratégie millésime – nous sommes trop jeunes pour ça et nous ne voulons pas appauvrir nos autres cuvées: notre signature est avant tout sur le chardonnay (70% de notre encépagement) élevé en fût, estime Nicolas Dubois qui préside la maison Jeeper. Il existait déjà un blanc de blanc, voici donc la nouvelle cuvée que nous avons choisi de baptisée ‘Grand blanc de blancs’. Elle est issue d’une sélection de parcelles en Grands Crus et Premiers Crus vendangées par pied à raison d’un pied par caissette pour choisir ceux produisant 1,3 kg, ce qui s’est révélé le poids idéal pour obtenir un bel équilibre sur la finesse et la pureté que nous recherchions ». Ce 100% chardonnay sur une base 2016 à 95%, sans dosage ni sulfites au dégorgement, a été fermenté pour moitié en demi-muids, et élevé en demi-muids et barriques bourguignonnes pour 6 ans de vieillissement sur lattes. Il est prévu une édition de 15000 bouteilles (120€) enveloppes dans une feuille et dans un étui en carton ainsi qu’une centaine de jéroboams.

Partenariats et investissements
La maison de Faverolles-et-Coëmy au nord-ouest de la montagne de Reims a appartenu pendant 60 ans à la famille Gouthorbe avant d’être rachetée en 2009 par Nicolas Dubois avec 35 hectares de crus en propre, notamment dans le Vitryat et la Cézannais. L’ancien électricien, passionné de vins, avait commencé un parcours dans le champagne en rachetant un lot en coopérative qu’il avait revendu en bouteilles sur Paris, générant ainsi 3342 francs l’année de la création de son entreprise éponyme comme se plait à le rappeler le négociant autodidacte.

Avec Jeeper (qui fait référence la Jeep de l’armée américaine qu’avait récupéré après-guerre Armand Gouthorbe, il change de braquet et développe rapidement l’entreprise qui grimpe en cinq ans à 100 M€ de chiffre d’affaires pour 6 millions de bouteilles vendus, notamment en premiers prix et marques distributeurs. Une ascension sans doute trop brutale qui le met en difficultés en 2012 avant qu’il ne cède une prise de participation majoritaire à un certain Michel Reybier, propriétaire de Cos d’Estournel, La Mascaronne… et d’un groupe d’hôtellerie de luxe (La Réserve). Le champenois reste à la tête de la maison mais il avoue « qu’en dix ans à côtoyer Michel Reybier et ses équipes, j’ai l’impression d’avoir suivi la meilleure école de commerce du monde ». En 2014, Jeeper prend un nouveau départ avec une bouteille dédiée à épaules rondes, des levures maison, un travail plus pointu sur le vieillissement (la maison dispose aujourd’hui du troisième parc à fûts de Champagne après Krug et Bollinger), l’équipement du chai en lumière orange pour une protection contre les UV et à partir de 2016, un travail à la parcelle. L’entreprise marnaise est passée de 40 salariés en 2013 à une centaine dix ans plus tard, les appros de 69 hectares à 90 avec la récupération des dernières vignes Gouthorbe et un récent partenariat pour 9 hectares bios dans la vallée de la Marne, signé avec Françoise Bedel, figure de proue de la biodynamie champenoise. « L’objectif est d’arriver à 130-135 hectares d’appros en fonction des opportunités de rachats ou de fermages. Nous disposons aujourd’hui d’environ 20% des surfaces identifiées en bio [8% au total en Champagne],  qui vont dans la cuvée Nature ». La maison élabore également une cuvée éponyme pour la GD et depuis 2018, une cuvée Michel Reybier destinée à 95% pour les établissements du groupe hôtelier.

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[Cognac] Frapin régale

La maison Frapin nichée au cœur de la Grande Champagne délivre une petite folie à l’approche des fêtes. Millésimé 1990, c’est un trente ans d’âge de très haut vol.

Un très grand terroir calcaire additionné à une maîtrise parfaite de la distillation avec lies, le tout vieilli dans des chais durant de longues années forment un ensemble somptueux. Comme toujours, les eaux-de-vie de la maison Frapin tutoient les sommets. « Élégant, souple, brillant et gourmand, le Millésime 1990 est le fruit d’une alchimie complexe, alliance d’un terroir unique, d’un savoir-faire ancestral et d’une passion pour l’excellence, prévient Patrice Piveteau », maître de chai et directeur général, ajoutant : « Pleinement signé Frapin par sa voluptueuse richesse aromatique et son infinie longueur en bouche, il est doté d’une personnalité propre héritée des aléas climatiques de cette année-là sur le vignoble en coteaux de Chez Piet… Récolté, distillé sur lies et vieilli au Domaine, le Millésime 1990 – 30 ans d’âge contient l’expression sublime de notre terroir situé au cœur de la Grande Champagne ». Cette eau-de-vie propose un nez sur la marmelade et les écorces d’oranges. L’attaque est éclatante, les notes délicates de rancio tapissent le palais pour ne plus le quitter. C’est du grand art et les fêtes ne peuvent s’imaginer sans cette bouteille à la fin du repas.  

Millésime 1990 : 195 euros les 70 cl

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