Pic Saint-Loup : les vins officiellement reconnus en AOP

Les vins du Pic Saint-Loup ont officiellement été reconnus en appellation d’origine protégée (AOP) par l’Union Européenne. Concrètement, cela va permettre une protection internationale du nom “Pic Saint-Loup“ pour les rouges et rosés produits sur son terroir.

« On était au courant depuis une quinzaine de jours mais après toutes les crises traversées, c’est toujours réjouissant d’avoir de bonnes nouvelles ! » Benoit Viot est désormais le président de l’AOP Pic Saint-Loup. La nouvelle a été officialisée vendredi 7 juillet par publication du règlement d’exécution au Journal officiel de l’Union Européenne. « C’est la conclusion d’un long processus, de VDQS à l’AOC Languedoc Pic Saint-Loup puis de l’AOC à l’AOP, ajouté l’intéressé, également vigneron au domaine Le Chemin des Rêves à Saint-Gély-du-Fesc. Le principal intérêt c’est une protection juridique très forte de notre nom qui est si souvent convoité par d’autres boissons par exemple. Le Pic Saint-Loup, c’est notre valeur, notre richesse, c’est important qu’il soit bien défendu au niveau international. » Concrètement, l’AOP est une protection garantissant qu’un produit a été transformé et élaboré dans une zone géographique reconnue pour son savoir-faire particulier. Elle est donc indissociable de la notion de terroir qui désigne un ensemble de terres fournissant un produit agricole caractéristique. « C’est l’aboutissement d’une ambition, d’un collectif déterminé, d’une somme de volontés pour mettre en avant un terroir exceptionnel, poursuit Benoit Viot. Quand je suis arrivé il y a 22 ans, j’ai été très impressionné par l’engagement des uns et des autres. La qualité n’était déjà pas une option, il fallait viser très haut dès le début. »

« Tous les indicateurs sont au vert ! »
Aujourd’hui, le travail paie puisque l’AOP Pic Saint-Loup est dans une belle dynamique commerciale avec le record de 6 millions de bouteilles commercialisées en 2022, des prix élevés, un vrac qui dépasse les 400€ l’hectolitre et des stocks plutôt bas. « Tous les indicateurs sont au vert, confirme le président de l’appellation. En plus, la relève est là, la jeunesse a compris que l’ambition était notre force, qu’on ne pouvait pas faire de vins moyens. » Avec un profil qui évolue. « Les vigneronnes et vignerons produisent des vins plus buvables tout en gardant de la complexité. On va vers plus de finesse, de buvabilité et de fraîcheur mais en gardant le côté terroir. Il ne faut surtout que l’on ait que des vins glouglou, il faut que le Pic Saint-Loup s’exprime ! » Et les projets d’avenir ne manquent pas notamment le dossier des blancs (l’AOP Pic Saint-Loup n’est reconnue que pour les rouges et les rosés) qui est sur la table depuis un moment : « On voulait un parcellaire spécifique pour les blancs mais comme l’AOC a été basée sur un parcellaire pour faire des grands rouges, l’INAO veut un seul parcellaire sur un seul nom. Ça prend du temps mais on entrevoit le profil global, on a déjà des jolis blancs sur la fraîcheur, ce sera plus une clarification pour les consommateurs ! » Côté vignes, c’est tout aussi dynamique avec une étude sur le microbiote menée avec l’INRAE qui va bientôt concerner 9 domaines et plusieurs expérimentations pour lutter contre le changement climatique en partenariat avec la Chambre d’agriculture. Pour rappel, l’AOP Pic Saint-Loup, c’est 271 opérateurs (79 caves particulières et 3 caves coopératives) et 48900 hectolitres produits sur 1473 hectares en 2022.

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Bientôt un « historique thermique » pour les grands vins ?

Le dispositif Beaucarnea, médaille d’or du concours Lépine, s’intègre aux bouteilles et enregistre, de manière irréversible, les températures minimum et maximum subies. Bien que coûteuse, cette petite capsule pourrait révolutionner le monde des vins de garde.

Aux enchères, à un particulier, en ligne… Acheter une bouteille de vin loin de son producteur expose toujours à une part de hasard. Un risque que Tegwen Naveos, créateur de Beaucarnea, compte bien limiter. Son concept : une capsule ressemblant à une montre, qui s’intègre dans la piqure (ou « cul ») de la bouteille. « C’est un procédé 100 % mécanique. À l’intérieur, vous avez des composés métalliques qui réagissent aux températures », décrit l’inventeur.

15 € la capsule
Sur l’écran, trois aiguilles : « celle du dessus indique la température du moment, celle de gauche la température minimum subie, celle de droite la température maximum subie. C’est irréversible : tout acheteur aura ainsi accès à l’historique thermique du vin. » Rien de plus. Mais assez pour chambouler le marché secondaire. « On sait que la spéculation existe, et que les vins d’exception peuvent passer dans dix mains différentes et faire trois fois le tour du monde avant d’arriver chez le consommateur finale. Comment savoir si dans son périple, elle n’a pas été coincée dans un conteneur en panne de climatisation, ou dans un garage en plein été ? »

Le dispositif sonnerait donc la « fin de la loterie ». Pour les crus les plus onéreux en tout cas. Ces boîtiers, exclusivement destinés aux producteurs, seront dans un premier temps vendus 15 € pièce. « Il est évident qu’à ce prix, cela ne concerne pas les entrées de gamme. Mais sur certains grands crus, ce n’est rien », souligne l’entrepreneur.

Des Bourguignons intéressés
En phase de pré-commercialisation, Beaucarnea a trouvé ses premiers ambassadeurs. Des domaines bourguignons pour la plupart. Parmi eux Prieuré Roch, célèbre domaine cogéré par Yannick Champ. « Ayant un domaine sous les projecteurs, ça nous intéresse, évidemment. Nos vins se trouvent beaucoup sur le marché secondaire, et leur prix augmente à chaque changement de main. Si le consommateur final paye dix fois le prix domaine, et se retrouve avec un vin pas consommable, son réflexe est souvent de se retourner contre nous. En tout cas, cela nuit à notre image. Ce qu’on espère de ce dispositif, c’est qu’il certifie au consommateur qu’il va vivre une vraie expérience Prieuré Roch. »

Si Beaucarnea enregistre les températures, ce n’est pas le cas des autres paramètres pouvant détériorer un vin : humidité, vibrations, ou encore lumière. « Il n’était pas possible de tout faire en même temps », reconnaît Tegwen Naveos, qui précise que « les températures extrêmes restent le risque n°1 pour un vin qui voyage ». L’entrepreneur breton, qui compte produire ces capsules à Pontarlier (25), estime le marché potentiel à « 50 millions par an ». Et pour convaincre ses futurs clients, il dispose déjà d’un argument choc : la médaille d’or du concours Lépine, gagnée ce mois de mai 2023 à Paris.

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Le Tour de France s’installe en Auvergne

Le 9 juillet, le Tour de France cycliste s’installe en Auvergne pour quatre jours. Une montée exceptionnelle au puy de Dôme et quelques cols mythiques, entrecoupés d’une pause d’une journée pour se reposer à Clermont-Ferrand, en découvrant les Côtes d’Auvergne.

La première journée du Tour de France cycliste en Auvergne sera spectaculaire. Partant de Saint-Léonard-de Noblat, à l’est de Limoges à 420 ms, il grimpera le dimanche 9 juillet trois côtes sérieuses, Felletin, Pontcharraud et Pontaumur, avant de terminer en apothéose par l’ascension du puy de Dôme à 1 415 m, après 13,3 km à 7,7 %, une première pour la course depuis 1988 en raison d’un nouvel aménagement qui rendait une arrivée presque impossible à organiser. L’accès y est d’ailleurs interdit à tout véhicule depuis 2012, et même aux cyclistes en dehors du Tour. Le puy de Dôme a pourtant installé sa légende dans l’histoire en devenant l’unique ascension du Massif central classée hors catégorie. Voilà plus de 70 ans que les coureurs s’y attaquent, depuis le Tour 1952, lorsque Fausto Coppi s’y était imposé.

Côtes d’Auvergne AOP et IGP Puy-de-Dôme
Le vignoble des Côtes d’Auvergne étant petit (350 hectares) et éparpillé (moyenne des domaines : 5 hectares), les coureurs ne le verront guère. Dommage car il occupe de spectaculaires paysages sur environ 80 km du nord au sud et 15 km d’est en ouest. Répartie sur 53 communes, l’appellation est principalement localisée sur les rebords du bassin de la Limagne et sur les flancs des édifices volcaniques qui la ponctuent, entre la chaîne des monts du Livradois à l’est et la chaîne du Sancy à l’ouest. L’encépagement est rouge à 90 %, pinot noir et gamay, avec une dominante de gamay. Les sols argilo-calcaires se situent essentiellement sur les rebords du bassin de la Limagne, alors que les sols basaltiques sont localisés sur les flancs des édifices volcaniques (le puy de Corent par exemple) mais également à proximité des coulées basaltiques des reliefs inversés (Châteaugay, Chanturgue, puy de Mur, plateau de Gergovie…).

À découvrir dans le verre
Les suiveurs du Tour se feront plaisir en découvrant une rare curiosité, le cépage damas noir, ou petite syrah auvergnate, du domaine de Pierre Goigoux. Il avait disparu pendant cent ans et revient sur les pentes de Châteaugay, à 400 m d’altitude, sur des sols argilo-calcaires, aux portes de Clermont : parfums de framboise et de fleurs, bouche délicate avec des nuances poivrées, grand équilibre, finale longue et épicée (domaine La Croix Arpin, IGP Puy de Dôme 2021, 20 €).

Vulcania aux portes de Clermont-Ferrand
Après un repos d’une journée à Clermont-Ferrand, les cyclistes reprendront la route à l’extérieur de la ville, à Vulcania, le centre touristique du volcanisme, situé au cœur de la chaîne des puys, qui s’agrandit justement cette année d’un planétarium, le plus vaste de France. Deux étapes de montagne suivront pour les coureurs, avec des montées fameuses comme le Col de la Croix Saint-Robert, qui compte 6 km à 6,3 %. Ils redescendront vers Issoire, dans une zone de vignes. Le mercredi 12 juillet, repartant de Clermont-Ferrand, le Tour remontera vers le nord pour rejoindre Moulins (Allier) au terme de 180 km encore bien accidentés. En attendant de rejoindre les vignes voisines de Saint-Pourçain, on gardera un délicieux souvenir de l’Auvergne en dégustant à bonne température, c’est-à-dire à 16° C maximum, un formidable côtes-d’auvergne rouge, au fruité épicé, à la bouche bien mure mais fraîche, issu d’un assemblage de vieilles vignes de gamay situées à 348 m d’altitude (Gamay 348 2018, Cave Desprat Saint-Verny 11,50 €).

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Moët Ice Impérial : le plus rafraîchissant des sacrilèges

Quand la plus prestigieuse des Maisons de Champagne vous encourage au sacrilège ultime, celui de boire son champagne « on the rocks », avec des glaçons, pour mieux savourer l’été et découvrir une expérience plus décontractée autour du roi des bulles, vous haussez les sourcils. Pourtant, dès la première gorgée, vous voilà convaincu. Et pour cause, derrière la cuvée Moët Ice Impérial spécialement dédiée à cet usage, se cache un travail d’orfèvre. Benoît Gouez, le chef de caves de Moët & Chandon, nous en révèle la mécanique subtile.

Comment est né le concept de la cuvée Ice Impérial ?
Le point de départ pour nous de cette aventure était de trouver un moyen de développer la consommation de champagne en dehors de la fin d’année. Il était curieux de constater que nous étions si peu performants en été, une période où les gens sont détendus, veulent avoir du bon temps, et qui devrait être le « moment champagne » par excellence. On s’est alors aperçu que le champagne était perçu comme trop formel, pas assez décontracté pour le summer mood. Nous savions pourtant qu’en Champagne, certains, souvent d’ailleurs des membres de la profession, n’hésitaient pas à mettre des glaçons dans leur champagne. Mais nous avons considéré qu’il ne s’agissait pas d’une bonne proposition. Si vous utilisez un champagne classique de la gamme, qui est supposé être équilibré par lui-même, le vin devient vite aqueux, insipide… Cela nous a conduit à nous demander si nous ne pouvions pas créer un champagne qui permette d’offrir une meilleure expérience avec des glaçons. L’idée était de faire en sorte qu’une fois les glaçons ajoutés et la dilution opérée, le vin soit harmonieux. D’où la nécessité d’un champagne qui soit par certains aspects excessif. 

Comment cela se traduit-il dans le vin ?
Si vous goûtez Ice Impérial seul, vous aurez un vin très aromatique, avec un côté exotique et végétal marqué. Comme c’est un champagne plutôt dosé, on a besoin d’une proportion de tailles pour apporter un peu d’épaule, de structure, et des amers qui vont équilibrer le sucre. En même temps, la trame acide est, elle aussi, un peu plus poussée que celle du brut classique, de manière à donner une sensation de rafraîchissement et de désaltération, comme lorsque l’on rajoute une rondelle de citron dans une eau gazeuse. Ainsi, une fois que vous mettez des glaçons dans l’Ice Impérial, sous l’effet de la baisse de température et de la dilution, les choses se mettent en place et vous avez une expérience où vous conservez une signature aromatique et une vraie présence en bouche.

Comment obtenez-vous la trame acide ?
En sélectionnant à la dégustation certains chardonnays. Ils proviennent en général plutôt du bas de la Côte des Blancs : Vertus, Bergères les Vertus. Ces crus sont plus incisifs que ce que l’on peut trouver dans le Sézannais ou le haut de la Côte blancs, où vous aurez des vins davantage ronds et riches.

Pour garder ce côté vif et rafraîchissant, réduisez-vous la part de vins de réserve?
La proportion est équivalente à celle du Brut impérial (30 à 35 %). En revanche, le vieillissement sur lie est un peu plus court. Au lieu de 24 mois, on est plus proche de vingt mois. En effet, dans la mesure où il y a une signature aromatique assez intense sur le fruit auquel s’ajoute le dosage en demi-sec, la richesse ne justifie pas une longue maturation. Nous ne recherchons pas des arômes toastés, grillés comme dans les bruts. Il s’agit de rester davantage sur le fruité primaire. Quant à la maturation que nous opérons, elle a vocation à enrober un peu la bouche, à affiner la bulle, mais pas apporter des caractères réducteurs.

Vous parliez du dosage, à quel niveau se situe-t-on ?
Sur le blanc, on est à 45 g, soit le dosage d’un demi-sec classique. Quant au rosé, on est à 38. Il est un peu plus faible sur cette seconde cuvée, dans la mesure où le vin rouge apporte un fruit supplémentaire qui suggère déjà une sensation de sucrosité.

Quelque part, l’Ice Impérial est un retour aux fondamentaux du champagne. Parmi les tout premiers consommateurs, les Russes ne le buvaient-ils pas frappé, très dosé et alors que les vendanges peinaient parfois à parvenir à maturité, avec des niveaux d’acidité très élevés ?
Effectivement, je n’y avais pas pensé, cela mime une consommation d’antan, même si nous voulons nous adresser plutôt à des consommateurs modernes et non à des nostalgiques. L’essentiel des consommateurs de l’Ice sont plutôt des jeunes et de nouveaux consommateurs de champagne. Le mode de consommation est plus décontracté, la plage, la terrasse, en outdoor. Ce qui est formidable, c’est que ce produit a élargi notre base d’amateurs. Il n’y a pas eu de cannibalisation. Ce ne sont pas des gens qui buvaient du Brut Impérial qui d’un coup viennent boire de l’Ice Impérial. Il s’agit d’une consommation additionnelle, des endroits et des moments où nous n’étions pas. 

Prix Conseillés : Moët Ice Impérial : 55 € Moët Ice Impérial Rosé : 56 €

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Quand Veuve Clicquot explore les secrets de la mer Baltique…

A l’occasion d’un voyage dans les îles Aland, Terre de vins est retourné sur les traces de cette mystérieuse épave des années 1840 retrouvée en 2010 avec à son bord 168 bouteilles de champagne. Nous avons pu rencontrer tous les acteurs de cette aventure, du plongeur qui a découvert les bouteilles, à Richard Juhlin, le journaliste suédois, qui les a dégustées… Et pour mieux comprendre les conditions de conservation sous-marines, nous avons goûté les bouteilles immergées en 2014 par Veuve Clicquot.

Qui connaît les îles Aland, cet archipel perdu dans la mer Baltique, entre la Suède et la Finlande ? Il aura fallu cette découverte extraordinaire en 2010 pour que le monde le place sur la carte. Avec ses maisons colorées en bois entourées de pins, de bouleaux et de prairies couvertes de fleurs bleues, l’endroit semble resté hors du temps. Partis de Vatry en Champagne, après trois heures d’avion, nous avons atterri dans la capitale Mariehamm avant de prendre un bus puis un bateau pour arriver enfin aux abords d’un petit îlot où flottait le pavillon de Veuve Clicquot. Là, c’est un coup de canon qui nous a accueillis, mis à feu par un individu en ciré jaune, sorti d’un cabanon. Sans doute le gardien du temple… Au même moment, quelques bulles ont commencé à éclore à la surface de la mer, jusqu’à ce que la tête d’un plongeur surgisse des abysses. Dans ses mains ? Des bouteilles de Veuve Clicquot ! Elles reposaient depuis 2014 tout près de la fameuse épave où ont été retrouvés les flacons des années 1840. L’homme grenouille n’est autre que Christian Ekström, celui-là même qui a remonté autrefois la cargaison mythique. 

Retour en 2010…

Comme toutes les grandes découvertes, elle est en partie le fruit du hasard. Ce jour-là, Christian et ses amis ont décidé d’aller explorer un sous-marin de la Première Guerre mondiale gisant par 100 mètres de fond. Mais le bateau tombe en panne et une fois la réparation opérée, le temps nécessaire pour une pareille expédition n’est plus suffisant. Les plongeurs se replient donc sur un autre site, moins profond, où les pécheurs suivant les conseils des anciens ne jetaient jamais leurs filets parce que quelque chose gisait là et les accrochait. À 40 mètres sous l’eau, la petite équipe tombe en effet sur une goélette de 22 mètres de long, quasiment intacte. « Le bateau a dû rentrer en collision avec un récif. La coque était éventrée. Cela a dû aller très vite. Je pense que les navigateurs ont péri dans le naufrage, la température de l’eau est ici l’une des plus froides au monde » raconte Christian.

N’ayant pas réussi à retrouver la cloche de quart où figure habituellement le nom du navire, notre héros décide de ramener l’une des bouteilles qui jonchent le sol du bateau. Peut-être, pense-t-il, l’aideront-elles dans la datation du sinistre. Au cours de l’ascension, la différence de pression fait remonter le bouchon. Christian doit le retenir avec son pouce. Le morceau de liège finit cependant par jaillir alors que les plongeurs sont réunis dans la roulotte pour examiner le flacon. « J’ai commencé par humer la bouteille pour vérifier que ce n’était pas du poison. Puis j’ai avalé une gorgée. C’était une explosion d’arômes. Comme un soda qui a été secoué, on sentait qu’il y avait eu des bulles. Le vin était très sucré. J’ai d’abord pensé à un muscat ou à un tokäi. L’odeur était celle de feuilles mouillées à l’automne. C’était très profond, il y avait aussi des arômes de tabac. » 

Pour parvenir à identifier la nature du vin, Christian se rend chez Ella Grüssner Cromwell-Morgan, la preuve vivante de l’universalité de la culture du vin, puisque même dans cet improbable bout du monde, où aucun pied de vigne n’a jamais poussé et où règnent en maîtres la bière et la vodka, on peut trouver une sommelière ayant étudié à Londres !  « En voyant Christian passer ma porte avec cette bouteille, je me suis tout de suite saisi de verres de champagne. Le geste était inconscient, mais je pense que la forme du flacon avait dû me mettre sur la piste. Lorsque j’ai goûté le vin, c’était comme grimper à bord d’une machine à remonter le temps. On reconnaissait bien l’acidité du champagne, qui était remarquablement élevée mais très bien équilibrée par la sucrosité. La sensation procurée était celle d’être assis dans un fauteuil en cuir avec un bon cigare. Cette bouteille pour moi était de loin la meilleure. Non pas parce que c’était une Juglar, mais parce qu’elle a été dégustée immédiatement après avoir été sortie des eaux. Les autres qui ont été goûtées plus tard avaient déjà connu une évolution rapide liée au changement de milieu. On pouvait également les apprécier mais à condition d’être spécialiste. Celle-ci n’importe qui y aurait trouvé de l’agrément ! »

Tandis que l’on ignore encore que parmi ces trésors se trouvent des flacons de Veuve Clicquot, la Maison est sollicitée pour son savoir-faire en matière de rebouchage. Elle collabore d’autant plus volontiers que Fabienne Moreau, en charge à l’époque des ressources historiques, a un pressentiment : potentiellement, vue la quantité de bouteilles sur le bateau (168 !) et la proximité du marché russe que Veuve Clicquot inondait littéralement au XIXe siècle, la probabilité de trouver quelques bouteilles de la marque était forte. Quelques mois plus tard, c’est le jackpot. En reconditionnant les bouteilles, on s’aperçoit que 47 proviennent de la maison. Cerise sur le gâteau, 30 offrent des vins relativement préservés. « C’est la marque qui a, en ratio, le taux de bouteilles en bon état de conservation le plus important. L’obsession de Madame Clicquot pour la qualité de ses vins mais aussi du bouchage s’est avérée payante ! La preuve 170 ans plus tard… » souligne l’historienne Isabelle Pierre. Richard Juhlin qui a dégusté tous les flacons avant leur rebouchage, nous confirme cette supériorité : « D’une bouteille à l’autre, on reconnaissait facilement les différentes marques. Heidsieck-Monopole était assez floral. Veuve Clicquot était plus intense, avec des notes de noisette. Juglar était davantage rustique. Quant à la sucrosité, ce qui était fascinant, c’est qu’aujourd’hui sur certains demi-secs qui sont beaucoup moins dosés, elle est plus dérangeante. Là, alors qu’elle atteignait 150 g/litre, elle était parfaitement intégrée, un peu comme sur un vieux château d’Yquem. »

Restait à dater ces vins. La marque apposée sur le miroir du bouchon indiquait : « V. Clicquot. P Werlé ». Or la mention d’Edouard Werlé, bras droit de la Veuve Clicquot associé sur le tard, n’apparaît qu’à partir de 1841 comme en atteste le certificat de dépôt retrouvé dans les archives de la maison et le communiqué adressé à tous les agents avec une reproduction de l’estampillage. Il faut dire que le champagne Veuve Clicquot, victime de son succès, souffrait déjà de nombreuses contrefaçons dont il essayait par tous les moyens de se prémunir. En l’absence de muselet métallique, on sait aussi que ces bouteilles sont forcément antérieures à 1850. 

Les circonstances de cet envoi et ses destinataires demeurent un mystère : « Les bouteilles de Veuve Clicquot n’étaient jamais expédiées avec d’autres marques. On peut en déduire qu’il s’agit de flacons achetés, sans doute à Hambourg, chez l’un de nos grossistes. C’est la raison pour laquelle nous n’avons aucune trace dans nos archives de ce naufrage et d’une quelconque commande » explique Isabelle Pierre. Le fait que les bouteilles aient été retrouvées dans la cabine du capitaine et non dans la soute commerciale exploitée par la compagnie (une partie du bateau qui n’a d’ailleurs pas encore été explorée !) plaide aussi pour cette hypothèse. Il n’était pas rare en effet que les capitaines fassent eux aussi quelques opérations pour leur profit personnel.

« Cellar in the Sea » : la dégustation comparative des bouteilles immergées en 2014

C’est en raison de cet incroyable état de conservation que la Maison Veuve Clicquot a souhaité replacer des bouteilles dans les mêmes conditions, celles-ci apparaissant par bien des aspects assez idéales. A 42 mètres de fond, la pression est identique à l’intérieur et à l’extérieur de la bouteille, ce qui limite les échanges. La très faible luminosité ne risque pas d’altérer le vin et la température est extrêmement stable. Ajoutons que la faible salinité de la Baltique, vingt fois inférieure à celle de l’Océan, limite la corrosion du bouchon. 

Nous avons pu participer à une dégustation comparative avec des cuvées dégorgées exactement au même moment mais vieillies ensuite en cave. Voici nos conclusions : sur le Brut Carte jaune en bouteille, base 2010, la différence est flagrante. La version de la mer Baltique offre un nez épuré avec de jolis notes d’agrume et de coing. La bouche est très fraîche, citronnée et légèrement toastée, avec en filigrane une petite salinité et une finale un peu mentholée. La version restée en cave est moins serrée. Elle présente dès le premier nez un caractère plus évolué avec des notes déjà presque de sous-bois et d’abricot cuit. En bouche, les arômes toastés sont beaucoup plus marqués et la tension citronnée moins flagrante. Même constat sur le demi-sec en bouteille où les notes grillées sont également plus intenses pour la version vieillie en crayère, au point de masquer un peu le fruit.

Lorsque l’on passe au magnum de Brut Carte Jaune, dont on sait que le format limite davantage l’oxygénation, la différence est moins évidente. Tout au plus notera-t-on que la version des crayères a peut-être davantage de complexité. Mais la principale conclusion, c’est surtout que les deux magnums sont excellents, Veuve Clicquot nous apportant la preuve que même ses non millésimés ont une très belle capacité à vieillir. Sur le Vintage Rosé 2004, les deux vins sont également assez similaires, si ce n’est que la fraise des bois dans la version crayère est légèrement plus confiturée. Cette fois l’écart moindre s’explique sans doute par la quantité plus importante de tanins liés à la proportion de vin rouge ajoutée à l’assemblage : on sait qu’ils ont des vertus conservatrices.

Si on examine ensuite la composition chimique des cuvées, on s’aperçoit que dans les bouteilles de la Baltique, les terpènes, qui sont des molécules liées aux arômes de fraîcheur et aux notes végétales positives sont davantage présentes. Un constat qui concorde avec les impressions d’une plus faible évolution à la dégustation. En revanche, la concentration d’hétérocyles est également plus significative, ce qui est troublant, car ceux-ci sont liés à des arômes comme le chocolat, le café, typiques des vins qui ont pris de l’âge. Les recherches ne font toutefois que commencer. Les différences devraient s’accentuer lors des prochaines dégustations comparatives qui se prolongeront au moins jusqu’en 2054.

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[Concours des vins, les coups de cœur 1/12] Château Haut Coustet & Château Turcaud

La cinquième édition du concours des vins organisé par Terre de vins a de nouveau été l’occasion pour des milliers de professionnels du vin de soumettre leur nectar à l’exercice de la dégustation à l’aveugle. Ce sont 2283 flacons qui ont ainsi été présentés pour un total de 444 médailles d’or. Parmi ces médaillés, la rédaction de Terre de vins a élu 24 « superchampions », des vins « coups de cœur » que nous vous présentons durant tout l’été. Aujourd’hui, deux cuvées bordelaises sont à l’honneur.

CHÂTEAU HAUT COUSTET (33)
Le vin est très souvent une histoire de famille et ce n’est pas Château Haut Coustet, dans le sauternais, qui viendra nous démentir. Paul Mercadier et sa femme Émilie représentent la 5ème génération présidant à la destinée des vignobles du même nom. Car présenter Haut Coustet comme un solitaire serait assez maladroit. Acquise en 1996 par Philippe, le père de Paul, la propriété cohabite dans le portefeuille familial avec Château Tuyttens acheté trois ans auparavant et Château de Veyres qui a rejoint le giron en 2001. Sans oublier les châteaux Partarrieu et Pechon qui viennent compléter la palette de nectars tous vinifiés en appellation Sauternes. Le point commun de tous ces vins ? “Un encépagement qui respecte la tradition sauternaise” avec une très forte majorité de sémillon (80%) complété à parts égales par le sauvignon et la muscadelle. Ce classicisme au niveau des cépages est sublimé à la vinification par la signature de Paul “l’audace, la créativité et la sensibilité”, sans pour autant oublier le sens de l’histoire qui l’amène à “faire fructifier la tradition et les enseignements” transmis par Philippe. Une histoire de famille décidément immanquable. 

La cuvée médaillée : Château Haut Coustet 2020, Sauternes, 22 €
Cette bouteille vaut par sa liqueur très réussie, sur des notes miellées très nettes, de poire, d’abricot sec, de safran. Il y a de la densité, c’est plein, onctueux, la liqueur se montre chaleureuse sur des saveurs de coing et d’ananas rôti : une touche de gingembre et de poivre blanc twiste une finale rafraîchissante. Concentré et délié. Un exercice réussi sur un 2020 qui demandait de la compétence.

Accord mets-vin
À l’apéritif, sur des gambas au gingembre.

CHÂTEAU TURCAUD (33)
Régulièrement lauréat du “top vin” annuel de l’Entre-deux-Mers récompensant les vingt meilleurs blancs de l’appellation, Château Turcaud est un habitué des médailles et se présente comme une locomotive pour ce vignoble sous-estimé du bordelais. Cette régularité dans la qualité, nous la devons à Isabelle et Stéphane Le May qui incarnent la deuxième génération à la tête de la propriété de 50 hectares. Aux commandes depuis 2009 mais déjà présents au domaine depuis plus longtemps encore, ils connaissent parfaitement leur terrain de jeu duquel ils tirent la quintessence grâce à un harmonieux mélange “d’exigence, de passion, d’expérience et d’investissement familial”. Le fruit de cette discipline est multicolore puisqu’en plus du vin blanc que notre rédaction a élu “superchampion”, Château Turcaud se décline en rouge, en rosé, mais aussi en crémant. De quoi séduire un large public avec des vins au rapport qualité-prix exceptionnel. 

La cuvée médaillée : Château Turcaud 2022 Blanc, Entre-deux-Mers, 7 €
Charme et distinction assurés pour ce vin qui combine habilement les cépages. Très expressif, le nez reste sur des arômes élégants de citron jaune, de tilleul , une touche de pierre à fusil, et un coté fumée. La bouche, caractérisée par un grain très fin apporté par le sémillon, se montre fluide et élégante sur un équilibre parfait entre incisivité et rondeur. Une référence dans cette appellation.

Accord mets-vin
Cabillaud rôti à l’estragon.

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C’est l’été, on va déguster !

La saison des manifestations vigneronnes est ouverte. Direction Gigondas et Nyons, avec deux bons plans pour allier tourisme et découverte des vins. 

À taaaable !!!!
Pour les amateurs, le lundi 17 juillet à Gigondas, c’est « the place to be » ! Ils sont nombreux à grimper jusqu’à la place du village pour assister à l’évènement estival « Gigondas sur table ». On y déguste, on y mange, on se photographie aussi, le cadre est des plus instagramable au pied des Dentelles de Montmirail…

Côté vins, il y a le choix. Le ban et l’arrière-ban des vignerons et négociants de Gigondas servent leurs cuvées. Il faut être patient et se serrer les coudes, ils sont une quarantaine. À leurs côtés, 6 chefs et artisans donnent la réplique avec des produits locaux, tout aussi savoureux. Chaque année, un invité d’honneur se glisse parmi eux. Les vignerons de l’appellation Montlouis-sur-Loire trouveront-ils le chemin ? Parions que leur chenin aiguisera les papilles !

De 20h à 23h30
50 €
04 90 37 79 60
Réservation obligatoire sur www.billetweb.fr/gigondas-sur-table

Du vin et de l’huile aussi 
C’est une première pour les deux AOC drômoises. L’appellation Côtes du Rhône Villages Nyons (AOC depuis 2020) s’associe avec l’huile et les olives (AOC depuis 1994) dans un festival, le vendredi 21 juillet. Les vignerons du Nyonsais (Mirabel-aux-Baronnies, Nyons, Piégon et Venterol) installent leur bar à vin, à tapas et à huile à Piegon. Sur la place de la belle vendangeuse (une sculpture monumentale de 30 mètres, taillée à même la colline, représentant la vigne) se dérouleront démonstrations culinaires de chefs et masterclass vin et huile (sur réservation). Un marché nocturne avec des artisans d’art, des jeux pour enfants et des animations musicales vous transporteront jusqu’au bout de la nuit.

À partir de 18h
06 86 86 33 62
www.nyons.vin

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Le Chambertin de la maison Delaunay élu meilleur rouge de l’année par l’IWC

Lors de son édition 2023, l’International Wine Challenge de Londres a choisi ce grand cru de Bourgogne comme meilleur rouge de l’année.

Créée il y a sept ans, elle accumule déjà les récompenses. La maison Edouard Delaunay, située dans les Hautes-Côtes de Nuits, en Bourgogne, vient de remporter le prix du meilleur vin rouge de l’année à l’International Wine Challenge (IWC) 2023. Le lauréat ? Un Chambertin grand cru de 2020. Le pinot noir se distingue parmi d’autres rouges du monde entier, avec un total dépassant les 97 points sur 100.

Un honneur pour Laurent Delaunay, propriétaire de cette maison. « Quel bonheur que de voir élu un Grand Cru de Bourgogne, où ma famille produit du vin depuis des générations ! », se félicite le négociant. Au total, 7 de ses vins ont reçu un prix lors du concours : Chambertin Grand Cru, Puligny-Montrachet 1er Cru Les Referts, Pommard 1er Cru Les Chaponnières, Nuits-Saint-Georges 1er Cru Les Saint-Georges, Charmes-Chambertin Grand Cru, Corton-Charlemagne Grand Cru et Gevrey-Chambertin 1er Cru Aux Combottes.

Primé depuis 2020
La maison Edouard Delaunay, surnommée « maison phénix », attire l’attention pour ses vins autant que son histoire. « Il est difficile de croire au succès que nous avons eu en si peu de temps, car le domaine n’est revenu dans les mains de notre famille qu’en 2017. Ce soir, nous avons l’impression d’avoir fait un nouveau grand pas en avant, non seulement pour redonner au domaine la gloire de son apogée au XIXe siècle, mais aussi pour asseoir la réputation grandissante d’Edouard Delaunay en Bourgogne. »

La maison a également été distinguée par l’IWC en 2020 (prix du meilleur vinificateur en rouge pour le maître de chai de la maison Christophe Briotet), 2021 (meilleur vinificateur en blanc) et 2022 (meilleur vinificateur en rouge).

L’IWC, c’est quoi ?
Comme son nom l’indique, l’International Wine challenge (IWC) est un concours de vin récompensant des cuvées de toute la planète. Créé en 1984, il se déroule à Londres, et ses organisateurs le définissent comme le « plus rigoureux, le plus impartial et le plus influent au monde.» Concernant la rigueur et l’impartialité, il est vrai que les vins sont tous dégustés à l’aveugle, et passent par plusieurs séries de dégustations avant décision.

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L’appellation Duché d’Uzès fête ses 10 ans

584 hectares de superficie en production, répartis sur 77 communes, avec 44 opérateurs, 10 697 hectolitres dont 53% de vin rouge, 30% de blanc et 17% de rosé. Voici en quelques chiffres l’AOC Duché d’Uzès, qui célèbre ses 10 ans. Cela vaut bien une rencontre avec son président Michel Souchon.

Quel chemin a été parcouru depuis ces 10 années ?
De plus en plus de vignerons font partie de l’AOC. La superficie est de  584 hectares identifiés, sur des parcelles qui sont les mieux situées avec des profils correspondant au cahier des charges. Le potentiel qui peut être encore classé est de 3 000 hectares. Mais nous n’utiliserons pas la totalité. Il faut caler la production sur la capacité de commercialisation.

Quels sont les marchés de l’AOC ?
Surtout de la vente directe aux caveaux, la CHR, les petits distributeurs, un peu d’export, environ 10 %. C’est une branche à développer, on y travaille avec des actions de communication vers le Royaume Uni, la Belgique. Chaque vigneron développe ses marchés, vers les USA, le Japon… Nos vignerons sont dynamiques et engagés dans la démarche de l’appellation, pour faire des vins de qualité, notamment des blancs.

Justement, les blancs représentent 30 % de la production. Est-ce un bon point au regard de la consommation actuelle ? Incitez-vous les nouvelles plantations ?
Effectivement, nous avons pris de l’avance ! L’évolution est notoire avec +42 % en volume depuis 10 ans. Nous allons plus loin. Conscients que nous avons un terroir à blancs, nous avons fait évoluer notre cahier des charges. A partir de cette récolte, il y aura obligation d’un troisième cépage. Avec le viognier et le grenache existants, s’ajoutent le rolle, la marsanne et la roussanne, à hauteur de 20 %, utilisés ensemble ou séparément.

Nous sommes intransigeants. Tous les lots passent en commission de labellisation et sont dégustés.

Les certifications sont telles notoires ?
Sur 44 opérateurs, 21 sont en bio, ce qui représente 45 % des surfaces, avec les conversions. Au total, ils sont 90 % a être engagés dans une démarche environnementale, avec HVE ou Terra Vitis. Il faut noter également qu’il n’y a aucune irrigation sur quasiment toute l’aire, faute d’accès. Il n’y a donc pas de débat.

L’AOC est partenaire de La Maison Dance CDCN d’Uzès et les vignerons ont donné un spectacle. La culture est au cœur de l’appellation ?
Oui, également avec la manifestation Le vin Côté Cours, chaque année en mai, nous voulons montrer le travail des vignerons, le patrimoine de nos villages et la gastronomie autour de la truffe.

Des projets à venir ?
La compagnie bachique fête ses 20 ans en fin d’année. Ses membres, et les personnalités intronisées chaque année, œuvrent au développement de la notoriété des vins Duché d’Uzès aux quatre coins de France mais aussi à l’étranger. Et puis, la Guinguette pour la soirée d’anniversaire, au Jardin de l’Évêché, le jeudi 27 juillet.

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Collection Pays d’Oc 2023 : la soirée estivale réussie de l’IGP !

Après 3 ans d’absence, elle était de retour ! La soirée de présentation de la nouvelle Collection printemps/été 2023 s’est déroulée hier soir et a réuni plus de 250 personnes autour des nouveaux ambassadeurs du syndicat. Retour sur une soirée estivale réussie.

Commencée les 12 et 13 avril au siège de l’IGP Pays d’Oc, au domaine de Manse (Lattes) l’aventure Collection 2023 s’est achevée hier par la soirée grand public de présentation des cuvées ambassadeurs de l’année. Rappelons que le jury avait retenu 34 vins dont 18 blancs, 8 rouges et 8 rosés, dans la plus grande salle de dégustation d’Europe.


Co-organisé par Terre de Vins et le syndicat des producteurs de l’IGP, l’évènement a encore une fois été un succès pour promouvoir l’identité « vins de cépages », où 58 sont autorisés par le Label. “Une terre de liberté qui permet aux milliers de domaines de s’exprimer lors de la vinification” nous a confié le Président du syndicat Jacques Gravegeal. Le résultat s’est ressenti hier.

“Notre chardonnay s’est parfaitement adapté à notre terroir”
Cette année, ce sont les vins blancs qui ont été mis à l’honneur par le jury de dégustation, composé de professionnels du vin et de la gastronomie. Les membres ont notamment élu la cuvée Scène n°9 Chardonnay 2022 du domaine Ricardelle de Lautrec, un cépage septentrional qui peut s’adapter au terroir languedocien « pour donner un vin blanc frais, vif et long en bouche » estime Maëly Beziat, la responsable commercial du domaine.

Autre temps fort de la soirée, les 3 speed tasting organisés l’IGP et animés par Noëlle Bardou. Des “Master Class” qui ont également tenu leur promesse, celle de mettre en avant les spécificités et l’originalité de l’IGP, notamment le rosé star de l’été où on pouvait déguster Les Terres de Paraza « C’est la Vie » un Cinsault 2022, Les Salins du Midi « Saint Louis » un Grenache 2022 et Alma Cersius « Le Chant des Grillons » un Syrah 2022 suivi de la nouvelle vague des rouges frais où ont été présentés le Cellier des Demoiselles « Vieux Carignan » 2022, le Domaine la Combe Blanche « Cinsault d’Enfer » 2021 et le Domaine de Causse « Aphrodite », Syrah 2020 et enfin l’atelier sur les cépages insolites autorisés à la production avec Les Vignobles Foncalieu « Sillages », Alvarinho 2022, Anne de Joyeuse « Rhabdodon Priscus », Mauzac 2022, Les Vignobles de Vendéole « Le Rosé de Vendéole », Pinot Gris 2022 et le Domaine de Valensac « Entre nous selon Valensac », Petit Verdot 2021.


Sur fond de musique jazzy avec Little Guinguette et de petits mets finement préparés, les amatrices et amateurs de vins ont pu découvrir toute l’immensité du talent des producteurs des vins de l’IGP Pays d’Oc.


Photos ©Olivier Meynard

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