Trophée Cognac vignoble engagé : le palmarès a fière allure !

Les 18 prix ont été décernés ce jeudi 29 juin à Jonzac (17). Les profils des lauréats sont divers. Ces Viticulteurs, distillateurs et négociants, mais aussi entrepreneurs, élus et associatifs, sont tous investis dans la transition environnementale du pays du cognac

Collectif ! Voilà le maître-mot de notre filière”, s’est enthousiasmé Christophe Veral, président du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), jeudi soir à Jonzac (Charente-Maritime).

Collectif, comme une équipe de rugby, un groupe composé de joueurs aux profils divers mais réunis par le même élan”, a insisté Jacques-Olivier Pesme, directeur du Centre de recherche sur le vin de l’université de Colombie-Britannique (Canada), “grand témoin” de la cérémonie des premiers Trophées Cognac Vignoble Engagé, ce 29 juin 2023 au centre des congrès de la Haute-Saintonge.

70 candidatures et 50 finalistes en lice dans 4 catégories et 2 prix spéciaux : la première édition a tenu toutes ses promesses. Elle souligne les efforts d’une filière toujours plus impliquée dans la transition environnementale au pays du cognac.


L’événement était organisé par Terre de vins et le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), en partenariat avec les quotidiens “Sud Ouest” et “Charente Libre” (Groupe Sud Ouest). En voici le palmarès, établi par un jury de 13 professionnels.

Catégorie « Biodiversité »

Ces trophées, parrainés par le Crédit Agricole (caisse Charente-Périgord et caisse de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres), récompensent les pratiques culturales ou commerciales novatrices, les aménagements au vignoble et dans les installations, la réduction durable de l’usage des pesticides, etc. Sont primés :


SCEA Mas de la Pierre Blanche. À Foussignac (16), Léo Bujeaud, 24 ans, dirige l’une des premières exploitations certifiées CEC au pays du cognac. Il s’essaye aujourd’hui à la vitiforesterie.

SCEA Brard-Blanchard. Ici, à Boutiers Saint-Trojan (16), cela fait cinquante ans que la famille défend les atouts d’une viticulture bio, plus proche de la nature, et vend des vins, pineaux et cognacs élégants et fruités.

Maison Hardy. Il y a dix ans, la société à Cognac (16), filiale de la coopérative Unicoop, fut parmi les premières PME du négoce à assembler, élever et commercialiser un cognac biologique.

Domaines Francis Abécassis. Le négociant et viticulteur à Claix (16), connu pour sa marque ABK6, a fait de la viticulture raisonnée une priorité. Il a beaucoup réduit les intrants.

Catégorie « Empreinte »

Ces trophées, parrainés par les Chambres d’agriculture de Charente et de Charente-Maritime, récompensent la gestion des ressources et la diminution de l’empreinte environnementale. Sont primés :


SARL Terra-Cognac. L’exploitation viticole à Chadenac (16) que gère Freddy Jeannaud a réduit sa consommation d’eau en quinze ans. Elle est très impliquée dans le tri et la valorisation des sous-produits de la vigne.

SARL Duluc. Guillaume Duluc, viticulteur à Bellevigne (16), veille lui aussi à une consommation raisonnée : il récupère l’eau de pluie dans de grandes cuves de 500 hectolitres.

Maison Bache-Gabrielsen. Le négociant à Cognac (16) a lancé l’an passé un cognac VSOP bio nommé « 5.5 », dont le flacon écoconçu peut être collecté, lavé et réutilisé en collaboration avec la start-up Eco in Pack.

Distillerie de La Salle. Le bouilleur de profession à Cherves-Richemont (16) a mis au point un dispositif de préchauffage des vins à distiller et des brouillis moins énergivore.

Catégorie « Initiatives collectives »

Ces trophées, parrainés par le BNIC, distinguent les actions de collectifs engagés pour l’environnement. Les candidats venaient de la filière mais aussi du monde institutionnel ou associatif. Sont primés :


Apiviti. L’association basée à Mosnac-Saint-Simeux (16) œuvre à la création de couverts mellifères qui aident les abeilles à passer le printemps.

Boinaud, Hennessy, Martell et Rémy Martin. Ces négociants ont uni leurs efforts dans l’expérimentation d’un mode alternatif de distillation dite « à la vapeur ». Leur candidature était présentée par le Syndicat des maisons de cognac (SMC) à Cognac (16)

Vitibio. Créée il y a vingt ans, cette association basée à Saint-Jean-d’Angély (17) fédère les viticulteurs en agriculture biologique et les accompagne dans leurs démarches administratives, commerciales et techniques.

Mairie de Barret. La municipalité près de Barbezieux (16) est attachée à la bonne entente entre les viticulteurs et les riverains. Elle a créé une commission « agriculture et environnement » veillant à la bonne cohabitation des habitants.

Prix spécial « Innovation »

Ce prix, parrainé par la communauté de communes de Haute-Saintonge, récompense une démarche de recherche et de développement (ou une innovation technologique individuelle ou collective) liée à l’environnement. Il convenait qu’elle soit utile au bien commun, à l’ensemble de la filière cognac et au territoire. Les candidatures pouvaient émaner de toute la Nouvelle-Aquitaine. Le vainqueur est :

Praysbee. Le machiniste agricole installé à Cognac (16) a conçu une rampe de pulvérisation (Wulp Viti) dont les buses délivrent ce qu’il faut de produits phytosanitaires et réduit leur dérive atmosphérique. Le dispositif, bon marché, s’installe facilement sur les tracteurs.

Prix spécial « Ecosystème cognac »

Ce prix, parrainé par l’Agglomération de Grand Cognac, récompense un acteur de la filière cognac vue sa globalité (tonnellerie, chaudronnerie, packaging, verrerie, transports, pépinière, embouteillage, etc.). Est distingué : Bernadet. Le décorateur sur verre à Cognac (16) est reconnu pour la qualité de ses sérigraphies et la maîtrise de la personnalisation des flacons. « Nous préférons la notion de développement durable à celle de la performance globale », dit le patron Jean-Pierre Bernadet.

Cet article Trophée Cognac vignoble engagé : le palmarès a fière allure ! est apparu en premier sur Terre de Vins.

Une cuvée de Gaillac en faveur de SOS Méditerranée

Vigneron à la retraite, Alain Boullenger a décidé de reverser une importante partie de la vente de ses dernières cuvées à l’association SOS Méditerranée.

Agir, même à sa petite échelle. Depuis le mois de février 2023, le vigneron à la retraite Alain Boullenger a mis à disposition de SOS Méditerranée son stock de bouteilles de Gaillac. L’association conserve ainsi 70 % du montant de la vente des vins. L’idée a germé il y a un an : « Plutôt que de continuer à faire des salons, je me suis dit qu’on pouvait en faire profiter des associations. » Il contacte SOS Méditerranée fin 2022. « Ils ont tout de suite été intéressés. » Le vin qui leur est destiné est un 2016 en  AOC Gaillac Rouge, résultat d’un assemblage de braucol, de prunelard et de syrah. L’ancien vigneron du domaine de Castel de Brames a mis ainsi de côté, pour l’association, 1 000 bouteilles de cette cuvée, qui a remporté une distinction lors du concours des vins de Gaillac. Depuis le début des ventes, à l’occasion d’événements de l’association, près de 200 flacons ont été vendus soit près de 1 400 €.

Alter Egaux
Avant de contacter SOS Méditerranée, premier organisme auquel il a pensé, Alain Boullenger a tenté l’expérience avec Alter Egaux, association installée comme lui dans le Tarn, qui vient en aide aux migrants. Les drames en Méditerranée, « cela touche tout le monde », martèle Alain Boullenger. « Dans les années 70, il y avait les boat people. On a tous donné quelque chose pour affréter des bateaux pour les Vietnamiens. Maintenant, cela se passe devant nos portes et on laisse les gens mourir », témoigne en colère le vigneron.

J’ai toujours voulu aider, et là, je pouvais faire quelque chose 

Alain Boullenger

Espagnols, Polonais et Marocains dans le vignoble
« Historiquement, le vin est lié aux échanges, on le vend partout, nos cépages viennent d’ailleurs », poursuit-il encore, soucieux d’expliquer les liens de la vigne avec les populations étrangères. « Mes parents étaient Picards. Quand je suis arrivé dans le Tarn en 1969, ce sont les Espagnols qui nous aidaient à la vigne. Puis, il y a eu les Polonais, les réfugiés italiens au moment de Mussolini. Des réfugiés chiliens sont aussi venus travailler après 1973. » Cette histoire se poursuit encore aujourd’hui. « Dans le vignoble de Gaillac, ce sont les Marocains qui taillent. S’ils n’étaient pas là, on ne s’en sortirait pas. » Une fois les 1 000 bouteilles vendues, il n’y aura plus de stock. « J’espère que d’autres vignerons prendront le relais. Je vais y travailler. Je vais trouver. »

Cet article Une cuvée de Gaillac en faveur de SOS Méditerranée est apparu en premier sur Terre de Vins.

[Publi-Info] Allumer les bougies du vin

L’expérience olfactive du vin ou du champagne est désormais enrichie grâce à Constantin Valianos, créateur de l’entreprise « Les Bougies du Vin« . Il transforme des bouteilles recyclées en bougies parfumées inspirées des arômes de célèbres cépages. Les bouteilles vides sont coupées et poncées à la main, utilisant leur fond comme bougeoir, rempli de cire de soja. Cette initiative écoresponsable lutte contre le gaspillage et préserve la beauté de ces bouteilles.

Fabriquées à la main à Bordeaux, ces bougies sont 100% naturelles : mèches en bois de hêtre français, cire de soja européenne, parfums élaborés sans subastances CMR ni phtalates à Grasse, France. Leurs senteurs sont si authentiques qu’elles rappellent l’ouverture d’une bouteille de vin.

Le Chardonnay évoque des fleurs blanches, du jasmin et une touche de vanille. Le Merlot dégage des arômes de mûre, de prune, de fruits confits et de vanille. Le Sémillon/Sauvignon, lui, dévoile un bouquet de raisins blancs, coing et miel. Le Rosé rappelle la rose fraîche avec un léger côté feu de bois qui rappelle la barrique.

 Une expérience sensorielle à consommer sans modération !

Cet article [Publi-Info] Allumer les bougies du vin est apparu en premier sur Terre de Vins.

Clarissa et Leslie Kellen : Blaye pour port d’attache

C’est une double histoire d’amour : pour le vin et pour cette cité-citadelle perchée sur l’estuaire. Le nom et leurs prénoms suffisent à comprendre que Clarissa et Leslie Kellen ne sont pas d’ici.

Leur patrie d’origine est l’Afrique du Sud où Leslie devient d’abord avocat. « Je déteste mon métier », raconte-t-il. Il cherche une autre histoire à écrire et sa tasse de thé… c’est le vin. Leslie devient dirigeant d’un domaine vinicole du côté de Stellenbosch. « Mais il y a les vins français et les autres », aime-t-il dire. Et justement, lors d’un voyage en France pour trouver une résidence secondaire, Leslie et Clarissa atterrissent à Blaye. Ils achètent la magnifique Villa Saint-Simon pour proposer des bed & breakfast ainsi qu’une galerie d’art. Nous sommes en 2000, ils ne repartiront plus. « Ce fut un véritable coup de cœur pour la ville, il y a une énergie et encore un grand potentiel à développer avec une bonne politique de la ville », confie Leslie. « Cette citadelle, cette ambiance, cette ouverture sur l’estuaire, le cosmopolitisme, le climat, l’architecture des maisons, Blaye continue de nous séduire », ajoute Clarissa. Les années passent et la galerie d’art se fait un nom.

Au milieu des années 2010, le couple sud-af passe la vitesse supérieure en créant La Petite Cave, un bistrot et une cave attenante contenant 330 références. « Nous sommes ravis de cette création, nous avons des bourgognes, des vins d’Afrique du Sud, des vins d’Italie, du Portugal, etc. et de toute la France, à commencer bien sûr par Blaye et Bourg », souligne Leslie qui a même créé un classement des vins de ces deux appellations (kellenclassification.com). Nouvelle étape en 2016 avec l’achat de deux petits hectares de cabernet sauvignon et de sauvignon blanc. Cette ancienne propriété de Gérard Depardieu et de Bernard Magrez est relancée avec l’appui du consultant Christian Prud’homme (Yquem, Opus One…) et les vins d’Étalon Rouge sont de très belle facture. La dernière fierté du couple Kellen est d’être référencé au prestigieux Hôtel Chelsea à New York, célèbre pour avoir hébergé Milos Forman ou Jack Kerouac, Chopin, Dylan ou Andy Warhol. Mais désormais, la beauté sauvera le monde à Blaye et nulle part ailleurs.  

Cet article Clarissa et Leslie Kellen : Blaye pour port d’attache est apparu en premier sur Terre de Vins.

Retour vers le passé pour les 30 ans du Hameau Duboeuf

Premier œnoparc d’Europe, né en 1993 de la volonté de Georges Duboeuf de diffuser à la fois la culture viti-vinicole du Beaujolais et du Mâconnais et la culture de l’œnotourisme, fête ses 30 ans cette année. Pour l’occasion, un nouveau spectacle immersif a été spécialement créé.

Plongée dans une bacchanale du 19è siècle
Le Hameau Duboeuf est adossé à la maison Georges Duboeuf, mais aussi et surtout autour et sur le site de la gare de Romanèche-Thorins, lieu symbolique dans l’histoire des vins du Beaujolais.
C’est donc tout naturellement que le hameau a décidé de réaménager entièrement la gare elle-même pour en faire le point de départ d’un voyage immersif nommé « L’Impérial », à destination des folles soirées du 19ème siècle.

Le départ se fait autour du wagon-promenoir de Napoléon III, symbolisant la rencontre entre l’empereur et sa femme Eugénie avec la reine Victoria d’Angleterre et son époux le Prince Albert. Le wagon ainsi que la salle qui l’héberge se pare d’animations vidéos vous propulsant dans l’univers du Second Empire et plus précisément en août 1855, date de ladite rencontre, à l’occasion de l’Exposition Universelle de Paris.
Une fois l’ambiance de l’époque inspirée, le spectateur est prêt pour partir en soirée et revivre une nuit au cabaret avec les airs d’opérettes les plus connus de l’époque, d’Offenbach à Frou-Frou. Particularité : les chanteuses sont des statues, collection de la famille Duboeuf, qui s’animent pour l’occasion grâce aux techniques de mapping.

L’occasion de (re)visiter le Hameau Duboeuf
Réparties sur quatre sites, 30 000m2 et 40 thématiques retracent 2000 ans d’histoire de la vigne et du vin. Les collections permanentes du Hameau sont extrêmement riches : du matériel agricole en passant par une impressionnante collection d’affiches qui fait réfléchir sur l’évolution de la consommation d’alcool, autant qu’elle amuse.

La muséographie a été conçue pour intégrer tous les publics au travers d’expériences variées : le cinéma propose un survol du Beaujolais en nacelle pour revivre les sensations éprouvées par deux abeilles qui vous guident ; un escape game propose de résoudre « l’énigme du Hameau » ; la dégustation des vins de la maison se fait au son du limonaire ; le restaurant propose une carte de saison et locale et la boutique un choix de cuvées qui dépasse les frontières du Beaujolais et de la maison Duboeuf.

Le Hameau Duboeuf à Romanèche-Thorins – ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 18h
tarif hameau-gare-jardin adulte 22 € / enfant 7-15 ans 12 € / gratuit moins de 7 ans

Cet article Retour vers le passé pour les 30 ans du Hameau Duboeuf est apparu en premier sur Terre de Vins.

Les lauréats des 1ers Trophées Cognac Vignoble Engagé sont …

EMPREINTE
Exploitation viticole : SARL TERRA-COGNAC
Exploitation viticole : SARL DULUC
Négoce / Bouilleur de profession : MAISON BACHE-GABRIELSEN
Négoce / Bouilleur de profession possédant une exploitation viticole : DISTILLERIE DE LA SALLE

INITIATIVES COLLECTIVES
Association / ONG : APIVITI
Négoce : COLLECTIF DES MAISONS DE COGNAC BOINAUD – HENNESSY – MARTELL – REMY MARTIN
Collectif Filière Cognac : VITIBIO
Institutionnel : MAIRIE DE BARRET

VIVRE ENSEMBLE
Exploitation viticole : FAMILLE MARQUIZEAU
Négoce : SARL LA GERBAUDE – DOMAINES CAMUS
Exploitation viticole : SAMUEL BERTHONNAUD
Exploitation viticole commercialisant en bouteille : SCEA CHAMP DU FRENE

BIODIVERSITE
Exploitation viticole : SCEA MAS DE PIERRE BLANCHE
Exploitation viticole commercialisant en bouteille : SCEA BRARD BLANCHARD
Négoce / Bouilleur de profession possédant une exploitation viticole : COGNAC HARDY
Négoce / Bouilleur de profession possédant une exploitation viticole : DOMAINES FRANCIS ABÉCASSIS

PRIX INNOVATION
Entreprise privée hors filière Cognac PRAYSBEE

PRIX ECOSYSTEME
Ecosystème Cognac BERNADET

Cet article Les lauréats des 1ers Trophées Cognac Vignoble Engagé sont … est apparu en premier sur Terre de Vins.

Les appellations Savoie et Roussette de Savoie fêtent leurs 50 ans

Reconnues en AOC en 1973, les appellations Savoie et Roussette de Savoie célèbrent cette année un demi-siècle d’existence. L’occasion de rassembler les acteurs de la filière, vignerons metteurs en marché, prescripteurs autour d’une grande dégustation au château de Tresserve, sur les rives du lac du Bourget, et de faire le point sur l’évolution du vignoble ces dernières décennies.

En un demi-siècle, le vignoble savoyard a beaucoup évolué, en surfaces et en volumes. Après avoir fortement diminué après la crise du phylloxera, les deux guerres et l’exode rural, il est menacé désormais par l’urbanisation qui grignote les surfaces dans un secteur à forte pression démographique. Dans les années 70, il représentait environ 60 000 hl, une production qui avait doublé pour atteindre 120 000-130 000 hl au début des années 2000, ramenée entre 105 et 115 000 hl lors de la dernière décennie. Il a également été marqué par le recentrage sur les cépages locaux. « Depuis 50 ans, le vignoble a su se redéployer, notamment sur les coteaux. Dans les années 70-80, on produisait surtout du gamay, qui a toujours été présent en Savoie, mais également des cépages internationaux comme le pinot noir et le chardonnay, qui étaient plus faciles à travailler et s’adaptaient mieux au bas de coteaux où se situait à l’époque une grande partie de la production, se souvient Michel Bouche, directeur du syndicat et de l’interprofession des vins de Savoie de 1984 à 2019. Les viticulteurs se sont réappropriés les coteaux, porteurs de qualité, surtout à partir des années 90, et ils ont renoué avec des cépages d’ici comme l’altesse, la jacquère et la mondeuse, les cépages les plus plantés depuis 20 ans. Quant à la marsanne (appelée localement le bergeron), à Chignin, elle a connu un développement exponentiel de quelques hectolitres à 5000 aujourd’hui. » Des secteurs comme Ayze, qui n’ont longtemps fait que des mousseux, ont peu à peu vinifié le gringet en vins tranquilles et l’ont fait connaître hors Savoie.

Des cépages endémiques différenciants
On redécouvre progressivement la jacquère (40 % de l’encépagement) qui a eu un temps mauvaise presse, à l’époque où elle était produite à gros rendements, « mais également parce que les consommateurs n’aimaient pas les vins légers à la fin du XXe siècle, précise  Michel Bouche. On a compris que la jacquère et la mondeuse pouvaient donner d’excellents vins quand on les laissait mûrir et sans avoir besoin de chaptaliser. » Les cépages endémiques semblent bien s’adapter au changement climatique. Sur une vingtaine plantés dans la région, une demi-douzaine sont exclusivement locaux (mondeuse noire, mondeuse blanche, persan, altesse, jacquère, gringet), ce qui favorise la différenciation. Sept cépages « anciens » sont aussi en expérimentation : douce noire, dousset (ou jacquère noire), hibou noir, petite Sainte-Marie, bia blanc, mondeuse grise, pinot gris (ou malvoisie). Par ailleurs, 20 % des surfaces sont désormais certifiées en agriculture biologique sans compter les conversions, mais au-delà de cette tendance, Laurent Cavaillé, président de l’interprofession, rappelle que « les pratiques ont beaucoup évolué ces dernières années, visant à préserver les sols et à protéger la biodiversité ».

Une dynamique « blancs » en région et plus loin
La commercialisation a également évolué. Auparavant, les vins savoyards étaient très majoritairement consommés en région, d’abord par les Savoyards mais également par les touristes en station. « Ils sont toujours bus principalement ici, mais grâce à des viticulteurs précurseurs qui ont su élaborer des vins de grande qualité, ils ont été repérés par des prescripteurs comme les restaurants gastronomiques, des sommeliers et des journalistes, et ont ainsi pu sortir de la fondue-raclette » précise Michel Bouche. Les plus grandes cuvées ont commencé à « s’exporter » sur les grandes tables notamment parisiennes et même à l’export qui atteint désormais 7 %. Michel Bouche se souvient qu’un ancien président de l’interprofession disait qu’il n’y avait pas besoin d’aller vendre sur d’autres marchés puisque l’on exportait sur place avec les touristes.

Laurent Cavaillé confirme cette évolution et cette « dynamique de progrès » : « Aujourd’hui, les professionnels comme les sommeliers « s’éclatent » avec les vins de Savoie et la diversité des cépages et des terroirs ; les jeunes sommeliers raffolent de leur originalité et de leur potentiel de fraîcheur. De plus, dans le contexte du changement climatique, nos vins sont de ceux, de plus en plus rares, qui conservent des degrés d’alcool permettant de préserver des équilibres entre l’alcool et l’acidité. »  Le vignoble, majoritairement blanc à 72 %, profite aussi de la dynamique de la couleur et des effervescents pour les crémants de Savoie, la huitième et dernière appellation reconnue en 2014. L’interprofession s’attache à renforcer les circuits les plus rémunérateurs car le vignoble, souvent en forte pente et nécessitant davantage de main d’œuvre, engendre des coûts de production plus élevés. Outre la restauration et l’export, elle vise à doper la vente directe en s’appuyant sur la montée en puissance de l’offre œnotouristique. Celle-ci s’est professionnalisée depuis une dizaine d’années (une douzaine de territoires labellisés Vignobles & Découvertes), et de surcroît profite désormais de l’attractivité de la montagne l’été.

Vignoble savoyard en quelques repères
2000 ha en production dont 1650 en appellation régionale AOP Savoie, 290 ha en Roussette de Savoie pouvant bénéficier d’une dénomination complémentaire (Frangy, Marestel, Monterminod, Monthoux), 60 ha en Seyssel
4 départements : Savoie (80 % de la production), la Haute-Savoie, l’Ain et l’Isère.
105 000 hl produits en 2022
72 % de blancs (dont 60 % en AOP Savoie, 10 % en Roussette de Savoie, 2 % en Seyssel), 20 % de rouges, 5 % de rosés, 3 % de vins effervescents
185 opérateurs dont 175 domaines, 2 caves coopératives, 8 maisons de négoce
45 % des vins commercialisés en GD, 38 % en CHR-Cavistes, 10 % en vente directe, 7 % à l’export

Cet article Les appellations Savoie et Roussette de Savoie fêtent leurs 50 ans est apparu en premier sur Terre de Vins.

Rencontre à Lyon entre l’association des Rosés de Terroirs et prescripteurs

Sur le thème « qu’en pense la nouvelle génération ? », l’Association Internationale des Rosés de Terroirs (AIRT), créée en 2020 à l’initiative du cru Tavel et présidée aujourd’hui par Philippe Guigal, fédérant 42 vignerons, a réuni à Lyon des prescripteurs (cavistes, agents, sommeliers) pour une dégustation de cuvées illustrant la particularité de ce segment et son immense potentiel.

Caractérisation d’un vin rosé et d’un terroir
Que reste-t-il du rosé, dès lors qu’il n’est plus question de rosé piscine, de rosé pamplemousse, ou de rosé de Provence ultra-clair ? La quintessence du rosé, c’est-à-dire un vin, qui au même titre qu’un grand blanc ou rouge, a la capacité de traduire son terroir, de présenter un fort potentiel de garde et une capacité d’accords gastronomiques d’une amplitude et d’une qualité prononcées.
Pour Etienne Portalis, vigneron au Château Pradeaux (AOC Bandol), l’idée est de « montrer que le rosé c’est du vin, qui dit vin dit vigneron, qui dit vigneron dit terroir. Comme les autres, il y a des effets millésimes, parfois le vin nous plaît, parfois moins, parfois on le boit trop jeune… Les gens le comprennent sur un rouge, mais pas sur un rosé. Or on peut exprimer le terroir par toutes les couleurs de vin. C’est cela que l’on veut mettre en lumière, qu’il y a des rosés non standardisés, au potentiel incroyable. Quant à la différence entre rosé de terroir et rosé de gastronomie, elle est assez simple : le vin de terroir vient avant tout de la vigne. Le rosé de gastronomie peut être retravaillé lors de la vinification ».
Des vignerons aux prescripteurs, en passant par les formateurs, tout le monde est d’accord : les vins rosés représentent un levier de discours différent sur le vin, doté d’un fort enjeu de développement et de reconnaissance, fondé sur un potentiel évident, souligne Géraldine Gossot, directrice de l’Université du vin de Suze la Rousse.

Pouvoir et obligations des prescripteurs
Agents, cavistes et sommeliers s’accordent sur la responsabilité qu’ils ont en matière d’éducation et de sensibilisation auprès du grand public.
Yannick Benas, agent chez Maisons et Domaines, représentant notamment le Château de Pibarnon et Miraval, ou encore Frédéric Schaaf, caviste, sont convaincus de l’importance de la formation et de la sensibilisation, tant sur la notion de terroir que sur la diversité du rosé.
Même son de cloche chez les sommeliers, notamment chez Gaëtan Bouvier, meilleur sommelier de France 2016, et chez Antoine Petrus, MOF Sommelier. Gaëtan rappelle que le potentiel des rosés ne date pas d’aujourd’hui, en témoigne ses initiatives précédentes, comme par exemple la carte des rosés de Provence et la carte des rosés de sommelier créées au Majestic à Cannes, au début de sa carrière, couronnées de succès. Mais surtout, il apprécie cette démarche qui « remet le sommelier en humilité face au vin. C’est un produit très connoté mass market, alors que c’est un des vins les plus difficiles à vinifier, et qui nous oblige ou nous permet de revenir à la compréhension technique du vin, c’est hyper intéressant ».

De son côté, Antoine Petrus part du postulat que « le marqueur de tout grand vin, c’est le terroir, et qu’en termes de prescription, on peut tout faire. Un jour, aux Etats-Unis, on me propose un accord extraordinaire entre du rouget et un rosé âgé. Le sommelier en parlait comme d’un Montrachet de la DRC. C’est là que nous avons un rôle à jouer : sur le rosé, on a un boulevard. Encore accessible, avec une grande diversité de cépages et une identité propre à chaque terroir : un rosé de Loire sera forcément différenciant d’un rosé italien ou de Bandol. Alors pourquoi pas des cartes de rosés par terroir, villages, comme pour les vins de Champagne ? C’est uniquement notre passivité qui dessert le rosé. Qu’il soit pâle ou foncé, c’est le vin, avec le champagne, qui peut tenir tout un repas, dans tous ses extrêmes. Arrêtons les clichés de la saisonnalité, de la couleur soi-disant attendue. Le rosé doit être le vin de demain.»

Cet article Rencontre à Lyon entre l’association des Rosés de Terroirs et prescripteurs est apparu en premier sur Terre de Vins.

Hommage à Jean-Michel Cazes : « Cela ne me plaît pas du tout d’être un grand sage »

Au cours des douze dernières années, Terre de Vins a souvent croisé la route de Jean-Michel Cazes, l’homme de Château Lynch-Bages qui s’est éteint hier à l’âge de 88 ans. Il s’était même prêté à l’exercice de l’entretien « sur le divin », se livrant de façon plus intime sur son extraordinaire parcours. Morceaux choisis d’un échange riche et chaleureux, à l’image de cette personnalité inestimable.

Le vin est souvent une filiation. C’est le cas chez les Cazes. Ton grand-père, ton père, ton fils… As-tu senti le fardeau de l’héritage ? La responsabilité à porter ?
Mon grand-père était un homme très travailleur, d’origine très modeste, qui est arrivé dans le métier sur le tard. Il est devenu viticulteur à presque 60 ans ! Mon père a fait partie d’une génération très durement frappée par la crise et la guerre. Je n’ai pas de ressenti dynastique. Nous avons eu beaucoup de chance d’arriver au bon endroit, à un moment favorable. Mon père a été très malmené par la vie. Il a peu connu autre chose que les difficultés dans le domaine du vignoble. C’est par hasard que je suis arrivé en 1973, quand l’économie du vin commençait à frémir, pour s’écrouler en 74… Avec le recul, je m’aperçois que c’était le moment où le vignoble de Bordeaux a commencé à redresser la tête. J’ai eu beaucoup de chance.

On dirait qu’aujourd’hui tu as atteint une forme de sagesse…
Cela ne me plaît pas du tout d’être un grand sage. Je ne me sens pas « grand sage ». Que j’aie des idées sur la manière de faire notre métier, ça je veux bien ! Je suis d’une formation scientifique, attaché à la rationalité. J’aime la technique. Je suis sensible à la recherche et à la connaissance des processus. Je ne crois pas du tout à l’inspiration éthérée et aux coups de génie. Faire du vin, c’est une question de goût, certes, mais pour arriver il faut bien comprendre quels sont les processus. C’est beaucoup de sa- voir. J’aime discuter avec des scientifiques et des œnologues.

Le vin peut-il encore t’émouvoir ?
Le vin pour moi ne vient pas tout seul. Je ne suis pas ému par un vin sur le coin d’une table à 11 heures du matin. Une grande bouteille de vin avec des gens qui s’y intéressent et qui produisent de l’échange, là, ça m’émeut. Une très bonne bouteille dans certaines circonstances laisse des traces, des souvenirs. Un jour, j’étais invité par Pascal Delbecq à Ausone (Saint-Émilion, NDLR). Il nous avait invités à déjeuner. Il nous sert du vin rouge. Et il nous fait boire un Ausone 41 (dans les années 1990)… à l’apéritif ! Ce n’était plus du vin, c’était de la dentelle. C’était splendide. Un verre à boire quand vos papilles sont encore en forme. Il avait raison. Georges Duhamel disait que le vin, c’est comme la lampe d’Aladin : quand on l’ouvre, un génie en sort. Toute la culture du vin tourne autour de ça.

Selon toi, le vin est-il un art ?
Non, je ne crois pas. Anthony Barton dit : « Le vin est sûrement un objet d’art mais il est le seul qu’il faut détruire. » Je ne pense pas que cela soit un art. C’est le résultat d’un artisanat. Et suivant les pays où l’on se trouve, on boit les vins de manière très différente. Dans certains pays, on met l’accent sur la découverte. Moi, lors d’une dégustation avec 15 vins différents, je n’éprouve aucun plaisir. Et mettre des notes n’a aucun intérêt. Il faut se concentrer sur deux ou trois vins au cours d’un repas.

Et si le vin était une œuvre d’art ? Ou une peinture ?
J’aime Goya, j’aime beaucoup de choses. Et justement, je trouve que le vin n’est pas une œuvre d’art. Le vin est un support d’émotion mais il ne me fait pas penser à une sculpture, un tableau, ou une musique. Quand certains pratiquent la musique en pensant à tel ou tel vin, je ne comprends pas. Un bon vin va évoquer des souvenirs, des idées, des personnages. Là, je suis tout à fait convaincu.

Le vin participe-t-il de l’érotisme ?
On décrit souvent le vin en utilisant des mots qui s’appliquent aux femmes mais ce n’est pas trop ma tasse de thé. Un vin doit-il d’ailleurs être décrit ? Cela se perçoit, cela se ressent. Chacun son rôle. Je ne suis ni écrivain, ni sommelier. Je suis viticulteur. Je sais ce que j’aime. Au sujet des parfums, je me demande même parfois si c’est du flan ! Je sens le bouquet mais aller aussi loin dans l’analyse des odeurs…

Tu donnes de toi l’image d’un sage clairvoyant. T’indignes-tu parfois ?
Je n’ai pas lu le livre d’Hessel. Je préfère construire les choses plutôt que de m’indigner. L’indignation, si elle reste une posture, n’est pas très efficace. J’aime autant intervenir de façon concrète. Donner un coup de poing sur la table ne sert à rien. Comment, plutôt, modifier le cours des événements ? Par exemple, l’évolution de ma campagne depuis trente ans ne me plaît pas. À mon petit niveau, j’essaie de faire des choses. Avec la prospérité du vignoble se sont créées des barrières. Il est de notre devoir d’essayer de les réduire. Il ne faut pas perdre de vue qu’on vit en communauté. Je regrette que nos entreprises se développent un peu en marge. Je ne suis pas Gandhi mais nous avons des responsabilités globales à l’échelon local. J’essaie de bien m’intégrer dans le paysage. On rend un peu de ce que la terre nous apporte.

Lynch-Bages, Ormes de Pez, Michel Lynch, Ostal Cazes… Tu es un homme riche. À quoi te sert l’argent ?
J’ai le sentiment de la fragilité de notre métier. La prospérité actuelle est une assurance contre des difficultés qui peuvent intervenir. Notre métier est soumis à des aléas, climatiques bien sûr. Il peut aussi se produire des accidents. Il peut y avoir des risques technologiques, sans parler d’une pollution à la centrale de Braud-et-Saint-Louis (en Blayais, de l’autre côté de l’estuaire de la Gironde, NDLR) par exemple. Le jour où j’ai connu le choc pétrolier de 1974, personne n’imaginait que le baril allait passer à 30 dollars. Le commerce de Bordeaux a été en faillite. Demain, il peut y avoir autre chose.

C’est ton côté fourmi qui s’exprime ?
Oui, c’est mon côté fourmi. C’est aussi mon expérience. Mon père, assureur, n’avait aucune confiance dans le vin. L’argent sert aussi à le réinvestir, le remettre dans l’outil technique et culturel. Avec de nouveaux chais, on refait ce que les anciens ont fait en 1840 en construisant tous les châteaux que la terre entière nous envie. Aujourd’hui, on a les moyens d’en remettre une nouvelle couche. Il ne faut pas hésiter ! On construit pour les générations futures. Et il faut investir dans l’université scientifique. On ne se mobilise pas assez pour soutenir la recherche. L’argent, investi dans la recherche, sert aussi à faire progresser une région toute entière, sans accumuler.

La vigne, c’est aussi la transmission et un certain rapport au temps. La mort, tu y penses ?
Non. Je n’y pense pratiquement pas. Et je ne fais pas de métaphysique…

Que boira-t-on le jour de tes obsèques ?
Je serais très content qu’ils fassent un bon repas. C’est ce que je préfère dans les enterrements : c’est la réunion qui suit ! Ils boiront un lynch-bages 1959. Ce vin a survécu magnifiquement bien. C’est le type même de vin que j’aimerais laisser à mes enfants et petits-enfants…

Propos recueillis par Rodolphe Wartel. Photos Alain Robert.

Cet article Hommage à Jean-Michel Cazes : « Cela ne me plaît pas du tout d’être un grand sage » est apparu en premier sur Terre de Vins.

[Coup de cœur] Moja Negra 2019 du domaine Coste Ubesse

Il existe encore de discrets domaines à découvrir dans le terroir prestigieux du Pic Saint-Loup et Coste Ubesse en fait partie. Coup de cœur avec la cuvée Moja Negra 2019, une petite pépite que Terre de Vins a beaucoup appréciée.

Coste Ubesse l’inconnu
Étirés sur un coteau exposé au nord, les 3 hectares de vignes regardent le Pic Saint-Loup et l’Hortus. A la sortie de Saint-Mathieu de Tréviers et en direction de Sommières, le chai, intégralement conçu en bois, bénéficie de la fraîcheur de la forêt environnante. Le domaine offre un impressionnant panorama sur la montagne et la falaise calcaire, quelle chance !

Jean-Luc Saumade, le vigneron, reprend les vignes de son père en 2014, et décide de les convertir immédiatement à l’agriculture biologique, épaulé par Philippe Reboul son associé. Des gestes précis, beaucoup de travaux manuels dans les parcelles et une place de plus en plus grande pour l’agroécologie, voici le quotidien de ce vigneron installé après une carrière dans l’audiovisuel.

Côté vinification, Jean-Luc Saumade se dirige vers des vinifications peu interventionnistes où les fermentations sont uniquement réalisées avec les levures indigènes.

Moja Negra, du grand art
Un vin rouge profond et aérien. Le breuvage offre un nez parfumé sur les épices, la garrigue et la tapenade d’olives noires. La bouche est intense, fraîche et puissante. Un vin qui laisse longtemps après ses saveurs méditerranéennes.

Accord met-vin : Un compagnon idéal sur les plats en sauce du sud de la France, daube de taureau et épaule d’agneau confite.

Domaine Coste Ubesse – Cuvée Moja Negra 2019 – AOP Pic Saint-Loup – 19,00 € TTC

Cet article [Coup de cœur] Moja Negra 2019 du domaine Coste Ubesse est apparu en premier sur Terre de Vins.