Bordeaux fête le Vin, à ne pas manquer

Depuis 1998, le festival œnotouristique de référence dédié aux vins et à la gastronomie de Bordeaux et sa région fait vibrer la capitale girondine à l’approche de l’été. Auparavant organisé les années paires, il est désormais annuel, et débute avec des avant-premières du 15 au 18 juin dans la métropole bordelaise, avant le retour de la route des vins et des animations en bord de Garonne du 22 au 25 juin. Le point sur les temps forts à ne pas rater et les informations indispensables pour profiter au mieux de cet événement festif et convivial.

Avant Bordeaux Fête le Vin
En cette édition 2023, curieux et amateurs retrouveront du 15 au 18 juin des viticulteurs, négociants et producteurs locaux chez des cavistes et une soixantaine de restaurateurs de la Métropole, en partenariat avec l’UMIH 33 et les viticulteurs certifiés en agriculture biologique.

Des concerts se dérouleront aussi dans des lieux culturels et espaces extérieurs de la Métropole, pour des moments riches en découvertes et échanges. Des balades autour du vin seront proposées (le 17 juin, La Garden Party de la Dame Blanche depuis le château du Taillan, 14h à 18h30, à partir de 7 ans ; le 18 juin, balade enchantée à Bassens, 14h à 18h). Les deux jours, la balade « Sur les traces du vin dans la ville » emmènera les promeneurs dans les rues bordelaises.

Côté Pessac-Léognan, les 17 et 18 juin de 10h à 19h, 26 Châteaux de l’appellation participent aux Estivales, leurs portes ouvertes d’été. Le 21 juin (18-23h), rendez-vous à la guinguette La belle saison, rive droite, pour le festival Good Wines Only, organisé par les Crus Bourgeois du Médoc et Terre de Vins, pour une soirée sous le signe de la découverte et de la convivialité, à vivre au son de belles mélodies, avec trois artistes présents en ce soir de fête de la musique. Le 22 juin, de 16h à 19h, à l’Hôtel de Ville de Bordeaux, l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin et le cluster Inno’vin organisent la rencontre « Parlez-vous la langue du vin ? ».

Une route des vins à ciel ouvert
Du 22 au 25 juin, 1200 vignerons et négociants formeront un village de plus d’un kilomètre sur les quais, composé de pavillons des appellations proposant dégustations et échanges. Fiers représentants de 80 appellations de Bordeaux et Nouvelle-Aquitaine (dont les vins frais de Bordeaux, les Bordeaux et Bordeaux Supérieurs rouges, Mouton Cadet – Baron Philippe de Rothschild, Graves et Sauternes, Saint-Émilion – Pomerol – Fronsac, Les Côtes, les vins du Médoc, et ceux de Nouvelle-Aquitaine), les vignerons seront au rendez-vous pour partager leur savoir-faire et répondre aux questions des curieux. L’occasion rêvée pour (re)découvrir la diversité locale.

Sur le pavillon du négoce « Paroles de négociants », ces ambassadeurs historiques des vins de Bordeaux se raconteront au travers de leurs activités, leurs métiers, leurs savoir-faire et leurs valeurs.

Entre deux dégustations ou pour les accompagner, le village gastronomique de Nouvelle-Aquitaine mettra à l’honneur les producteurs et artisans régionaux venus du Pays Basque, du Bassin d’Arcachon, de Dordogne, de Corrèze, des Landes…, au fil de stands et food-trucks.

©Christophe Correy

Pour en profiter : le pass dégustation
Pour découvrir les pavillons des appellations ou simplement se laisser porter le long des quais de Bordeaux, le Pass Dégustation est le sésame pour profiter de chaque instant de Bordeaux Fête le Vin. À chaque pavillon, les visiteurs seront invités à présenter leur Pass pour déguster le vin de leur choix. Ce pass comprend : un verre à dégustation et son étui porte-verre, une carte à scanner sur les pavillons pour débiter les dégustations, onze dégustations (5cl) (deux sur “Vins frais de Bordeaux”, une sur “Bordeaux et Bordeaux Supérieurs Rouges”, une sur “Mouton Cadet – Baron Philippe de Rothschild”, une sur “Graves – Sauternes”, une sur “Saint-Émilion – Pomerol- Fronsac”, une sur “Les Côtes de Bordeaux”, une sur “Vins du Médoc”, une sur “Vins de Nouvelle-Aquitaine”, deux dégustations “Coup de Cœur”, un atelier au choix sur le pavillon de l’école du vin de bordeaux), une réduction de 5 € sur le textile bordeaux fête le vin à la boutique de bordeaux tourisme et congrès, et un tickarte tbm sur demande aux guichets.

Apprendre pour mieux savourer
Pour partager les petits et grands secrets du vignoble bordelais, l’École du Vin invite les visiteurs sur son pavillon, place Munich . Au programme ? De nombreuses expériences insolites et décomplexées pour les assoiffés de nouvelles découvertes. Ici, pas de professeurs, mais des vignerons, œnologues et sommeliers qui ne manquent jamais une occasion de transmettre leur passion, celle des Vins de Bordeaux

Et toujours, le plein d’animations
Maître mot de Bordeaux Fête le Vin, la découverte sera aussi le fil rouge des animations, spectacles et expositions destinés à tous, pour une inclusivité maximale, confortant son statut d’événement populaire. A ne pas manquer, trois scènes musicales (Cailhau, Prairie, Platanes) accueillant en soirée (18h-23h) douze concerts live et quatre DJ Sets avec une programmation éclectique (soul, hip-hop, sonorités urbaines, jazz…), faisant la part belle aux talents locaux. Comme à l’accoutumée, vins bio et mélodies classiques composeront un assemblage réussi à la caserne éco-réhabilitée Darwin, rive droite, mêlant dégustations (à 16h et 18h) et deux sessions de concerts (les 18 et 25 juin, à 17h et 19h). Un spectacle de breakdance se déroulera sur le miroir d’eau le 23 juin de 17h30 à 19h30. Egalement comme à l’accoutumée, de majestueux voiliers à visiter, en hommage à l’histoire portuaire de Bordeaux. Et, pour la première fois, un enchanteur spectacle de 400 drones qui illuminera le ciel les 23 et 24 juin à 23h.

Pour retrouver le détail de l’événement et des animations, rendez-vous sur www.bordeaux-fete-le-vin.com

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Entre-deux-mers : le paradis blanc

Il y a Entre-deux-Mers et Entre-deux-Mers. D’un côté, la grande aire géographique du département de la Gironde située entre Garonne et Dordogne, s’étirant jusqu’aux confins du Lot-et-Garonne : ce territoire viticole historique, qui concentre l’essentiel des appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur, mais est aujourd’hui au cœur de la crise de la filière bordelaise et du débat sur l’arrachage. De l’autre, l’Appellation d’Origine Contrôlée du même nom, reconnue en 1937 pour la production exclusive de vins blancs.

La qualité et la diversité défendues par les vignerons, notre rédaction a pu les constater lors de la dégustation d’une cinquantaine de cuvées représentant le nec plus ultra de l’appellation et destinées à constituer le palmarès annuel du « Top Vin » de l’Entre-deux-Mers. Nous vous présentons ici notre top 20 ! La dégustation complète est à retrouver dans le magazine Terre de vins 85.

Château de Chantelouve 2022 – 5€
Sauvignon, sémillon et muscadelle se combinent agréablement en apportant complexité aromatique (fleur d’acacia, cédrat, pointe de silex) et rondeur. Le milieu de bouche, sur des fruits blancs, est élégant jusqu’à la finale vive et bien maîtrisée sur le citron vert.
Accord: Dos de cabillaud en croûte.

Château La Guillaumette 2022 – AB – 7€
Quelle surprise ! Joli nez de fruit blanc frais, sur la poire croquante. On pourrait croire que l’on n’a pas une grande complexité dans ce vin en pleine jeunesse, mais on a l’essentiel : de la justesse. Un jus précis se déploie, sur une bonne salinité salivante. C’est extrêmement ajusté et ciselé, très équilibré entre l’aromatique et la texture, sur une grande finesse dans l’expression des arômes et l’arête acide qui étire la matière jusqu’à la finale, bien désaltérante. Un joli vin plein de personnalité et de franchise, on recommande assurément !
Accord: Sur des spaghetti aux palourdes.

Château Sainte-Marie Madlys 2022 -10,90€
Déjà présenté sur le millésime 2021, le château revient avec cette cuvée originale au nez de fougère, d’asperge sauvage, une signature végétale en fil conducteur de toute la dégustation comme son boisé marqué. Le milieu de bouche livre également citron vert et zeste de pamplemousse : un regain de saveurs acidulées dynamisantes.
Accord: Turbot et salicornes braisées.

Vignobles Dubourg – Château Nicot 2022 – HVE3 – 8,10€
Son étiquette élégante, un palmier devant une belle bastide, invite à la pause. Et on sera en bonne compagnie avec son bouquet complexe aux notes fruitées allant de la pêche au fruit de la passion en passant par le citron. À noter son équilibre dynamique, une certaine puissance et sa touche saline pour passer à table.
Accord: Moules gratinées en persillade.

Château de l’Aubrade 2022 – HVE3 – 6,50€
Une réussite que ce vin au nez explosif d’agrume (citron jaune) et de menthe blanche. En bouche, l’expression du sauvignon (80 %) est maîtrisée. On a recherché la séduction en modérant le tranchant et c’est joliment texturé. Un vin féminin pourrait-on encore dire, sur la finesse. Très bien fait.
Accord: Piquillos farcis au fromage de chèvre.

Château de Beauregard Ducourt 2022 – 8,30€
Les vignobles Ducourt signent là un joli vin. Très aromatique, le nez nous emmène sur la fleur blanche, le citron jaune et la pierre à fusil. Légèrement texturée dès l’attaque grâce au sémillon, la bouche révèle des saveurs de pamplemousse rose jusqu’à la finale, longue. Bien équilibré et élégant.
Accord: Aumonières de noix de Saint-Jacques.

Château Grand Jean Le Veggie 2022 – HVE3 & Vegan – 7,70€
Un vin vegan, sans sauvignon blanc : original. Le sauvignon gris (60 %) exhale un nez subtil et nuancé, sur des notes de menthol et une touche de buis. La bouche convoque le sémillon (40 %) avec sa texture et son grain bien dosé. La salinité prend le relai jusqu’à une finale persistante. Bien fait.
Accord: Salade d’avocats et crevettes.

Château Haut-Meyreau 2022 – 9,95 €
Une certaine délicatesse se distingue d’emblée, un registre aérien, plus tactile qu’aromatique. Une note de menthe écrasée sur de la chair de poire comice. C’est ciselé, lumineux, floral. La bouche tape dans le noir de la cible, impeccablement centrée, sur une chair mûre et ferme, séveuse, désaltérante, tout en texture suspendue mais tonifiée par une jolie salinité. C’est un très joli blanc qui déroule une texture aérienne et joue la carte de la buvabilité sans céder à la simplicité. On recommande même de l’attendre un peu pour qu’il se bonifie en bouteille.
Accord: Un turbot au four. Ou des ris de veau au barbecue.

Château Pourquey Gazeau 2021 – AB – 9€
Vous y percevrez les effluves d’un élevage affirmé mais d’une grande classe, entraînant la palette olfactive vers des notes florales dont la fleur de lys, puis pâtissières et enfin une appétissante finale mandarine. La texture est au rendez-vous, équilibrée et invitant à passer du temps en cuisine.
Accord: Tagine de poulet au citron et olives vertes.

Château Pourquey Gazeau 2021 – AB – 9€
Vous y percevrez les effluves d’un élevage affirmé mais d’une grande classe, entraînant la palette olfactive vers des notes florales dont la fleur de lys, puis pâtissières et enfin une appétissante finale mandarine. La texture est au rendez-vous, équilibrée et invitant à passer du temps en cuisine.
Accord: Tagine de poulet au citron et olives vertes.

Château Bonnet 2022 – 8,10 €
Cette valeur sûre a des atouts. D’abord des touches discrètes de menthe poivrée, de buis. Le deuxième nez est plus évident, sur une bergamote qu’on retrouve en bouche. Une bouche ciselée et tranchante, mais sans excès, saline jusqu’à la finale de pamplemousse rose qui distille un fin amer. Réussi.
Accord: Anguilles au vert.

Château Arsius 2022 – 6,30 €
On aime la délicatesse du bouquet, porté par l’éclat de l’agrume, le soupçon de fougère et la pointe de pierre à fusil. L’équilibre, entre la tension portée par des saveurs citronnées et une matière finement texturée, est très réussi. La finale, persistante sur de fins amers de pamplemousse, séduit.
Accord: Chipirons à la tinta.

Château de Crain 2022 – HVE3 – 5,50€
Ce vaste et splendide domaine de la famille Fougère réserve une belle surprise avec ce vin équilibré qui allie fraîcheur et texture. Le nez, aérien, d’abord pudique, révèle de la complexité sur des notes de badiane, de fleur d’acacia, de verveine citronnée, d’agrumes et une touche délicate d’herbe sèche. L’attaque est ciselée, fine, cristalline, sur un éclat d’agrume. Le côté iodé prend vite le relai et ne vous lâche pas jusqu’à une finale tracée par un léger grain bien dosé. La légèreté et l’élégance ont été recherchées, avec succès. Le travail est subtil, tout en toucher. Une affaire.
Accord: Huîtres chaudes gratinées au four.

Château Haut-Domingue 2022 – HVE3 – 6,50€
C’est bien la délicatesse et l’équilibre qui caractérisent ce beau vin. D’abord sur la retenue, le nez laisse exhaler des arômes de citron et de fleur d’acacia. La bouche est finement texturée et rafraîchissante, sans agressivité : l’expression variétale du sauvignon est contenue. Un vin harmonieux.
Accord: Tarte aux poireaux et noix de Saint-Jacques.

Château Marjosse 2022 – HVE – 10€
Du travail d’artiste, avec une recherche d’expression terroir : rien d’étonnant puisque Pierre Lurton est aux manettes. Les quatre cépages, élevés deux à trois mois sur lies fines en cuves béton sont une brassée de fleurs des prairies, raffinée, poudrée, pimpée d’un éclat pierre à fusil. Minéral, gourmand et fin, la signature est élégante.
Accord: Tempura d’herbes du potager.

Château Vermont La Grande Cuvée 2021- 14€
Voilà un très beau vin blanc à l’élevage particulièrement élégant, intégré et maîtrisé. Le fruit blanc juteux se pare de notes florales, mellifères et printanières, d’acacia, de poudre de riz, de bonbon à la mélisse, avec une note de pierre à fusil. L’attaque est vive, tout de suite désaltérante, puis le vin se déroule en longueur, sur un profil long et racé, jusqu’à la finale fraîche qui nous évoque une pointe de badiane. C’est un vin tout en équilibre, qui nous a sincèrement ravis et qui a toute sa place sur une belle table.
Accord: Linguine au homard.

Château Haut-Rian 2022 – 6€
Pauline et William ont choisi d’être vignerons après avoir eu de riches expériences dans d’autres domaines. L’intelligence et la passion se retrouvent dans ce vin subtil à majorité de sémillon (60 %) : le risque était de faire un vin presque mutique car le sémillon est un cépage de bouche. Il n’en est rien, on trouve beaucoup de fraîcheur et de délicatesse dans le bouquet où se disputent badiane, fleurs blanches, éclat de silex, pomme et citron vert. La bouche est fluide, cristalline et légèrement tramée, sur une attaque iodée persistante. Finale sur un citron vert délicat. Belle réussite !
Accord: Terrine de saumon et noix de Saint-Jacques.

Château Landereau Classique 2022- HVE3 – 8€
Un coup de cœur pour ce bel équilibre dynamique qui tient le vin en tension. Une touche minérale en milieu de bouche, une expression fruitée (pêche verte) et florale du trio sauvignon, sémillon, muscadelle, ce flacon de Bruno Baylet séduit et met en appétit aussi par sa finale fraîche à la fine amertume. Une prouesse car il n’est pas question ici de vin de garage, les 180 000 cols siglés 2022 vont pouvoir conquérir les amateurs à l’affût d’un excellent rapport prix-plaisir. En prime, le vignoble est labellisé « Bee Friendly ». Accord: Poisson bleu au gril.

Château Lauduc 2022 – AB – 9€
Composition intéressante avec ses 60 % de sauvignon blanc, 10 de sauvignon gris puis sémillon, donc pas de muscadelle ici. Ce vin vous accroche dès le premier nez : il est élégant, printanier, fruité, jouant entre pêche blanche et pêche de vigne. Il se distingue aussi en bouche où tendresse et subtilité persistent, tout en pamplemousse rose et litchi, portée par une texture aérienne, précise, puis une finale nette très rafraîchissante, un rien saline et sans amertume. Il nous laisse une sensation d’équilibre, de précision, et surtout de plaisir !
Accord: Huîtres gratinées.

Château de l’Hoste Vieilles Vignes 2021 – HVE3 – 11€
C’est une belle découverte, dans sa bouteille foncée, que nous livre Bruno Baylet avec cet assemblage classique 70 % sauvignon, 30 % sémillon issus de vignes centenaires. Expression complexe dès le premier nez original livrant rose, bergamote et rhubarbe, sa bouche savoureuse déclinant les fruits à chair blanche mais aussi une pointe thé matcha, puis une finale rafraîchissante de zeste de citron vert. La texture est particulièrement enrobée, l’ensemble désigne une fine équipe aux manettes des vinifications. Idem pour l’élevage conduit avec précision : jusqu’à 9 mois en barriques sur lies fines avec bâtonnages réguliers. Chapeau !
Accord: Lotte au poivre vert.

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Cyril Brun, l’ancien chef de caves de Charles Heidsieck, devient chef de caves de Ferrari Trento

Cyril Brun qui a cédé sa place de chef de caves de la Maison Charles Heidsieck il y a deux mois à peine à Elise Losfelt devient chef de caves de Ferrari Trento, une maison qui élabore des sparklings au pied des Alpes en Italie. Une événement historique puisqu’il est le premier chef de caves champenois à quitter l’appellation pour rejoindre de manière permanente un domaine italien. Matteo Lunelli, président de cette très belle marque créée en 1902, a accepté de commenter cette nouvelle collaboration prometteuse.

Votre maison entretient une relation ancienne avec la Champagne ?
En effet, elle a été fondée en 1902 par Giulio Ferrari qui est venu se former à l’élaboration des vins effervescents en Champagne à la fin du XIXe siècle. Il a aussi été le premier à ramener en Italie le chardonnay, un cépage qui s’est ensuite diffusé dans tout le pays et ce jusqu’en Sicile. Dans notre appellation (Trento Doc), nous utilisons aussi du pinot noir, du meunier et du pinot blanc. Mais chez Ferrari, c’est le chardonnay qui est au cœur de notre marque. Nous avons recours à des clones spécifiques, plus adaptés à la montagne. Avec le réchauffement climatique, cette localisation constitue un formidable atout. Nous plantons de plus en plus haut, à des altitudes où autrefois la culture de la vigne était impossible. L’ensemble de notre vignoble est certifié bio et les vignerons livreurs qui travaillent avec nous, souvent de longue date, suivent tous un protocole de viticulture durable.

D’un point de vue gustatif, qu’est-ce qui distingue les sparklings de Trento Doc du champagne ?
Le style est proche, il s’agit aussi de secondes fermentations en bouteille. Quelqu’un qui aime le champagne, appréciera le Trento. La différence, c’est cette montagne, qui fait que l’on bénéficie à la fois du soleil de l’Italie dont la chaleur est plus intense qu’en Champagne, mais en même temps de l’air froid qui descend des sommets la nuit. On obtient ainsi des raisins bien mûrs tout en conservant une belle acidité. D’où le côté éclatant du fruit de notre chardonnay. En Champagne, l’expression sera plus minérale, grâce à ce sol assez unique, la craie, qui donne une salinité extraordinaire. Clairement, l’objectif de Cyril n’est pas de chercher à reproduire le goût du champagne, mais au contraire de renforcer l’expression du terroir de Trento. Le choix de Cyril Brun de nous rejoindre démontre que le monde des sparkling wines devient de plus en plus international.  La Champagne demeure une référence, l’endroit où tout a commencé, mais l’excellence n’est plus son monopole. D’autres étoiles brillent désormais dans la galaxie. Nous avons été nommés cinq fois « sparkling wine producer of the year », c’est le signe que non seulement le public, mais aussi les leaders d’opinion, commencent à placer le Trento et Ferrari au pinacle des grands vins effervescents. 

Justement, qu’est-ce qui vous amené à recruter Cyril Brun ?
La recherche d’un nouveau chef de cave nous a pris beaucoup de temps parce que c’est un poste clef pour l’avenir de la Maison. Nous avions rencontré Cyril au Championnat mondial des sparklings wines voici plusieurs années. Récemment, alors que je discutais avec Alberto Lupetti, un ami journaliste spécialiste du champagne, je lui ai demandé s’il connaissait un œnologue dont le profil pourrait correspondre à nos attentes. La rumeur du départ de Cyril Brun de Charles Heidsieck circulait et il nous a mis en relation. Cyril appréciait déjà nos vins, mais avant d’aller plus loin, il est venu visiter notre vignoble. Le fait qu’il soit issu d’une maison où le chardonnay est le cépage iconique constituait un argument de poids pour nous. J’aime beaucoup les vins de Charles Heidsieck, que ce soit le Blanc des millénaires ou les non vintages. Son expérience de 15 ans chez Veuve Clicquot nous intéressait aussi. D’abord parce que c’est une maison qui place le pinot noir au cœur de son identité, et même si ce cépage est moins important chez nous, nous en plantons de plus en plus et nous l’utilisons notamment pour nos rosés. Or, chez Veuve Clicquot, Cyril Brun a justement beaucoup travaillé sur ce type de cuvées. Deuxième point, Veuve Clicquot est une marque dont la production est très importante et qui, malgré cela, parvient à maintenir un niveau très élevé de qualité. Nos volumes, avec 7 millions de bouteilles vendues chaque année, sont également conséquents ce qui ne nous empêche pas en Italie de nous positionner en termes de réputation dans le peloton de tête parmi les plus grands vins effervescents de luxe. Aux Etats-Unis, notre non vintage est commercialisé à 27 dollars et nos cuvées spéciales atteignent 100 dollars. On a donc besoin non seulement d’un chef de caves de talent, mais aussi d’une personne capable de manager le process et tous ces petits détails où se joue l’excellence. Enfin, elle devait savoir diriger et amener à travailler ensemble une équipe nombreuse.

Quelles seront les priorités de Cyril Brun ?
Notre premier objectif sera de continuer à perfectionner notre non vintage. Chez Ferrari, nous avons la même philosophie qu’en Champagne, on juge d’abord une grande maison à la qualité de son Brut sans année. C’est sur ce critère que notre équipe et Cyril évalueront d’abord leur succès. Tout comme Cyril, j’ai d’abord foi dans les petits changements qui peuvent souvent avoir des impacts majeurs. Je pense qu’il pourra importer certains éléments champenois, mais pas d’autres. Alors que notre équipe de dix œnologues était jusqu’ici exclusivement composée d’Italiens formés dans nos écoles, cet apport extérieur va nous ouvrir et nous enrichir. On notera aussi que si en Italie des Wine Consultants Champenois sont actifs, comme Richard Geoffroy, le fait de recruter un chef de caves champenois de façon permanente est une première historique.

www.ferraritrento.com

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[Coup de cœur] Terra Terre 2021 en Côtes du Rhône

Richerenches est l’un des 5 villages de l’Enclave des Papes, avec Valréas, Grignan, Grillon et Visan. Une entité géographique vauclusienne enclavée dans le département de la Drôme. Ici, les terroirs s’étalent sur les versants Sud et Est des premiers contreforts alpins. Argiles et calcaires composent les sols irradiés de soleil où les vignes sont ventilées par le mistral.

Terra Terre est l’une des cuvées « prestige » vinifiées par la cave coopérative, dénommée Cellier des Templiers, en référence à l’ordre religieux fondateur d’une commanderie. Une petite unité de 50 viticulteurs travaillent 700 hectares de vignes en AOC Côtes du Rhône (dans les 3 couleurs), Côtes du Rhône Villages Visan, Grignan les Adhémar.

Les grenache et syrah qui la composent sont issus de vieilles vignes conduites en taille courte de type gobelet ou cordon de Royat palissées, produisant de petits rendements oscillant entre 25 à 35 hectolitres/hectare.

Après entonnage par gravité, la cuvaison est traditionnelle en cuve béton,  avec régulation des températures et pigeage pneumatique des raisins. Après la fermentation malolactique, le vin est mis au propre par soutirage puis élevé en amphores (dolia) d’argile, une année, avant d’être embouteillé. Un mode d’élevage qui a fait l’objet de multiples essais durant une douzaine d’année, avant de commercialiser cette cuvée.

Le résultat est à la hauteur du long processus. Le nez est joliment fruité, s’orientant vers les fruits rouges, la groseille, dont le côté acidulé se retrouve en bouche. La texture est soyeuse. Les tanins délicats et fins portent le fruit dans un juste équilibre et une longue persistance. Prêt à boire, il accompagnera un kefté ou un tajine de pintade aux abricots secs.

Cellier des Templiers (84)
Terra Terre – Côtes du Rhône 2021 – 10,60 €

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Tour du monde express des spiritueux pour la fête des pères

Et si vous faisiez voyager votre papa avec quelques flacons glanés dans les distilleries d’ici et d’ailleurs, de Cognac à La Martinique en passant par l’Ecosse, Cuba, la Colombie et les Philippines. De quoi donner à la fête des pères un parfum d’exotisme avec de superbes nectars de canne, de céréales ou de raisins pour envoûter les papilles. Notre petite sélection du moment

Colombie
Rhum Hechicera Reserva Familiar
L’enchanteresse (la hechicera en espagnol) vient de débarquer sur le marché français pour envoûter les palais avec ses parfums de coco, cacao, épices, vanille et banane sur une note boisée-toastée. Dans un étui tropical, un rare rhum colombien sans sucre ni additif à 40 % vol. issu d’un assemblage de vieux rhums de 5 à 21 ans en méthode solera (une réserve perpétuelle où la quantité prélevée dans l’assemblage est remplacée par les rhums plus jeunes) et élevé dans d’ex-fûts de bourbon.  
52,90 € sur whisky.fr

Philippines
Rhum Don Papa 7 Ans en coffret shaker
Un magnifique coffret avec un shaker en verre gravé et métal pour mettre votre papa au cocktails avec une bouteille de rhum Don Papa 7 vieilli sept ans en ex-fûts de bourbon et du rioja, aux arômes de fruits exotiques, gingembre et vanille. Un rhum à 40 % vol. à tester façon old fashioned (avec bitter-zeste d’orange) ou dark & stormy (vaec bière et gingembre)
67 € sur dugasclubexpert.com

Martinique
Rhum J.M. Fumée Volcanique
Dans un flacon à étiquette noire, un assemblage inédit et original de la plus belle distillerie de Martinique dans la collection Atelier des Rhum. Un élevage sous bois 12 à 14 mois en anciens fûts de bourbon brûlés pour des arômes de fumée et de miel sur une note anisée pour ce rhum onctueux à 49 % vol., à boire sec ou en cocktail (avec bitter, vermouth blanc et liqueur de banane).
43,90 €  sur www.rhum-expert.fr

Ecosse
Whisky Glenmorangie 15 Ans
Dans un étui haut en couleurs, une troisième édition limitée dans la collection The Cadboll Estate pour ce single malt écossais issu de deux récoltes d’orge et vieilli pendant 15 ans dans d’anciens fûts de bourbon puis des fûts de sherry Amontillado. Un whisky à 43 % vol. filtré à froid sur des notes de fruits secs, d’épices, de toffee sur un nez floral et une finale pâtissière.
85 € sur clos19.fr

Les Orcades (Ecosse)
Highland Park 15 ans Viking Heart
Pour ceux qui se sentent une âme de viking, ce whisky délicatement tourbé provenant de la distillerie la plus septentrionale du monde dans les îles Orcades au Nord de l’Ecosse. Dans une élégante bouteille en céramique recyclable en carafe, un single malt à 44 % vol. Issu d’une sélection de fûts de sherry sur des notes de bruyère, épicés, vanillées
130 € chez Nicolas et une sélection de cavistes

Charente (côté Cognac)
Cognac Château Fontpinot XO 100 ans
Rien de mieux qu’une cuvée célébrant les 100 ans de la création de cette cuvée intemporelle en cognac 1er cru de Grande Champagne pour souhaiter une belle longévité à vos papas. Ce cognac XO créé par Pierre Frapin il y a un siècle se pare d’un habillage anniversaire en série limitée inspiré de l’étiquette originale et présenté dans un coffret de bois brut. Un cognac d’exception, assemblage de très vieilles réserves du Château titrant à 41 % vol., d’une belle richesse sur des fruits secs et des fruits confits.
180 € sur frapin.cognatheque.com

Charente (côté Whisky)
Whisky Voyage par Alfred Giraud
Dans un flacon-carafe unique en verre taillé, une création originale, un assemblage à 48 % vol. de deux single malts, l’un vieilli en fûts de sauternes, l’autre en fûts de robinier, d’où ce nectar floral sur des notes de cassis, raisin mûr et miel d’acacia et une finale discrètement boisée.
160 € sur www.alfredgiraudwhisky.com

Cuba
Rhum Eminente Reserva 7 Ans
Un flacon façon peau de serpent gravée dans le verre évoquant l’univers de Cuba (et à garder après utilisation) pour ce ron à 41,3 % vol. composé à 70% d’aguardientes vieillies et passant 7 ans minimum dans d’anciens fûts de whisky. Un bouquet d’arômes de cacao, fruits secs et exotiques sur une note cacao. L’étiquette du Eminente Reserva peut être personnalisée (4,90 €)
49,90 € à La Grande Epicerie de Paris

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Décès de Philippe Coulon, ancien directeur du département d’œnologie de Moët & Chandon

Chez Moët & Chandon, Philippe Coulon a marqué l’histoire de la maison à travers de nombreuses innovations, mais aussi par sa personnalité charismatique et humaniste. L’ancien Directeur du Département d’œnologie et de Recherche est décédé samedi dernier à l’âge de 83 ans.

Né à Meknès au Maroc où il avait développé sa première passion pour le vin, Philippe Coulon était Diplômé de l’agro-Montpelier. Moët & Chandon a recruté en 1972 ce brillant ingénieur pour occuper le poste de Directeur du Département d’œnologie et de Recherche. Il a alors accompagné l’expansion de la Maison, contribuant notamment à la création des structures Chandon en Argentine, en Californie, au Brésil et en Espagne. Internationalement reconnu pour son expertise, il enseignait à la Faculté d’Agronomie de Santiago au Chili (son épouse est elle-même chilienne). Philippe Coulon était enfin un chercheur de talent qui a marqué l’œnologie champenoise par ses travaux sur la fermentation, les levures, les bactéries, la mousse et l’effervescence. Benoît Gouez, le chef de caves de la Maison Moët & Chandon, se souvient : « Il a été mon premier mentor. Je ne voulais pas du tout venir en Champagne au départ. J’ai rencontré Philippe en 1997 à l’Agro-Montpelier à l’occasion d’une journée emploi. Un courant est passé entre nous, au-delà d’ailleurs de notre passion commune pour le vin. C’était quelqu’un qui avait une carrure imposante, du charisme, de la prestance et de la présence. Il avait un côté malicieux et taquin mais avec en même temps beaucoup d’humanisme et d’attention pour les autres. Il a vécu avec Dominique Foulon le grand boom de la Champagne qui a duré des années 1970 aux années 1990, mais aussi le développement des domaines Chandon à l’étranger. L’un de ses traits de génie aura été de nommer Richard Geoffroy chef de caves de Dom Pérignon tout en confiant Moët & Chandon à Dominique Foulon. En donnant à chacune des maisons un chef de caves spécifique, il a ainsi marqué le début de l’émancipation de Dom Pérignon. Même si Philippe était lui-même profondément attaché à l’unité de la maison, il sentait bien que Dom Pérignon avait tout le potentiel pour être incarné, avoir ses propres valeurs, son propre discours. » Philippe Coulon avait pris sa retraite en 2005, cédant sa place à Richard Geoffroy, qui a cumulé cette fonction avec celle de chef de caves de Dom Pérignon, avant de lui-même passer le relai à Vincent Chaperon.

Notre équipe s’associe à la peine de sa famille et de ses anciens collègues et leur présente ses plus sincères condoléances.

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Terre de vins sur les routes de l’œnotourisme

Le numéro spécial Œnotourisme de « Terre de Vins » sort ce 14 juin dans les kiosques. Avec l’arrivée des beaux jours, le magazine propose aux lecteurs plusieurs dizaines d’idées de circuits à travers le vignoble français et 400 adresses incontournables.

C’est un rendez-vous désormais incontournable pour toutes celles et tous ceux qui, avec l’arrivée des beaux jours, aiment parcourir les routes des vins des plus beaux vignobles français. Le numéro spécial Œnotourisme de « Terre de Vins » arrive dans les kiosques, et avec lui toutes les idées de circuits pour aller à la rencontre des vignerons, arpenter les vignes, bien déguster, bien manger, bien se loger, et bien sûr rapporter quelques bouteilles à la maison. Languedoc, Roussillon, Vallée du Rhône, Corse, Provence, Bordeaux, Cognac, Sud-Ouest, Val de Loire, Champagne, Beaujolais, Bourgogne, Alsace, Jura, Savoie… Ce sont 400 bonnes adresses qui sont répertoriées dans le magazine, parmi lesquelles les 100 lauréats des Trophées de l’Œnotourisme 2023. Un cahier spécial sur les Côtes du Rhône Villages vient compléter ce numéro qui va forcément vous donner des envies d’escapades. À vos kiosques, et aux caveaux !

« Terre de Vins » n°86 spécial Œnotourisme, 140 pages, 6,90 €.
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[PRIMEURS] Une déferlante de belles sorties

La campagne primeurs s’intensifie avec, depuis hier, la sortie de plusieurs très belles références du vignoble bordelais, qui annoncent le prix de leur millésime 2022. On fait le point.

Château Brane-Cantenac, 2ème Grand Cru Classé et star de Margaux, a conquis la rédaction de Terre de Vins en 2022 (note de 97/100). Pour ce millésime hommage au regretté Lucien Lurton, son fils Henri, qui vivait là sa trentième vendange, a relevé le défi talentueusement. « Brane » sort au prix de 84 € TTC. Toujours à Margaux, le château Lascombes (2ème Grand Cru Classé, note 95-96/100) qui a récemment connu un changement de propriétaire et fourbit de grandes ambitions, sort à 87,35 € TTC. Le positionnement prix est sur une hausse raisonnable (on est plus élevé que tous les millésimes récents en livrable) mais le signal est clair : Lascombes veut monter en gamme.

Une grande star de Pauillac, le château Lynch-Bages (2ème Grand Cru Classé, note 96-97/100), sort au prix de 147,80 € TTC. Le Blanc de Lynch-Bages sort pour sa part à 58,80 € TTC. Du côté de Saint-Julien, le château Léoville-Poyferré, 2ème Grand Cru Classé, sort au prix de 117,60 € TTC (note 96-97/100). À Saint-Estèphe enfin, l’éternelle valeur sûre Château Phélan-Ségur sort au prix bien ciblé de 52 € TTC (note 97/100).

À Pessac-Léognan et dans la famille des Crus Classés de Graves, l’emblématique Domaine de Chevalier sort en rouge à 79,50 € TTC (note 95/100) et en blanc à 114 € TTC (note 95-96/100). Le château Pape Clément de Bernard Magrez sort son rouge à 87,30 € TTC et son blanc à 137 € TTC (tous deux notés (95/100).

Sur la rive droite, deux grands noms du plateau calcaire de Saint-Émilion, tous deux Premiers Grands Crus Classés, annoncent la couleur. Clos Fourtet, qui signe un grand 2022 (note 97-98/100), sort à 132 € TTC. Le château Larcis-Ducasse (note 97-98/100 et « coup de cœur » de la rédaction) sort à 100,80 € TTC. À Pomerol enfin, le château Beauregard se dévoile au prix de 73,90 € TTC (note 93-94/100).

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Solar Panel : quand Jean-Charles Gutner et Roederer explorent la diversité du vivant

Le champagne Louis Roederer qui compte 115 hectares certifiés bios porte une attention particulière à la restauration de la biodiversité champenoise. Une approche qui n’est pas seulement environnementale, mais aussi esthétique. Dans le cadre du rendez-vous biennal « Révélations » au Grand Palais Ephémère à Paris, la Maison et le photographe Jean-Charles Gutner se sont associés pour une exposition intitulée « Solar Panel » mettant en lumière toute la beauté des feuilles de vignes lorsque l’on prend le temps de les contempler pour ce qu’elles sont : des œuvres d’art uniques que nous offrent la nature. Jean-Charles Gutner est ainsi le troisième artiste après Duy Anh Nhan Duc et Philippe Starck à collaborer avec la marque.

Jean-Charles Gutner comment est né ce projet Solar Panel ?
J’ai commencé à photographier les feuilles de vignes en 2015. A la manière des dessinateurs qui ont leurs carnets de croquis, il s’agissait d’une recherche personnelle, d’une étude… Les paysages des vignes travaillées par l’homme sont très organisés. Cela pousse l’œil à la paresse. Le premier réflexe lorsque l’on prend une photo consiste à jouer avec ces lignes. C’est facile et très graphique, on obtient des cartes postales. En ce qui me concerne, je suis toujours en quête de nouveauté et je trouve que l’on passe souvent à côté de beaucoup de choses sans les observer. Le rôle d’un vrai photographe vise justement à apprendre aux gens à regarder. Dans les vignes, les feuilles sont effacées par leur volume, elles sont prises dans la masse. En les isolant sur une feuille blanche, on fait ressortir leurs détails, la finesse de leurs nervures. On a l’impression de voir dessiné sur chacune d’entre elles une reproduction miniature de la mosaïque du parcellaire de nos coteaux. Les nuances de couleurs sont également incroyables. Tout cela sans aucune retouche… Quant au titre « Solar Panel », vous pouvez l’interpréter comme un clin d’œil à l’ingéniosité de la nature qui n’a pas attendu l’homme pour inventer les panneaux solaires. Que sont en effet les feuilles sinon des panneaux qui captent l’énergie du soleil pour alimenter la plante grâce à la photosynthèse ?

Il s’agissait aussi de constituer une sorte d’inventaire visuel des différentes variétés…
Oui, je me suis appuyé sur l’ampélographie. J’ai photographié tous les cépages champenois et alsaciens. Je me suis aussi attaqué aux cépages du Sud-Ouest et notamment un cépage demeuré jusque-là inconnu du domaine de Claude et Lydia Bourguignon à Cahors. Ses feuilles étaient étonnantes, très hachées et structurées, avec une forme un peu conique de sapin. Sur les conseils de Pierre Huré, vigneron à Ludes, j’ai envoyé la photographie à l’Institut Pierre Galet. Quelques jours plus tard, un contributeur nous a indiqué qu’il s’agissait d’un chasselas Cioutat originaire de Judée. Il avait été identifié par Pierre Galet parce qu’il était frappé sur des pièces de monnaie du temps d’Hérode. On peut même imaginer que c’est avec ce raisin qu’a été produit le vin servi au Christ pendant la Cène ! La variété est aujourd’hui très rare, il ne reste plus que quelques pieds cultivés à la frontière entre l’Autriche et la Suisse.

© Marie Flament

L’autre spécificité de votre projet réside dans l’impression de ces photos sur un papier très particulier…
J’ai découvert ce papier grâce à une amie, Ariane de la Chapelle, ingénieure recherche au Louvre. Un jeune stagiaire coréen le lui avait présenté. Après tout un process d’évaluation, il est rentré à l’inventaire des matériaux du département des dessins du musée. Il sert uniquement à la préservation et l’entretien des œuvres exceptionnelles. Nos vieux papiers européens vieillissent mal. Pour les conserver ou les réparer, on utilise ce papier Hanji comme support d’encollage. Les dernières œuvres qu’il a permis de sauvegarder sont des dessins de Léonard de Vinci, Dürer et Raphaël. Cela vous donne le niveau de qualité ! Il est vrai que sa durée de vie se compte en siècles. « Trésor national » en Corée, il est fabriqué par l’une des dernières familles héritières de cette tradition qui remonte au VIIe siècle. Elle cultive elle-même les mûriers et les roses trémières qui constituent avec l’eau de source les trois ingrédients 100 % naturels. Obéissant au rythme des saisons, la production n’a lieu qu’une seule fois par an. J’ai tout de suite vu un parallèle d’excellence avec le champagne et l’idée de relier ces deux produits qui subliment le fruit de la nature et font appel à des techniques artisanales m’a paru une évidence. Je voulais créer entre eux une sorte de pont végétal. J’ai dû surmonter un vrai défi technique. Ce papier aux fibres légères n’a absolument pas été conçu pour la photographie. Le maître papetier a donc conçu un papier spécial pour moi. L’impression n’en demeure pas moins très difficile. Elle nécessite des préparations et il a fallu que je trouve le bon imprimeur à Paris. L’objectif était en effet d’imprimer sans aucun recours à la chimie.  Si tout se passe bien, on parvient à faire trois ou quatre tirages en une matinée grand maximum. Même les Coréens en sont incapables !

Pour découvrir le travail de Jean-Charles Gutner : https://www.jeancharlesgutner.com
www.louis-roederer.com

L’inauguration de l’exposition fut aussi l’occasion de découvrir Collection 244, la dernière édition du multimillésime du champagne Louis Roederer, construite autour de la vendange 2019 (54% de l’assemblage). On appréciera à la fois la délicatesse du fruit et l’éclat minéral de ce grand champagne (59€).

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[Nouvelle-Aquitaine] Producta Vignobles modernise la tradition

A l’heure où Bordeaux fait face à des problématiques d’arrachage d’une partie de son vignoble, la structure Producta Vignobles tente de donner une image plus moderne pour s’adresser à tous les consommateurs en les décomplexant.

Producta Vignobles, dont la création remonte à 1949, est un acteur important des vignobles du Sud-Ouest, de Bordeaux à Bergerac avec 15 millions de cols vendus par an. Pourtant, ce nom ne vous évoque certainement rien. C’est plutôt normal car il s’agit d’une structure portée par 20 caves coopératives actionnaires réparties sur le Sud-Ouest. Cette « maison de négoce à caractère coopératif » achète une partie de la production à ces coopératives qui regroupent 2500 vignerons. Ce maillage du territoire permet à Producta Vignobles de proposer une très large gamme d’IGP et d’AOP, du Médoc à Pécharmant, des satellites de Saint-Emilion à Bergerac ou Monbazillac. Et si une large part des références continue de porter une image classique et statutaire, prompte à satisfaire une clientèle relativement âgée, une nouvelle dynamique a été enclenchée depuis peu. « Nous souhaitons pouvoir recruter des consommateurs plus jeunes, trentenaires et quadras, avec des vins de qualité portés par des concepts marketing forts » explique Camille Dujardin, le Directeur Général. C’est ainsi que Producta Vignobles a dévoilé ses Innovations, gammes joyeuses, volontairement décalées qui montrent qu’il est aussi possible de sortir du cadre à Bordeaux en offrant « des bouteilles plus funky d’un très bon rapport qualité-prix » renchérit Camille.

Une approche décomplexée
Sans la qualité, tout effort marketing se transforme vite en coup d’épée dans l’eau, les consommateurs même néophytes étant loin d’être des pigeons. C’est bien ce qu’a compris Producta Vignobles en dévoilant sa gamme « Les BOBIO Bordelais ». Une étiquette radicale, très inspirée des codes de la bière, qui joue sur la simplicité et une image dépoussiérée. Des vins bios donc, vendus en grande distribution à 6,5€ dans les 3 couleurs. Des vins souples, très plaisants, à l’image du blanc parfaitement représentatif du vin de soif qu’on attend qu’il soit. Camille explique que « l’idée ici est de permettre aux consommateurs d’identifier facilement ces vins dans les rayons ». Cela n’est pas sans rappeler les petites récoltes qui surfent depuis des années sur cette même approche avec succès.

©producta.com

Autre nouveauté, la gamme « Bip-bip le satellite ». Là aussi, le ton est volontairement différent pour éviter de créer une muraille difficile à franchir pour des consommateurs non avertis. Des jus issus des différentes appellations de Saint-Emilion avec des étiquettes très similaires qui se singularisent par la mise en avant de PU, MO ou LU (pour Puisseguin, Montagne et Lussac). Avec à la clé, des jus faciles à boire, bien fruités, accessibles et équilibrés.

Même démarche côté Médoc avec un Code M énigmatique, fidèle à son terroir qui se découvre en miroir sur l’étiquette mais n’est plus le point d’entrée. Et pour aller même plus loin, la gamme Flore & Marius en IGP Atlantique abandonne la bouteille bordelaise pour une sorte de bourguignonne. Des bouteilles qui parlent immédiatement avec des étiquettes typées BD et des vins simples et compréhensibles par tous. De quoi redonner des couleurs à ces vins de Bordeaux à petits prix qui ont, plus que jamais, une vraie carte à jouer auprès d’un public moins attaché à la tradition.

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