Festival d’Avignon : In vino veritas pour Tiago Rodrigues

C’est une histoire d’amour qui dure depuis 25 ans entre l’AOC Vacqueyras et le festival d’Avignon. Chaque année, trois cuvées sont sélectionnées par un jury pour être les ambassadrices du cru et jouer les stars durant le In. Tiago Rodrigues, son nouveau directeur, raconte cette expérience et son plaisir pour le vin.

Vous venez de déguster 18 cuvées. Quelles sont vos premières impressions ?
C’est une expérience ! J’ai été intronisé dans la confrérie de Vacqueyras en 2017, ce n’est donc pas une première, je suis un peu chez moi. Je découvre les vins, leur richesse et leur diversité sont impressionnantes. Cela fait 25 ans que le partenariat existe. Cela raconte quelque chose, des moments de partage. Une façon joyeuse aussi de découvrir la production identitaire de ce territoire, cette région, ces paysages, pour quelques milliers de visiteurs. C’est tout à l’honneur de Vacqueyras, cette générosité de fournir de grands vins.

Vos grands-parents tenaient un bistrot, cela a t’il influencé ce goût pour le vin ?
Mes grands-parents des deux côtés paternels et maternels, vendaient du vin et du fromage, dans le nord du Portugal. J’ai grandi, chaque été, dans cette convivialité de gens qui mangent et qui boivent. J’ai une passion pour les cafés, les lieux populaires, le vin et le fromage. Je pense à mon grand-père dans le Douro, première région viticole, où sont mes racines, mon lien, avec des gens passionnés. J’habite Avignon depuis un an, comme émigrant. Ici aussi, le vin et le fromage sont des liens culturels. Cette hospitalité nous prépare pour la vie. C’est la même chose que d’être directeur et d’inviter des gens dans un cadre joyeux, de partage, de respect, comme organiser la fête, mon métier.

Et de la littérature portugaise qui traite du monde viticole, comme Miguel Torga ?
Mon père qui était journaliste l’a bien connu et il le respectait. Il était médecin comme ma mère. Son livre « Vendange », son journal, ses pièces de théâtre méconnues, sont autant de portraits puissants de la région de mes ancêtres.

Comme le disent les poètes, le vin est-il source d’inspiration pour l’artiste que vous êtes ?
In vino veritas ! Le vin est source d’inspiration. Avec les équipes, les acteurs, je fais des analogies avec le vin, l’agriculture et le football aussi. Je pense aux changements de température qui peuvent influencer le vin, comme dans l’art, une création de spectacle peut être influencée par un mouvement social. Porosité et vulnérabilité, ouverture, dans le spectacle vivant il faut s’inventer à chaque fois. Nous sommes otages des saisons et des sensibilités des humains. Le théâtre est la version la plus humaine et vulnérable des arts. Le vin avec sa géographie réduite est vulnérable. Chaque millésime raconte une histoire différente dans le temps, au goût différent, un territoire. C’est passionnant.

Les cuvées lauréates
Blanc 2021 : Domaine La Verde Cuvée Odyssée
Rosé 2022 : Domaine La Garrigue
Rouge 2020 : Domaine de Montvac Cuvée Vincila

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[Bouteille à moins de 10€] Domaine de Babio rouge 2020

C’est quoi ?
Domaine de Babio rouge 2020, AOC Minervois : un vin certifié AB, fait par Cécile Weissenbach, œnologue, en Haut Minervois, au pied de la Montagne Noire. Sur ses 13 hectares, sa méthode de culture respecte la terre, la vigne et le biotope. Elle vinifie la première cuvée de sa gamme (8,50€ départ cave) en macération traditionnelle, avec peu d’intrants. Un vin sincère et plein de caractère !  

Pourquoi ?
Un nez joyeux de garrigue, une attaque franche, fruits noirs et zan, tanins souples et heureux équilibre, bien ancré dans son terroir, finissant sur une note poudrée de poivre gris…

Avec quoi ?
Terrien, il ira bien avec des plats de légumes cuisinés, une poêlée de cèpe, un gratin d’aubergine, des oignons des Cévennes farcis, des cannellonis aux épinards. On l‘ouvre aussi avec bonheur sur les plats mijotés, de la daube niçoise au civet de lapin.

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Environnement : Rémy Martin réaffirme ses ambitions

Le négociant à Cognac compte 37 nouveaux viticulteurs livreurs certifiés HVE-CEC en 2022. Il souhaite que tous les adhérents d’Alliance Fine Champagne le soient en 2028

Face au réchauffement climatique, Rémy Martin, vaisseau amiral du groupe Rémy-Cointreau, verdit encore ses pratiques. Au lendemain des vendanges, le négociant en cognac conviait ses 820 viticulteurs partenaires à adopter l’agroécologie avant 2030.

En ce printemps 2023, il réaffirme ses ambitions environnementales : 70 % de surfaces certifiées HVE-CEC (comprenez « haute valeur environnementale » et « certification environnementale cognac ») à la fin 2024 chez tous les adhérents de la coopérative associée Alliance Fine Champagne et la totalité en 2028.

Préservation des terroirs
Le message a été délivré le 26 avril 2023 à Cognac, dans les locaux rénovés du Club Rémy Martin, où le négociant organisait la 6e cérémonie des Centaures de l’environnement. A cette occasion, Marie-Amélie de Leusse, présidente de Rémy Martin, Eric Vallat, directeur Général du Rémy-Cointreau, Jean-Philippe Hecquet, directeur général de Rémy Martin, et Christophe Forget, président d’Alliance Fine Champagne, ont salué l’engagement de 37 viticulteurs certifiés HVE-CEC en 2022.

A l’heure où l’entreprise prépare son tricentenaire (la fête se déroulera en 2024), Marie-Amélie de Leusse a souligné combien les terroirs de Grande Champagne et de Petite Champagne devaient être préservés. Elle a déclaré : « Nous allons célébrer les 300 ans d’une histoire familiale mais nous allons surtout veiller à ce que cette histoire se perpétue dans les 300 prochaines années. »

Jean-Philippe Hecquet s’est montré opérationnel et rassurant : « A l’heure où la certification environnementale HVE vient d’être revue, notre volonté de continuer à accompagner nos partenaires viticulteurs est confortée. Par notre nouvelle stratégie agroécologique, la HVE restera le socle immuable de nos actions en faveur d’une viticulture plus durable et respectueuse. »

“Emulation et force du collectif”
Eric Vallat a jugé la conversion agroécologique « prioritaire » : « Cette conversion, difficile mais nécessaire, se fera dans le temps long […]. Nous n’avons pas d’autre choix que d’accélérer le changement de nos pratiques. »

Enfin, Christophe Forget a dit « croire à l’émulation et à la force du collectif ». Interrogé quelques jours plus tôt par « Terre de Vins », le viticulteur à Allas-Champagne (Charente-Maritime) développait des arguments similaires. Il invitait ses collègues à participer aux premiers Trophées Cognac vignoble engagé. Le concours est organisé par « Terre de Vins » et le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), en partenariat avec « Sud Ouest » et « Charente Libre ». Vite, les inscriptions seront closes le 14 mai.

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[Côtes du Rhône] Saint-Maurice vaut bien un palais

Méconnue, l’appellation Villages Saint-Maurice a pourtant quelques jolis atouts à dévoiler. C’est au salon Découvertes en Vallée du Rhône, qui s’est déroulé au Palais des papes d’Avignon, que nous avons rencontré les trop rares metteurs en marché ayant la bonne idée de la vinifier.

L’AOC Villages Saint-Maurice est entrée dans la famille des Villages nommés en 1967. Situé dans la Drôme, son petit territoire de 110 hectares en production, culmine à 400 mètres sur des coteaux bien exposés et généreusement ensoleillés. Côté terroir, se retrouvent argiles et calcaires recouverts de galets roulés et zones gréseuses plus légères. Si l’appellation se décline dans les trois couleurs, nulle trace de rosé. Le rouge domine et quelques blancs floraux tirent leur épingle du jeu. Deux domaines et deux caves coopératives les vinifient. Nous sommes tombés sous le charme…

Domaine La Florane : Adrien Fabre cultive ses vignes en biodynamie. 24 hectares en appellation Villages Visan et 14 en Saint-Maurice. Sa cuvée Guillaume de Rouville blanc 2021 (15€) assemble à part égale grenache, marsanne, roussanne et 10 % de viognier. Ils sont fermentés et bâtonnés sur lies, en demi-muids, œufs béton et dolium, où ils patientent jusqu’en avril. Fleurs et fruits blancs donnent le ton, suivis par une bouche ronde et vive, complexe, sur des notes subtiles d’amande. La finale est saline. Une réussite !

Échevin Terroir Les Oliviers, rouge 2021 (11€), 80 % syrah-20 % grenache est construit de fruits noirs, violette, olive. Bien ouvert, frais, encore un peu tannique, il faut lui donner du temps.

Guillaume de Rouville rouge 2021 (17€), issu de vieilles syrah et 5 % de grenache. Partiellement égrappés, les raisins sont vinifiés en cuve tronconique bois, puis élevés en demi-muids. Le fruit noir domine sur la mûre, ample et bien équilibré, il se conclue sur des notes d’encre et d’olive noire.

La cave des Coteaux de Saint-Maurice, joue la carte des vins de domaines avec 5 cuvées en nom propre. Délicate, blanc 2021 (6,40€), 80 % viognier-20 % marsanne, a un profil aromatique de fruits jaunes, la bouche est fraîche, avec une petite tension bienveillante.

Domaine La Fontaine du Loup, rouge 2020 (7,10€), grenache-syrah-mourvèdre à part égale. Cassis et mûre, tanins enrobés, fluidité, il lui manque un peu d’étoffe mais heureusement pas de plaisir.

Le Domaine Chaume-Arnaud a été créé en 1987 par Valérie, rejointe par son mari Philippe et en 2011 par leur fils Thibaut. Ici la biodynamie est reine, pour la vigne mais aussi les oliviers, les céréales, les tomates. Leur Saint-Maurice rouge 2021 (12,50€), assemble 60 % de grenache, 20 % de syrah et 20 % de mourvèdre. Les fruits sont très mûrs, légèrement compotés sur la prune, l’olive noire et la réglisse en finale, apportant du peps. Nuances et profondeur, on savoure !

Gigondas La Cave: Une dominante de grenache (65%), 25% de syrah et 10% de mourvèdre combinent Le Dit du Bastidon (8,90€). Une cuvée à la vinification traditionnelle où les raisins ont été éraflés totalement et cuvés une quinzaine de jours. Délestages, remontages quotidiens et pigeages manuels, composent la recette. Après aération, les fruits noirs et les notes de garrigue dominent. La bouche accueille la fraîcheur, les petits fruits rouges croquants. Les tanins sont d’une finesse ciselée.

Et avec tout cela, qu’est-ce qu’on mange ? En automne, un bœuf braisé aux carottes, un petit salé aux lentilles, un chou farci et en été, tout ce qui peut se griller au barbecue !

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La santé insolente des coops corses

Elles ne sont plus que quatre dans l’île mais représentent toujours une large majorité des volumes, aux trois-quarts en rosé. Les coopératives corses ont restructuré leur vignoble pour faire la part belle aux cépages autochtones, investissent en R&D et depuis la crise sanitaire ont diversifié leur distribution.

Une fois n’est pas coutume, les caves coopératives corses étaient de passage de conserve dans la capitale pour faire déguster le meilleur de leur production et essayer de se faire une place sous le soleil du continent aux côtés des prestigieux domaines de l’île. Elles ont bien fait il y a cinq ans une tentative de cuvée commune baptisée Ile de Rosé et portant une démarche collective inédite associant à l’origine les principales coopératives corses. L’objectif était de mieux valoriser le rosé en IGP Ile de Beauté (8,90 – 9,50€) mais l’initiative n’a pas eu le succès escompté. « Il aurait fallu davantage de moyens et une négociation globale auprès des enseignes mais chaque coopérative a ses propres partenaires, notamment en marques de distributeurs et il est difficile de respecter l’équilibre entre les structures, avoue Franck Malassigné, le directeur commercial des Vignerons Corsicans chargés de l’assemblage et de l’embouteillage d’Ile de Rosé. « Nous sommes nos premiers concurrents, estime Christian Orsucci, le président de la cave d’Aléria. Nous avons quitté le projet car nous avions nos propres marchés pour ce type de vin ». Il semble néanmoins que la cuvée est trouvée sa place au Petit Ballon et aux Etats-Unis grâce à un importateur travaillant sur plusieurs états. « Ce projet a au moins servi à travailler sur la vinification, le marketing, la réduction du niveau de sulfites avec un cahier des charges proche du bio même si le sourcing reste plus problématique », conclut Franck Malassigné. Car actuellement les coopératives affichent une santé rayonnante et se répartissent le marché des MDD sans réelle concurrence. « On est plus fort à plusieurs quand on se sert les coudes et les enseignes peuvent moins négocier les prix à la baisse. En fait, tout est vendu, l’exotisme tire l’image et en Corse, les touristes viennent pour boire local », affirme Christian Orsucci.

Diversification et innovations
Aujourd’hui, les quatre coopératives corses représentent 160 apporteurs (vs 135 caves particulières). La cave d’Aléria est en pleine restructuration depuis cinq ans pour environ 60 % de ses surfaces. « Nous avons arraché le merlot, le cabernet, le pinot, le chardonnay pour basculer de plus en plus sur les cépages autochtones, surtout le sciaccarellu, le niellucciu et le vermentinu, même si nous gardons encore du grenache et de la syrah (environ 300 ha) pour apporter de la couleur et des arômes », reconnait Christian Orsucci. 150 ha sont en conversion bio. La cave est très présente dans la GD de l’Hexagone et à l’export, en particulier en Allemagne avec toujours 1,5 million de bouteilles écoulées avec la Réserve du Président, aux Etats-Unis plutôt en rosé et au Japon, en rouge et blanc. « Nous nous sommes d’abord attachés à développer les ventes en supermarchés et à prendre des parts de marché en CHR et chez les cavistes pour fidéliser la consommation des touristes qui viennent à 80 % de métropole, explique Christian Orsucci. La GD nous a permis de nous en sortir, surtout grâce au BIB ». Aléria commercialise 800 000 BIB par an dont 700 000 en rosé. Une couleur stable aux côtés des blancs en progression (actuellement 13 % des volumes pour 12 % de rouges).

©F. Hermine

Les Vignerons Corsicans, au sud de Bastia, mise également depuis cinq ans  sur la replantation de cépages autochtones, sciaccarellu, niellucciu, bianco gentile, vermentinu, genovese, et muscat pour le doux et le pétillant. Elle est particulièrement investi en R&D sur ces « nouveaux » cépages et sur les pratiques environnementales Projet Vigneron 30 000 en partenariat avec la Chambre d’Agriculture ainsi que sur les micro-vinifications dans différents contenants au sein d’une cuverie rénovée. Elle soutient activement l’installation de jeunes vignerons.

Les Vignerons d’Aghione à Ghisonaccia sur la côte orientale, sous la direction de l’œnologue Christophe Paitier, est désormais la cave la plus importante mais atypique, elle ne compte que 16 adhérents avec la particularité d’être en apport total. Elle commercialise ses vins majoritairement en IGP Ile de Beauté sans compter une gamme importante de vins effervescents. Elle a même été la première à élaborer un muscat pétillant de Corse et depuis ne cesse d’innover avec en projet, un chai haut de gamme pour développer la R&D « car notre ADN est l’innovation » se plait à rappeler le directeur. Elle est également la première à avoir décroché la labellisation RSE et la certification Vignerons Engagés en Corse.

La coopération corse en quelques repères
– Les vignerons d’Aghione 1000 ha, 16 coopérateurs, 120 000 hl produits
* 1er acteur d’IGP Ile de Beauté, 1er producteur de vins effervescents.
* 15 % des volumes distribués sur l’île, 70 % sur le continent, 15 % à l’export (Belgique, Angleterre, Etats-Unis, Australie, Afrique). Certifiés Vignerons Engagés
* La Cave d’Aléria 1500 ha, 70 coopérateurs, 100 000 hl produits

– 1er acteur d’AOP Corse (avec 49% des surfaces AOP), 51 % des surfaces IGP)
* 30 % des volumes commercialisés sur l’île, 50 % sur le continent, 20 % à l’export (Allemagne, Etats-Unis, Asie). Certifiés HVE

– Les Vignerons Corsicans 600 ha, 40 coopérateurs, 35 000 hl produits
* Représente 35 % de l’AOP Corse et 65 % de l’IGP
* 15 % des volumes commercialisés dans l’île, 70 % sur le continent, 15 % à l’export. Certifiés HVE

– La cave Saint Antoine 350 ha, 17 coopérateurs, 25 000 hl produits
* 60 % des volumes commercialisés dans l’île, 40 % sur le continent

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Défi relevé pour la première édition du marathon des vignobles de Cahors

Quelque 900 coureurs ont participé à la première édition de ce marathon, où les amoureux de sport avaient autant leur place que les passionnés de vin.

Sourire aux lèvres, parfois un nœud papillon au cou, les coureurs se sont élancés ce dimanche 7 mai au matin pour la première édition du marathon des vignobles de Cahors.

Sur le parcours, qui permettait d’avoir un aperçu de la vallée du Lot et ses parcelles de vignes, ils ont pu s’arrêter à des points de ravitaillement, mais aussi des stands de dégustation. Ils étaient au nombre de 16 sur l’ensemble de l’itinéraire qui dessinait une boucle avec à l’arrivée et au départ : la ville de Cahors, qui donne son nom à l’appellation viticole. A chaque stand, plusieurs vignerons étaient installés. « Sur cet événement, ils sont 20 », assure ainsi Armand de Gérard, directeur de la communication de l’Union interprofessionnelle des vins de Cahors. Et signe que ce marathon a véritablement mis à l’honneur un vin et son territoire : des ballons violets de la couleur du raisin ont été suspendus un peu partout.

Au départ du semi, plusieurs groupes d’amis se sont déguisés, tel un duo de wonder womans ou encore quatre coureurs costumés en pied de vigne à l’aide de tutus de tulle verte. Un autre groupe, entièrement vêtu de turquoise, avait choisi de porter les habits traditionnels de la Haute-Savoie avec, pour l’un d’entre eux, une cloche en guise de collier. « Ce sont tous mes amis, qui viennent d’un peu partout, explique Déborah Guenin, habitante d’Annecy mais originaire du Lot. Nous avons choisi la couleur turquoise en hommage à mon fils de trois mois qui a eu des problèmes de santé et s’est beaucoup battu. » Tous ont assuré être surtout venus pour le vin. « On va s’arrêter à tous les stands », entonnent-ils de concert.


Des bouteilles en récompense
Tout près de l’arrivée, derrière le dernier stand de dégustation le vigneron Hervé Fabbro du domaine des Gravalous a attendu de pied ferme les sportifs pour leur faire découvrir sa cuvée « CoqueliCôt ». Si certains ne se sont arrêtés que quelques minutes et sont repartis aussitôt, le verre encore plein, d’autres ont pris un peu plus le temps. C’est le cas de Thierry Constant qui a sorti son téléphone pour photographier les étiquettes des canons. 

L’événement a rassemblé 900 personnes. Les organisateurs ont même dû refuser des participants pour le semi, la jauge des 600 coureurs ayant été atteintes. Si Lynda Tabart, présidente de l’association organisatrice, voit plusieurs points à améliorer « pour l’année prochaine », elle se réjouit des sourires et de l’ambiance suscitée par le marathon. « On est partis de rien il y a un an. Je suis très contente qu’on ait réussi à organiser ce marathon sur la vallée du Lot. »

Les vainqueurs qui pour la plupart ne se sont pas autorisé des pauses dégustation, ont reçu en récompense de quoi se rattraper chez eux. « Les trois premiers de chaque course repartent avec des magnums offerts par les vignerons », précise Lynda Tabart. La valeur de certains flacons avoisine les 300 euros. Quant aux vainqueurs du meilleur déguisement, ils repartent avec un coffret d’une valeur de 800 euros composé par le Château Lagrézette.

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[Primeurs] Cheval Blanc et Angélus annoncent la couleur !

Cheval Blanc vient de sortir son 2022 des starting-blocks avec une augmentation importante de près de 20% par rapport au millésime précédent. Le ton est donné dans la cour des grands ! Plus fort encore, le Château Angélus dégaine aussi et confirme la tendance avec une augmentation encore plus spectaculaire de 33%… 

Le Château Cheval Blanc installe ainsi ce 2022 au rang des millésimes exceptionnels alors que la note de Terre de vins est de 99-100. Côté prix, Cheval Blanc se commercialise donc auprès du consommateur à 660€ TTC. Le 2021 s’élevait 558€, les 2020 et les 2019 se monnayaient respectivement à 540€ et 504€.

Chez Angélus, le 2022, noté 98-99 par Terre de vins, explose en s’affichant à 492€, le 2021 était à 370€…

Les vins vedettes de Saint-Émilion et récemment sortis du classement des grands crus classés veulent marquer le coup !

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Good Wines Only de retour

Après le succès de sa première édition bordelaise, le festival Good Wines Only, mêlant Crus Bourgeois du Médoc, musique et offre food, sera de retour à Bordeaux à la guinguette La Belle Saison le mercredi 21 juin (18h-23h), jour de l’été et de la fête de la musique. Ne tardez pas à réserver vos places !

L’an dernier, l’événement avait fait sensation. Cette année, plus de 70 domaines issus du classement des Crus Bourgeois seront à nouveau au rendez-vous de cette belle manifestation conviviale. Venus de sept appellations d’origine contrôlées médocaines (Médoc, Haut-Médoc, Listrac-Médoc, Moulis-en-Médoc, Margaux, Pauillac, Saint-Estèphe) et représentant les trois niveaux hiérarchiques du classement (Cru Bourgeois, Cru Bourgeois Supérieur, Cru Bourgeois Exceptionnel), ils viendront, le temps d’une soirée, faire déguster leurs vins et échanger avec les amateurs. Pour les accompagner, une offre gourmande sera aussi proposée autour de tapas cuisinées. Le tout en musique, avec les jolies mélodies du DJ bordelais Nicolas Outin (18h15-19h), de la franco-américaine Lee-Ann Curren, championne d’Europe de surf et artiste aux tonalités dream-pop (19h-20h30), et du groupe de swing et jazz bordelais Rix And Wonderland (21h-22h30). Tout simplement inratable pour ravir oreilles et papilles !

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Chloé Chassang-Itier à l’ouest du Cantal

Vignoble microscopique sur la partie ouest du Cantal, l’IGP Comté Tolosan est plus connu ici, sous le nom de vin des palhàs. Chloé Chassang-Itier est la première vigneronne à intégrer la petite famille. Son nouveau millésime est séduisant.

Sur sa carte de visite, elle a noté viticultrice, pourtant c’est bien elle qui vinifie ses vins. Chloé Chassang-Itier est une jeune femme passionnée et déterminée. Elle nous donne rendez-vous sur la parcelle qu’elle a planté en 2020. 50 ares, soit 2 500 pieds palissés de bois et installés en palhàs (terrasses). Chardonnay, altesse, pinot gris, syrah, gamay, pinot noir se dorent au soleil de ce petit coteaux ceinturé de bois et de fils pour les préserver des cervidés gourmands. Inutile de recréer de la biodiversité dans cette zone classée Natura 2000. La terre est belle mais « je me suis crevée sur cette parcelle », avoue la vigneronne.

Disserte et enjouée, elle explique les couverts végétaux naturels, sa formation en plantes bio-indicatrices, son souhait de travailler en biodynamie, les 3 jours de vendanges avec les copains et ses premières vinifications dans une grange reconvertie en cave. Depuis qu’elle a décidé d’être vigneronne, les écueils n’ont pas manqué mais ils n’ont pas altéré sa vocation.

Être la petite fille d’un marchand de vin auvergnat est son seul lien avec la vigne. Elle fait ses études viti-oeno à Beaune, travaille dans le commerce du vin à Vancouver et en Espagne. Mais l’appel de la vigne et de la vinification est le plus fort. Elle fait ses classes aux caves de Saint-Verny et du Marmandais. Puis, elle poursuit sa formation sur le terrain avec Gilles Monier où elle a l’opportunité de reprendre les 3,5 hectares d’un des trois vignerons historiques des palhas. C’est peu, mais bien assez pour elle qui travaille seule. Son mari, maraîcher et pomiculteur, assure les remontages et lui ouvre grand son espace de vente directe de fruits et légumes, pour commercialiser ses vins.

2022 inaugure les premières cuvées du domaine d’Auzit. Le 100 % chardonnay, floral, aux arômes encore discrets de pomme et de poire se révèle charmeur. Sur un même registre, la bouche est tout en fraîcheur, charnue et équilibrée.

L’assemblage chardonnay, altesse et pinot gris à le même profil. Ici, l’attaque est vive, avec une pointe d’acidité et une amertume qui assureront le squelette du vin.

Le rosé de presse, 100 % gamay, à la teinte très pâle, joue lui aussi une gamme florale, légèrement amylique. Il a du croquant et de la gourmandise et sera un compagnon d’apéritif idéal.

Les rouges sont encore en élevage. Le gamay, à la jolie teinte grenat, offre ses arômes de prune bien mûre et une jolie bouche de cerise amarena. Le pinot, très expressif de fruits noirs et de fleurs de sureau, nonobstant une légère asséchance assure la fraîcheur. Enfin, l’assemblage syrah, pinot gris augure de vrais plaisirs. Un nez de bourgeon de cassis, cerise et mure mêlées, du volume, une pointe d’acidité, une finale saline.

Il y a de la droiture et de l’élégance dans ce millésime et un bel avenir aux vins de Chloé.

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La Révole Nature, le documentaire brett et méchant

Ce 10 mai sort le documentaire La Révole Nature. Signé Aline Geller, ce film propose une immersion dans le monde du vin nature, ce monde libre à mourir et porté à l’écran par un regard amoureux autour d’un produit que personne, au fond, n’oblige à trinquer.

On y est : les amphores enterrées, les cépages autochtones, le vin orange, la Géorgie, l’émotion – ersatz à la dégustation -, les chevaux, les cheveux, tous hirsutes, les soirées roots, la roulée au bec, Patrick Desplats du domaine des Griottes en tête, poncho sur les épaules et mangeant des feuilles. On y est avec des allures de docu Strip-Tease et tant mieux. Car au-delà du goût des vins natures – certains sublimes de pureté et d’autres pourris de bretts annihilant toute notion de terroir – c’est un documentaire sur la liberté, l’amitié, l’amour, la joie aux accentsnéo-Hara-Kiri. Si certains ont la Rolex, d’autres ont le temps… Le vin sans soufre sous-entend le goût du risque en rejet le plus souvent à une société sacrifiée sur l’autel de la vénalité. Aline Geller assume être amoureuse de ces vins borderlines, le spectateur est averti. Sans faire l’économie d’une bonne bande-son, elle nous emmène sur la route, de l’Anjou au Beaujolais, du Jura à l’Auvergne ce « nouvel eldorado » de vignerons-paysans qui se retrouvent à l’auberge Saint-Eutrope de Clermont, fiers et pour cause de ne pas sulfater de lymphomes leur voisinage.

De la Dive bouteille – et sa figure emblématique Sylvie Augereau – au génial Ganevat, ce documentaire n’induit pas que le vin nature est toujours de grande qualité, mais il est un supplément d’âme, le fruit de trajectoires parfois cabossées, souvent révoltées. Le docu oublie de rappeler que les roots n’ont pas le monopole du nature (Du Grand Cru Classé Haut Bages Libéral à Gérard Bertrand…), n’évoque pas non plus les vignerons natures qui ne sont pas forcément labélisés bio ou la conservation des vins mais le film aborde la question de l’achat de raisins qui divise les partisans du nature, le vin à nouveau vendu en vrac au pistolet ou encore l’opacité qui règne sur la contenance d’une bouteille de vin. L’autre point intéressant reste le prix de certaines de ces bouteilles qui s’envole et c’est… contre-nature. À la lueur de ces 93 minutes qui donnent soif, on rêve même à une dégustation comparée entre un bout de parcelle de Ganevat qui fait écouter du Mozart à ses vignes et l’autre bout de parcelle qui s’épanouirait avec, par exemple, du Sonic Youth. Chiche ?

Les premiers cinémas qui proposent la diffusion.
Cavaillon – Le Paradiso
Hérouville Saint Clair – Le Café des images 
Louhans – L’Eden
Nantes – Le Concorde 
Paris – L’Entrepôt

Speech du film
« Hier anecdotique car cantonné à une poignée de vignerons et réservé à une caste de consommateurs initiés, le marché du vin nature se démocratise. Il est dorénavant perçu comme un mode de production et de consommation respectueux de la nature et des hommes. Il suscite de nouvelles vocations et réenchante un monde agricole souvent déconsidéré. Des stars aux pionniers, en passant par les néo-vignerons, LA REVOLE NATURE part à la découverte de celles et ceux qui font le vin nature d’aujourd’hui. »

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