Stéphanie Daumas, aux manettes de l’ AOC Languedoc

Depuis octobre dernier Stéphanie Daumas est la nouvelle directrice du syndicat des vins de l’AOC Languedoc. Arrivée tout droit du vignoble voisin rhodanien, la gardoise, fille de vignerons a été séduite par le syndicat et son grand potentiel. Elle rejoint donc la belle aventure de l’appellation.

Stéphanie Daumas, quel est le parcours qui vous a amené jusqu’au syndicat Languedoc ?

Je suis œnologue de formation et titulaire d’un master droit de la vigne complété par une spécialisation qualité. Dans ma carrière, j’ai eu plusieurs expériences dans le monde du vin. D’abord dans une cave coopérative où j’occupais le poste de directrice puis j’ai travaillé dans une cave particulière à Châteauneuf-du-Pape. J’ai ensuite pris la direction d’un syndicat viticole et d’une structure de négoce.

Après avoir travaillé au sein des « grandes familles » de la filière vin, il était important pour moi de faire un état des lieux, et de revenir au monde syndical. Le plus important était de participer à la construction du rayonnement d’une appellation à l’immense potentiel, c’était mon souhait le plus cher.

Quelles sont les grandes missions du syndicat Languedoc que vous pilotez ?

En plus de la gestion du syndicat, des ressources humaines et du pilotage du Mas de Saporta à Lattes (siège du syndicat, mais aussi de la chambre d’agriculture, du caveau des vins du Languedoc et du restaurant éponyme), il est essentiel que je déploie la stratégie fixée par notre Conseil d’administration, celle de contribuer à la création de valeur de l’appellation. Concernant les missions régaliennes, il y a bien sûr le contrôle mais aussi la défense de l’AOC Languedoc et de ses dénominations, du nom et du terroir, mission qui me tient particulièrement à cœur et où je m’y investis déjà pleinement au côté de Béatrice De Chabert, directrice du Syndicat des Coteaux du Languedoc. Enfin, nous souhaitons apporter un soin particulier à la communication interne pour fédérer au mieux nos vigneronnes et nos vignerons autour des enjeux collectifs.

Quels en sont les grands chantiers ?

Renforcer la communication interne avec nos adhérents et les liens avec les autres syndicats d’appellation afin de créer un grand réseau pour avancer sur des sujets communs.

Ensuite, travailler et affirmer l’identité de l’appellation Languedoc sur ses 3 couleurs. Et enfin engager fortement le syndicat sur les questions essentielles d’agro environnement et d’adaptation aux évolutions climatiques, c’est un grand challenge.

Après 2 ans de COVID, il est important de recréer du lien entre les adhérents et de vivre intensément dans la « maison des vins » du Languedoc. Une dernière mission très importante, développer au maximum L’école des vins du Languedoc qui, chaque jour, forme des ambassadeurs de notre vignoble, de l’AOC Languedoc et de l’ensemble des AOC hiérarchisées.

Quels sont les prochains événements portés par le syndicat ?

Le salon de Saporta, le 27 février à la veille de Millésime Bio. Ce sera un RDV simple, court et convivial avec les vignerons des 38 appellations du Languedoc. Puis, le 2 et 3 mai prochain, nous organisons pour la première fois un grand salon au Corum, en plein cœur de Montpellier : Dégustez en VO. Seront présents des centaines de domaines occitans et le salon sera uniquement réservé aux professionnels du secteur viticole. Sur les 2 jours du salon, nous organisons aussi des masterclass, et un symposium sur les cépages patrimoniaux qui viendra clôturer l’événement. Nous souhaitons y attirer de nombreux visiteurs !

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Concours du Meilleur Caviste de France : top départ de l’édition 2022

Tous les deux ans, cette compétition créée par le Syndicat des Cavistes Professionnels (SCP) et organisée par Terre de Vins voit s’affronter les cavistes français. Tenez-vous prêt(e) à tenter votre chance, les inscriptions ouvrent le 14 février prochain sur www.meilleurcavistedefrance.fr

Après Matthieu Potin en 2020 (La Vignery Saint-Germain-en-Laye), Cyril Coniglio en 2018 (Rhône Magnum), Philippe Schlick en 2016 (La Boutique du Sommelier) et Stéphane Alberti en 2014 (Cave Vin Passion), qui sera le prochain ou la prochaine à inscrire son nom au palmarès des meilleurs cavistes de France ? Organisé par les cavistes pour les cavistes, ce Concours biennal est à la fois une façon pour les participants de tester leurs connaissances, un événement fédérateur et convivial entre confrères, et une formidable mise en lumière du métier.

Peuvent prendre part à cette compétition les « professionnels cavistes (indépendants, intégrés, chaînés, franchisés), hommes et femmes, employés ou gérants d’une cave située en France métropolitaine ou en Corse, affectés physiquement à un point de vente. » Pour participer à ce grand challenge, deux préalables sont requis : s’inscrire au Concours sur www.meilleurcavistedefrance.fr entre le lundi 14 février et le lundi 18 avril 2022, et être adhérent au SCP depuis ou pour au moins deux ans.

Une fois leur inscription validée, pour parvenir au sommet, les candidats devront franchir une succession d’épreuves exigeantes. Ce chemin débutera le lundi 9 mai 2022 par les pré-sélections, sous forme de questionnaire en ligne d’une durée d’une heure, sur www.meilleurcavistedefrance.fr.  A l’issue de cette étape digitale, seront connus les noms des 40 cavistes retenus pour les qualifications, qui se dérouleront le lundi 12 septembre 2022. Elles permettront de déterminer les huit finalistes, qui se confronteront lors de la grande finale, le lundi 17 octobre. Au terme de cette intense journée, le podium de l’édition 2022 (cavistes d’or, argent et bronze) sera révélé, ainsi que le nom du nouveau Meilleur jeune caviste de France (âgé de moins de 30 ans), qui succédera à Alexis Zaouk (La Cave d’Alex), sacré en 2020. 

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[Escapade Cognac] L’éternelle mission de la maison Courvoisier

Jarnac-Charente, cité protestante greffée sur un méandre du fleuve Charente a intimement lié son destin à celui de l’eau-de-vie charentaise. La couleur des murs comme les parfums qui émanent des chais souterrains en ont fait la rivale, sinon la sœur, de la bien-nommée Cognac.

Une Escapade à retrouver en intégralité dans Terre de vins hors-série Spiritueux ou sur notre kiosque digital.

Épisode 3 : Courvoisier

L’éternelle mission de la maison Courvoisier
Elle est là, superbe, immanquable, dominant le fleuve Charente, le pont de pierre enjambant ce dernier. Courvoisier fait partie des murs de la ville, rappelant l’économie première de la cité, son particularisme historique comme géographique. Propriété du groupe japonais Suntory, la maison napoléonienne continue d’écrire son histoire, non sans une certaine responsabilité, sinon fierté, chez ses salariés. « Les Jarnacais s’identifient beaucoup à Courvoisier, et nous, vice versa, nous sommes très fiers de cette aura. On a pleinement conscience de cette dimension, notre mission est de la transmettre de manière intimiste auprès des visiteurs venus d’ailleurs », explique Katy Boudou, chargée des circuits de visite. Durant la période hivernale, si spéciale dans la région, moment de la distillation, la maison Courvoisier propose une incursion Premium (70 €) au cours de laquelle on découvre toutes les étapes de l’élaboration du cognac, avec une visite du château et de son paradis où reposent les plus vieux stocks. Cette immersion de deux heures se conclut par une dégustation de plusieurs qualités dont L’Essence de Courvoisier, qui est la coupe la plus remarquable de la maison. « En soignant notre visite, nous voulons fidéliser une clientèle, qu’elle soit sensible à notre travail », ajoute Katy. La dégustation est aussi le moment de faire découvrir tout l’éventail de cocktails que le monde du cognac s’approprie chaque jour davantage. « C’est une autre image du cognac, plus moderne, qui séduit énormément », conclut la responsable des visites, soucieuse de rappeler combien le cognac est tendance aux quatre coins du monde.

16200 Jarnac-Charente
05 45 35 56 16 – Site internet

Épisode 1 : Hine
Épisode 2 : Cognac Navarre

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[Saint-Valentin] Cîroc Pomegranate, la vodka signature

La Saint-Valentin approche, alors pour ne pas que vous manquiez d’idées, et que vous alliez à l’encontre de la traditionnelle boite de chocolat ou bouquet de roses, Terre de Vins vous propose dix idées cadeaux. Aujourd’hui direction un spiritueux: une vodka de raisins Cîroc alliée aux saveurs onctueuses de grenade vivifiante.

Depuis sa création en 2003, par Jean-Sébastien Robicquet, Président de Maison Villevert et maître distillateur, dans sa distillerie du sud-ouest de la France près de Cognac, Cîroc signe des vodkas iconiques au caractère singulier. Issue
d’un procédé de vinification à froid réservé aux plus grands vins, inspiré par plus d’un siècle d’expertise et de savoir-faire viticole, la vodka haut de gamme Cîroc, contrairement à la plupart des vodkas qui sont élaborées à partir de céréales, est issue d’une sélection des raisins français les plus fins.

Pour cette édition ultra limitée, le flacon iconique Cîroc se réinvente et s’habille d’un rouge flamboyant imaginé pour célébrer les moments authentiques tels que la Saint-Valentin. Avec ses lignes sobres, sa robe bordeaux mate et son marquage doré, la nouvelle bouteille de Cîroc® Pomegranate se fondra parfaitement dans un décor raffiné et ravira les amateurs de beaux objets.

Cette nouvelle vodka signature célèbre avec finesse et élégance l’alliance subtile d’une vodka unique élaborée à base de raisins français à la gourmandise de la grenade. Au nez, des arômes gourmands de fruits rouges fraichement cueillis laissent place aux parfums suaves d’une compoté de fruits. En bouche, la grenade apporte une incroyable douceur, relevée par des notes subtiles d’amande amère et de cerise griotte. Enfin, la finale est longue, fraîche et élégante.

Cette exclusivité, “Cîroc® Pomegranate” est idéale dans l’élaboration de cocktails créatifs à la richesse
aromatique incomparable

Cîroc® Pomegranate exprime toute la noblesse de la vodka de raisins Cîroc alliée aux saveurs onctueuses de grenade vivifiante. Cette exclusivité Cîroc® Pomegranate est idéale dans l’élaboration de cocktails créatifs à la richesse aromatique incomparable.

37,5% – 70cl
Prix de vente : 49€
Disponible chez les cavistes fins, sur Drinks&Co

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Horizeo : la grogne monte à Pessac-Léognan

Le projet Horizeo, parc photovoltaïque de 1000 hectares à Saucats, en Gironde, suscite un vent de défiance parmi de nombreux acteurs locaux. À commencer par les vignerons de l’appellation Pessac-Léognan, en première ligne face aux conséquences potentielles de ce projet sur l’écosystème environnant.

Le plus grand parc photovoltaïque d’Europe : c’est l’ambition du projet Horizeo, qui pourrait voir le jour d’ici 2027 à Saucats, en Gironde, confirmant le positionnement fort de la région Nouvelle-Aquitaine sur le secteur de l’énergie photovoltaïque ; on se souvient qu’un parc de près de 300 hectares a déjà vu le jour fin 2015 à Cestas. Cette fois, on entrerait dans des dimensions beaucoup plus importantes, puisque Horizeo doit couvrir une surface totale de 2000 hectares en pleine forêt des Landes – dont la moitié accueillerait panneaux et bâtiments, entraînant de facto l’arrachage d’une énorme quantité d’arbres sur une superficie de 1000 hectares. Et c’est là que le bât blesse : de nombreuses associations, de riverains comme de défense de l’environnement, ont déjà manifesté leur opposition au projet, de la LPO à la la Fédération des industries du bois de Nouvelle-Aquitaine. Et, plus récemment, c’est le Syndicat Viticole de Pessac-Léognan qui a tiré la sonnette d’alarme.

Olivier Bernard, propriétaire du Domaine de Chevalier, est en charge du suivi de ce dossier pour le syndicat. Il résume en quatre mots ce qui pose problème dans le projet Horizeo : « trop grand, trop près« . Et de détailler : « nous parlons d’un projet qui va raser 1000 hectares d’arbres en lisière de l’appellation Pessac-Léognan, avec un impact potentiellement grave sur tout l’écosystème environnant. Certaines propriétés ne se trouvent qu’à une poignée de kilomètres de l’emplacement du futur parc photovoltaïque, et nous estimons que nous n’avons pas assez d’éléments tangibles sur les effets potentiels de ce projet sur l’équilibre de notre vignoble« .

Selon le syndicat, malgré le débat public qui a commencé le 9 septembre 2021, s’est terminé le 9 janvier 2022 et dont les conclusions doivent être rendues le 9 mars prochain (voir détails ici), tout le projet manque d’une « étude d’impact sérieuse » portant sur trois points :
– Le parc photovoltaïque d’environ 1GW alimenterait plusieurs « briques » technologiques, dont des batteries de stockage d’électricité, un électrolyseur produisant de l’hydrogène et un data center sur une surface de 5 hectares, autant d’équipements qui peuvent entraîner une forte production de chaleur à proximité du vignoble.
– La suppression de 1000 hectares d’arbres initialement plants sur des terres marécageuses soulève la question de la rétention d’eau et de la gestion d’un bassin hydrique, sur laquelle les viticulteurs ne sont pas rassurés.
– La suppression de 1000 hectares d’arbres soulève, enfin, des interrogations sur de possibles nouveaux couloirs de grêles qui pourraient être créés, exposant les vignes environnantes.

Autant d’inquiétudes qui, comme nous l’affirme Olivier Bernard, « ont été formulées dès l’automne dernier« , mais qui n’ont pour l’instant trouvé « aucune réponse satisfaisante ».

Un enjeu d’un milliard d’euros

Piloté par Engie, Neoen, RET (Réseau Transport d’Electricité) et la Mairie de Saucats, avec le soutien – comme nous l’indiquent nos confrères de Sud-Ouest – de l’observatoire des énergies renouvelables Observ’ER, l’opérateur français indépendant en énergies vertes Valorem, la Chambre régionale de commerce et d’industrie, mais aussi un avis favorable du Conseil régional (sous réserve que les collectivités locales et les citoyens puissent participer à la gouvernance du projet), Horizeo est un projet qui cristallise beaucoup de sujets très actuels, de la nécessaire augmentation de la part d’énergie renouvelable à la dépendance accrue vis-à-vis de la Chine en matière d’équipements photovoltaïques, en passant par la réduction du bilan carbone, pour lequel les équipes de l’INRAE ont été sollicitées, et bien sûr la défense de la biodiversité. Bruno Hernandez, directeur du projet, indiquait à ce sujet en novembre dernier au micro de France Bleu que sur les 2000 hectares couverts par Horizeo à Saucats, seul un millier d’hectares sera effectivement consacré à la construction des équipements : « les hectares auxquels nous ne toucherons pas sont ceux dans lesquels vous trouvez la plus grande richesse en terme de biodiversité« . Et de promettre : « Nous replanterons au moins deux arbres pour chaque pin abattu« .

Interrogé par notre confrère Jean-Pierre Stahl de France 3 sur son site Côté Châteaux, Mathieu Le Grelle, directeur du développement chez Engie et porte-parole d’Horizeo, déclare de son côté : « Nous regrettons que des positions aussi tranchées soient prises avant la réalisation de l’étude scientifique qui aurait pu nous éclairer, le projet Horizeo est situé à 5 km du vignoble de Pessac-Léognan, des inquiétudes ont été formulées lors du débat public, nous avons rencontré l’AOC Pessac-Léognan et eu écho de ces inquiétudes…« 

Si à ce stade, aucun recours en justice n’est officiellement envisagé par les vignerons, ils entendent bien faire preuve de vigilance dans les semaines à venir et défendre les intérêts de leur appellation, face à ce projet à très fort enjeu dont le coût est estimé à un milliard d’euros.

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Cristal 2014 : une alliance de maturité et de fraîcheur

2014 succède à 2013 chez Cristal de Roederer, un millésime maîtrisé qui allie concentration, maturité et en même temps fraîcheur et minéralité. Jean-Baptiste Lécaillon, chef de caves de la Maison, a accepté de nous raconter son histoire.

Comment résumeriez-vous la « recette » de Cristal ?

Cristal, c’est d’abord la constance de sept grands crus : Verzenay, Verzy, Beaumont-sur-Vesle, Aÿ, Cramant, Mesnil et Avize. Ils approvisionnent la cuvée depuis sa création en 1876. En tout, cela représente 45 parcelles, toujours en milieu de coteau. Ces vignes ont minimum 20 ans, le temps nécessaire pour que les racines pénètrent la roche.  Sur ces sols très calcaires, le PH est élevé, par conséquent la minéralisation est douce, avec peu d’azote et de potassium, mais beaucoup de calcium. Un régime maigre auquel il faut ajouter notre viticulture qui utilise à la place des engrais des composts, ce qui redouble la lenteur de l’alimentation. Lorsque vous utilisez un engrais chimique, vous pouvez ajouter des quantités précises d’azote et de potasse directement assimilables par la vigne. En travaillant sur des composts, tout cela est lié à la matière organique et se libère lentement au gré de la météo et du rythme du sol.

On est en plein dans la tradition historique de la Champagne, une petite taille, des petites vignes pas trop puissantes qui produisent un raisin concentré à contrepied de la tendance qui consiste à chercher des rendements supérieurs et donc une dilution de la matière. Si cette dernière approche permet aussi d’obtenir de belles qualités, ce que nous souhaitons pour notre part, c’est obtenir du caractère. Cela nécessite une maturité phénolique aboutie. Les acides organiques, les composés protéiques, les polyphénols, les tanins, sont des éléments qui vont donner un goût prononcé, ce que j’appelle l’extrait sec. On a donc un vin concentré et en même temps avec des PH bas puisqu’on est sur les craies, ce qui confère une fraîcheur, une salinité qui viennent équilibrer cette matière supplémentaire.

Dans Cristal, il y a l’influence du sol, mais aussi de l’année…

L’ADN demeure le sol, l’effet climat du millésime vient derrière. Comme les raisins sont issus uniquement de notre domaine, nous pouvons complètement maîtriser l’adaptation de notre viticulture aux conditions de l’année. 2014 suit le rythme d’une valse à trois temps où la puissance de la craie, qui a cette capacité à la fois d’absorber et de restituer l’eau, a été fondamentale.  Le printemps était lumineux et faible en précipitations jusqu’à la fin juin alors que juillet et août ont été océaniques avec beaucoup de passages de dépressions et deux fois plus de pluie que d’habitude sur la Côte des blancs et la vallée de la Marne. En revanche, la montagne de Reims est restée plutôt sèche. En voyant les pluies arriver, nous avons interrompu le labour pour laisser l’herbe exercer une concurrence hydrique. Comme nous n’avions pas eu d’été, la maturité n’était pas très aboutie. L’eau avait provoqué une forme de dilution. On a pensé que l’extrait sec serait faible. Profitant du retour du climat continental en septembre, nous avons fait le pari de vendanger plus tard, alors que le raisin atteignait 11 degrés. Nous avons rentré des jus fruités avec une belle matière et en même temps très champenois, nets, droits, dotés d’une grande fraîcheur.

Comment procédez-vous à l’assemblage ?

Nous assemblons d’abord les 45 parcelles. Puis nous fonctionnons par soustraction, en en retirant une ou plusieurs pour voir si on arrive à faire mieux, à rééquilibrer, à renforcer l’esprit du terroir. En 2014, j’ai utilisé toutes les parcelles de la Montagne, mais j’en ai éliminé trois d’Aÿ, un peu diluées, et trois d’Avize qui n’avaient pas la pureté de Cristal. Ainsi, nous ne partons pas d’une feuille blanche, il existe déjà un canevas avec les différents terroirs présents, il s’agit plus d’une composition, une forme de réajustement.

Prix : 250€
www.roederer.fr

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[Saint-Valentin] La Sirène de Calissanne

Jour J-10 avant la Saint-Valentin. Pour ne pas que vous manquiez d’idées, et que vous alliez à l’encontre de la traditionnelle boite de chocolat ou bouquet de roses, Terre de Vins vous propose dix idées cadeaux. Entendez-vous le chant de la sirène?

La Sirène de Calissanne » est née de l’histoire d’amour entre un vigneron et une sirène. La légende raconte qu’elle jaillit
de La Durançole, source thermale située au cœur de la propriété de Château Calissanne. Pour séduire l’homme qu’elle aimait, elle demanda au vigneron de créer un vin rosé effervescent. La boisson idéale pour une soirée avec sa moitié !

La Sirène est majoritairement composée de Marselan et complétée de Muscat, deux cépages « sudistes », issus de vignes âgées entre 15 et 20 ans. C’est un rosé dit de pressurage, dont la seconde fermentation permettant la prise de mousse, s’effectue en cuve. Ce procédé, plus rapide que la méthode traditionnelle, permet également de conserver un
maximum de fraîcheur et de fruit. Ce rosé effervescent brut, dosé à 7g/l de sucre, développe des arômes gourmands de pêches blanches et de groseille.

Servie très frais, la Sirène envoûte les amoureux lors d’un « bubble time » réconfortant, autour de pâtisseries et de Calissons d’Aix. Elle charme par sa gourmandise sur un fondant au chocolat et aux fruits rouges

Tarif : 12,50€ TTC, cavistes et sur calissanneboutique.fr

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[Beaujolais] Renouvellement des générations pour sauver le vignoble

L’assemblée générale d’Interbeaujolais, qui s’est tenue il y a quelques jours, a rappelé les enjeux principaux du vignoble pour les années à venir, sur lesquels planchent déjà l’interprofession. Poursuite de la valorisation des vins du Beaujolais, adaptation au changement climatique et renouvellement des générations ont été au centre des débats, avec une priorité marquée pour ce dernier axe.

Victime de son succès

Tous les records de sortie de cave ont été battus en 2021. Daniel Bulliat, président d’Interbeaujolais, s’en félicite mais rappelle qu’il existe un revers de la médaille, dont il faut s’occuper en urgence si le vignoble veut pouvoir continuer sur sa belle lancée : « nous manquons de vin en Beaujolais, on ne produit plus assez. Certes il y a l’effet millésime, comme en 2021 où la récolte fut moindre que les 5 millésimes précédents en raison des épisodes climatiques, mais pas seulement. Nous devons nous attaquer à la question du renouvellement des générations, de l’installation et de la transmission. Nous travaillons également avec le négoce sur ce sujet, que l’on encourage à contractualiser avec les jeunes ». Le conseiller à l’installation viticole à la chambre d’agriculture du Rhône, Marc Robin, pose un diagnostic sans appel, en estimant qu’environ la moitié des vignerons vont partir d’ici une dizaine d’années.

Point de bascule atteint

Le vignoble est arrivé au point de rencontre entre plusieurs facteurs, rendant impératif sa redynamisation par son nombre d’exploitations. Les stocks diminuent tandis que les ventes augmentent, et les repreneurs s’installent généralement sur des surfaces plus petites que les vignerons partant à la retraite.

Daniel Bulliat estime qu’il faudrait en moyenne deux vignerons pour reprendre le domaine d’un vigneron sur le départ. Ce qui s’explique par une vision souvent différente du travail envisagé : « la génération d’aujourd’hui a une vision plus sociétale, axée sur l’agriculture bio, l’environnement, et ils veulent aussi moins sacrifier leur vie personnelle. Tous ces facteurs conjugués entraînent une équation impossible : plus de travail mais moins de temps. Le renouvellement des générations est notre priorité aujourd’hui, on estime que dans dix ans, 6 000 à 7 000 hectares vont changer de main. Nous avons déjà démarré notre action avec la mise en place d’un plan de relance pour le renouvellement des générations en partenariat avec la chambre d’agriculture, financé par l’interprofession, afin de faciliter les mises en relations entre cédants et repreneurs. Les cédants ont besoin de connaître leurs repreneurs, et de rendre leurs exploitations transmissibles ».

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Trophées Bordeaux Vignoble Engagé : les inscriptions sont ouvertes

Coup d’envoi de la quatrième édition des Trophées Bordeaux Vignoble Engagé, qui récompense chaque année les initiatives environnementales vertueuses dans le vignoble girondin. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 4 mars prochain.

Récompenser les initiatives prises en faveur du développement durable par les actrices et les acteurs de la filière vin bordelaise, saluer les innovations, les audaces, les engagements en faveur de la pérennisation du vignoble face aux enjeux environnementaux et climatiques : c’est l’objectif des Trophées Bordeaux Vignoble Engagé, créé en 2018 par Terre de Vins.

La quatrième édition donne son coup d’envoi. Elle est organisée par Sud-Ouest, le CIVB (Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux) et Terre de Vins en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de Gironde, Kedge Business School, la Région Nouvelle Aquitaine et le Crédit Agricole d’Aquitaine. L’année dernière, quelque 300 candidatures avaient été déposées et examinées par un jury d’experts et de professionnels, avant d’aboutir à une première liste de 100 finalistes puis, quelques semaines plus tard, à un palmarès attribuant 15 médailles dans 5 catégories, ainsi que 2 prix spéciaux. « À Bordeaux, vignerons et négociants évoluent et s’engagent pour contribuer à une société plus durable et équitable, continuer d ’innover, attirer les talents, faire vivre le territoire. Les trophées Bordeaux Vignoble Engagé doivent mettre en lumière les hommes et les femmes de Bordeaux impliqués dans cette démarche« , souligne Christophe Chateau, directeur de la communication du CIVB.

Cette année, les cinq mêmes catégories sont reconduites (Empreinte, Innovation et avenir, Vivre ensemble, Faune et flore, Nature et respect) ainsi que les 2 prix spéciaux : Démarche collective et Vigneron Engagé de l’année.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 4 mars en suivant ce lien : www.trophees-bve.fr

Le jury se réunira dans le courant du mois d’avril, et le palmarès sera dévoilé le 17 mai 2022 dans le cadre d’une cérémonie qui se déroulera à la Cité du Vin de Bordeaux. N’attendez pas pour vous inscrire !

Contact : trophees-bve@terredevins.com / 05 35 31 21 62

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Miche-Muche : un rétro-caviste qui fait du bien

Parfaitement ancré dans une tendance marquée d’envie de partage et de convivialité, Miche-Muche joue les cavistes nouvelle génération avec enthousiasme.

Impossible de ne pas craquer en voyant la bouille rétro de cette camionnette Citroën Tub de 1947 vert sapin. Et en s’approchant, on distingue un néon au fond du camion qui donne le la : « Good Vibes Only ». Et c’est vrai que Jean-Michel Kermel ne manque pas de bonnes vibrations. Ce jeune trentenaire avait commencé sa carrière dans le négoce de matériaux mais comme beaucoup aujourd’hui, il ne s’y épanouissait pas vraiment. Alors, comme une évidence, il se décide à se rapprocher du milieu agricole qu’il avait côtoyé toute son enfance passée en vallée de Chevreuse près de Paris avec un père mécanicien agricole. Ses parents l’ont très tôt initié au vin, devenu rapidement une passion. C’est donc caviste qui sera son nouveau métier. Mais alors que le projet se dessine, le COVID fait son apparition. Jean-Michel décide donc de changer son fusil d’épaule. Caviste, oui, mais pas dans le cadre classique d’une boutique. Un caviste ambulant qui va partir à la rencontre des gens, leur proposant une gamme de vins accessibles (presque exclusivement en dessous de 20€ la bouteille) en créant de beaux moments d’échanges. Il va donc constituer un ensemble d’une quarantaine de références de vins et une dizaine de spiritueux avec une envie. Celle de mettre en avant de petites propriétés aux belles histoires familiales : domaine Gasnier à Chinon, Pabiot sur Pouilly-Fumé, Edmond Chalmeau sur Chitry, Clos Sorian en Languedoc ou bien encore Fabien Forest dans le Beaujolais. Des vins français, bios, biodynamiques et natures pour mettre en valeur un terroir encore trop souvent méconnu.

Sillonner l’Ile-de-France… et aller chez vous

Avec son Bar Truck comme il aime l’appeler, Jean-Michel sillonne toute l’île de France, au gré des événements organisés par les collectivités. Une fois installé, les amateurs viennent prendre un verre de vin (5€ à maxima) et déguster de bonnes planches de charcuteries et de fromages. Ces derniers viennent de fermes franciliennes de la vallée de Chevreuse. Pourquoi aller chercher ailleurs ce qui se trouve juste à côté ? L’ambiance bonne franquette qui se dégage de Miche-Muche a aussi déjà séduit des particuliers pour des mariages. Et demain, dès que la situation le permettra, Jean-Michel imagine bien aller dans tout l’Hexagone, dans les campagnes notamment où il n’y plus de commerce. Il apporterait ainsi une présence à la manière de épiciers ou boulangers ambulants qui maintiennent tant bien que mal un lien social important dans ces coins du pays restés à l’écart. Mais en attendant que tous les possibles s’ouvrent de nouveau, il a fallu inventer un modèle complémentaire permettant d’exister même lorsque le temps ne le permet pas. C’est ainsi que Jean-Michel a initié des sessions de dégustation à domicile. Dans le même esprit jovial, il peut ainsi se rendre chez des particuliers et proposer une salve de 6 vins à l’aveugle. Une manière ludique et décomplexée de découvrir le vin sans forcément en posséder les codes. Des formules à la carte qui sont facturées 30€ par personne. Voilà en somme plein de manières sympathiques de fédérer toutes les générations autour de la dive bouteille.

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