La Cité du Vin met le cap sur 2022

Après deux ans entravés par le Coronavirus, le lieu emblématique de Bordeaux dédié au vin et à ses civilisations, a préparé à ses visiteurs une programmation toujours enrichie et inventive pour l’année à venir. Ce qui vous attend cette année entre janvier et juin.

S’il y a bien un mot qui caractérise la Cité du Vin, c’est le dynamisme. Loin de se laisser abattre, ses équipes ont mis à profit les quelque cinq mois de fermeture imposés par la crise sanitaire en 2021 pour améliorer l’offre existante, travailler sur le renouvellement de certains contenus et imaginer des nouveautés. Des efforts déjà salués à partir de la réouverture le 19 mai dernier, avec des touristes locaux et hexagonaux de plus en plus nombreux, venant partiellement compenser la diminution du visitorat international, soit au total 211 000 visiteurs accueillis en 2021. Pour maintenir cet enthousiasme, la Cité annonce pour cette année qui débute à peine une nouvelle exposition temporaire à partir du 15 avril, intitulée « Picasso, l’effervescence des formes », une programmation culturelle une nouvelle fois riche en rencontres, débats et découvertes, des évolutions du Parcours permanent, et des offres taillées sur-mesure pour les abonnés et résidents de Bordeaux Métropole.

Picasso s’expose

Du 15 avril au 28 août 2022, le peintre, dessinateur, sculpteur et graveur espagnol, reconnu comme l’un des artistes majeurs du XXe siècle, sera à l’honneur des lieux. A travers une large variété de thématiques et de supports (peintures, dessins, céramiques, films…), soit plus de 80 œuvres au total, « Picasso, l’effervescence des formes » explorera la place occupée par le vin et les alcools populaires dans l’œuvre de l’artiste. Une exposition grand public, « aussi originale qu’ambitieuse », aux dire de la Fondation pour la culture et les civilisations du vin, co-créatrice de cet événement avec l’historien et critique d’art Stéphane Guégan, commissaire scientifique de l’exposition.

Une nouvelle saison culturelle bien remplie

En 2022, la Cité du Vin crée l’événement avec un nouveau rendez-vous : des masterclass sous la houlette de sommeliers de renommée. Lors d’un moment privilégié, les visiteurs pourront déguster trois vins sélectionnés par le sommelier invité et échanger avec lui. Cette série débutera le 18 janvier à 19h avec le Meilleur Sommelier du Monde 1992 Philippe Faure-Brac.

Les habitués de la Cité du Vin retrouvent chaque année les « Rencontres Vin & Santé »,  journée de conférences et débats animées par des professionnels pour appréhender les multiples motivations et comportements vis-à-vis de la consommation d’alcool. Leur troisième édition se tiendra le samedi 5 février, de 10h à 17h. Le 8 mars, à l’occasion de la « Journée Internationale des droits des femmes », une grande rencontre sera proposée sur la thématique « les Femmes et l’Amour du Vin », en partenariat avec l’association les Journées de la Nutrition. A l’arrivée de l’été, dans le cadre de la « Bordeaux Wine week » qui se tiendra du 16 au 26 juin, un  symposium « Act for Change » se déroulera en les murs de la Cité les 20 et 21 juin. Animé par des intervenants internationaux, ce cycle de conférence sur « Le vin en 2030 » abordera les révolutions liées au changement climatique à travers le prisme de la production, la commercialisation et la consommation.

Piliers de la programmation culturelle, les Cycles (Grands Entretiens, Vendanges du Savoir, Ciné Gourmand) sont de retour. Parmi les rendez-vous à ne pas manquer : des Grands Entretiens avec Florence et Daniel Cathiard (le 11 janvier à 19h), Michel Chapoutier (le 29 mars à 19h) et Luigi Moio (31 mai à 19h), deux séances de « Ciné Gourmand » animés par Chef Jésus (« Les recettes du bonheur » de Lasse Hallström le 23 mars à 19h, et « La fleur du mal » de Claude Chabrol le 18 mai à 19h), et enfin quatre conférences des Vendanges du Savoir (les 1er février, 15 mars, 12 avril et 3 mai à 19h). Des événements à retrouver également en replay sur la médiathèque « Culture Vin », rubrique « La Cité en ligne » du site internet, aux côtés d’une offre de podcasts, vidéos, documentaires et entretiens.

Le succès des ateliers afterwork

Photo: La Cité du Vin

Lancés à l’automne dernier, imaginés en partenariat avec l’AANA (l’Agence de l’Alimentation de Nouvelle-Aquitaine), les ateliers afterwork mets et vins seront à nouveau au menu de 2022. Deux jeudis par mois, deux ateliers (à 18h30 et 20h30) feront découvrir la richesse et la diversité des produits agroalimentaires de Nouvelle-Aquitaine autour d’accords mets-vins originaux. Parmi les thèmes proposés : chocolats, fromages, charcuteries, pâtisseries, fruits, tartinables et crackers ou encore produits de la mer.

Les autres afterworks sont aussi toujours d’actualité, qu’ils soient dédiés aux « Vins du Monde » (Centre-Loire, Uruguay, Croatie, Luxembourg, Moldavie), aux « Cépages » (Riesling, Malbec) ou encore aux « Spécificités » de certains types de vins (vins de garde, vins blancs secs, vins rouges, vins rosés).

Nouveauté 2022 : tous les participants aux ateliers afterwork se verront remettre une carte de fidélité qui leur permettra, après avoir participé à cinq ateliers, de profiter gratuitement d’un 6ème à choisir parmi la cinquantaine proposée tout au long de l’année.

Une expérience visiteur sans cesse améliorée

Soucieuse de proposer un accueil de plus en plus qualitatif, la Cité du  Vin n’a de cesse d’innover en ce sens. Elle a notamment installé dans son Parcours permanent, cœur de l’expérience de visite, de nouveaux projecteurs 4K pour une qualité d’image encore accrue. Indispensable à la découverte du Parcours, le compagnon de visite, sorte de tablette tactile permettant de déclencher des  contenus audio et vidéo, sera remplacé par un nouvel équipement, imaginé sur-mesure en interne par la Cité. Il permettra une plus grande personnalisation du Parcours selon les aspirations de chacun, selon le temps de visite souhaité, le choix de thématiques favorites, ou la possibilité d’approfondir certains points par des recherches spécifiques puis de se laisser guider jusqu’aux dispositifs qui les abordent. Le renouvellement des modules thématiques du Parcours permanent débutera en 2022 pour ceux ne nécessitant pas de modification de leur scénographie, et se prolongera jusqu’en 2023 pour ceux impliquant une modification scénographique. En 2021, la boutique de la Cité, concept-store sur l’art de vivre autour du vin a subi un lifting avec des espaces réaménagés et un design renouvelé, et s’est doublée d’une version en ligne.

Dans la lignée de sa certification NF-Environnement pour les Sites de visite décrochée en avril 2021, la Cité du Vin poursuit sur le chemin menant vers un tourisme plus durable, avec différentes initiatives (recyclage des capsules de café, installation de serveurs numériques moins énergivores et de projecteurs laser ne nécessitant pas de lampes…).

Un tarif hiver pour les résidents de Bordeaux Métropole

Pour continuer à développer le lien privilégié avec le public local, la Cité du Vin propose désormais aux résidents de Bordeaux Métropole* un tarif hiver à -50% jusqu’au 31 mars (10,50€ pour un billet adulte Parcours permanent + belvédère avec un verre de vin ; 4,50€ pour un billet enfant, sur.*

*Offre valable uniquement sur demande, à l’accueil de la Cité du Vin sur présentation d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile, pour un billet individuel daté adulte ou enfant pour le Parcours permanent + Belvédère du 04/01/2022 au 31/03/2022. Offre non cumulable avec des tarifs réduits ou autre offre promotionnelle. Non valable pour les groupes.

Cet article La Cité du Vin met le cap sur 2022 est apparu en premier sur Terre de Vins.

Cognac Park: La touche japonaise

Cognac-Park

Cognac-Park

Dans cette quête de finish cask que connaît l’eau-de-vie charentaise depuis quelques années, la maison Park est allée du côté du Japon pour affiner son cognac. Rencontre de deux univers que le goût de la précision réunit.

La famille Tessendier, qui préside aux destinées des cognacs Park, propose une collection de cognacs allant des plus traditionnels aux plus inattendus. Parmi ces derniers, les distillateurs basés à Cognac sont allés à l’autre bout de la planète en quête d’une variété de chêne, le Mizunara, qui est utilisée pour le vieillissement de spiritueux japonais, à commencer par les whiskies haut de gamme. On retrouve ces arbres dans la forêt de Nikko. A partir de là, les Tessendier ont choisi un cognac du cru Borderies de 12 ans d’âge pour l’affiner dans ces fûts si particulier durant 9 mois. Au-delà des codes du whisky qui servent le packaging, l’eau-de-vie que renferme le flacon est surprenant par ses notes suaves de vanille, d’agrumes avec une finale épicée. Titrant à 44%, ce japanese oak finish n’en est pas moins élégant. C’est une expérience dans l’univers du cognac. La Distillerie Tessendier et Fils a été fondée il y a 130 ans. Les maîtres de chai, Jérôme et Lilian Tessendier, représentent la 4ème génération.

Park Aged 12 Years Mizunara : 95 euros les 70 cl.    

Cet article Cognac Park: La touche japonaise est apparu en premier sur Terre de Vins.

[Cognac] La Maison Rémy Martin ouvre les portes de son savoir-faire

C’est tout chaud. La Maison Rémy Martin dévoile le programme pour l’année 2022 des « Rencontres des Savoir-Faire ». De la distillerie au chai, de l’atelier de tonnellerie à la vigne, en passant par les salons de réception, la maison au Centaure invite les visiteurs à rencontrer les salariés et les partenaires.

Par 12 rencontres uniques au fil de l’année, il s’agit de partager l’art et l’expertise que la maison Rémy Martin a emmagasinés depuis des siècles. Ce sont autant de rencontres, de dialogues, d’échanges autour de gestes ancestraux comme de création à l’image du métier de mixologiste qui ne cesse de chercher les prochains cocktails. C’est aussi des rencontres auprès des vignerons et des distillateurs qui sont des partenaires de la maison de cognac qui s’est spécialisée dans la Fine Champagne, cet assemblage des deux premiers crus de cognac, la Petite et la Grande Champagne. Notamment distinguée par le label « Entreprise du Patrimoine Vivant », Rémy Martin avance un riche programme du 22 janvier au 10 décembre (programme ci-dessous).  Chaque participation doit faire l’objet d’une réservation préalable car les jauges d’accès sont limitées, entre 6 et 12 personnes selon le thème des rencontres. A noter que la durée des visites varie entre une et deux heures selon les sujets. Chaque rencontre s’achève par une dégustation. Enfin, le prix des visites se situe dans une fourchette allant de 35 à 65 euros.

www.visitesremymartin.com
Tel. 05 45 35 76 66
visites.remymartin@remycointreau.com

Programme (sous réserve) :

Samedi 22 janvier 2022 Avec les Domaines Rémy Martin, du travail de la vigne à la distillation
Lieu : Les Martins à Juillac-le-Coq

Jeudi 17 février 2022 Au cœur de l’inventaire des eaux-de-vie
Lieu : Site d’Élaboration à Merpins

Mercredi 2 mars 2022 Avec le Comité de Dégustation des eaux-de-vie
Lieu : Site d’Élaboration à Merpins

Mercredi 16 mars 2022 Avec les tonneliers dans leur atelier
Lieu :  Atelier de réparation tonnellerie au Site d’Élaboration à Merpins

Mardi 5 avril 2022 Avec les agents de chais, l’art de ranger les fûts pour les assemblages
Lieu : Site d’Élaboration à Merpins

Mardi 3 mai 2022 Avec une viticultrice partenaire via l’Alliance Fine Champagne, le travail de la vigne au rythme des saisons
Lieu :  Domaine des Chênes verts à Pérignac

Vendredi 13 mai 2022 Avec le mixologiste pour l’élaboration de cocktails
Lieu :  Atelier de dégustation à Cognac

Samedi 11 juin 2022 Avec le Club Rémy Martin autour de l’art de vivre à la française
Lieu :  Salon Les Martins à Juillac-le-Coq

Samedi 17 septembre 2022 Avec le service patrimoine au Domaine familial du Grollet
Lieu :  Domaine du Grollet à Saint-Même-les-Carrières

Fin septembre 2022 Avec les Domaines Rémy Martin au cœur des vendanges
Lieu : Les Martins à Juillac-le-Coq

Mercredi 16 novembre 2022 Avec un maître distillateur (membre de l’Alliance Fine Champagne) durant la période des chauffes
Lieu : Distillerie du Petit Puits à Criteuil-la-Magdeleine

Samedi 10 décembre 2022 Avec une viticultrice membre de l’Alliance Fine Champagne pour la taille de la vigne
Lieu : La Combe de chez Allard à Segonzac

Cet article [Cognac] La Maison Rémy Martin ouvre les portes de son savoir-faire est apparu en premier sur Terre de Vins.

La famille Papavero ouvre une nouvelle cave à Bezannes

Papavero_nicolas

Papavero_nicolas

Avec la création d’un cinquième établissement, une cave à Bezannes, la famille Papavero dont Nicolas Papavero, gérant du Wine Bar (Reims), lauréat dans la catégorie « bar à vins » du Tour des Cartes, Terre de vins 2018 entend faire bénéficier plus largement de sa fine connaissance des vins aux habitants de l’agglomération rémoise et aux villages viticoles alentours.

L’aventure de l’entreprise familiale des Papavero a commencé en 2005 avec le rachat de la cave « le Vintage », une adresse historique dont ils ont conservé le nom, située au pied de la cathédrale. On pourrait croire, vue sa situation, que celle-ci bénéficie d’abord d’une clientèle de touristes. En réalité, elle est plutôt fréquentée par des connaisseurs, et lorsqu’il s’agit de personnes étrangères à la région, elles viennent intentionnellement parce qu’elles en ont entendu parler et non en badauds.

Très vite, Gilles et ses deux fils Nicolas et Pierre-Louis s’aperçoivent que beaucoup de gens souhaiteraient consommer sur place ce qu’ils ont acheté. Or, la ville, toute capitale du champagne qu’elle est, ne compte à l’époque aucun véritable bar à vins ! Nicolas raconte : « Nous avons estimé qu’une boutique reste une boutique. L’achat à emporter n’est pas le même achat que la consommation sur place, laquelle doit être un moment de détente. D’où notre décision en 2011 d’ouvrir un bar à vins dans un lieu différent, le Wine Bar, place du Forum. Aujourd’hui, le terme de bar à vins est galvaudé, il suffit d’un saucisson, d’une bouteille de vin rouge, et on dit que c’est un bar à vins. Notre idée c’était de faire le bar à vins d’un caviste avec beaucoup de références et au fur et à mesure du temps, d’avoir une vraie profondeur de millésimes. »

La carte, récompensée à deux reprises par le concours de Terre de vins, compte effectivement 2000 références couvrant toutes les régions viticoles françaises. Elle accorde aussi une belle place aux vins étrangers, spécialement du Piedmont. « Côté champagne, nous l’avons scindée en deux. Il y a d’une part les vignerons, de l’autre les maisons, parce que pour nous, ce n’est pas la même façon de consommer. En ce qui concerne la partie récoltants-manipulants, nous avons voulu mettre en avant le vigneron, son village, sa typicité. Ils sont classés par sous-régions, notre objectif étant de représenter chaque terroir pour offrir au client la possibilité d’un véritable voyage. D’habitude au contraire, les cartes sont davantage construites selon la composition des cuvées : blancs de blancs, extra-bruts… »

Suivant la tendance du marché, la famille a également ouvert une cave 100 % spiritueux rue Courmeaux, et en 2020 une troisième cave rue Buirette. « Pendant l’épidémie de covid, le bar à vins était fermé, cela nous a donné l’occasion de réfléchir. On nous a proposé un local dans un lieu situé juste à côté de là où mon père a commencé en 1981 lorsqu’il n’était encore que salarié. On s’est dit que c’était un signe. »

La nouvelle cave de Bezannes vient compléter ce maillage et amène cette famille dynamique à sortir pour la première fois du centre-ville, pour gagner la périphérie de l’agglomération dans une autre ambiance, celle d’une cité champignon construite autour de la Gare Champagne-Ardenne (40 minutes de Paris). Dans ce centre d’affaires où beaucoup d’entreprises viennent s’implanter, ce sont souvent les employés au sortir du bureau qui passent dans la boutique.

La gamme de produits est magnifique. La famille a su dénicher quelques belles pépites dont elle a l’exclusivité à Reims comme ces deux jeunes artisans vignerons qui produisent de jolis meuniers, Alexandre Grimée et Wirth-Michel… Environ 70% des vins commercialisés sont bios ou biodynamiques. « Nous ne présentons jamais le vin en mettant en avant ces certifications. L’important demeure la qualité de la cuvée. Après, si on s’interroge sur la manière dont on obtient un tel résultat, les pratiques culturales bios peuvent être un facteur explicatif, mais il ne faut pas inverser les choses. »*

Caves Papavero : 9 Cour Christian Lange, 51430 Bezannes

Retrouvez les 100 finalistes du Tour des Cartes 2022 en cliquant sur ce lien.

Cet article La famille Papavero ouvre une nouvelle cave à Bezannes est apparu en premier sur Terre de Vins.

Une date d’ouverture pour la cité de la gastronomie et du vin de Dijon

La Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin de Dijon (CIGV) ouvrira ses portes le 6 mai 2022. Au menu : oenotourisme, dégustations et formations, à deux pas de la Côte de Nuits.

Six ans après son lancement officiel, La Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin de Dijon (CIGV) a une date d’ouverture. Le public pourra fouler ses espaces d’exposition, de restauration et de formation dès le 6 mai 2022, a annoncé le maire de la ville François Rebsamen lors de ses vœux, vendredi 7 janvier.

Une cave aux 3000 références

« À travers la Cité internationale de la gastronomie et du vin, nous célébrons l’art de vivre à la Française, aux fondements de nos valeurs de partage et de vivre ensemble», a déclaré l’édile. Objectif du site : faire comprendre aux visiteurs le Repas gastronomique des Français et les Climats du vignoble de Bourgogne, tous deux classés au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Le billet donnera accès à 1750m² d’espaces d’exposition, permanentes et temporaires. Un pôle culturel qui va de pair avec un ensemble de services. La cave notamment. Avec ses 3000 références, et « une place de choix donnée aux crus de Bourgogne », elle doit offrir une « expérience de dégustation personnalisée ».

Cave de la Cite internationale de la gastronomie et du vin de Dijon (c) Groupe Epicure

Un million de visiteurs annuels attendus

Le lieu comprendra également des commerces de bouche, des restaurants, un centre de conférences, ainsi qu’une antenne de l’école des vins de Bourgogne, qui forme public et professionnels aux fondamentaux de la dégustation. L’école de cuisine Ferrandi sera aussi de la partie.

« Un million de visiteurs seront attendus chaque année », annonce la Ville de Dijon. La CIGV prendra place au sein d’un vaste quartier historique réhabilité, non loin du centre ville, et à quelques encablures de la Côte de Nuits.

Cet article Une date d’ouverture pour la cité de la gastronomie et du vin de Dijon est apparu en premier sur Terre de Vins.

Pic Saint-Loup : Uma, nouveau domaine, grandes ambitions

pic-saint-loup-uma

pic-saint-loup-uma

Racheté l’été dernier par Emmanuel Clausel, ancien promoteur immobilier, le domaine de Valcyre, à Valflaunès, en Pic Saint-Loup, change de nom pour devenir le domaine Uma. Epaulé par la brillante œnologue australienne, Karen Turner, le nouveau propriétaire va y créer un lieu d’accueil haut de gamme avec notamment un hôtel 5 étoiles, deux restaurants, une galerie d’art et une école du goût. Rencontre.

Exit le domaine de Valcyre, place au domaine Uma. A Valflaunès, village emblématique de l’appellation Pic Saint-Loup, Emmanuel Clausel, le nouveau propriétaire, veut faire table rase du passé : « Il fallait écrire une nouvelle histoire, se donner une réelle ambition en marquant le lieu de notre empreinte, de notre identité. » L’ancien promoteur immobilier, qui a racheté le domaine de 120 hectares (dont 60 de vignes) l’été dernier, ambitionne de créer sur place un lieu oenotouristique capable de recevoir environ 60 000 personnes par an et d’embaucher une cinquantaine de personnes. Au programme, un hôtel 5 étoiles avec 23 chambres et un spa de 400m², un restaurant gastronomique, un bistrot, un espace dégustation, une boutique, une galerie d’art et une école autour du goût. « On a déjà bien avancé sur le projet avec la mairie et on a même fait une réunion d’information avec les habitants avant les fêtes de fin d’année, poursuit Emmanuel Clausel. On attend désormais le retour définitif de la municipalité pour lancer les travaux. » Premier chantier : la nouvelle cave. Celle-ci sera agrandi et modernisé sur la base d’un bâtiment existant afin de pouvoir travailler par gravité et avec du matériel adapté au style des vins (petites cuvaisons). « La fondation du projet, le point de départ de tout, c’est le vin ! » confirme le propriétaire.  

Pas de bois, des cépages italiens et des bulles !

C’est pourquoi il a choisi l’expertise de l’œnologue Karen Turner. L’Australienne affiche un CV de qualité avec des passages chez Hugel en Alsace, chez Chapoutier en Vallée du Rhône ou plus récemment au Prieuré Saint-Jean-de-Bébian, à Pézenas, dans l’Hérault. Elle a également beaucoup voyagé : Toscane, Douro, Afrique du Sud… « Ma force c’est d’avoir connu beaucoup de terroirs, de ne pas être focus sur la France, d’avoir cette ouverture d’esprit », détaille-t-elle. Ne rien s’interdire donc. Car un tiers « seulement » du domaine est classée en appellation Pic Saint-Loup. « Sur l’autre, on va planter des cépages italiens type Fiano (Campanie), Sangiovese (Toscane) ou Carricante (Sicile) et on a l’envie de faire des bulles », poursuit Karen Turner dont le parti-pris est de ne pas utiliser de bois. Sur ce terroir très frais, la winemaker a choisi de mettre l’accent sur les blancs (4,5 ha plantés en 2021) et les rosés. A terme, la production totale devrait avoisiner les 300 000 cols autour d’une quinzaine de cuvées. Le millésime 2021, le premier vinifié par l’Australienne, et composé de cinq cuvées dans une bouteille singulière, sera présenté au prochain Millésime Bio à Montpellier (reporté du 28 février au 2 mars 2022) : deux Pic Saint-Loup, un rosé (Syrah-Grenache), un rosé rouge (Cinsault) et un blanc (Vermentino-Roussanne) pourront être dégustés. Le début d’une nouvelle aventure…

En savoir plus sur l’AOP Pic Saint-Loup : www.pic-saint-loup.com

Cet article Pic Saint-Loup : Uma, nouveau domaine, grandes ambitions est apparu en premier sur Terre de Vins.

[EXCLU] Montpellier : Millésime Bio 2022 décalé d’un mois !

La situation sanitaire internationale actuelle oblige les organisateurs du salon Millésime Bio à décaler l’édition 2022 d’un mois. Le rendez-vous incontournable du début d’année, initialement prévu du 24 au 26 janvier, aura finalement lieu du 28 février au 2 mars, toujours au Parc Expo de Montpellier. 

Le premier grand salon 2022 de la filière vin est décalée d’un mois ! Millésime Bio, initialement prévu du 24 au 26 janvier au Parc des Expositions de Montpellier, aura finalement lieu du 28 février au 2 mars. « Le Conseil d’Administration de Sudvinbio, composé de vignerons et metteurs en marché exposant au salon, s’est réuni ce jeudi matin afin de prendre une décision dans l’intérêt de tous, pour l’efficacité de votre salon et la pérennité de notre évènement », peut-on lire dans un communiqué que nous nous sommes procurés. La session digitale a elle aussi été décalée et reprogrammée sur les dates initiales du salon physique (24 et 25 janvier 2022) afin de préserver un temps fort commercial dès janvier.  

Décision prise après une large consultation 

Evidemment, la situation sanitaire internationale est au cœur de la problématique des organisateurs. « Nous nous retrouvons face à de sérieux problèmes pour l’organisation des évènements et le déplacement des personnes, confirme Jeanne Fabre, présidente de la Commission Millésime Bio. Même si les restrictions de jauge ne concernent pas notre évènement, nous pouvons avoir de gros doutes sur la bonne fréquentation de notre salon, notamment pour les visiteurs internationaux. » La décision a été prise après une large consultation auprès des exposants et des visiteurs inscrits. En revanche, le concours Challenge Millésime Bio se tiendra comme prévu la semaine prochaine, les matinées des mardi 11 et mercredi 12 janvier. 

Plus d’infos sur le site : https://www.millesime-bio.com/ 

Cet article [EXCLU] Montpellier : Millésime Bio 2022 décalé d’un mois ! est apparu en premier sur Terre de Vins.

Saint-Émilion : le classement maintient le cap

Malgré les nouveaux rebondissements de ces derniers jours, le classement de Saint-Émilion, qui doit délivrer sa prochaine mouture en septembre 2022, maintient le cap. En dépit des retraits à fort retentissement de Cheval Blanc, Ausone et Angelus, de nombreux Premiers Grands Crus Classés confirment qu’ils restent officiellement dans la course.

On commençait à savoir, déjà depuis 2006 et depuis 2012 en particulier, que le classement de Saint-Émilion n’est pas un long fleuve tranquille. Cela s’est confirmé ces derniers temps, avec la mise sur la sellette de l’édition 2022, dont les dossiers ont été déposés à l’été 2021 et sont actuellement en cours d’examen pour une promulgation en septembre prochain. En juillet dernier, Cheval Blanc et Ausone ont annoncé qu’ils ne se présenteraient pas au prochain classement, contestant l’esprit du règlement. Plus récemment, deux châteaux aspirants au classement ont croisé le fer avec l’INAO pour des questions d’assiette foncière. Et hier, Château Angelus, reconnu Premier Grand Cru Classé ‘A’ en 2012, annonçait à son tour son retrait de la course, ne laissant plus que Château Pavie dans le club – actuel – des ‘A’. Une nouvelle déflagration venant après une suite de rebondissements (sachant que les déboires judiciaires du classement de 2012 ne sont pas encore réglés) et qui soulève légitimement la question : le classement de Saint-Émilion 2022 aura-t-il lieu ?

Du côté du Conseil des Vins, la voix officielle est celle du président Jean-François Galhaud, qui déclare : « Nous avons appris [hier] par voie de presse l’annonce du retrait de la candidature du Château Angelus. Nous ne pouvons que prendre acte de cette décision, motivée par des raisons personnelles notamment en raison de la condamnation récente faite à Hubert de Boüard. D’un point de vue collectif, nous ne pouvons que regretter cette décision même si, n’en doutons pas, cela ne changera en rien l’engagement de ce château et de ses équipes au sein de notre appellation. Si des propriétés ont attaqué en référé le classement 2022, c’est parce que leurs dossiers ont été jugés irrecevables par l’INAO qui pilote l’ensemble de la procédure. Cela démontre tout l’intérêt porté par tous les châteaux postulants à participer à ce prochain classement. À l’heure de l’élaboration du classement 2022, il nous appartient de nous tourner vers l’avenir et de respecter le travail important mené par l’INAO afin de permettre à ce classement révisable d’être un formidable outil de challenge, d’émulation et de modernité. »

Qui sera ‘A’ ?

Le propos est donc clair du côté de l’institution : le classement ira jusqu’au bout, malgré les défections. Mais doit-on en attendre d’autres, après les retraits spectaculaires de Cheval Blanc, Ausone et Angelus ? Du côté de Château Pavie, dernier des ‘A’ encore en lice, Gérard Perse nous l’assure : « à ce jour, nous maintenons notre candidature », sans vouloir faire davantage de commentaire. Qu’en est-il des autres Premiers Grands Crus Classés ? Au château Figeac, qui fait officieusement partie des grands favoris pour intégrer le club des ‘A’, le Directeur Général Frédéric Faye confirme que la candidature est toujours d’actualité : « toute la famille Manoncourt est sur la même ligne, nous avons constitué un dossier que nous estimons de grande qualité, nous restons dans la course, nous croyons en ce classement et nous entendons aller jusqu’au bout ». Même son de cloche du côté du château Canon, propriété du groupe Chanel : « nous avons déposé un dossier de candidature, et à ce jour, il n’y a eu aucun changement dans les règles initialement établies qui justifieraient que l’on se retire », souligne son Directeur Général Nicolas Audebert. Aymeric de Gironde, à la tête du château Troplong-Mondot (propriété du groupe SCOR), confirme lui aussi que le Premier Grand Cru Classé, qui s’est, tout comme Figeac, récemment doté d’un chai flambant neuf, est toujours dans la course au classement. Autant de candidats qui peuvent, plus que jamais, prétendre en septembre au statut de ‘A’.

« Le classement 2022 verra le jour »

Nicolas Thienpont, qui dirige Château Pavie-Macquin et Château Larcis-Ducasse, propriétés respectives des familles Corre-Macquin et Gratiot-Attmane, nous confirme également que ces deux Premiers Grands Crus Classés restent dans la course au classement et entendent bien tenir leur rang. En filigrane, se discerne le fait que les prises de décision et les stratégies peuvent se révéler quelquefois différentes selon que l’on aie « besoin » du classement ou que l’on soit une marque assez établie pour s’en émanciper, et surtout selon que la propriété relève d’une structure familiale ou d’un grand groupe. C’est ce que souligne Stephan von Neipperg, propriétaire des deux Premiers Grands Crus Classés Château Canon La Gaffelière et La Mondotte : « vous savez, lorsqu’on est Premier Grand Cru Classé, cela situe le prix du foncier à un certain niveau, de plus en plus élevé comme des exemples récents ont pu nous le montrer, et cela soulève la question de la transmission, de plus en plus difficile lorsqu’il s’agit de propriétés familiales. Aujourd’hui, sortir du classement pour certains (et plusieurs se posent la question), cela peut signifier la possibilité de pouvoir transmettre plus facilement aux générations suivantes, sinon qui pourra continuer à payer des droits de succession aussi importants ? Pour de très grands groupes qui investissent dans le vignoble, c’est beaucoup plus facile… C’est pourquoi ces questions sont loin d’être anodines. En ce qui nous concerne, nos propriétés sont familiales, nous décidons en famille, et en toute transparence, il est normal de s’interroger pour savoir si l’on se maintient dans un classement qui, de facto, a perdu de sa superbe avec le retrait de trois de ses leaders ».

Stephan von Neipperg formule tout haut ce que beaucoup reconnaissent tout bas : oui, entend-on en off, le retrait d’Ausone, de Cheval Blanc et d’Angelus est « un coup dur pour le collectif et le rayonnement du classement », qui cristallise l’attention sur « les trains qui arrivent en retard ou refusent de partir, alors que des dizaines de propriétés sont candidates au titre de Grand Cru Classé, se sont donné du mal pour constituer un dossier, et continuent d’y croire ». Ces événements font surtout parler de Saint-Émilion « uniquement sur le plan procédural » alors que l’appellation « ne s’est jamais autant bougée, notamment sur le plan de l’engagement environnemental ». Certaines langues qui se délient voient comme « un problème de riches » les arguments avancés par les trois ‘A’ pour se retirer. Pour d’autres, quoiqu’il arrive, le scénario est écrit : « quelle que soit l’issue, il est à peu près sûr qu’il y aura d’autres actions en justice ! » Et pourtant il semble inéluctable que le processus continue, « à moins qu’une Assemblée Générale extraordinaire ne vienne décider du contraire et que l’on admette d’indemniser des millions d’euros aux propriétés engagées ». Bref, la majorité du petit monde de Saint-Émilion l’assure : même chahuté, le classement 2022 verra le jour.

Cet article Saint-Émilion : le classement maintient le cap est apparu en premier sur Terre de Vins.

Houellebecq et le vin

Lors d’une conférence donnée en 2019 à la Cité du vin, l’universitaire Stéphanie Dutton avait proposé une lecture très intéressante de l’œuvre de Houellebecq à travers son rapport au vin. Dans son dernier roman « Anéantir », l’esprit caustique de l’auteur est encore à l’œuvre et le monde de Bacchus n’est pas épargné.

Michel Houellebecq n’a rien perdu de son mordant, et son nouveau livre Anéantir offre quelques passages d’anthologie sur le vin. Le plus saignant se situe au moment où le héros Paul invite sa sœur au restaurant alors que leur père est à l’hôpital. Il opte « sans hésiter pour une des bouteilles les plus chères de la carte, un Corton-Charlemagne. Ce vin était marqué par « des tonalités beurrées et des arômes d’agrumes, d’ananas, de tilleul, de pomme au four, de fougère, de cannelle, de silex, de genévrier et de miel. » C’était vraiment n’importe quoi, ce vin. » La description œnologique fait sourire, elle est pourtant à peine caricaturale et ressemble furieusement à celle que l’on retrouve sur les contre-étiquettes ou dans les magazines spécialisés. Ce qui est amusant, c’est que Paul, fidèle au principe du « si c’est écrit, c’est que c’est vrai », ne remet pas en cause la description. On pourrait pourtant légitimement se demander comment on peut retrouver un tel nombre de saveurs dans un vin. Prenant la description au pied de la lettre, il en déduit que la composition aromatique du vin est franchement bigarrée. On se demande effectivement comment un tel cocktail, s’il existait vraiment, pourrait être harmonieux. A force de vouloir en mettre plein la vue du consommateur, le vigneron pourrait bien l’effrayer ! L’auteur rejette-t-il pour autant la quête de subtilité des amateurs de grands vins ? La suite démontrerait plutôt le contraire, lorsque Paul s’agace de la philosophie d’un bonheur bon marché, d’une superficialité revendiquée, excluant toute sophistication. Dans le roman, cette conception est promue par David Servan Schreiber, auteur d’un livre intitulé « La mort est un nouveau soleil » qui souligne l’importance des « fous rires » entre amis et des « bons vins de pays ». Le gourmet serait ainsi trop intellectuel et exigeant pour accéder à la béatitude.  Le bon vin de pays est un vin d’imbécile heureux !

Dernier élément capital relatif au vin dans le récit, la découverte de la cave du père de Paul. Avec un rapprochement très intéressant entre le caractère enfoui du lieu, et la personnalité elle-même cachée du paternel, par ailleurs agent secret. « Du point de vue du vin, c’était le grand luxe. Sur un côté de la cuisine, quelques marches conduisaient à une cave creusée en sous-sol. Paul n’y était jamais descendu (…) En allumant les rampes lumineuses qui éclairaient les rayonnages, il fut ébloui : des centaines de bouteilles rangées à l’oblique attendaient là (…) Encore un hobby de son père (…) dont il ignorait tout. (…) Cette cave (…) ne paraissait pas du tout correspondre au traitement d’un retraité de la DGSI (…). Ou bien peut-être pas, il y avait peut-être des secrets d’Etat dont il était le dépositaire, ça pouvait justifier un supplément. Il y avait des sommes du genre fonds spéciaux dont le circuit dans l’appareil d’Etat demeurait une énigme ».

Le vin dans l’œuvre de Houellebecq, reflet du délitement social, succédané à la vie sexuelle

Houellebecq étoffe ainsi un peu plus son analyse sociologique de l’univers du vin, qu’il avait déjà poussée loin dans le reste de son œuvre. Jacqueline Dutton, professeur à l’université de Melbourne en a livré une analyse brillante. Elle souligne comment très souvent chez Houellebecq, le mauvais usage du vin reflète le délitement des relations. La description du pot de départ du scientifique au CNRS Michel Djerzinski dans les Particules élémentaires met en scène à merveille le caractère glauque de cette sociabilité convenue à laquelle plus personne ne croit. Obligé d’organiser cet événement lui-même, il a coincé quatre bouteilles de champagne dans un réfrigérateur du laboratoire entre les produits chimiques et les bacs de congélation d’embryons. On n’en précise même pas la marque, le champagne est ici un produit générique, dont le goût importe peu, son unique fonction est de donner aux convives une impression de fête. Reflet de la radinerie de la fonction publique, il est d’ailleurs en quantité insuffisante pour les quinze convives et la fête ne dure guère.

Michel Djerzinski dans ce même roman médite sur son frère qui se plaint de l’échec de sa relation avec son ex épouse tout en enchaînant les verres de « Vieux pape », un vin de table sans prétention. La conclusion de Michel est implacable, si celui-ci est malheureux, c’est qu’il n’a pas su accepter le déclin du désir sexuel qui apparaît à partir d’un certain âge : il aurait dû remplacer cette quête comme la plupart des hommes par la constitution d’une cave. Jacqueline Dutton fait ici un rapprochement judicieux avec un passage de Soumission, lorsque le héros plongé dans en Ménage de Huysmans lit cette citation qui décrit l’évolution d’un couple dont l’attrait physique s’amenuise « La gourmandise s’était introduite chez eux comme un nouvel intérêt, amené par l’incuriosité grandissante de leurs sens, comme une passion de prêtres qui, privés de joies charnelles, hennissent devant des mets délicats et de vieux vins »

Retrouvez le podcast de la conférence de Jacqueline Dutton à la Cité du vin sur ce lien :https://www.laciteduvin.com/fr/cite-en-ligne/le-vin-dans-l-oeuvre-de-michel-houellebecq

Cet article Houellebecq et le vin est apparu en premier sur Terre de Vins.

Claude Taittinger : un grand Monsieur du champagne s’en est allé

Claude Taittinger est décédé lundi dernier à l’âge de 94 ans. Directeur général de la Maison  familiale de 1960 à 2005, il a su par sa vision accompagner le développement prodigieux de la marque à l’international pendant près d’un demi-siècle. Pierre-Emmanuel Taittinger qui lui a succédé avant de céder les rênes à sa fille Vitalie a accepté de nous éclairer sur son parcours.

Claude est né en 1927, il est le fils de Pierre Taittinger, fondateur de la Maison et président pendant la Seconde Guerre du Conseil municipal de Paris. Brillant sujet, il étudie à l’Institut d’études politiques et rêve d’intégrer l’ENA. Mais, en 1949, à 22 ans à peine, il rejoindra finalement l’entreprise familiale, aux côtés de ses deux frères, Jean et François. Alors que Jean s’occupe d’agrandir le vignoble (la maison est alors l’une des rares à parier sur la constitution d’un domaine propre), et que François assure la direction, Claude est en charge du marché américain. Pierre-Emmanuel Taittinger, son neveu, qui a travaillé pendant trente ans à ses côtés avant de racheter l’entreprise, explique : « Au moment où les maisons de champagne se concentraient sur la France et l’Europe, il a pressenti l’importance qu’allait prendre les Etats-Unis. En effet, des millions de soldats américains étaient venus libérer le vieux continent. Ils étaient rentrés chez eux avec le goût du vin et du champagne. Claude a donc consacré énormément de temps à ce marché et y a peut-être fait près de 200 voyages. D’un nom de famille, il a fait de Taittinger une marque internationale. » Claude est en effet un ambassadeur hors-pair. Dans les nombreuses réceptions qu’il organise pour promouvoir la maison, il séduit par son charme :« Il avait quelque chose de très aristocrate, de l’humour, un esprit très fin, dans le fond c’était un personnage du XVIIIe siècle. Il aurait adoré vivre au temps de Louis XV ». Génie du marketing, il parviendra à placer Taittinger dans le deuxième opus de James Bond « Bons Baisers de Russie », après avoir entretenu une correspondance épistolaire avec Ian Fleming.

A cette époque, la Maison décide aussi de parier sur le chardonnay dont elle lancera la mode. « Jusque-là les champagnes étaient plutôt axés sur le pinot noir et le meunier, que l’on travaillait en fût de chêne.  Or Claude avait compris que les femmes joueraient un rôle de plus en plus important dans la consommation du champagne. La Maison a donc privilégié ce cépage plus aérien, plus léger, très subtile. Claude a bâti toute la stratégie marketing de l’entreprise autour du chardonnay : le Comte Thibaud IV qui revient des croisades avec l’ancêtre du Chardonnay, la demeure des Comtes de Champagne, les crayères de l’abbaye de Saint-Nicaise qui appartenaient à la famille des Comtes de Champagne…»

C’est à la mort de son frère François dans un tragique accident de voiture en 1960 que Claude reprend la direction générale. Il est le seul disponible. Jean élu député maire de Reims en 1959 vient tout juste de s’engager en politique. Si François a posé les bases essentielles du groupe, y compris pour sa partie hôtelière, Claude saura les développer et fera passer la maison d’un million de bouteilles à 4,5 millions. Sa foi dans le marketing reste inébranlable. Alors que les maisons rejettent les panneaux publicitaires et la réclame, jugés vulgaires pour un produit de luxe, Claude, très ami avec Jean-Claude Decaux, casse les codes et utilise massivement ces nouveaux moyens. « Cela a permis à la Maison en un lapse de temps très court de rattraper la notoriété des cinq plus grandes maisons. On a failli être exclu du Syndicat de grandes marques à cause de cela. C’est Mumm qui nous a défendus. Ils appartenaient alors à un groupe américain. Ils ont dit « vous plaisantez, il faut faire de la publicité, du moment qu’elle est élégante et intelligente. » Là-dessus Claude était irréprochable, on lui doit par exemple la campagne « l’Instant Taittinger ». Il a ensuite été imité par tout le monde. »

Dégustateur de talent, Claude élargit aussi la gamme en lançant deux cuvées : Prélude et les Folies de la Marquetterie. Il initie des partenariats valorisants avec des artistes de renom grâce à la Taittinger collection. Enfin, en fondant dans les années 1970 le domaine Carneros dans la Napa Valley, Claude fait de Taittinger l’une des toutes premières maisons à investir à l’étranger dans la production de vins effervescents.

Homme de lettres à ses heures perdues, Claude est l’auteur de plusieurs livres de qualité sur la Champagne. Parmi ces ouvrages, on relèvera trois biographies : une de Jacques Cazotte, cet écrivain guillotiné à la Révolution, ancien propriétaire de la Marquetterie (Guest House de la Maison), une de Saint-Evremond, fondateur de l’Ordre des Coteaux, et bien-sûr, une de Thibaud le Chansonnier, Comte de Champagne. « C’était un pédagogue formidable, il adorait faire réviser ses enfants. Il aurait été un professeur d’université remarquable ». Généreux mécène, Claude a fait restaurer la statue du « Beau Dieu » dans la cathédrale. Engagé dans le monde du sport, et lui-même ceinture noire de Judo, il a aussi fondé à Reims le Judorex.

Notre équipe s’associe à la peine de sa famille et de ses anciens collègues et leur présente ses plus sincères condoléances.

Cet article Claude Taittinger : un grand Monsieur du champagne s’en est allé est apparu en premier sur Terre de Vins.