Une avalanche de cartes des vins pour le Tour des Cartes 2022

A l’heure où les restaurants, gastronomiques, bistrots et brasseries peinent de la crise sanitaire, Terre de vins se devait de les accompagner en mettant en valeur leur carte des vins. Le jury s’est réuni cette semaine à L’Ambassade d’Auvergne pour éplucher les cartes présentées avant de donner son verdict le 31 janvier prochain.

Cette année, ce ne sont pas moins de 10 000 établissements qui ont présenté leurs cartes et un millier étudiés en détail et commentés par le jury co-présidé par deux grands professionnels, Serge Dubs, meilleur Sommelier du monde 1989 et Philippe Faure-Brac, meilleur Sommelier du Monde 1992. Ils étaient aux côtés des représentants de Terre de vins, des vainqueurs de l’édition précédente et des partenaires de l’événement, France Boissons, l’Interprofession des vins de Pays d’Oc IGP(Interoc), le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), le Bureau national Interprofessionnel de l’Armagnac (BNIA) et Somm’It, entreprise de gestion de cartes de vins et d’inventaires connectés.

La sélection des 100 finalistes qui sera parrainée cette année par le chanteur Cali a permis d’établir le palmarès final des six catégories (Bars à vins ; Brasseries, Bistrots et Restaurants bistronomiques ; Restaurants traditionnels ; Restaurants de chaîne ; Restaurants gastronomiques et Restaurants gastronomiques de prestige) avec trois lauréats pour chacune dont un Grand Prix. Quatre Prix spéciaux, associés aux partenaires de l’événement, seront également remis le 31 janvier à Paris : la Carte engagée parrainée par le CIVB, le Vin au verre par Interoc, et la carte de spiritueux par le BNIA, ainsi qu’un Coup de Cœur Prix Spécial du Jury par les deux co-présidents.

Plus de références et d’informations

« Nous avons constaté que les périodes de confinement ont été propices à la réorganisation des cartes avec une tendance à mieux valoriser les appellations, les cépages et les approches viticoles et œnologiques, souligne Philippe Faure-Brac. Nous avons repéré des cartes avec une véritable volonté d’informer, un classement par style de vins, des photos d’étiquettes ou de vignerons ou même une approche moins classique par émotions. Les vins bios et biodynamie se font par ailleurs plus présents, signalés par les logos et labels ou à charge du sommelier de les signaler et les expliquer ». C’est également ce qu’a pu constater Grégory Castelli de Somm’It avec « une tendance à voir disparaître la signalisation des vins en bio et biodynamie, un peu à contre-sens d’une autre tendance depuis cinq ans, celle d’une demande croissante d’informations de la part du consommateur. On a pu voir également un élargissement des cartes qui accumulent les références, celles des stocks d’avant Covid qui s’ajoutent aux achats complémentaires et aux maintiens d’allocations, d’où une densification des cartes, pas toujours simple à maîtriser surtout avec les problèmes actuels de personnel. Il faudrait peut-être moins de références et plus d’informations en se mettant à la place du consommateur, en général peu connaisseur mais en demande de conseil ».

Trois prix spéciaux suivis par les partenaires Côté Prix spéciaux, les vins de Bordeaux ont voulu mettre l’accent sur l’engagement environnemental des vins, regrettant « qu’il n’y ait pas assez de cartes indiquant un label, même si le sommelier peut évidemment porter le message, précise Anne-Cécile Gabriel du CIVB. D’où le lien à resserrer avec les prescripteurs comme les sommeliers. Le Tour des Cartes permet de renforcer les échanges, de renouer avec le CHR et de communiquer sur l’engagement environnemental fort des vins de Bordeaux ». Pour le Prix du vin au verre, Florence Barthes d’InterOc estime que « l’IGP Pays d’Oc est particulièrement adaptée à cette offre, proposée aujourd’hui dans la plupart des établissements du CHR. Elle se décline sur une riche palette de 58 cépages dans les trois couleurs, d’où  de nombreuses combinaisons gustatives pour des alliances mets-vins, ce qui explique que l’appellation est de plus en plus plébiscitée sur cette catégorie ». Les spiritueux ne sont pas non plus en reste sur les cartes. « Leur accompagnement est de plus en plus passionné et pédagogique avec un nombre croissant de restaurants tentant de se démarquer par leur offre de spiritueux qui semblent trouver un regain d’intérêt comme dans les années 60-70, estime Olivier Goujon du BNIA. Les sommeliers ont de plus en plus d’appétence pour ces produits, surtout pour les spiritueux français comme l’armagnac, tout comme les écoles de sommellerie, demandeuses de formations et d’informations. Les sommeliers connaissent en général les grandes maisons mais ils sont aussi curieux des petits producteurs pour proposer autre chose et faire pétiller leur carte ».

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Bordeaux Tasting dans l’émission Côté Châteaux

A l’occasion des 10 ans de Bordeaux Tasting les 11 et 12 décembre dernier, l’émission Côté Châteaux diffusée sur France 3 région consacre son n°28 à l’évènement des amateurs de vins.

Un numéro Côté Châteaux réalisé par Jean-Pierre Stahl et Alexandre Berne qui donnent « la parole au public tout d’abord sans qui Bordeaux Tasting ne serait pas un tel succès, avec encore 6000 personnes qui sont venues ce week-end-end là.« , puis à certains des quelques 200 stands et châteaux présents, à l’école du Vin de Bordeaux qui proposait 19 ateliers, et un focus sur les 5 master classes, et les invités du café de la Bourse.

Côté Châteaux consacre son n°28 à un magazine spécial Bordeaux Tasting

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Saint-Émilion : les Vignobles K mettent les points sur les « i »

Après avoir obtenu un arbitrage favorable auprès du tribunal administratif de Bordeaux dans un litige avec l’INAO autour de la candidature du château Tour Saint-Christophe au prochain classement de Saint-Émilion, les Vignobles K, propriétaires du domaine, ont voulu apporter leur version des faits.

Il y a quelques semaines, nos confrères de Vitisphère se faisaient l’écho de démarches entamées auprès du tribunal administratif de Bordeaux par deux propriétés candidates au classement 2022 de Saint-Émilion, les châteaux Tour Saint-Christophe et Croix de Labrie. Le motif annoncé de cette procédure : une contestation de la décision de l’INAO d’écarter les deux propriétés concernées pour cause d’évolution de l’assiette foncière. Finalement, le tribunal administratif a penché en faveur des deux plaignants, leur permettant de rester dans la course au classement. Ce soubresaut judiciaire est venu faire planer de nouvelles interrogations sur ce prochain classement, qui doit voir le jour en septembre et qui se voit déjà très chahuté. Quelques jours plus tard, le château Angelus, Premier Grand Cru Classé ‘A’, annonçait son intention de se retirer du classement, avançant notamment : « Les enjeux qu’il porte en son sein ont valu à ce classement de nombreuses critiques, et en ont fait la cible d’un système de dénigrement ayant culminé avec de nombreux recours en justice. En 2006 bien sûr, mais aussi en 2012 (des procédures sont toujours en cours presque 10 ans plus tard), et nous venons d’apprendre que le classement de 2022, en cours d’élaboration, est attaqué en référé devant les tribunaux par deux propriétés. »

Dans un communiqué, les Vignobles K, propriétaires du château Tour Saint-Christophe, ont tenu à rétablir quelques vérités en donnant leur version des faits, par la voix de leur Directeur général Jean-Christophe Meyrou : « La presse s’est fait l’écho depuis quelques jours d’une prétendue attaque contre le classement 2022 de Saint‐Emilion par le Château Tour Saint Christophe. Ce malentendu rendait nécessaire que nous y apportions un rectificatif dépourvu de toute ambiguïté. Qu’il soit bien clair que le Château Tour Saint Christophe n’a jamais eu l’intention d’attaquer le classement en cours. »

« Incongru de scier la branche sur laquelle nous sommes assis. »

Le communiqué apporte les précisions suivantes : « Sans qu’il soit besoin de rentrer dans les détails de notre dossier, un courrier de l’INAO nous informait en septembre dernier que le château Tour Saint Christophe ne pouvait candidater au classement pour non‐respect d’un point technique précis : la production de premier vin sur dix années était jugée inférieure à 50% de notre production totale (article 4 du règlement). »

« Or les chiffres du domaine basés sur les déclarations annuelles montraient bien une production en moyenne largement supérieure à 50% sur cette période de dix ans. »

« Nous n’avons fait que suivre la procédure administrative indiquée par l’INAO, à savoir la contestation de la décision devant le tribunal administratif de Bordeaux. »

« Compte tenu de l’urgence, une audience s’est donc tenue devant le tribunal administratif de Bordeaux au cours de laquelle l’INAO et Château Tour Saint Christophe ont pu exposer leurs arguments devant le juge. Il est remarquable de constater que ces échanges, loin d’être une guerre de tranchée, furent constructifs et apaisés. »

« Le juge des référés a tranché en notre faveur dans une ordonnance en date du 24 décembre dernier demandant à l’INAO de nous permettre de candidater. Contrairement à ce qui a pu être laissé entendre, cette démarche n’était pas non plus une attaque contre l’INAO, qui a fait son travail et qui a toujours été disponible pour répondre à nos questions, mais bien l’unique solution pour Château Tour Saint Christophe de faire valoir son bon droit. »

« Enfin nous tenons à apporter une dernière précision. En tant que propriétaire du Château Bellefont‐Belcier, nous sommes totalement engagés dans ce formidable outil d’émulation collective qu’est le classement. Il eut été complètement incongru de scier la branche sur laquelle nous sommes assis. »

De son côté, le château Croix de Labrie n’a pas souhaité donner de commentaires sur sa propre situation. Il peut en tout cas être permis de croire que cette mise au point apaisera les esprits du côté de Saint-Émilion et permettra de débloquer quelques situations litigieuses dans la perspective du classement. En attendant sa divulgation dans huit mois.

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Pineau des Charentes, piscine, Brigitte et Louise

pineau-des-charentes

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Avec la nouvelle gamme Brigitte et Louise, les Brûleries Modernes basées en Charente-Maritime souhaitent dépoussiérer l’univers du pineau des Charentes aux couleurs du Spritz mais à la teneur artisanale. Ainsi va la reconquête de l’apéritif.

Très prisé en Belgique, au Canada et naturellement sur son lieu de production qui bénéficie d’une forte attractivité par sa côte Atlantique, le pineau des Charentes n’en éprouve pas moins un déficit d’image depuis quelques années. Alors les Brûleries Modernes montent au créneau. « Notre volonté est de dépoussiérer la catégorie avec un produit français naturel au profil féminin et fruité », souligne Jean-Baptiste Delannoy, distillateur et dirigeant des Brûleries Modernes. Assemblage de jus de raisin et d’eau-de-vie charentaise, cette boisson titrant autour des 17% peut se décliner en blanc ou en rouge. Brigitte et Louise ne feront pas exception jouant sur ces deux couleurs qu’il faudra trinquer en mode « piscine », c’est-à-dire dans un très grand verre avec des glaçons. Le reste de l’histoire est un hommage aux femmes, celles de la famille Delannoy. Brigitte et Louise, qui vécurent du côté de brie-sous-Archiac dans la première moitié du XXème siècle, rappellent combien dans l’histoire de la viticulture, les femmes ont sauvé les domaines alors que les époux étaient au front – et parfois au bistrot. La gamme Brigitte et Louise est lancée le mois prochain. Elle vient compléter la collection de produits des Brûleries Modernes qui compte déjà des cognacs, un gin, un brandy et un whisky.

Brigitte et Louise (Blanc ou rouge) : 23€ les 70 cl.   

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Pour ses 250 ans, Veuve Clicquot embarque sur le Venice Simplon-Orient-Express

L’Orient Express est l’un des premiers traits d’union qui a participé à la construction de l’Europe en abolissant les frontières et en favorisant à son bord le brassage de personnes que les différences de nationalité n’auraient jamais amené à se croiser. Le champagne Veuve Clicquot participe depuis toujours à ce même élan d’universalité et à cet art de vivre qui sait si bien prendre le temps, y compris de voyager. Autant dire que célébrer ses 250 ans à bord du Venice Simplon-Orient Express tombait sous le sens !

Le champagne Veuve Clicquot, créé en 1772, fête ses 250 ans. Pour cette maison férue d’histoire, dont le fonds d’archives miraculeusement indemne a de quoi faire pâlir d’envie ses concurrents, il fallait un acte symbolique fort ! Ce sera un voyage à bord du très historique Venice-Simplon-Orient-Express, exploité par la compagnie Belmond train. Celle-ci revisite le mythe du fameux Orient Express, créé en 1882 et disparu en 2009. L’embarquement aura lieu le 5 juin en gare de Reims, direction Venise, là où la Maison a expédié ses premières bouteilles à l’étranger, l’année même de sa fondation ! Comment la marque jaune pouvait-elle rappeler de manière plus éclatante que le véritable luxe est d’abord celui de prendre le temps ? Celui d’élaborer des cuvées qui vieillissent sur lie plusieurs années avant d’être dégustées comme celui de voyager et de se dire que le déplacement lui-même peut faire partie de l’agrément d’un séjour à l’étranger.

Plutôt que de sauter dans le premier vol d’une compagnie low-cost pour faire le même trajet en une heure et demi, vous passerez deux jours à bord d’un train où vous aurez votre propre suite Cabine. Tandis que les paysages des plus beaux terroirs européens défileront tranquillement sous vos yeux, vous dégusterez les cuvées de la Maison sur des repas gastronomique servis à l’intérieur du wagon restaurant. Confortablement attablé, comme Antonella et Peter dans le roman de Pierre Jean-Remy « Orient Express », vous ferez des rencontres inattendues, cosmopolites, et peut-être même amoureuses. Antonella « buvait son champagne, verre après verre, sans cesser de parler. […] – Savez-vous Peter, parce que vous permettez, n’est-ce pas, que je vous appelle Peter, que toutes les filles du collège sont folles de vous ? Elle le regardait à travers des bulles de champagne, et c’est probablement fou combien, vu à travers des bulles de champagne, Peter devait soudain sembler un autre homme. Rajeuni de cœur, sinon de visage ».

En parlant de roman, vous aurez aussi tout le loisir, bercé par le ballottement de la locomotive, de relire le fameux thriller d’Agatha Christie : « Le crime de l’Orient Express ». Dans la dernière adaptation cinématographique de Kenneth Branagh, le champagne qui apparaît à l’écran est justement du Veuve Clicquot, même si à la différence de l’autre roman de la reine anglaise du polar « Meurtre au champagne », il ne constitue pas l’arme du crime.

Le choix du réalisateur était d’autant plus légitime, explique Isabelle Pierre, historienne de la maison, qu’ « on retrouve dans les archives une lettre du 1er décembre 1883 dans laquelle l’agent de Veuve Clicquot en Belgique, Auguste Boncorps explique que Georges Nagelmackers, le fondateur de Compagnie des Wagons-lits est un ami et qu’il s’apprête à le rencontrer à Paris pour placer Veuve Clicquot parmi les vins servis aux voyageurs. Ce sera chose faite dans les mois qui suivront. La marque sera adoptée sur toutes les lignes. Nous avons d’ailleurs conservé deux menus où Veuve Clicquot figure, l’un de 1905, l’autre de 1913. La Maison expédiera ainsi des bouteilles à travers toute l’Europe, dans chaque entrepôt de ravitaillement de la compagnie. Nous avons également retrouvé un objet publicitaire de la Maison utilisé à bord : un coupe cigare en forme de bouteille. »

La billetterie ouvre le 7 février. Pour plus d’informations : invitation@belmond.com

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En attendant Clos Rougeard

L’emblématique domaine ligérien s’est drapé dans une certaine discrétion depuis son rachat par la famille Bouygues en 2017. Une importante séquence de travaux de rénovation s’est pourtant engagée, et doit prendre fin début 2023. Les vins, eux, promettent de rester fidèles à l’ADN de la propriété.

« Lorsqu’on reprend un domaine comme Clos Rougeard, il faut faire preuve d’humilité, de respect du passé et du travail accompli par une famille exceptionnelle. Il faut aussi garder tout le temps à l’esprit la recherche de l’excellence, avec enthousiasme et détermination ». Ce préambule d’Hervé Berland pose le cadre, et pas le Cadre Noir de Saumur. L’homme qui préside – entre autres – à la destinée du grand cru classé Château Montrose à Saint-Estèphe a naturellement repris les rênes du Clos Rougeard lorsque celui-ci a été racheté par la famille Bouygues, en 2017. Deux ans auparavant, le décès de Charly Foucault avait marqué du sceau du deuil cette emblématique propriété de Saumur-Champigny qui est restée dans la même famille pendant huit générations. Nady Foucault, frère de Charly, a accompagné la transition du domaine, le temps que la famille Bouygues et Hervé Berland mettent une nouvelle équipe en place. Ce sont désormais Jacques-Antoine Toublanc (responsable d’exploitation, déjà recruté comme œnologue-conseil après le décès de Charly) et Richard Desouche (chef de culture) qui assurent la conduite de ce vignoble mythique de 11 hectares dont l’histoire remonte au moins à 1664.

Hervé Berland l’assure, « la transition s’est déroulée en douceur et avec toute la considération que l’on doit à un domaine aussi renommé. Nous avons tenu à assurer une continuité en désignant des hommes d’expérience, ayant une grande connaissance du Saumurois, à la tête du domaine. Notre désir est de rester fidèle à l’identité unique des vins de Clos de Rougeard, et à cette expression magique du cabernet franc que l’on ne trouve nulle part ailleurs ». C’est donc dans une totale discrétion que la nouvelle équipe a vendangé et vinifié les quatre derniers millésimes, qui pour l’instant n’ont pu être dégustés que par les professionnels.

Des travaux et de la patience

Conformément à la tradition, les vins de la propriété sont mis sur le marché après quelques années en bouteille : c’est donc actuellement le 2016 qui est disponible à la vente, et le premier millésime de « l’ère Bouygues », 2017, sera commercialisé fin 2022. « La continuité du style est un impératif », souligne Hervé Berland, qui reconnaît que « certains observateurs ont pu exprimer des doutes sur le devenir du Clos Rougeard suite au rachat, mais tous les professionnels qui sont venus déguster les derniers millésimes se sont montrés très enthousiastes, et la demande française comme internationale n’a cessé d’exploser ». L’impressionnant succès de ces vins aux enchères atteste de leur inoxydable réputation auprès des amateurs.

La continuité n’exclut toutefois le changement, et le souhait « de continuer à toujours faire mieux, comme nous nous efforçons de faire à Montrose », précise Hervé Berland. C’est ainsi qu’ont été engagés depuis 2020, à Clos Rougard, deux séquences de travaux, d’abord pour transformer un ancien bâtiment en nouveau hangar destiné au matériel viticole, puis surtout, pour rénover l’ensemble du cuvier. « Faire du neuf avec de l’ancien, cela prend toujours du temps et cela demande de la patience, surtout lorsqu’on est au cœur du village de Chacé et que l’on veut respecter l’existant », poursuit Hervé Berland. « Il fallait remettre à jour la cuverie, notamment pour aller vers de plus petits contenants pour gagner en précision sur le parcellaire. Mais nous gardons la structure existante, qui fonctionne par gravité sur quatre niveaux, et bien sûr nous préservons les magnifiques caves de vieillissement souterraines creusées dans le tuffeau ». L’ensemble des travaux devrait être terminé d’ici le début de l’année 2023. Promis, on en reparlera.

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Réduction des sulfites : le Comité Champagne innove !

C’est une bombe qui ne va pas tarder à provoquer le branle-bas de combat chez les bouchonniers. Le Service technique du Comité Champagne a mis au point une méthode pour se débarrasser de l’oxygène contenu dans les bouchons. Une innovation qui devrait faciliter la suppression des sulfites au dégorgement.

Dans le vin, les sulfites permettent de contrôler le développement de la flore et d’éviter l’oxydation. C’est cette double fonction combinée à leur faible coût qui les rend quasi irremplaçables. Ils sont ajoutés à trois moments essentiels : sur les moûts avant la fermentation, juste après la fermentation pour procéder à un ajustement, et en ce qui concerne le champagne, après la seconde fermentation en bouteille, à l’étape du dégorgement (évacuation des lies) avant de procéder à un nouveau bouchage. Certains sulfites peuvent également se développer naturellement dans le vin. Ils sont générés par les levures et n’exercent aucune action de protection sur le vin, parce qu’ils sont combinés à d’autres molécules comme l’éthanal.

Pour le consommateur, l’apport de sulfites dans l’alimentation courante proviendrait à 75 % du vin. Le champagne en contient peu, en moyenne 50 mg/litre. Si on considère que l’OMS recommande au consommateur de ne pas dépasser les 0,7 mg par kilo de poids corporel cela signifie que « s’il veut atteindre cette dose journalière, un consommateur doit boire un peu plus d’une bouteille. Il ressentira les effets indésirables de l’alcool bien avant ceux des sulfites ! » ironise Benoît Villedey, adjoint au responsable de service vin du CIVC.

La raison de cette faible dose ? En premier lieu les Ph bas des vins de Champagne qui rendent l’efficacité des sulfites plus grande. Mais aussi des années de recherche et d’innovation du service technique du Comité champagne pour trouver un itinéraire alternatif de vinification. Ce travail a débouché en 2016 sur « la filière demi-dose ». A chacune des trois étapes, on vient apporter la moitié de la dose conventionnelle tout en obtenant une qualité similaire. Pour cela, il faut maîtriser l’oxygénation des vins, ce qui passe notamment par l’inertage, l’élevage sur lie et le ouillage régulier… L’attention à la microbiologie est indispensable, en l’occurrence surtout l’hygiène du chai et le recours à des ensemencements en levures et bactéries sélectionnées pour assurer les fermentations. L’utilisation de levures indigènes est à bannir car elles produisent davantage de sulfites.

Des progrès à l’étape du dégorgement devraient permettre d’aller plus loin. Lors de cette phase délicate, le champagne subit un contact violent avec l’oxygène. On a déjà réussi à réduire la quantité de sulfites additionnée à ce stade via le jetting. Celui-ci consiste à laisser tomber une goutte de solution œnologique pour faire mousser le vin ce qui chasse l’oxygène du col. Néanmoins, l’oxygène continue à rentrer dans le col même après le rebouchage. D’une part à cause de la perméabilité du bouchon qui entraîne un apport mineur de 0,2 à 0,8 mg par an et par bouteille. D’autre part, à cause de la désorption : l’oxygène prisonnier à l’intérieur du liège sous l’effet de la compression au bouchage se libère pendant près de 100 jours ce qui représente environ 3 mg d’oxygène.

Depuis 2019, le CIVC à travers un programme jusqu’ici confidentiel a mené une expérimentation en plaçant les bouchons dans un environnement sans oxygène. « On les a plongés dans une enceinte d’azote gazeux pour réaliser un échange. Le liège est composé de 80 % d’air, la composition de cet air n’est ni plus ni moins que la composition de l’air dans lequel il évolue. » Résultat ? Les bouchons sont débarrassés de leur oxygène. Combinée au jetting, cette technique permettrait de s’abstenir totalement de sulfites au dégorgement. Si cette méthode fonctionne (les résultats viennent d’être publiés), le Comité Champagne en appelle à la technicité des bouchonniers pour la rendre plus opérationnelle.

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Cognac Bourgoin: L’appel du large

Dans la famille Bourgoin des cognacs du même nom, une idée pousse l’autre pour faire bouger les lignes de l’eau-de-vie charentaise. Après le pineau oxydatif, le verjus, le cognac double lies ou en micro-fûts, le domaine de Saint-Saturnin nous rappelle que l’appellation cognac se jette dans l’océan Atlantique.   

Il fallait y penser. A ce jeu-là, Frédéric Bourgoin est très fort. Comme toujours l’idée est simple mais le résultat est passionnant. « Le cognac Eau de Mer est un audacieux cognac qui bouscule les codes, l’innovation consiste à mouiller le cognac avec un peu d’eau de mer au moment de l’élevage pour le réduire à 43° », expliquent les créateurs. Car l’opération a été réalisée par Frédéric Bourgoin avec l’entreprise Marée Haute, un caviste spécialisé dans les vins naturels et basé à Saint-Pierre d’Oléron. Le taulier n’est autre que Baptiste Bourgoin, un cousin. Ce cognac est donc une histoire de famille autant qu’un clin d’œil à la grande époque de la marine marchande. « Rêverie de voyage au long cours, lorsque les embruns de la mer se mêlaient au cognac au gré des caprices de la météo », ajoutent Frédéric et Baptiste. Gustativement, il s’agit d’aller chercher des notes de caramel au beurre salé, de la sapidité et une longueur en bouche qui sort des sentiers battus. Le coup d’essai est de 100 bouteilles mais il ne restera pas un coup d’essai. « Ça plait alors nous allons poursuivre l’aventure », confie Baptiste, particulièrement en phase avec son cousin qui ne produit que des pineaux et des cognacs « non assemblés, non colorés, non filtrés et non sulfatés ». Rendez-vous sur le site de la Marée Haute (www.mareehaute.vin.com) ou sur la sauvage Île d’Oléron. 

Bourgoin Cognac Marée Haute : 72€ les 70 cl.

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Saint-Estèphe : Maison Dourthe acquiert le Château Le Boscq

Reconnu Cru Bourgeois Exceptionnel lors du classement de 2020, le château Le Boscq devient la propriété à part entière de Maison Dourthe, qui en assurait le fermage depuis 1995. Une très belle acquisition sur un remarquable terroir de 18 hectares à Saint-Estèphe.

Dans un communiqué, Maison Dourthe, institution bordelaise née en 1840 (et intégrée depuis 2007 au groupe Alain Thiénot) à la tête de huit propriétés – dont le grand cru classé Château Belgrave – et de quelques marques à succès – dont le fameux N°1 de Dourthe – annonce l’acquisition du château Le Boscq, en appellation Saint-Estèphe. Reconnu Cru Bourgeois Exceptionnel lors du classement des crus bourgeois dévoilé en 2020, Le Boscq était géré en fermage par Maison Dourthe depuis 1995, un bail confié par La Française Real Estate Managers pour un Groupement Foncier Viticole. En 26 ans, les équipes de Dourthe, à commencer par le président Patrick Jestin, le directeur des vignobles Frédéric Bonnaffous et le directeur d’exploitation Joachim Gilbert, ont consacré beaucoup d’efforts pour hisser cette propriété de 18 hectares parmi les pépites du nord Médoc. Cette acquisition est donc, aujourd’hui, la suite logique des efforts consentis : les équipes de Maison Dourthe n’y voient pas seulement « l’aboutissement d’un rêve » mais « l’opportunité d’aller plus loin dans un travail de précision. Par ailleurs, un large programme de rénovation de la demeure est prévu afin d’y développer un accueil à la hauteur des ambitions du château ».

Patrick Jestin ne cache pas son enthousiasme : « depuis 1995, nous nous sommes passionnés pour la réhabilitation et la mise en valeur de ce petit bijou de Saint-Estèphe. Situé sur un terroir magnifique, ‘en première ligne’ le long de l’Estuaire de la Gironde, commandé par une demeure majestueuse témoin d’une histoire riche et ancienne, le vignoble du Château Le Boscq produit aujourd’hui un grand vin très typé, qui allie avec élégance la puissance des Saint- Estèphe à une finesse peu commune. » Il entre donc dans une nouvelle ère, qu’il faudra suivre avec beaucoup d’attention.

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La Clairette de Die va jouer davantage à domicile

En attendant de faire évoluer son cahier des charges, l’appellation Clairette de Die veut être plus visible dans les restos et les caveaux et (re)faire découvrir ses bulles par des dégustations en magasins

La clairette brunchait en décembre à Paris. Moins un nouveau mode de consommation (quoi que) qu’une façon originale de communiquer pour attirer à nouveau les papilles sur l’appellation dromoise qui peine à sortir du moment dessert. « Et l’apéritif est un terrain très bataillé, reconnaît Fabien Lombard, co-president de l’ODG*. Nous pouvons donc profiter de la versatilité de la clairette pour la proposer sur tout un repas ou sur des plats sucrés-salés ». L’appellation travaille également à abaisser le taux de sucre minimum, actuellement à 35 g et qui pourrait descendre le plancher entre 20 et 25g. La méthode est en phase de test. Un enjeu d’autant plus crucial que malgré un faible degré alcoolique entre 7 et 9° qui pourrait devenir un atout pour les nouveaux consommateurs, le taux de sucre freine parfois la consommation de la clairette, surtout auprès des amateurs avertis ou des professionnels.

Bientôt des bulles rosées

Par ailleurs, après l’interdiction de produire une Clairette de Die rosée suite à la plainte déposée par le Cerdon du Bugey (les opérateurs ont pu commercialiser les stocks déjà produits jusqu’en octobre dernier), l’AOP se penche sur l’élaboration d’un effervescent rosé sans IG après l’abrogation de la loi de 1957 l’an dernier. « Cela aidera les vignerons à se diversifier et nous permettra de tester différents vins après le dépôt du dossier en 2019 auprès de l’Inao et qui nécessite cinq ans d’expérimentation avant d’envisager une modification du cahier des charges pour l’encépagement » précise Fabien Lombard. Les assemblages actuellement à partir de 75% muscat minimum complété de clairette pourraient évoluer vers un 60-40, historiquement proche de l’élaboration des années 70. « De plus, nous croyons à la capacité de la clairette à s’adapter au réchauffement climatique puisqu’elle se développe sur la fraîcheur et des petits degrés  » précise la directrice du syndicat Marie Lafarge.

Opérations découvertes de la clairette

La clairette va donc revoir sa stratégie d’abord en faisant déguster ses bulles dans les supermarchés, en région et dans l’Ouest de la France, et plus tard dans l’année chez les cavistes. « Nous allons essayer également d’être plus visible sur les terrasses des bars et des restaurants avec des kits donnant quelques éléments clés de l’appellation, via des sets de table, des ardoises, et une belle verrerie afin d’attirer l’attention des consommateurs locaux fiers de leur région et sensibles aux enjeux environnementaux et les citadins de 25-45 ans épicuriens, plutôt urbains mais amoureux de la nature » détaille Marie Lafargue. Les caveaux seront aussi encouragés à abandonner la petite flûte épaisse pour s’équiper de verres dédiés signés Lehman et à respecter une bonne température de service, plutôt entre 6 et 8°C. Les dégustations sur le terrain et dans les maisons devraient être privilégiées tandis que l’aménagement de la Maison de la Clairette qui avait été évoqué n’a pas été retenu, l’appellation bénéficiant déjà du Museobulles de Jaillance au cœur du village. Un élément différenciant pourrait également apparaître sur les bouteille pour les prochains millésimes.

Photo: F. Hermine

*Suite à la démission de Franck Monge après un an de présidence, l’ODG (qui regroupe les AOP effervescentes Clairette de Die et Crémant de Die, et les tranquilles Coteaux de Die et Chatillon-en-Diois est actuellement pilotée par les trois vice- présidents Olivier Rey (Jaillance), Vincent Viard (Union des Jeunes Viticulteurs Récoltants) et Fabien Lombard du domaine éponyme et qui a longtemps présidé l’appellation.

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