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Catégorie : Infos Oenologie
« Info Œnologie » offre un condensé des dernières nouvelles, analyses et tendances du monde viticole. Explorez des reportages sur les régions viticoles émergentes, les techniques de vinification innovantes et les événements viticoles à ne pas manquer. Que vous soyez amateur ou professionnel, nos articles de presse soigneusement sélectionnés vous offrent une expertise variée pour enrichir votre connaissance du vin. Plongez dans des récits captivants sur l’histoire et la culture du vin, tout en découvrant des conseils pratiques pour apprécier chaque gorgée. Avec « Info Œnologie », explorez le monde du vin et savourez chaque instant de cette aventure
La seconde master class de ce 10e Bordeaux Tasting était consacré à la marque Riedel qui prouve, une fois de plus, que le choix du verre au moment de la dégustation est primordial.
Impossible de le nier, la démonstration est évidente : la forme du verre pour la dégustation d’un vin est importante. Et pour le démontrer de façon neutre et mécanique, tout de suite en début de master class, c’est de l’eau extrêmement fraîche qui est mise dans les 4 verres Riedel aux formes, volumes, et diamètres différents. Selon le type de verre utilisé, les zones les plus froides à l’intérieur de la bouche sont différentes. La démonstration est flagrante. Côté vin, il est étonnant de boire le même Château Couhins blanc, à 90 % de sauvignon, dans deux verres Riedel différents, un verre sauvignon blanc Performance et un chardonnay Performance de forme plus ample pour aérer comme le ferait une carafe. Plus concentré, plus fruité et floral dans le verre dédié, il perd tous ces arômes dans le grand verre. Côté rouge, c’est vers un Mercurey 2018, « Le Printemps » Domaine Levert-Barault et un Margaux, Chateau Siran 2015 que se porte l’expérience. Inversés, les deux vins sont versés dans un verre pinot noir Performance à la légère forme de tulipe et un verre cabernet Performance. « le verre est la seule manière de transmettre et de maximiser l’expérience de dégustation » explique Victor Ulrich, directeur de Riedel France. Et c’est en effet ce que le dégustateur perçoit: un équilibre qu’offre le contenant. Dans leur verre dédié, ils révèlent chacun leurs arômes, leur puissance. Dans l’autre verre, ils gardent de leur splendeur, le verre n’est pas un réceptacle magique, mais il perd de son éclat.
C’est un véritable travail de haute couture que propose Riedel. La collection Performance est technologiquement avancée avec une surface interne ondulée et augmentée du verre, qui permet une perception du bouquet et de la saveur du vin plus intense.
Riedel, « c’est la jonction entre la bouteille et vos sens » que vous pouvez retrouver au rez-de-chaussée du palais de la bourse
Noël n’est plus très loin et il vous reste sûrement quelques cadeaux à trouver. Terre de vins continu de se porter à votre secours avec son calendrier de l’Avent, plein de bonnes idées, de beaux livres, de fines bulle et de belles bouteilles, et c’est à Pomerol que nous vous emmenons aujourd’hui.
A l’occasion des fêtes de fin d’année, le Château Petit-Village, grand cru de Pomerol, met en lumière son millésime 2011. Château Petit-Village 2011 révèle une très belle fraîcheur aromatique aux notes balsamiques, fumées, de framboise et de mûre. La bouche se montre douce, pleine, ample avec une finale longue aux notes truffées. Il s’accorde à merveille avec un Chapon aux girolles, une poularde accompagnée de truffe et légumes du potager mais aussi des Saint-Jacques rôties aux truffes.
Pour ses 10 ans, il est présenté en coffret magnum inédit et sérigraphié, où la nature et les arômes du vin sont omniprésents.
Le design du coffret représente le monde aromatique du vin dans un esprit festif de Noël. Les fêtes de fin d’année seront l’occasion idéale de partager en famille ce beau magnum à son apogée et de découvrir toute la complexité d’un grand Pomerol. Il dévoile des notes de truffe, de sous-bois et de figue, avec la fraîcheur de la menthe, des épices et de la violette. A la dégustation, le toucher des tanins est ample et soyeux, d’une grande complexité et beaucoup de finesse, à l’image de son terroir exceptionnel.
Prix : 175 € TTC Coffret en édition limitée (environ 100 exemplaires) Lieux de vente : La cave des Galeries Lafayette Paris 9e, e-shop de Château Petit-Village.
Depuis quinze ans, Geoffrey Orban explore les sous-sols de la Champagne pour identifier les nuances aromatiques apportées aux différents cépages par chaque formation géologique. À l’occasion d’une master-class organisée par le Syndicat général des vignerons ce matin à l’espace Saint-Rémi de Bordeaux Tasting, le pape de la dégustation géo-sensorielle nous a emmenés à la découverte du meunier, nouvelle star de la Champagne.
En Champagne, le meunier représente 30 % de l’encépagement, mais en France et ailleurs il constitue une rareté. Tout au plus le retrouve-t-on de manière ponctuelle dans l’Orléanais et dans le Bade-Wurtemberg. « La dégustation de ce cépage de terroir froid, menacé par le réchauffement climatique, génère toujours une émotion » confie Laurent Panigai, le directeur du Syndicat général des vignerons. Il n’a pas toujours été mis en avant par les Champenois mais il a aujourd’hui de plus en plus la cote. On l’a prétendu longtemps incapable de produire des champagnes de garde. En réalité, il excelle dans ce domaine à condition de choisir avec précision le moment de la cueillette. Sa fenêtre de maturité est en effet réduite et il a tendance à basculer très vite vers les arômes compotés. Geoffrey Orban, dans une master-class de haute volée, nous emmène à sa découverte en explorant les mille et une nuances que lui procurent les différents sols champenois. Ce spécialiste des dégustations géo-sensorielles nous propose ainsi quatre cuvées, emblématiques des quatre grands types de sols de la Champagne (sableux, calcaire, marneux, argileux). Nous vous proposons de revivre trois de ces immersions.
Notre périple débute sur les terroirs sableux du massif Saint-Thierry à Hermonville. « Les sols sont issus d’une mer qui a succédé à la mer de la craie et qui a déposé des sables littoraux très fins. À l’époque, la Champagne se situe au niveau des Tropiques, c’est les Maldives ! On trouve même figés des restes de palmiers. » Sur ces sables, le cépage meunier développe certains arômes caractéristiques comme la mandarine, l’orange, la clémentine, les fruits de la passion, l’ananas. « Ce qui est remarquable, c’est que lorsque vous mettez du sable dans l’eau, le sable sent déjà l’ananas ! »
Le champagne de Maxime Ullens en est un beau spécimen. Ce vigneron, dont le premier métier était la valorisation du patrimoine, a racheté le château de Marzilly qu’il a entièrement restauré. Sa cuvée LPM, un pur meunier vinifié en fût sur une base 2018, année très généreuse en Champagne, nous offre une intensité fruitée remarquable. Ce qui fascine dans cette dégustation, c’est qu’on s’aperçoit que le sable n’a pas seulement une influence sur le goût, mais aussi sur la texture. « Si vous ramassez du sable fin, il glisse entre vos doigts. Le sable ne colle pas. Lorsque vous dégusterez un champagne de sable, vous éprouverez la même sensation, le vin sera fluide, vous aurez une attaque souple, élancée, et le champagne va partir avec un côté pointu en arrière de la langue. Il va rester juste au-dessus de la mâchoire inférieure et exciter vos glandes salivaires. »
Pour les calcaires, Geoffrey Orban a choisi ceux de la vallée du Surmelin au domaine Moutardier où officient les deux frères, William et Simon. C’est cette même pierre qui a servi à l’édification de la Cathédrale. La cuvée est un 2015, encore une année bien mûre ! « Sur ce terrain, on retrouve encore le côté agrumes exotiques. Mais le calcaire commence à nous orienter vers des notes de fruits rouges, de fruits à coque, de coing, de pomme reinette, avec beaucoup de délicatesse… Cette roche donne toujours une attaque souple, et en milieu de bouche une lame de fond qui vous envoie toute la substance vers l’arrière avec une vibration extraordinaire. Les vins de calcaire sont des vins d’arrière-bouche ! Cette résonnance c’est celle de la cathédrale de Reims. Il ne manque que les cloches ! On a aussi la salinité sur la langue, comme si on avait un patch qui s’était posé et ce côté tactile et sapide qui vient du calcium. »
Arrivent enfin les marnes qui mêlent les composantes de l’argile et du calcaire. L’argile a une consistance collante et grasse. Sur le palais, on aura la même sensation. « L’attaque est très courte parce que les minéraux vont se fixer à l’intérieur des joues, d’où un effet d’assèchement voire de charpente comme on peut avoir avec les tanins et qui produit ce volume fruité. Une fois qu’on aura avalé le vin, on aura l’impression que le jus continue à se libérer des joues, c’est ça l’aspect gourmandise de l’argile. Si on assemble maintenant le calcaire avec l’argile, l’argile fait monter le vin en milieu de bouche tandis que le calcaire se manifeste sur la fin de bouche, ce qui fait que le vin est partout. Les sous-sols marneux donnent ainsi des champagnes dotés de profils tactiles de très grande envergure. » Grâce à cette puissance, on peut facilement oser des accords avec de l’époisses ou même de la viande rouge grillée… Pour apprécier au mieux cet effet, Geoffrey Orban nous suggère le champagne Lacroix-Triaulaire et sa cuvée Mont Marvin issue d’une parcelle de la vallée de l’Arce sur la Côte des Bar. Un 100 % 2012 dont la vinification minimaliste permet une expression limpide de ce terroir aux marnes très riches.
Pierre Hurmic, le maire (EELV) de Bordeaux, était aujourd’hui l’invité du « Café de la Bourse » à Bordeaux Tasting : un moment d’échange convivial qui a permis à l’édile écologiste de raconter son rapport avec le vin et avec la filière.
Durant les deux jours de Bordeaux Tasting, le « Café de la Bourse » est un lieu d’échange où des personnalités invitées viennent répondre, en petit comité, à des questions de la rédaction de Terre de Vins sur leur actualité et leur rapport au vin. Cette année, c’est le maire de Bordeaux Pierre Hurmic qui a inauguré l’exercice. Pensionnaire du Palais Rohan depuis les élections municipales 2020, ce natif du Pays Basque est arrivé à Bordeaux en 1973, alors qu’il avait 18 ans. Autant dire qu’en près de cinquante ans dans la capitale Girondine, l’élu a eu le temps de faire connaissance avec les vins de la région. Pourtant, c’est à un autre vignoble aquitain que va son premier clin d’œil : « je suis né à Saint-Palais mais j’ai grandi à Saint-Jean-Pied-de-Port, à proximité du vignoble d’Irouléguy. Et l’un de ceux qui ont donné ses lettres de noblesse à cette appellation, notamment avec Étienne Brana, est l’œnologue Jean-Claude Berrouet, dont le nom est intimement lié à celui de Petrus. »
S’agissant de son rapport avec le vin, Pierre Hurmic avoue qu’il s’est construit « sur la durée. Dans ma famille, je ne buvais pas de vin – mon père n’a jamais bu une goutte d’alcool de sa vie – et quand je suis arrivé à Bordeaux en tant qu’étudiant, je buvais plutôt de la bière, du côté de la place de la Victoire. C’est vraiment ici que je me suis initié. » Soulignant la dimension culturelle du vin, en particulier dans une ville comme Bordeaux dont l’image est intimement liée au vignoble qui l’entoure, le maire de Bordeaux salue « le travail de transmission et de pédagogie qui est accompli, notamment dans le cadre d’un événement comme Bordeaux Tasting avec les ateliers de l’école du vin du CIVB. » Quant à la place qu’occupe le vin dans son mandat de maire (conseillé à cet égard par Brigitte Bloch), il précise qu’il serait « irresponsable que le maire de Bordeaux ne s’intéresse pas au sujet. Le vin participe à l’image, à l’économie, à l’histoire de notre ville. »
Bio, Cité du Vin, Vinexpo et foie gras
Bien entendu, en tant qu’élu EELV, Pierre Hurmic accorde une grande importance à la question environnementale. Il salue à ce sujet « les efforts qui sont faits par la filière, qui n’avait pas une image de pionnière en la matière. Nous avons été élus sur un programme de transition écologique, et très vite après mon arrivée j’ai rencontré Bernard Farges, président de l’interprofession des vins de Bordeaux ; il m’a fait rencontrer Laurent Cassy, président du Syndicat des Vignerons bio de Nouvelle-Aquitaine [élu « vigneron engagé de l’année » aux Trophées Bordeaux Vignoble Engagé, NDLR] et j’ai pu constater à quel point une évolution est en cours dans le vignoble bordelais. » Quant à la cave de la mairie de Bordeaux, elle s’oriente elle aussi vers le bio : « elle est déjà riche de nombreuses pépites, mais il est vrai que pour ce qui est du renouvellement des stocks, j’ai recommandé de privilégier des vins bio ».
Interrogé sur la Cité du Vin, un projet auquel il s’était opposé lorsqu’il était encore dans l’opposition, le maire reconnaît que sa relation avec l’établissement « avait mal commencé » mais qu’il salue « le succès de cette installation, qui attire 450 000 visiteurs par an – hors Covid – et joue un rôle culturel important. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! » Quant à d’autres événements liés au vin, qu’ils soient grand public comme Bordeaux Fête le Vin ou professionnels comme la « Bordeaux Wine Week » 2022 qui doit sans doute être confirmée la semaine prochaine par les équipes de Vinexpo, Pierre Hurmic assure qu’il les accompagne avec bienveillance et attention.
L’échange n’aurait pu être complet sans aborder un sujet d’actualité qui concerne aussi bien la période des fêtes qu’un produit emblématique du Sud-Ouest : le foie gras, banni des réceptions dans d’autres mairies dirigées par des confrères écologistes de M. Hurmic (Lyon, Strasbourg, Grenoble…) « Je ne vais pas interdire le foie gras à la mairie de Bordeaux », explique le maire qui se refuse sur ce sujet à avoir « une position dogmatique ou trop tranchée. Depuis que je suis arrivé, je crois qu’il n’y en a pas eu de servi dans les réceptions qui se sont tenues, mais il n’y a pas d’interdiction. Pour commencer, il faut distinguer le foie gras industriel, produit à bas coût et dans des conditions horribles pour les animaux concernés, et le foie gras artisanal, relevant d’un authentique savoir-faire, qui doit rester un produit exceptionnel voire de luxe. Le respect de la cause animale a un coût. »
Plus ancienne maison de la région, Vidal-Fleury est l’un des fleurons des vins rhodaniens. Le temps d’un week-end, l’opportunité est donnée aux œnophiles bordelais de découvrir ses cuvées d’exception dans le cadre de Bordeaux Tasting.
Antoine Dupré, directeur général et œnologue, propose une dégustation de choix parmi la vingtaine d’appellations dont dispose la Maison, parmi les plus réputées de la vallée du Rhône. Dans la cour du Musée des Douanes, vous pourrez ainsi découvrir les vins issus de terroirs mythiques de la côte septentrionale : Côte-Rôtie, Saint-Joseph ou encore Crozes-Hermitage. En rouge et en blanc, les vins offrent un panorama renversant des déclinaisons œnologiques de la région. Fondée en 1781, la Maison fut la propriété historique de la famille Vidal-Fleury jusqu’à ce que cette dernière fasse le choix de vendre au négociant emblématique Marcel Guigal en 1984. L’histoire est belle : soixante ans auparavant, Joseph Vidal-Fleury avait choisi Étienne Guigal, père de Marcel, comme vigneron et maître de chai. Depuis plus de deux siècles, la devise reste la même : “Aucun compromis, seule la qualité compte.” La dégustation proposée ce week-end ne la fera pas mentir.
Jusqu’à dimanche vous pourrez retrouver les vins de la Maison Vidal-Fleury au Musée des Douanes, emplacement GI 19.
La première master class de Bordeaux Tasting 2021 était consacrée au château Montrose, 2ème Grand Cru Classé 1855, autour des millésimes en 9 : 2019, 2009, 1999 et 1989 étaient à l’honneur, pour une mise en lumière exceptionnelle d’un grand terroir de Saint-Estèphe.
Une certaine émotion teintée d’impatience étreignait l’auditoire de cette première master class de Bordeaux Tasting, heureuse de retrouver les ors du Palais de la Bourse de Bordeaux après deux années de parenthèse pour cause de Covid-19. Et pour fêter ces retrouvailles – sous le sceau des consignes de rigueur en matière de sécurité sanitaire – c’est une star, un « super second » du vignoble bordelais, qui avait l’honneur de donner le coup d’envoi : Château Montrose, 2ème Grand Cru Classé, déclinait quatre millésimes en 9 sous l’élégante autorité de son directeur général Hervé Berland. Arrivé à la tête de Montrose en 2012 après de longues années à Mouton Rothschild, Hervé Berland a contribué, mandaté par la famille Bouygues (propriétaire depuis 2006) qui lui avait tout simplement demandé de « faire le meilleur », à rendre tout son lustre à ce magnifique vignoble stéphanois dont la surface foncière est inchangée depuis son classement en 1855. Parfaitement situé sur des terrasses de graves aux sous-sols argileux à proximité de l’estuaire de la Gironde, bénéficiant d’une exposition idéale, dans un environnement classé Natura 2000, Montrose a bénéficié depuis 10 ans d’efforts et investissements considérables, qui se concrétisent aussi bien avec son chai, inauguré en 2013, qu’avec les engagements environnementaux qui ont été pris à la propriété – qui lui valent aujourd’hui d’être autonome dans sa production énergétique, de recycler l’intégralité de ses émanation de CO2 fermentaire, et de conduire une réelle politique en faveur de la biodiversité. « Tout ce que l’on prend à la nature, il faut lui rendre d’une façon ou d’une autre », souligne Hervé Berland, précisant qu’une équipe R&D composée de trois ingénieurs a été lancée depuis 2015 pour travailler sur toutes les questions de développement durable.
Mais si l’avenir est constamment au cœur des réflexions des équipes de Montrose, le travail sur la continuité et la pérennité du style est aussi une préoccupation, et cette master class était une belle occasion de le prouver. Les quatre millésimes en 9 qui étaient présentés (2019, 2009, 1999, 1989) ont ainsi permis de voir comment le génie du terroir transcende le temps. La dégustation se déroulait en présence de Matthieu Potin, vainqueur en titre du concours de Meilleur Sommelier de France et fervent défenseur des vins de Bordeaux dans son établissement La Vignery à Saint-Germain-en-Laye : « On ne fait jamais d’erreurs à servir un bordeaux ».
Montrose 2019 est encore un bébé, mais un bébé plein de promesses. Millésime de haut vol intercalé entre deux autres millésimes de haut vol (2018 et 2020) mais ayant eu la malchance de sortir en primeurs au plus fort de la pandémie de Covid-19 (d’où son prix qui en fait sans doute « l’affaire du siècle »), 2019 est un « millésime que l’on redécouvrira », assure Hervé Berland. Bien que très jeune, encore sur un fruit éclatant et des arômes primaires dominants, ce 2019 se révèle d’une incroyable précision, porté par un élevage d’une grande élégance et un toucher de tanins extrêmement velouté. « Des facettes d’arômes qui s’arrêtent tandis que d’autres commencent, c’est ça la signature des grands vins », souligne Matthieu Potin. Pour Sylvie Tonnaire, rédactrice en chef de Terre de Vins, ce 2019 ira parfaitement sur un pavé de cerf au poivre de Sarawak.
Montrose 2009 a déjà une douzaine d’années au compteur, ce qui signifie qu’il est encore tout juste au stade de l’adolescence mais déroule une personnalité d’une incomparable séduction. À l’époque, ce n’était pas Hervé Berland mais Jean Delmas qui présidait à la destinée de la propriété et qui a donc donné naissance à ce grand millésime qui « remporte tous les suffrages ». Densité et profondeur s’annoncent dès le premier nez, Matthieu Potin soulignant une « fraîcheur mentholée » et une conjugaison « de puissance, de précision, de longueur, de finesse » conclue par « une touche de salinité et des notes maritimes », s’enthousiasme Hervé Berland. Sylvie Tonnaire, relevant une texture affinée et des tanins poudrés, préconise un accord subtil sur un faisan truffé sous la peau – et pourquoi pas à la truffe blanche.
Montrose 1999, produit avant le rachat de la propriété par la famille Bouygues (elle était alors entre les mains de la famille Charmolüe), est un vin âgé de plus de vingt ans, remontant à une époque où « les connaissances au vignoble comme au chai étaient moins pointues qu’aujourd’hui », précise Hervé Berland, « né suite à un mois de juillet un peu maussade et un mois d’août marqué par quelques épisodes de pluie, mais sauvé par une belle arrière-saison ». La liqueur de café, le cuir, la cerise confite à l’eau-de-vie et le chocolat s’invitent dans la palette aromatique de ce vin « qui est passé sur la deuxième partie de sa vie », souligne Matthieu Potin ; « un grand vin de repas », à n’en pas douter, ce que confirme Sylvie Tonnaire qui propose de marier la « tonicité » de ce 1999 avec une terrine de foie gras mi-cuit, relevée d’un poivre puissant.
Montrose 1989, servi en magnum, conclut la dégustation avec panache. Millésime majuscule durant lequel « l’orchestre Montrose a été d’un bout à l’autre magistral », raconte Hervé Berland, ce 1989 s’appuie sur « de grands cabernets, mais aussi de très beaux merlots » qui, selon Matthieu Potin, impriment au vin son profil sur « les petits baies rouges, encore plein de vitalité », de profondeur et de grâce. Sylvie Tonnaire relève « douceur, délicatesse, suavité et gourmandise » dans ce grand vin de garde dont la complexité évolutive appelle « une grande recette, comme un lièvre à la royale ». À plus de trente ans, ce 1989 a encore de longues années devant lui.
Le grand cru classé de Saint-Émilion fait cette année son entrée sur l’événement organisé depuis dix ans par Terre de Vins. Il fait découvrir tout ce week-end son premier et son second vin au rez-de-chaussée du Palais de la Bourse (stand F5). Trois questions à sa directrice Marie-Laure Latorre
Marie-Laure Latorre, pouvez-vous présenter en quelques mots le château Jean Faure à nos lecteurs ?
À la limite de Pomerol et Saint-Émilion, le château Jean Faure est un vignoble de 18 hectares, certifiés bio depuis 2017 et conduits en biodynamie. Son terroir a la particularité de ne pas comporter de calcaire, mais d’être exclusivement composé d’argiles. Il compte une dominante de cabernet franc (65 %), adjoint de merlot (30 %) et malbec (5 %). Il est possédé depuis 2004 par l’entrepreneur Olivier Decelle.
Pourquoi participer pour la première fois cette année à Bordeaux Tasting ?
Nous voulons gagner en visibilité sur Bordeaux. Nous n’avons que rarement l’occasion de toucher tant d’amateurs locaux en un seul et même lieu. Ici, nous rencontrons un public averti, les gens viennent entre amateurs, dont un grand nombre de jeunes, connaisseurs. Les messages passent bien. Depuis deux ans, Jean Faure est doté d’un service œnotourisme qui nous permet désormais d’inviter les gens à venir nous rencontrer et déguster à la propriété.
Quels vins pourront découvrir les amateurs ce week-end ?
Nous proposons à la dégustation deux millésimes du grand vin Château Jean Faure (40-50 €), afin de montrer son évolution sur quatre ans. Le millésime 2014 jouit à tort d’une mauvaise presse, car c’est un millésime très intéressant. Avec un été compliqué, les merlots on eu du mal à parvenir à maturité. Mais grâce à une magnifique arrière-saison les cabernets francs ont bien mûri. Ils imposent leur style. Ce millésime est mature, prêt à boire. Nous faisons également découvrir Château Jean Faure 2018. Ce millésime, mon premier à la direction de la propriété, fut une véritable galère viticole en bio. Nous avons subi de plein fouet le mildiou, surtout sur le merlot, ce qui explique qu’encore une fois le cabernet franc domine cette cuvée. C’est aussi une année où nous avons effectué d’autres changements, comme par exemple vinifier sans soufre, en quête d’un fruit toujours plus éclatant. Nous proposons également à la dégustation La Réserve 2019 (environ 20 €), le second vin de Jean Faure. Assemblage à égalité de merlot et cabernet franc, cette cuvée est issue de parcelles dédiées, travaillée avec peu d’extraction, vinifiée en cuves béton et bois, et élevée dix mois à majorité en cuves béton et barriques d’un vin, pour conserver la pureté du fruit frais. C’est un vin à boire jeune, notamment taillé pour la restauration, parfait pour un service au verre, qui s’accorde avec tout.
À l’occasion de Bordeaux Tasting, la Nouvelle-Zélande fait escale en bord de Garonne. Les propriétés du Clos Henri et de Rimapere, basées à Marlborough, sont les porte-étendards du pays à la fougère pour ce week-end girondin.
Le Clos Henri est la propriété de la famille Bourgeois, iconique de la région sancerroise. L’expertise du sauvignon blanc et du pinot noir, acquise au fil de dix générations de vignerons, a mené à l’achat de la propriété néo-zélandaise au début des années 2000. Avec 42 hectares de vignes plantées, la propriété s’appuie sur des terroirs de qualité qu’elle préserve en adoptant des pratiques biodynamiques, après être passée à l’agriculture biologique. Sous les plafonds voûtés du Musée des Douanes, Vincent Colpaert vous fera notamment déguster son Clos Henri, expression tout en finesse et en minéralité du sauvignon blanc néo-zélandais.
Le domaine Rimapere, situé dans le secteur réputé de Rapaura, propose une interprétation différente de ce cépage avec la cuvée Plot 101, sélection parcellaire des terroirs les plus qualitatifs de la propriété. Avec des notes florales, d’agrumes, cette nouvelle proposition de la propriété estampillée Edmond de Rothschild saura ravir les amateurs présents en nombre autour de la Place de la Bourse.
Vous pouvez retrouver les vins de la Famille Bourgeois et du domaine Rimapere au Musée des Douanes, aux emplacements GE 8 et GE 9.
En cette période de fin d’année et de quête du cadeau de Noël idéal, le domaine de Saint-Estèphe lance une nouvelle cuvée baptisée Harmonie. À découvrir par six au tarif de 250 € dans un élégant coffret recouvert de cuir. En dégustation aux côtés du grand vin tout ce week-end à Bordeaux Tasting.
« J’avais l’envie de créer cette cuvée depuis un bon moment », raconte Martial Mignet, le propriétaire de l’Argilus du Roi, petit vignoble de 5 hectares à Saint-Estèphe, niché au milieu de grands crus classés. Et quand cet ambitieux a une envie, il est du genre fonceur. Ce passionné a déjà lié avec délectation plusieurs vies. Après avoir été entraîneur de rugby, sa première passion, il fait carrière dans l’aéronautique, à la tête de sept entreprises et d’un groupe qui travaille dans les hautes technologie de la défense et de la sûreté des États. C’est en 2010, à l’âge de 50 ans, qu’il est devenu vigneron à Saint-Estèphe, lorsque son ami José Bueno, fondateur de L’Argilus, lui propose de reprendre la propriété. Dans cette aventure, il s’est alloué les services de l’œnologue Bruno Marlet comme directeur technique.
« Pas dans les canons de la race »
Prenant le contre-pied du grand vin à dominante merlot, cette nouvelle cuvée, sortie pour cette première édition sur le millésime 2019, met à l’honneur le petit verdot et le cabernet sauvignon (80 %). Vinifiés ensemble et élevés séparément en barriques neuves, ils sont accompagnés de merlot (20 %) vieilli en barriques d’un et deux vins. À la clé, une cuvée « pas dans les canons de la race », qui joue « la carte de la buvabilité, de la finesse, avec une trame tannique sur la dentelle, un style frais, souple, soyeux ». À consommer dès à présent, mais tout aussi bien à encaver dix ans sans aucun souci. Côté flaconnage, ce nectar est abrité dans une élégante bouteille ancienne habillée d’une étiquette en cuir granité crème, rappelant l’habillage de la caisse au diapason. Grand fidèle à Bordeaux Tasting, Martial Mignet présentera ses vins tout ce week-end au rez-de-chaussée du Palais de la Bourse.
Depuis sa toute première édition, Bordeaux Tasting veille à accueillir les dégustateurs confirmés mais aussi les néophytes, en s’appuyant pour cela sur l’École du vin du CIVB. Cette année encore, ses formateurs ont préparé un programme original et varié pour apprendre les bases de la dégustation.
Bordeaux Tasting vient tout juste d’ouvrir ses portes que déjà les premiers « élèves » s’installent sur les bancs de l’École du vin. Quizz, chocolat, fromage, musique… les thématiques seront nombreuses tout au long du week-end pour se familiariser avec les subtilités de la dégustation. Ce matin, Cécilia Trimaille, œnologue et formatrice du CIVB, dispense l’atelier intitulé « Wine’s up », qui prend la forme d’un questionnaire. « Notre objectif, c’est de faire découvrir les vins de Bordeaux, ses terroirs et ses spécificités, et de décomplexer la dégustation. » Aucun doute que les dégustateurs n’ont eu aucun complexe au moment de « buzzer » pour répondre aux diverses questions sur les vins de Bordeaux. Combien de bouteilles de bordeaux sont vendues chaque seconde dans le monde ? (20) Combien de couleurs différentes dans les vins de Bordeaux (5 en comptant les crémants) ? À chaque question, les réponses – plus ou moins justes – fusent immédiatement, dans une ambiance joyeusement animée. Mais venu le moment de la dégustation à l’aveugle, le calme et la concentration reviennent pour essayer de deviner cépages ou millésime, orienté par les conseils de Cécilia Trimaille, qui rappelle la sacro-sainte règle : « On ne dit jamais de bêtises en dégustation. » Parmi les élèves présents, Léa concède qu’il y a « toujours quelque chose à apprendre avec le vin ». Bonne nouvelle pour elle : l’École du vin propose ce week-end 19 ateliers, riches en surprises et en savoirs.
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