Dénigrement des bordeaux: Valérie Murat ne peut faire appel sans avoir payé son amende

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 La justice a retiré mercredi le droit à une militante antipesticides de faire appel de sa condamnation pour avoir « dénigré » des vins de Bordeaux, faute d’avoir payé son amende, un nouveau « verdict en faveur du lobby de la viticulture », a-t-elle dénoncé.

« C’était déjà une condamnation démesurée et orientée, c’est en plus aujourd’hui le droit d’appel le plus exorbitant jamais vu », a déclaré devant la presse la porte-parole de la petite association girondine Alerte aux
toxiques, Valérie Murat.

En septembre 2020, l’association, qui lutte contre les phytosanitaires en viticulture, avait dénoncé la présence de résidus de pesticides de synthèse dans 22 vins (dont 19 Bordeaux) certifiés Haute valeur environnementale (HVE),
sur la base d’une étude effectuée grâce à un financement participatif. Cette présence était toutefois faible et légale, selon le laboratoire lui-même, qui avait pris ses distances avec la présentation par l’association de ses résultats. Le tribunal judiciaire de Libourne avait condamné en février dernier Valérie Murat et l’association, à 125.000 euros de dommages et intérêts pour un « dénigrement fautif »: 100.000 euros au bénéfice du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) et 25.000 euros pour d’autres plaignants. Le jugement était assorti d’une exécution provisoire.

Mme Murat avait interjeté appel mais ce recours n’était pas suspensif et l’association devait intégralement payer. Or les plaignants, pour demander la radiation de ce recours, ont fait valoir que les versements de l’association étaient insuffisants tout en notant la persistance de « propos dénigrants » sur les site et réseaux sociaux de la militante. Ces griefs ont été entendus par la cour d’appel qui a estimé que Valérie Murat, propriétaire de biens immobiliers, « n’établit pas qu’elle serait dans l’impossibilité de régler » sa condamnation, selon une décision consultée par l’AFP.

« Valérie Murat a deux ans pour s’acquitter de la somme, et ça vous donne le droit que l’affaire soit examinée… c’est l’appel le plus cher de l’histoire de la justice civile ! », a ironisé son avocat Eric Morain. « Le CIVB cherche à m’asphyxier et à faire de moi un martyr, il n’y parviendront pas », a réagi Valérie Murat. Valérie Murat est la fille d’un vigneron décédé en 2012 d’un cancer reconnu comme maladie professionnelle après avoir été exposé à un produit utilisé dans les traitements viticoles et interdit en France depuis 2001. La certification HVE créée par le ministère de l’Agriculture, n’interdit pas la présence de pesticides de synthèse.

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Du ribeyrenc au saperavi : Anciens et Nouveaux cépages en Languedoc

cepages-resistants

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A l’initiative du département de l’Hérault, seize vignerons ont apporté leur témoignage et leurs vins pour parler des cépages qui pourront contribuer à l’avenir du Languedoc face au changement climatique. La dégustation a eu lieu à Montpellier ce mardi 9 novembre. Entre cépages locaux oubliés et cépages importés, la question de la résistance à la sécheresse a aussi révélé de délicieuses pépites !

Le département de l’Hérault se mobilise face au changement climatique, priorité stratégique de son président, Kleber Mesquida. Outre un plan irrigation (lancé en 2019, avec l’objectif d’irriguer 22 500 ha supplémentaires d’ici 2030 pour un budget de 310 M€ en cofinancement), des plantations sur ses trois domaines expérimentaux, le Conseil Départemental contacte des vignerons héraultais, mais aussi gardois, audois et pyrénéens-orientaux, qui ont planté des cépages qui font face à la sécheresse sans flétrir, qu’ils soient patrimoniaux ou venus d’ailleurs et en particulier de zones sèches d’Italie et d’Espagne. Les visites dans ces domaines (et chez un pépiniéristes et dans les stations viti-vinicoles de l’Aude et des Pyrénées-Orientales) ont permis de s’interroger sur la culture de ces cépages, leur vinification, mais aussi les opportunités de marché qu’ils représentent.

Ce mardi 9 novembre, en présence d’Yvon Pellet, vice-président délégué à l’économie agricole et à l’aménagement rural, sous la direction de Gisèle Soperas, Responsable de l’Observatoire Viticole du département, a eu lieu la première dégustation de ces cépages, fraîchement plantés (comme le nielluciu, dont l’acidité claquante équilibre le fruit rouge grenadine du rosé Bélier Bleu du Domaine Saint-Clément, 14 €) ou présents depuis parfois plus de 30 ans (comme le zinfandel du Domaine de l’Arjolle, 14,50 €, ample et généreux comme il sied à ce cépage tardif ; opulent, oui mais sans déborder, encadré dans un élevage extrêmement bien maîtrisé).

Cépages anciens : intenses envolées

Du côté des patrimoniaux, on citera la counoise, cépage rouge réputée plus intéressante en assemblage que seule (elle figure parmi les treize cépages de Châteauneuf) ; aux Terrasses de Gabinèle, elle est parfaitement autonome ! Sa robe très claire, ses accents savoureusement viandés sur un fond de cerise et ses tannins gentiment griffus sous la patte de velours évoquent le pinot noir et pour 6,80 € c’est un coup de coeur pour cette cuvée Ponpon le Cheval (le nom, l’étiquette, le fond, la forme, tout y est, à 13 °) !

Le morrastel était également présent aux deux bornes du spectre des prix de cette dégustation, représenté par le domaine de Villeneuve d’Anne-Lise Fraisse à Claret (7,50 €) et par le Mas Granier de Jean-Philippe Granier à Aspères dans le Gard (45 €). Ce cépage que le Languedoc a négligé mais que l’Espagne a conservé sous le nom de graciano, présente l’immense avantage d’offrir une pleine maturité de ses arômes et de ses tannins dès 13° d’alcool potentiel.

On note ce trait commun aux cépages patrimoniaux redécouverts : des degrés tout doux! Vient confirmer cette règle : le Ribeyrenc de Thierry Navarre. Voici les chiffres dans l’ordre pour un tiercé gagnant : 13,90 en euros, 11,5 en degrés, 15 en milligrammes de sulfites libres. Une robe rubis claire, un fruit rouge croquant et net, éblouissant !

Venus d’ailleurs : d’autres équilibres

Nous ne quitterons pas cette page sans vous parler des raretés étrangères : au Château Laroque, en biodynamie, l’assyrtiko et la malvoisie d’Istrie (dont nous vous avions parlé ici) remarquables d’opulence épicée dans un cas comme dans l’autre, avec un fruit tropical goyave-ananas pour l’assyrtico sur une arête acide plus marquée que pour la malvoisie, plus enrobante sur la mangue avec une touche florale de genêt. Seul cépage portugais présent au panel : le touriga nacional encore en brut de cuve, mais ce millésime 2020 est déjà étonnamment prêt au Domaine Saint-Clément, à suivre!

Terminons enfin sur l’autre coup de cœur en tête de notre liste des courses-plaisir : le saperavi du domaine de Villeneuve (7,50 €, là encore, comme pour le morrastel). Ce cépage géorgien à peau épaisse s’exprime là sur des notes croquantes de fruit rouge, un équilibre tannin-acidité inédit, inattendu. Schématisons un déroulé en bouche bien connu : “attaque aromatique en force – poigne tannique en cœur – finale relevée par l’acidité”. Ce saperavi nous offre une attaque fraîche, du fruit rouge croquant en cœur de bouche et une finale sur la mâche tannique, savoureuse, juteuse en finale. Résistant à la sécheresse, définitivement !

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Jolie fin de vendanges dans la Loire

Avec des conditions exceptionnellement difficiles en 2021, la production de blancs dans la vallée de la Loire sera principalement en vins secs. Quelques douceurs seront toutefois à guetter en Touraine et en Anjou.

A la Levée de la Loire, un salon professionnel qui a fait son retour post-covid aux premiers jours de novembre, les vignerons de Montlouis ou de Vouvray se faisaient rares. « Pas étonnant » explique Benoit Gautier, président de cette dernière appellation : « Il n’y a pas de vin. On a perdu 50 % de la récolte en 2020, et cette année avec le gel, les deux épisodes de grêle et un peu de mildiou, on arrivera sans doute autour de 15-20 hl/ha ». Le gel a touché l’ensemble du vignoble, mais le 2è épisode de grêle a été particulièrement violent sur l’ouest de l’appellation Vouvray à Rochecorbon et Parçay, ainsi que sur les hauts de Chançay et Reugny : 700 hectares sur 2000. Le vigneron du Clos de la Lanterne reste optimiste car « l’absence de ventes pendant la Covid-19 a créé des réserves artificielles, cela aidera à passer l’année ». Il se réjouit surtout du style des vins qui ont bénéficié d’une belle fin de saison, avec une bonne balance acide, idéale pour faire des demi-secs. Il pense que les vignerons opteront pour un tiers de bulles et deux tiers de vins tranquilles.

Sans fausse note à Vouvray

Chez les Champalou, on garde aussi le sourire, malgré la récolte minime. « Les vendanges se sont passées très vite, on a fait en sorte de récolter dans de bonnes conditions, on a un millésime au degré convenable, pas trop riche, sans fausse note » explique Catherine Champalou, vouvrillonne pur jus qui n’a pas oublié le gel de 1991, encore pire, avec 90% de perte. Elle résume la dureté des récents coups climatiques violents, avec un gel beaucoup plus long que d’habitude, de 12 jours. En 35 ans, c’est bien la pire année. Sa fille Céline, aux commandes depuis 2017, a encore plus d’un mois pour décider ce qui fera des bulles ou du vin tranquille, puisque c’est exactement le même jus qui est utilisé. Il n’y aura pas de moelleux car « même si on avait voulu, il n’y avait pas de pourriture noble ». Juste un peu de « Fondraux », le demi-sec recherché de la maison.

Jolies réussites en Anjou

Au domaine de Bablut, on a rentré un tiers de récolte à cause du gel et du mildiou, mais il y aura tout de même trois barriques de Coteaux-de-l’Aubance. Comme en Layon, on réoriente la production vers plus de vin sec, puisque c’est là que se trouve la demande actuelle. « On avait peur que ça s’abime car on annonçait de la pluie, donc on s’est arrêtés sur la 2è trie les 11 et 12 octobre » explique Antoine Daviau, qui en voulait un peu à son père de n’avoir pas fait de vin moelleux en 1991, l’année de sa naissance. Il a bon espoir que le vin se bonifiera pour que son fils, justement né cette année, en profite pleinement dans vingt ou trente ans.

Au domaine Delesvaux, il y aura aussi trois belles barriques de moelleux, en Coteaux-du-Layon : « On a attendu le meilleur moment et tout ramassé en un seul passage le 14 octobre » expliquent Nils et Ombretta Drost, les jeunes fous de chenin, qui viennent d’acquérir les vignes de Philippe et Catherine Delesvaux et sont heureux de leur première vendange. A Chaudefonds-sur-Layon, Patrick Baudouin n’a pas fait de moelleux cette année, car il a gelé à 50 %, possède des stocks d’excellents 2018, 2015 ou 2017 et que « c’est toujours un pari ». Un pari gagné au domaine de Suronde qui signe 6 hl de Quart-de-Chaume après deux passages sur 0,8 ha, en deux parcelles.

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