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Mâconnais : le domaine Guillemot-Michel fête 30 ans de biodynamie


La famille de Viré-Clessé s’est fait un nom dans le sud de la Bourgogne, avec des chardonnays uniques en leur genre. Retour sur une histoire vigneronne singulière.
Ils sont huit au domaine, dont quatre œnologues. « La plus grande densité de France », aime plaisanter Gautier Roussille, qui a rejoint la propriété en 2017. À ses côtés : sa femme Sophie et ses beaux-parents, Marc et Pierrette Guillemot. Deux pionniers dans l’âme. Quand, en 1985, le couple quitte la coopérative locale et s’engage dans le bio, «tout le monde les a pris pour des fous !», relève Gautier Roussille.
« La biodynamie ne se limite pas à un cahier des charges »
Ce qui n’empêche pas les vignerons de franchir une nouvelle marche. En 1992, ils choisissent la biodynamie, via la certification Demeter. « Cela s’est bien passé avec les confrères », rassure Gautier Roussille, «car mes beaux-parents étaient issus du monde paysan, et extrêmement bosseurs ». D’ailleurs, leur pratique de la biodynamie se veut dès le départ « terre à terre, pas dans la pensée, ni dans la connaissance livresque » ; le couple privilégie à l’époque « la pratique à la philosophie ». Une pratique faite d’expérimentations, et de remises en questions. Certes, il y a les bases de la biodynamie, impliquant les fameuses préparations à base de bouse de vache ou de silice, ainsi que le respect des cycles lunaires. Mais « la biodynamie ne se limite pas à un cahier de charges », insiste Gautier Roussille. «Les vignerons qui pratiquent depuis des années vont au-delà. Chez nous, on travaille par exemple avec de la phytothérapie, des initiatives comme la récupération d’eaux de pluie, ou encore une approche sociale. C’est un état d’esprit.»
Des chardonnays taillés pour la garde
Ces trois décennies d’aventures, de la vente sur les marchés d’Alsace dans les années 1990, aux tables de chefs aujourd’hui, méritaient une fête. « On proposé fin octobre une verticale à nos clients, avec des millésimes allant jusqu’à 1991 », savoure encore Gautier Roussille. Premier enseignement : « les vins tiennent !», assure le vigneron, qui s’explique : « nos cuvées ne sont pas surprotégées lors des vinifications. Elles ont déjà vu de l’oxygène ». D’ailleurs : « les vins se conservent quelques jours, voire quelques semaines, une fois la bouteille ouverte ». Autre conclusion : « par rapport aux millésimes d’avant la biodynamie, on remarque un supplément de complexité ».
Une qualité qui a fait le succès de la famille et de ses 6,5 hectares de chardonnay. Comment l’expliquer autrement ? Il y a 30 ans, « personne ne savait encore ce que biodynamie voulait dire », rappelle Gautier Roussille. « Cela n’aidait pas à vendre. Rien que dire « bio » pouvait déjà faire perdre des clients». Une époque difficile à imaginer aujourd’hui.
Viré-Clessé Quintaine 2019, Domaine Guillemot-Michel (24,00 €)
La cuvée phare du domaine. Cuves béton et levures indigènes gardent la fraîcheur et la typicité de ce blanc, qui ne connaît ni soutirage ni bâtonnage. Le résultat déborde d’énergie : tension et sucrosité se répondent, on distingue fruits jaunes et zestes d’agrumes ainsi qu’une texture satinée. À ouvrir avec quelques heures d’avance.
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[Champagne] Les Frères Huré s’attaquent à la face Nord


Deuxième génération aux commandes de ce domaine familial créé dans les années 1970, François et son frère Pierre ont à cœur de célébrer un terroir très particulier du nord de la Montagne de Reims, autrefois utilisé uniquement pour les assemblages par les grandes maisons.
50 ans, le bel âge ? C’est ce qu’on est en droit de penser des champagnes Huré frères situés à Ludes, au nord de la Montagne de Reims. Des 60 ares initiaux des 3 frères fondateurs, le domaine compte aujourd’hui environ 10 hectares sur ce terroir si particulier où l’on retrouve une moitié d’argiles ainsi qu’une veine sableuse très importante. Les sols sont donc très friables et filtrants et s’avèrent particulièrement propices à la culture du meunier. Déterminé, François précise qu’ils ont « souhaité conserver une part importante de meunier qui présente une typologie ici qu’on ne retrouve pas ailleurs en Champagne. D’où sa part importante dans l’encépagement du domaine (40%), autant que le pinot noir, le reste étant représenté par du chardonnay ». Jusque dans les années 1990, les grandes maisons venaient s’approvisionner en meunier et en pinot noir de cette région qui apportaient une grande fraîcheur aux assemblages. Mais personne ne croyait au potentiel de ces terroirs vinifiés pour eux-mêmes. Le changement climatique a changé la donne. Le travail engagé à la vigne également. Il est lui aussi d’une grande précision pour permettre aux vignes d’exprimer tout leur potentiel. « Nous avons arrêté l’utilisation des herbicides depuis une dizaine d’années. Nous sommes par ailleurs très pragmatiques quand il s’agit du travail du sol. En fonction des particularités d’une parcelle (profondeur du sol, exposition, vent), nous allons soit avoir de l’enherbement, soit de petites bandes d’herbes non systématiques soit nous réalisons un labour intégral. Nous avons donc une multitude d’itinéraires culturaux pour respecter l’équilibre et la pérennité de chaque parcelle ». Et si les rendements sont en baisse de 15% à 20% par rapport à la génération précédente, les vins ont gagné en précision et expriment une identité forte.
Acidité noble, salinité et très beaux amers
Les frères Huré ont la volonté de remettre le mot vin au cœur de la perception du champagne, trop longtemps perçu uniquement comme un produit de célébration. Pour cela, tout part évidemment du végétal. « Depuis le milieu des années 1970, les clones ont fait leur apparition en Champagne », précise François. « Nous souhaitons donc agir pour conserver le patrimoine végétal représenté par les vignes antérieures à cette période. Nous avons donc commencé à réaliser des sélections massales de nos vieilles vignes de meunier pour les multiplier, et ce depuis plusieurs années. En revanche, nous n’en avons pas suffisamment s’agissant des pinots noirs. C’est pour cela que nous sommes partie prenante d’une association qui regroupe 25 domaines champenois qui œuvrent tous pour la conservation de ce génome viticole unique. Ensemble, nous travaillons à multiplier des plans anciens des 3 cépages principaux en provenance de toutes les régions champenoises afin de permettre à terme à tous de bénéficier de vignes de très grande expressivité ». Ce travail de titan portera véritablement ses fruits dans 7 à 8 années mais d’ores et déjà, tout le travail entrepris au domaine donne naissance à des vins d’une belle personnalité, « capable de vieillir sans problème une dizaine d’années notamment s’agissant des meunier », insiste François.
La cuvée Invitation (30€) est parfaitement à l’image du domaine, respectant dans son assemblage l’encépagement général ainsi que toute la diversité des parcelles. Un vin de plaisir évident, tout à la fois charnu en milieu de bouche et doté d’une belle vivacité de fin de bouche mêlée à des amers nobles. On est loin des vins acides qui pouvaient être produits dans cette partie septentrionale de la Montagne il y a encore une vingtaine d’années.
Le rosé « Insouciance » (37€) n’est pas en reste avec un profil d’une très grande élégance. Les fruits noirs (cerise, framboise) sont plus suggérés que prépondérants, la robe très pâle s’avère révélatrice du profil du vin. Beaucoup d’élégance et d’allonge pour ce rosé d’assemblage dynamique dont les 4,5% de vin rouge (seulement) proviennent de vieilles vignes de pinot noirs de Ludes vinifiés en vendanges entières et passés 18 mois en fûts. Parfait sur un début de repas.
Enfin la cuvée « Instantanée » 2015 est un Blanc de Noirs (43€) qui honore le pinot noir (80%) et le meunier. Un vin vertical, énergique et frais qui ne fait pas son âge, où l’acidité fait corps avec le vin et les amers subliment une finale délicate. Une belle profondeur qu’on associera volontiers avec des poissons nobles (saint-Pierre par exemple) ou du veau grillé.
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Pas de surprises r?glementaires en vue pour les vignerons en bio au 1er janvier 2022
D?cal?e au 1er janvier 2022 par la Commission Europ?enne, l’entr?e en vigueur du r?glement europ?en 2018/



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