Vendanges en Beaujolais : bilan sur un millésime de challenge

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Cette année au moins, les vendanges n’auront pas été précoces et ont permis de renouer avec un calendrier d’antan. La plupart ont eu lieu entre le 20 et le 30 septembre, augurant d’un millésime qui n’a pas sacrifié la qualité, au détriment de la quantité. Bilan du millésime avec Daniel Bulliat, président d’Inter Beaujolais.

Une année de défis

Le climat de l’année a généré quelques casse-têtes et beaucoup de travail pour beaucoup de vignerons beaujolais. Le printemps pluvieux (200 mm de pluie en plus que la moyenne) a entraîné un travail à la vigne plus important.

« Nous avons dû traiter plus souvent, et avons eu plus de travail pour gérer l’enherbement. Cela a représenté un tiers de travail en plus que les années précédentes, c’était pas l’année où partir en vacances… ! », souligne Daniel Bulliat.

Sans compter les attaques de gel et de grêle : « les épisodes de gel se répètent. 2017, 2019, 2021… Les zones tardives sont moins pénalisées, cette année par exemple ce sont les mi-coteaux qui ont le mieux résisté. Et on en revient à ce dicton des anciens : « taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars ». Les mois de février étant incroyablement doux, si on taille trop tôt, le gel mord de façon impitoyable ».

Aux aléas de Mère Nature se sont également ajoutés les problèmes de main-d’œuvre et des équipes de vendanges compliquées à constituer : entre les calendriers étudiants qui n’ont pas collé avec celui des vendanges, et l’impact de la pandémie qui semble ne pas avoir précipité les volontaires dans les vignes, encore moins que d’habitude, le défi était de taille. « Nous on aime bien vendanger en famille, nous avons également une équipe polonaise en renfort, mais il y a un vrai manque de main d’œuvre. Ce n’est pas nouveau, mais cette année c’était encore plus marqué », confirme Daniel.

Une qualité beaujolaise et des stocks tendus

La récolte extrêmement hétérogène permet difficilement de dresser un portrait normé des impacts de la météo sur le millésime. En revanche, sa relative fraîcheur, sauvée par une belle dernière ligne droite estivale, permet de revenir à des caractéristiques beaujolaises : « cuvées sur le fruit, souples, comparables aux millésimes de 2004 et 2008. On aura un peu moins de garde sur 2021 que les années précédentes, mais le plaisir sera définitivement au rendez-vous, et certaines appellations bénéficient pleinement de ce millésime moins solaire. Les Côte-de-Brouilly ne sont pas confits comme l’année dernière, cette année elles sont top », rassure Daniel.

Le point de tension concerne les stocks : « ce qui est difficile cette année, ce sont les faibles quantités, historiquement faibles (entre 400 et 500 hectos). Or nous sommes aussi dans une belle dynamique commerciale, c’est la plus haute année de commercialisation depuis 5 ans ! Nous avons donc un travail de gestion de nos exploitations et de nos stocks à fournir », prévient Daniel.

Encore un challenge de plus, ce qui n’effraie pas Daniel, bien au contraire. Et les primeurs seront au rendez-vous le jeudi 18 novembre, sur un millésime qui leur convient bien.

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Les Côtes du Vivarais, du cœur au sol

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A l’heure où l’automne jaunit les forêts et fait pousser les champignons, les Côtes du Vivarais, appellation ardéchoise méconnue, tentent de se faire une place sur les tables.

En périphérie de la vallée du Rhône dans un territoire aride de garrigue, d’oliviers et de chênes verts se niche l’appellation méconnue des Côtes du Vivarais, entre Ardèche et Gard, entre les gorges de la rivière et le plateau des Gras. Si le classement en VDQS (Vin de Qualité Supérieure) est intervenu en 1962, le passage en AOC n’a été officialisé qu’en 1999, obtenu de haute lutte après avoir bataillé avec l’INAO pour intégrer le viognier au cahier des charges. Les hybrides ont été remplacés par des cépages nobles, grenache et syrah en tête. L’appellation est plutôt homogène mais étendue, même si elle a été révisée récemment, passant de 284 ha à 232 ha sur 14 communes. Les vignes sont plantées à une altitude moyenne de 200-300 m, et jusqu’à 400m, la plupart situées sur des sols calcaires pauvres. Le mistral qui assainit les vignes facilite le travail en bio, notamment poussée par la jeune génération (20 a 30% des vignes aujourd’hui certifiées ou en conversion). La production est majoritairement en rouge (notamment en grenache, syrah) avec 45% de rosés et seulement 5% de blancs mais cette couleur progresse avec des vins secs et minéraux à base de grenache blanc, de clairette et de marsanne rhodanienne, sans oublier en accessoire la roussanne et le viognier.

Un nouveau logo

Les Côtes du Vivarais viennent de s’offrir un nouveau logo et une communication axée sur ses sols de karst, ces falaises coupées au couteau si caractéristiques des paysages ardéchois. Le sol remplace donc le cœur comme emblème. L’atout majeur de l’appellation qui produit l’équivalent d’un peu plus d’un million de bouteilles par an reste néanmoins son rapport qualité/prix avec des ventes principalement entre 5 et 10€; les cuvées les moins chères (à moins de 5€) tendent à disparaître et sont apparues, ces dernières années, des hauts-de-gamme, en particulier des rouges de garde entre 15 et 20€ tels la Paluche du domaine du Père Léon, Un air de serine des Terriers et la cuvée Maria du Mas de Bagnols. La montée en gamme initiée dans les années 60 par les coopératives a ainsi été suivie par les jeunes vignerons qui s’installent, aujourd’hui une quinzaine de caves particulières aux côtés des trois coopératives et des 6 maisons de négoce. Mais l’AOC peine toujours à se faire connaître. « Nous sommes surtout concurrencés en termes de notoriété par les vins de Limoux et d’Ardèche. C’est d’autant plus frustrant que nous avons de sérieux atouts touristiques comme les gorges de l’Ardèche et la grotte de l’aven d’Orgnac qui sont sur notre territoire » déplore le président Alain Testud. L’agronome Olivier de Serres parlait pourtant déjà fin XVIe des vins du Vivarais « tant précieux et délicats qu’il n’est pas besoin d’en chercher ailleurs ».

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Photo. F. Hermine

La prochaine étape sera sans doute l’arrivée dans l’AOP du plan de brunel typiquement ardéchois, enfant du grenache et du jurançon noir expérimenté notamment au domaine de Belvezet. « Il affiche une bonne productivité et surtout une bonne résistance à l’oidium et au mildiou. Le plus étonnant est qu’il avait d’abord été sorti de l’appellation à défaut d’arriver à maturité – On avait une bonne cuvée tous les 7 ans, avoue Alain Testud. Au regard du réchauffement climatique, on a demandé à le réintégrer dans le cahier des charges ».

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Le Tour des Cartes Occitanie : Six cartes en or

« Le secret d’une carte des vins, c’est le cœur, la passion. Il faut aller vers ses propres passions pour pouvoir défendre sa carte » Louis Privat, créateur des Grands Buffets à Narbonne, président du jury de la deuxième édition des trophées des meilleures cartes des vins en Occitanie, a donné le sens de ces distinctions dont les grands gagnants étaient réunis hier soir au domaine de Manse (Lattes, 34) siège social du label Pays d’Oc IGP. Et tous les témoignages de cette soirée de remise de prix sont allés en ce sens. A commencer par Jacques Gravegeal, président des Vins de Pays d’Oc « les restaurants sont nos ambassadeurs de proximité en Occitanie, ils font progresser notre notoriété, ils savent parler de nos vins, ils ont profité de l’arrêt de leur activité pour aller à la rencontre des vignerons » soulignant l’importance du lien vigneron-restaurateur, deux acteurs du développement économique et culturel sur le territoire régional.

Aux Amis de Bacchus, lauréat de la catégorie Bar à Vins avec une note exceptionnelle de 19/20, c’est le duo cuisinier sommelier qui sélectionne une offre bien fournie, rassurante, pour laquelle « les gens se laissent porter ». A la table des Cuisiniers Cavistes de Narbonne (11) Mégane Le Creff, jeune sommelière passionnée parle de son bonheur à mettre en lumière quelques 170 références, à proposer chaque jour de nouvelles découvertes en service au verre, décrochant ainsi le trophée de la catégorie Brasserie. Avec 19 établissements en France, les Fils à Maman se distinguent au sein de la catégorie Restaurant de Chaîne, Marius Hoffman, en poste à Montpellier, complétant la sélection nationale de ses coups de cœur régionaux pour accompagner leur « cuisine régressive » et gourmande ! Particularité régionale, les restaurants de plage, lieu de convivialité s’il en est, misent également sur le vin et c’est La plage des Lèzards à Palavas (34) qui remporte le titre grâce au soin apporté à sa sélection et à la qualité du service. Pour les Restaurants Gastronomiques, le jury a élu De Lauzun à Pézenas où « on travaille les accords mets et vins dans l’unique objectif de faire plaisir ». Enfin, un prix spécial Vin au verre a été décerné à l’incroyable N°5 Wine Bar de Toulouse : 4000 références, 40 oenomatics proposant une sélection se renouvelant chaque jour et tout le long de la soirée, le tout en trois volumes…pour les petites et les grandes passions !

Voir le palmarès complet : Tour des Cartes Occitanie 2021 : découvrez le palmarès

Listes et adresses des Lauréats.

Pour la Catégorie « Bar à vins » :
Le lauréat 2021 : LES AMIS DE BACCHUS – 4 Rue du Centre 34160 -SAINT-DRÉZÉRY

Pour la catégorie « Restaurants traditionnels »
Le lauréat 2021 : LA TABLE CUISINIER CAVISTE – 4 Place Lamourguier 11100 NARBONNE

Pour la catégorie « Restaurants de plage »
Le lauréat 2021 : LA PLAGE DES LÉZARDS – 1269 Avenue de L’évéché de Maguelone 34250 PALAVAS-LES-FLOTS

Pour la catégorie « Restaurant de Chaîne »
Le lauréat 2021 : LES FILS À MAMAN

Pour la catégorie « Restaurants Gastronomiques »
Le lauréat 2021 : RESTAURANT DE LAUZUN * – Prieuré de Saint-Jean de Bébian, Route de Nizas, 34120 PÉZENAS

Pour la catégorie Prix spécial du Jury « Vin au verre »
 N°5 WINE BAR – 5 rue de la Bourse 31000 TOULOUSE

Crédit photos : Olivier Maynard 

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