[Lyon Tasting ] Master class Pomerol : l’appellation secrète lève le voile

On la dit secrète, elle aime à préserver ses avantages sans s’isoler pour autant. L’association Pomerol Séduction, regroupant dix propriétés, a à cœur de faire partager sa passion pour le merlot et pour ses terroirs à celles et ceux qui le désirent. Démonstration avec cette master class.

Pomerol compte ce qui est sans doute l’un des domaines les plus célèbres au monde : Petrus. Situé dans le Libournais, sur la rive droite, sur et autour du plateau de Pomerol, ses cuvées sont majoritairement issues de merlot (entre 70 et 90 %), assorties de cabernets francs (apportant la fraîcheur), parfois de cabernet sauvignon.

Les dix amis à l’origine de l’association sont des propriétés qui font ou on fait la renommée de l’appellation, et leur présence respective permet de démontrer l’ensemble des styles présents sur l’appellation. Aujourd’hui, à Lyon Tasting, les participants ont donc la chance de déguster le Clos du Clocher, le Château Nénin, le Château La Pointe, le Château Beauregard, le Château Clinet, le Château La Conseillante, le Château Mazeyres, le Château Vieux Maillet, le Château Rouget et enfin le Château Gazin.

Chaque domaine a donc sa personnalité, et ses amateurs : la fraîcheur, la souplesse et le fruité de Mazeyres ; le velouté et l’harmonie de La Conseillante ; l’élégance classique de Nénin ; la puissance, le soyeux et le potentiel du Clos du Clocher…

Le millésime 2016 à l’honneur

Grand millésime dans le Bordelais, 2016 a magnifié Pomerol. Cela sonne comme un beau cadeau d’anniversaire pour les dix ans de Pomerol Séduction, où les merlots et cabernets (franc principalement mais aussi sauvignon), ont donné le meilleur d’eux-mêmes, que ce soit sur les terroirs argilo-sableux, argilo-graveleux ou argileux.

Ce millésime, d’abord pas particulièrement rassurant avec un climat pluvieux, s’est révélé à l’arrivée de l’été, qui fut très chaud, offrant de belles maturités. Cuvées juteuses et concentrées, puissantes tout en restant élégantes, veloutées et soyeuses, articulées autour du cassis, d’arômes floraux (de la violette principalement) et d’arômes secondaires et tertiaires commençant à être délicatement présents (torréfaction comme au Clos du Clocher ou chocolaté comme au Château Clinet).

Un avenir

Si les surfaces restent donc majoritairement plantées en merlot, la proportion de cabernet franc tend à augmenter légèrement, en réponse au réchauffement climatique. Le merlot peut subir de fortes chaleurs à la condition qu’il ait principalement grandi sur les argiles bleues, plus élastiques et se fragmentant sous l’effet de la chaleur, permettant à la vigne d’aller puiser l’eau lorsque la terre s’assèche. Sans quoi, il peut gagner la bataille, mais avec plus d’incertitudes.

Le réchauffement climatique n’est pas la seule perspective environnementale prise en compte par les Pomerolais, dont certains ont déjà franchi le cap de la bio (Château Beauregard et Château Mazeyres), et plusieurs d’entre eux mettent en œuvre certains préceptes de la biodynamie, notamment sur les aspects phytosanitaires. Les préconisations stellaires et astrales semblent avoir moins de prise pour le moment sur Pomerol que dans d’autres contrées viticoles.

Cette belle dégustation fera l’objet d’un focus dans le prochain numéro de Terre de Vins, à paraître en novembre.

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[Lyon Tasting] Maison Sinnae veut séduire la belle restauration

Maison Sinnae, la cave coopérative de Laudun Chusclan, premier producteur en volume des Côtes-du-Rhône mise sur la gastronomie pour faire découvrir ses vins et notamment les côtes-du-Rhône Laudun blancs qui devraient bientôt accéder au cru.

Frédéric Dejoie, ambassadeur de la cave auprès des restaurateurs et des cavistes, a créé le club du vin de Sinnae il y a cinq ans, « un laboratoire pour mettre en avant nos vins chez nos clients restaurateurs avec un rendez-vous mensuel par thème et des alliances mets-vins créés par les chefs, un club ouvert façon auberge espagnole ». Un partenariat lie désormais Sinnae au chef Damien Duquesne co-fondateur du site de recettes 750g pour composer sur une année une douzaine de recettes à mettre en avant avec les vins de la maison. Autre partenariat gastronomique avec les Étoiles du Gard, « une manifestation où ont été présentées les deux plus belles cuvées à la clientèle des restaurateurs un Laudun Villa Caesar rouge 2016 et un Villa Sinnae blanc 2017 », détaille Frédéric Dejoie.

Une opération cavistes est également prévue en novembre-décembre pour sensibiliser les consommateurs au passage en cru Laudun prévu d’ici l’année prochaine, en rouge comme en blanc « afin d’être déjà visible sans attendre le rush de l’annonce ». Un travail en collaboration avec la société IDAL pour former des animateurs sommeliers qui feront découvrir les futurs crus blancs et rouges dans les points de vente.

Maison Sinnae est également partenaire de l’opéra d’Avignon depuis 2010 avec un Laudun blanc et un Chusclan rouge, une opération interrompue pendant les quatre ans de travaux mais qui vient de repartir dans les trois bars de l’institution.

Le premier producteur en volume des Côtes-du-Rhône couvrant plus de 2450 ha pour un potentiel de 130 000 hl et fort de 250 adhérents est la première entreprise labellisée Engagé RSE au niveau Exemplaire et affichera 85% de ses surfaces viticoles certifiées HVE d’ici la fin d l’année.

A goûter sur Lyon Tasting :

Sinnae blanc Côtes-du-Rhone Villages Laudun 2019 (grenache, clairette, roussanne et viognier), vinifié en cuve et élevé 15 mois en batard de 500 l. en chêne des Vosges (dont un tiers neuf). Des arômes de fruits blancs, mirabelle, rond, beurré et suave sur une note pâtissière, vanille-grillé, une note légère de genêt et citron (19,50€)

Domaine du Boulas Côtes-du-Rhône Laudun Les Mûriers 2019 (en conversion bio) travaillé par Guillaume Compagnon, jeune vigneron qui a repris les terres familiales sur un plateau calcaire à 200 m d’altitude. Un assemblage des meilleures vignes de syrah à 65% assorties au grenache. Des arômes de fruits rouges et de réglisse sur des épices douces, un nez explosif, un bel acidulé, croquant sur une note d’eucalyptus. (8,95€)

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[Lyon Tasting] Master class Condrieu : l’équilibre du viognier

L’appellation Condrieu en trois vignerons, François Villard, Bryan Deleu et Yves Cuilleron et quatre cuvées pour mieux faire découvrir ce vin de gastronomie.

« Comprendre l’équilibre du viognier aromatique et parfois exubérant, soyeux en bouche, et comment préserver sa fraîcheur qui lui a parfois manqué » Laurent Derhé, MOF Sommellerie et président des sommeliers de Rhône-Alpes a annoncé ainsi la master class Condrieu animée par Sylvie Tonnaire, rédactrice en chef de Terre de Vins. Et de restituer en quelques mots l’appellation monocépage née en 1940 sur sept communes et trois départements (69, 42, 07). Elle s’étend aujourd’hui sur 209 hectares mais à failli disparaître dans les années 70, sauvée notamment par un certain Georges Vernay, amoureux du viognier sur ses terrasses granitiques à 150-300 m d’altitude exposées sud sud-est sur la rive droite du Rhône. « Ça fait 15 ans que l’on fait des vendanges estivales alors que dans les années 90, on les faisait à l’automne mais on se battait pour avoir de la concentration et de fait, on récoltait des raisins en surmaturité, d’où des vins plus opulents » rappelle Francois Villard. « Nos sols granitiques et notre climat apportent au viognier de beaux amers et surtout l’équilibre mais il est de plus en plus planté partout et surtout trop au sud où il est souvent plus lourd » complète Yves Cuilleron. Condrieu était illustré par trois vignerons et quatre cuvées, François Villard pour Les Vins de Vienne, Bryan Deleu du vignoble éponyme et Yves Quilleron du domaine Cuilleron.

Les Vins de Vienne sont nés en 1998 créés par Pierre Gaillard, Yves Cuilleron et François Villard qui s’étaient déjà associés deux ans auparavant pour faire renaître le vignoble de Seyssuel sur la rive gauche. « L’idée était de créer une petite maison de négoce pour les rouges, un an plus tard pour les blancs, précise Francois Villard. On produit aujourd’hui 650 000 bouteilles issues des 25 hectares en propriété, de l’achat de raisins en Rhône Nord, de vins en Rhône Sud sans oublier un Côtes-du-Rhône, même si nous sommes plus connus pour nos vins du Nord ».

La Chambée 2020 (35€) : issu de vignes en propriété et d’achat de raisins, « le plus précoce depuis une soixantaine d’années mais avec la fraîcheur d’un millésime tardif tout en restant riche sans être débordé par le côté solaire ». Vinifié en levures indigènes, élevé sur lies en bois neuf. Un nez frais et floral, aromatique, des arômes de fleurs jaunes et blanches, d’acacia, d’épices douces, d’abricot frais, une note d’eucalyptus sur une belle acidité. À apprécier dès maintenant sur des bouchées à la reine, une terrine de foie gras, un souk de gambas

Bryan Deleu n’a pas encore fini sa troisième vendange. Originaire de la restauration, formé chez Yves Cuilleron, chef de culture de Pierre-Jean Villa, il a créé son domaine en 2019 à partir de 0,2 ha de vignes de plus de 35 ans. Un clos ceint de murs de pierre de 2,50m qui ne produit que 500 bouteilles. Le jeune vigneron vient de racheter une parcelle qui devrait lui permettre de doubler sa production. « Bien sûr aujourd’hui, il est compliqué de s’installer mais il est quand même possible de récupérer des petites parcelles d’abord en fermage, histoire de faire ses preuves ». Cuvée Poème 2020 (35€) : fermenté en barriques et élevé en demi-muids de 400 litres sans bois neuf. Fruité, net, une note de sous-bois, un zeste de kumquat sur une tension saline et de beaux amers. À goûter avec un saumon à l’unilatéral, un risotto aux champignons, des girolles à la crème

Yves Cuilleron, outre être l’un des trois associés des vins de Vienne, est la troisième génération sur le domaine familial et l’un des artisans de la renaissance du Condrieu dans les années 90. « À l’époque, il y avait plus de terres disponibles et peu chères. » Il a donc agrandi au fur et à mesure le vignoble sur plusieurs appellations, à la tête désormais de 90 ha dont 12 en Condrieu. Cette cuvée des Chaillets (du nom des murets qui sillonnent le vignoble en terrasses) est produite à 15 000 bouteilles.

Les Chaillets (40€) : issu de granit biotite qui donne des vins plus ronds et minéraux. Une vinification traditionnelle en levures indigènes, élevage en fûts pour moitié en foudres de 30 hl pour davantage de fraîcheur et de fruit, et l’autre moitié en barriques pour la micro oxygénation avant l’assemblage des deux. Sur des arômes d’abricots mûrs, beurré et moelleux, des notes de menthe, de miel et d’épices. À goûter avec un poulet aux pêches, des ris de veau croustillants, un turbot au curry

La quatrième cuvée provenait également des vins de Vienne, le lieu-dit Jenraude 2020 : une parcelle juste au-dessus de l’enclave de Château Grillet, micro-appellation de 3,5 ha exclusivement en viognier comme Condrieu. « Et pour ce vin, on est obligé de parler de minéralité associé à la salinité qui font des grands vins de garde, commente Francois Villard qui confirme que les Vins de Vienne viennent de racheter la parcelle. Salin, puissant et tendu et incisif après un élevage de 9 mois en fûts de chêne. À découvrir sur un turbot au four, un tagine de volaille au citron.

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[Lyon Tasting] Château de Saint-Aubin : escale au paradis blanc

Flambant neuf, le site œnotouristique situé en plein « triangle d’or » bourguignon réalise des débuts plus qu’encourageants. Et compte bien développer son offre.

Quatre mois d’ouverture, peu de communication, et un succès qui pointe déjà. Le château de Saint-Aubin, rénové depuis son rachat par le groupe Veuve Ambal, a reçu ses premiers visiteurs cet été. « Les retours sont excellents », se réjouit Léopold Half, responsable œnotourisme du site. « Les clients apprécient particulièrement la situation du château, au milieu des vignes, et à deux pas de Chassagne-Montrachet, Puligny-Montrachet et Meursault. C’est une offre rare dans le secteur. »

(Photo Albert de Monts)

Un projet de restaurant

Avec seulement quatre chambres – la vue plonge sur les chardonnays – ainsi qu’une piscine chauffée, la bâtisse a de quoi séduire. « La chambre est à 250€ la nuit. On peut donc privatiser le château pour 1000€. C’est rare », relève Léopold Half. Objectif de l’ensemble : « traduire l’esprit bourguignon, à la fois accessible et élégant ». Côté activités, la location de vélos à assistance électrique permet de visiter le vignoble, quand trois « expériences » de dégustation sont proposées en cave.

Le château, qui accueille également la production du domaine Prosper Maufoux (autre propriété de Veuve Ambal), ne compte pas s’arrêter en si bonne voie. « Nous travaillons à la création de notre propre restaurant, sur place, en partenariat avec un chef étoilé local. L’idée est de proposer une gastronomie de saison et régionale, tout en restant moderne. » Autre projet pour l’année prochaine : « des dégustations directement aux abords des parcelles, en combinaison avec la location de vélos électriques. Nos clients disposeront d’une application dédiée, avec géolocalisation. »

Stand B12

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[Lyon Tasting] Œnotourisme et dégustations à l’Œnothèque Auvergne Rhône-Alpes

Passer par le stand de l’Oenothèque permet de faire un deux-en-un : découvrir des appellations de la grande région et préparer son programme pour le Fascinant Week-End à venir (16 et 17 octobre).

Plusieurs appellations sont représentées via l’Oenothèque (rassemblant toutes les organisations de la filière viticole à l’échelle régionale) avec un changement pour certaines entre le samedi et le dimanche, afin d’assurer la plus large visibilité de la diversité régionale. Certaines se dégustent et certaines s’apprécieront sur place le week-end prochain lors des nombreuses activités qui vous seront proposées dans les vignes lors du Fascinant Week-end.

Côté sud, pour ce samedi, Pierre Gaillard présente son condrieu L’Octroi 2019 et sa côte-rôtie Rose Pourpre 2020 (qui pour la première année a été élevée avec 80 % de barriques neuves au lieu des 100 %). Quant aux vignerons indépendants de la Drôme, ils vous feront déguster toutes les appellations du département : Vinsobres, Saint-Joseph, Clairette et Crémant de Die, Grignan et Crozes-Hermitage.

Côté ouest, la cave Desprat Saint-Verny est à nouveau présente cette année et confirme son statut de compétiteur de gamay et de chardonnay avec ses cuvées en Côtes d’Auvergne et IGP Puy-de-Dôme. « The lost vineyard » rencontre le succès qu’il mérite, aussi bien sur la cuvée blanc Saint-Roch 1991 et son joli chardonnay fruité, tendu et vif mais rond, que sur la cuvée gamay. Issues de sols principalement argilo-calcaire, elles complètent bien la production de la maison Desprat, dont les cuvées Basalte et Terre & Lave expriment le caractère du gamay (assemblé avec du pinot noir sur la deuxième), lorsqu’il grandit sur des sols basaltiques qui font la signature de l’Auvergne.

Enfin, pour rester sur des terres volcaniques, cap à l’est des puys auvergnats avec un arrêt en Beaujolais, dans les appellations Brouilly et Côte-de-Brouilly. Olivier Pezeneau met en avant sa cuvée Combiarty (Brouilly 2019), très réussie, exprimant un gamay avec une personnalité fruitée, ample, fraîche et tendue.

Jolie réussite également pour la marque collective 484, aussi bien d’un point de vue de la dégustation (où les deux cuvées permettent de bien cerner les différences entre le granit de Brouilly et les pierres bleues de Côte-de-Brouilly), que du tour de force de réunir 27 vignerons autour de la valorisation de leurs deux appellations, notamment en se créant la possibilité de répondre à davantage de commandes de par le volume généré à plusieurs.

L’œnotourisme en force

Le week-end prochain aura lieu le Fascinant Week-end, désormais célèbre, proposant de nombreuses offres oenotouristiques à travers tout le territoire sur des destinations labellisées Vignobles & Découverte. Les vignerons d’Auvergne-Rhône-Alpes ont l’habitude de l’exercice, puisque c’est ici qu’est né le concept.
Ne manquez pas la visite du monastère royal de Brou pour entremêler histoire et découverte des vins du Bugey autour de la mondeuse, de l’altesse et du Cerdon.
Pour les rhodaniens, la soirée bistronomie étoilée de Cornas – Saint-Péray vous promet un intense moment sensoriel, avec de nombreux vignerons-stars de l’appellation et des chefs étoilés aux fourneaux.
Le détour dans le Diois en vaut la peine : en plus des bulles festives de la Clairette et du Crémant de Die (sans oublier les vins tranquilles), la balade en gyropode au domaine Raspail vous permettra d’appréhender plaisamment les reliefs diois.
Côté Beaujolais, deux formules pour mieux découvrir le vignoble : soit les désormais réputés pique-niques dans les vignes autour de trois formules pour tous les budgets et tous les appétits, soit les visites privilèges au sein des domaines et châteaux.


Stands B9, B10, C4, C5, C12, C13, D4, D5

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[Lyon Tasting] La famille Picard met le cap sur les mercureys 1er cru

La maison bourguignonne propose désormais six mercureys 1er cru via son domaine Levert-Barault. Une palette hors-norme.

Depuis sa place forte du château de Chassagne-Montrachet, la famille Picard rayonne sur plusieurs domaines en Bourgogne. « Au Pied du Mont chauve » s’étend sur Chassagne, Saint-Aubin et Puligny, tandis que le domaine Levert-Barault, le domaine Voarick et le château de Davenay parcourent la Côte chalonnaise. Au total, plus de 110 hectares en production.

Parmi les plus vastes parcellaires de la Côte chalonnaise, la famille Picard peut se prévaloir d’un nouveau domaine d’expertise : les mercureys 1er crus. La propriété en propose désormais six cuvées, via son domaine Levert-Barault. « C’est probablement unique », se félicite Thomas Leclerc, directeur marketing des domaines Famille Picard. Après Les Combins, le Clos des Barraults et Champs-Martin, déjà disponibles sur 2018, le domaine propose La Chassière, La Vasée et le Clos des Montaigus sur 2019. Six cuvées confidentielles, des « pépites » éditées à environ 1500 cols chacune.

Des ambitions en Côte chalonnaise

Cette montée en puissance qui intervient après une refonte du domaine en 2018. « À l’époque, on a passé l’ensemble des 9 hectares en bio et en biodynamie. Ce qui a amené une réforme de fond. Depuis, la gamme s’étoffe. » Les six cuvées, «qui bénéficient du même schéma de production », se distinguent « uniquement par l’effet du terroir » [lire plus bas].

La prochaine grande aventure pour la famille Picard aura aussi lieu en Côte chalonnaise, avec la conversion au bio et à la biodynamie du domaine Voarick et sa quarantaine d’hectares. « Un projet pharaonique », prévoit Thomas Leclerc.

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Mercurey 1er cru Champs Martin 2019 – Domaine Levert-Barault (40 €)

De sa robe brillante se dégage un nez très expressif, le pinot noir dans toute sa splendeur, sur la cerise et la griotte. Le touché en bouche est tout aussi séduisant. Ample et charnu, le fruit est soutenu par des tanins mûrs et patinés, offrant des accents poivrés. Une finale acidulée prolonge le plaisir. Un grand mercurey.

Stand B12

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[Lyon Tasting] Les Mères Lyonnaises ont leur cuvée en Beaujolais

La cave Vinescence, située dans le Beaujolais et comptant 1 200 hectares pour 320 coopérateurs, a eu l’idée d’associer deux icônes du patrimoine local : les vins du Beaujolais et les Mères Lyonnaises. À découvrir et déguster à Lyon Tasting.

Les Mères sont devenues des institutions culturelles et gastronomiques, dont la renommée dépasse largement les frontières lyonnaises. Fers de lance de la cuisine locale, leurs recettes ont traversé les ans depuis le XIXe siècle. Les Mères ont connu la gloire et la renommée, que ce soit la Mère Bourgeois qui fut sélectionnée comme belle adresse par le Club des 100 (club d’épicuriens dont firent partie Curnonsky, Gault, Millau, et toujours actif aujourd’hui, comptant 100 membres,100 % masculin), ou la Mère Brazier qui fut la première femme à décrocher 3 étoiles au Guide Michelin (la même année que Marie Bourgeois).

Ces femmes ont ancré les traditions culinaires lyonnaises dans le patrimoine et la pérennité, chacune avec leurs plats emblématiques, et chacune à des endroits différents de l’agglomération. Leur histoire se mêle parfois avec la grande, lorsque Edouard Herriot s’arrêtait chez la Mère Bourgeois en rassemblant ses homologues avant une conférence de la Société des Nations.

Une Mère, un plat, une cuvée

L’idée de rendre hommage aux cuisinières qui ont fait Lyon en associant une Mère et une cuvée est née de la proposition de Bernard Boucheix, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, et de la concrétisation par la cave Vinescence. Le fil rouge est simple : chaque Mère ayant son plat emblématique, la cuvée la représentant sera un assemblage de vins permettant un accord met & vin idéal. Ainsi la Mère Guy, la « Mère des Mères », célèbre tenancière de la guinguette du bord de Saône, connue pour sa matelote et sa goujonette d’anguille, a été naturellement mariée à une cuvée de blanc, 100 % chardonnay puisque beaujolaise, avec l’idée d’avoir un vin fruité mais également doté d’une bonne minéralité et d’une tension naturelle capable de tenir tête au plat.

La Mère Amélie, dite La Mélie, surnom de Marie-Louise Emilie Carton, dont le restaurant était situé à Lamure sur Azergues aux portes du Beaujolais, faisait l’unanimité avec ses plateaux de charcuterie locale. Il était donc tout naturel d’en faire la figure de proue d’un beaujolais villages, vinifié classiquement en semi-carbo, conservant ainsi ses caractéristiques fruitées mais également doté de jolis tanins fins et d’une structure idéale pour accompagner saucissons et autres lyonnaiseries charcutières.

Quant à la Mère Bourgeois, elle a régalé des milliers de convives avec son pâté chaud au Chiroubles. Le jumelage ne fit donc pas débat bien longtemps et une cuvée de Chiroubles lui est affiliée, lui aussi doté d’une structure délicatement solide, dont on sent l’expression plus marquée du terroir granitique. Enfin, la Mère Brigousse, surnommée la mère des amoureux puisque son établissement lyonnais recevait les jeunes hommes enterrant leur célibat, autour de quenelles en forme de sein, ne pouvait qu’être l’effigie d’un Saint-Amour, charmeur, ultra fruité et souple.

Disponibles dans les boutiques de la cave, à St Genis-les-Ollières et St Jean d’Ardières, ou sur le site internet, les cuvées des Mères se situent entre 6,60€ et 9€.

Stand B8

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[Lyon Tasting] Les Bordelais veulent séduire les Lyonnais

À l’occasion de cette quatrième édition de Lyon Tasting, neuf propriétés bordelaises sont venues à la rencontre des amateurs et professionnels lyonnais pour faire découvrir leurs vins. Une opération séduction qui s’inscrit dans la durée, en vue de faire bouger les lignes.

À Lyon Tasting, on le sait, les vignobles du Rhône, de Bourgogne et du Beaujolais ont la part belle : ce sont eux qui « jouent à domicile » et arrivent déjà en terrain conquis. Charge aux autres régions invitées de conquérir le cœur des visiteurs lyonnais. Bordeaux est de celles-là. Pour cette quatrième édition de l’événement, neuf propriétés girondines sont venues à la rencontre des amateurs, mais aussi des professionnels, dans l’objectif de séduire à coup de merlot et de cabernet les palais biberonnés au gamay, au pinot noir ou à la syrah.

Clos de Boüard : l’intelligence artificielle au service du vignoble

Coralie de Boüard fait partie des fidèles de Lyon Tasting depuis la première heure. La vigneronne de la rive droite de Bordeaux savoure le travail sur la durée auprès du public lyonnais : « lors de la première édition, les amateurs ne venaient pas trop vers nous, les domaines bordelais ; peut-être n’osaient-ils pas. Et puis au fur et à mesure, le lien s’est créé, et maintenant à chaque édition l’on retrouve des habitués qui viennent redéguster nos vins ». Coralie fait déguster trois cuvées, issues de ses deux propriétés : La Fleur de Boüard 2016, Clos de Boüard 2016 et La Dame de Boüard 2018. Elle présente également sur son stand une innovation qu’elle expérimente depuis un an sur son vignoble de Clos de Boüard (30 hectares en appellation Montagne-Saint-Émilion) : un « piquet connecté » développé par la société Alcom Technologie. Basée à Bordeaux et à Troyes, cette société, représentée par Fabrice Gautier, embauche une trentaine d’ingénieurs qui ont élaboré cet outil technologique animé par trois intelligences artificielles embarquées, permettant d’avoir un suivi en continu, 7 jours sur 7, de données très précieuses : pression mildiou, oïdium, botrytis, risques de gel, stress hydrique, température, humidité. Ce suivi permet aux vignerons d’être plus réactifs et de prendre des décisions plus rapides sur leurs interventions, mais aussi de piloter avec précision des éoliennes électriques pour lutter contre le gel. Coralie de Boüard, qui a installé une douzaine de piquets dans ses vignes, a ainsi pu tirer son épingle du jeu sur un millésime aussi compliqué que 2021 : « cela m’a permis de diviser mes IFT (Indicateur de Fréquence de Traitements phytosanitaires, NDLR) par deux, de ne pas subir la pression des maladies, et d’avoir de super rendements cette année ! Cela permet aussi de limiter le tassement des sols, le travail des hommes, le recours aux intrants, le bilan carbone… » Coralie a voulu mettre tous les atouts de son côté pour réussir ce millésime empreint d’une dimension très symbolique pour elle et sa famille. Le système d’Alcom Technologie, quant à lui, intéresse déjà d’autres propriétés, à Bordeaux, en Champagne et bientôt en Vallée du Rhône. 150 piquets ont ainsi déjà été mis en place dans le vignoble français.
Stand E2

Château Gaby, toute première fois

Le château Gaby, en appellation Canon-Fronsac, célèbre sa première participation à Lyon Tasting. Le directeur d’exploitation Damien Landouar, par ailleurs président de l’appellation Fronsac, savoure cette première fois dans la capitale des Gaules : « la famille de ma compagne est lyonnaise, c’est donc une ville que je connais un peu, et contrairement à ce que l’on croit, les Lyonnais ne sont pas hermétiques aux vins de Bordeaux ! Il y a un travail de fond à accomplir pour faire mieux connaître nos vins aux amateurs comme aux professionnels, et nous espérons retenir l’attention des cavistes, restaurateurs, pendant cet événement ». Certifié bio depuis 2018 et en cours de la conversion à la biodynamie, Château Gaby, propriété de l’entrepreneur américain Tom Sullivan, a de solides arguments pour séduire celles et ceux qui auraient encore des préjugés sur les vins de Bordeaux. C’est aussi pour cela que Damien a choisi de présenter des millésimes qui ne sont pas trop sur la concentration, mais de présenter des vins plutôt sur la droiture et la fraîcheur, comme 2017 et surtout 2014 : droit, élancé, doté d’un fruit noir finement lardé où se discernent de légers arômes de tabac brun, ce vin à la jutosité sertie de classicisme a tout pour plaire aux amateurs de bonne chère. Au rayon des actualités à venir, Damien Landouar se félicite du retour des Portes Ouvertes à Fronsac, les 23 et 24 octobre. Pour la première fois, 32 propriétés ouvriront leurs portes au grand public, signe que ce retour de la « vraie vie » était plus qu’attendu.
Stand D7

Vignobles Cuvelier : « Mon père adore, on en boit à tous les repas de famille »

Troisième participation en quatre éditions pour les Vignobles Cuvelier, qui portent haut la bannière des grands vins du Médoc. Sara Lecompte-Cuvelier, gérante des propriétés familiales, présente ainsi Château Léoville-Poyferré 2015 (Grand Cru Classé de Saint-Julien), Château Moulin Riche 2016 (Saint-Julien) et Château Le Crock 2017 (Cru Bourgeois Exceptionnel, Saint-Estèphe). En déambulant dans les allées, un jeune couple de visiteurs lyonnais s’arrête devant le stand, ayant reconnu les étiquettes à la couleur caractéristique. L’appellation Saint-Julien, affichée sur le totem, a fait le reste : « mon père adore vos vins », s’enthousiasme la jeune femme. « On en boit à tous les repas de famille ! » Expliquant les nuances entre les différents terroirs médocains, Sara Lecompte-Cuvelier (photo ci-dessous) explique, carte à l’appui, la science complexe de l’assemblage dans le Bordelais, entre cabernet-sauvignon, merlot, cabernet-franc et petit-verdot, déclinant trois vins et trois millésimes (2015, 2016, 2017) qui présentent une intéressante complémentarité de styles et de prix. Les questions environnementales et liées au changement climatique sont également abordées, donnant l’occasion d’expliquer que, dans les grands crus bordelais, la transition vers une viticulture durable est en marche. Les deux dégustateurs sont emballés par Léoville-Poyferré 2015, encore en pleine jeunesse mais dont la profondeur camphrée, le toucher de bouche velouté, le grain de tannins précis et élégant, conclu par une note d’eucalyptus, illustre à merveille l’identité Saint-Julien.
Stand F8

Également présents à Lyon Tasting :
– Vignobles de Larose (Haut-Médoc / Saint-Estèphe)
– Château Lascombes (grand cru classé, Margaux)
– Château de Pressac (grand cru classé, Saint-Émilion)
– Château La Gaffelière (grand cru classé, Saint-Émilion)
– Château Pindefleurs (Saint-Émilion grand cru)
– Château Troplong-Mondot (grand cru classé, Saint-Émilion)

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[Lyon Tasting] Faites connaissance avec les Côtes du Rhône

Partenaire historique de Lyon Tasting, Inter Rhône, l’interprofession de la vallée du Rhône, profite de l’événement pour dévoiler auprès du grand public les spécificités et les atouts des Côtes du Rhône à travers 8 ateliers thématiques tout au long du week-end.

L’ambiance est studieuse dans la très belle salle dite « des Agents de change » du palais de la bourse alors que s’ouvre samedi matin le premier des 8 ateliers (voir programme plus bas), consacré sobrement aux trois couleurs des Côtes du Rhône (CDR). Une soixantaine de dégustateurs – certains initiés, d’autres moins – écoutent attentivement la « dégustation dirigée » de Bertrand Boislève et Géraldine Clément, sommeliers-conseil pour Inter Rhône. En dégustant 1 blanc, 1 rosé et 2 rouges, les élèves-visiteurs se familiarisent avec les vins d’une région si vaste qu’il n’est pas toujours évident de s’y repérer.

« Notre démarche consiste vraiment à faire découvrir les différents types de vins des Côtes-du-Rhône, donner des outils pour les comprendre. On veut offrir une meilleure lecture au public qui se perd parfois dans nos multitudes de terroirs et de cépages » explique Géraldine Clément. Son acolyte, Bertrand Boislève, complète : « On insiste particulièrement sur les CDR et CDR-Villages, leur diversité. On souhaite emmener le public sur des noms qu’il connaît moins. C’est aussi le moyen pour nous de séduire de nouveaux consommateurs. »

Du côté de l’auditoire, l’objectif est assurément rempli. Sylvain et Karine ont beau être Lyonnais, ils ont abordé cet atelier en amateurs néophytes : « Comme on ne s’y connaît pas assez, on recherchait un atelier « générique » sur le vin et on a appris des choses. Je découvre par exemple que les CDR-Villages sont des vins de qualité supérieure. » Tout l’intérêt, à travers ses ateliers des Côtes du Rhône, d’intégrer une dimension pédagogique à l’événement Lyon Tasting. De toute manière, pour citer Karine : « Si c’est juste pour tourner et goûter des vins, ça ne m’intéresse pas ! »

Les visiteurs avides de connaissances – et de côtes-du-rhône – pourront, comme Karine et Sylvain, profiter des 6 ateliers restants, qui aborderont autant les terroirs et les millésimes que le bio et la biodynamie, thématiques essentielles pour Géraldine Clément : « Les gens sont demandeurs de choses plus claires sur ces questions, ils ne savent plus vers quel vin se tourner. » Ils peuvent désormais, et en toute connaissance, se tourner vers les Côtes du Rhône et la salle des Agents de change, au rez-de-chaussée du palais de la Bourse.

Programme des ateliers Inter Rhône

  • Samedi 9 octobre
  • 11h45 À la découverte des trois couleurs des Côtes du Rhône
  • 14h00 Vins bio et biodynamiques dans les Côtes du Rhône
  • 15h30 Les Côtes du Rhône Villages Rive Gauche
  • 17h00 Présentation du millésime 2020 dans les Côtes du Rhône
  • Dimanche 10 octobre
  • 11h45 Les blancs des Côtes du Rhône
  • 14h00 L’importance de la température de service
  • 15h30 Les rosés des Côtes du Rhône
  • 17h00 Les Côtes du Rhône Villages Rive Droite

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