Champagne : une production à la baisse, un commerce à la hausse

Un millésime difficile pour les champagnes de vignerons mais un commerce qui repart, surtout à l’export et après avoir suivi la révision du cahier des charges cet été, le Syndicat Général des Vignerons planche sur des actions de professionnalisation et de développement durable.

L’année a été « compliquée et éreintante » en Champagne bien que le vignoble soit habitué aux aléas climatiques , en particulier aux gels de printemps, et à des récoltes en montagnes russes, les vignerons ont été quelque peu désarçonnés par la conjoncture des dégâts climatiques et cryptogamiques, en l’occurrence les 12 jours de gel qui ont généré une baisse de rendements de près de 30% à laquelle s’ajoute le mildiou qui a engendré 30% de pertes, sans oublier la grêle qui a détruit 500 ha (dont la moitié à 100%). La récolte n’a jamais été aussi basse depuis les années 50, les rendements sont estimés entre 6500 et 7000 hl/ha, loin du chiffre autorisé à 10 000. Heureusement que le système de réserve a permis de mettre de côté pour les temps difficiles environ 8000 kg en moyenne en cave, en particulier sur la base 2020.

Car le commerce va bien et il est même revenu à la normale et devrait redépasser à nouveau les 300 millions de bouteilles (305 prévues en 2021 pour un chiffre d’affaires de 5 Mrds € contre 244 en 2020, 297 en 2019 après rester au-dessus de cette barre symbolique des 300 de 2010 a 2018). La reprise a été très rapide cette année, et même beaucoup plus rapide que ce qu’on escomptait avec une hausse de 41,3% de janvier à août comparée à la même période en 2020, catastrophique à cause de la crise, mais à +5,6% par rapport à 2019. L’export repart au quart de tour (+55,5% vs 2020, +11,9% vs 2019) mais profite surtout aux Maisons avec un dynamisme accru aux Etats-Unis et en Australie. Le Japon, 3e marché du champagne, souffre toujours du confinement et la Grande-Bretagne marque le pas « juste pour absorber le surstockage d’avant Brexit ».

Professionnaliser et mutualiser

Le marché français peine davantage à redémarrer pénalisant les ventes des vignerons  (un quart du total) en recul. il affiche +24,7% vs 2020 mais -2,4% comparé à 2019 sur la période hors effet sanitaire « Paradoxalement, de plus en plus d’amateurs recherchent des champagnes de vignerons et à acheter de préférence en circuits courts mais le marché dans l’Hexagone n’est pas encore remis de la crise et le monde de la nuit n’est pas vraiment reparti, analyse Maxime Toubart. Nous devons en profiter pour améliorer l’image de nos champagnes avec la quatrième campagne sur les nouvelles habitudes de consommation, structurer l’offre, expliquer les différents terroirs, développer l’export… Nous constatons une érosion du nombre de metteurs en marché au vignoble car tous les vignerons ne savent pas vendre leurs vins mais si de moins en moins commercialisent, de plus en plus cherchent à se lancer à l’export ». « D’où une réflexion en cours pour les aider à la vente en France et à l’international en étudiant des regroupements de vignerons pour les salons, des ventes en ligne, la création d’une boutique collective… il faut professionnaliser en mutualisant » complète Laurent Panigai, le nouveau directeur du syndicat.

Le voltis arrive

A l’étude également l’introduction de variétés résistantes au mildiou et à l’évolution climatique : le voltis devrait bientôt être entériné par l’INAO à 5% maximum des surfaces d’une exploitation, 10% des assemblages et de nouveaux croisements de pinot noir ou de chardonnay avec le gouais qui faisait partie autrefois du patrimoine champenois sont à l’essai sans oublier l’exploration du potentiel des cépages actuels champenois. Le syndicat  également voté en juillet dernier la modification du cahier des charges de l’AOP avec une obligation de traitement des plants à l’eau chaude, le maintien des couverts végétaux d’hiver et l’évolution des densités de plantation sans perdre de vue l’évolution vers de plus en plus de viticulteurs engagés dans le développement durable tous labels confondus (43% en 2021). Autre sujet récurrent, la demande d’allégement supplémentaire de la fiscalité pour aider les transmissions des petites entreprises familiales.

Ci-dessous : Laurent Panigai et Maxime Toubart.

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Les Cavistes Indépendants sous le signe de l’optimisme

Après un format virtuel en 2020, le groupement qui rassemble 280 cavistes indépendants s’est réuni en présentiel dimanche et lundi derniers, au Domaine Tour des Chêne,s à Saint-Laurent-des-Arbres (30). Au programme de cette Assemblée Générale : un bilan après ces deux années de Coronavirus, les perspectives d’avenir et la découverte l’appellation Lirac, entre dégustations et visites.

« Quand on a commencé cette horrible période de pandémie, on a cru qu’on était morts, débute Jean Guizard, le président de la FCI (Fédération des Cavistes Indépendants), devant les quelque 110 cavistes présents à cette AG 2021 – l’un d’eux ayant même fait le déplacement depuis la Martinique ! -. Mais pouvoir rester ouverts a été notre bouée de secours, et finalement, on a gagné beaucoup durant cette période. » A commencer par de nouveaux adhérents, plus d’une soixantaine en 2021, conscients du potentiel de soutien et d’entraide du groupe. Des retombées presse également, stimulées par le grand dynamisme de la Fédération en matière de communication. Outre les traditionnels votes au sujet de la vie de la FCI (approbation des comptes, prévision des élections du nouveau bureau lors de l’AG 2022, dont la nouvelle présidence à laquelle le Meilleur caviste de France 2018 Cyril Coniglio se porte candidat, changement de gérance de la centrale d’achat VinC.I…), cette AG a aussi été l’occasion de faire le point sur les succès et de brosser les autres chantiers en cours.

Une communication résolument dynamique

Loin de l’inhiber, ces deux années complexes ont au contraire stimulé l’inventivité de la FCI en matière de communication. A côté de ses outils de communication déjà ancrés de longue date, tels que le magazine « Saison Côté Cave » (distribué dans les caves des membres trois fois par an, pour emmener les clients à la découverte du monde du vin et du savoir-faire des cavistes), la FCI a pris avec conviction et détermination le virage digital depuis trois ans. Une entreprise menée sous la houlette d’Angélie Guizard, 26 ans, Responsable communication et relations adhérents arrivée fin 2017, enrichie des initiatives individuelles des cavistes. En plus de son site cavistes.org, et de ses réseaux sociaux dédiés (Facebook, Instagram, Twitter, Linkedin), la FCI a lancé deux nouveautés pendant le confinement. Elle a créé sa chaîne YouTube, baptisée Cave Antenne, pour partager avec les clients des « vidéos ludiques et positives ». Également les podcasts « Les Caves se rebiffent », orchestrés par le caviste Gautier Berthet (Cave Assemblage, Capdenac Gare) pour mettre en lumière le métier et des coups de cœur cavistes (vins, bières, spiritueux, accords, astuces, anecdotes…). A venir bientôt, uniquement accessible aux cavistes de la FCI, la plateforme info.cavistes.org, pour échanger des informations entre adhérents et proposer une base de données commune (photos, visuels, fichiers, tarifs fournisseurs…)

Et ces efforts, accompagnés d’une structuration des relations presse, sont payants. « Avant 2020, si je recevais une alerte Google par jour me disant qu’il y avait des articles sur les cavistes, c’était le maximum. Là, on a changé de registre, se réjouit Jean Guizard. J’ai reçu 8-10 alertes par jour en 2020, j’en reçois encore 2-3 par jour actuellement, et des journalistes veulent nous interviewer quasiment toutes les semaines. »

Le déploiement exponentiel du Label « Maître Caviste »

Autre grand succès, l’instauration et l’expansion du Label Maître Caviste, sur une idée originale de Patrick Jourdain, président du Syndicat des Cavistes Professionnels (groupement qui fédère indépendants et cavistes de chaînes). Créé par la FCI en janvier 2021, ce titre distinctif et qualitatif vise à promouvoir auprès des média et du grand public le métier, et à éviter qu’il ne soit galvaudé. L’obtention du Label est encadrée par une charte, le soumettant à des conditions d’obtention strictes, à un audit et à une décision collégiale par un comité composé de cinq personnes. « C’est un titre mérité et méritant, commente Jean Guizard. On est là pour créer un groupe qui va tirer vers le haut l’ensemble de la profession, et pas seulement une élite. »

Lors de l’AG ont été dévoilés huit nouveaux Maîtres Cavistes, venant rejoindre les 23 déjà titularisés. Leurs noms : Pascal Maillart – La Vinothèque de Troyes (10), Jean-Michel Boron – Vie d’Oc (11), Jean Dubech – La Maison du Vin (19), Elizabeth Yger – Table et Vin (50), Jean-Louis Lange – Vinifia (50), Guillaume Geniez – Les Caves Maillol (66), Didier Lebourg – Vinadomus (76), Yann Marie Bonnand – Art de Vie (84).

Dans cette même perspective de professionnalisation du métier, un nouveau Titre professionnel « Vendeur Conseil en Magasin Option Caviste » a été imaginé sous supervision du Syndicat des Cavistes Professionnels, en partenariat avec la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Paris. En un an, accessible par la voie de l’apprentissage, ce cursus de niveau Bac est proposé dès ce mois d’octobre 2021 à l’École Internationale des Artisans de Paris, pour former les cavistes de demain.

L’entraide pour maître-mot

Parmi les projets enclenchés également, un système de parrainage est désormais prévu en interne à la FCI pour accompagner les nouveaux adhérents. La proximité régionale entre cavistes sera aussi renforcée, grâce à la nomination de cinq présidents de région, chargés de réunir et d’animer des groupes locaux (Philippe Taupy en Aquitaine, Marc Pottier en Normandie, Alexis Zaouk en région parisienne, Philippe Perdriaux en Occitanie, Vincent Rucay pour la Bretagne). « Il s’agit de recréer  des assemblées locales et amicales pour tisser des liens et des dynamiques positives entre nous », explique Jean Guizard.

« Quand je suis arrivé il y a cinq ans à la présidence de la FCI, j’ai dit qu’il fallait faire tomber des préjugés, se remémore le président de la FCI. Parmi eux :  »les cavistes sont un circuit court et personne ne le sait »,  »les cavistes intimident et les gens n’osent pas pousser nos portes »,  »les cavistes sont trop chers ». » Et de constater, sourire aux lèvres : « les lignes sont en train de bouger, je crois. » Pour de nouvelles avancées, rendez-vous est pris à la prochaine AG de la FCI, au printemps 2022.

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[LYON TASTING J-1] Rendez-vous demain au festival des grands vins

L’événement Lyon Tasting fait son grand retour ce week-end au Palais de la Bourse de Lyon. 80 exposants vous attendent, mais aussi 4 master classes et de nombreuses animations gastronomiques. Il est encore temps de réserver vos places.

Le festival des grands vins organisé par Terre de Vins est de retour ce week-end au Palais de la Bourse de Lyon. Une quatrième édition à ne pas manquer ces 9 et 10 octobre pour tous les amateurs de vin et de gastronomie. 80 exposants seront présents : les vignobles du Rhône, de Bourgogne et de Beaujolais seront bien sûr à l’honneur, mais aussi de grands invités d’autres belles régions françaises (Bordeaux, Champagne, Languedoc, Provence…) Tout le week-end sera ponctué d’animations et de master classes pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Pour découvrir la liste des exposants, suivez ce lien.

Pour voir le programme des master classes, c’est par ici.

Envie d’en savoir plus sur les ateliers Côtes du Rhône ? C’est par là.

Tout ce qu’il faut savoir sur nos animations gourmandes avec des chefs lyonnais.

Tarifs
Pass 1 jour ‘earlybird’ : 15 euros puis 20 euros (dans la limite des places disponibles)
Pass 1 jour : 25 euros
Pass 1 jour + abo : 28 euros
Pass 2 jours : 39 euros

Infos pratiques
Samedi 9 et dimanche 10 octobre 2021
Samedi : 11h-19h*
Dimanche : 11h-18h*
*Fermeture des portes 45 minutes avant la fin des sessions.
Palais de la Bourse – Lyon 2ème arrdt

Billetterie Weezevent

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Provence : après l’incendie, les vendanges au Domaine de la Giscle

Pierre Audemard au Domaine de la Giscle à Cogolin (83) a terminé ses vendanges tant bien que mal fin septembre dans la chaos laissé par le passage des flammes à la mi-août. Il a du réorganiser toute la cave pour continuer à vinifier chez lui avant de reconstruire les bâtiments partis en fumée.

« On a vu le feu loin derrière les collines, on pensait qu’il était éteint avant de se prendre dans la soirée une pluie de cendres et soudain, il était devant nous ». Toute la famille, Pierre, sa femme Monique, ses enfants et son gendre mobilisent alors seaux et tuyaux, pompent l’eau de réserve de la tonne à lisier, sortent les véhicules et s’évertuent à extraire de son abri l’âne D’Artagnan tétanisé pour le mettre à l’abri dans les vignes. Mais ils ne parviennent pas à sauver les machines dételées, la sulfateuse, les broyeurs…qui fondent dans les flammes. Ils attendent en vain les pompiers. Enfin arrive un camion…qui ne peut pas se raccorder à la pompe de la piscine, un autre qui doit se brancher sur l’électricité, hors service…et quasiment tous les bâtiments partent en fumée, sauf le chai d’élevage et le petit musée de la vigne, à peine noirci. Le vin dans les tonneaux doit être envoyé à la distillerie, la chaine de conditionnement des BIB est détruite. Même les bouteilles dans les racks ont fondu sous la chaleur. Le feu a sauté par-dessus les vignes mais grillé les arbres et les collines environnantes entre Cogolin au bord du golfe de Saint-Tropez et Collobrières; . La Giscle a reçu diverses aides pour récupérer un pressoir, rapatrier des cuves, récupérer un générateur d’azote pour l’inertage, mettre à l’abri le pressoir sous une tente dans la cour… Un filtre à bourbes, introuvable pendant les vendanges, est prêté par le Château Angueiroun, une cuve par le Château Saint Maur qui a échappé de peu aux flammes ayant fait subitement demi-tour à quelques dizaines de mètres de la cave .  « On a même réussi une proposition de la cave de Grimaud à laquelle nous ne livrons que quelques hectares de raisins pour aller vinifier chez eux mais finalement, nous avons lancé les vendanges une semaine après et nous avons pu tout faire chez nous ».

Réorganisation complète

Le domaine avait investi 300 000€ en 2017 dans la rénovation; le montant des dégâts n’est pas encore chiffré mais les assurances ont débloqué une avance et la cagnotte lancée sur internet (toujours en cours sur leetchi.com) a déjà enregistré environ 100 000 €. « Pour la première année, nous allons sûrement faire un peu plus de rosés en vrac pour rentrer de la trésorerie. D’habitude, nous vendons quasiment tout au domaine; il va falloir chercher d’autres débouchés. Des cavistes ont déjà réservé des vins, certains les ont même payés d’avance ». L’imbroglio de l’organisation n’est pas terminé. Après les vendanges, il a fallu démonter la tente, pas étanche, stocker le pressoir, en déménager un autre pour les rouges, louer un conteneur frigorifique pour stocker des bouteilles, prendre un architecte pour reconstruire rapidement, louer un algeco pour vendre encore un peu au domaine quand il pourra rouvrir… Pierre Audemard ne s’attend pas à plus d’une moitié de récolte entre les rangs de vignes à écarter et le gel qui avait frappé l’arrière-pays varois en avril. « Le principal c’est que tout le monde est sain et sauf » conclut le vigneron. Même D’Artagnan qui a profité d’être attaché dans les vignes pour grignoter quelques pieds autour de lui.

Photos F. Hermine

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Louis Latour en dehors des sentiers battus

La maison bourguignonne possède un ensemble de domaines qui lui permettent de proposer une gamme de vins très vastes. En dehors de ses (nombreux) grands crus, l’amateur curieux pourra faire de belles découvertes.

Est-il nécessaire de présenter la maison Louis Latour qui est l’un des principaux acteurs de Bourgogne, fondée en 1797 ? Sa gamme de vins est particulièrement importante, tant dans sa région originelle qu’ailleurs dans l’Hexagone où elle produit aujourd’hui d’autres vins intéressants. Commençons peut-être par rester en Bourgogne. A côté des prestigieux villages où la maison produit une panoplie rare de premiers et grands crus, ce sont d’autres vignobles qui pourront satisfaire la curiosité et le porte-monnaie des amateurs. Prenons par exemple Marsannay, Santenay et Rully en blanc. Chacun dotés d’une personnalité intéressante où le fruit se fait charmeur et pur, ils sont une excellente introduction à ces vins mythiques souvent décriés (à juste titre) comme inaccessibles. Bien sûr, l’on n’attend pas ici une grande complexité mais des vins bien nés et produits qui représentent de bons rapports qualité-prix (entre 20€ et 24€). Plus au nord, dans le chablisien, le domaine Simonnet-Febvre est également dans le giron du groupe. Si ses chablis sont un fer de lance, il ne faudrait pas passer à côtés des Irancy. Car ceux-ci ont un pouvoir d’attraction évident. Le lieu-dit Veaupessiot, le plus au sud de l’appellation et orienté plein sud, donne naissance à des vins aux fruits noirs bien mûrs, expressifs, généreux. Des vins tout en plénitude en bouche qui ne mégotent pas sur la puissance. Plus élégant est le lieu-dit Paradis qui offre une version plus délicate et complexe de l’Irancy. Le 2018 possède un toucher de bouche suave, particulièrement séducteur. N’oubliez pas non plus une rareté, les coteaux bourguignons en 100% césar, le cépage historique méconnu du coin. Autrefois utilisé pour renforcer les vins parfois maigrelets grâce à ses tanins expressifs, il profite pleinement des millésimes récents plus chauds. Avec ses tanins légèrement bourrus mais un fruité très agréable, c’est un vin attendrissant à découvrir.

Du Beaujolais à l’Ardèche

Et ce n’est pas tout. Car la maison possède également des vignes dans le Beaujolais avec le domaine Henry Fessy. Si la gamme permet de faire un voyage à travers tous les crus de la région, certaines étiquettes mettent en exergue des châteaux particuliers. On trouve ainsi le château des Reyssiers à Régnié dont le 2019 s’avère profond et structuré par une belle acidité, le domaine des Labourons qui se situe pour sa part sur l’appellation Fleurie et produit des vins délicats et souples. Le 2019 ne fait pas exception à la règle. Enfin, le domaine de la pierre en Moulin-à-vent dont le 2019 offre une jolie mâche, une matière déjà soyeuse bien que présente avec des élans de fruits noirs et d’épices. Et si vous voulez explorer d’autres terroirs, eh bien direction le Var où la Maison Louis Latour n’a pas attendu l’engouement pour le pinot noir pour en exploiter également depuis 1989 au domaine de Valmoissine. Et force est de constater que ce pinot noir là ne manque pas de caractère. Le Valmoissine 2019 est un beau charmeur, aux notes de fruits mûrs, une légère pointe lardée ainsi que des évocations florales. Si la matière est plutôt fine, il conserve une intéressante tension et s’étire plaisamment en longueur. Le domaine produit également une tête de cuvée, le Bellevue issu des meilleures parcelles et qui offre un beau velouté en bouche et une grande fluidité. Toutes ces cuvées moins prestigieuses sur le papier que des Chambertins ou des Cortons sont pourtant révélatrices de l’attention qui est portée par la maison Louis Latour à chacun de ses terroirs, avec la volonté de pouvoir en exprimer chacune des personnalités au mieux.

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