Saint-Estèphe : le château Lafon-Rochet passe aux mains de la famille Lorenzetti

Le château Lafon-Rochet, 4ème Grand Cru Classé 1855 (Saint-Estèphe), change de mains. Propriété de la famille Tesseron depuis les années 1960, il s’apprête à passer entre les mains de la famille Lorenzetti, déjà propriétaire des châteaux Pédesclaux et Lilian-Ladouys.

C’est une transaction qui va beaucoup faire parler sur la Place de Bordeaux. Le château Lafon-Rochet, 4ème Grand Cru Classé 1855 en appellation Saint-Estèphe, va passer entre les mains de la famille Lorenzetti, déjà fortement présente dans le Médoc avec les châteaux Pédesclaux (5ème Grand Cru Classé, Pauillac), Lilian Ladouys (Cru Bourgeois Exceptionnel, Saint-Estèphe) et une participation dans le château d’Issan (3ème Grand Cru Classé, Margaux) à hauteur de 50%. Lafon-Rochet, vignoble de 41 hectares situé sur un superbe terroir stéphanois et dont l’histoire remonte au moins au XVIIème siècle, était dans le giron de la famille Tesseron depuis 1960, et dirigé par Basile Tesseron depuis 2007. C’est donc une page importante qui se tourne pour cette propriété, comme nous l’ont confirmé les deux parties.

Capitaine d’industrie figurant parmi les plus grandes fortunes françaises, ayant aussi bien réussi dans l’immobilier (Foncia) que dans le sport (Racing 92) et l’hôtellerie, Jacky Lorenzetti est un passionné de vin, nourrissant un attachement authentique pour le Médoc et de très grandes ambitions pour les crus dont il s’est porté acquéreur. Depuis 2018, sa fille Manon assure la direction des activités viticoles du groupe familial – voir la saga que nous leur avons consacré il y a quelques mois. Très proche de la famille Lorenzetti, Emmanuel Cruse, co-propriétaire du château d’Issan, grand maître de la Commanderie du Bontemps, interviendra-t-il dans la conduite de Lafon Rochet ? Cette donnée reste encore à préciser.

Plus d’informations prochainement sur cette transaction.

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Nouvelle saison culturelle à la Cité du Vin

Suite à un été marqué par le retour en nombre des visiteurs, le lieu emblématique de Bordeaux, 4e musée le plus visité hors Île de France, ouvre cette semaine sa nouvelle saison culturelle. A déguster jusqu’à la fin de l’année 2021.

Après une longue fermeture du 14 mars 19 juin 2021, la Cité du Vin retrouve peu à peu son rythme de croisière. Malgré un deuxième été de restrictions gouvernementales imposées par le Coronavirus, elle affiche des signes de reprises encourageants, avec une fréquentation en croissance de +13% par rapport à 2020 sur les mois de juillet et août. Les Français, aussi présents qu’en 2020, ont été nettement plus nombreux qu’en 2019 (+44%), mais les rangs des visiteurs ont aussi été gonflés par les touristes étrangers, principalement venus de destinations européennes (+57% vs 2020, mais -58% par rapport à 2019). Pour maintenir cet enthousiasme, la Cité du Vin a concocté une programmation pour clore en beauté l’année 2021, en mêlant des formats qui ont déjà fait leurs preuves (retour des cycles, prolongation de l’exposition) et des nouveautés dont elle a le secret (rencontres et événements inédits, nouvelle programmation d’ateliers de dégustation afterwork).

Une nouvelle programmation d’ateliers afterwork

Après des ateliers de dégustation estivaux plébiscités par quelques 2 300 participants, la rentrée est marquée par une nouveauté. Au menu : deux ateliers mets et vins deux jeudis par mois, à 18h30 et 20h30. Imaginés en association avec l’AANA (l’Agence de l’Alimentation de Nouvelle Aquitaine), ils emmèneront le public à la découverte de la richesse et la diversité des produits agroalimentaires de Nouvelle-Aquitaine en circuit court (fromages, charcuteries, pâtisseries, produits de la mer ou encore produits festifs). Les deux autres jeudis sera proposée une ouverture sur la viticulture mondiale, à travers un atelier « Vins du Monde » et un atelier « Cépages ».

Le plein d’événements

Après le lancement du Guide Hachette des Vins le 8 septembre, la saison continuera le 18 septembre avec une rencontre (15h30) et une dégustation (17h30) autour le la Champagne, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine. Place à la musique le 28 septembre (19h) grâce à une rencontre « Vin, sexe et électro » en partenariat avec Bordeaux Open air, suivie de sets musicaux dans le jardin de la Cité du Vin. Le vin se laissera ensuite découvrir en apesanteur le 9 octobre à 17h, en partenariat avec Bordeaux Métropole, dans le cadre de sa présidence de la Communauté des Villes Ariane 2021. Les 16 et 17 octobre, des visites guidées de l’architecture de la Cité du Vin sont programmées dans le cadre des Journées Nationales de l’architecture (à 14h, 15h30 et 17h), ainsi qu’un Atelier Grands Crus de Bordeaux (samedi et dimanche à 15h) dans le cadre du Fascinant Week-end du réseau Vignobles & Découvertes. Pour une évasion – sur terre, cette fois ! -, direction le Pérou le 30 novembre au fil d’une soirée de découverte festive des vins péruviens, nouveau partenaire viticole de la Cité du Vin. Le 23 octobre (18h), Emile Coddens, le jeune vigneron star du réseau Tiktok, avec ses 400 000 abonnés, sera présent pour une rencontre suivie d’une dédicace à l’occasion de la sortie de son livre « Le vin, ça se partage ». « L’identité du vin naturel » sera enfin à l’honneur de la 9e édition des Rencontres « Vin, droit et santé » le 26 novembre (14h).

Le retour des Cycles

Grands Entretiens, Vendanges du Savoir, et Ciné Gourmand, les événements piliers de la programmation culturelle sont toujours à l’honneur de cette nouvelle saison. A ne pas manquer : deux grands entretiens avec Thierry Germain (27 octobre à 19h00) et Bernard Magrez (7 décembre à 19h00), un délectable Ciné Gourmand sur le chocolat par Chef Jésus (17 novembre à 19h), ainsi que deux conférences des Vendanges du Savoir, rendez-vous impulsés par l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV) (9 novembre et 1er décembre à 19h). Toutes ces rencontres et conférences se déroulent dans l’auditorium de la Cité du Vin. Elles sont également retransmises en direct en ligne, puis en replay sur la médiathèque Culture Vin (rubrique « La Cité en ligne »), aux côtés d’une offre de podcasts, vidéos, documentaires et entretiens autour du monde du vin.

Exposition temporaire prolongée

L’exposition temporaire « Boire avec les dieux », dédiée à la mythologie et aux liens entre le vin, les dieux et les hommes dans la civilisation gréco-romaine, se poursuivra jusqu’au 7 novembre. Pour une plongée à la découverte des mythes et rituels autour de Dionysos, dieu du vin dans la civilisation grecque, de l’Antiquité au street-art, à travers 50 œuvres antiques et 3 créations contemporaines.

Informations pratiques & tarifs à retrouver ici.
La Cité du Vin est ouverte tous les jours à partir de 10h.

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Vendanges en Provence : le spectre du “goût de fumée”

A l’heure où commencent les premières vendanges dans le Var, durement frappé cet été par des incendies, se pose la question du goût de fumée qui risque d’apparaître dans les vins. Mais il existe des solutions pour éviter ou réduire le problème.

« Nous multiplions les tests et les contrôles de maturité, on presse et on envoie les moûts dans des laboratoires spécialisés comme Dubernet en Languedoc car certaines molécules ne se révèlent qu’en cours de fermentation et pour l’instant, on attend les résultats » explique Laurence Berlemont, à la tête du Cabinet d’Agronomie Provençale basé près de Brignoles (83) et qui suit avec son équipe d’œnologues conseils une vingtaine de domaines viticoles dans la région. « Il faut être prudent car je me souviens en 2003 d’un domaine du golfe de Saint-Tropez dont les vins étaient une infection et qui ont été dilués dans les BIB sur plusieurs années. Ce goût de feu de cheminée n’est pas toxique mais sur les rosés c’est dramatique ; pour les rouges, ça peut apparaître comme un léger boisé. Heureusement, depuis 2003, les progrès technologiques ont bien évolué ».
Le syndicat des Côtes de Provence, le centre du Rosé et l’ICV se sont rapidement mobilisés pour envoyer les premières consignes aux viticulteurs. A commencer par isoler les parcelles touchées directement mais également toutes celles du secteur car un incendie peut avoir un impact dans un rayon de 1 ou 2 km. Un millier d’hectares sur 11 communes sont concernées dont environ 800 ha de vignes identifiées par satellite avec l’ICV.

« Diffuser rapidement les connaissances »

Les analyses sont indispensables car les odeurs de fumée ne se sentent pas toujours dans le raisin ni même dans les moûts. Si l’intensité est faible, le jeu des assemblages peut gommer cette odeur de cendres surtout dans les rouges car elle peut rappeler les arômes que l’on retrouve après un élevage en barriques surtout à chauffe forte. « Heureusement, pour les rosés majoritaires en pressurage direct chez nous, cette technique qui évite les macérations limite les échanges entre les peaux et les jus et donc les risques », précise Nicolas Garcia, directeur du syndicat des Côtes de Provence. « Le plus difficile est de connaître les besoins des vignerons et le plus important est de faire circuler l’information via les différents organismes, syndicats, familles, de la filière, et également via les œnologues et courtiers sur le terrain ».

Gilles Masson, directeur du Centre du Rosé est du même avis. « Il faut diffuser rapidement nos connaissances. Nous avions déjà utilisé nos relevés de 2003 pour aider les viticulteurs après les incendies gardois il y a quelques années mais depuis, nous bénéficions d’avancées technologiques importantes en provenance d’Australie et de Californie où les incendies sont fréquents. Nous conseillons bien sûr d’abandonner les raisins sur les vignes des parcelles les plus touchées mais on congèle aussi certains raisins pour suivre l’évolution des phénols volatils jusqu’à la fermentation et avec des vinifications séparées ». Même consigne à l’ICV (Institut Coopératif du Vin) dans la lettre d’information publiée cette semaine : « Les parcelles touchées par l’incendie doivent être récoltées et vinifiées séparément autant que possible, en appliquant un strict protocole œnologique (pas de macération, des collages adaptés sur moûts et en fin de fermentation alcoolique, séparation des bourbes et des presses, dégustation à toutes les étapes. Si les vignes touchées par l’incendie ont stoppé leur maturation (faute de feuilles), il faut poursuivre les contrôles maturité sur les parties de parcelles non touchées ». Le Centre du Rosé estime qu’il existe des cocktails de colles végétales, autorisées même en bio, à utiliser avec les moûts pour piéger les composés responsables du goût de fumée. « Mais il faut faire fonctionner les deux la-mes du rasoir et faire un deuxième collage après fermentation sinon les phénols volatils risquent de réapparaître en cours d’élevage ». Quant aux procédés de techniques membranaires ou de filtration, leur utilisation semble plus compliquée et certains problématiques en bio. Gilles Masson a déjà débloqué un budget supplémentaire pour le R&D. « Il faut reconnaitre que ce sont ces années-là et dans ces conditions difficiles que l‘on apprend le plus » conclut Gilles Masson.

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