Enchères des Hospices de Nuits : les prix s’envolent à nouveau

Pour sa 60e édition, dimanche 14 mars 2021 au château du Clos de Vougeot, la vente des vins des Hospices de Nuits-Saint-Georges a réuni près de 2 millions d’euros de recettes. Un nouveau record.

Après l’incroyable succès de leur alter-ego beaunoise, les Hospices de Nuits-Saint-Georges signent une 60e édition record, ce dimanche 14 mars 2021 au château du Clos de Vougeot. Devant une cinquantaine d’acheteurs, soumis à un strict protocole sanitaire, le commissaire priseur Hugues Cortot a adjugé pour près de 2 millions d’euros de vin, une somme en progression d’environ 18% par rapport à la vente précédente. L’excellente dynamique de l’événement, déjà palpable en mars 2020, se confirme.

49 380 € pour la pièce de charité

Au total, 114 pièces (tonneaux de 228 litres) ont trouvé preneur ce dimanche, pour une moyenne par pièce avoisinant les 17 000€ . Pour l’essentiel des rouges en appellation Nuits-Saint-Georges, ces vins primeurs proviennent de la récolte 2020.

Les acheteurs devront choisir un négociant bourguignon pour en terminer l’élevage, et ne pourront récupérer leur vin qu’après mise en bouteille. Des bouteilles qui, pour certaines, vieilliront dans des caves privées, quand d’autres seront commercialisées dans les circuits de vente habituels.

Parrainée par l’académicien Erick Orsenna, la pièce de charité contenait cette année une sélection de vieille vignes issues du premier cru « Les Saint-Georges ». Un vin qui a convaincu les différents acheteurs, dont les souscriptions ont atteint 49 380 €. Encore un record. La somme sera intégralement reversée à l’Institut Pasteur, qui financera ainsi son programme d’évaluation des risques pandémiques futurs.

Deux cuvées coups de cœur

Comme chez ses voisins de la côte, le millésime 2020 a offert aux Hospices de Nuits concentration aromatique et complexité, tout en gardant une surprenante acidité, garantissant sa fraîcheur. Parmi les cuvées dégustées, deux d’entre-elles ont retenu notre attention :

– Nuits-Saint-Georges 1er cru « Les Murgers » 2020.
Un terroir calcaire, voisin de Vosne-Romanée, qui offre des Nuits d’une grande élégance. Du velours en bouche, distillant ses notes florales et minérales.

– Nuits-Saint-Georges 1er cru « Les Saint-Georges » 2020. Ce climat souvent considéré comme le « grand cru oublié » de Nuits impressionne ici par sa complexité et sa profondeur. Ses tanins lui confère une structure admirable, bien équilibrée par l’acidité du millésime. Un vrai candidat à la garde. « On est parti sans aucun souci pour 20 ans », dixit Jean-Marc Moron, régisseur du domaine.

Cet article Enchères des Hospices de Nuits : les prix s’envolent à nouveau est apparu en premier sur Terre de Vins.

[BORDEAUX] Brigitte Bloch : “faire entrer le vin dans la ville”

Quel cap pour le vin avec la nouvelle majorité élue autour de Pierre Hurmic à Bordeaux en 2020 ? Pour répondre à cette question, nous avons interrogé Brigitte Bloch, en charge notamment du tourisme et de l’économie du vin au sein du conseil municipal.

Conseillère municipale en charge du tourisme et de l’économie du vin, Présidente de l’Office de Tourisme et des Congrès, Vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge du tourisme, des événements et équipements métropolitains, Brigitte Bloch est, entre autres casquettes, la « Madame Vin » de la nouvelle majorité élue à la mairie de Bordeaux en 2020 autour du candidat écologiste Pierre Hurmic. Travaillant depuis près de vingt ans dans le développement touristique régional, elle est également Directrice Développement et Innovation au sein du Comité régional du tourisme d’Aquitaine et Vice-Présidente du Conseil supérieur de l’Œnotourisme et du pôle Œnotourisme de Atout France – et, à ce titre, fait partie des membres du jury des Trophées de l’Œnotourisme. Cet éventail de responsabilités lui permet de porter un regard transversal sur les enjeux touristiques (et œnotouristiques) de la région bordelaise, et sur la place du vin dans une ville qui a « viré au vert » avec son nouveau maire.

Brigitte Bloch, comme beaucoup de grandes villes et régions françaises, Bordeaux a a vu son activité touristique fortement touchée par la Covid-19. Quel diagnostic portez-vous sur la situation, et quelles solutions sont proposées par la mairie et la métropole ?
S’il fallait donner un seul chiffre : en 2020, l’Office de Tourisme a enregistré une baisse de fréquentation de l’ordre de 73%, avec 172 000 visiteurs contre 642 000 en 2019. C’est l’ensemble du tissu touristique qui a été frappé, dont notamment le secteur CHR (Café-Hôtellerie-Restauration) : pour donner un autre indicateur, nous avons enregistré 3,74 millions de nuitées en 2020, soit 41% de moins qu’en 2019. Pour soutenir la filière, Bordeaux Métropole et la Mairie de Bordeaux ont présenté un vaste plan d’aide au tourisme : création d’un fonds d’aide aux loyers, fonds d’aide à la trésorerie, fonds d’aide digital, mise en place d’un différé de reversement de la taxe de séjour, gratuité des terrasses élargies, suspension des loyers pendant la fermeture des restaurants hébergés par la ville, subvention d’aide et de relance à l’Office de Tourisme de 1,4 million d’euros, mise en place des opérations « Bordeaux nous réunit » pour les voyages d’affaires, « Bordeaux nous envoie balader » pour soutenir les visites guidées, et dès la réouverture des restaurants, l’opération « Restez dormir à Bordeaux, nos hôtels vous font les prix doux » à destination des Néo-Aquitains, en attendant une série d’optimisations en 2021, notamment une rallonge de 500 000 euros au plan de relance.

Qu’en est-il du tourisme au départ de Bordeaux et à destination du vignoble ?
Là aussi, le bilan est sans appel : alors que l’Office de Tourisme avait enregistré 470 excursions « clés en main » au départ de Bordeaux dans le vignoble, il y en a eu 38 en 2020. Sur un panel de 40 châteaux interrogés, on a mesuré une baisse de 70% du nombre de visiteurs.

Ce n’est pas un secret, la filière vin a elle aussi été durement touchée par la crise. Comment caractériseriez-vous la relation entre la nouvelle équipe municipale et le monde du vin ?
Assez faible (rires). Une nouvelle équipe est en place, le maire Pierre Hurmic a ses convictions, notamment environnementales. En face, les acteurs de la filière ont leurs habitudes, leurs traditions. Ce que je ressens, c’est que pour l’instant on ne sait pas vraiment comment s’épauler. Le monde du vin n’a certes pas besoin de la mairie pour tourner, en revanche il attend un soutien d’un ordre symbolique. J’essaie d’œuvrer en ce sens. Nous avons prévu de faire avec le maire plusieurs visites dans des propriétés viticoles – qu’elles soient en bio ou en transition – afin de créer des contacts concrets. Lorsqu’il a reçu le Premier ministre en février, le maire l’a interrogé sur ce que le gouvernement comptait faire en soutien de la filière face aux taxes américaines. Mais la question environnementale reste centrale, et Pierre Hurmic a beaucoup échangé avec le CIVB sur l’impératif de sortir des produits CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques), la nécessité de clarifier le label HVE qui peut créer de la confusion chez le consommateur, l’importance d’accompagner les vignerons dans une transition bio… Il y a aujourd’hui une grande attente en ce sens, qui n’est pas partisane mais sociétale – il suffit de voir qu’une chaîne publique diffuse un téléfilm sur la question des pesticides dans la viticulture – et qui dépasse largement le seul cadre du vin.

De façon concrète, quelles actions entendez-vous mettre en place en faveur du vin ?
Mon souhait est de vraiment « faire entrer le vin dans la ville » : de la même façon qu’il y a des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, je voudrais qu’il y ait un « chemin du vin » dans la ville de Bordeaux intra-muros, un parcours permanent, patrimonial et vivant, qui associe des commerces, des cavistes, des bars à vins, des événements culturels, proposant des arrêts emblématiques pour les visiteurs. Nous réfléchissons encore à la matérialisation et à la signalétique, à la façon dont on rendra ce parcours accessible (carte, appli…) et nous envisageons d’étendre ce parcours à toute la métropole en utilisant le tramway ou le vélo. Le vin, c’est ce qui fait la notoriété mondiale de Bordeaux, mon souhait est que l’on puisse vraiment le vivre dans la ville. Nous espérons inaugurer ce parcours pour la saison 2022.

Quelle place occupera la Cité du Vin dans ce parcours, et quelle place occupe-t-elle dans les projets de la municipalité ?
La Cité du Vin sera bien sûr pleinement incluse dans ce parcours (nous réfléchissons notamment à une appli commune qui pourrait être aussi utilisée par les visiteurs de la Cité dans le cadre du parcours permanent). Un très bon travail a été fait pour le rayonnement de la Cité auprès des touristes internationaux, j’aimerais maintenant que les Bordelais se l’approprient davantage dans leur quotidien. Par exemple par une meilleure utilisation du jardin de la Cité pour y faire des animations culturelles, mais aussi par des tarifs préférentiels pour les résidents. Il y a beaucoup de choses à imaginer pour rapprocher la Cité de la ville et en faire un véritable lieu de vie. Il est clair que la Cité du Vin a souffert elle aussi de la pandémie, et a dû revoir son modèle économique en fonction d’une affluence réduite. Comme elle est très bien gérée, sa situation n’est pas, à ce stade, préoccupante, malgré les difficultés rencontrées ces derniers mois. Beaucoup de réflexions ont été engagées de leur côté pour rebondir suite à la situation sanitaire et pour établir un plan sur six ans, qui trace la ligne des évolutions et investissements à venir. De notre côté, la Cité du Vin ayant vocation à être pleinement un équipement métropolitain, et dans la mesure où la ville de Bordeaux est propriétaire du bâtiment, nous souhaitons assurer notre par de co-financement de façon partagée entre la ville et la métropole. À titre personnel, j’ai très à cœur de tendre des passerelles entre les élus et les équipes de la Cité, qui est un point majeur de l’attractivité de la métropole.

Un mot sur Bordeaux Wine Trip, la marque œnotourisme de l’interprofession des Vins de Bordeaux reprise par Gironde Tourisme ?
Je pense qu’il était bon de s’éloigner du concept de « route des vins », qui est finalement peu adapté à la configuration du vignoble bordelais – ou plutôt des vignobles, avec leurs paysages et leurs identités diverses. Communiquer ensemble sous une seul bannière, c’est une bonne idée, mais il faut du temps pour que tout le monde – professionnels comme visiteurs – se l’approprie. La clé, c’est de rendre l’offre simple et lisible : 80% des visiteurs en vacances dans le vignoble ne sont pas des connaisseurs.

Pour vous et pour l’équipe dont vous faites partie, quelle est la place de Bordeaux et son vignoble en tant que « capitale du vin » ?
Il y a eu d’énormes progrès ces dernières années, mais il reste encore beaucoup à faire : pour faciliter les réservations, rendre l’offre accessible, rendre les réservations plus fluides. Il faut que les visiteurs de passage en région bordelaise puissent plus facilement s’orienter vers les châteaux qui reçoivent. On a labellisé « Vignobles et Découvertes » 700 domaines en Gironde, c’est très bien, mais ça n’aide pas le client à choisir. Il faut structurer, catégoriser l’offre, optimiser les outils de savoir-faire, et s’adapter davantage aux attentes des clients. Cela étant dit, Bordeaux a quand même de solides arguments, qu’il s’agisse de l’Office de Tourisme, Bordeaux Wine Trip, la Cité du Vin, la contribution à Visit French Wine, et bien sûr Bordeaux Fête le Vin…

Justement, quid de l’édition 2021 de Bordeaux Fête le Vin, compte tenu du contexte sanitaire ?
Nous travaillons vraiment au plus près du CIVB sur ce sujet. Il est évident que la manifestation ne pourra pas se tenir sous sa forme habituelle sur les quais. Il est également évident qu’elle ne pourra pas se tenir, comme cela a été un temps envisagé, de façon répartie sur trois ou quatre sites. On réfléchit aujourd’hui à une formule « éclatée » sur toute la métropole, avec des dégustations sur réservations dans des endroits originaux, secrets, insolites, couplées à des animations, des spectacles, et potentiellement des espaces type « École du Vin » également sur réservation, avec une circulation très balisée. Si les restaurants sont rouverts, nous voulons les associer pleinement, ainsi que les bars à vins, les cavistes, pour que cela irrigue tout le territoire. À ce jour, rien n’est annulé ni acté, nous sommes en discussion avec la préfecture, nous gardons aussi un œil sur le budget car cela s’annonce beaucoup plus coûteux – tout en attendant une affluence moindre – mais c’est l’orientation vers laquelle nous nous dirigeons, si nous pouvons tenir l’événement aux dates prévues, du 17 au 20 juin.

Cet article [BORDEAUX] Brigitte Bloch : “faire entrer le vin dans la ville” est apparu en premier sur Terre de Vins.

[Vin et Rugby] L’œil de Yannick Jauzion sur le match Angleterre-France

On connaît Yannick Jauzion pour sa cuvée Aligança, née de sa rencontre avec le négociant breton Bertrand Ravache. L’ancien rugbyman, sélectionné en équipe de France de 2001 à 2011, a accepté de livrer à la rédaction de Terre de Vins quelques commentaires sur le match Angleterre-France qui doit se dérouler aujourd’hui à Twickenham dans le cadre du Tournoi des 6 Nations.

Quels sont vos pronostics face à l’Angleterre ?
On a démarré le tournoi correctement. Le match contre l’Irlande a été difficile mais les Français ont trouvé au bout la victoire. L’équipe a fait preuve d’une certaine maîtrise. En revanche, là où j’ai des doutes, c’est sur les conséquences de l’épidémie de Covid, dont la gestion a été compliquée. J’ignore à quel point cela a pu perturber le groupe et les joueurs. J’espère qu’ils vont malgré tout rester bien concentrés et qu’ils montreront une fois de plus leur vraie valeur. Je pense qu’il est possible de réaliser quelque chose à Twickenham. Les Anglais ne sont pas au mieux, ils ne sont pas rodés. S’ils n’arrivent pas à retrouver confiance en eux, ils resteront au niveau où ils sont, par contre si on les met dans les bonnes situations, les bonnes dispositions, ils vont facilement retrouver leurs marques et leur jeu, à nous d’avoir assez d’autorité et de mainmise sur le match pour en garder le contrôle du début à la fin.

Au cours de votre carrière, vous avez également dû affronter les Anglais…
Mon premier match contre eux s’est déroulé à la suite de la Coupe du Monde de 2003 qu’ils avaient remportée. Nous les avons rencontrés quelques mois plus tard en 2004 pendant le tournoi des Six Nations. C’était un grand match, le dernier du tournoi : si on gagnait, on faisait le grand chelem. Je me souviens de ce moment fort, nous avons battu les champions du monde ! Bien-sûr, ils n’avaient peut-être pas gardé la même concentration mais ils étaient quand même à la hauteur…

Demain, quel vin auriez-vous envie de boire devant cette rencontre prometteuse ?
Un match de rugby, c’est d’abord un moment de plaisir et ce qui compte c’est le spectacle sportif. Il ne faut pas un vin qui prenne le dessus, il doit juste accompagner et favoriser notre enthousiasme à soutenir l’équipe de France. J’aurais tendance à prendre un vin fruité, qui apporte de la gaieté et peut-être plus un vin rouge qu’un vin blanc : les vins rouges sont chaleureux, on aura besoin de se réconforter entre amis. La note fruitée peut aussi être assimilée au « french flair » (qualification du jeu à la française par les Anglais) et la structure à la rigueur anglaise, en sachant que les Français auront besoin de cette complémentarité pour exceller à Twickenham. La cuvée Aligança (composée de Merlot, de Syrah et de deux cépages typiques de Gaillac : le Braucol et le Duras) correspond bien au profil…

Justement, où en êtes-vous dans vos projets viticoles ?
En 2006, j’avais créé une cuvée avec la Cave de Labastide, et depuis l’année dernière nous collaborons aussi avec Bertrand Ravache. Il nous a apporté son expérience du terrain, nous avons revu avec lui les assemblages, de même que le nom de la marque, Aligança, mais cela reste toujours un vin récolté et vinifié à Labastide. En ce moment nous travaillons beaucoup avec les enseignes de grande distribution. Étant donné le contexte, les autres réseaux sont plus difficiles à aborder. Petit à petit les consommateurs apprennent à connaître notre vin. En 2019, Aliçança a obtenu la note de 90 au Wine Enthusiast, une revue qui fait référence aux États-Unis. Enfin, nous lançons cette année un « Perlé » composé de Mauzac, Loin de l’œil et Sauvignon blanc…

Aligança, prix conseillé 5,50 € Disponible chez Leclerc, Intermarché, Carrefour, Carrefour market. www.bertrand-ravache.com

Cet article [Vin et Rugby] L’œil de Yannick Jauzion sur le match Angleterre-France est apparu en premier sur Terre de Vins.

Château de Laubade : quand l’armagnac s’habille de Sauternes

C’est le dernier né de la série des Curiosités de Laubade, le prestigieux domaine en Armagnac. Il s’appelle l’Enchanteur et il est issu d’un voyage spiritueux et spirituel entre les rives de l’Adour et celles du Ciron dans le sauternais. Explications.

C’est encore une idée qui a germé au travers de la crise sanitaire… « L’idée de cet affinage est née pendant le premier confinement du printemps 2020…, explique Denis Lesgourgues, le propriétaire du Château de Laubade. Cela faisait longtemps que j’imaginais ce que pourrait apporter une barrique d’un grand vin de Sauternes… Nous sommes amis avec Jean-Jacques Dubourdieu, avec qui on partage beaucoup de valeurs et de points communs (il est super innovant aussi pour son vignoble et son syndicat) et avec qui on a toujours gardé des liens d’amitié depuis l’époque de son papa Denis, qui fut une grande personne à Bordeaux… ! »

L’Enchanteur est donc issu de la crise mais aussi d’une longue histoire d’amitié suspendue à l’amour du travail bien fait. Dans les faits, il s’agit de raisins d’ugni-blanc du vignoble de Laubade du millésime 2010. Après une distillation classique propre à l’Armagnac, l’eau-de-vie fut élevée pendant neuf mois dans des fûts de chêne de Gascogne de 430 litres. C’est après que l’eau-de-vie est entonnée dans des barriques du Château Doisy-Daëne (Grand Cru Classé 1855 de Sauternes et Barsac) ayant servi à l’élaboration du célèbre liquoreux. L’affinage ou le finish cask a duré huit mois et l’eau-de-vie a été lentement descendue à 45.2%. Ces 562 bouteilles de ce premier tirage sont labellisées « eau-de-vie de vin » étant donné que l’AOC Armagnac n’autorise pas l’affinage dans des barriques où d’autres produits sont passés. « Même pour des barriques ayant contenu du vin auparavant, la position officielle du Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac n’est pas encore claire. L’Armagnac a loupé la possibilité de se différencier de son voisin de Cognac, c’est bien dommage… À Laubade, nous pensons que l’innovation, dans le respect de la tradition, a du bon et permettra d’inventer l’armagnac de demain ! C’est vraiment cela qui nous passionne », souligne Denis Lesgourgues.

En attendant que les lignes bougent – ou pas -, cette pépite très suave aux arômes de gelée de coings et d’abricot sec est réservée au marché français et européen. Avis aux amateurs curieux d’eaux-de-vie sur-mesure !

Château de Laubade, L’Enchanteur, de l’Adour au Ciron 2010 (50cl) : 59€

Cet article Château de Laubade : quand l’armagnac s’habille de Sauternes est apparu en premier sur Terre de Vins.

Beaune : une première pierre pour la cité des vins de Bourgogne

C’est officiel : les travaux de construction du grand projet œnotouristique bourguignon sont lancés. Cette grande cité de Beaune doit ouvrir ses portes à l’automne 2022, en même temps que deux projets de plus petite ampleur : les cités de Mâcon et de Chablis, dont la construction va également débuter.

Une pierre de plus pour l’œnotourisme bourguignon, et pas des moindres. Vendredi 12 mars, maître d’œuvre, architectes et financeurs de la future cité des vins de Beaune se sont réunis sur le chantier pour officialiser le début des travaux. Objectif : une ouverture à l’occasion de l’emblématique vente des Hospices de Beaune, en novembre 2022. « C’est le rêve de tous les Beaunois, mais aussi un projet international » s’est ému Christophe Rougeot, à la tête de l’entreprise du même nom, chargée du chantier. Une truelle à la main, le maire de Beaune Alain Suguenot a lui aussi savouré le moment. « Ce chantier a pu être considéré par certains comme une arlésienne, mais nous y sommes. On peut être fiers ». Fier également de l’aspect écologique du projet, annoncé « zéro carbone ».

Christophe Lambert dévoile son projet hôtelier

Parmi les autres interventions attendues, celle de Christophe Lambert. Partenaire privé de la cité, l’acteur investit dans le futur hôtel de cet éco-quartier en devenir. « J’ai toujours été un passionné d’hôtellerie. Quand on m’a proposé d’en être il y a quatre ans, je n’ai pas hésité une seconde. » L’établissement n’aura rien d’un hôtel classique. « Nous souhaitons apporter quelque chose de nouveau, de ludique et tourné vers l’extérieur. Aux Etats-Unis, on trouve beaucoup d’hôtels où l’on peut s’installer la journée avec son ordinateur, aller chez le barbier ou déjeuner. C’est ça qui nous inspire. »

Les cités des vins et des climats de Bourgogne seront les futures « portes d’entrées » œnotouristiques de ce vignoble. Le projet s’articule autour d’un site principal, celui de Beaune. Une cité des vins en forme de vrille, accueillant notamment un espace scénographique, un bar panoramique et une boutique. Le tout prenant place au cœur d’un vaste éco-quartier comprenant parc, hôtel et restaurants. À Mâcon et à Chablis, deux cités de plus petite taille accueilleront également les visiteurs. Toujours dans le même esprit : donner aux amateurs de vins des clefs pour comprendre ce vignoble, avant de les rediriger vers les vignerons.

Cet article Beaune : une première pierre pour la cité des vins de Bourgogne est apparu en premier sur Terre de Vins.

COVID-19 : les professionnels du vin confrontés à la perte de l’odorat et du goût

L’un des symptômes les plus répandus de la maladie est une perte partielle ou totale de certains sens. Un vrai handicap lorsque ceux-ci sont essentiels à l’exercice professionnel au quotidien.

Après plusieurs mois de travail, l’Union des Œnologues de France présentait cette semaine les résultats de la grande enquête qu’elle a lancé auprès de près de 2700 professionnels de la filière (œnologues, sommeliers, cavistes principalement) dans 37 pays, principalement en France mais aussi en Italie, en Suisse ou bien encore au Chili et en Espagne. Celle-ci a été construite par des ORL de renom et a été conduite entre mai et juillet 2020. Elle visait à mieux identifier l’impact des pertes d’odorat et de goût sur un échantillon cible. Anosmie, hyposmie, parosmie, agueusie, hypogueusie, dysgueusie sont autant de troubles qui affectent la population atteinte par la COVID-19. Ils correspondent à des atteintes plus ou moins fortes des perceptions sensorielles. Les professionnels du vin, qui sollicitent particulièrement ces sens, ont ainsi montré des résultats plus marqués que dans le reste de la population générale. Parmi les 2,7% d’individus qui ont contracté la COVID-19 dans l’échantillon, 67% ont subi une perte totale d’odorat et 56% une perte totale de goût contre des moyennes respectives de 50% et 40% sur l’ensemble de la population (d’après les données internationales présentées par le Professeur Pierre Louis Teissedre, coordinateur de l’enquête). Et une part non négligeable d’entre eux (32%) n’avait que partiellement récupéré après un mois. C’est le cas de Sophie Pallas, actuelle Directrice Générale de l’UOF qui a témoigné de cette épreuve qu’elle subit actuellement.

Rééducation et plan d’actions

Tout comme Philippe Faure-Brac, également touché par cette perte d’odorat et de goût en mars 2020 et qui a dû progressivement se refamiliariser avec ses sens, Sophie Pallas a expliqué suivre le protocole de rééducation mis en place par Sophie Tempère à l’université de Bordeaux. Cela passe par des stimulations régulières (2 fois par jour) des sens en se représentant l’objet qui est la source de l’odeur ou du goût en question. « Cela permet de reconstituer progressivement notre banque de données des odeurs » a-t-elle expliqué. Il est donc possible de recouvrer ses facultés mais au prix d’efforts spécifiques.

En attendant d’y parvenir, la situation peut s’avérer particulièrement difficile à vivre pour les professionnels du vin. Comme pour ceux de la restauration ou d’autres professions où l’odorat joue un rôle central, le risque est celui de ne pas pouvoir retravailler ou de craindre la reprise de l’activité. Consciente de ces difficultés, l’UOF a mis en place un plan d’actions selon plusieurs axes. Une mobilisation tout d’abord envers les autorités publiques de santé passant par la reconnaissance des troubles de l’odorat et du goût comme maladie invalidante. Mais aussi par la demande d’une vaccination prioritaire des professionnels du vin dans le calendrier national (la lettre adressée au Premier Ministre n’a, à ce jour, pas reçu de réponse officielle). Par ailleurs, l’UOF se mobilise envers les professionnels avec la mise en place d’un programme national de recherche sur le sujet. Et, plus concrètement la création d’un numéro syndical dédié pour le soutien des œnologues affectés.

Cet article COVID-19 : les professionnels du vin confrontés à la perte de l’odorat et du goût est apparu en premier sur Terre de Vins.

Femmes du vin

Le monde du vin, depuis quelques ann?es d?j?, met en avant la f?minisation de son secteur. Il n’est plus